Hey tout le monde !

Voilà la suite de L'île… La suite devrait suivre bientôt, puisque j'ai repris le fil et ai trouvé de l'inspiration pour la fin. Il ne restera plus que deux chapitres après celui-ci.

J'espère que vous me suivez toujours dans ce délire… Attendez de lire ce qui suit… ! Vous allez peut-être me détester, mais n'oublier pas la review pour la suite, ou simplement pour me menacer de mort, je commence à en avoir l'habitude…

Merci à Julie, pour la correction et les conseils. Merci à tous ceux, qui encore une fois, prennent le temps de lire et de reviewer. C'est si gentil ! :)

En tout cas, je m'arrête pour vous laisser lire ce chap.

Bonne lecture !


Il y eut un long silence.

Personne n'osait parler, alors que la tension devenait presque palpable dans la grotte. Je sentis la main de Sara se glisser discrètement dans la mienne. Je lui jetai un regard et, de par son air, je pouvais dire qu'elle était inquiète. Mon regard passa sur les autres membres de notre groupe. Ils étaient tous aussi nerveux que Sara et moi.

John se racla la gorge, attirant notre attention à lui de nouveau. « C'est un choix difficile que vous me laissez faire. Vous me laissez tous l'avenir de notre groupe entre les mains et sachez que je prends cette responsabilité très au sérieux. J'y ai beaucoup réfléchi, autant cette nuit que maintenant, en vous entendant donner vos raisons. » Il s'arrêta, nous regardant tous un après l'autre.

« Et… Je tiens à dire que je respecte chacun de vos choix et chacune de vos opinions. » Je levai les yeux au ciel. Je m'en fichais complètement de savoir s'il respectait mon opinion ou non. La seule qui m'importait était de savoir si on prenait notre destin en main ou si nous attendions que quelque chose se passe…

« Je souhaiterais que… » Il commença, tout le monde se penchant vers l'avant. « Je pense que nous devrions aller à la côte. »

Il dit la dernière phrase d'un seul coup, comme si ça pouvait moins choquer ceux qui était en désaccord avec lui. Matt poussa une exclamation outrée à son supérieur. John l'ignora et se leva.

« Bon, je pense qu'on peut ramasser nos choses et nous préparer à quitter. Cinq voix sur neuf étaient pour aller à la côte. » Je me rendis compte que j'avais retenu ma respiration en attendant que John parle. Un certain soulagement m'envahit.

Ainsi, nous allions à la côte.


Il fallut en tout une vingtaine de minutes et nous partions enfin. Nous avions passé plus d'une dizaine d'heure dans cette grotte et voir la lumière du soleil me fit le plus grand bien. J'inspirai profondément. Un vent frais vint agiter les boucles soyeuses de Sara.

Mes yeux passèrent sur ce qui nous entourait. Il y a des arbres gigantesques et leurs feuilles étaient tellement larges… Je me demandais si le soleil passait vraiment au travers. J'avais beau tenté de scruter ce qu'il y avait plus loin entre les arbres, je ne voyais rien. Je soupirai… Rien ne servait de mentir. J'étais terrifié. J'ai beau avoir choisi d'aller à la côte, il n'en reste pas moins que je me suis bien demandé si j'avais fait un bon choix. Nous ignorions ce qui se mettrait sur notre route. Des dinosaures ? Les mêmes hommes hostiles vus la veille ? Y aurait-il quelques forces de la nature pour nous arrêter ? Allai-je y laisser ma peau ? Pendant un moment, je me suis même demandé si je rentrais jamais à la maison avec Sara…

Mais nous nous sommes mis en chemin et j'ai vite oublié mes regrets et mes questionnements. Nous étions à l'affût du moindre bruit. J'avançais lentement, Sara à mes côtés. Son visage se tordait de douleur dès que sa cheville entrait en contact avec le sol, mais elle ne protestait ni se ne plaignait.

John était devant, suivi de Matt qui ne cessait de se plaindre de la chaleur. Je vous jure, s'il ne se la ferme pas bientôt… Derrière eux, Jena avançait en silence, perdue dans ses pensées. Catherine et Warrick marchaient en silence, eux aussi, regardant souvent autour d'eux, comme s'ils cherchaient à savoir de quel endroit arriverait le danger. Derrière nous, Greg et Nick discutaient de ce qu'ils feraient en rentrant à Vegas et je m'étonnai à me poser la même question.

Soudain, John s'arrêta et leva une main. Matt stoppa aussitôt, mais les autres et moi fîmes encore quelques pas avant d'arrêter notre marche. John semblait inquiet.

« Vous entendez ? » demanda-t-il balayant ce qui nous entourait du regard.

Je tendis l'oreille. Au début, je n'entendis rien de particulier. Mais finalement, je l'entendis. On entendait un martèlement. Quelqu'un ou quelque chose martelait le sol, se rapprochant inexorablement de nous. J'échangeai un regard paniqué avec Sara. Mais qu'est-ce que ça pouvait bien être ?

On aurait dit que la terre était parcourue par une armée de… je ne sais quoi. Le bruit se rapprochait, devenant rapidement un vacarme.

Soudain, Nick s'exclama : « Des dinosaures ! Ils approchent ! COOOUUURRREEEZ !»

C'est ce que nous fîmes tous. John, Catherine, Warrick et Jena étaient les premiers devant. Sara et moi étions presque les derniers. Par le bruit que faisait maintenant les martèlements, il était facile de deviner qu'ils se rapprochaient et qu'ils avançaient bien plus vite que nous.

Un petit regard en arrière m'indiqua qu'ils étaient de plus en plus près. Je passai un bras autour de la taille de Sara et la fit avancer plus rapidement en sautant à cloche-pied, mais rien à y faire. Un cri retentit derrière moi et je tournai brièvement la tête. Ce que je vis me glaça le sang.

Matt Cameron était étendu sur le sol et un de ses pieds se trouvait dans la gueule d'une des bêtes. Il hurlait de douleur et du sang coulait le long de sa jambe, s'écoulant dans l'arbre.

« AU SECOURS ! AIDEZ-MOI ! » ne cessait-il d'hurler.

Le dinosaure recula de quelques pas, entraînant Matt avec lui. Je reportai mon attention sur ma course. Je savais que si on ne se débarrassait pas rapidement de ses monstres, Sara et moi finirions exactement comme Matt. J'eus une idée soudaine.

Dès que nous avons passé près d'un gros arbre, j'ai tiré Sara avec moi. Je me suis calé contre le tronc de l'arbre, qui faisait un peu moins que deux fois ma largeur. Sara se glissa contre moi et je passai mes bras autour d'elle. Autour de nous, les dinosaures passaient à toute vitesse, créant un vacarme incroyable. D'autres hurlements retentirent derrière moi et je vis avec horreur que les monstres avaient réussi à attraper Greg et Nick. Mes deux employés étaient plaqués au sol par des dinosaures. L'une des créatures baissa la tête et souleva Greg, l'emportant sur son dos. Il partir dans la direction inverse à tous ses congénères. Nick restait au sol. Il tenta de bouger, mais un coup de pattes d'un monstre lui fit perdre conscience. Comme Greg, il fut emporté au loin, dans les profondeurs insondables de la forêt tropicale.

Contre moi, je sentais que Sara tremblait comme une feuille et je dois avouer que je n'en menais pas plus large. Elle leva des yeux remplis de larmes vers moi et posa une main sur sa bouche avec horreur. Greg et Nick étaient ses deux meilleurs amis et elle devait se dire qu'elle les avait perdu à jamais. Je la comprenais.

Notre satanée aventure venait de faire ses premières victimes…


Nous attendîmes pendant plus de dix minutes que les créatures cessent de passer autour de nous. Aucune ne nous attaqua heureusement.

Quand il n'y eut plus aucun bruit et que nous vîmes les derniers dinosaures disparaître au loin, nous nous sommes décollés de notre arbre et avons fait quelques pas dans la direction où les autres avaient courus. J'ignorais totalement ce qui avait pu arriver aux autres et je préférais, honnêtement, ne pas y penser.

« Qu'est-ce qu'on fait ? » m'entendis-je demander. Sara soupira.

« Je ne crois pas que retourner à la grotte soit une très bonne idée. La meilleure chose à faire serait d'aller à la côte. C'est là que nous devons nous rendre. Je pense que John et les autres s'y rendront… » dit-elle.

J'acquiesçai. Encore une fois, ce qu'elle disait faisait bien du sens. Sara prit ma main et nous avons commencés à avancer. Le gazon, au sol, était tout aplati à cause de la légion de monstres qui venaient d'y passer. Où étaient-ils allés ? Impossible à dire.

Nous avons enjambés les racines de deux gros arbres qui se tenaient hauts et droits, côte à côte. Quelle ne fut pas ma surprise d'y trouver Jena et John d'un côté et de l'autre, Catherine et Warrick. Apparemment, ils avaient eu la même idée que moi, c'est-à-dire se cacher derrière un arbre et attendre que ça passe.

En voyant nos mines abattues, John demanda légèrement : « Où sont…? » Il ne termina pas sa question, mais je compris très bien ce qu'il voulait savoir.

Je soupirai faiblement. « Ils les ont eus. » Catherine fut secouée par un sanglot et Warrick la prit tout contre lui. Jena baissa la tête et John posa une main sur son épaule, la réconfortant doucement.

« J'arrive pas à y croire… » murmura Sara en s'appuyant contre moi J'ai passé un bras autour de sa taille, me fichant bien de ce que les autres pouvaient bien dire. Je me penchai et déposai un délicat baiser sur le front à Sara. Nous sommes restés ainsi un moment, se réconfortant mutuellement, par de douces paroles et quelques petits gestes.

Je tentai d'ignorer la peine que cela me causait. Je travaillais avec Greg et Nick depuis plus de sept ans et l'un comme l'autre, j'avais appris à les apprécier. J'aimais le caractère enjoué et rigoleur de Greg. J'appréciais l'attitude positive et la détermination de Nick. J'étais si peiné pour ce dernier. Il avait traversé l'enfer en étant enfermé dans ce cercueil. Il avait résisté à la tentation de se mettre une balle dans la tête et d'en finir. Tout ça, pour terminer ici, sur une île perdue au milieu de nulle part, dans la gueule d'un dinosaure.

Lorsque nous nous sentîmes tous un peu mieux, John fit un signe de tête, indiquant qu'on devait poursuivre notre chemin. J'aurais tellement voulu tourner les talons et tenter de retrouver mes employés, mais je savais que c'était impossible maintenant. On ne pouvait plus retourner en arrière…


Nous avons avancés sans problèmes pendant presque une heure. Je commençai presque à croire que nous allions atteindre la côte sans autre anicroche.

John menait toujours la marche, la silencieuse Jena à ses côtés. Warrick, Catherine, Sara et moi venions ensuite. Étrangement, personne n'osait ouvrir la bouche pour dire quoique ce soit. Peut-être était-ce parce qu'il n'y avait rien à dire…

Nous arrivâmes rapidement à un large cours d'eau, d'une largeur de plus de quinze mètres. Je scrutai attentivement à gauche et à droite, tentant de savoir si nous étions obligés de plonger dans l'eau, mais apparemment, d'un côté comme de l'autre, le lac s'étendait à perte de vue. Je tentai de voir si le cours d'eau était profond, mais je n'arrivais pas à en voir le fond.

« Nous devrions y aller. » dit Warrick. « On a pas de temps à perdre à tenter de contourner ça. »

« Mais… » protesta John. Je le coupai aussitôt.

« Warrick a raison. Il faut plonger. »

Je m'assis sur le bord de l'eau et glissai doucement dedans. L'eau était fraîche et ça faisait du bien. Mes vêtements mouillés devinrent lourds. Malheureusement, le cours d'eau semblait assez profond, car je n'arrivais pas à toucher le fond avec mes pieds.

Les autres s'y glissèrent aussi et nous nous sommes mis à nager vers l'autre rive. Tout allait bien. Jena, John et Sara gagnèrent en premier l'autre rive. J'y étais presque lorsque je sentis quelque chose me frôler la jambe. Puis, Catherine poussa un hurlement déchirant. Je tournai vivement la tête, à temps pour voir mon amie s'enfoncer dans l'eau, comme attirée vers les profondeurs effrayantes du lac. Warrick et moi nous sommes précipités à sa rescousse.

Je voulus tirer Catherine et la ramener, mais elle disparut complètement sous l'eau. Warrick eut un espèce de pleurs qui le secoua. Sans attendre, il plongea sous l'eau. Je vis son corps être attiré vers le fond de l'eau avec horreur.

J'eus le pressentiment qu'aucun des deux ne remonteraient. J'essayai tout de même de l'aider. Cependant, il était lourd et coulait vers le fond, même s'il se débattait avec force. Il finit par complètement disparaître vers le fond. Je regardai la scène avec horreur. Soudainement, quelque chose, comme une sorte de tentacule s'enroula autour de ma cheville, tentant de m'amener vers le fond du lac.

Sara s'écria : « GIILLL ! NON ! »

Hors de question que je finisse comme Cath et Warrick ! J'ai baissé les mains et détachai la tentacule de ma cheville. Je finis par me libérer de son emprise et partis sans attendre vers la rive. Dès la seconde où j'y arrivai, je tendis la main pour attraper une touffe d'herbe. La créature du fond du lac noua encore une fois sa tentacule autour de ma cheville et je me débattis violemment. Sara et John saisirent aussitôt ma main et me tirèrent hors de l'eau, m'aidant ainsi à me libérer.

Je me laissai tomber sur le dos dans le gazon. Sara était assise à mes côtés et John se releva. Les yeux de Sara étaient pleins d'eau.

« J'ai cru que j'allais te perdre… » murmura-t-elle, alors qu'une larme solitaire s'échappait d'un coin de son œil.

Je me redressai, tendis la main et effaçai la larme. « Jamais je ne t'abandonnerai, Sara… » Je l'attirai contre moi et je la sentis sangloter contre mon torse.

« Chut… Chut… Je suis là… » murmurai-je doucement, tout en frottant son dos. Elle releva la tête et je me perdis dans son regard noisette. C'était comme si j'avais oublié tout ce qui m'entourait, hormis elle.

« JEEEENNNAAA ! ATTENTION ! » John criait. Je me relevai en vitesse et Sara fit de même. Ce que je vis me stupéfia.

Jena reculait, regardant le lac avec horreur. Ses pieds arrivèrent dans une sorte de sable mouvant. Ses pieds glissaient dans le sable, l'engloutissant. Elle tombait sur le ventre et tenta de s'accrocher aux choses l'entourant. Malheureusement, le gazon s'arrachait. Son beau visage affichait un air paniqué et elle tendait les mains devant elle, tentant de s'accrocher désespérément à John. Ce dernier était maintenant couché à plat ventre et tenait de toute force les mains de Jena. Mais plus ça allait, plus Jena était engloutie par le sable mouvant et plus John était emporté avec elle.

J'accourus et je me jetai sur le sol, rattrapant John de justesse. Sara m'aida et nous parvînmes à le sortir du sable. Malheureusement, c'était trop tard pour Jena… Elle disparut complètement sous le sable. Ses doigts furent la dernière chose que l'on vit d'elle.

Nous avons échangés un regard atterré. En moins de deux heures, nous avions perdus les deux tiers de notre groupe. Des amis, pour Sara et moi, ainsi que des collègues de travail. Une partie de notre famille nous avait été arrachée violemment. Je baissai la tête, incapable de me retenir. Ce fut autour de Sara de passer ses bras autour de moi pour me réconforter, me rassurer. Mes larmes tombèrent lentement contre son épaule et les siennes se mêlèrent aux miennes. Non loin, John s'était laissé tomber sur le sol, son visage enfouit dans ses mains, ses épaules secouées par ses sanglots.

Nous n'étions plus que deux scientifiques chevronnés et un pilote d'avion téméraire dans cette tragique aventure…


Vous m'en voulez pas trop ? Vous voulez toujours la suite ?