Auteur : Hiyoru
Rating : K+
Pairing : Aucun pour le moment
Disclamer : L'univers de Bleach et ses personnages appartiennent à Tite Kubô. L'histoire et Airyuu sont nés de mon imagination, prière de ne pas y toucher.
Note : Je m'excuse pour cette longue absence mais mon programme d'écriture (Word, pour ne pas le citer) a eu quelques bugs.
A Mayuuki : j'avais oublié de te répondre au chapitre précédent (gomen...) donc voilà : merci ! ^^
Les Oubliés
Chapitre 3 : Urahara Kisuke,
Ou l'art et la manière de faire joujou avec la science quand on est un scientifique génial,
Ayame hurlait. Oui, encore, et elle espérait que ça ne deviendrait pas une habitude. Pas plus que le fait de finir écartelée, parce qu'elle avait déjà donné, merci. Deux fois sur la même journée, non, pire, sur la même soirée, c'était amplement suffisant et elle priait de tout cœur pour que ça ne se produise pas une troisième fois. Était-ce une manie dans cette ville ? Pourvu que non.
Cependant, cette fois-ci, il y avait une nette amélioration : en effet, ce n'était pas un hollow avide de la dévorer qui la persécutait mais deux hommes peu amateur d'âme humaine, heureusement ! Il n'empêche que ça n'en était pas moins douloureux raison pour laquelle elle braillait à s'en arracher les cordes vocales.
Que s'était-il passé ? Simple, cet enf… imb… idiot d'Urahara venait de prouver par A plus B que la première méthode proposée était souvent la moins douloureuse. En effet, après le refus d'Airyuu de laisser l'instrument non-identifié ressemblant vaguement à une tenaille de l'approcher, il avait vêtu des gants d'un vague brun-vert. Jusque-là, rien de vraiment menaçant. Ce n'était que lorsque le marchand avait appelé Isshin pour la tenir qu'elle avait commencé à s'inquiéter.
Kurosaki l'avait immobilisée. Puis, l'artisan s'était approché et avait saisi un bras et une jambe de la femme. Mais, à la grande surprise de celle-ci, les mains de l'individu étaient passées outre son enveloppe charnelle pour attraper son corps spirituel. Ensuite, il avait tiré. Fort. Et ça avait fait mal parce que d'un côté elle se sentait retenue par son gigai, de l'autre on tentait de l'y arracher.
Après un dernier effort ainsi que quelques jurons et cris de douleurs supplémentaires, il eut un grand bruit de succion, comme si une ventouse se décollait d'une paroi, suivi d'un craquement et Ayame partit en rouler-bouler sur le sol, son corps temporaire toujours dans les bras d'Isshin qui était tombé à la renverse.
Aussitôt, un douloureux sentiment de vide la harponna brutalement pour ne plus la quitter. Ses yeux s'agrandirent d'une souffrance psychologique tellement grande qu'elle en paraissait physique comme elle réalisait, qu'à nouveau, le prolongement de son âme, son zanpakutô* chéri, l'essence même de ce qui faisait d'elle un shinigami manquait. Et ce constat la rongeait. Evidemment, elle le ressentait déjà auparavant, mais de manière beaucoup plus diffuse, grâce au gigai qui bloquait en grandes parties ses facultés de perceptions.
Sachant que le marchand allait lui ôter le second sceau, celui qui la faisait se sentir si mal, elle se releva et resta stoïque, malgré le fait que sa seule envie fut de se rouler en boule. Kurosaki était présent, elle n'allait certainement pas se montrer faible devant lui ! Ce dernier, d'ailleurs, l'observait, le front plissé. Qu'est-ce qu'il manigançait encore, se demanda brièvement Airyuu. Mais, comme ce n'était pas sa préoccupation première (ne rien laisser paraitre, ne rien laisser paraitre, ne rien… Putain, que c'est dur !), elle le chassa de son esprit pour se concentrer sur Urahara.
- Bon alors, vous vous bougez ou quoi ? lança-t-elle.
- C'est que c'est plus dur que ça n'y parait, Ayame-san !
- Rien à faire. Je vous demande juste de m'enlever ce fichu sceau ! Procédez comme pour Kurosaki !
- Justement, c'est ce que je fais.
Ayame grommela mais ne protesta plus tandis qu'Urahara tournait autour d'elle en l'examinant. Après quelques minutes, il réfléchit et alla chercher des instruments de mesure et autres.
Ce n'est que près de deux heures plus tard que le sceau de la quadragénaire fut complètement détruit, après avoir été émietté morceau par morceau, petit bout par petit bout tout au long de l'opération.
Airyuu poussa un vrai cri de joie en sentant pour la première fois depuis très longtemps son zanpakutô dans son esprit. Elle le dégaina alors et son Reiatsu* explosa en même temps que son allégresse. Heureusement, Tessai maintenait toujours la barrière de kidô et l'endroit lui-même était conçu afin qu'on ne puisse pas y repérer l'activité spirituelle. Aussi son débordement passa-t-il inaperçu aux yeux du monde.
- Yare, yare, je sais que tu es contente, mais calme ton reiatsu, tu veux ? demanda l'homme au bob.
Confuse, Ayame s'exécuta docilement mais un grand sourire s'afficha sur son visage qui ne la faisait pas paraitre désolée du tout. Enfin ! Enfin elle la retrouvait ! Sa main effleura la tsuka* rouge et dorée de son zanpakutô, la caressant avec tendresse.
Kurosaki, lui, l'observait, un sourire satisfait sur le visage, ce que ne manqua pas de remarquer la femme aux mèches bleues.
- Quoi ? demanda-t-elle.
- Rien, je suis juste content pour toi.
Elle le dévisagea quelques instants dans un silence stupéfait avant que son sourire ne refasse surface.
- Merci ! ...Même si ça fait bizarre de t'entendre dire ça !
Son interlocuteur haussa les épaules. Puis, Airyuu reprit d'un air songeur :
- Comment se fait-il que je pouvais te voir, Kurosaki, alors que les sceaux étaient présents…?
- Parce qu'ils étaient fissurés, Ayame-san, répondit Urahara.
- Ah ?
- Oui. Encore un peu et le premier serait tombé de lui-même.
- …Quelqu'un a des nouvelles de ce qui se passe à Soul Society ? Demanda-t-elle ensuite.
- Une guerre se prépare, fit le marchand. Mais je ne vois pas en quoi ça t'intéresse, Ayame-san… À moins que tu n'aies là-bas un amoureux, ajouta-t-il d'un air idiot.
Il se prit un poing dans la figure.
- Une guerre, demanda Ayame en se massant les phalanges tandis que le marchand était parti pleurer plus loin, quelle guerre ?
- Un shinigami a trahi la Soul Society pour s'allier aux hollows, l'informa Isshin avec ce sérieux surprenant qui le caractérisait dans les situations graves.
- S'allier aux hollows, hein ? Il manque pas d'air, ce bâtard !
- …
- Quoi ?
- Défendrais-tu les shinigamis ?
- Moi ? Arrête de fumer la moquette, Kurosaki ! Tu m'as bien regardée ? Tu crois vraiment que je pourrais défendre cette bande d'enfoirés après ce qu'ils nous ont fait ? Non mais franchement !
- .. Mon fils est un shinigami.
- Toutes mes condoléances.
- Je suis sérieux, Airyuu.
- Je sais, moi aussi.
- …
- Bon, les shinigamis sont en plein milieu d'une guerre, c'est ça ?
- Oui.
- Contre l'un des leur ?
- Non, contre trois d'entre eux. Des Capitaines.
- Bien ! Ils sont donc affaiblis. C'est l'occasion rêvée !
- Que comptes-tu faire ?
- Faire ce que j'aurais dû faire il y a déjà des années. Es-tu avec moi, Kurosaki ?
Isshin se gratta la tête et dit :
- Je ne sais pas dans quel guêpier tu vas encore nous fourrer, mais c'est d'accord.
Alors Ayame sourit et lui exposa son plan, après que l'homme aux cheveux noirs l'eut renseignée sur tous les détails de cette bataille à venir.
.*.
Quelques jours plus tard (le 27 novembre**, très exactement), tout était fin prêt, du côté d'Urahara comme du côté des shinigami et de celui des conspirateurs. Ces derniers, d'ailleurs, s'étaient arrangés. L'un des deux quitta la ville juste avant la mise en place des piliers, tandis que l'autre s'installait confortablement dans un chantier peu fréquenté, histoire de ne pas tomber sur le shinigami de garde.
Puis, ils attendirent et, lorsque la vraie Karakura fut transplantée dans la Soul Society, ils étaient prêts. Et, pendant qu'Isshin observait la barrière entourant la Fausse Karakura, attendant son heure, Airyuu, elle, s'éveillait du sommeil artificiel dans lequel elle avait été plongée avec tous les habitants de la ville.
Elle s'étira, regarda autour d'elle et se leva avant d'inspirer à fond. Enfin de retour dans la Société des Âmes ! La cité du Monde Réel y avait certes été transportée mais elle sentait l'air chargé de particules spirituelles emplir ses poumons, et le ciel bleu était bien celui de la Soul Society. Un sourire étira les lèvres de la quadragénaire qui inspira profondément… avant de hurler :
- Sombres crétins, comme si vous pouviez sérieusement m'empêcher l'accès de cet endroit ! A présent c'est trop tard, et vous allez vous en mordre les doigts !
Sur ce, elle manqua de se casser la figure sur un casque de protection laissé à l'abandon.
- Connerie ! Qu'est-ce que ça fout là ça ?
Elle shoota dedans et, docile, le couvre-chef s'envola pour atterrir plus loin. Satisfaite –et pressée-, elle ne s'acharna pas dessus comme elle le faisait généralement, mais sortit du chantier, passant devant la population endormie. Elle avait été la seule à se réveiller, pour le moment. Alors, comme convenu, elle se dirigea vers la clinique Kurosaki et alla se poster sur le toit. Ce n'était ni la plus haute maison, ni la mieux positionnée, mais au moins Isshin saurait où la trouver le moment venu car, pour ne pas se faire repérer par le shinigami affecté à la ville où un de ces humains au Reiryoku développé, elle dissimula son énergie spirituelle et s'assit au niveau de la cheminée, là d'où elle serait invisible depuis la rue.
Quant à Kurosaki, il attendait, le sol loin en contrebas, assis dans le vide, observant ce qu'il se passait dans la ville. Il savait que son fils était parti au Hueco Mundo* dans l'espoir de sauver son amie, Inoue Orihime, qui avait été enlevée et qu'il arriverait surement lors de la bataille. C'est pourquoi, il se fit d'autant plus attentif lorsque les Capitaines surgirent et sa concentration augmenta encore quand Aizen fit son apparition avec ses deux acolytes, Ichimaru Gin et Tôsen Kaname, grâce à un premier garganta*, bientôt suivi de trois autres où se tenaient dans chacun un des trois plus puissants Espadas*, accompagnés de leurs fraccíones*.
Isshin savait que, à un moment où à un autre, il devrait intervenir. Quand ? Ça ne dépendait pas de lui. Mais il devrait suivre le Plan s'il voulait que ça marche. C'était délicat, mais il était confiant. Après tout, ils n'étaient pas n'importe qui et c'était eux qui avaient tout planifié. Donc, tout devrait fonctionner même si la machination reposait sur un certain nombre d'inconnues. Comme son fils, par exemple.
L'homme secoua sa tête. Ce n'était pas le moment de se mettre à divaguer. Il devait surveiller le développement du combat entre Arrancar et Shinigami pour être prêt le moment venu. Surtout que, devant regarder à travers la barrière, il ne voyait pas bien ce qu'il se passait. En fait, il n'aurait même rien vu sans l'aide précieuse d'un des gadgets d'Urahara puisque la barrière renvoyait une image opaque de la ville qui était partie en balade. La coopération du marchand leur était essentielle pour la bonne réussite du Plan et, heureusement, il était de la partie, bien que n'étant pas au courant de tous les détails.
Comme son regard balayait de long en large la Fausse Karakura, il put assister aux premiers affrontements qui eurent lieu entre les protecteurs des piliers -des Vices-Capitaines- et les fraccíones d'un des Espadas. Cela se passa peu après que le vieux Capitaine Commandant, Yamamoto, eut emprisonné Aizen et ses deux compères dans une prison de flammes.
Il tenta de voir tous les combats mais, comme ils étaient à chaque extrémité de la cité et qu'ils se déroulaient simultanément, il ne put assister qu'à deux des quatre « matches ». Aussi, fut-il aussi surpris que les Shinigami de voir l'un des piliers s'écrouler. Mais il le savait, tout ne faisait que commencer…
*Petit Dico Japonais-Français*
Zanpakutô : [斬魄刀] Epée tranchant les âmes
Reiatsu : Pression spirituelle (dans le chapitre 1, le terme Reiryoku est utilisé, il veut dire énergie spirituelle/pouvoir spirituel)
Tsuka : Pommeau du katana
Hueco Mundo : littéralement, « Monde Creux » en espagnol. Il s'agit de l'endroit où vivent les Hollow, un désert de sable blanc plongé dans une nuit éternelle
Garganta : littéralement, « Gorge » en espagnol. Les kanji du mot japonais signifient « Creux Noir ». C'est la technique qu'utilisent Arrancars et Hollows pour entrer et sortir du Hueco Mundo.
Espada : Epée, en espagnol. C'est l'élite des Arrancars, et est composée de 10 membres dont le numéro équivaut à leur classement en fonction de leur force.
Fracción : Il s'agit d'un sous-fifre lié à un des Espadas, son serviteur en somme.
**Pour dates citées, je me réfère à la Chronologie de Bleach établie par Passant de Bleach Web
