Disclaimer : voir le chapitre 0 / d'introduction.
Note de l'Auteur : C'est un long chapitre. Une fois encore, les deux sections en italique proviennent directement de l'épisode « 9 ans après » – je ne les ai pas écrites. Je les ai inclues ici car c'est ainsi que je construis cette histoire. Ces trois premiers chapitres tournent autour de l'épisode. Après celui-ci, l'histoire en sera indépendante.
Note de la Traductrice : On assiste ici à la fin de l'enquête. Celle-ci sera-t-elle suivie d'un repos bien mérité ? BONNE LECTURE.
~ Delicate ~
Chapitre 3 : Acceptation
Quand Alex ouvre les yeux, il fait encore sombre. Elle entend quelque chose – une sorte de battement, sur la porte de la chambre.
« Tu es réveillée ? »
A peine. Enfouie sous une épaisse couverture, elle enroule ses bras autour d'elle, et se rappelle qu'elle est dans l'appartement de Bobby. Je me suis endormie dans ses bras, et elle sourit. Alors que ses yeux s'habituent peu à peu à la lumière ambiante, elle réalise qu'elle est dans son lit. Elle entend encore quelques coups sur la porte.
« Eames ? »
« Oui, entre. » Elle soupire.
« Bonjour. » Son robuste partenaire entre d'un pas calme dans la chambre, tenant deux grandes tasses. Il est bien habillé – sans veston, mais sinon prêt pour le boulot. « J'ai pensé que tu aurais besoin de ça, » et il lui offre une tasse de café.
« Merci. » Alex tapote les coussins et se redresse afin de s'asseoir, puis accepte avec reconnaissance la tasse et boit quelques gorgées. Elle replie sa jambe et tapote le lit, l'invitant à s'asseoir. « Comment je suis arrivée ici ? »
« Je, euh, t'ai portée jusqu'ici. » Il s'assied à côté d'elle et boit un peu de café. « Tu ne te rappelles pas ? »
« Non. »
« En fait, je, » il frotte le bas de sa nuque, et puis dépose sa tasse sur le guéridon, « Je me suis réveillé à un moment, je suppose qu'il devait être trois heures ou trois heures trente et, eh bien, j'ai simplement pensé que tu dormirais mieux dans un lit. Donc je, hum, tu sais. » Il fait un vague geste de la main. « Tu étais plutôt inconsciente, quand j'y pense. »
« Où as-tu dormi ? »
« Dans le fauteuil. » Bobby regarde ailleurs et relâche légèrement le nœud de sa cravate. « Je, euh – hé, tu sais, es-tu – est-ce que tu veux prendre une douche ici ? Ou chez toi ? De toute manière, nous devons partir bientôt, pour que tu aies assez de temps pour te préparer. »
Il relève la tête et rencontre ses yeux. Il est silencieux pendant un long moment. Puis, « Ca va être difficile aujourd'hui. »
Elle hoche la tête. Pendant quelques instants, le sommeil avait adoucit les bords tranchants de son malheur. Minaya, Delgado, Quinn… la mort de Joe. Quelque chose qu'elle pensait avoir mis de côté.
« Eames ? »
La voix de Bobby l'arrache à ses pensées et elle se concentre sur lui. Il la fixe délibérément.
« Rappelle-toi ce que je t'ai dit la nuit dernière, » et lorsqu'il capture sa main, sa main chaude couvre la sienne, il presse sa paume contre son torse à elle, juste au-dessus de son cœur. « Peut importe ce qui arrivera aujourd'hui, je serai juste là, » il serre doucement, « avec toi. »
« Ca – représente beaucoup à mes yeux, Bobby. »
« Alex, je le suis toujours, » il caresse ses doigts de son pouce. L'honnêteté et l'émotion dans ses yeux bruns est en contradiction avec son maniérisme stoïque – ses traits sans expression, ses lèvres dessinant une ligne droite, son ton plat.
« Tu es… quoi ? »
« Je suis toujours avec toi, ici. » Il serre sa main à nouveau. « Je–Je pense toujours à toi. M'inquiète pour toi. »
« Merci. » Il y a tellement de choses qu'elle voudrait lui dire, lui avouer, lui demander. Elle est désespérée de savoir pourquoi il a tellement changé depuis que sa mère est morte – autre que les raisons évidentes de son cancer et de sa mort, mais à cet instant, ils n'avaient pas le temps.
Elle glisse donc sa main hors de la sienne et caresse sa joue. La chaleur de sa main pénètre sa poitrine, et ses émotions entrent dans son cœur et se lient. Impulsivement, elle embrasse sa joue, laissant ses lèvres tarder sur sa peau fraîchement rasée. Elle sent ses doigts s'enrouler au creux de son cou, et caresser sa peau, dans la plus douce des caresses.
Finalement, elle se retire, et il fixe sa bouche, et elle sait qu'il pense à l'embrasser. Elle se demande ce que ça ferait d'embrasser ses lèvres pleines. Quand elle le regarde à nouveau, il l'observe attentivement. Le moment est aussi intime que tout le sexe qu'elle ait jamais expérimenté, et elle réalise alors que faire l'amour à cet homme pourrait la faire voler en éclats.
Il glisse sa main jusqu'à son épaule, « A la fin de cette journée, nous nous verrons. A ce moment-là, nous parlerons. »
« Une dernière chose. Hier, tu as dit que quand nous aurions tout terminé, toi et moi, nous ferions quelque chose. Que voulais-tu dire ? »
Bobby sourit. « Je pense que ça te plaira. »
« Et c'est tout ce que tu as à me dire ? »
« Jusqu'à tantôt ? Oui. Parce que là, on ferait mieux d'y aller. »
« Okay. »
« Je suis désolée pour votre mari, » commence Liz Rogers, le médecin légiste. « Je ne savais pas. »
« Donc, la cigarette de la scène de crime… » continue Alex.
« Il y avait assez d'ADN pour une identification, » confirme Liz.
« Ray Delgado ? » demande Alex.
« NON, il ne correspond pas, » répond Liz.
Alex regarde le papier que lui tend Liz elle s'appuie contre la table basse, sa poitrine commence à se soulever et à retomber rapidement alors que l'impact entier des résultats la frappe. « Minaya a menti, » approuve-t-elle finalement.
Bobby ajoute, « Oui, il a dit que Delgado avait la cigarette allumé en bouche quand on a tiré sur Joe. »
« Minaya était le meurtrier depuis le début, » dit Alex, sa voix tremblante.
« Ce n'était pas son ADN, » répond Liz.
« Eh bien, si ce n'était pas Minaya, ce n'était pas Joe, quelqu'un d'autre était dans cette pièce quand on a tiré sur Joe, Alex, » suggère Bobby, doucement. Alex hoche la tête.
Alex plonge ses dents dans sa lèvre inférieure, en retirant du sang, croise ses bras devant sa poitrine, et prend de tranchantes, peu profondes inspirations. A cet instant, elle donnerait presque tout pour s'empêcher de pleurer. Son cœur a été traîné neuf ans en arrière et la douleur est à nouveau fraîche, et rien n'est résolu. Le meurtrier de Joe est un mystère et est libre depuis presque dix ans. Des années que Joe est mort et enterré, des années qu'elle a vécues sans lui.
Elle relève la tête à temps pour voir Bobby et Liz échanger un regard.
« Si ça ne dérange aucun de vous deux d'attendre quelques instants, j'ai un rapport qu'il faudrait apporter au Capitaine Ross quand vous repartirez. »
« Bien sûr, » répond Bobby. Dès que Liz est hors de la pièce, il attrape un petit tabouret et le traîne à côté d'Alex, son dos faisant face au mur en verre. Il l'enjambe. « C'était des nouvelles difficiles à entendre. »
Il prend sa main et la serre elle enroule ses doigts autour de deux des siens, voulant s'accrocher à lui, ne pas le laisser partir. « Comment te sens-tu, Alex ? » répète-t-il.
« A toi de me dire. Comment devrais-je me sentir, Bobby ? »
« Je ne sais pas, mais nous allons trouver qui a tué Joe. » Bobby relâche sa main et se lève du tabouret, se tenant proche d'elle. Elle sent son souffle chaud contre sa nuque. « Nous y arriverons, » murmure-t-il. Sa main est intense sur sa taille alors qu'il se place derrière elle et cette fois son corps est pressé légèrement contre son dos. « Je te le promets, nous y arriverons. » Sa voix est douce et proche de son oreille. Elle se sent entourée par lui, par sa force, par sa certitude et bien que les mots n'aient pas été prononcés, elle se sent aimée. Alex le croit – elle croit qu'elle pourrait enfin quitter ce cauchemar.
Bobby reste derrière elle et il est tout naturel qu'ils commencent à se diriger vers la porte ensemble. Ils se tiennent plus près l'un de l'autre que d'habitude et ils sont connectés d'une manière indéfinissable.
Alex se demande si Liz Rodgers le remarque lorsqu'elle entre dans la pièce. Mais le visage du médecin légiste est insondable alors qu'elle leur tend le dossier. Ils lui disent au revoir, et se dirigent vers le onzième étage du One Police Plazza, sachant que beaucoup de travail les attend.
Alex déclare fermement, « Dr. Mannie Beltram ? »
Dr. Beltram répond, « Je ne peux pas vous serrer la main. Que puis-je faire pour vous ? »
Alex l'informe, « Nous sommes de la criminelle. Nous enquêtons sur le meurtre d'un officier de police. »
Dr. Beltram tente de l'assurer, « Détective Quinn ? Nous avons fait tout ce que nous avons pu mais… »
Goren interrompt, « Ce truc est difficile à enlever de ses mains, » observe-t-il, « Ca pénètre la peau et les vêtements, n'est-ce pas ? » Il s'arrête. « Ce n'est pas de la Bétadine… C'est au minimum un paquet par jour, ça fait des tâches de nicotine comme ça… Vous êtes médecin et vous fumez. Des mentholées ? »
« Quand c'est votre heure, c'est votre heure. »
« Eh bien, c'est peut-être votre heure… Dr. Beltram… Voyez-vous, nous ne sommes pas là pour le Détective Quinn. Mais pour un autre Détective. Joe Dutton, » continue Bobby, « En fait, il y a neuf ans, un mégot de cigarette a été retrouvé sur sa scène de crime. »
Alors poursuit, « Le meurtrier l'a fumée. C'est ce qu'a dit un témoin. Mais vous vous en rappelez. »
« Ils peuvent faire des choses incroyables avec la médecine légale, hmm, » lui dit Bobby, « Dix ans qui se sont écoulés, et une simple trace d'ADN, mais vous êtes médecin, vous le savez. »
Dr. Beltram demande, « La cigarette, vous avez trouvé des traces, n'est-ce pas ? »
Alex hoche la tête et hausse les épaules, « Quoi ? Vous pensiez que ça ne vous rattraperais pas ? »
Dr. Beltram dit, « Je jure devant Dieu que c'était un accident, un terrible accident. C'était il y a des années et j'en fais encore des cauchemars. »
« Vous avez tué un officier de police, » insiste Alex.
« Je croyais qu'il allait sortir un pistolet. Je n'ai réalisé qu'après lui avoir tiré dessus… qu'il cherchait simplement son badge. »
« Mais vous ne vous êtes jamais présenté ? » demande Alex.
« Alfred m'a mis dans un avion pour San Juan le jour suivant. Nous n'en avons jamais parlé. Je sauve des gens. J'ai sauvé des centaines de vies. »
« Ca ne rattrape pas celle que vous avez prise. » déclare Alex calmement.
Ensuite, Alex commence, « Mannie Beltram, vous êtes en état d'arrestation pour le meurtre de Joseph Dutton. »
« Je suis désolé. Je suis désolé, de ne m'être jamais présenté, » implore Beltram. « Ce policier, il est la raison pour laquelle je suis devenu médecin, pour me racheter d'une certaine façon. J'ai pris sa vie. Je n'ai aucune idée de qui il était. »
« C'était un bon flic. »
Après l'arrestation de Beltram, la pression derrière ses yeux augmente graduellement. Elle a mangé un demi-muffin pour le petit déjeuné et n'a rien mangé depuis, et maintenant les feux rageurs qui brûlaient ses intestins augmentent et remontent dans sa poitrine, impatients de dévorer son cœur. Elle accueille la douleur.
Tout ça en vaut la peine car elle fut capable de sourire quand d'abord Ross puis Logan lui serrèrent la main et la félicitèrent. Quand Megan l'a enlacée brièvement, elle est restée calme et composée.
Elle continue d'éviter Bobby, évidemment. Naturellement, ils doivent interagir, mais elle rencontre son regard aussi peu souvent que possible, garde ses distances. Jusqu'à présent, à part un bref regard, quelques questions posées et répondues, et un commentaire par-ci par-là, elle s'en est bien sortie. Elle peut sentir ses yeux sur elle, cherchant et s'inquiétant, et elle sait qu'elle ne le dupe pas. Elle n'essaye pas. Mais elle n'est pas prête à voir l'amour et la compassion dans son regard car cela ferait sa perte.
Elle est donc surprise alors qu'elle est à côté de la machine à café, attendent la fin de la préparation, elle le sent derrière elle. Sa main entoure son coude.
« C'est l'heure. » Elle sent la plus légère des caresses de sa joue contre ses cheveux.
« Mais, que fait-on de– »
« Quelqu'un s'en occupe déjà, » lui assure-t-il.
« Tu ne m'as pas laissé terminer ma phrase ! »
« On s'occupe de tout. Alors allons-y. »
Elle ne bouge pas, fixant le sol.
« Alex, » il murmure presque, touchant son menton.
Elle repousse sa main et manœuvre autour de lui, « D'accord ! » grogne-t-elle, énervée qu'il ait apparemment fait quelque chose dans son dos et arrangé une sorte de départ anticipé. Elle regarde sa montre et ralentit, puis s'arrête.
« Tu vois bien, il est neuf heures trente. »
« Okay, tu as raison, Goren, » elle soupire en signe de défaite, se dirigeant vers son bureau pour se préparer à partir.
Bien que ses intestins soient toujours en feu et que sa tête palpite dans une compétition douloureuse pour obtenir son attention, elle insiste pour conduire. Ses doigts agrippent le volant d'une manière inquiétante tellement ils sont serrés, ses yeux louchent alors qu'elle navigue à travers la circulation chargée.
« Je ne veux pas aller au resto, Bobby. Il est trop tard. »
« C'est pas grave. »
« Mais est-ce que je peux… Est-ce qu'on peut toujours… Je sais que j'ai vraiment été une garce, mais– »
Elle écrase l'embrayage alors qu'ils atteignent un bouchon, et la SUV s'arrête brusquement.
« Alex, tu n'en as pas été une, » il accentue le mot, et il tend le bras pour repousser une longue, douce mèche de cheveux derrière son oreille, « tu n'as été rien de plus que forte. Et j'attends ta compagnie ce soir. Compris ? »
Rien ne bouge, et elle n'a aucune excuse pour continuer de l'éviter alors elle tourne la tête et le regarde, remarque son affectueux, tendre sourire et puis fixe ses intenses et concentrés yeux bruns et l'absorbant comme la terre brûlée absorbe la première tombée de la pluie après une période de sécheresse.
« Alex, est-ce que tu peux garer la voiture ? »
La voix Bobby sonne comme si elle venait d'un petit transistor, distante et crachotant et s'évanouissant par intermittence, mais elle réussi à faire ce qu'il lui demande.
« Gentille fille. » Gentille fille ! Seigneur ! Elle ne sait pas si elle doit répondre ou glousser, mais vu qu'elle semble incapable de faire l'un ou l'autre, elle soupire.
La porte claque, puis une autre. Et puis la portière est ouverte.
« Hé– »
Quelque chose de très chaud et solide s'appuie contre son corps, et elle entend un clic, et sa ceinture est retirée. Elle peut à présent se concentrer et son visage lui apparaît clairement, son sourire ne peut cacher son inquiétude dans ses yeux alors qu'il se penche au-dessus d'elle, se tenant à l'extérieur sur la route du côté de la portière du conducteur.
« Ce n'est pas prudent, Bobby, » elle croit le dire, mais elle n'est pas certaine que ça sorte à voix haute.
« Bois un peu de ça, » et il lui tend une bouteille ouverte de Sprite. Elle n'avait pas réalisé à quel point elle était assoiffée, et il l'aide à boire longuement. « Okay, doucement, » dit-il, la retirant, passant son pouce au coin de sa bouche.
« Tu m'as appelée une 'gentille fille', » accuse-t-elle.
« Ca m'a échappé, je ne sais pas pourquoi, » il respire, reculant, mais il sourit, et puis il bouge si vite, plus vite que la lumière, se penche et embrasse le coin de sa bouche que son pouce vient juste d'essuyer. Ses lèvres tardent sur sa peau pendant quelques instants, puis s'éloignent.
« Tu iras bien, une fois que je t'aurai nourrie. Je t'ai observée, jeune fille. » Il agite un doigt. « Tu n'as ni mangé ni bu de toute la journée. » Alex le fixe, en état de choc, alors qu'il se comporte comme si rien ne s'était passé. « Mais maintenant tu dois changer de place, parce que la circulation commence à se avancer plus loin. »
Bobby soulève ses deux sourcils, et agite sa main, pointant le siège passager. Se sentant plus forte, elle hoche la tête, attrape le Sprite qu'il tient en main et se fait un chemin jusqu'au côté passager de la SUV, concédant que c'est une meilleure idée que Goren conduise le reste du chemin du retour. Sachant que pour le reste du trajet du retour ou peut-être le reste de sa vie, elle songerait à ce baiser.
Il conduit prudemment jusqu'à chez lui mais la regarde attentivement à chaque fois qu'il le peut, et il pense à elle constamment. Il l'avait observée toute la journée, lorsqu'elle tenait courageusement le coup alors que son monde entier s'effondrait autour d'elle. Il sait très bien qu'il n'aurait même pas fait à moitié aussi bien qu'elle, il l'avait déjà parfaitement démontré. Mais il a observé sa partenaire, son Eames, contenir son chagrin fracassant jusqu'à ce qu'il remarque les premiers signes d'un effondrement immédiat. Et alors il l'avait sortie de là, et ce n'était pas trop tôt.
Ils sont à un feu et il la regarde. Cette fois, il l'attrape en train de l'observer. Elle tend sa main et il lui donne la sienne. Fermant les yeux, elle l'attire à ses lèvres et embrasse sa paume, pressant sa bouche ouverte contre sa peau, la tenant ainsi pendant un long moment. Elle termine le baiser doucement et lui dit, « Merci, Bobby. Merci pour tout. »
« S'il te plait, ne me remercie pas. »
« Mais, Bobby– »
« Parce que je le veux. Je veux le faire. Je veux être ici. Avec toi, Alex. »
Elle hoche la tête, et tient sa main jusqu'à ce que le feu change, puis la laisse partir. Et à chaque arrêt qu'ils font, elle reprend sa main, parfois l'embrasse, parfois la tient contre son sein. Et sur ce trajet du retour, Bobby Goren tombe amoureux le reste du chemin, complètement et totalement, d'Alexandra Eames.
Bobby déverrouille la porte de son appartement et laisse Alex entrer en premier, et puis la suit avec le sac qu'elle a apporté de ce matin de sa maison avec des vêtements et des choses dont elle aurait besoin. Il le lâche et verrouille la porte prend sa veste et la sienne et les accroche. Il se tourne pour la voir le regarder nerveusement, avec ses deux bras croisés, mâchant un de ses doigts, ses yeux expressifs en amende incertains.
Il se demande de combien de façon elle détient son cœur. A cet instant moment, il veut simplement la tenir dans ses bras, alors il prend ses deux mains et les enserre entre les siennes.
« J'aurais besoin d'un câlin, Eames. »
Il l'entend expirer bruyamment avant qu'elle presse immédiatement son visage contre son torse, et puis elle murmure une enfilade de mots, se terminant contre Bobby. Elle lâche ses mains et les siennes trouvent leur chemin autour de lui, alors il glisse ses doigts dans ses cheveux incroyablement doux et puis passe un bras autour de son corps incroyablement petit et la tient blottie contre lui.
Elle est si douce et délicate contre lui, il ne peut s'empêcher de déposer un doux baiser sur sa tempe. Alors qu'elle tourne sa tête d'un côté à un autre, il voix que sa bouche est légèrement entrouverte et il sent la chaleur à travers sa chemise alors qu'elle la fait glisser de long en large contre son torse, l'embrassant. Il n'est pas certain qu'elle réalise complètement l'effet qu'elle a à cet instant même sur son corps.
« Tu dois manger quelque chose rapidement, Alex, » lui dit-il, ses lèvres passant sur son oreille. « Laisse-moi commencer à préparer le souper pendant que tu vas te, euh, » il la visualise immédiatement nue et luisante et il ne peut pas dire le mot doucher, « faire ce que tu veux pour, euh, te détendre. » Bobby fait un pas en arrière et serre ses épaules. « Ca te paraît bien ? »
Mais elle garde ses mains sur ses hanches, le serrant, et se rapproche. « Pourquoi tu ne commanderais pas simplement quelque chose ? »
« Il–Il est tard, tu n'as pas mangé depuis le petit déjeuné. Je vais te faire quelque chose de léger, quelque chose de bon pour toi. » Elle le regarde fixement avec une telle réceptivité et confiance, et à cet instant même, elle ferait n'importe quoi pour lui. De la même façon qu'il ferait tout pour elle. Il lui est impossible de s'empêcher de la tenir contre lui à nouveau, et il la prend dans ses bras. « Et tu fais aussi les meilleurs câlins. »
Cette fois, il serre sa taille et frotte son dos et puis la presse fortement contre lui, et elle s'accroche à lui. C'est très dur de la lâcher, mais elle a besoin de lui et il ne la laissera pas tomber.
« Vas-y, Alex. » Il embrasse le sommet de sa tête, et puis la relâche.
Il la regarde se diriger vers la salle de bain, attendant avec impatience le reste de la nuit.
Il verse de la soupe dans des bols lorsqu'elle entre dans la cuisine.
« Ca sent bon, qu'est-ce que c'est ? »
« J'avais déjà préparé le poulet et la farce, et ai sorti d'autres restes déjà prêts, alors j'ai fait de la soupe. J'ai simplement dû cuire les– » il sent sa main caresser le haut de son bras et tourne la tête, et pendant l'instant d'un demi-battement, il s'arrête, « euh, les, pâtes. »
Il se souvient qu'elle a ses propres vêtements. Donc maintenant elle porte un corset lavande en soie avec un col en V entouré de dentelle et de fines bretelles, et un pantalon assorti transparent. Très transparent. Elle frotte son bras et il peut le sentir jusqu'au bout de ses orteils elle lui coupe le souffle. Il saisit le bord du comptoir et tente de se concentrer.
« C'est quoi cette odeur – il y a quelque chose qui cuit ? »
« Oui, les toasts. » Il voit son échappatoire. « Tu peux t'en occuper ? Je vais mettre ça à table. Que veux-tu boire ? »
« Je prendrai du vin, s'il en reste. »
« Oui. J'en prendrai aussi. »
Il vole quelques regards à son dos alors qu'elle prend des assiettes et beurre les toasts. Ses cheveux sont relevés, et sa peau parfaite brille alors que ses fins muscles bougent et s'étendent pendant qu'elle travaille. Le tissu lavande adhère à sa fine taille et ses courbes étroites, somptueuses en dessous.
Tenant deux plats avec des toasts, elle se tourne et l'attrape en train de l'observer et sourit. Il prend les plats de ses mains et s'avance vers la table, et puis il dit, « J'aime te regarder faire ces tâches ménagères. »
Alex rit. « Bonne mémoire, Détective. » Et ils s'asseyent ensemble dans un silence joyeux et mangent.
Bobby finit de nettoyer et puis installe confortablement Alex dans le canapé avec un verre de vin et la télécommande. Quand il est certain qu'elle est bien installée, il va prendre une douche rapide. Il n'est pas conscient qu'il se dépêche jusqu'à ce qu'il se rase et se coupe presque, et il s'en fallut de peu et, agité par ce fait, il tente de ralentir. Mais ce n'est pas facile, parce qu'il peut voir son sourire et sentir sa peau, lisse et souple sous ses doigts, comme si elle était là avec lui. Il ne sera pas capable de la posséder entièrement ce soir, parce qu'il ne veut pas la brusquer et aujourd'hui était simplement trop traumatisant. Mais si elle le veut et le laisse faire, il la tiendra dans ses bras jusqu'à ce qu'elle s'endorme. Il enfile en vitesse un short agréable et un vieux T-shirt du NYPD.
Dans son salon, la première chose qu'il remarque est le canapé vide, mais il la trouve immédiatement, étendue sur son énorme relax. A première vue, elle semble endormie, mais lorsqu'il la couvre avec un plaid léger, elle se fait entendre, « Je suis réveillée, Goren. » Elle se redresse légèrement, « viens ici. » Elle se déplace sur le côté et tapote le fauteuil. « Allez, Bobby, » dit-elle, sa voix endormie.
Il place une large main sur chaque bras du fauteuil et puis se penche, s'appuyant sur ses bras. « Tu es presque endormie, Alex. Tu devrais aller au lit. »
Elle soupire. « J'ai pas envie. Je veux rester ici, avec toi. » Elle tient sa main.
« Mais tu es si fatiguée. Allez, Alex. Je t'emmène. » Il lui tend son bras.
« Okay. Mais tu restes avec moi. Toute la nuit, dors avec moi. »
« Alex, je ne crois pas que– »
« Qu'est-ce que ça change ? Ici, ou au lit ? Et ce qui arrive ne regarde que nous, de toute façon. »
« Okay. »
« Et je crois que–quoi ? »
« J'ai dis okay. Viens maintenant, avant que je change d'avis. »
Elle lui tend ses bras, il se penche et elle les enroule autour de son cou. Il s'empare d'elle et elle écarte les jambes et se presse fermement contre son torse, calant ses jambes autour de ses hanches. Soutenue par son bras sous ses fesses, elle ne pèse quasi rien. Il sent le contour de son doux point central sous le tissu transparent, ouvert et chaud, se frottant contre son ventre. La pensée qu'elle est probablement humide lui vient à l'esprit et il la force hors de sa tête. Ses yeux sont fixés sur son visage alors qu'il l'emmène au lit.
Les couvertures sont abaissées et il s'assied au bord du lit, mais il ne la laisse pas descendre de ses genoux. Ses doigts caressent sa nuque et sa main entoure son visage. « Bobby, je n'aurais pas pu aller au bout de cette journée sans toi. »
« Si. Tu aurais pu. » Et puis il retire sa main de son visage et enlace ses doigts dans les siens.
« Mais, tu sais, même si j'avais pu, je ne l'aurais pas voulu, » confesse-t-elle, sa lèvre inférieure tremblante. « Je n'aurais pas pu affronter ce soir seule, mais je n'ai pas à le faire. Je t'ai toi. »
« Et tu m'as, » il embrasse sa main, « aussi longtemps que tu le souhaites. » Son corps est parcouru par toutes sortes de sensations, ses doigts doux sur sa peau, ses mamelons durs contre sa poitrine, son sexe chaud contre son ventre. « Alex, j'aimerais, » commence-t-il, « ça irait si… si je t'embrassais. »
« J'aimerais ça, » souffle-t-elle.
Bobby fait glisser ses mains jusqu'à ses cuisses, appréciant la douceur du tissu transparent et la manière dont il adhère à sa peau. Ensuite il laisse ses doigts voyager doucement vers le haut de son corps, et ses pouces contre le renflement de ses seins. Une main passe sous son corset et se pose contre le bas de son dos, tandis qu'un doigt de sa main libre fait descendre une fine bretelle, s'arrêtant au niveau de son bras.
Elle aspire de longues bouffées d'air et ferme ses yeux lorsqu'il dépose de doux baisers le long de son épaule pendant que le bout de ses doigts danse de haut en bas le long de ses bras. Lorsqu'il atteint son cou il s'arrête, et enlève l'élastique de ses cheveux, libérant les longues, douces mèches.
« Alex, » dit-il, la fixant dans les yeux, caressant son cou, son dos et ses épaules, « tu es magnifique. » Il cale une mèche rebelle derrière une de ses oreilles. « Si belle, » il respire contre son cou, avant de doucement le mordre. Et puis il fait glisser ses lèvres le long de sa joue, et couvre sa bouche avec la sienne.
Jusque là, elle avait ses doigts enfouis dans son dos. Maintenant, elle le serre fort contre elle alors qu'il l'embrasse tendrement, prenant le temps d'écouter ses doux cris, retenant ce qu'elle aime, mordillant et suçant doucement chacune de ses lèvres, suscitant en elle une réponse passionnée.
« Wow, » il souffle, quand finalement il met fin au baiser.
« Oui. Je confirme. » Il l'observe poser sa tête sur son épaule, ses yeux fermés, et il peut sentir son cœur battre à la chamade.
Doucement, il la soulève et l'aide à se coucher dans le lit.
Il se redresse. « Je reviens tout de suite. »
Dans la salle de bain, Bobby se brosse les dents et s'imagine résolvant une équation quadratique et contemplant la géométrie Euclidienne. N'importe quoi pour refroidir la chaleur rageant dans son corps. Il veut lui faire l'amour, mais ce n'est pas le bon soir. Au moment où il est prêt à retourner au prêt d'elle, il y est plutôt assez calme.
Il jette un coup d'œil à son corps étendu sur le dos, les couvertures descendues et le corset remonté exposant son abdomen. Une bretelle glisse le long de son bras, dévoilant un semblant de mamelon rose, et son sexe bondit immédiatement d'attention.
Ses traits détendus et sa respiration régulière lui indiquent qu'elle est endormie, même si ce n'est que légèrement, alors il tente la rejoindre calmement dans le lit. Et bordel, il y arrive presque jusqu'à, « Mmm, Bobby, » ses paupières papillonnent, mais ne s'ouvrent pas totalement. Elle roule sur le côté et le rapproche d'elle, pressant son corps frais contre lui. « Embrasse-moi pour me souhaiter bonne nuit, » demande-t-elle, somnolente.
« Hum, okay. » Et il l'embrasse chastement, sa bouche fermée, et commence à s'éloigner lorsqu'il sent sa langue humide tracer le contour de ses lèvres, et il ne bouge pas. Il la laisse le taquiner et le lécher, mais quand elle commence à sucer sa lèvre inférieure, il réprime un gémissement et s'écarte, se mettant sur son dos.
« Hé, » proteste-t-elle faiblement, les yeux à moitié fermés, et s'accroche à son côté, passant sa jambe au-dessus de son corps et au travers de ses hanches, tombant au-dessus de son érection extrêmement enflée. Cette fois, ses yeux s'ouvrent vraiment – très grands. Et ils rencontrent directement les siens.
« Il est tard et tu as besoin de sommeil. » Bobby s'assied et tire les couvertures, faisant naturellement glisser sa jambe de sa position. Il la borde, embrasse son front, la rapproche près de lui et se couche à nouveau, sur son dos. Il tourne la tête pour la trouver le fixant. Il lui est difficile de lire son regard, mais une chose est sure – elle est épuisée. « Et de toute façon, elle sera de retour demain. » Il sourit.
Elle lui rend son sourire, et peut importe ce que c'était qu'il n'avait pas pu lire, car c'est parti. « Tu promets ? »
Bobby rit, et dit, « Récemment, je ne peux pas promettre grand-chose, mais ça ? » Il embrasse le bout de son nez. « Oui. Je te le promets. »
Satisfait avec sa promesse, Alex hoche simplement la tête, et se blottit contre lui. Elle est endormie en quelques minutes. Bobby sait qu'il lui faudra un peu plus longtemps.
Voilà, fin du chapitre. Dur, dur à traduire à partir de la moitié environ. Mais très fun quand même ;)
Mais que va-t-il se passer dans le chapitre suivant ? ^^
Bisous,
DoC
