Lentement, Jacob tourna les talons. Il se dirigea vers sa voiture, garée sur le trottoir juste en face du numéro 189.

Quel foutu fiasco.

Non seulement elle n'avait pas eu l'air particulièrement ravie de sa visite, mais elle lui avait carrément demandé de foutre le camp ! Et le pire, le pire c'était son visage, ravagé par les larmes...

Jacob serra les dents. Et merde. Qu'est-ce qui avait pu la mettre dans un état pareil ? Il n'aimait pas ça. Ce n'était que la troisième fois qu'il la voyait, mais il n'avait pas besoin de davantage pour savoir qu'il préférait cent fois voir son visage illuminé par un sourire. Ce sourire qui avait éclairé son visage chaque fois que ses yeux avaient croisés ceux de Jacob, peu importe la stupidité avec laquelle celui-ci s'était comporté…

Cette dernière pensée actionna un petit levier dans la tête de Jacob. A cet instant précis, il comprit qu'il n'en avait strictement, intégralement rien à cirer de ce qu'Alendra lui avait demandé.

Il ne bougerait pas de là.

Il s'adossa contre sa voiture et croisa fermement les bras sur son large torse. Il était tout simplement hors de question qu'il s'en aille, pas comme ça. Si Leah avait raison, et que cette fille n'avait pas croisé sa route par hasard, il n'allait pas baisser les bras aussi facilement. Il ne laisserait pas cette soirée s'achever sur une note d'échec.

Ok, excellente résolution, Casanova. Et tu comptes faire comment exactement pour couronner cette soirée de fleurs et de champagne ?

Ça, à dire vrai, il n'en avait pas la moindre idée… Mais il s'en contrefichait. Tout ce qu'il savait était qu'il ne rentrerait pas chez lui sans avoir parlé à cette fille, même s'il devait poireauter sur ce trottoir toute la nuit. Il attendrait. Elle finirait bien par ressortir un jour, non ?

(***)

Près d'une heure plus tard, il releva la tête au bruit d'une porte qu'on ouvrait, puis refermait avec précaution. Quand il vit la silhouette d'Alendra s'approcher rapidement de lui, Jacob sentit un sourire victorieux étirer ses lèvres.

Re-bonsoir, princesse.

Quand elle fut assez proche pour qu'il puisse distinguer les détails de son visage, il constata avec soulagement qu'elle ne pleurait plus. Elle avait rassemblé ses longs cheveux dans un chignon au sommet de son crâne, et ses yeux n'étaient plus ni rouges, ni enflés. Elle avait incontestablement meilleure mine... Malgré le petit pli sévère que formaient entre ses yeux ses sourcils froncés.

Elle s'arrêta à quelques pas de Jacob et croisa également les bras, les yeux rivés sur lui.

Oh oh. Ça sent pas bon, mec.

Elle n'avait pas franchement l'air de retenir ses bonds de joie. Mais bordel, qu'est-ce qu'elle était belle.

Comme lors de leur première rencontre, Jacob la parcourue du regard de la tête aux pieds. Elle n'avait apparemment pas pris la peine de se couvrir en sortant. Elle ne portait qu'un léger pantalon de survêtement noir et un simple cardigan enfilé négligemment sur un débardeur sombre. Et à cette heure tardive, la température ne devait pas dépasser les 5 ou 6 degrés.

Jacob étouffa un petit ricanement. Elle n'avait pas vraiment l'air d'humeur à plaisanter, mais il ne pouvait pas se taire, c'était irrésistible.

« Si tu essayes de gagner le concours du plus gros rhume de l'année, j'ai une mauvaise nouvelle pour toi. Prépare-toi à être déçue. »

Alendra pinça les lèvres, mais trop tard. Jacob lui fit un grand sourire. Touché.

Tu as beau essayer de garder l'air sérieux petite, cette fossette ne peut pas me mentir, elle.

La jeune fille tenta d'adopter un ton autoritaire.

« Je n'ai pas l'intention de m'éterniser dehors. Je pensais t'avoir demandé de t'en aller. »

« Heu ouais je confirme, c'est bien ce que tu as fait. Mais... »

Il se baissa, et ramassa le parapluie qu'il avait soigneusement déposé à ses pieds quelques minutes plus tôt, avant de le lui tendre.

« Je ne pouvais pas lever le camp sans te rendre ça. »

« Pourquoi pas ? » rétorqua-t-elle avec ironie, « Rien ne pressait, tu aurais pu venir me le rendre pour l'automne prochain. Après tout, on n'en est pas à quelques mois près, tu ne trouves pas ? »

Encore cette lueur narquoise, presque insolente au fond de ses prunelles sombres, tandis qu'elle gardait les yeux rivés sur Jacob, le menton haut. Provocateur.

Sans qu'il ne s'en rende vraiment compte, un des conseils de Paul lui traversa fugacement l'esprit. «Tu la mets à plat ventre sur tes genoux et tu lui donnes une bonne fessée... »

Jacob secoua discrètement la tête. Abruti de Paul.

« C'est vrai que j'ai manqué de politesse, » admit-il, « Mais vaut mieux tard que jamais, non ? Au sens propre je veux dire. Désolé pour l'heure tardive. »

Alendra pinça plus fort les lèvres. Elle jeta un regard inquiet par-dessus son épaule, et lui prit précipitamment le parapluie des mains.

« Un grand merci. Maintenant, si plus rien ne te retient ici… »

« Non, attends, ce n'est pas tout ! »

Elle haussa un sourcil, intriguée.

Jacob se creusa la tête à toute vitesse. Bien entendu, il avait parlé sans réfléchir. Il n'avait pas la moindre idée de la raison pour laquelle la jeune fille semblait si pressée de le voir s'en aller, mais encore une fois, il s'en fichait totalement. Il avait encore envie de lui parler.

« Je… Hem… J'ai… J'ai des … Questions à te poser. »

Les épaules d'Alendra se mirent à tressaillir nerveusement. Elle semblait faire un très gros effort pour contenir le rire qui menaçait d'éclater d'un moment à l'autre.

« Des… Questions à me poser ? Sérieusement ? »

Jacob fit une petite grimace.

« Bon ok, c'est lamentable, j'avoue, » admit-il avec un sourire penaud.

Alendra laissa échapper un gloussement étouffé, puis se retourna immédiatement pour lancer un autre coup d'œil nerveux derrière elle. Encore ? Cette fois, Jacob suivit son regard vers la maison de la jeune fille, qui était pourtant demeurée parfaitement silencieuse. Qu'est-ce qui clochait, au juste ?

Alendra baissa la voix et, attrapant la manche de Jacob, le tira vers elle tandis qu'elle commençait à s'éloigner avec hâte de l'allée.

« Ok, ok, » chuchota-t-elle, « Viens me poser tes questions. Mais pas ici. Allons un peu plus loin, d'accord ? »

Jacob fronça les sourcils, jetant un nouveau coup d'œil vers la façade, laquelle avait l'air totalement inoffensive. Qu'est-ce qui la mettait si mal à l'aise ?

Il décida de s'abstenir de tout commentaire dans l'immédiat, et emboîta le pas à la jeune fille.

Ils marchèrent pendant plusieurs minutes, avant que Jacob ne finisse par lui demander :

« Tu es sûre que tout va bien ? »

Du coin de l'œil, il vit Alendra se raidir soudainement. Sa mâchoire se crispa imperceptiblement : ce fut bref, mais le mouvement n'échappa pas à la vision infaillible du jeune loup.

« Tout va parfaitement bien, » répondit-elle d'une voix égale, ne laissant transparaître aucune émotion. Mais elle conserva le regard fixé droit devant elle, sans croiser les yeux de Jacob. Le jeune homme l'observa attentivement. Elle savait qu'il savait que c'était un mensonge flagrant. Après tout, il l'avait vue, moins d'une heure auparavant, le visage dévasté par les larmes. Mais elle semblait bien décidée à faire comme si cet épisode n'avait jamais eu lieu. Elle se tourna vers Jacob, sans cesser de marcher, et lui adressa un sourire un peu trop enjoué.

« Il me semblait que tu avais des questions à me poser ? Je suis curieuse de les entendre.»

Jacob saisit la manœuvre, mais décida de ne pas la brusquer. Après tout, ils se connaissaient à peine, elle n'avait aucun compte à lui rendre. Il rassembla ses idées. Bon, que venait-elle de lui demander, déjà ?

Une question, trouduc. Vite, demande-lui quelque chose avant qu'elle ne te prenne pour un abruti de baratineur !

« Ça t'arrive souvent de t'arrêter en pleine rue pour venir en aide à des inconnus ? »

Ouch. C'était la première chose qui lui était venue à l'esprit, chose qui avait tout l'air de dégager le doux parfum de la connerie du siècle. Mais Alendra se détendit, manifestement soulagée du changement de sujet.

« Non, répondit-elle. « Jamais. »

Jacob lui jeta un regard dubitatif, et haussa les deux sourcils l'un après l'autre dans un geste comique.

« Tu essayes d'inventer une nouvelle définition au mot 'Jamais' ? Ne m'oblige pas à dégainer le dictionnaire de ma poche arrière, petite. Je n'hésiterais pas à m'en servir ! »

Alendra pouffa de rire, et fit mine de de pousser Jacob hors de son chemin.

« Ok, ok, j'ai compris. » Elle enfonça les mains dans les poches de son survêtement, toujours souriante. « Une seule fois. Avec toi. »

Le jeune homme lui décocha un grand sourire triomphant.

« Et je peux savoir ce qui m'a valu l'honneur d'être la grande première ? »

Alendra baissa les yeux, et ne répondit pas tout de suite. Après quelques minutes, elle prit une profonde inspiration et, sans prévenir, s'arrêta brusquement. Elle se planta devant Jacob, et croisa les bras dans un geste qui aurait pu être provocateur, si ses mains n'avaient pas autant tremblées. Intrigué, Jacob étudia du regard ses mains tremblantes, avant de revenir sur son visage qui venait soudain de prendre une teinte rose vif.

« Parce que, » commença-t-elle, avant de s'interrompre à nouveau. Elle prit une nouvelle inspiration, puis leva le menton et planta résolument ses yeux dans ceux de Jacob. « Tant pis si tu me prends pour une cruche. Tu es la chose la plus incroyable que je n'avais jamais vue. Je passais par-là par hasard et quand je t'ai aperçu je… J'ai cru que j'hallucinais. Tu étais appuyé contre cet arbre, le front posé sur le tronc, Dieu sait à quoi tu pensais, et sur le coup je m'en fichais. Tout ce que je savais c'est que tu étais juste… Magnifique. Tu m'as coupé le souffle. »

Sur les derniers mots, elle baissa finalement les yeux, le rose de ses joues s'étant mué en un rouge pivoine éclatant.

Jacob la contempla un court moment en silence, se laissant le temps de digérer la chaleur que ses mots diffusèrent dans sa poitrine.

C'était donc ça qu'elle avait eu tellement de mal à dire ? Un petit sourire étira ses lèvres. C'était absolument craquant.

Il s'approcha de la jeune fille - laquelle gardait les yeux rivés au sol, ayant l'air de souhaiter très fort pouvoir s'y enterrer pendant une décennie ou deux – et, délicatement, il saisit son menton entre son pouce et son index. Surprise, elle tressailli légèrement, mais ne bougea pas. Jacob lui releva doucement le menton, jusqu'à ce que les iris vert sombre soient à nouveau plongés dans ses propres prunelles.

« Je ne pense pas que tu sois une cruche. » lui dit-il d'une voix douce, mais ferme. « Et ne baisse pas les yeux devant moi. Surtout pas quand tu as l'air aussi adorable. »

Alendra cligna des yeux, le rouge de ses joues plus vif que jamais. Après quelques instants, elle éclata d'un petit rire embarrassé.

« Félicitations, tu as réussi à me faire perdre le fil de mes pensées. J'espère que tu es fier de toi ! »

Jacob laissa retomber sa main, libérant le visage brûlant d'Alendra. Il lui adressa un sourire éblouissant.

« Tu veux que je te rafraîchisse la mémoire ? Avec plaisir. Tu étais tout simplement en train de m'expliquer à quel point je suis sculpté comme un dieu grec. »

Alendra lui rendit son sourire.

« Tout juste. C'est exactement pour cette raison d'ailleurs qu'il était hors de question que je vienne t'aborder. »

Jacob lui adressa une moue sarcastique.

«Oui, maintenant que j'y pense c'est très logique. Tu craques sur le physique d'un mec, et donc bien entendu, hors de question d'aller lui parler.»

« …Exactement le contraire de ce qu'aurait fait un garçon, je sais. Mais la plupart des filles ont une logique différente de la vôtre. Un homme trop séduisant est synonyme de succès, ce qui veut dire dans la plupart des cas 'coureur de jupons'. En conclusion, à éviter absolument. »

« Hum, mouais. Pourtant tu es quand même venue aborder le garçon à éviter absolument. Qu'est-ce qui t'as fait changer d'avis ? »

Encore une fois, Alendra ne répondit pas immédiatement.

« Si tu veux vraiment le savoir, » finit-elle par répondre, « Je t'ai vu en train de pleurer.»

Jacob grimaça. Génial. Passer pour une chochotte devant la nana la plus sexy de la ville, check. Suivant ?

« Hé, tu ne dois pas te sentir gêné » protesta-t-elle, remarquant aussitôt le changement d'expression sur son visage. « Au cas où tu l'aurais oublié, après tout-à l'heure on est à égalité à ce niveau-là, maintenant. »

« Mouais, pas vraiment, non » rétorqua Jacob en se renfrognant. « Une fille en larmes, c'est attendrissant. Un mec qui pleure c'est juste… »

« Une preuve qu'il a du cœur. Et un signe que malgré sa peau bronzée, ses grands yeux bruns et sa tonne de muscles, il vaut peut-être la peine d'être abordé. Non mais sérieusement, tu t'es regardé ? Je ne suis même pas sûre que ça soit légal, d'avoir des biceps pareils ! Tu n'es pas censé être muni d'un permis spécial, ou quelque chose comme ça ? »

Malgré lui, Jacob sentit un sourire amusé naître sur ses lèvres. Ok, cette fille était vraiment douée pour égayer son moral.

Alendra continua, une lueur d'amusement brillant maintenant au fond de ses yeux :

« Et au cas où tu te poserais la question, la réponse est oui. Ta voiture en panne était un simple prétexte pour venir t'aborder.»

Cette fois, Jacob éclata franchement de rire.

« Ah, quand même ! Mon ego de mécano revit, je te remercie. »

Alendra haussa les épaules, riant elle aussi.

« Je sais, c'était complètement naze comme approche, mais sur le coup c'est tout ce qui m'est venu à l'esprit ! Bien entendu, c'était évident que tu n'avais pas besoin d'un coup de main pour la remettre en marche. Je ne sais pas si tu le sais, mais à première vue tu ne donnes pas vraiment l'impression d'avoir besoin d'aide. »

Il lui sourit.

« Ouais, j'ai déjà entendu ça quelque part. »

Ils restèrent silencieux pendant quelques minutes, immobiles dans la brise automnale qui soufflait doucement, comme essayant de se faire discrète dans la bulle qui commençait lentement à se former autour des deux jeunes gens.

La voix basse d'Alendra rompit finalement le silence.

« Est-ce que je peux moi aussi te poser une question ? »

« Bien sûr. »

« Comment s'appelle-t-elle ? »

Jacob se raidit.

Lorsqu'elle comprit qu'elle n'aurait pas de réponse, Alendra s'approcha de lui, jusqu'à ce qu'à ce que la distance entre eux soit réduite à quelques pauvres centimètres.

« Hey, tout va bien, » murmura-t-elle, «Je comprends. » Elle s'approcha encore un peu. « Tu sais, mon frère était complètement fou amoureux d'une fille. Après un an avec elle, il a décidé qu'il avait enfin trouvé la femme de sa vie, son âme sœur. Il a été lui acheter une bague… Je l'ai aidé à la choisir. Et deux jours avant qu'il ne fasse sa demande, elle lui a annoncé qu'elle le quittait, qu'elle était tombé folle amoureuse. Et comme ça, elle est partie se pâmer d'amour dans les bras d'un autre. J'ai vu mon grand frère se briser en morceaux, littéralement.»

Elle leva la main, et délicatement, la posa sur la joue de Jacob. A l'endroit où sa main le toucha, Jacob sentit une chaleur dévorante incendier sa peau, presque insupportable. Exquise.

« Alors c'est d'accord que tu aies eu envie de t'enfuir à toutes jambes devant moi, » continua-t-elle doucement. « Ou que tu aies mis du temps pour savoir si tu avais envie de me rendre mon parapluie ou pas. Je comprends. »

C'est ce moment-là que choisit le vent pour souffler avec une ardeur nouvelle, faisant frissonner la jeune fille.

Elle semblait frigorifiée. Et Jacob se sentait en feu.

Plutôt simple, comme équation.

«Tu es gelée, » murmura-t-il, d'une voix plus rauque qu'il n'aurait cru. « Viens par ici. »

Comme elle ne protesta pas, il attira la jeune fille tout contre lui, l'enserrant fermement entre ses deux bras musclés.

Et son cœur chancela.

La sensation était différente de celle qu'il connaissait. La seule autre personne qu'il ait tenu contre sa poitrine de cette manière était Bella, et à chaque fois, il avait eu l'impression de serrer contre lui une poupée de porcelaine, délicate et minuscule. La sensation qu'il éprouvait maintenant était toute autre; il sentait chacune des formes du corps chaud pressé contre lui, la rondeur des courbes, la finesse de la cambrure. La chaleur en Jacob décupla d'intensité, incendiaire.

Il ferma les yeux et plongea le nez dans la chevelure épaisse de son chignon. Dieu, qu'elle sentait bon. Une odeur à la fois rafraîchissante et sucrée, un mélange d'agrumes et de vanille.

Jacob soupira d'aise.

« Alors, c'est pas plus agréable comme ça ? » murmura-t-il, sans ouvrir les yeux.

Alendra rit doucement.

« Tu n'en as pas marre de me voler mes lignes ? »

Mais elle se pelotonna plus profondément dans les bras de Jacob, et ce dernier resserra automatiquement son étreinte.

« Si… » finit-elle par murmurer. « Si. C'est beaucoup mieux comme ça.»

(***)

Combien de temps s'écoula ainsi ? Il aurait été incapable de le dire.

Beaucoup trop tôt, Alendra finit par soupirer :

« Il faut que j'y aille... Mon frère va finir par s'inquiéter. »

Jacob grogna, et la serra plus fort contre lui. Comme s'il pouvait lui arriver quoi que ce soit alors qu'elle était avec lui. L'idée en elle-même était ridicule.

« Il n'a pas besoin de s'inquiéter, fais-moi confiance. Ne bouge pas de là. »

Alendra secoua la tête.

« Ça ne fonctionne pas comme ça. Vraiment, je dois rentrer. »

Avec un nouveau grognement, Jacob la relâcha à contrecœur. Le moment où leur deux corps se séparèrent fut suivi par une désagréable sensation de vide.

« Ok, » soupira-t-il à son tour, « On y va. »

« Hem, non. Il vaut mieux que je… Rentre seule. Tu n'as pas besoin de m'accompagner, crois-moi. »

Encore cette mâchoire brièvement crispée, ce regard subitement assombri.

Elle s'approcha de lui et posa ses lèvres sur sa joue. « A la prochaine Jacob… » murmura-t-elle tout contre sa peau. Jacob se raidit immédiatement. Au prix d'un effort colossal, il parvint à s'empêcher de l'attraper par les hanches pour la plaquer contre lui dans une étreinte féroce. Juste avant de s'en aller, elle fit glisser ses lèvres brièvement jusqu'au coin de sa bouche, et y déposa un baiser doux, caressant. Puis elle tourna les talons, et s'éloigna d'un pas rapide.

Jacob la regarda partir, quelque peu abasourdi par la réaction de son propre corps.

Eh ben mon vieux. Une chose est sûre : cette fille te fait de l'effet.

Il se passa les deux mains dans les cheveux, et expira longuement, tâchant de remettre ses idées en place. Ouais, un sacré effet, c'était le moins qu'on puisse dire.

Il retira ses vêtements rapidement, et se métamorphosa en loup, avant de se lancer sur les pas d'Alendra. Est-ce qu'elle avait vraiment cru qu'il la laisserait rentrer sans surveillance, à une heure aussi tardive ?

Le jeune loup fronça les sourcils lorsqu'il se remémora le comportement étrange de la jeune fille. Quelque chose clochait sérieusement autour d'elle, il en était certain. Quelque chose la terrorisait, et le fait que cette chose semblait être liée, d'une manière ou d'une autre à son entourage direct était loin d'être rassurant.

Jacob sourit férocement, découvrant des canines aiguisées comme des sabres. Quoi qu'il en fût, deux choses étaient certaines.

Un : Quelle que soit la chose qui la perturbait à ce point, il allait veiller à ce qu'elle n'ait plus aucun souci à se faire. Définitivement.

Deux : Il allait s'atteler à la tâche dès le lendemain. Plus tôt encore, si c'était possible.

Parce qu'il devait bien se rendre à l'évidence : cela faisait environ une minute qu'elle était partie, et déjà, il brûlait d'envie de la revoir.


N.A:

[Je me suis rendue compte que j'avais désactivé l'option permettant aux utilisateurs non enregistrés de me déposer des reviews...

Je m'excuse donc auprès de tous les lecteurs anonymes qui n'ont pas pu me laisser leurs impressions!

Le problème est maintenant résolu, je vous dis donc à très vite!]

Et à tous, j'espère que ce nouveau chapitre vous a plu, la suite est déjà en préparation...

Un indice?

Voyons... Quelque chose commençant par un "B", ça vous dit quelque chose?