Disclaimer: Hetalia ne m'appartient pas.

Personnages:. Les personnages sont ici humains. Plus précisément Arthur et Francis.

Parings: Arthur aime interroger les prisonniers. Il aime vraiment ça.

Rating: Rien de bien méchant... (normalement) Juste un peu de torture.

Note: Arthur a 31 ans, et Francis 28. Nous sommes en 1781.

Cadeau de Noël pour tous mes lecteurs.


Le Lion en Uniforme Rouge

Partie II: L'espion Francis Bonnefoy (2/3)


Arthur faisait les cent pas. Ils avaient changé d'endroit. Mais maintenant... que faire du prisonnier? Il ne pouvait le tuer, pas après qu'il l'ait soigné. Cela allait à l'encontre de ses principes. Le laisser partir pourrait jouer contre lui...et le français pourrait être vu comme un traître par les siens. Mauvaise chose.

Pas qu'il s'en faisait pour lui hein!

Il payait juste sa dette...rien de plus!

Il prit une bouteille, deux verres, et alla vers la chambre où se trouvait le français. Il devait lui parler. Et essayer de lui tirer des informations, cela jouerait en sa faveur. Et il pourrait trouver une solution le concernant.

«Hello Froggie.

- Bonjour Rosbif.»

Ils eurent un échange de regards noirs. Puis l'anglais offrit un verre de vin à son prisonnier qui le prit sans méfiance. Il s'assit ensuite face à lui, et le regard avec un air pensif. «Et si on parlait?

- De quoi?» répliqua le français, haussant un sourcil, regardant intensément son interlocuteur.

Celui-ci fit tourner le liquide rouge dans son verre et fit, d'un air insondable «Je ne sais pas vraiment, tu refuses de parler de ta mission donc et si tu me parlais...de toi?

- Tu t'ennuie?

- Un peu.» Admit l'anglais, dans un sourire moqueur. «Et je te parlerais de moi en contrepartie. Cela te va?»

Francis hocha la tête «Mon père est chirurgien de la marine...enfin était. Il n'embarque plus sur les bateaux, il officie dans notre ville désormais.

- Quelle ville?

- Caen.

- Ha. La ville de William the first...» Marmonna l'anglais en regardant le vide. «Tu viens donc de Normandie...

- Arrête avec ce sourire suffisant. Donc j'ai trois frères et une sœur. L'aîné s'appelle Guillaume et il est chirurgien comme notre père. Pas grand chose à dire sur lui. Il s'est marié il y a quelques années et vit avec sa famille à Calais. Mon petit frère s'appelle Lucien et vit à Paris, il ne s'est pas encore marié. Il est avocat. Ma sœur a épousé un noble espagnol avec qui ma famille était en relation depuis des années. J'ai un frère jumeau nommé Lilian. Il est entré en conflit avec la famille il y a quelques années et est partit vivre au Canada. C'était il y a 15 ans. Il vit à Québec. Je ne sais pas comment il a fait mais il y est. Il a épousé une indienne convertie et a eu deux fils: Alexandre et Matthieu qui ont...7 et 10 ans je crois. Je reçois parfois des lettres de sa part. Elles sont rares cependant. J'aimerais en savoir plus mais ce n'est pas si facile. Si nous gagnons la guerre...vous devrez nous restituer notre colonie et je pourrais aller le voir.

Arthur préféra ignorer ces mots «Et bien, quelle famille. Et toi?

- Mes parents m'ont marié à une jeune femme à la santé fragile qui a fait de nombreuse fausses couches et tombait souvent malade. Parallèlement j'ai eu une aventure avec une jeune fille qui est tombé enceinte.» Il eut le bon goût de rougir à ce souvenir, un peu honteux.

«Pas de chance.» Railla Arthur en se servant à nouveau de l'alcool, moqueur. «Tu as du te faire massacrer par son père. Tu l'avais bien cherché en même temps non?

- En fait, ils avaient déjà des petits-enfants et ne voulaient pas s'embarrasser d'un petit bâtard (selon leurs mots). Alors on n'est parvenu à un accord. Je le ferais passer pour l'enfant que j'aurais eu avec mon épouse. Et la véritable mère entrerait au couvent. Personne ne saurait la vérité.» Il se frotta la nuque et ajouta, tristement. «Je suis allé cherché l'enfant le jour de sa naissance pour l'emporter et le confier à une nourrice engagée pour l'occasion. Seuls mes parents et mes frères sont au courant de la vérité.» Il avait l'air honteux, sans doute au souvenir de ces moments pénibles où il avait eu affaire à la famille maternelle de son enfant. «J'ai donc un fils. Il s'appelle Matthieu et il a 6 ans.

- Et donc il est avec ta femme en ce moment?

- Non, elle a succombé à une maladie quand il avait un an. Je suis veuf. J'ai refusé de me remarier pour le moment, voulant me consacrer uniquement à mon enfant. J'ai continué à étudier et a servir au mieux la couronne pendant 5 ans, j'ai eu une fille (également illégitime) il y a deux ans. Et j'ai décidé de venir en aide aux insurgés américains. J'ai embarqué pour les Amériques il y a...un petit moment. Le temps de la traversée plus trois mois.» il but une gorgée du vin, savourant le goût qui devait venir d'une possession personnelle. Il n'y eut aucun bruit pendant un moment puis Arthur soupira, jetant un coup d'œil par la fenêtre, regardant le ciel sombre. La seule lumière de la pièce venait du chandelier posé sur la petite table. Les deux hommes étaient face à face, et se fixaient.

Arthur remarqua que le visage de Francis était délicatement dorée par le soleil. Son nez était parfait. Ses joues n'étaient pas creusées et il n'avait aucun cernes. Ses cils étaient délicats. Sa barbe avait augmenté depuis quelques jours, évidement «Je te donnerais de quoi te raser demain, ça doit te démanger non?

- Merci.» Répondit Francis qui sentait effectivement quelques démangeaisons sur les joues et le menton. «Je ne dis pas non.»

Arthur but une nouvelle gorgée et regarda le liquide foncé, avant de dire «Je viens d'une famille nombreuse moi aussi. J'ai uniquement des aînés. D'abord il y a les jumeaux Patrick et Seena . Roux aux yeux verts, ils ont 37 ans. Ils sont mariés et ont chacun des enfants. Ils vivent dans des maisons voisines à Londres. L'aîné a repris l'affaire familiale et ma sœur...tiens des salons.

- Quelle genre d'affaire?

- Notaire.

- C'est amusant mon frère est dans le droit aussi. C'est une bonne position.

- Merci.» il se versa un verre, le dernier. Il le but à petites gorgées avant de dire, doucement en fixant le liquide «Ensuite viens Alister. Il a 35 ans. Il est dans l'armée lui aussi. Et s'est marié également. Père de famille, tout ça...Il vit à Oxford. En ce moment, il est aussi en Amérique, plus au nord. Enfin il y a Carwyn, il a 33 ans. Il a choisi d'être professeur...enfin précepteur. Lui aussi est marié. A son âge, heureusement. Il vit à Londres lui aussi.

- Vous êtes relativement proches les uns des autres.

- J'aurais aimé que ça ne soit pas le cas.» Grogna Arthur en posant brutalement son verre. Il fixa son captif sans rien dire, se plongeant dans les yeux bleus océans. Il mourrait d'envie de toucher aux boucles couleur des blés. Il se lécha les lèvres et reprit, lentement «Et puis il y a moi. 31 ans. Père d'un fils de 4 ans nommé Peter. Je connais à peine ma femme, je suis partis pour ce continent peu après sa naissance et je n'ai fait qu'un court retour depuis.

- Je compatis. Je suis dans la même situation. J'ai également peur que mon fils m'oublie pendant que je suis ici. J'ai peur d'être un étranger en revenant en France. Et ne parlons pas de ma fille.

- Il avait 6 ans quand tu es partis?

- Non il avait 5 ans. Je suis partis avant son anniversaire. Ça fait tout de même moins d'un an.

- A cet âge, il ne t'oubliera pas si facilement. Moi mon fils me connaît à peine. Je l'ai quitté à quelques jours. Et je ne l'ai vu que pendant trois mois lors de mon retour. Il a déjà du m'oublier.»

Francis tendit la main et posa une main sur l'épaule de l'anglais, disant d'une voix douce et compatissante «Quand cette guerre sera fini, tu pourras profiter de ta famille autant que tu le voudras. Et tu pourra fonder une grande famille si tu le souhaite!

- Tu as raison, je ne peux pas mourir ici.» il se leva et alla à la fenêtre, avant de dire «J'ai profité de ma liberté pendant des années, j'ai voyagé longtemps. J'ai vu des choses incroyables. J'ai vu des pays comme l'Inde, des îles...» Il se tourna vers Francis, et murmura «Peut-être qu'il est temps que je vive une vie de famille.

- Je n'ai pas voyagé dans mon existence, j'ai rêvé en regardant des cartes et en lisant des récits ou des témoignages. J'étais le fils chéri, plus fragile que mon grand frère, trop doux pour faire du droit, selon mon père. Ça ne l'a pas empêché de m'apprendre certaines choses de son métier.

- Et moi j'étais le fils indigne. Rien de ce que je faisais n'étais bien. Ce n'était jamais assez. J'ai pourtant étudié autant de possible, appris énormément de choses. Mais face à des aînés brillants, ce n'était pas assez.» Il se versa un verre, se fichant du risque de finir ivre. Il en avait besoin «J'étais plus proche de ma mère qui m'a transmis le goût de la lecture. J'ai une bibliothèque bien fournie chez moi, des livres venus de tous les pays. Je sais parler plusieurs langues.

- J'ai passé beaucoup de temps à lire aussi. Je suis d'accord avec pas mal de philosophes.

- Ho?

- Je ne suis pas d'accord avec ce qu'à dit Voltaire sur le Canada...mais je suis d'accord avec lui quand il dit que votre style monarchique irait bien à la France.

- Vraiment?» Ricana Arthur, amusé. «Je ne vois pas pourquoi tu dis ça, votre style a tenu longtemps. Il tiendra encore un moment. Et même si je suis d'accord avec toi sur le fait que notre monarchie est la meilleure solution...je ne sais pas si cela irait à ton pays.

- Je suis persuadé que oui. Mais avec la situation actuelle, il suffit aussi que mon roi soit bien entouré. Cela sera bien aussi. Après tout les choses changent, si on gagne la guerre...»

L'anglais eut un petit rire, comprenant parfaitement où l'autre voulait en venir. «Ne rêve pas, vous perdrez la guerre, et la France devra donner une compensation.

- Je ne crois pas non.

- Nous verrons.» Répliqua l'anglais, d'un ton onctueux. «Je vais te garder prisonnier. Je suis certain que tu as encore pas mal de choses à me dire non?

- Concernant ma mission? Je resterais muet à ce sujet mon cher.» Il mina une révérence, et se versa à son tour un verre, le buvant à petites gorgées, silencieusement. Il posa l'ustensile et murmura, d'une voix douce «Tu penses vraiment que vous allez gagner la guerre?

- Bien entendu, le glorieux empire britannique ne saurait être vaincu.

- Et ton pays gardera un état rebelle, qui pourrait se soulever de nouveau? Il y a tellement d'insurgés, ils ne seront pas tous éliminer.» Il regardait avec attention le visage de l'anglais, attendant la réponse qu'il allait donner à cette affirmation.

Arthur fronça les sourcils et répliqua, haussant les épaules «Nous les mettrons au pas.

- Ça ne suffira pas.

- Nous ferons venir encore plus de colons qui seront, eux, fidèle à la couronne. Des lois seront votés pour diriger mieux la situation. Ils ne se soulèveront plus après ça!

- Quelle bonne idée. De nouvelles lois pour donner encore plus de raisons de se rebeller.» Répliqua le français en haussant à son tour les épaules, moqueur.

Arthur grogna et serra les poings «Tu ne comprends rien. Si une des colonies du royaume de France se rebellait, que feriez-vous?

- Hum bonne question, j'avoue ne pas y avoir songé. Je pense qu'on essaierait la négociation et qu'on en viendrait à la force en dernier recourt.

- Ha! Tu vois!» S'exclama l'officier en faisant les cent pas «Vous vous affirmez allié des rebelles mais à notre place, vous feriez la même chose!

- Peut-être.» Admit Francis, se laissant aller dans sa chaise.

Arthur se retourna et la pointa du doigt «Admets que la véritable raison, c'est se venger de la perte du Canada!

- Il y a de ça aussi, tu as raison. Cependant beaucoup de français sont venus en voulant sincèrement aider les États-Unis à être indépendants. Prenez Lafayette par exemple, lui aime ce pays et compte bien l'aider à se débarrasser des anglais.

- Des illuminés.» Grogna Arthur en faisant un geste dédaigneux de la main.

Francis se leva et posa ses mains sur les épaules de son interlocuteur qui se tendit légèrement, sur la défensive. «Et toi, admets que cette volonté de garder les États-Unis dans le giron de votre empire tient plus de l'arrogance qu'autre chose. Comme tu dis, si c'était notre colonie et nous en guerre contre eux, vous les aurez aider juste pour avoir une raison de vous battre contre nous et nous vaincre.» Il eut un sourire moqueur «C'est juste une question de fierté en fait.»

L'anglais rougit, soudain à court de paroles. Vexé, il saisit son prisonnier par le col, et les joues rougis par l'alcool ingurgité lança «L'Empire Britannique ne sera jamais vaincu, tu as entendu? Cette histoire d'Indépendance est ridicule! Une colonie..devenue son propre pays? C'est...

-Tu ne trouverais pas ça stupide si c'était la colonie d'un autre empire.» Reprit Francis, moqueur, sans se dégager. Il fixa l'autre dans les yeux, se plongeant dans deux orbes émeraude

Arthur ouvrit la bouche pour dire quelque chose. Il ne trouva rien à dire. L'autre avait parfaitement raison. Il aurait trouvé ça formidable si ça avait été la possession d'un pays rival. Et il se serait battu pour aider les insurgé, aurait convaincu ses supérieurs qui auraient convaincus la royauté et le parlement. Frustré de comprendre cela, il empoigna plus fermement le col du français et l'attira vers lui, soufflant contre ses lèvres.

«Écoutes moi bien Frog. Autant j'aurais soutenu une colonie d'un autre état, autant je sais que celle-là ne pourra pas tenir. Leur constitution est bien amusante, elle est pleine d'incohérences et de problèmes qu'ils veulent régler plus tard. Ils seront libres un jour mais pas maintenant. C'est trop tôt, ils ne sont pas prêts. L'empire ne permettra pas une telle injure!»

Et sans attendre de réponse, il embrassa son interlocuteur, maintenant sa nuque pour l'empêcher de se dégager. Il lui mordit la lèvre pour lui faire ouvrir la bouche, et la fouiller avec douceur. Ce fut bref mais tendre, fugace mais doux. Il s'éloigna vers la porte, attrapant le chandelier au passage, et la referma derrière lui, s'adossant au panneau, pâle, le cœur battant. Il se laissa glisser au sol, posant sa charge à côté de lui.

Comment avait-il pu prendre le contrôle comme ça?

Comment avait-il pu se laisser aller de la sorte?

Depuis quand se souciait-il de se que pensaient ses prisonniers? Ce n'avait pas seulement été une joute verbale. Il avait aimé discuté avec lui. Il avait voulu qu'il adopte son point de vue. Il avait eu envie de dévorer ces lèvres.

S'il était trop croyant, l'autre allait le considérer avec dégoût.

Arthur était un croyant. Aucun doute là-dessus. Mais il était éclairé par la savoir. Il avait beaucoup lu de textes de philosophes et d'érudits. A l'époque des romains, ce genre de pratiques n'étaient pas rares. Une époque de barbares diront certains mais pas pour lui. Ces hommes avaient été puissants, plein de savoirs et avaient laissé des écrits magnifiques derrière eux.

Francis semblait avoir beaucoup lu également, et était influencé par les Lumières. Il ne devait pas avoir un jugement trop étriqué n'est-ce pas?

Il se flanqua deux claques sur les joues. Depuis quand se souciait-il de ce que pensait un prisonnier? Sous prétexte que celui-ci l'avait soigné, il lui permettait des choses et se révélait troublé en sa présence.

Idiot. Se dit-il, enfouissant sa tête dans ses mains. Tu n'es qu'un idiot. Il prit une grande inspiration, refusant de se laisser troubler davantage.

C'est un captif.

Un français.

Un ennemi.

Tu ne dois pas être faible face à lui, tu dois être fort.

Ces mots n'avaient que peu d'effets sur lui. Il se releva, retournant dans sa chambre. Il ferait encore des rêves sur cet homme. Peut-être devrait-il se contenter d'une étreinte avec un de ses subordonnés. Peut-être que cela le soulagerait? Il hocha la tête. Oui il allait faire ça, ça lui viderait la tête.


Arthur se massa les tempes. Ce moment, dans son bureau, étreinte rapide et sans sentiment...ne l'avait pas satisfait, il en était sorti horriblement frustré. Ça ne lui plaisait plus autant qu'avant. Un inconnu ne lui apportait aucune satisfaction. Il but tranquillement sa tasse de thé. Il ne savait toujours pas quoi faire de son captif. Il n'avait rien pu tirer de lui, malgré toutes ses tentatives pour le faire parler. Il hésitait à utiliser la force maintenant, après qu'il l'ait soigné. Et on pouvait se demander ce qu'il comptait en faire, réellement. Il ne l'avait pas fait rejoindre les endroits où l'on mettait les captifs de la guerre, américains et français. Et il hésitait toujours à utiliser la force pour lui tirer les vers du nez.

Non il n'était pas reconnaissant.

Il était un gentleman.

Et puis ses rêves étaient de plus en plus dérangeants, mettant en scène son captif et lui-même. Il sortait du sommeil avec une douloureuse pression entre les jambes. Depuis combien de temps sa main lui avait-elle tenue compagnie?

Si ses amants d'une fois ne lui convenaient plus.

Si sa main devait resservir.

Il termina sa tasse de thé, et se pencha sur des papiers, tentant de se 0concentrer. Il avait toujours une question en suspend. Pourquoi l'autre l'avait soigné? Pour sauver sa vie et sa santé? Pour monnayer sa liberté peut-être?

Il allait l'interroger à ce sujet. Et aurait une idée de ce que l'autre voulait exactement, il lui tirerait les vers du nez et ne renoncerait pas.


«FROG!» Il entra d'un coup dans la chambre et claqua la porte derrière lui. «Il faut qu'on parle, maintenant!»

Francis leva les yeux et fixa son interlocuteur, notant son air sérieux. Il préféra ne pas faire de plaisanterie et fit, prudent «De quoi?

- Tu le sais très bien. Pourquoi m'as-tu soigné? Je suis ton ennemi, nul doute qu'on te taxerait de traître si cela se savait. Alors pour quelles raisons as-tu agis ainsi?»

Le français resta silencieux et fit «Mon père voulait que je prenne sa suite comme chirurgien de la marine. Il m'a fait étudié pour ça. Puis mon fils et trois ans plus tard ma fille sont arrivés. Je n'avais plus d'épouse pour m'aider à les élever. Même si j'avais une nourrice, deux gouvernantes et un précepteur...ça ne remplaçait pas une mère. Je voulais être là pour eux. Alors mon père a changé ses plan et a voulu que je devienne médecin. Il m'a envoyé comme apprenti chez un apothicaire qu'il connaissait bien pour que j'apprenne la médecine par les plantes. Il m'a appris à soigner des plaies et a extraire des balles, à recoudre. Je n'ai pas le titre de médecin ou de chirurgien mais je sais opérer.

- Je ne vois pas où tu veux en venir.

- J'y viens. En temps normal...quelqu'un qui exerce la médecine doit prononcer le serment d'Hippocrate. Tu sais ce que c'est?

- Bien entendu.

- Je n'ai pas le titre officiel. Mais je l'ai quand même prononcé pour moi-même. Et je déteste voir souffrir les gens. Voilà pourquoi je t'ai soigné.» Il sourit doucement, s'amusant de voir la trouble dans les yeux émeraude de l'anglais qui secoua la tête.

- But...Je suis ton ennemi.

Cela m'est égal mon cher. Pour être franc, je ne me soucie pas de la couleur de l'uniforme quand je soigne. D'un autre côté, c'est la première fois que je panse la plaie d'un anglais.»

Arthur plissa les yeux. Il n'y avait nulle trace de mensonge. Il disait la vérité, c'était évident. Il ne cherchais pas à préserver son existence alors? Peut-être que si en fait. Mais il avait voulu le guérir avant tout?

«Et bien...Merci.» Il allait partir quand une main se referma doucement sur son poignet. Il baissa les yeux vers les longs doigts fin et délicats. Il regarda ensuite le français, interrogateurs.

«Oui?

- Tu as enlevé les fils?»

Arthur cligna des yeux et ouvrit la bouche. Il eut besoin de quelques instants pour savoir précisément ce que l'autre voulait dire et eut un rire gêné «Je n'y pensais plus pour tout te dire.»

Il fut alors basculé sur le lit en poussant un glapissement de surprise et à moitié étouffé par sa chemise. Sa peau pâle fut exposé au regard de son prisonnier et il rougit. Il était imberbe et ça avait toujours fait rire ses frères qui se moquaient de son manque de masculinité. Mais l'autre ne dit rien et regarda le bras.

«Tu étais obligé de tout m'enlever pour voir le bras?

- Je ne t'ai pas tout enlevé, sinon tu n'aurais plus de pantalon.»

L'anglais rougit et détourna la tête, il prit un petit couteau dans sa botte et le tendit à son prisonnier en sifflant «Pas de bêtise ou tu seras mort.

- Bien sûr, tu crois que j'ai envie de faire ça?» répliqua froidement le français en se penchant sur le bras, et se mettant à retirer les fils d'un geste presque brusque.

Arthur sentit une vague de honte l'envahir mais hors de question qu'il s'excuse, il était trop fier pour ça. «Tu ne semble pas très porté sur le combat.

- Non pas trop.

- Alors que fais-tu en Amérique? Si tu ne te bats pas...

- Si j'y suis obligé, je sortirais les armes mais je n'éprouve aucun plaisir à verser le sang d'autres hommes.

- Je veux dire...tu portes l'uniforme?

- Oui. Comme les rebelles américains en portent un.» Il se mit à couper les fils, en silence, avec délicatesse. Ses doigts caressaient la peau pâle pour mieux tenir le bras. Arthur avait les yeux rivés sur ces mains. Il déglutit malgré lui. Il avait été rarement touché par un homme. Il n'avait été que peu blessé dans sa vie et par conséquent n'avait pas souvent eu des contacts autre que ceux des étreintes parfois honteuses. Ici c'était un ennemi, et pourtant il sentit son cœur battre plus fort. Il mit ça sur le compte de l'envie. Il désirait juste l'autre. C'était tout. Et cet homme devait ne rien y connaître dans ce domaine. Le pervertir pourrait être une occasion délicieuse.

«Terminé.» Francis frotta la cicatrice rouge et sourit «Sans me vanter, c'est du bon travail.

Humpf.» Il détourna les yeux, gêné et s'apprêta à se relever et à remettre sa chemise. Peu importait, il voulait se mettre hors de portée de ces mains chaudes et délicieusement douces.

«Tu en as des cicatrices.

- Pas tant de que ça. Je pouvais souvent me soigner tout seul. Un peu d'onguent et un bandage. Pas besoin d'un homme de médecine pour ça.» Il avait combattu souvent. Des rebellions ici et là, des batailles contre des pirates ou des corsaires, des affrontements contre des soldats de pays ennemis. Il n'avait connus que les affrontements. Il frémit quand son prisonnier suivit le tracés d'une cicatrice du doigt «WH...

- Ne cris pas, si un soldat rentre et surprends la scène?»

Arthur rougit et grommela, voulant se mettre debout mais une pression autour de son poignet le fit basculer et il sentit le matelas dur sous lui. Il jeta un regard noir à son captif. «A quoi tu joue exactement?

- A rien. Je voulais juste voir la tête que tu ferais.

- Tu plaques souvent d'autres hommes sur un lit?

- Toi par contre, tu embrasses souvent.

- Non...» Grogna l'anglais «pas si souvent.» Il n'avait embrassé que deux personnes avant. Un de ses amants, qui s'était fait tué dans une attaque de pirate peu de temps après et sa femme bien entendu. Jamais il n'avait croisé quelqu'un qui lui donnait envie de l'embrasser. Mais avec cet homme...ces lèvres semblaient un appel. Il mourrait d'envie de les dévorer encore et encore. Chassant ces pensées, il se redressa. «Tu ne comprends rien.

- Si. Je suis assez libertin sur les bords. Mais j'avoue ne l'avoir jamais fait avec un homme.»

Arthur ricana et se rhabilla «Tu ne sais pas ce que tu rates.

- Possible.»


Arthur fixa son prisonnier dans le siège face à lui. Il prit une grande inspiration et recommença son discours depuis le début, prêt à se plus le lâcher «Cette fois tu vas me donner des informations. Que tu le veuille ou non. Il m'en faut, même peu importantes. Sinon on va me demander ce que je fais de toi...»
Déjà qu'il le gardait sous la main.

Alors si en plus il ne lui faisait rien...

Francis baissa les yeux vers le tapis et murmura «Je ne vois pas trop ce que je pourrais te dire.

- Tu espionnes pour qui?» fit l'anglais en se penchant sur son captif, le fixant dans les yeux. Il ne voulait pas recourir à la force mais n'hésiterait pas s'il le fallait vraiment.

L'autre soupira et murmura «Pour les américain. Content?»

Un soupir échappa à l'officier. C'était un beau pas en avant mais ce n'était pas assez, malheureusement. Au moins il savait qui payait le français pour ses informations. «Il y avait un bataillon de français près de l'endroit où nous t'avons capturé?

- Quelle importance? Nous ne sommes plus là-bas n'est-ce pas?

- Humpf.» Arthur allait dire quelque chose de plus quand il entendit la porte. Il jeta un coup d'œil par dessus son épaule «Entrez!». Un soldat arriva et salua son supérieur. «Que voulez-vous soldat?»

Francis les regarda échanger quelques paroles, réfléchissant lui-même à ce qu'il allait pouvoir laisser échapper pour sa survie. Arthur fit signe au jeune homme de partir et lui tourna le dos. Il entendit alors un cri étouffé, un bruit de chaise qui se renversait et un autre de lutte. Il se retourna d'un coup et vit Francis qui se battait, malgré ses mains liées, avec le soldat. Ses yeux se posèrent ensuite sur le couteau à ses pieds. La lame étincelait dans la lumière. Qu'est-ce que ça faisait là?

Il releva la tête vers les deux autres. Le français était celui qui avait crié, et qui s'était apparemment jeté sur le soldat...qui tenait la lame. Où c'était le soldat qui voulait tuer le prisonnier.

Il se reprit quand il fit une tâche de sang sur les vêtements du plus jeune. Du sang? Le militaire tenait un petit poignard dans la main. Arthur comprit que l'homme avait voulu le tuer. Et que son captif avait essayé de le protéger. Il n'aurait jamais du tourner le dos, mais cela aurait pu arriver plus tard, quand il aurait été seul. Et puis pourquoi se serait-il méfié de l'un de ses hommes?

Il vit rouge en voyant la blessure du français et donna un coup de pied bien placé à l'homme en rouge qui fut projeté au sol, un peu plus loin. «Ne bougez plus. Vous allez répondre de vos actes.

- Mais...monsieur...

- Taisez-vous. Je crois que vous n'avez pas conscience de la situation.

- Il a...tenté de vous poignarder, je crois...qu'il...savait...ce...qu'il faisait.» Francis se mit à tousser et roula sur le côté, se crispant sous la douleur.

Arthur tourna la tête vers le français, voyant avec soulagement que la blessure n'était pas si grave et pourrait être facilement soignée. Il sentit la tension s'évanouir, remplacée par de la colère. Comment cet homme avait-il osé? Il avait défié son autorité et avait tenté de commettre un acte terrible. Tenter de le tuer. Il allait le payer très cher.

Le jeune soldat tremblait. «Je voulais juste tuer ce Frog. C'est un espion. On a perdu des hommes à cause des informations qu'il a donné.» Il était pâle et nerveux, jetant des coups d'œil vers le blessé, prenant un ton aussi sérieux et convaincu qu'il pouvait.

«Vraiment?» Railla Arthur, moqueur. «Seulement...comment pouvez-vous savoir ça? Vous ne faisiez pas partie de mon bataillon à ce moment-là.» il s'avança et attrapa le coupable par le col, appuyant sur sa poitrine de son pied «Dites moi la vérité!

- Je ne mens pas. On m'a dit que...

- Comme c'est pratique. Je vois dans vos yeux que vous mentez!» Son regard lançait des éclairs et il semblaient réellement menaçant. Son arme était serrée dans sa main, et ses lèvres étaient pincées jusqu'à être blanches. «Sachez à toutes fins utiles que cet espion a été stoppé avant d'avoir pu transmettre la moindre information. C'est un peu dommage pour vous n'est-ce pas?» Ce n'était pas tout à fait exact mais Arthur voulait le pousser à l'erreur. S'il avait peur pour sa vie, il avouerait et supplierait qu'on l'épargne. De ce qu'il avait vu au cours de ces derniers jours, cet homme n'était pas courageux du tout.

«M...Mais.

- De plus, qui êtes vous pour défier mon autorité ainsi? De quel droit avez-vous pris cette liberté d'action?» Sa voix était glaciale, terrifiante. Il savait qu'il pouvait imposer la peur autant que le respect et l'admiration. Cet homme trembla, pâlissant légèrement. «Avouez, vous avez tenté de me tuer et de faire accuser le prisonnier du meurtre.

«Sir...Je vous assure, je...»

La détonation claqua dans la pièce, suivi d'un hurlement de douleur. L'homme tenait sa jambe en tremblant, geignant de souffrance. Du sang maculait son vêtement et ses mains. La balle avait fracassé son genou.

«Me prenez vous pour un imbécile Fawkes? Tuer le prisonnier?» Il ricana, un rire si terrifiant que toutes les personnes présentes ressentir de la peur en plus de la douleur. Il attrapa les cheveux du blessé en rouge et siffla «Si vous vouliez vraiment le supprimer, vous ne l'auriez pas fait devant moi. Il était plus logique de le faire hors de ma vue. Tuer un prisonnier sans l'accord de son supérieur est puni vous savez? Rien qu'avec ce que vous avez fait, vous allez le payer très cher.» Il se pencha et souffla «Vous savez, j'ai assez d'influence pour vous...tirer des aveux sans conséquences. Avouez la vérité et vous éviterez bien des désagréments.»

L'autre frissonna mais ne répondit pas, pâle et effrayé. Arthur eut une moue agacée. Il susurra, terrifiant «Je dois briser votre second genou?

- Vous allez me faire condamner de toute façon.»

Arthur eut un sourire terrible et plaqua soudain le soldat au sol, l'immobilisant de son genou dans le dos, le faisant gémir de douleur quand son genou heurta le sol. Il empoigna la main gauche et siffla d'un ton menaçant «Qui me dit que tu n'es pas un espion?» Il y avait à présent du mépris dans sa voix et il avait arrêté le vouvoiement. «Ta dernière phrase sonnait comme un aveu.

- Je ne dirais rien.

- Vraiment?» Il attrapa un doigt et le cassa, faisant crier l'individu. Des bruits de course parvinrent à leurs oreilles et trois soldats arrivèrent, armes à la main, s'immobilisant devant la scène. Ceux-ci étaient fidèles à l'officier.

«Sir?

- Cet homme a tenté de me tuer. Andrew, Thomas!» Il connaissez depuis longtemps ses deux subordonnés et les appelait par leurs prénoms quand ils étaient en petit comité.

Les deux hommes firent, d'une même voix «Yes sir!

- Emmenez le prisonnier et faites venir le médecin. Il m'a sauvé, il mérite d'être récompensé.» Il tourna la tête vers le dernier «Oliver? Va chercher deux autres soldats pour escorter l'individu ici présent dans notre prison provisoire.

- Yes sir!» Il partit en courant. Les deux autres soulevèrent Francis et l'aidèrent à quitter la pièce, le traitant avec plus de respect qu'avant.

Arthur se pencha sur son captif et murmura, d'un ton doucereux «Qui t'envoie?

- P...Personne.

- Mauvaise réponse» Il cassa un autre doigt. Le cri de douleur qui suivit le fit ricaner cruellement. Il attrapa le médium et souffla «A son tour?

- N...non.

- Alors?

- Je...Je suis américain. Je suis un espion envoyé pour vous tuer! On m'a choisi parce que j'arrive bien à imiter votre accent.

- Ho? Et faire accuser un allié également prisonnier. Tu me dégoûte!» Pour la peine, il brisa le doigt également.

«Il le méritait, il nous a trahi.

- Pas vraiment. De un il n'a rien dit. De deux il m'a certes soigné mais il a prêté le serment d'Hippocrate donc c'est normal.

- Et en vous sauvant?

- J'aurais agit de même si quelqu'un avait très visiblement l'intention de me mettre un meurtre sur le dos.» Il se redressa, envoyant un coup de pied dans le ventre du coupable. Puis il cracha «Qui t'envoie? Et pourquoi moi?

- Parce que vous êtes un génie militaire.

- Je ne suis pas si connu que ça»

Il appuya sur la jambe blessée, l'écrasant par terre. L'autre gémit de douleur, et finit par crier, tandis que le sang se rependait sur le sol.

«QUI?»

Un sanglot secoua la victime qui articula «Un...officier. Il a dit que vous étiez dangereux. Que vous étiez un des plus acharnés à gagner la guerre et à être anti-indépendantiste.

Intéressant. Qui est cet officier? Il t'a envoyé à la mort tu sais?

- Si j'avais réussi, non.»

Arthur pointa son pistolet et lui tira dans le bras, le faisant crier de douleur et se recroqueviller au sol. «Qui?

- Alfred...Jones.» gémit l'homme en pleurant de souffrance, tandis que des soldats accouraient, pour l'emmener en prison.

«Bien...Qui que tu sois, car je suppose que ton nom n'est pas le vrai... tu seras traité comme tu le mérite.» il le regarda être traîné en dehors de la pièce, silencieusement. Il alla se servir un verre d'alcool. Il était pensif.

Alfred..Jones.

Ça lui disait quelque chose.

Mais quoi?


A Suivre