Résumé : Albus-Severus, fils d'Harry Potter et Severus Snape, a donc intégré la maison des Serdaigle, au côté de son meilleur ami, Mercutio Thomas-Lovegood… Voici la suite des aventures de la famille Potter-Snape… Et la reprise des opérations…

J'ai eu beaucoup de mal à écrire ces derniers mois… J'espère m'y remettre doucement avec ces petites vacances… La preuve, puisque je viens d'achever un chapitre pour le mettre au pied du sapin en cadeau… Merci à tous pour vos reviews et bonne lecture, Lilywen.

OPERATION : Quand les enfants s'en mêlent

(Suite de 'OPERATION : Marions le' et 'OPERATION : Quand bébé arrive')

Chapitre 4 : Albus-Severus ou la reprise des opérations

Albus-Severus entra en trombe dans le dortoir des sixièmes années, claqua violemment la porte et se jeta sur son lit, faisant fi du regard outragé de Virgile Mordimis, illustre directeur de la maison Serdaigle du XIIIème siècle qui venait d'être brusquement sorti de sa sieste par l'entrée théâtrale du jeune sorcier.

« Que de bruit pour rien !

- Oh ! La ferme, vieux grincheux ! »

Alors que l'auguste portrait tempêtait contre l'attitude de plus en plus irrespectueuse des nouvelles générations, Albus-Severus hurla toute sa frustration dans son oreiller.

Il avait presque seize ans et comme tout adolescent, il avait des envies affolantes, des idées indécentes qui le faisaient rougir de honte et de plaisir mêlés… Le problème est que depuis aussi longtemps qu'il pouvait s'en souvenir, il n'avait associé ses rêves qu'à un seul et unique garçon, Scorpius Malfoy-Finnigan et si lui ne parvenait pas à s'imaginer avec un autre, ce n'était visiblement pas le cas du blond car ce dernier semblait bien décider à séduire, à flirter et à embrasser tous les élèves de Poudlard un tant soit peu agréable à regarder… Tous sauf lui, en l'occurrence.

Il repensa malgré lui à la scène écœurante à laquelle il avait assisté quelques minutes plus tôt à la bibliothèque. Edward Zabini-Weasley, le fils de son génialissime parrain et soit dit en passant le plus proche ami de Scorpius depuis leur entrée à Poudlard, se tenait devant une des allées et paraissait attendre, guettant les passages de la vieille miss Pince. Comme il était vraiment rare de rencontrer l'un des deux serpentards sans l'autre à ses côtés, il s'était approché du rouquin à la peau légèrement métissé pour savoir où se trouvait le blond de son cœur et l'autre garçon avait ricané, puis lui avait adressé un clin d'œil complice. C'est à ce moment là qu'il avait réalisé les légers soupirs…

Albus-Severus avait rougi puis il s'était senti furieux, trahi. Qui était la dernière conquête de son serpentard ? Quelle créature insignifiante avait réussi à s'attirer les faveurs de Scorpius à son insu ? Il n'avait pas pu en supporter davantage et il avait fui jusqu'à son dortoir.

Ce fut finalement un léger grincement de la porte de son dortoir qui alerta Albus-Severus il se redressa aussitôt, peu désireux d'être surpris ainsi, bouleversé et sanglotant bêtement comme un enfant dans son oreiller. Il se tourna et vit ensuite Mercutio s'asseoir au bout de son lit, faisant s'affaisser légèrement le matelas vers lui.

« J'ai croisé Ed. »

Comme si tout était dit, Albus-Severus lâcha un soupir désabusé.

« Et que t'a dit ce cher Edward ?

- Suffisamment pour que je m'inquiète de te savoir seul et bien davantage maintenant que je te vois.

- Je ne vois vraiment pas de quoi tu parles… », rispota le jeune sorcier en tout mauvaise foi.

Mercutio s'installa un peu plus confortablement et reprit avec nonchalance :

« Tes yeux parlent pour toi. Même un glamour ne t'aurait pas permis de me berner. »

Albus-Severus ne répondit pas, se murant dans un silence outragé.

« Avec qui était-il cette fois ?

- Aucune idée et tu m'excuseras mais je n'ai pas demandé à Edward à rester davantage pouvoir profiter du spectacle. »

La réplique sarcastique lancée par Albus-Severus d'un ton suffisant eut au moins un mérite, celle de détendre les deux amis qui pouffèrent ensemble.

« Merci Merlin ! J'avais peur de devoir appeler Arthur et Hugo pour qu'ils organisent une de leur pitrerie, histoire de te faire oublier les bêtises de ton fichu serpentard.

- Arthur et Hugo… J'ai l'air si mal en point !

- Pire encore, Al… Pire encore…

- N'exagère pas ! Je suis amoureux, pas dépressif…

- Parfois, je me demande si ce n'est pas un peu synonyme quand on parle de ta relation avec la grande blondinette.

- Et arrête de lui affubler tous ces sobriquets désobligeants.

- Parce qu'il parle de moi avec courtoisie et politesse, maintenant ! Première nouvelle… »

Albus-Severus soupira à la remarque de son meilleur ami sur Scorpius. Décidément, rien ne lui serait épargné aujourd'hui. Il avait beau être habitué à la sempiternelle rivalité qui opposait Mercutio au serpentard de son cœur depuis leur premier jour à Poudlard, il se sentait juste las de jouer les arbitres dans leur petite guerre des égos.

« Tu exagères… La dernière fois, il a fait preuve d'une certaine… Disons qu'il a fait preuve d'une certaine retenue…

- Arthur m'a rapporté ses propos, tu sais… »

Mercutio secoua légèrement la tête, pour repousser une de ses longues mèches brunes qui retombaient élégamment sur ses yeux d'un bleu quasi translucide.

« Al', c'est gentil… Totalement inutile mais vraiment adorable. Fais-toi simplement une raison : je ne l'apprécie pas beaucoup il ne me porte guère davantage dans son cœur et je ne crois pas que ça puisse évoluer dans un avenir relativement proche.

- Ah… Vous me fatiguez ! Aussi bornés, prétentieux, manipulateurs et séducteurs l'un que l'autre ! Crois-moi, vous avez beaucoup plus de choses en commun que tu ne sembles le penser.

- Par Rowena et les autres fondateurs, Malefoy et moi ! Tu délires complètement Al… »

Mercutio s'arrêta brusquement. Pensif, il fixait Albus-Severus avec circonspection, puis, il soupira :

« Tu l'aimes ?

- Quelle question !

- Albus. Réponds à ma question. Est-ce que tu l'aimes ? Je veux dire… Est-ce que tu l'aimes vraiment ou est-ce que tu fais cela simplement parce qu'il est l'une des seules personnes que je connaisse à ne pas être totalement envoûté par toi… Est-ce que tu ne le vois pas depuis toutes ces années comme une sorte de défi pour toi ? »

Albus se redressa vivement, affichant une expression choquée :

« C'est… Jamais je n'aurai cru que tu penserais cela de moi ! C'est…

- Donc, tu l'aimes…

- Mais, enfin, tu le sais ! Ce n'est pas un simple défi comme tu viens de dire, cracha avec colère le serdaigle.

- Bien.

- Comment ça ? Bien ! Je n'arrive pas à croire que mon meilleur ami pense cela de moi !

- Arrête de jouer ta grande scène de tragédie, Al…, répliqua Mercutio dans un sourire, je suis bien ton meilleur ami et en fait… Je viens d'avoir une idée qui devrait t'intéresser au plus haut point si tu souhaites toujours ensorceler définitivement ton blond préféré. »

Alors que l'autre le regardait, ses deux grands yeux verts émeraude écarquillés, le métis répondit d'un sourire complice :

« Disons que ce que tu m'as dit à l'instant m'a donné une petite idée… Mais je ne t'aurai pas informé de mon plan si je n'étais pas totalement convaincu de tes sentiments pour lui. Même si nous sommes rivaux depuis notre arrivée à Poudlard, je n'aurai pas voulu blesser Malefoy sur ce terrain-là… Par contre, si tu veux tenter le coup, je serai ravi de faire tourner en bourrique ton blondinet.

- Mais, enfin, de quoi est-ce que tu parles ? Tu ne peux pas m'expliquer un peu plus clairement.

- Tu te souviens cet été quand on a passé le week-end chez ton parrain… Charlie…

- Oui, mais quel est le rapport avec mon absence de vie amoureuse avec Scorpius ?

- Charlie nous a raconté comment tous les Weasley, lui en tête, avaient organisé tout un stratagème pour que ton père se déclare ouvertement devant ton papa.

- Euh… Oui… Mais…

- Tu m'arrêtes si je me trompe mais de ce que j'avais compris, l'essentiel de leur stratagème reposait sur un concept, on ne peut plus basique, en terme de relation amoureuse… La jalousie… Ils lui ont fait croire à différentes histoires de cœur pour pousser ton père dans ses derniers retranchements. »

Albus se contenta d'un bref hochement de tête puis soupira fortement :

« Je ne pense pas que le fait que je fricote avec tous les garçons possibles à Poudlard émeuve d'une quelconque façon Scorp'…

- Tous les garçons… Sans aucun doute, non ! Mais moi, ce serait une toute autre histoire, n'est-ce pas ? »

Albus dévisagea son meilleur ami. Ses joues se colorèrent d'une légère nuance rosée et sa bouche entrouverte trahissait sa stupeur.

« Toi ?

- Oui, moi… L'ennemi de toujours, le rival attitré de Malefoy… Le seul séducteur dans Poudlard qui pourrait réellement lui faire de l'ombre comme tu l'as affirmé tout à l'heure… Tu imagines que ta jolie blondinette me laisserait t'enlever à lui, sans réagir.

- Tu… Tu es sérieux ?

- Il me tolère à peine comme ton meilleur ami, alors s'il pense que je veux te séduire pour te mettre dans mon lit, il ne le supportera pas.

- Je ne crois pas.

- Au pire… Je me trompe. Qu'est-ce que tu risques, Al ? Tu seras fixé une bonne fois pour toute. S'il se moque de savoir que je t'ai séduit, tu pourras passer enfin à autre chose et si, au contraire, comme je le pense, il fait tout pour t'éloigner de moi, nous n'aurons plus qu'à le pousser dans ses derniers retranchements. Si Charlie et les autres Weasley ont réussi avec tes parents, à nous deux, nous devrions bien démasquer le grand Scorpius Malefoy.

- Jamais il ne croira que tu veux me séduire…

- Ah oui… Vraiment ? »

Aussitôt, Mercutio commença à avancer, progressant sur le lit telle une panthère, jusqu'à repousser son meilleur ami contre la tête de lit.

« Tu crois vraiment qu'il ne pensera pas que je te séduis si… »

Doucement, Mercutio souffla sur le visage d'Albus, faisant légèrement se soulever ses cheveux bruns indomptables qui retombaient négligemment sur ses yeux.

« Tu crois vraiment qu'il doutera de mes intentions si… »

Cette fois, Mercutio effleura de son nez celui de l'autre serdaigle qui rougissait franchement à cette nouvelle attaque.

« Tu crois vraiment qu'il n'aura pas envie de me tuer si… »

Le métis posa bien peu innocemment sa bouche sur la commissure des lèvres de son vis-à-vis quand un toussotement les interrompit.

« Monsieur Thomas-Lovegood, pourriez-vous s'il vous plaît vous tenir convenablement ou devrais-je vous convoquer pour… Disons une centaine d'heures de retenues au cachot… »

La voix froide, tranchante, loin d'effrayer le jeune homme le fit clairement sourire et il adressa un clin d'œil complice à Albus qui semblait totalement mortifié. Mercutio s'éloigna très légèrement de sa proie avant de rétorquer avec une malice évidente :

« Professeur Snape, vos visites impromptues dans les dortoirs Serdaigle sont toujours un tel plaisir pour moi. »

Sans tenir compte du regard foudroyant que lui destinait le père de son meilleur ami, Mercutio se pencha une dernière fois vers Albus, chuchotant au creux de son oreille :

« A toi de jouer, Al... Il faut convaincre tout le monde, y compris tes parents, si on veut que Malefoy finisse par tomber dans tes filets. N'hésite pas à dire que j'ai pris les initiatives et que tu es encore un peu perdu face à la tournure récente de notre relation… Le contraire ne serait pas crédible et nous trahirait… »

Mercutio flatta ensuite de son pouce les lèvres pulpeuses avant de se relever complètement et de poursuivre à haute voix :

« Sur ce, je te laisse, mon cœur… A très bientôt, professeur Snape. »

La sortie théâtrale et magistrale du métis laissa un lourd et pesant silence dans le dortoir des Serdaigle. Le fils et le père se fixaient, l'un avec gêne, l'autre cherchant à comprendre et à démêler l'imbroglio auquel il venait d'assister. N'y tenant plus, Albus demanda finalement :

« Tu… Tu voulais me voir ? »

Comme si entendre la voix de son fils le ramenait à une certaine réalité, Severus fronça les sourcils et gronda :

« Est-ce que tu aurais l'obligeance de m'expliquer ce que ton ami et toi avaient encore manigancé ?

- Manigancé ? Mais… On n'a rien…

- Albus-Severus ! Je te prierai de ne pas me prendre pour ta mère poule ! Qu'est-ce que vous fichiez, Mercutio et toi ? »

D'ordinaire, le jeune sorcier aurait dit immédiatement la vérité à son père. Il en avait toujours été ainsi, mais, là, en l'occurrence, si manigance, il y avait, elle ne faisait de tort à personne à son sens… Le seul susceptible d'en souffrir, c'était définitivement lui si Scorp' ne réagissait pas au plan de Mercutio comme il l'espérait de tout son cœur.

Son meilleur ami avait raison. Cela faisait trop longtemps qu'il déraisonnait au sujet de cet amour à sens unique. Il était temps qu'il sache à quoi s'en tenir : Scorpius sera soit à tout jamais un doux rêve d'enfant et un ami qu'il croisera au détour de fêtes de famille, soit il se déclarera enfin à lui tout comme son père l'avait fait autrefois et il deviendra l'homme de sa vie.

Maintenant, il n'en demeurait pas moins qu'il passait en premier le plus dur des tests. Si son père croyait à leur stratagème, il y avait une chance que Scorpius y croit également. Albus soupira fortement et fit mine d'hésiter :

« Ce… ce n'est… Ce n'est vraiment pas ce que tu penses, papa.

- Et qu'est-ce donc alors ?

- Je… Mercutio… Merc' et moi, on… Je ne sais pas… Tu sais… C'est…

- Confus ? »

Albus se retint de sourire. Il était bon ! Il pourrait presque s'applaudir en l'instant ! Il venait de retenir l'attention du grand professeur Snape. Il se laissa retomber contre les oreillers de son lit et reprit doucement :

« Je… On a toujours été… Très proches… Mais…

- Quoi ?

- Je crois que les sentiments de Merc' à mon égard ont… un peu changé et je… Je ne sais plus trop où j'en suis… »

Preuve de son incontestable talent, son père s'approcha et s'installa sur le bord de son lit, un air soucieux et concerné clairement lisible sur son visage d'habitude impassible.

« Comment cela ?

- Je suis… Perdu… J'aime… J'aime bien la façon dont il me regarde ces derniers temps… »

Le grand maître des potions se pinça l'arête du nez. Par Salazar, pourquoi était-ce avec lui que devait avoir lieu cette conversation-là précisément ? D'ordinaire, c'était vers Harry qu'Albus se tournait quand il s'agissait de ce genre de problèmes et s'il y a bien un domaine pour lequel Severus avouait sans aucune honte son incompétence, c'était bien les amours d'adolescent. Son fils attendait visiblement de lui un conseil avisé et il se sentait bien en peine de lui répondre. Il souffla péniblement :

« Je ne suis pas sûr de comprendre moi non plus, Albus. Es-tu en train de me de me dire que ce que j'ai interrompu était… comment dirai-je… un rapprochement que tu espères… ou du moins qui t'interpelle, c'est bien cela ?

- Je crois, oui.

- Et… Si, bien sûr, tu me permets cette question plus personnelle, qu'en est-il de Scorpius ? »

Albus ferma brièvement les yeux et les rouvrit presque aussitôt, affichant une certaine douleur :

« Ecoute papa… Je ne t'apprendrai rien si je te dis que j'éprouve depuis très longtemps des sentiments forts pour lui… Mais, il ne m'a jamais laissé la moindre raison d'espérer, contrairement à Mercutio… Merc' a toujours été là pour moi... Tu n'es pas d'accord ?

- Peut-être… Peut-être. En tout cas, si tu veux en parler davantage, n'hésite pas à passer à l'appartement…

- De préférence quand papa sera là et toi plonger dans une potion complexe, ricana Albus.

- Petit morveux ingrat !

- Le digne fils de papa !

- Sans aucun doute.

- Allez, papa, ne t'inquiète plus pour moi. C'est de Mercutio dont on parle, tout ira très bien et pour te rassurer, je te promets que nous n'avons fomenté aucun plan hasardeux dans l'immédiat, d'accord ?

- Pas d'attaques sur la salle commune des Serpentards ou d'intrusion intempestive dans le bureau de Minerva. »

Albus-Severus secoua la tête et afficha un sourire franc, sincère.

« Non. Rien de tel.

- Bien.

- Et au fait, pourquoi es-tu venu jusqu'ici ?

- Pour te parler d'un projet qui va immanquablement te concerner…

- Oh… Tu as enfin réussi à convaincre Papa de partir en amoureux pour les vacances d'été et tu as peur qu'il refuse de me laisser en garde chez parrain, c'est ça ?

- Non, ce n'est pas du tout cela et de toute façon, tu sais parfaitement que jamais ton père ne laissera son petit poussin plus de deux soirées, même chez Charlie.

- Je sais, soupira théâtralement Albus, je sais…

- N'exagère pas, veux-tu ! En fait, ton père m'a fait cette proposition, il y a quelques semaines de cela, mais je souhaitais d'abord m'entretenir avec toi à ce sujet avant de lui donner ma réponse car ce projet bousculera notre vie à tous de façon très profonde… Définitive même… »

L'air perplexe d'Albus le fit sourire malgré tout. Au moins, il ne serait pas le seul à être sonné pour quelques heures.

« Il souhaiterait que nous agrandissions la famille.

- Il veut… Quoi ?

- Un autre poussin. Tu grandis et il a besoin de pouponner à nouveau.

- Et ta réponse est…

- M'as-tu déjà vu une seule fois lui refuser quelque chose ? »

Albus secoua la tête négativement, un sourire resplendissant illuminant son visage.

« J'en déduis que tu n'as pas d'objection à ce projet…

- Aucune, papa, absolument aucune. »

A suivre…