Merci encore une fois à tout le monde pour les reviews, notamment à anne onyme, christy, tsuki, sasunarutrip, et cornemuz que je ne peux pas remercier directement .

Un grand grand merci en particulier à Love Gaara of the Sand qui me fait la grâce de bien vouloir m'aider dans mes travaux d'écriture en tant que toute neuve bêta lectrice !

Allez, la suite.


CHAPITRE QUATRE

Sasuke dort, la tête sur mon épaule.

Nous approchons enfin des portes du village. Autour de nous, le paysage est devenu familier, alternant entre les épaisses forêts aux grands arbres et les fraîches clairières ensoleillées qui sont si caractéristiques de notre pays. Je progresse calmement, accompagné par la respiration régulière qui effleure mes oreilles.

Durant les jours précédents, notre médic-nin a poursuivi les soins en dépit de la marche forcée que nous effectuions, exigeant régulièrement des arrêts pour faire des injections à son malade, prenant le temps qu'il fallait pour le réhabituer à boire puis à manger, essayant de stimuler ses jambes qui ne veulent toujours pas le soutenir. Je me suis demandé tout du long comment Sasuke faisait pour tenir le coup, n'importe qui ne pourrait pas supporter pareil traitement dans son état. Je remarque qu'il est vraiment résistant.

Pour ma part, comme nous l'avions fait auparavant, j'ai continué à m'occuper de lui pour tout ce qui n'était pas médical, veillant sur lui en permanence, l'emmenant dès que c'était possible vers un point d'eau pour l'aider à se laver et à s'habiller, l'entourant de sourires et de prévenance. Apparemment mal à l'aise face à la situation dans laquelle je l'ai entraîné, il s'accroche à moi et ne se détend que dans la tendresse de mes gestes envers lui, peut-être parce que je suis la seule figure qu'il connaît à ses côtés.

Il est toujours paumé, égaré, hagard, la tête dans le pâté, à la ramasse complet, se laissant trimbaler et manipuler avec trop d'aisance à mon goût. Vraisemblablement épuisé par la route, il passe le plus clair de son temps à somnoler et ne communique que très brièvement avec moi. Je tâche donc de le comprendre par l'analyse des infimes variations de ton de ses « hm », ce qui n'est pas si évident. Je suis en train de devenir un expert en communication onomatopéique, à défaut de l'être en « Sasuketude », ça... qui le peut ? Je souris.

Et moi... ? Et bien je me satisfais honteusement de cette situation, trouvant une forme d'apaisement dans cette intimité que nous partageons. Curieusement, cette relation inhabituelle d'interdépendance ne me dérange absolument pas, au contraire. Pour la première fois depuis trop longtemps, je me sens entier.

Dès notre premier arrêt, il a voulu retirer mon masque. Reprenant là où je l'avais interrompu auparavant, il a glissé de nouveau ses phalanges sous cet objet qui m'isolait encore de lui pour frôler ma joue et l'a retiré délicatement. Une fois mon visage mis à nu, il a continué à promener ses doigts sur ma peau, l'effleurant à peine, glissant sur mon nez, mes pommettes, mes lèvres, avant de les retirer. Je n'ai pas su réagir à ces gestes, trop déconcertants pour mon esprit agité.

Lorsque nous avons rejoint la frontière du pays du feu, une équipe médicale menée par Sakura en médecin chef nous attendait. En professionnelle impeccable, elle nous a à peine salués d'une main avant de s'éloigner pour discuter un bon moment avec Ritsuke, puis de le laisser nous quitter pour retourner dans son pays. Cet abruti de première n'a pas résisté à m'envoyer une dernière pique en partant, ça devait trop le démanger.

- Vous m'enverrez des photos pour le mariage !

Imbécile.

Fin de la mission.

Sasuke n'a pas voulu monter sur le brancard qui était préparé pour lui, préférant poursuivre sa route sur mon dos. Je n'ai pas essayé de le convaincre, égoïstement, m'étant habitué à profiter de sa chaleur contre moi.

Par contre, l'attitude de Sakura transpire une colère mal contenue depuis sa conversation avec Ritsuke. Cette impression qu'il ne me disait pas tout qui me trottait dans la tête est en train d'être confirmée.

- Tu es bien lisible aujourd'hui, Sakura-chan, d'habitude tu sais mieux cacher tes sentiments.

Elle est surprise. J'ai vu juste. Elle lâche un « Naruto » de façade plein de reproches, avant de se refermer immédiatement.

L'ambiance est plus proche d'un enterrement que de retrouvailles entre amis. Sakura doit être quand même relativement perturbée, je m'attendais à ce qu'elle fonde en larmes et se pende au cou de Sasuke mais même pas : elle lui a adressé l'un de ses plus beaux sourires et a passé doucement sa main dans ses cheveux en lui assurant que tout irait bien maintenant. Il ne lui a rien répondu, se contentant d'enfouir à nouveau son visage dans mon cou.

Nous passons les portes de Konoha.

Progressant toujours à vitesse soutenue, Sakura en tête, nous parvenons enfin à l'hôpital où nous attendent quelques unes des têtes pensantes les plus importantes du village : la vieille Tsunade, bien sûr, mais aussi le sinistre chef de la section torture et interrogatoires j'ai nommé Ibiki Morino, que je jauge d'ailleurs d'un mauvais œil, et les deux membres les plus influents du conseil des anciens, rien que ça. Qu'est-ce qu'ils nous préparent ? Je n'aime pas ça.

Les évitant négligemment, comme si je n'avais pas remarqué leur présence, je trace direct jusqu'à la chambre de libre qu'ils ont préparé pour Sasuke et l'installe dans un lit.

- Naruto !!!!

Ça, c'est notre Hokage mais je m'en contrefiche. Je tire un drap sur lui et m'assieds à ses côtés en lui reprenant la main. Il s'est réveillé et essaye de décoller ses yeux en les frottant.

Dans le couloir, je devine que Sakura doit raconter à son maître ce qu'elle a appris, puisque les trois autres entrent les premiers et les attendent en s'installant sur des chaises autour du lit. Quelques minutes plus tard, Tsunade nous rejoint, toujours fumasse, suivie de Sakura, et croise ses bras contre sa poitrine tout en agitant son pied nerveusement.

Au bout d'un moment, elle prend la parole.

- Bon ! Naruto, en ce qui concerne ton comportement, on reverra ça ensemble plus tard. Là tu vas aller faire fissa ton rapport et je le veux tout à l'heure au propre sur mon bureau ! Et pas griffonné sur un bout de papier comme trop souvent, compris ?!

Elle crie un peu fort, là. Je ne réponds pas, me contentant de lui adresser un petit sourire provocateur.

- Maintenant, Sasuke !

Étant en train de bailler de toutes ses forces la tête tournée dans son coussin, il s'immobilise, relevant ses yeux encore humides.

- Qu'est ce que j'ai dit, Naruto ? Tu gicles.

Et d'un mouvement vif du bras, elle tend son doigt vers la porte.

- Quoi ? Et pourquoi ?

- Tu obéis.

Je me lève, en colère.

- Mais, je ne vais pas laisser Sasuke tout seul ! Qu'est-ce que vous lui voulez, d'abord ? Et pourquoi il est là, lui ?!

Je montre Ibiki.

Tsunade reprend mais plus calmement. C'est encore pire.

- Naruto... Tu dégages immédiatement avant que je me fâche pour de bon, tu laisses Sasuke tranquille et tu attends tranquillement chez toi que l'on te fasse signe, tout en rédigeant sagement ton rapport. D'ailleurs s'il n'est pas prêt tout à l'heure, je t'interdis d'accès à l'hôpital, c'est assez clair pour ta petite tête ?

J'ai envie de tout casser. Sasuke se rend compte qu'il n'y a rien à faire et retire sa main de la mienne, ce qui me remue encore plus.

Les poings serrés je me dirige vers le couloir tout en veillant à esquiver les regards posés sur moi. Je ne veux surtout pas perdre mon calme.

Au moment où je vais passer la porte, j'entends :

- Et vous croyez vraiment que je vais vous raconter ce que vous voulez savoir ?

Surpris, je me retourne brusquement, restant paralysé devant l'image qui vient d'apparaître sous mes yeux.

Malgré la fatigue, Sasuke s'est assis au bord de son lit. Ses yeux encore embrumés témoignent de son état d'éveil relativement limité mais il a résolu de passer outre en se tenant aussi droit que possible, affaibli mais vaillant, chancelant mais le regard dur, compensant la faiblesse de ses épaules qui le soutiennent par la détermination qui l'habite, toisant fermement notre Hokage.

Enfin, il réagit.

À l'opposé de la tenue magistrale des dirigeants qui lui font face, il est simplement vêtu d'un t-shirt et d'un pantalon large que je lui ai dénichés et son visage blême est encore marqué par les évènements qu'il vient de subir. En apparence, seuls les bandages qu'il a voulu mettre autour de ses bras le distinguent d'un simple civil mais l'éclat acéré qui luit dans ses yeux ne trompe pas : seul un ninja peut être à l'origine de cette impression de tension extrême qui vient d'envahir la pièce, de cette atmosphère oppressante, de cette sensation de danger imminent.

Ibiki répond, parfaitement sûr de lui.

- Oui, on le croit en effet.

Lui...

Sasuke rétorque sèchement.

- Amusant, comme si vous pouviez m'extorquer quoi que ce soit.

Il s'est redressé et sur son visage s'est greffé un sourire malsain, inquiétant, cassant. Il baisse un moment les yeux et se met à ricaner faiblement, tout en passant une main sur son visage, jusqu'à ses cheveux qu'il repousse. Il poursuit :

- Amusant, oui, vraiment... On ne pourrait pas faire plus drôle. Enfin, allez-y toujours, je ne suis pas gêné de répondre à certaines questions si ça peut vous distraire, mais ne vous méprenez pas : je suis seul maître de ce que je veux bien vous dire.

Il relève la tête et enfonce fermement son regard dans celui de Tsunade qui ne sourcille pas pour autant. Derrière l'obscurité de ses pupilles, le sharingan semble être sur le point d'apparaître.

Sans ciller, notre Hokage s'adresse à moi :

- Naruto... Qu'est-ce que j'ai dit ?

Je ne sais pas comment réagir. Je suis complètement dépassé par la situation.

Sasuke est toujours rivé durement aux prunelles de Tsunade et il est évident que ni l'un ni l'autre ne lâcheront l'affaire. Les deux antiquités et l'autre sadique sont tranquillement installés face à lui et ne semblent nullement incommodés. Désespéré, je me tourne alors vers Sakura. En dépit de l'émotion qui est sûrement la sienne, elle est restée parfaitement impassible. Solidement assurée dans sa position en tant que disciple du Hokage et médecin chef de ce service, elle incline son visage vers moi et m'adresse un sourire qui se veut rassurant. Elle chuchote :

- Va. Je reste ici.

J'hésite... Puis, choisissant à contre cœur de la laisser gérer la situation, sachant pertinemment que je serais bien capable de ne faire que l'empirer, je recule vers la porte. Tsunade me lance un dernier avertissement.

- Et tu te tiens à carreau une fois sorti, ma menace tient toujours.

En sortant, si je tâche de me la fermer, mon corps s'exprime malgré moi et je manque de démonter la porte tellement je l'ai refermée violemment. Je tremble de rage.


Allongé sur mon lit, les yeux fixés au plafond, j'attends avec impatience d'avoir des nouvelles.

En sortant de la douche, je n'ai même pas eu envie de m'habiller, me contentant juste d'enfiler un vieux pantalon trop lâche avant de me laisser retomber à plat ventre sur mon matelas, la colère et l'inquiétude me possédant encore. Depuis plusieurs heures déjà, je tente de me calmer, sans succès. Je me demande vraiment ce qu'ils ont pu se raconter... Et pourquoi on m'a éloigné ?!

Je tape du poing contre mon lit.

Tout à l'heure, j'étais tellement énervé en rentrant que je me suis fait un joint direct et que je suis encore en train d'en fumer un en ce moment. Autant dire tout de suite que je n'ai absolument pas essayé de rédiger ce fichu rapport, je n'en suis pas en état de toute façon.

Je gigote.

Toujours anxieux et agité, j'inhale une bouffée puis recrache la fumée vers le plafond, essayant de trouver dans l'observation des volutes qui se défont au dessus de moi des réponses à mes questions.

On me cache des choses.

Le bruit d'une main qui frappe à ma porte me fait bondir hors du lit et me jeter sur elle, à moitié débraillé, le regard fumeux, le pétard encore aux lèvres.

Sakura.

- Naruto...

Son ton est désapprobateur. Elle penche sa tête sur un côté et pose ses mains sur ses hanches.

- Non mais tu t'es vu ? Qu'est-ce que tu fabriques encore ? Ça t'arrive d'utiliser ta tête pour réfléchir à qui pourrait bien venir te voir avant d'aller ouvrir, idiot ? Et si ça avait été Ibiki ? J'en étais sure que tu serais encore en train de glander, t'as fait ton rapport au moins ?

- ...

Signe de tête négatif de ma part.

- Tu es irrécupérable. Heureusement que je me suis débrouillée pour venir moi même te chercher.

Elle soupire et poursuit :

- Allez, on va faire ça ensemble et après on ira à l'hôpital voir Sasuke.

- Hein ? Qu'est-ce qui s'est passé, alors ?

Tirant à table une chaise qui en était un peu éloignée, elle s'y installe et attrape au vol un papier et un stylo.

- Sasuke nous a raconté ce qui était arrivé... enfin probablement pas tout mais le plus gros et... Tsunade l'a examiné. Il n'a rien de trop grave, ce médecin qui t'a aidé a fait de l'excellent travail. Elle l'a un peu manipulé et il peut un peu mieux se tenir debout maintenant. C'est déjà positif et puis, elle est optimiste : elle compte sur une semaine d'hospitalisation, après quoi il devrait pouvoir marcher même doucement, il faudra juste lui laisser le temps de récupérer.

Légèrement rassuré, je relâche un peu la pression et m'assieds sur mon lit, mes avant-bras appuyés sur mes genoux. Je laisse tomber mon crâne en avant et m'attarde sur la noirceur du dessous de mes pieds... J'aurais dû mettre des chaussettes.

- Et... Et alors, qu'est-ce qu'il vous a dit ?

J'ai presque retenu tous les frémissements qui voulaient s'échapper dans ma voix.

Elle ne me répond pas mais se crispe un instant sur son stylo.

- ... Avant de repartir, Tsunade lui a demandé ce qu'il voulait faire maintenant et il n'a pas trop su quoi répondre.

- ...

- Finalement il a dit qu'il voulait rester avec toi.

Sa voix s'est un peu étranglée sur cette dernière phrase. Elle déglutit.

- Sakura...

- Ils ont décidé de le laisser demeurer un temps ici, du moins jusqu'à ce qu'il récupère et soit plus clair sur ses objectifs... Et tu as été désigné comme la personne chargée de sa surveillance, une fois qu'il sera sorti de l'hôpital.

Ses yeux brillent. Je m'approche et passe mes bras autour de son cou, debout derrière elle. Je pose mes lèvres sur son épaule et lui chuchote doucement :

- Je croyais que tu n'étais plus amoureuse.

- ...

- Tu es avec quelqu'un maintenant.

- Je sais, c'est juste que...

Sa voix tremble.

- ... il a l'air de ne s'intéresser qu'à toi... Je me sens un peu exclue, c'est tout.

- ...

Je la comprends mais en même temps je ressens la même chose : et moi, alors ? On ne me dit rien...

- Allez, Naruto, je t'écoute. On va faire ce rapport, Ok ?

- Ouais, on s'en débarrasse vite fait et on décolle ensuite.

- Hm...

- Et ... Sakura ?

- ...

- Merci.


De retour à l'hôpital, je n'ai même pas le temps de rejoindre Sasuke que je me fais à happer en cours de route pour une convocation express dans le bureau du Hokage. Mais, qu'est-ce qu'elle me veut encore ?

Oh là... Ça commence par un magnifique savon, un vrai de vrai, un de ceux qui font trembler les murs, éloignent tout être vivant à des centaines de mètres à la ronde, et s'appesantissent sur la faute présente tout en revenant également sur les précédentes, le tout avec l'option décibel maximum et pas d'espace pour en placer une. Si je continue à m'en prendre plein les oreilles comme ça, je vais devenir sourd, c'est sûr.

Au bout d'un moment, je lâche :

- Et ça ne serait pas mieux de m'envoyer directement en commission disciplinaire ? Parce qu'au moins ça irait plus vite.

Raté. Elle ne fait que gueuler encore plus. En même temps, je l'ai fait un peu exprès, hein, ça m'amuse trop de la faire enrager.

Puis elle passe enfin aux choses sérieuses. Elle examine mon rapport avant de croiser ses doigts sur son bureau et de baisser les yeux durant un temps interminable, perdue dans ses réflexions. Ce que j'apprends ensuite, c'est que Sasuke leur a donné une version des faits qui ne colle pas complètement avec les informations qu'ils ont pu récolter par ailleurs, que ce soient les miennes ou surtout celles que leur a donné Ritsuke, et il a laissé beaucoup de vides. Apparemment, l'interrogatoire a été particulièrement pénible et elle a décidé de ne pas le poursuivre plus longtemps malgré ses doutes. Cessant alors de jouer au provocateur insolent, je l'observe attentivement et remarque qu'elle a le visage plus marqué que d'habitude.

Elle soupire et se sert un verre de saké. Chacun ses petits remèdes, hein...

Enfin, en conséquence, au delà du rôle de soutien que je me suis donné jusque là, je suis aussi chargé de le surveiller activement.

Elle se méfie, ou quoi ?

Pour finir, elle me lâche l'information qui doit lui tourner dans la tête depuis tout à l'heure : ils ont analysé le sang sur le sabre de Sasuke que j'ai rapporté et il s'agit du même groupe sanguin que son frère, ou lui, un groupe rare.

On a donc un début de piste. Mais bon, raisonnablement, je considère que ce n'est pas la peine de partir sur des conclusions trop hâtives, il peut s'agir du sang de n'importe qui. On n'a pas ce genre d'information sur tous les membres de l'Akatsuki, je pense, ni sur les morts que j'ai découvert là bas. Et puis, de toute façon, on n'a plus aucune nouvelle sur ce groupe de criminels depuis bien longtemps. Finalement, en ce qui les concerne, le dernier évènement en date est d'avoir retrouvé Sasuke avec ce manteau à nuages sur le dos et il est impossible de savoir ce qui s'est vraiment passé.

Je n'aurai pas plus de renseignements. Tsunade est persuadée qu'à moi il parlera.

Mais qu'elle ne compte pas sur moi pour essayer de lui soutirer des informations. Et, je n'en démordrai pas.


Ensuite, ayant poursuivi encore un peu cette discussion avec Tsunade, j'ai laissé là toutes mes interrogations et me suis dirigé directement vers l'hôpital.

Je traverse les couloirs avec hâte. J'ai envie de courir. Je veux savoir comment il va, s'il s'est un peu remis, si l'interrogatoire n'a pas été trop dur pour lui. Avec ce que je viens d'apprendre, je me perds un peu, mon cerveau bouillonne, je sature de toutes ces questions ces derniers temps. J'aimerais bien souffler et arrêter de me torturer les neurones.

Dès l'instant où je franchis la porte de sa chambre, il se retourne vers moi et son visage s'illumine, estompant un instant les gros cernes qui lui mangent une bonne partie du visage. Il doit être complètement épuisé.

Laissant là le plateau repas que Sakura est en train de lui donner, il esquisse un petit geste envers moi, en relevant légèrement ses doigts, avant de se raviser et de les reposer sur le drap. Il ne dit rien et détourne son regard vers son déjeuner.

Il m'attendait.

À l'inverse, Sakura s'est assombrie, ne parvenant pas à masquer totalement sa tristesse.

Je m'approche de lui, m'accroupis au pied du lit et prends sa main dans les miennes pour y déposer mon visage las. Peut-être parce qu'il a été absent si longtemps, je ne peux pas m'empêcher de le toucher, comme pour être certain de sa présence.

Sasuke, pourquoi ?

Pourquoi cet intérêt inhabituel ?


à suivre.