Bonjour à Toutes & à Tous (si jamais il y en a !).
Un grand … que dis-je, énorme merci à Chartelle qui m'a apporté une aide précieuse, et des conseils très formateurs. Merci … merci … merci !
Merci aussi pour vos reviews, ça me fait extrêmement plaisir de lire vos commentaires / questionnements.
Je répond un peu en vrac à vos questions : Bella va fêter ses 24 ans prochainement. Je suis consciente, c'est jeune pour être professeur, mais elle n'en porte pas encore le titre. Le fait qu'elle occupe cette place est dû à un événement particulier. Je ne saurais vous en dévoiler plus sans gâcher le suspense.
Par contre pour l'âge d'Edward et de Jasper … mystère… la réponse sera d'ici quelques chapitres !
Je peux juste vous préciser qu'ils sont plus jeunes que Bella.
Ça fait beaucoup d'interrogations, mais tout sera révélé bientôt, par petite touches.
Aussi, je tenais à vous présenter mes excuses pour la lisibilité des chapitres précédents. J'ai un peu de mal à m'adapter au traitement de texte du site, surtout pour détacher les dialogues.
Je vais corriger tout ça.
Bises à toutes / tous et bonne lecture
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CHAPITRE 3 : Ma fille, ma vie
- « C'est décidé » Répliqua Angéla en attrapant son sac et ses clés, « il est de toute façon l'heure de fermer la bibliothèque, je rangerai tout ça demain à la première heure. »
J'eu à peine le temps de récupérer mon carnet avant de me faire mettre dehors par mon amie qui ne cachait même pas son impatience.
Je me retrouvais ainsi enrôlée de force, au bar situé juste à coté de l'école de stylisme où Alice enseignait.
Emmett nous avait décrit le bar comme étant un pub. La devanture verte aux écritures dorées lui donnait effectivement des allures de pub irlandais.
Juste avant d'entrer, Angéla nous faussa compagnie suite à l'appel d'un « ami » comme elle disait. Je la maudissais intérieurement de me laisser ainsi, seule. Après tout elle avait lourdement insisté pour que je l'accompagne. Même si je devinais bien que son coup de fil venait du fameux Ben. Celui que nous avions rencontré un peu plus tôt dans la journée. Elle s'excusa avec un petit clin d'œil à mon égard, ce qui confirma mes soupçons, et s'éclipsa.
Emmett et moi nous retrouvions tous les deux. Il inclinait la tête d'un petit air désolé.
Bizarrement, je me sentais à l'aise en présence de cette force de la nature. Et puis après tout, cette sortie n'était pas si terrible que ça !
Nous allions voir Alice. Juste Alice, qui m'avait vue en sous-vêtements quelques heures auparavant, je ne voyais donc aucune raison d'être inquiète.
Il m'ouvrit la porte du pub. Je pénétrais à peine dans le sas qu'Alice me sautait littéralement dessus. L'image d'un lutin monté sur ressorts s'imposait à moi, me tirant un sourire amusé. Je ne savais pas comment elle faisait mais elle sautait sur place en battant des mains… on aurait même dit un lutin à ressorts doublé d'une petite fille surexcitée.
- « Je suis heureuse de te revoir Bella ! Je vous attendais ! » Elle cherchait du regard derrière moi. « Angéla n'est pas avec vous ? ».
- « Elle a eu un coup de fil, et a dû partir… » Je ne m'étendais pas sur le sujet. Je lui en voulais un peu malgré tout.
- « Bon de toute façon, c'est toi que je voulais voir ! »
Ses yeux pétillaient d'une étrange façon. Je me demandais ce qu'elle pouvait bien avoir en tête…
- « Hum hummm !!! » Emmett se raclait la gorge, nous étions encore dans le sas. « Si nous allions nous asseoir les pipelettes ! ».
Alice m'embarqua, bras dessous - bras dessous jusqu'à sa table. Je pris place, elle ne me demanda pas mon avis et apporta trois bières à table en annonçant « Voilà, en attendant le fréro ! » Lançant un clin d'œil à Emmett.
A ce stade, je ne me posais plus de questions. Il y en avait à vrai dire trop…
Alice entama par un « Bon ! » un peu trop formel à mon goût.
- « Hihi, qu'est-ce que tu as encore imaginé, Alice » l'interrompit Emmett.
Alice, qui d'habitude était toujours souriante, arborait un petit froncement de sourcils, accompagné d'un air un tantinet grave. L'expression d'Emmett n'était pas plus rassurante. Enfin si mais, j'avais plutôt l'impression que cette histoire allait se retourner contre moi. Il riait silencieusement, nous regardant chacune notre tour.
- « Bon voilà, Bella, tu as du remarquer que mes créations te vont à ravir. Comme un gant… »
Elle commençait en me flattant dans le sens du poil … J'étais méfiante.
- « Heu oui, c'est vrai, je me sens bien dans cet ensemble ».
Je ne pouvais qu'acquiescer.
- « D'ailleurs, je ne te remercierais jamais assez pour ce prêt ».
- « Tutuutututt, l'ensemble que tu portes est tien ! Et pas de discussion ! D'ailleurs, j'ai beaucoup de choses qui t'iraient à merveille… »
Elle semblait tout à coup songeuse.
- « Tu parlais de me remercier… He bien si tu acceptes, j'aimerais que tu sois mon « modèle » vivant ».
Elle me regardait avec son air de petite fille, les yeux levés vers moi, les mains jointes, comme si elle priait pour que j'accepte.
Emmett restait à observer la scène… il était partagé entre l'amusement et la compassion.
Je ne savais que répondre, ni en quoi impliquerait mon accord. D'un coté, Alice était adorable, mais je n'aimais pas jouer les poupées.
- « Alice … je …heu… te suis reconnaissante… mais je ne sais pas si … ». Je n'eus pas le temps de terminer qu'elle me sauta dans les bras.
- « Viiiiiii….Tu vas voir, on va bien s'amuser toutes les deux !!! » Elle s'était remise à taper ses petites mains l'une contre l'autre. Je notais qu'elle le faisait très souvent …
- « Alice … mais … » J'avais beau me débattre, rien n'y faisait …
- « Tu verras ça va être génial, nous allons devenir de super amies ! ».
Sa joie ne pouvait que me faire sourire. Elle était si enjouée, tellement pleine de vie et d'entrain. Je ne savais pas comment j'allais pouvoir jongler entre toutes mes obligations, ou activités, nommez ça comme vous voulez ; mais je me voyais mal refuser une chose qui faisait tellement plaisir à ma « nouvelle amie ».
Alice insista pour que nous échangions nos numéros de téléphones portables, ainsi que nos adresses.
J'en apprenais un peu plus sur elle et sur Emmett.
Alice était professeur de stylisme, et créait dans l'espoir d'être découverte par une grande maison de couture. De ce qu'elle m'expliquait, son plus grand projet était de pouvoir faire accéder chaque femme à la mode … et elle enseignait dans cet esprit.
- « Voilà, plus de mannequins squelettiques et mal fichus, juste des jolies femmes, des créations uniques et surtout abordables … »
Alice s'emportait, elle avait l'air sur un petit nuage lorsqu'elle parlait couture. J'étais bouche bée face à sa passion qui la sublimait.
Quant à Emmett, il était bien sûr l'entraîneur de l'équipe de foot de l'université… mais avait été joueur par le passé, en lisant entre les lignes, joueur « pro ». Apparemment, il ne tenait pas à aborder ce sujet.
Ils vivaient tous les deux de leur passion, ils rayonnaient.
A ce moment, tout se passa très vite.
Emmett se levait en criant sa phrase fétiche « HEY, FRERO… ! »
Je vis Edward faire son entrée dans le pub….
Ça ne pouvait être lui ! Edward leur frère ? Impossible… A ce moment, Alice sauta de sa chaise, comme un diable de sa boite, pour se précipiter dans les bras d'Edward.
Je restais assise, complètement remuée, oui c'était le mot, remuée, comme si ma mer intérieure était prise d'une soudaine tempête. Je ne me sentais pas mal, ni bien, à vrai dire j'étais bizarre. Certaines vagues amenaient le soulagement :
Son frère ! C'est donc son frère …… la proximité dont ils faisaient preuve tout à l'heure n'était que fraternelle.
Cette vague repartait bien vite laissant place au ressac qui donnait des idées telles que :
BELLA, c'est ton étudiant… et tu n'as pas besoin de ça en ce moment !!!
Et puis la vague revenait recouvrant ma raison :
Son frère … la beauté est donc un trait familial. Son frère… son frère… juste son frère….
En quelques secondes, tout chavirait…
Edward, toujours dans les petits bras de son lutin de sœur, me fixait. Le sang me montait aux joues. Je baissais les yeux. Je devais m'interdir de penser de la sorte… je n'en avais pas le droit de toute façon. C'était immoral …
Au moment où Edward arrivait à notre table, mon portable sonnait. Je m'excusais auprès de mes amis et :
- « Bonsoir chérie, tu rentres quand ? »
- « Bonsoir Maman ! »
- « La petite te réclame… »
Je percevais la petite voix de Carlie derrière celle de Renée.
- « Moman ! Moman ! » Elle avait l'air passablement énervée.
- « Il y a un problème Maman ? »
- « Carlie refuse d'aller se coucher, elle est surexcitée, et sait que demain tu ne donnes pas de cours ... »
- « Humm d'accord … je viens la chercher. A de suite Maman. »
A ce moment là Carlie lui tira le combiné pour me faire un énorme bisou.
- « Mouahhh !!! Ne t'aime moman ! »
- « Je t'aime ma puce. J'arrive. »
- « Non, je t'attends chez toi, Bella, le temps que tu rentres, Carlie sera en pyjama ».
Renée m'évitait 15 minutes de route supplémentaires, te je l'en remerciais.
Sur ce, je raccrochais face à trois regards étonnés.
Je ne pouvais cependant pas leur expliquer, et d'ailleurs je n'en avais pas le temps.
En m'adressant à la tablée :
- « Veuillez m'excuser, mais je dois y aller. »
- « Tu es sure de ne pas pouvoir rester ? » Interrogea Alice avec son regard de petite fille triste. « Je voulais te présenter Edward, notre petit frère ».
En disant ça, la petite fée passa sa main dans la crinière d'Edward, dérangeant encore un plus ses cheveux déjà merveilleusement ébouriffés.
Ce dernier grimaçait …
- « Alice, je suis plus jeune que toi d'à peine une poignée de secondes » ronchonna-t-il.
- « Arrête de te plaindre, Eddy, voici Bella … »
Edward levait les yeux au ciel.
- « Alice… Je connais Miss Swan c'est mon professeur de littérature… et puis arrête de m'appeler « Eddy» ! »
L'expression d'Edward était étrange, il me fixait, je ne savais pour quelle raison. Curiosité ? Interrogation ? Je coupais cours à ma réflexion… Je devais retrouver mon bébé.
- « Je suis vraiment désolée mais je dois y aller, je suis attendue. »
- « Han han, par un Don Juan ? »
Alice n'abandonnait donc jamais ? Elle disait ça avec un clin d'œil.
- « Heu non », je rougissais légèrement. « Par mes parents ».
- « Rhoo « ma puce » c'était pour ta maman alors » Commentait Emmett.
Je soupirais intérieurement, je commençais à comprendre que celui là était toujours prêt à mettre les pieds dans le plat. Il n'eut pas le temps d'afficher son sourire moqueur qu'Alice lui flanquait une petite tape sur le crâne.
Bien fait !
- « Alice, on se voit demain ? ».
- « Avec plaisir ma chérie ! ».
En un dixième de seconde, elle se jetait à mon coup pour m'embrasser, me chuchotant à l'oreille « j'espère qu'il n'y a rien de grave ».
Je me perdais dans ma réflexion, Alice dans mes bras, elle était tellement gentille et bienveillante, je décidais de lui faire confiance « c'est ma fille que je vais rejoindre, elle me réclame ». Je sentis juste un petit mouvement de tête contre la mienne, elle aquiesçait. Je savais qu'elle ne dirait mot à personne, et encore un bisou qu'elle plaquait sur ma joue en accentuant la pression de ses bras.
J'avais bêtement appréhendé sa réaction… et bizarrement je respirais mieux, d'un coup, ma poitrine était soulagée d'un poids, je l'avais dit à une amie… et, elle…. elle ne m'avait posé aucune question, pas un seul regard de reproche. Bien sûr, j'étais jeune et j'avais une fille … j'avais peur d'être jugée… tout était plus compliqué que cela… mais Alice ne me posait aucune question, pas même de ses yeux.
Je sentais le trouble monter en moi, alors que la petite fée, que je n'avais rencontrée que ce midi même, me serrait toujours dans ses bras. Une larme passa tout de même mes barrières et roula sur ma joue… me brûlant autant qu'elle me soulageait.
Tout cela n'avait duré que quelques secondes.
Les yeux en feu, je saluais Emmett et Edward d'un petit mouvement de tête. J'arrivais à peine à murmurer quelques mots, ma gorge brûlait… j'étais prête à partir en sanglots… mais pas devant eux …
- « A demain Alice … »
- « Je passe chez toi, j'ai des essayages à faire » répliqua-t-elle, tout sourire, en serrant ma main. Elle avait saisi mon trouble, sa joie apaisait ma peine, son sourire était comme un arc-en ciel après la pluie de ma peine …
Sur ce, Edward me salua.
- « A mercredi, Miss Swan ».
Incapable de prononcer un mot de plus, je hochais la tête, un sourire forcé sur la bouche et sortais du pub.
Je fis quelques pas, et là, je sentis les larmes couler sur mon visage, je ne pouvais plus les retenir. Elles roulaient, s'évadaient contre ma volonté… ce petit moment de solitude ne me valait rien de bon, mais j'avais accumulé et encaissé tellement, que je n'avais plus la force de retenir le barrage de mes pleurs.
Une voix que je ne connaissais que trop bien me disait « Ne te laisse pas abattre, Carlie t'attend, pleine d'amour, d'amour pour toi… elle te réclame et je te l'ai confiée… tu dois prendre soin d'elle et de toi »…
Cette voix je la connaissais, mais elle faisait trop mal… je retenais juste les mots… pas cette voix… pas lui… les larmes redoublaient alors que j'atteignais ma voiture.
Juste mue par cette envie de trouver le réconfort, je me glissais derrière le volant, ouvrait la boite à gant et prenait un cigare … je l'allumais et là cette odeur me fit oublier ma peine… Je fermais les yeux… et j'étais entourée d'une atmosphère familière, j'inspirais cette fragrance salvatrice.
Je ne fumais pas, mais laissais le cigare se consumer, juste pour avoir cette odeur, ce réconfort qui m'entourait… il m'entourait de sa présence…
J'ai fermé les yeux quelques secondes, savourant cet instant. Depuis bien longtemps et pour la première fois, j'avais le sourire aux lèvres.
Il était temps de rentrer, j'étais attendue, et pas question de déroger à mes promesses, aux promesses que j'avais faites.
Arrivée à la maison, Renée m'attendait avec Carlie.
Ma fille se rua dans mes bras, calant son visage dans mon cou. Elle avait les yeux rouges, elle avait sûrement pleuré…
- « Moman, j'ai eu peur que tu reviennes po ! »
- « Je ne te laisserais jamais ma chérie, jamais… je t'aime. »
- « Ne t'aime Moman ». Son souffle se fit plus régulier.
Renée compris, et nous laissa seules. Je la remerciais tout de même pour son soutien.
Carlie était endormie dans mes bras… Elle avait mangé, avait pris son bain, elle ne voulait que moi, d'après ce que Renée avait dit.
Je voulais l'allonger dans son lit, mais au moment où je la couchais, elle resserra son étreinte autour de mon cou… murmurant « Me laisse pas !!! Ne veut pas !!! Me laisse pas !!! » A la limite des sanglots.
Je la gardais alors contre moi, elle ne devait pas souffrir, pas comme moi, je la ménagerai tant que je le pouvais ; je me changeais tant bien que mal. Et à vrai dire j'étais exténuée de ma journée.
Je pris une grande tasse de thé et me dirigeait vers ma chambre… la messagerie de mon portable sonnait, j'avais un message. Je savais d'avance de qui il venait… ALICE !
« J'espère que tu es bien rentrée, si tu as besoin de parler, n'hésite pas. A. »
Je lui ai juste répondu :
« Merci, ça va bien, suis bien rentrée, à demain. B »
Je m'allongeais, dans ce grand lit qui était le mien, en songeant qu'heureusement j'avais Carlie. Apparemment, être blottie contre moi, allongée, l'avait calmée, elle respirait paisiblement, ses petites menottes agrippées à mon t-shirt, elle s'était endormie.
Il n'était que 20H30, je piochais un livre au hasard de la pile à coté du lit, un recueil de poèmes, « Les fleurs du mal » tombaient sous ma main, je m'en gavais jusqu'à m'endormir, les bras autour de Carlie.
Pourtant c'était son livre à lui… il avait écrit son nom sur la page de garde…
Non pas de ça, Bella… reprend toi !!!
Carlie sentait si bon, lui ressemblait tellement … ce livre était le sien… le siennnnn… je sombrais lentement… ma fille blottie contre moi, ou était-ce l'inverse… blottie contre elle… elle était à ce moment mon réconfort, ma vie, ma raison d'être … je l'aimais plus que ma vie. Ma Carlie…
*****
Une fin paisible mais pleine de questions …
Chapitre prochain, l'ouragan Alice en action !
