J'espère que tout le monde a passé une très bonne nouvelle année et de bonnes vacances^^ Et pour fêter mes nouvelles résolutions, un long chapitre, mais vraiment plus long cette fois!
« Haruomi ? »
Je n'avais pas entendu la porte s'ouvrir et c'est très surpris, que je découvre penché au dessus de moi, Shaolan, qui me tend la main. Eriol est lui aussi présent mais légèrement en retrait et il ne bouge pas, il semble m'observer attentivement.
Un peu gêné par cette attention, je décide de saisir la main de mon ami et me relève tant bien que mal, ma tête encore douloureusement sensible après mes excès de la nuit dernière. Oh je l'ai mérité, jamais je n'aurais dû boire autant mais je dois dire que cette peine m'aide me focaliser sur celui qui est encore une fois le centre de mon attention : Yué.
« Comment va-t-il ? » Je regarde je jeune homme, inquiet.
« Il dort pour l'instant, Sakura a dû le plonger dans un sommeil artificiel mais tout est rentré dans l'ordre maintenant.» Il a l'air confiant et je laisse échapper un soupir de soulagement .
« Est-ce que je peux le voir ? »
Shaolan se retourne rapidement vers Eriol, comme pour chercher son aval, puis répond rapidement en voyant celui-ci acquiescer.
« Sakura va rester a ses cotés encore un peu mais tu peux lui tenir compagnie, je suis certain qu'elle en sera ravie ! »
Ajoutant le geste à la parole, Shaolan m'introduit dans la Chambre de l'ange. Cela fait très longtemps que je n'ai pas passé le seuil de sa porte et en y entrant de nouveau, je suis saisie par un fort sentiment de nostalgie. Absolument rien n'a changé ! Le superbe lit à baldaquin, recouvert de velours bleu nuit, est toujours a la même place, bien au centre de la pièce. Le bureau d'ébène finement sculpté, invariablement contre la fenêtre, l'armoire massive non loin du lit…Le moindre objet est à sa place, pas un ne manque et c'est exactement comme dans mes souvenirs. La petite coiffeuse est là elle aussi et je distingue très nettement la brosse en argent dont Yué se servait pour brosser son infinie chevelure. Lorsque j'étais enfant, je venais souvent le voir et le plus grand des plaisirs, pour moi, était de l'aider dans sa tache. Très souvent il me tendait la brosse, en prétendant ne pas y arriver seul mais nous savons tous qu'il lui aurait suffi d'utiliser un peu de magie, pour que les belles mèches argentées reviennent se mettre en ordre.
Tout cela me rappel pourquoi je suis ici et j'abandonne les souvenirs de mon enfance, non sans un pincement au cœur, pour me diriger vers Sakura et l'ange endormi. J'essai d'avancer d'un pas serein mais je suis obligé de marquer un temps d'arrêt, en constatent l'état cauchemardesque dans lequel il se trouve. Yué a toujours été d'une pâleur extrême mais jamais sans de subtiles nuances de beige, rose, de bleu même mais cette fois, il est d'un blanc à faire peur. Il est tout simplement livide et même le rose, qui d'habitude teinte légèrement ses lèvres, a disparu, comme si toute énergie avait quitté son être. Est-ce qu'il va vraiment bien ? J'en doute.
Malgré tout, je constate que Sakura et les autres semblent avoir tout fait pour rendre son sommeil plus confortable. Il a en effet été allongé sur le coté, la tête soutenue par un énorme oreiller de plumes, accompagné de deux épaisses couvertures qui viennent le recouvrir presque entièrement. Lorsqu'il dort vraiment, Yué se met toujours sur le coté et je suis heureux de voir qu'ils en ont pris compte. Il m'a expliqué que c'était à cause de ses ailes, il peut les faire disparaître à volonté en les « coulant » dans son dos mais a cause de cela, il ne peut pas rester trop longtemps sur le dos sans que ça ne finisse par lui faire mal. Rassuré, je reprends ma contemplation mais mes yeux viennent rapidement butter contre une main affreusement blanche et je m'empresse de la saisir pour la couvrir, de peur qu'il n'ait froid.
Pendant tout ce temps, je n'avais pas remarqué que Sakura m'observait et c'est sa voix qui me rappel que je ne suis pas seul.
« Yué va s'en remettre, il l'a toujours fait » En disant cela, sa main se glisse entre les mèches de son interminable chevelure, amoureusement ? Non, plutôt à la manière dont le ferait une mère lorsque son enfant a fait un cauchemar, à la manière dont il l'a si souvent fait pour moi.
Je ne peux qu'acquiescer et m'assoir près d'elle. Involontairement, mes yeux continuent leur vagabondage et après quelques secondes à avoir tout détaillé autour du gardien, je distingue sur la table de chevet, quelque chose qui brille faiblement. Je ne me rappel pas avoir jamais vu une lampe à cet endroit et en y regardant de plus près, je constate que ça n'y ressemble pas. Non, ça ressemble plutôt a une petite sphère dans laquelle se trouve quelque chose mais…Je dois dire que je n'arrive pas à identifier ce que c'est.
« Oh, je vois que tu as remarqué… » Dit-elle en se tournant vers l'objet. La douce lumière dorée se reflète sur son visage et ses yeux émeraude paraissent plus brillants encore. « …C'est une plume, ou plutôt un morceau de plume.»
« Une plume ? » Je me demande à quoi peut bien servir une plume et puis soudain ça me reviens en mémoire : Eriol avait bien dit que Yué et Yukito avaient été séparés à cause d'une plume mais je suis près à jurer qu'il avait aussi mentionné le fait de l'avoir récupérer.
« Ce que tu vois là était resté à l'intérieur de Yué, tu as peut-être entendu parler de ce qu'il s'est passé à cause de cette plume ? » En disant cela, ses traits s'assombrissent, se font plus tristes.
Je hoche la tête, je n'ai jamais eu de détails mais ce que j'ai entendu me suffi pour comprendre que cet événement n'était pas forcement le bienvenu.
« Il y a longtemps, je n'avais que 11 ans à l'époque, une énergie colossale m'a réveillé en plein milieu de la nuit. Plus curieuse qu'autre chose, mon premier reflexe a été de prendre les cartes pour me rendre là ou cette énergie était la plus puissante. Tu imagines ma surprise quand j'ai constaté que cet endroit était la maison de Yukito ! C'était le milieu de la nuit et c'était impossible de ne pas voir ce qu'il se passait, une lumière aveuglante entourait la maison tout entière et l'énergie qui s'en dégageait semblait m'appeler, m'attirer. Je ne sais pas pourquoi mais j'ai dû avoir quelques minutes d'absence en la regardant, parce que c'est un hurlement m'a brusquement ramené à la réalité. J'aurais dû avoir peur mais la seule chose à laquelle je pensais, en me précipitant dans la maison, c'était de vérifier que Yukito et Yué allaient bien. J'ai crié leurs noms mais je n'ai eu aucune réponse et c'est là que j'ai vraiment commencé à paniquer, ça ne ressemblait pas à mon gardien de ne pas me répondre et encore moins à Yuki. En tant normal je me serai rendu dans leur chambre en un instant mais j'étais incapable de voir quoi que ce soit, j'étais complètement aveuglée et même « Dark » n'y pouvait rien ! J'ai alors fermé les yeux et fais le chemin jusqu'à cette énergie prodigieuse, aussi vite que possible, mais au moment où j'ai enfin réussit à trouver la poignée pour ouvrir la porte de leur chambre, la lumière a disparue, me laissant presque aveugle. Il m'a semblé qu'une éternité s'était écoulée avant que puisse y voir de nouveau et c'est alors que je les ai aperçus. Ils étaient deux à être allongés sur le sol, pas un mais deux et je n'ai pas tout de suite compris ce qu'il c'était passé. C'est Kero, qui m'avait suivi de près, qui a réalisé le premier… »
Elle s'arrête un instant, pensive. Sa main est toujours perdue au milieu des longues mèches argentées et au bout de quelques secondes, elle reprend
« … Au dessus de Yué il y avait une petite sphère comme celle-ci et à l'intérieur… Une plume. »
« D'où venait cette plume ? » Est-ce que quelqu'un avait eu l'intention de faire du mal au gardien ?
« Il m'a fallu plusieurs années pour rassembler toutes les pièces du puzzle mais j'ai fini par comprendre. Tu vois, j'ai le pouvoir de voir l'avenir, je fais des rêves, j'ai des visions et je peux voir beaucoup de choses, beaucoup de gens, si je le désire.
Il y a longtemps, j'ai eu des visions concernant une jeune fille. Elle était un peu plus âgée que moi mais me ressemblait comme deux gouttes d'eaux ! Cette jeune fille était la princesse d'un royaume recouvert de sable et un beau jour, elle est tombée dans une sorte de piège. Des plumes ce sont échappé de son corps, des parties de son âme en fait et elles se sont retrouvées un peu partout dans les différentes dimensions qui composent notre univers. La princesse avait des pouvoirs similaires aux miens et chacune des plumes étaient donc chargée de magie…Malheureusement Yué s'est retrouvé en contact avec l'une d'elle et nous connaissons le résultat. »
Il me faut quelques secondes pour digérer ce que je viens d'entendre, je connaissais l'existence de différentes dimensions mais cette histoire de plume semble tellement invraisemblable.
« Mais si cette plume est ressortie de son corps, est ce que s'en est une autre ? Si une deuxième plume était arrivée, je pense qu'on s'en serait rendu compte. »
« Non, ceci est un bout de la plume originale, il est resté coincé à l'intérieur du corps de Yué et son énergie est tellement faible que nous ne nous sommes pas aperçus de sa présence »
« Alors c'est ça qui l'a rendu malade ? »
« Non pas directement, il semblerait que cette plume ait permis a Yué d'avoir lui aussi des visions du futur, ainsi que du passé et ce soir, j'ai compris qu'elle lui a sans doute aussi permis d'entendre des choses que personne d'autre ne pouvait entendre, comme…Les pleurs d'un petit garçon par exemple. »
Abasourdi, il me faut du temps avant de comprendre qu'il s'agit de moi et inutile de me demander pourquoi mais la tendresse dans son regard lorsqu'elle a dit ces mots, me donne soudain envie de la prendre dans mes bras !
« Seulement…ne pas pouvoir contrôler et sans doute comprendre ce « don » l'a épuisé, mentalement et physiquement…Il lui faudra sans doute quelques jours avant de récupérer. »
« Mais tout va bien se passer alors ? »
« Je suis sure que oui »
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Quelqu'un pleure, quelqu'un pleure mais je n'arrive pas à le voir, je n'arrive pas à le trouver et ça me rend fou !
J'ai voyagé pendant si longtemps, ça m'a pris des jours, peut-être des mois et malgré tous mes efforts, je n'arrive toujours pas à trouver ! Pourquoi je n'y arrive pas alors que j'arrive à l'entendre si distinctement ?
J'essai désespérément de me concentrer, d'oublier le froid anglais et mon épuisement pour trouver où il se trouve mais quelque chose semble endormir mes sens. Je sais qu'il n'est pas loin, il doit l'être mais il n'y a rien à l'horizon, rien d'autre que des arbres et…une maison ? Je ne l'avais pas vu avant mais en m'approchant, mes yeux me confirment qu'il y a bel et bien une maison, bien cachée au milieu des arbres, la seule chose indiquant sa présence étant une faible lueur.
Plus je m'approche et plus j'ai l'impression de connaitre cette maison, tout me semble familier mais ma mémoire avant la mort de Clow me fait cruellement défaut.
En fouillant un peu plus loin, soudain je réalise. Oui j'y suis déjà allé, il y a longtemps, lorsque Clow était encore en vie, justement ! Un sorcier habitait là et il n'avait pas l'air de beaucoup apprécier mon maître.
La lumière semble venir d'une pièce seulement et essayant d'être prudent, je m'envole pour pouvoir me poser sur le toit. J'attends quelques instants, pour être certain que je n'ai pas été vu et écoute, essayant vainement de l'entendre encore une fois. De longues minutes passent et je finis par désespérer quand soudain, je l'entends clairement, comme si il était juste a coté de moi. L'enfant, l'enfant qui pleure est là! Oubliant toute notion de prudence je brise quelques tuiles et m'introduit à l'intérieur. Je débouche dans ce qui semblait être une chambre, ou peut-être un salon mais l'endroit n'a plus l'air d'être habité. Il n'y a plus rien à l'intérieur, à part de la poussière et je commence à me demander si j'ai bien entendu, si quelqu'un peut réellement habiter là…
Mon doute ne persiste pas longtemps car je l'entends à présent plus clairement que jamais et porté par cette voix, je traverse la maison sans même jeter un coup d'œil à ce qui m'entoure, à la recherche de la source de ces faibles sanglots. Après avoir défoncé plusieurs portes, non sans faire de bruit, mon parcours se termine dans ce qui devait surement servir de cave. L'encombrement de la pièce est tel, que je suis obligé d'utiliser de la magie pour me frayer un chemin au milieu de toutes ces ruines mais une fois arrivé au fond de cette pièce, plus aucun bruit ne se fait entendre.
Sur le point de rebrousser chemin pour voir où est-ce que j'aurais bien pu me tromper, je détecte un mouvement en provenance du coin gauche. C'est infime mais j'ai maintenant l'assurance que je ne suis pas seul.
Sur mes gardes, je m'approche et ce que je vois me donne l'effet d'être entré dans un mur. J'entre soudainement en contact avec une paire d'yeux exorbités, des yeux absolument terrifiés, le tout relié a un petit visage aussi noir que l'ébène. Il n'y a aucun doute possible, il s'agit d'un enfant…Mon premier reflexe est de m'agenouiller pour vérifier que tout va bien mais mon action n'a fait que lui faire plus peur encore et lorsque j'approche ma main près de son visage, ses sanglots reprennent de plus belle.
Je ne sais pas quoi faire, je n'ai jamais été confortable avec ce genre de choses mais bien vite ça devient la dernière de mes préoccupations car je suis littéralement frappé par une évidence. Cette voix, c'est celle que je cherchais, c'est celle qui a hanté mes jours et mes nuits pendants des mois ! Comment est-ce que je n'ai pas fais le rapprochement tout de suite reste un mystère mais à cet instant précis, je ne suis plus en état de penser à ce genre de choses. Mon cœur bat si fort qu'il aurait pu exploser et j'éprouve soudain un tel soulagement, que j'en oublie tout bon sens et le serre dans mes bras, sans même une pensée. Au contact de cet enfant apeuré, je découvre que tous mes muscles se relâchent, comme s'ils étaient restés crispés pendant beaucoup trop longtemps et enfin je peux respirer ! Je n'avais pas remarqué l'effet que cette « chasse » avait eu sur moi mais j'ai le sentiment de revivre et cette sensation est euphorisante.
« Je t'ai enfin trouvé ! » C'est entre le sanglot et le rire.
Trop occupé à tenter de comprendre ce qu'il se passe à l'intérieur de mon propre corps, je n'avais pas senti l'enfant se raidir et se taire subitement. Réalisant ce que je viens de faire, je le lâche immédiatement, pour voir si je ne lui ai pas fait mal. Ma force est beaucoup plus grande qu'il n'y parait et même si je fais attention en permanence, je perds parfois le contrôle.
A mon grand soulagement, il ne pleure plus mais me regarde toujours avec des yeux inquiets. Des yeux d'un vert profond, je réalise, plus beaux encore que ceux de Sakura, Sakura… Ma jeune maîtresse me manque terriblement le fait de penser à la jeune fille me fait l'effet d'un électrochoc. Terminé cet état de bien être dans lequel sa découverte m'avait plongé et je réalise seulement maintenant l'état dans lequel est cet enfant.
Il est d'une saleté à faire peur, tout son corps est recouvert d'une épaisse couche de crasse et s'il n'y avait pas eu les fines traces encore humides sur son visage, je n'aurai sans doute pas pu deviner la couleur réelle de sa peau… Une peau mâte, comme on ne peut en voir que dans les pays baignés par le soleil, comme j'en ai rarement vu moi-même. Au dessus se ses yeux retombent quelques mèches brunes, colées elles aussi par la crasse et je devine qu'il devait surement arborer de belles boucles. Cherchant n'importe quel signe qui pourrait indiquer une blessure, mon regard se pose plus bas, sur ses vêtements ou plutôt à l'endroit où il devrait y avoir des vêtements car je n'en trouve pas. Comment est-ce qu'on a pu le laisser là est au-delà de ma compréhension mais sans rien pour le couvrir ?
Mon sang bouillonne et même si je ne veux pas effrayer l'enfant, je sais qu'une aura meurtrière se diffuse lentement autour de moi. La magie est une autre chose que j'essai de contrôler, de garder a l'intérieur de moi mais lorsque je suis trop énervé, une dangereuse lumière bleu m'entoure et c'est visiblement très désagréable pour les humains. Je peste contre mon manque de self-control mais l'enfant, au lieu de hurler, comme je m'attendais à ce qu'il le fasse, ne bouge pas d'un pousse. Pas de douleur apparente, pas de pleures, pas même un simple rictus d'inconfort…Seuls les magiciens où êtres crées par la magie ne sont pas atteint par ce phénomène, est-ce qu'il serait possible que ce petit soit l'un des nôtres? Mais pourquoi l'abandonner de la sorte, il a l'air parfaitement normal? Distrait par le fils de mes pensées, je ne remarque pas tout de suite qu'il s'est mis à trembler et c'est sans réfléchir que je décroche l'étoffe qui recouvre mon épaule, pour tenter de le couvrir un peu. Il se crispe de nouveau, peut-être qu'il ressent mon aura après tout.
« S'il te plait n'ai pas peur, mon nom est Yué et je ne te ferais aucun mal. » J'essai de garder ma voix aussi douce que possible et je suis soulagé de voir que mes paroles semblent l'apaiser. Encouragé par cette réaction, j'entreprends de poser le tissu autour de ses épaules et cette fois, il se laisse faire. A mon extrême surprise, il semble même chercher le contact avec ma main…Il est temps de le sortir de cet endroit sordide !
« Je vais te sortir de là d'accord ? » L'enfant acquiesce et j'entreprends de le soulever dans mes bras mais je suis arrêté en plein élan. Un cliquetis sonore se fait entendre, quelque chose racle contre le sol et je ne mets pas longtemps à trouver la provenance de ce bruit, horrifié. Une chaine, une chaîne énorme, relie la fragile cheville de l'enfant jusqu'au sol.
Hors de moi, je décide qu'il est grand temps d'utiliser la magie. Je fais apparaitre mes cristaux de glace dans une main et place l'autre sur ces yeux, pour le protéger. Après plusieurs tentatives, la chaîne fini par céder sous le choc et je peux enfin le soulever librement.
Pendant que je parcours la maison en sens inverse, aussi vite que possible, l'enfant se met à trembler de plus belle et je comprends qu'il est sans doute arrivé a ses limites.
« On y est presque »
Je ne sais pas ce que je vais faire de l'enfant une fois sortie mais étrangement, je sens qu'il doit rester avec moi, qu'il y a une sorte de connexion entre nous. Cependant il est clair qu'il ne va pas bien et même si je brule d'envie de le ramener a la « maison », je pense qu'il est plus prudent de d'abord l'emmener voir Eriol. Sakura est sans doute toujours au Japon et le voyage de retour serait trop long pour lui, Eriol est plus près. Si mes souvenirs sont bons, il habite à seulement trente cinq minutes de vol d'ici.
Essayant de trouver la meilleure façon d'agir, je ne vois pas le coup venir et soudain plus rien, je m'effondre avec l'enfant toujours dans les bras, stoppé dans mon élan.
C'est de nouveau ses pleures qui me réveillent mais cette fois, ce n'est pas comme d'habitude, mon dos me fait tellement souffrir que j'ai envie de vomir. Réprimant un haut le cœur, je tente d'ouvrir mes yeux pour voir que qui m'a frappé mais ce que je vois ne fais pas beaucoup de sens, du rouge, des plumes, de la poussière…les connexions se font lentement mais je fini par réaliser qu'une de mes ailes a été touchée, c'est la seule explication plausible.
Est-ce que l'enfant va bien ? Instinctivement je resserre mon étreinte mais il se met soudain à pousser des cris déchirants. Tant bien que mal je me relève et essai de le poser au sol, pour voir où est-ce qu'il a été touché, pourquoi il hurle, mais il s'accroche à moi et refuse de lâcher prise. C'est alors que je réalise, quel imbécile j'ai été ! Si j'avais fais plus attention, j'aurai remarqué une ombre sur le planché et également que cette ombre était là dès le moment où je suis entré dans cette maison. Si j'avais été plus concentré sur ce qui m'entoure, et non sur la voix de l'enfant, j'aurai surtout remarqué la puissance qui se dégage de son propriétaire!
« Qui a dis que tu pouvais partir avec ce qui m'appartient ? Toi et ton maître vous avez toujours été si suffisant ! »
Si une voix avait le pouvoir de tuer, je serais surement mort à l'heure qu'il est. Il veut visiblement récupérer l'enfant mais je ne lui ferais pas ce plaisir et c'est de toutes mes forces, que je résiste, quand une force essai de tirer l'enfant vers lui. Cette attitude me vaux un autre coup dans le dos et je comprends bien vite ce qu'il m'est arrivé la première fois, en sentant ma deuxième aile être arraché de mon dos.
Je ne sais pas par quel miracle je suis resté conscient et encore moins pourquoi je n'ai pas hurlé mais je suis figé sur place, en état de choc. Plus rien ne fait de sens dans ma tête et la seule chose que je ressens encore, c'est le sang, coulant le long de mon dos.
« Pourquoi tu te donnes cette peine, il est raté de toute façon ! Regarde moi ça, pas d'ailes, il ne parle pas, il est minuscule ! »
C'est le mot raté qui aurai du me faire réagir mais dans mon état, seul « minuscule » est parvenu jusqu'à moi, est-ce que les enfants ne sont pas sensés être aussi petit ?
« Rend le moi ! » Je suis sur le point de perdre connaissance et comprenant qu'un nouveau coup va venir, j'essai de bouger mais je n'y arrive plus, tout devient noir et quelque secondes avant de lâcher prise, je suis certain d'avoir prié pour que l'enfant puisse s'en sortir.
En espérant que ce n'est pas trop flou! N'hésitez pas poser des questions^^
