Coucou à toutes et à tous ? Merci à The100forever8, Misatelle, MARGUERITE . ROXTON-JONES, crazybells et machonjuli pour leur commentaire sur le précédent chapitre !
Certaines doivent se demander pourquoi j'ai décalé la publication d'un jour cette semaine, c'est parce qu'aujourd'hui, c'est mon anniversaire et que je voulais que ce soit mon cadeau pour vous !
Dès la semaine prochaine, la publication reprendra le vendredi, ne vous inquiétez pas, mais je voulais marquer le coup !
Merci à la formidable crazybells qui a corrigé toute cette fic !
Bonne lecture !
En ce samedi matin, je me lève de bonne humeur, ravie d'avoir pu discuter avec Madi hier soir. Nous avons eu une discussion à cœur ouvert où je lui ai dit que je l'aimais plus que tout, mais qu'elle devrait éviter de frapper ses camarades à l'avenir. Je sais que son attitude d'hier est en partie de ma faute, je ne suis pas assez présente et depuis la mort d'Indra, je suis la seule famille qu'il lui reste et elle a peur que je regrette mon choix un jour. Cette gamine, pardon cette ado est plus têtue qu'une mule mais bon, c'est comme ça que je l'aime.
Je lui ai parlé de mon entretien avec Marcus, elle sait que j'essayerai d'être un peu plus présente mais que ça ne dépend pas que de moi. Elle comprend et elle accepte cet état de fait, en partie du moins.
Je prépare notre café et notre petit déjeuner tout en observant le ballet des déménageurs qui entrent et sortent de la maison voisine. Je doute que ce soit des professionnels, le camion qui contient les meubles ne porte pas de logo mais les hommes qui portent le mobilier semblent robustes. Depuis mon poste d'observation, je peux voir un grand métisse avec une barbe naissante, il semble séduisant quoique pas mon style. Son port de tête et sa démarche assurée n'est pas sans me rappeler celle de mon militaire de frère. A ne point douter, le déménageur d'un jour est ou était un soldat. En parlant de soldat, ça fait un moment que mon jumeau n'a pas donné de nouvelles, ces derniers jours je n'ai pas vraiment eu le temps d'y songer mais je ressens le vide dans mon cœur. Il va bien, je n'en doute pas, mais j'aimerais l'entendre au téléphone ou même le voir.
Lorsque nous étions petits, nous pouvions sentir les émotions de l'autre, pas comme si nous avions un lien psychique, mais il n'était pas rare que si l'un avait mal quelque part, l'autre, dans une moindre mesure, souffrait aussi. Cette connexion a perdu de son intensité avec le temps mais je sens, je sais lorsque mon frère va bien. Je n'ai aucune certitude mais je suis persuadée que si jamais, il devait mourir, je le ressentirais, je ne sais pas comment mais je le sentirais au fond de moi. Ce simple principe va au-delà de ce que je crois, de ce que la science peut expliquer et mon esprit cartésien a parfois du mal avec ça, mais un esprit rationnel ne peut pas toujours tout expliquer.
Je me détourne de mes pensées en voyant une jeune fille, ou une jeune femme qui porte un carton plus léger et qui semble prendre plaisir à taquiner ces messieurs. Je souris devant ce spectacle avant de monter réveiller Madi.
Puisque je suis exceptionnellement en repos et ce tout le week-end, je veux en profiter pour passer du temps avec l'adolescente en commençant par la réveiller après une grâce matinée. Pour le programme, je ne sais pas encore, si Madi n'a pas trop de devoir, nous pourrions sortir nous promener. Enfin, nous verrons bien, il faut d'abord que la jeune fille se réveille et ce n'est pas un combat gagné d'avance.
Je toque tout de même avant de pénétrer dans sa chambre qui baigne dans l'obscurité et je me glisse jusqu'à son lit sur lequel je m'assois. Je passe une main douce dans ses cheveux comme mon père avait l'habitude de faire avec moi, et je la secoue légèrement pour la sortir du sommeil. Je n'obtiens qu'un grognement qui fait étirer un large sourire sur mon visage et qui me fait pouffer.
-Allez Madi, il faut sortir du lit.
-Laisse moi dormir, grogne l'adolescente.
-Madi l'ours ronchon, ce n'est pas encore la période d'hibernation, je la taquine en faisant glisser mes doigts le long de ses côtes pour la chatouiller.
-Arrête ça ! s'écrit la jeune fille en sursautant, ce qui provoque un sursaut chez moi aussi. J'étais pourtant préparée mais je me suis faite avoir.
Comme lorsque vous regardez un film, vous savez qu'il va se passer un truc une explosion, un coup de feu ou un bruit violent et que vous sursautez quand même et bien, c'est exactement ce genre de situation, surtout avec Madi qui s'assoit rapidement sur son lit avec ses cheveux en bataille lui donnant un air de ressemblance avec un ours mal léché ou Cruella d'Enfer. Je ne sais pas encore ce qui me terrifie le plus, l'ours sans doute puisqu'il peut s'en prendre aux humains, surtout si l'ours en question est un grizzli. Avoir Winnie l'Ourson aurait été trop demandé !
-Et si je refuse ?
-Tu refuses ? Tu sais que tu vas me le payer ?
-C'est vrai, mais pas aujourd'hui parce que tu as mal à ton poignet et que tu dois éviter de t'en servir pendant deux semaines, je souris fièrement. Non pas que je sois contente que tu sois blessée !
-Je sais, mais je peux toujours me servir de l'autre main, dit-elle en commençant à me chatouiller.
Je me dégage de son emprise rapidement avant de courir jusque dans la cuisine, malheureusement pour moi, cette petite est rapide et elle me coince. Je lui échappe en rigolant avant de sortir, toujours en pyjama, dans la cour en riant comme une femme possédée. Madi me poursuit en riant aussi et nous devons faire un beau spectacle : courir un matin de fin septembre dans la cour et en pyjama un samedi . Je ne suis pas certaine que les nouveaux voisins s'attendaient à ça en emménageant dans ce quartier vraiment très calme.
Madi m'attrape et me fait tomber par terre, je l'attrape dans ma chute en veillant sur son poignet emprisonné dans l'attelle qu'elle a gardé cette nuit à cause de la douleur. L'adolescente s'affale sur moi et nous continuons de rire en essayant de reprendre une respiration normale.
-Tu vois, je savais que j'allais t'avoir Clarke, tu es bien trop lente pour moi ! Sourit Madi en se moquant de moi.
-Je ne suis pas si lente, je réplique de mauvaise foi tout en soupirant parce que mine de rien, elle est assez lourde cette petite. Par contre, si tu pouvais te relever avant que je ne meurs étouffée, ce ne serait pas du luxe, je rétorque.
Elle se relève en prenant tout son temps et en s'appuyant sur mes côtes, je retiens une grimace de douleurs, mais je ne dis rien parce que vu son air contrit, elle ne l'a pas fait exprès. Une fois que la jeune fille est debout et clairement sur ses deux jambes, je me relève en retour lorsque j'entends des ricanements venant de la maison voisine. Je me retourne en même temps que Madi pour me trouver face à la jeune fille, ou jeune femme que j'ai aperçue plus tôt ainsi que le grand métisse et un troisième homme, il doit avoir mon âge et il doit être un sacré emmerdeur vu le regard moqueur qu'il nous lance.
-Bonjour, je lance en reprenant contenance.
-Salut, sourit la jeune femme.
-Vous êtes les nouveaux voisins ? Les questionne Madi avec sa curiosité habituelle.
C'est à grande peine que je me retiens de lui faire une remarque mais bon, je me suis fait une raison après un an à vivre avec elle, j'aurais beau lui dire de se mêler de ce qui la regarde, si elle veut faire sa curieuse et poser ses questions, elle le fera quoique je dise ou fasse
-Pas vraiment, répond le métisse.
-Ouais, on aide le futur voisin qui en sentant le déménagement arriver, a trouvé un moyen de se blesser et il ne peut pas porter des choses trop lourdes, le fainéant, renchérit l'homme brun, celui avec le regard moqueur.
-De toute façon, on avait prévu de l'aider, semble lui rappeler la jeune femme. Au fait, je suis Octavia, voici Nathan, qu'on appelle Miller, dit-elle en désignant le métisse à l'allure militaire, et voici John, qu'on appelle Murphy, continue la jeune femme brune en désignant le deuxième homme.
-Clarke, je réponds et voici Madi.
-Enchantée, en tout cas ça me fait plaisir que mon frère ait des voisines aussi charmantes que vous deux, sourit grandement Octavia.
-Ouais, c'est sûr qu'il ne va pas s'ennuyer celui là, renchérit Murphy.
-Heu, je crois qu'on va vous laisser finir, je réponds mal-à-l'aise sous le regard des trois personnes qui semblent tout d'un coup bien heureuse.
Je suis sur le point de passer le seuil de la maison lorsque j'entends :
-Eh Blondie, je crois que tu as fait dans ton froc et que c'est vert !
J'inspire un bon coup, Madi me regarde se demandant sans doute comment je vais réagir. Plusieurs possibilités s'offrent à moi. Je pourrais me retourner, aller vers lui et lui mettre une droite telle que mon frère me l'a appris. Je pourrais aussi faire comme si je n'avais pas entendu et rentrer calmement dans la maison avant de boire mon café. Ou je peux faire ce que je suis en train de faire, c'est à dire, me retourner avec mon plus beau et mon plus grand sourire plaqué sur le visage et lever mes deux majeurs. Je rentre ensuite dans la maison pour finalement boire mon café.
-Tu ne l'as pas frappé ? s'étonne ma pupille qui connaît mon caractère de feu.
-Non, et puis est ce que tu m'aurais prise au sérieux si je l'avais fait ? Je la questionne.
-Bah, ça aurait été cool mais puisque hier tu m'as passé un savon sur le fait que cogner quelqu'un ça ne résout pas les problèmes, je crois que ça aurait été trop contradictoire.
-Exactement, mais lui faire des doigts d'honneurs était un bon compromis. C'est passif-agressif, ce qui vaut mieux que agressif tout court. Attention, ça ne veut pas dire que tu dois faire pareil, je la préviens.
-Je sais, soupire la jeune fille en regardant dans sa tasse.
Nous finissons de petit-déjeuner en parlant de tout et de rien. Le sourire de Madi montre bien qu'elle aime passer du temps avec moi, qu'elle apprécie nos instants de complicités comme celui de ce matin et ça réchauffe mon cœur. Je souris grandement alors que je m'habille d'un jean slim tout simple et d'une marinière, cadeau de mon frère qui a passé quelques jours en France lors de ses dernières vacances. Il était chez un ami du lycée qui y possède une petite maison, non pas sur la Côte d'Azur comme bon nombre d'américains, mais en Normandie. Et mon jumeau, pour une journée avait visité la région phare de la marinière, symbole de la France dans nos esprits d'étrangers et avait profité de son passage en Bretagne pour m'en prendre une.
J'aime le fait que c'est simple et élégant. Tout le monde ne peut pas la porter en raison des rayures horizontales qui la rende si célèbre et qui épaissit la silhouette et sans faire du 38, je suis suffisamment bien proportionnée pour mettre la mienne.
-Alors, que faisons nous aujourd'hui ? Me demande Madi.
-Ce matin, tu fais tes devoirs et tu essayes de ne pas forcer sur ton poignet, je lui dis en arrivant dans le salon où la jeune fille m'attendait.
-Oh, c'est vrai que j'ai une disserte en littérature, le plan est fait il faut juste que je la recopie. Seulement, c'est la main avec laquelle j'écris qui est dans l'attelle, reprend la brune en me lançant un regard que je comprends bien vite.
-Tu veux donc que je te serves de secrétaire ? Je lui demande pour la forme.
-Tu ferais ça ? Me questionne-t-elle tandis que ses yeux bleus s'illuminent.
-Va chercher tes cours, on va se mettre sur la table du salon.
-Oh merci, merci beaucoup Clarke, t'es la meilleure.
-Je sais, je réponds modestement alors qu'elle va chercher ses affaires dans sa chambre.
Je ne sais pas si je vais lui être d'une grande aide, enfin elle me demande seulement de copier ce qu'elle va me dicter, mais la littérature et plus particulièrement les dissertations n'ont jamais été mon fort. La lecture c'est fait pour se détendre, pas pour l'analyser et sortir des choses dont même l'auteur ou l'écrivain n'avait pas conscience. Je pense que les profs de cette matière sont fous ! Ouais ou ils ont besoin de consulter un psychiatre.
Madi revient avec son sac et ses cours et elle sort un stylo ainsi que plusieurs copies doubles et son brouillon. Pourvu que sa dissertation ne fasse pas dix pages !
Je m'empare d'une copie double où j'écris son nom, son prénom, sa classe et la date à laquelle elle doit rendre son devoir. Eh oui, je fais les choses bien, moi ! J'en profite pour noter que c'est moi, Clarke qui écrit en raison de la blessure au poignet de la lycéenne qui est donc dans l'incapacité temporaire d'écrire, mais que bien sûr, tout le travail revient à l'élève.
Une heure et demi plus tard de dictée, je mets enfin le point final au devoir. Il est plus facile d'écrire son devoir soi-même et de suivre le cheminement de ses pensées lorsqu'on les couche directement par écrit et je ne suis visiblement pas la seule à faire de cette façon puisque Madi a eu du mal à faire suivre ses idées et s'est donc reprise plusieurs fois.
-C'est tout ce que tu avais ? Je lui demande en m'étirant la nuque qui s'est engourdie à force de rester dans la même position pour écrire.
-Il me reste encore des recherches en histoire.
-Ah et tu as encore besoin de mon aide ?
-Bah, je cherche sur Internet et tu notes ce que je trouve ? Hasarde la lycéenne.
-Ça marche. C'est sur quel sujet au fait ?
-Hum, les États-Unis pendant la première guerre mondiale. Je dois découvrir en quelle année ils sont rentrés en guerre et pourquoi. Ce genre de chose.
-Tu ne devrais pas en avoir pour très longtemps, je lui dis alors que je me lève pendant que ça frappe à la porte d'entrée.
J'ouvre pour me trouver nez à nez avec trois hommes que je ne m'attendais pas à voir !
Alors, qu'en avez vous pensé ? De nouveaux personnages ont fait leur apparition et l'identité des voisins n'est plus vraiment un mystère !
Quand au trois hommes derrière la porte, qui sont-ils d'après vous ? J'attends vos hypothèses !
A vendredi !
