Voilà le quatrième chapitre.
Merci à Kaimee83 pour avoir follow et à Psycho Black Wolf pour sa review.
J'espère que la suite va vous plaire!
A mercredi prochain !
Vu de l'extérieur, la scène semblait assez comique. Quatre personnes aux apparences très différentes, assis autour d'une table, fixant un point commun qui n'était autre qu'un téléphone.
Celui de Law pour être plus précis.
Il attendait un appel important, qui allait influencer la vie des trois autres. Dit de cette manière, ça paraît incroyable.
En réalité c ' est qu ' il attendait juste que le moniteur son l'auto-école daigne bouger son cul pour lui dire s'il avait enfin eu son foutu permis de conduire.
À l'origine, le brun n'avait pas eu l'intention de le passer, mais ils commençaient tous à en avoir marre du bus et de ses odeurs... Fleurissantes... Alors prendre une voiture leur paraissait être la meilleure solution. Restait encore à avoir une voiture. Et le permis. Surtout le permis.
Ils étaient quatre étudiants fauchés qui enchainaient les petits boulots pourris après les cours pour payer le loyer d'un d ' un appartement aménagé pour deux personnes mais qui en supportait quatre.
Il était évident qu'ils ne pourraient pas tous avoir leur permis. En réalité, deux mois de salaire ont été nécessaires pour ne payer qu ' un seul passage, dont ils avaient scrupuleusement étudié les enjeux pour choisir le candidat idéal.
Au final personne n'arrivait à se mettre d'accord alors ils piochèrent à la courte paille. Et là encore, il furent incapable de faire ça normalement.
Ce fut Kidd qui gagna la première fois, il était content, mais pas les autres. Parce que l'image de Kidd au volant était un peu difficile à visualiser pour eux. Il était violent, colérique, vulgaire et extrêmement susceptible. S'il ne tuait pas le moniteur au bout de dix minutes il foncerait dans la première personne - piéton ou conducteur - à oser lui lancer un regard qui ne débordait pas de politesse et de respect absolu ... Comme si lui lançait ce genre de regards... L'affirmation unanime fut démentie par le principal concerné qui clama haut et fort qu'ils exagéraient fortement la chose.
Il rajouta après un bref silence qu'il ne toucherait qu'aux gens qui auraient l'imprudence de soutenir son regard plus de cinq secondes. Très rassurant donc.
Il fut donc décidé à la majorité - Kidd s'était sentit un peu seul - que le gain était remis en jeu.
Ils s'y croyaient vraiment, oui.
La seconde fois, Mary fut l'heureuse gagnante. À la vue du résultat, Kidd s'était enflammé car d ' après lui, elle n'avait pas non plus les qualités requises pour conduire. Il l ' avait décrite comme étant trop naïve et gentille, à s'excuser pour rien, et trop tête en l'air. Il alla jusqu'à parier sur combien de temps se serait écoulé avant qu'elle ne perde ses clés de voiture. Pari serré, Law penchant plus pour trois semaines, Kidd deux alors que Jewelry allongeait un peu plus son vote, optant pour deux mois juste parce qu'elle prônait l'égalité homme-femme, ce qui n'avait aucun rapport.
Mary était restée sans voix. C'était méchant mais vrai, tout le monde le savait. Sauf elle apparemment, puisqu'elle leur fit la gueule pendant trois jours, vexée. Jewelry et Law avaient fini par pousser Kidd à s'excuser, sous l'indignation de celui-ci, parce que tous disaient que c'était de sa faute.
Lorsque Kidd remporta la troisième manche, il s'exclama que c'était un signe du destin, et fut royalement ignoré. Puis ce fut Law, et là personne ne trouva rien à redire. Il était plus calme que le rouge et beaucoup moins influençable que la brune, Law semblait être le candidat parfait. La seule chose qu'ils pouvaient redouter était qu'il traumatise les autres conducteurs avec son regard glacial qui promettait mille et une souffrances, mais tant qu'il n'en venait pas au physique pas de problème à priori, la santé mentale d'autrui n'étant absolument pas leur priorité. Law fut donc choisi pour passer le permis de conduire.
L'autoécole avait été choisie pour ses prix, qui étaient bien inférieurs à ceux de leurs concurrents. Le code passé haut la main, le brun passa à la conduite qui s'avéra être une épreuve un peu plus ardue. Pas qu'il avait des soucis au volant, loin de là, il était même à l'aise. Mais il était tombé sur celle qui devait être la pire examinatrice au monde. La première chose qu'ils avaient remarqué étaient ses cheveux roses - qui firent grimacer Jewelry, elle aimait l'idée que ses cheveux soient uniques en leur genre - coiffés en deux couettes hautes. Son maquillage prononcé et ses vêtements gothiques vinrent ensuite. Si l'apparence avait été seule, ça aurait pu aller, mais elle était également dotée d'un caractère d'enfant pourrie gâtée et de manières haut-perchée qui avaient donné à Kidd une envie irrésistible de la frapper après seulement quelques minutes en sa présence. Au final, il était plutôt soulagé de ne pas avoir à la supporter, et il avait même plaint Law, qui malgré son calme légendaire, avait parfois eu bien du mal à se retenir de l'étrangler avec sa ceinture de sécurité. Et puis maintenant les voilà tous les quatre, à attendre l'appel qui leur annoncerait si Law avait passé tout ce temps avec miss j'emmerde-le-monde-car-il-s'agit-de-ma-plus-grande-passion pour rien, ce qui lui foutrait bien la haine.
La sonnerie retentit, marquant la fin de leur attente. Law fut le plus rapide, attrapant et décrochant le téléphone à toute vitesse, laissant trois mains claquer avec force sur la table, là où l'appareil se trouvait quelques instants plus tôt. Il porta le téléphone à son oreille, impatient.
-Bonjour j'ai bien Monsieur Trafalgar à l'appareil ? C'est Portgas D. Ace.
Law se souvenait vaguement d'un examinateur de son âge à peu près, brun avec des tâches de rousseurs, toujours afflué de son chapeau orange fluo qui attirait immédiatement tous les regards.
-Bonjour, oui c'est moi. A-attendez un instant s'il vous plait, rajouta-t-il alors que Jewelry lui arrachait littéralement le téléphone des mains et enclenchait le haut-parleur.
-Perona n'est pas disponible, alors je vais vous donner vos résultats si ça ne vous dérange pas.
-Non, non ne vous inquiétez pas, railla Law, Mary et Kidd ricanant silencieusement.
-Alors Monsieur...
Tous se penchèrent vers le téléphone de manière assez comique, impatients.
-Vous ne l'avez pas je suis désolé...
A ces mots, un silence de mort s'installa, personne n'osant dire quoi que ce soit. Law s'était figé, il allait devoir tout recommencer ?
-Nan j'déconne, vous l'avez, déclara Ace d'une voix claire, à travers laquelle on pouvait deviner un grand sourire satisfait.
Ils se mirent tous à hurler, sauter et rire comme des fous. Les chaises tombèrent, la table fut déplacée, mais personne n'y fit attention. Mary sauta dans les bras de Law qui la souleva en riant, Jewelry ayant passé ses bras autour de sa taille alors que Kidd les entouraient tous de ses bras. Même Ace rigola à travers le téléphone, imaginant très clairement la scène. La rose se détacha et prit le téléphone en rigolant.
-Si vous saviez combien je vous aime vous, déclara-t-elle avec joie.
-Eh ben c'est sympa, même si je vous connais pas du tout, répondit le jeune homme en ricanant.
-Merci beaucoup, rajouta Law en s'approchant.
-Bah de rien, j'ai rien fait mais bon, ça fait toujours plaisir de recevoir des remerciements ! Vous recevrez votre permis par courrier dans quelques jours.
-Ça marche.
-Et n'hésitez pas à repasser, c'est pas tous les jours qu'on me fait rire comme ça !
Ils eurent une pensée pour Perona, qu'ils croiseraient peut être s'ils venaient à revenir... Avant de se laisser envahir une nouvelle fois par la joie.
-On y pensera ! Répondit Law en raccrochant.
Ils rirent encore un moment avant que Kidd ne sorte quatre bières du frigo.
-Allez, on fête ça !
Il fut acclamé par les trois autres, visiblement d'accord avec lui.
Le lendemain matin, Law resta prostré dans le canapé en attendant que l'aspirine chasse son horrible mal de tête, tout en suivant un programme des plus ennuyeux à la télé, ce qui n'était pas forcément la meilleure technique pour supprimer les petits bonhommes qui s'amusaient à faire du tam-tam dans sa tête. Après avoir longuement pleuré sur l'épaule de Mary, il s'était mis à boire ignorant les regards désapprobateurs de la brune. Il avait besoin d'oublier, juste le temps de quelques heures. Oublier la douleur, celle des autres, la sienne, qu'il gardait enfouie en lui, parce que c'était plus simple à faire, à supporter. Mary était partie, comme toujours après qu'il ait bu. Il était habitué maintenant. Law avait un programme très simple pour la journée - rester immobile à regarder la télé en mangeant et buvant - et la sonnette de l'entrée qui retentit soudainement n'en faisait très clairement pas partie. Il haussa un sourcil, catégorique quant à sa position, refusant de bouger. Il daigna poser un pied à terre lorsque l'imbécile se mit à tambouriner à la porte, il ne se disait pas qu'il pouvait ne pas être présent ? Pestant contre l'élément perturbateur de la journée, il s'approcha doucement de la porte, prenant tout son temps. Le brun se stoppa pourtant à mi-chemin, lorsque la voix s'élevant de l'autre côté le renseigna sur l'identité de la personne.
-Ouvre Law ! J'entends la télé d'ici, je sais que t'es là !
Il ferma les yeux, trouvant cette semaine beaucoup trop chargée à son goût. D'abord Shachi, puis ses voisines, les messages de Jewelry et maintenant Kidd, qui semblait bien décidé à rester là, vu le ton dur de sa voix. Law prit la décision de l'ignorer, il finirait bien par se lasser et partir, la patience n'étant pas son fort. Le rouge continua à frapper la porte et à l'appeler pendant plusieurs minutes avant de se stopper. Law espérait qu'il s'en aille, même s'il n'y croyait pas vraiment. Certes il n'était pas un ange de patience mais il était buté, vraiment très buté.
-Si t'ouvres pas, je vais aller déglinguer ta voiture, menaça Kidd.
Law eut un sourire amusé. Il ne le ferait jamais. Kidd tenait plus à cette voiture que lui, il l'avait choisi après tout. Il avait demandé maintes et maintes fois de la conduire, ce à quoi le brun répondait qu'il aurait l'honneur de poser ses fesses à sa place quand il aurait son permis.
- Bon... Je vais peut-être pas toucher à la voiture... Mais ouvre-moi quand même !
-Non. Claqua Law, déterminé.
-Ouais, ça m'étonne pas plus que ça, c'est le genre de choix que font les lâches, rétorqua le roux provoquant une montée de colère chez le brun, c'est pas parce qu'il y a une porte entre nous deux que je vais pas te dire ce que j'ai à dire. Alors ouvres grand tes oreilles.
Law s'adossa à la porte. Ça lui faisait bizarre d'entendre la voix de Kidd après tant de temps. Il voulait le prendre dans ses bras pour sentir son odeur, le sentir lui. Il le voulait, et il le pouvait. Il lui suffisait d'appuyer sur la poignée. De cette manière, il pourrait même tenter de voir Jewelry, qui lui manquait tout autant. Mais un sentiment d'inconfort et d'appréhension enveloppa son cœur.
Lâche hein ? pensa Law avec amertume. Ouais, il n ' a pas tort en fait …
-À l'origine c'est Jew qui voulait venir. Elle s'inquiétait parce que tu lui avait pas répondu, comme à chaque fois, grinça Kidd. Tu ne mérites pas autant de prévenance Law, mais ça je lui ai pas dit, parce que Jew a changé ces derniers temps. Elle pleure. Souvent. Je lui ai pas dit mais par contre je lui ai demandé de me laisser venir à sa place. Elle avait l'intention de te ménager, de te dire que c'est pas grave si tu restes seul, enfermé chez toi comme une bête sauvage, occupé à ignorer les gens qui, aux dernières nouvelles, sont censés faire partie de ta famille... Sauf que si, c'est grave. Et toi ce qu'il te faut, c'est pas des gentils mots doux pour te consoler, non, ce qu'il te faut Law, ce dont tu as besoin c'est que quelqu'un te remette les idées en place une bonne fois pour toutes ! Que quelqu'un te dise la vérité, celle qui fait mal et qui est dure à entendre ! Tu souffres pas plus que les autres, tu n'as pas une plus grande douleur à supporter parce que toi t'étais là au moment où toute cette merde est arrivée. Ça c'est rien qu'une excuse dont tu te sers pour justifier ton comportement à notre égard ! Pour justifier que tu aies abandonné tes études, toi pour qui devenir chirurgien était un objectif et un rêve. Tu as abandonné Jewelry au moment où elle avait le plus besoin de toi, parce qu'elle aussi elle souffrait ! Mais toi, tu t'es tourné vers ta petite personne et tu as laissé tout le monde derrière sans t'en soucier. Tu m'as abandonné moi, alors qu'on était censés s'aimer, être un couple, s'aider et se confier. Tu t'en fous de nous, Law ? De toi et moi ? De ce qu'on était et qu'on devrait encore être aujourd'hui ? Ça représente rien pour toi tout ce qu'on a vécu, ensemble et avec Jewelry et Mary ?
Law cessa de respirer pendant de longues secondes. La voix de Kidd s'était durcie et avait montée de volume avant de se stopper brutalement. Et lorsqu'il reprit la parole, ce fut d'un voix plus calme, toujours empreinte d'une pointe d'aigreur.
-Si j'étais un sombre connard fini, j'irais même jusqu'à dire que tu l'a abandonné elle aussi... Déclara-t-il. Elle qui rayonnait par sa bonne humeur et sa bienveillance, tu crois que tu lui fais honneur tel que tu es ?
Il se stoppa, la gorge sèche. Il y avait tant de choses qu'il souhaitait dire encore, mais il n'avait pas l'intention de parler dans le vent encore longtemps. Ce qui lui restait encore au fond du cœur, il le sortirait lorsqu'il aurait Law en face de lui, pour voir ses réactions. Et lui en foutre une si jamais certains neurones n'étaient pas encore bien connectés.
-Law, appelle Jewelry. Elle en a besoin, sincèrement. Et toi aussi, parce que sinon tu m'aurais pas écouté. Et Law...
Le brun posa son oreille contre le bois, la voix du rouquin perdant en intensité.
-Je t'aime...
Le cœur de Law parut exploser, ses mains se crispèrent contre le battant alors que les pas de Kidd se faisaient de moins en moins audibles à mesure qu'il s'éloignait, jusqu'à disparaitre totalement. Il se laissa glisser à terre, une main serré contre sa poitrine, tentant d'étouffer les sanglots bruyants et sans larmes qui s'élevaient. Trois mots pour le faire craquer. Trois mots pour briser les barrières qu'il avait pris soin de construire. Il lui avait suffi de trois mots...
-Moi aussi je t'aime, articula Law, qui sentit un poids s'enlever de ses épaules.
Le dire à voix haute lui faisait un bien fou, mais il voulait faire plus, il avait besoin de faire plus que ça . Et il allait le faire. Il se leva, éteignit la télé qui tournait en boucle depuis tout ce temps et saisit son téléphone. Il n'eut pas à attendre longtemps, une voix s'élevant du téléphone, surprise et pleine d'espoir.
-Law ?
Il eut un petit sourire anxieux, mais aussi rempli de joie.
-Hey Jew...
