Voici enfin la suite. Je m'excuse pour cette interruption de longue durée, due à un problème que j'ai eu aux épaules et qui m'a empêché d'écrire. Merci à tous pour vos commentaires, à l'avenir j'essayerai d'y répondre un par un.
Partie IV
Renji se releva enfin, après de nombreuses heures d'immobilité. Il était resté assis depuis le matin au même endroit, perdu dans l'une des rues les moins fréquentées de tout le Seiretei. Il s'était levé ce jour-là avec l'étrange sensation d'avoir fait un beau rêve, mais cette impression-là lui ruinait le moral.
Avait-il vraiment embrassé Byakuya, ou n'avait-il vu cette scène qu'au détour d'un songe ?
Avait-il également rêvé son aveu ?
Il avait alors jugé bon de s'éloigner un peu de son Capitaine afin de réfléchir, de prendre du recul. Il s'était bien vite rendu compte qu'il n'avait pas rêvé, la marque de sabre à la base de son cou étant, elle, bien réelle. La douleur aussi, soit dit en passant.
Cependant, le bonheur qu'il avait ressenti la veille s'était envolé. Cela datait de l'instant où il avait commencé à douter de la sincérité de Byakuya. Que pensait-il vraiment ? Il s'était dit que son Capitaine avait très bien pu agir ainsi pour avoir la paix, et l'avait peut-être embrassé uniquement pour se débarrasser de lui. Cette perspective le blessait beaucoup, mais il devait l'envisager. Et si c'était le cas, alors les prétendus sentiments que Byakuya disait avoir pour lui n'étaient que mensonge.
D'ailleurs, avait-il dit l'aimer ?
Non.
Il avait dit que ses sentiments pour lui dépassaient « ce qu'ils devraient être ». Et qu'auraient dû être ces sentiments ? Ceux d'un Capitaine pour son Vice-Capitaine, logiquement. De l'affection, rien de plus, voire de l'amitié mais concerna t Byakuya, il était impossible qu'il éprouve un jour de l'amitié pour l'un de ses subordonnés.
Si c'était bien de l'affection que Byakuya était censé éprouver, et qu'il dépassait ce sentiment en « positif », alors oui, il l'aimait. Cependant, cela pouvait être aussi l'effet contraire... Dans ce cas-là, Byakuya le haïssait bien, comme il le pensait depuis le début, et cela aurait été une explication plus plausible à son comportement.
Mais il y avait ce baiser...
Pendant ces longues heures, Renji n'avait pas su quoi penser et avait oscillé entre ces deux avis : Byakuya l'aimait pendant un quart d'heure, le détestait pendant une heure puis l'aimait à nouveau pendant dix minutes. Il s'était torturé ainsi toute la matinée, jusqu'à ce qu'une idée intéressante lui vienne à l'esprit. Il avait alors décidé d'adopter la stratégie suivante : il allait, pendant un certain temps, se comporter comme si leur altercation de la veille puis le rapprochement qui avait suivi n'avaient jamais eu lieu.
Il y aurait alors deux possibilités.
Soit Byakuya ne dirait rien, et son hypothèse selon laquelle il ne l'avait embrassé que pour être tranquille serait alors justifie ; soit il chercherait à connaître les raisons de son comportement, et cela signifierait alors que ses sentiments pour lui s'apparentaient bien à de l'amour, ou du moins à de l'attirance.
Il marchait désormais vers leur bureau de la Sixième division, de son pas habituel, et tentant d'afficher une expression neutre, ou pas trop tourmentée.
C'est ainsi, contrôlant au maximum ses réactions et émotions, qu'il pénétra dans leur bureau. Byakuya était déjà au travail, derrière son bureau, penché sur ses papiers. Renji lui jeta un rapide coup d'œil et vint silencieusement s'asseoir à sa place. Il sentit Byakuya le fixer, intrigué, pendant de longues secondes, puis retourner à son travail, Renji faisant toujours comme si de rien n'était, le cœur battant pourtant la chamade. Il jouait sa vie sentimentale sur cet instant. Il fit de son mieux pour se concentrer pendant un petit quart d'heure, jusqu'à ce que ce qu'il attendait depuis le début se produise.
-Renji ?
