Bonjour/bonsoir :)
Je me remet enfin à écrire la suite de cette histoire et je peux m'y consacrer à fond ! Donc, je serai plus régulière !
J'espère sincèrement que ce chapitre vous plaira, j'ai eu chaud en l'écrivant et je prie pour qu'il en soit de même pour vous x)

Merci à ma Mello qui m'inspire encore et toujours ! Je vous invite à aller lire Killing Stalking 2, une ff riche en émotions ;)


| DESIRE ME |

Chapitre 4.

« This isn't cannibalism. It's only cannibalism if we're equals. » Hannibal.

Trouble.

La nuit était floue autour de lui, ses oreilles bourdonnaient, il avait la bouche sèche et l'impression que son corps pesait une tonne. Il n'arrivait presque pas à bouger et luttait pour ne pas s'endormir, apercevant une faible lueur sous ses paupières mi-closes.. une lueur fantomatique, vaporeuse. Sa mémoire lui jouait des tours, il avait beau tenter de se rappeler où il était, qui il était, tout lui échappait. Il savait juste qu'il ne voulait pas s'évanouir, que le danger n'était pas loin, et que quelqu'un l'observait avec délectation.

Assis tranquillement dans un fauteuil, le visage neutre, Draco observait son ami depuis plusieurs minutes à la lumière d'un candélabre, une jambe par dessus l'autre et une cigarette entre les doigts. Il aimait ça, regarder sa proie tenter de garder pied dans la réalité, l'entendre gémir tout en se tortillant dans ses draps... Il aurait pu rester là pendant des heures, à fumer et à imaginer plusieurs façons de le torturer, mais il finit par écraser sa clope dans un cendrier avant de s'avancer vers le lit. Harry avait les yeux clos mais se débattait toujours contre la drogue, son front était en sueur, son corps à moitié nu tremblait, alors Draco posa une main contre sa joue.

« Harry, » appela-t-il. « Harry ! »

Le jeune homme entrouvrit deux secondes les yeux et Draco lança un regard vers sa table de chevet, réfléchissant. Il voulait le manger, peut-être devait-il en finir maintenant ? Pourtant, il n'avait pas envie de le tuer. C'était contradictoire, mais il avait envie de jouer encore un peu avec lui... Puis, ce n'était pas tous les jours qu'il rencontrait quelqu'un à même de tolérer sa nature. Toujours en pleine réflexion, il tendit le bras et ouvrit le tiroir pour attraper son couteau avant de le passer tendrement contre la gorge du garçon. Ses jugulaires palpitaient à un rythme effréné et Draco eut un bref sursaut en le voyant haleter à ce point.

« Harry ! » appela-t-il encore, mais le jeune homme ne réagissait toujours pas.

Il fronça les sourcils et fit glisser la lame contre la peau. Autant en finir, pensa-t-il. Pourtant, il s'arrêta à mi-parcourt, regardant l'entaille se mettre à saigner avec délice contre ses doigts. Son regard remonta sur le visage blême de Harry qui gémissait toujours et il poussa un long soupir.

« Putain. »

Posant son couteau sur les draps, il attrapa les bras de son ami pour le traîner hors du lit, grimaçant à son poids – il avait cru qu'il pesait moins que ça -, et fit glisser son corps sur le sol. Harry était dans les vapes mais il le sentit remuer ; ses bras se tendirent vers lui comme s'il cherchait à s'accrocher et Draco rencontra son regard empreint de panique. Il continua de le traîner en ignorant ses mains tremblantes qui tentèrent d'agripper son haut et l'amena dans la salle de bains, devant la cuvette des chiottes. Sans tendresse aucune, il repoussa ses mains et l'observa gémir pitoyablement en se tenant à la cuvette.

« Fais-toi vomir. » ordonna-t-il.

Harry leva la tête vers lui sans comprendre, tremblant et haletant comme un fou, et Draco serra les dents, priant pour qu'il obéisse. Il était hors de question qu'il le fasse à sa place.

« Si tu le fais pas, je te tue, » crut-il bon de prévenir. « Et je te jette directement à la poubelle. »

C'était une insulte, une humiliation, venant de la part d'un cannibale. Il vit les traits de Harry se déformer : il avait compris. Des larmes roulèrent sur ses joues quand il plongea un doigt dans sa gorge et son corps fut parcouru de spasmes avant qu'il ne réussisse à dégobiller. Draco se détourna et partit ouvrir l'eau de la douche pendant que Harry toussait à s'en arracher les poumons, le maudissant de lui compliquer la vie, se maudissant de l'avoir amené chez lui et de ne pas l'avoir tué directement. Il revint vers lui dès qu'il eut fini, actionna la chasse d'eau, et tira un de ses bras.

« Viens. »

Harry n'eut pas le temps de se remettre et le suivit, d'une démarche bancale, jusqu'à la douche. Draco le fit entrer sous l'eau froide et il glapit avec douleur, tentant d'éviter le jet mais son hôte le lui dirigea en pleine figure. Les traces de vomi et de sang se mélangèrent avec l'eau dans le siphon, le corps légèrement hâlé de Harry ne cessant de frémir devant le regard neutre – et passablement agacé – de Draco. Il le débarbouilla un maximum sans se soucier de son bien-être avant de le recouvrir d'une large serviette de bain pour le sécher vigoureusement. Plusieurs fois, Harry menaça de s'écrouler mais Draco veilla à le maintenir sur pieds, l'obligeant à se tenir au lavabo. Il ne toucha pas au caleçon et se redressa en finissant d'essuyer les jambes tremblantes.

« Bouge pas. » dit-il.

Harry le regarda quitter la pièce à travers ses yeux embués avant de les poser sur le miroir face à lui. Ses cheveux ébouriffés lui barraient la vue à moitié mais il n'eut pas la force de les recoiffer et tenta de reconnaître son visage, en vain. Il avisa alors l'entaille à son cou avec surprise et y porta doucement les doigts avant de sursauter à la réapparition de son ami, reculant d'instinct.

« N'y touche pas. »

Le ton de sa voix était implacable. Harry eut une brusque envie de pleurer en l'observant ouvrir sa trousse de soins, mais il n'en fit rien. L'antiseptique et la compresse qu'appliqua Draco sur sa plaie le fit grimacer, et il ne put s'empêcher de demander, à mi-voix :

« Tu voulais me tuer ? »

Il vit un fin sourire se dessiner sur les lèvres pâles et avala sa salive. Il aurait pu mourir sans s'en rendre compte, il l'avait échappé belle. Draco soupira en finissant son pansement.

« Tu devrais rester chez moi le temps que ça cicatrise, qu'en penses-tu ? »

Harry cilla à cette question et, face au regard gris intense, sut qu'il devait répondre par l'affirmative. Il déglutit et hocha la tête, n'osant protester, avant de se laisser glisser jusqu'au sol. Son hôte ne fit même pas un mouvement pour le retenir, il se sentit ridiculement petit et faible à ses pieds... à moitié nu, la peau humide et les yeux troubles.


Obscurité.

Lorsqu'il ouvrit les yeux le lendemain, il était près de quatorze heures ; il le lut sur le radio-réveil posé sur la table de chevet. Le goût du sang imprégnait sa bouche pâteuse, il avait la lèvre inférieure légèrement gonflée et ses yeux étaient remplis de larmes. Les souvenirs de la veille étaient brouillés dans son esprit mais il se souvenait parfaitement avoir été drogué. Un peu engourdi, il se tourna sur le côté et sa main tâtonna sur les draps mais il ne rencontra rien ni personne. Quand il finit par se redresser, il se rendit compte qu'il portait un pyjama en soie. Draco devait s'être occupé de lui sans qu'il ne s'en rende compte, il ne savait pas si cette idée devait le rassurer ou le terrifier. Mais, le plus important était qu'il était vivant.

Le manoir était silencieux, et sombre. Tous les rideaux avaient été tirés, parfois un fin rayon de soleil passait timidement dans une pièce ou un couloir mais Harry eut l'impression qu'il faisait encore nuit. Il chercha son hôte partout sans jamais le trouver, n'osant pas aller vérifier à la cave, et remonta à la salle de bains pour se laver le visage. Il enleva ses lentilles abîmées et se rinça les yeux en soupirant de douleur, puis se rinça la bouche pour se débarrasser du goût âcre de sang qui s'était incrusté entre ses dents.

Une fois qu'il fut à peu près débarbouillé, il enfila ses vêtements – un jean, un caleçon et un sweat – posés et pliés impeccablement sur une chaise. Ses lunettes avaient même été posées près d'un lavabo et il se figea en essayant de comprendre comment elles avaient atterri là...

Il n'avait pas de sac, tout ce qu'il avait emporté avec lui était dans ses poches ; sa carte bancaire, son téléphone, de la monnaie, des chewing-gums et ses clés. Il avait mis des lentilles et avait laissé ses lunettes sur sa table de chevet à son appartement, à côté de son roman. Son cœur s'emballa.

Quand et comment Draco les avait-il récupérées ? Cette question intérieure le fit suffoquer et il se mit à fouiller ses poches mais il n'y trouva rien ; elles étaient totalement vides. Pas de clés, pas de carte ni de téléphone. Alors, il fouilla la pièce, les tiroirs, les couloirs, en sentant la panique grimper et grimper encore dans son corps frêle et dépourvu de force. Dans la chambre, il ne trouva que son paquet de chewing-gums posé sur... un bout de papier. Fébrile, il le déplia pour le lire à travers ses lunettes - qu'il avait tout de même pris la peine de chausser -.

« Bonjour, Harry.

J'espère que tu vas mieux. J'ai préparé tes vêtements dans la salle de bains, tu peux utiliser tous les savons et gels douche que tu veux, mais pas touche aux produits de toilette. Il y a ton déjeuner dans le micro-ondes et du café dans la cafetière. Fais comme chez toi, mais pas trop.

Tu remarqueras que j'ai subtilisé tes affaires et que la porte d'entrée est verrouillée. Si j'étais toi, je ne chercherais pas à fuir ; ça ne sert à rien, tu ne peux pas. De toute façon, je rentre ce soir, donc ne fais pas l'idiot.

Passe une bonne journée,
Draco Malfoy. »

Harry sentit son sang pulser dans ses tempes en finissant de lire la lettre et la laissa tomber à ses pieds – nus – pour se rendre immédiatement à l'entrée. Il fallait qu'il vérifie ! Il ne pouvait pas s'être fait piéger comme un rat, il ne croyait pas Draco capable de l'enfermer... C'était juste inimaginable, c'était juste... vrai. La grande porte en bois massif ne bougea pas d'un millimètre quand il tenta de l'ouvrir. Cette réalité l'oppressa et la peur le prit sauvagement à la gorge.

« Merde, » geignit-il. « Merde, merde.. »

Il arpenta ensuite les couloirs pour s'attaquer aux fenêtres, mais toutes restèrent hermétiquement closes. De plus, Draco avait pris soin d'y fixer quelques planches en bois pour l'empêcher d'atteindre la vitre, d'où les quelques rares rayons de soleil. Harry sentit le désespoir s'abattre sur ses épaules à la cinquième fenêtre barricadée et se laissa tomber contre la table de la salle à manger, le souffle saccadé. Il était pris au piège ! Il se sentit stupide ; après tout, il l'avait bien cherché, c'était lui qui avait voulu rencontrer un psychopathe, c'était lui qui avait désiré – et désirait encore – se faire dévorer par un cannibale. Draco n'avait fait que suivre son instinct de prédateur et s'en prenait à lui avec aisance, car il était clairement la proie la plus facile. Peut-être même s'était-il moqué de lui, peut-être avait-il joué avec lui comme un chat avec une souris. Et il le nourrissait, prenait soin de lui, pour qu'il ait meilleur goût en bouche... Tout faisait sens.

Ses lunettes glissèrent légèrement sur son nez et il observa les murs parsemés de tableaux représentant les ancêtres Malfoy ; ils avaient un air assez effrayant, et il finit par détourner les yeux tant il eut l'impression qu'ils l'observaient aussi. Lentement, il se redressa, tremblant, les larmes aux yeux, essayant de dissiper l'angoisse pour se concentrer. Sa vision lui joua des tours, matérialisant des ombres autour de lui, et il recula jusqu'à un mur. Sa tête tournait, il crut qu'il allait tourner de l'œil et se souvint qu'il n'avait rien mangé depuis la veille, et qu'un déjeuner l'attendait dans la cuisine. Il traîna des pieds jusque là, sentant les tapis, le parquet, et le carrelage froid sous ses orteils. Machinalement, il appuya sur un interrupteur mais rien ne se produisit.

« Sérieux ? » marmonna-t-il.

Son corps le porta jusqu'aux armoires de la cuisine sombre, sa vision précaire ne lui permettant pas d'y voir aisément, et il tâtonna pour trouver le micro-ondes. Il l'ouvrit pour prendre l'assiette remplie, se chercha une fourchette et un couteau, puis repartit dans la salle à manger. Cette pièce était un peu plus éclairée mais il eut du mal à discerner la nourriture que Draco lui avait préparée. Il fronça le nez en reconnaissant la texture, et l'odeur, de la viande et son estomac se contracta ; il était presque sûr que ce n'était pas du bœuf. Il se demanda vaguement pourquoi il était obligé de manger cru, étant donné que l'électricité avait été coupée, et engloutit la première bouchée avec effort.

La viande avait été parfaitement cuisinée, mais elle était froide... et ce n'était clairement pas un animal qu'il mangeait. Harry sentit des frissons le secouer mais il continua son repas ; il avait terriblement besoin de forces s'il voulait s'échapper de ce manoir, s'il voulait se battre...

Avalant un morceau de viande récalcitrant, il s'imagina le retour du jeune Malfoy, réfléchissant à la façon de l'affronter ou de le fuir. Des larmes montèrent dans ses yeux. Il ne comprenait pas pourquoi il lui faisait ça, alors qu'ils s'entendaient si bien la veille, alors qu'il l'acceptait comme il était, qu'il n'avait jamais rien dit à personne sur ses crimes... sur sa cave.

Harry releva la tête brusquement et abandonna son assiette, quittant la pièce. Il se frotta la bouche, certain qu'il pourrait trouver de quoi se défendre dans cette cave... ou de quoi s'enfuir. Mais malheureusement, la porte menant au sous-sol avait été fermée avec un gros cadenas. Il cracha une insulte et s'appuya contre la porte, se prenant la tête dans les mains, au bord de l'implosion. Je te déteste...


Étincelle.

Le soleil traversa le ciel au fil des heures, plongeant peu à peu le manoir dans une obscurité toujours plus noire et oppressante. Harry attendait - il ne pouvait faire que ça - dans le hall d'entrée, replié sur lui-même près d'une grande pendule qui rendait l'attente de plus en plus insoutenable.

Tic... Tac... Tic... Tac...

Il serra le manche de son couteau de cuisine dans sa main lorsqu'il entendit enfin une voiture se garer dans l'allée. Il ne savait pas l'heure qu'il était, il se fichait de savoir, tout ce qu'il voulait c'était fuir à tout prix de la demeure de ce psychopathe. Dès que Draco ouvrirait cette porte, il devait profiter de l'effet de surprise pour l'attaquer et s'échapper de sa prison. Non pas qu'il voulait le tuer, il en était hors de question, mais il espérait le blesser suffisamment pour le mettre hors d'état de nuire.

Harry se crispa quand le bruit du verrou résonna dans le hall et Draco eut à peine le temps de poser un pied à l'intérieur qu'il bondit sur lui, comme un chat sauvage. Ils tombèrent à la renverse, Harry au dessus, son couteau en suspens au dessus de la poitrine de son ami qui le regardait avec amusement tout en bloquant ses poignets. Celui-ci eut un petit sourire en coin.

« C'est comme ça que tu m'accueilles ? Intéressant. » dit-il.

Le binoclard grogna férocement entre ses dents, luttant contre sa poigne fichtrement puissante.

« Tu m'as enfermé ! » l'accusa-t-il, en réponse. « Tu m'as laissé tout seul, dans le noir... »

Sa voix se brisa et il retint un sanglot. Draco profita alors de ce moment étourdi pour le repousser et inverser les positions, lui arrachant son arme des mains. La lame pivota, changea de direction, puis s'enfonça dans son épaule gauche sans aucune hésitation. Harry hurla alors de douleur, Draco l'empêchant de se débattre en écrasant son autre bras sous son genou. Il était à califourchon sur lui et la lueur prédatrice qu'il lut dans ses yeux gris le glaça d'effroi.

« Arrête, » s'étrangla-t-il. « ARRÊTE ! »

Le couteau remua dans sa chair et il poussa un autre cri à travers le rire excité de son assaillant. Ses lunettes étaient tombées un peu plus loin, il ne voyait plus qu'une forme indistincte qui l'écrasait, et il serra les dents quand Draco enleva la lame, ne pouvant retenir un râle du fond de sa gorge. Le sang bouillant se déversa sur le parquet et des petites étoiles clignotèrent devant ses yeux, il crut qu'il allait perdre connaissance.

« T'es beau quand tu souffres, » murmura Draco, ne pouvant s'empêcher d'exulter. « Ça me donne envie de continuer... »

Pour appuyer ses paroles, il enfonça un pouce au fond de sa plaie et Harry se démena comme un beau diable, son hurlement se répercutant dans le grand hall. Il tordit un de ses bras pour échapper à son emprise mais Draco lui coinça le poignet contre le sol avec force, sortant son pouce dégoulinant de sang pour le lécher. Il le suça et Harry émit un faible sanglot en tentant de l'apercevoir derrière ses yeux flous. Son corps n'était plus que tremblements...

« J-Je suis désolé, » bredouilla-t-il, la gorge nouée. « Ne me.. Ne me tue pas... »

« Tu as bien essayé de le faire, toi. »

« Non ! N-Non, j'voulais pas.. te tuer... Jamais... Promis... »

Harry se mit à hoqueter, noyé par ses larmes, et Draco ne put s'empêcher de sourire, se rassasiant de ses pleurs, de sa détresse, de la terreur qui se dégageait de lui et qui les enveloppait. Elle vibrait contre sa peau, lui déclenchant des frissons. C'était un délice, il voulait tellement s'y noyer aussi... partager cette souffrance avec lui, ressentir ce délicieux fourmillements dans ses veines qui lui murmurerait « Tu es en vie ! Fuis tant que tu le peux ! ».

Lentement, il amena sa main libre jusqu'à la gorge palpitante pour la serrer et sentit sa victime se tendre sous lui. Les yeux verts mouillés brillèrent à la faible clarté du soir naissant et il sentit le souffle se bloquer dans la trachée tandis qu'il accentuait la pression.

« Tu aimes ça ? » demanda-t-il d'une voix teintée de désir.

Le visage de Harry vira imperceptiblement au rouge dans la pénombre et Draco le relâcha dès qu'il sentit le corps durcir amoureusement sous lui. Il finit par le libérer totalement et se releva avec souplesse, soupirant simplement comme s'ils venaient de se disputer pour une broutille.

« C'est malin, tu as tâché le parquet... Je l'avais ciré. »

Meurtri, Harry grimaça en se recroquevillant sur le côté. Sa plaie pulsait désagréablement et ses bras étaient douloureux ; il respirait durement, les idées embrouillées par l'adrénaline qui courait encore en lui. Son cœur finissait de battre avec violence dans ses oreilles et il sentit son ventre se tordre en voyant Draco refermer la porte d'entrée à double tours.

Sa tentative de fuite avait été un vrai fiasco...

« Lève-toi, » ordonna Draco avec autorité, debout au dessus de lui. « Je dois te soigner. »

Les aiguilles de l'horloge continuaient leur course et Harry lança un regard brouillé vers le jeune Malfoy. Il se rendit compte qu'il avait allumé la lumière car elle faisait briller ses cheveux blonds de façon angélique... mais il ressemblait à tout sauf à un ange.

« Sérieusement, j'aime te voir agonisant à mes pieds... mais tu gênes le passage. » continua le jeune homme d'une voix calme.

Il se pencha pour tirer sur ses bras et le relever, et Harry poussa un jappement, titubant sur ses jambes. Draco l'aida à se tenir droit et posa gentiment ses lunettes heureusement intactes sur son nez.

« Laisse-moi partir, » murmura Harry, son regard gris le faisant frissonner. « T'as pas le droit de me garder ici. »

« Non ? » fit Draco sur un ton amusé. « T'as un peu oublié mes penchants... »

« Mais je.. je les accepte ! Je pensais qu'on était amis... »

« Non, nous sommes amants. »

Cette rectification inattendue fit rougir le brun qui se fit doucement conduire à l'étage, comme un animal docile.

« Estime-toi heureux d'être encore en vie. » rajouta le blond.

Ils entrèrent dans la salle de bains et Harry se fit asseoir sur une petite chaise en bois. Draco lui enleva son sweat pour découvrir son torse gracile et passa une main contre la peau moite, le faisant frémir, avant de se pencher vers sa blessure suintante pour y glisser la langue. Harry retint une exclamation de surprise et ferma les yeux sous la douleur. Malgré tout, un plaisir inopiné secoua son corps et il se surprit à aimer ça... Ses lèvres s'entrouvrirent pour laisser passer un soupir brûlant.

Les mains du psychopathe caressaient sa poitrine imberbe pendant qu'il s'abreuvait de son sang, remuant sa langue et suçant à ne plus pouvoir s'arrêter. Harry avait presque le nez dans son cou et respirait l'odeur délicieuse de son parfum boisé en continuant de soupirer ; il entrouvrit les yeux au bout de quelques secondes et posa ses lèvres contre la peau blanche, et les dents qui se refermèrent sur son entaille le firent crier de stupeur. Draco se redressa avec un sourire ensanglanté puis embrassa sa joue en chuchotant un « ssshhh... » qui le calma d'un coup.

Il se reposa ensuite face à lui, sur une autre chaise, et ouvrit sa trousse de soins sous le regard frustré de Harry.

« J'ai envie de toi... »

Son faible murmure l'étonna tout autant que le maître des lieux qui lui lança un regard oblique pendant qu'il ouvrait un paquet de compresses. Il se sentit rougir comme une midinette et se mit à tripoter le bandage de son avant-bras, celui que Draco lui avait fait la veille, le regard fuyant. Il regretta ses paroles comme le jeune homme restait silencieux, mais c'était la vérité. Il avait envie de lui, il le désirait de tout son corps en ébullition...

La compresse imbibée d'alcool le ramena à la réalité et il tressaillit sur sa chaise, ne pouvant s'empêcher de grogner sous la douleur piquante. Draco avait un sourire en coin perturbant, ne se gênant pas d'enfoncer le tissu dans la chair à vif.

L'atmosphère devint pesante dans la salle de bains pendant qu'il finissait son pansement, mais la peur s'en était allée pour l'instant. Son épaule être brûlante, elle faisait doucement vriller ses nerfs, mais Harry s'en accommoda, laissant ses pensées malsaines – mais bienvenues – vagabonder à l'intérieur de lui. Les mains fines et habiles de son hôte attiraient son regard, faisant chauffer son corps comme jamais. Elles étaient si séduisantes, ses doigts qui se pliaient et se dépliaient avaient quelque chose d'érotique... Il avait tellement envie qu'il le touche que son souffle s'était bloqué dans sa gorge sans qu'il ne s'en aperçoive, et il reprit brutalement ses esprits quand Draco se releva, coupant court à ses fantasmes.

« Tu vas devoir éviter de les mouiller, si tu ne veux pas que je m'énerve en perdant mon temps à les refaire, » dit-il d'une voix traînante.

Harry avala sa salive et se tourna vers le miroir pour se regarder. Le bandage à l'avant-bras, le pansement au cou et à l'épaule... Il se dit qu'il ressemblerait bientôt à une momie, si ça continuait comme ça. D'un geste hésitant, il se leva et Draco lui lança un vif regard à travers le miroir en rangeant sa trousse précautionneusement en haut d'une armoire. Harry en trembla légèrement et baissa la tête, se gardant d'émettre un son. Malgré tout, il lui inspirait du respect et il se sentait toujours comme un moins que rien à côté de lui...


Pulsion.

Draco l'observa à travers le miroir pendant plusieurs secondes, s'amusant intérieurement de le voir si peu sûr de lui, empreint d'incertitude et de doute. Le voir fixer le sol augmenta son désir de le dominer. Ses pansements blancs sur sa peau hâlée le rendaient appétissant et sa bouche n'avait qu'une envie ardente : le goûter.

Il finit par se tourner vers lui et ses mains pâles vinrent se poser sur les épaules voûtées du jeune homme, effleurant le pansement déjà imprégné de sang, pour l'enjoindre à se rasseoir sur sa chaise. Les yeux verts se levèrent interrogativement sur lui et il étira un faible sourire qu'il espérait rassurant.

« J'ai pas fini, » dit-il seulement. « Reste comme ça. »

Le jeune homme ne répondit pas mais attendit, innocemment, la suite, l'observant ouvrir puis fermer un tiroir en faisant en sorte qu'il ne puisse voir ce qu'il contenait. Parvenant aisément à contrôler son excitation – car il était clairement en train de jubiler –, il se plaça ensuite derrière lui et attrapa ses bras pour les nouer entre eux, sans prévenir, avec des câbles de serrage prévus à cet effet. Le corps de Harry se raidit au faible crissement des lacets de plastique quand ils enserrèrent ses poignets et Draco se redressa vivement, satisfait.

« Qu'est-ce que tu fais ?! » demanda la voix affolée du jeune homme.

D'un coup brusque, il plaqua sa main contre sa gorge pour lui couper le souffle et se pencha lentement vers sa tempe pour y déposer ses lèvres. Il embrassa délicatement sa joue un peu râpeuse, ses yeux mi-clos guettant la moindre réaction de son ami, puis relâcha le cou endolori pour lui relever le menton. Harry ferma les yeux en recevant la bouche de Draco contre la sienne et son corps s'embrasa, répondant à cet assaut avec un plaisir évident. Quand Draco passa une jambe au dessus de ses cuisses pour s'installer confortablement sur lui, à cheval, Harry ne put retenir un grognement appréciateur et il tortilla ses bras, ses poings liés, frustré de ne pouvoir s'en servir.

Attentif, Malfoy embrassa la bouche tremblante avec tendresse et plongea une main dans la chevelure d'ébène ébouriffée, appréciant l'agitation du corps échauffé sous lui qu'il rêvait d'explorer. Il finit par relâcher les lèvres vermeilles pour descendre au niveau du cou, écoutant la respiration saccadée de Harry comme la mélodie la plus envoûtante. Son prénom fut murmuré dans l'abîme de ses soupirs et Draco mordilla la peau tendre au niveau de la carotide. Le gémissement étouffé du jeune homme l'excita davantage et il continua son exploration plus bas ; la clavicule, un téton, le ventre duveteux. Il s'attarda sur cette dernière partie en se laissant glisser entre les cuisses, posant les genoux au sol, et y traîna la pointe de sa langue, ses mains caressant les flancs tendus. Harry le regardait faire sous ses paupières mi-closes, derrière ses lunettes légèrement embuées, renonçant à l'idée de reprendre une respiration normale, et se régala de ses attouchements. La chemise satinée de Draco bâillait un peu et la moitié de son épaule blafarde était la chose la plus sensuelle à cet instant pour Harry, en dehors des mains qui s'activaient sur sa peau brûlante. Le voir agenouillé entre ses jambes le rendait fiévreux, il en voulait plus... mais il craignait ne pas être à la hauteur et il appréhendait la suite.

Sans se douter, ni se soucier, des craintes de son ami, Draco continua de lécher, et de mordiller, le ventre lisse, puis ses mains descendirent plus bas. Il fit sauter le bouton du jean avec adresse et entendit Harry prendre une grande inspiration.

Une de ses mains glissa chaudement contre le tissu serré du caleçon et il soupira en sentant le membre chaud dessous. Il le caressa avec envie et leva la tête pour croiser le regard troublé de Harry. Le silence se fit, celui-ci retenant son souffle, et il revint à sa besogne, libérant l'érection déjà bien rigide pour la contempler.

Il remarqua que Harry avait fermé les yeux sous la gêne et se lécha une main pour après la faire coulisser de haut en bas sur sa virilité. Le jeune homme expira l'air qu'il avait retenu dans un long soupir rauque et lança un œil timide sur la main qui le masturbait. Le reste de sang qui n'était pas descendu monta à ses joues et Draco lui envoya un regard lubrique. Ses doigts humides se serrèrent étroitement autour de son sexe et Harry glapit, savourant la fine décharge électrique qui parcourut son corps entier. Ses poignets le faisaient souffrir mais il n'en avait cure tellement il prenait son pied, tellement la simple idée de se faire caresser par Draco l'enflammait.

« Harry, regarde-moi. » susurra ce dernier.

L'interpellé baissa les yeux docilement vers son hôte, étourdi de plaisir, et serra les dents en le voyant accélérer ses mouvements de va-et-vient, en sentant son membre s'étirer au creux de sa main, en plongeant dans l'argent étincelant de ses yeux. Puis, il sentit des picotements remonter du bas de son dos, emplir son bas-ventre, et il jouit violemment, sans pouvoir se retenir, sa voix s'étranglant dans une plainte émue et hachée... Il tremblait comme un fou devant Draco, vulnérable, honteux aussi d'avoir maculé la main délicate de son sperme impur. Pourtant, ce dernier ne sembla pas du tout dégoûté car il lui envoya un sourire ravi.

« Draco, je... je suis.. »

Harry sentit la suite de ses mots s'évanouir dans sa gorge à la vue érotique du jeune homme en train de se lécher les doigts. Son cœur manqua un battement et il ne put détacher son regard de la langue rose pâle qui buvait le liquide translucide... dégoulinant de façon obscène sur le poignet fin, sous la manche noble, là il espérait bientôt pouvoir poser les mains.

A suivre...


Oui, la ff a carrément tourné Angst :) Qu'en pensez-vous ?
Il me tarde d'avoir vos avis !
Bisous ensanglantés~