Note de l'auteur avec un 'e' : Hiya. Le chapitre que vous attendez tous est enfin arrivé. Je ne vous dirais pas 'désolé pour l'attente' ou quelque chose comme ça, pour la simple et bonne raison que je n'ai aucune idée de si j'ai pris du temps ou non. J'espère que vous allez aimez. Ce n'est pas un chapitre remplit de fluff et d'embrassades, je préviens tout de suite ! 'fin bon, vous allez voir ;)
Sherlock alla dans la morgue l'esprit occupé. Dans le labo, il avait principalement cherché une raison de pouvoir partir. Avant de se souvenir qu'il avait oublié sa cravache. Il en doit une à sa cravache. Il s'en rappellera.
Il avait besoin de s'aérer l'esprit. Est-ce qu'il avait bien vu ? Non. Ce n'est pas possible.
Et pourtant. Il voit distinctement, a vu, que John Watson a une marque à trois couleurs. Il l'a vu et il a une mémoire et une capacité d'observation qui ne l'ont jamais trompé.
Et il a juste vu trois couleurs distinctes, il n'a pas réellement vu les nuances.
Mais il est sûr à 87% que leurs couleurs sont semblables. Peut-être légèrement estompées, mais semblables.
Et ce qu'il a ressenti quand il l'a observé. C'est nouveau. Trop nouveau, trop tard.
Il espérait presque qu'il pourrait mourir tranquillement, sans personne pour l'empêcher de vivre comme il l'entend.
Il arriva à la morgue trop vite. Il prit rapidement sa cravache et retourna à Baker Street.
Il devait finir l'affaire qu'il avait commencé. Le lendemain arriverait bien assez vite pour y réfléchir plus.
Il fit son rapport et en fit part à Lestrade.
Il n'arrivait plus à se concentrer. Son esprit restait fixé sur 'John'. Il n'avait jamais failli à se concentrer. Il n'avait jamais eu l'esprit occupé par une personne ! Jamais !
Foutue histoire d'âme-sœur. De toute façon, il n'était même pas sûr que ce John serait près à l'accepter. En tant qu'homme et en tant que personne. Ce ne serait pas la première fois que quelqu'un refuserait son âme-sœur à cause d'un problème de sexualité. Loin de là.
Sherlock soupira. Pourquoi tout devait-il être si compliqué ?
Il aurait largement préféré ne pas avoir d'âme-sœur. Il était déjà différent, pourquoi pas jusqu'au bout ?!
A quoi lui servirait une âme-sœur ?!
L'emprisonner dans un cocon, le forcer à manger et à dormir normalement, et à être normal ? Sans jamais l'accepter comme il était ?!
Sherlock n'en voulait pas. Il ne voit pas ce que tout le monde voyait là-dedans. Vraiment.
L'heure de leur rendez-vous arriva trop vite pour Sherlock. Il avait pensé à ne pas se présenter. Mais il se sentait comme obligé de se présenter. Il se sentait mal rien qu'à penser à ne pas se présenter.
Il lui avait parlé pendant combien de temps...? Sept minutes ? Et il ne voulait déjà pas le décevoir. Comme si c'était quelqu'un à qui il tenait. Sherlock Holmes ne tenait à personne.
Il avait eu quelques détails à régler avec Lestrade, et quand il arriva à Baker Street, John Watson sortait de son taxi. Au moins, il était ponctuel, il lui accordait ça.
"Mr Holmes !"
Sherlock prit la main qui lui était tendue. "Sherlock, s'il-te-plait !"
Il serra sa main plus longtemps que nécessaire, appréciant la chaleur émanant de l'autre homme. Il soupira. Et se dépêcha de toquer à la porte, attendant que Mrs Hudson ouvre, pour cacher les raisons de ce soupir.
Il conduit John dans so- leur appartement. Oh. Il avait oublié qu'il y avait tant de bazar. Il croyait avoir plus ou moins rangé. Qu'allait penser John avec tout ce- Non. Il n'allait pas se mettre à vouloir l'impressionner ou faire bonne impression. Sherlock Holmes n'avait pas besoin de l'approbation de quiconque.
"Ce sera bien. Oui, ce sera parfait sans tout ce..." Il engloba d'un geste le bazar régnant dans la pièce.
Sherlock baissa le nez et se concentra sur les papiers qu'il essayait de ramasser. "Désolé pour ça."
Il leva la tête, surpris, alors que John ri à son malaise. Oh. C'était nouveau. Surement la première personne qui ne se moquait pas de lui alors qu'il était mal à l'aise !
Il supprima la chaleur qui envahi son estomac à cette constatation.
Il laissa John inspecter la cuisine. Avant qu'il ne referme brusquement la porte du frigo qu'il avait ouverte. "Ce-ce sont- des-"
"Oui, ce sont vraiment des doigts. Expérience."
Et ça allait être le moment où il allait s'enfuir en courant, se demandant quel genre de psychopathe il pouvait être.
John referma tranquillement la porte et continua son inspection de la cuisine avant de revenir dans le salon. "Oui, c'est parfait !"
Il lui sourit.
Sherlock était totalement stupéfait. Et il était rare qu'il le soit. Son âme-sœur était surprenante. Il n'allait pas s'ennuyer avec lui. Enfin... Si. Il s'ennuierait surement. Mais il sera là pour le surprendre, au moins !
"Mets-toi à l'aise. Tu n'as pas emmené tes affaires...?"
John enleva son manteau et suivit le conseil de Sherlock. Il s'assit dans le fauteuil que Sherlock n'utilisait jamais. "Je... Non. J'irai chercher ma valise plus tard."
Il ne rajouta rien mais Sherlock se doutait bien que John voulait juste vérifier avec qui il emménageait avant de vraiment emménager avec lui. Pour un soldat -ancien soldat- c'était presque pas assez de précautions. Peut-être avait-il aussi emmené son arme...?
Sherlock haussa les épaules à ses réflexions et remonta ses manches. Le chauffage avait besoin d'être légèrement baissé. C'était une petite pièce, et elle était trop encombrée ! Mrs Hudson n'y pensait jamais assez.
Sherlock retourna son regard de la fenêtre vers John. Il ouvrit sa bouche dans l'intention de dire quelque chose avant de remarquer que John s'était statufié, les yeux grands ouverts, et un froncement de sourcils. Il aurait presque rit si le regard de John n'était pas dirigé vers son poignet. Le gauche. Il se statufia à son tour.
Il avait surement remarqué.
Sherlock soupira tristement et retourna son regard vers la fenêtre. "Tu peux partir. Je ne te retiendrai pas."
"Je peux- Quoi ?!"
"Partir. Je ne vois pas qui voudrais de moi, et tu ne veux surement pas changer cette donnée, je ne te retiens donc pas, si tu veux partir, vas-y."
"Tu te fous de moi ?! J'ai attendu de trouver ma putain d'âme-sœur pendant des dizaines et des dizaines d'années, je m'étais résolu à mourir seul dans une maison de campagne avec des chiens ! Et tu crois que je vais te laisser bien tranquille à Baker Street et attendre tranquillement que chaque parcelle de mon âme soit drainée de mon corps ?! Ohhh non. Je ne m'attendais surement pas à ça, mais je ne vais pas fuir en courant. Je suis un soldat."
Sherlock se tourna, surpris, pour le regarder. Oui, il était un soldat.
"Je n'ai pas besoin d'âme-sœur. Je n'ai pas besoin qu'on essaie de me changer pour pouvoir m'accepter."
John secoua la tête, et se leva péniblement du fauteuil dans lequel il était installé. "Je ne vais pas essayer de te changer. Je vais essayer de te connaître. De te comprendre. D'une façon ou d'une autre, nous sommes âme-sœurs, je te correspond tout comme tu me correspond. Je n'attend rien de toi. Juste... Laisse-moi juste entrer dans ta vie et essayer de te comprendre. Je ne compte pas laisser passer ma chance."
Sherlock considéra ce que lui dit John. Il avait raison. Ils étaient âme-sœurs parce qu'ils se correspondaient. Ils étaient littéralement fais l'un pour l'autre.
Il regarda son poignet. Sa marque s'était illuminé. Légèrement, mais quand même. Il se sentait mieux qu'il ne s'était senti depuis des années. Son coeur battait plus fort. Il se sentait moins seul.
Tout cela avec même pas deux jours passés avec son âme-sœur. Sherlock Holmes n'avait pas besoin d'âme-sœur.
Sherlock regarda John. Son regard déterminé le fixant. Mais il voyait dans son regard qu'il était prêt à toutes les possibilités. S'il ne voulait pas de lui, il serait prêt. Et Sherlock appréciait d'avoir une liberté totale sur ce choix.
Sherlock pouvait lui donner une chance.
Il considéra une dernière fois la chose.
Et il prit une décision.
Il lui tendit son avant bras, ses pupilles verrouillées dans les siennes.
John prit son avant bras, ne détournant pas le regard alors que leurs marques s'illuminèrent totalement. Une lumière, -de leurs couleurs- entourant leur avant bras, réchauffant leurs cœurs et complétant leurs âmes. Les fondant l'une dans l'autre.
Sherlock Holmes n'avait pas besoin d'une âme-sœur.
Sherlock Holmes avait besoin de John Watson.
