Mot de l'auteure : Héhé, voilà finalement le chapitre trois. Vous avez finalement rencontré tous les personnages qui constitueront cette fanfiction :) Ce chapitre-ci continue à dévoiler l'intrigue et les grandes lignes de l'histoire, mais il n'est pas d'une richesse extrême au niveau de l'action ; aussi, je m'en excuse. N'hésitez pas à me donner vos avis, ça me fait toujours plaisir ! :) Et sur ce, je vois dit à bientôt mes tendres Cacahuètes !

Disclamer : Les personnages -Hormis Hikari et Haru- et l'univers de Matsuri Hino ne m'appartiennent en aucun cas.


Chapitre 3:

Bouleversement de l'histoire.

Il avait neigé toute la nuit. De fins flocons, tournoyant toujours plus vite au rythme du vent. Et au petit matin, alors que je pensais définitivement m'éteindre, le soleil avait dardé de ses doux rayons mon visage meurtri, et encore crispé par la terreur et la douleur. Et puis, un point chaud, pour ne pas dire brûlant en raison des températures glaciales que je supportais depuis des heures, si ce n'était des jours. Fixe, ce point s'était posé tout contre ma joue, endolorie, avant de muer en une délicate caresse. Des paroles, des murmures.

« Qu'est-ce qu'une si jolie petite fille fabrique, couchée dans ces amas de glace ? Eh ! Tu m'entends ? Petite ? Dis-moi que je n'arrive pas trop tard. Je t'en prie, réponds moi. »

Jamais un mot n'avait dépassé le seuil de mes lèvres. On m'avait alors soulevée de ce monticule de neige dans lequel je baignais depuis ce qui me semblait être une éternité. En véritable linceul, la neige présente sur moi s'effrita et retomba sous le poids de la gravité. La première chose que j'entraperçus fut son visage. C'était un jeune homme. Incroyablement beau, il possédait de magnifiques yeux bleus, avec de somptueux reflets de velours. Il me rappelait indéniablement les miens.

« Qu'est-ce que tu fais ici, toute seule ? Où sont tes parents ? »

Je baissais les yeux, abattue. Le cœur lourd. Finalement, je ne le savais pas moi-même.

« Je vois, acquiesça finalement l'étranger qui me tenait toujours dans ces bras. Pourrais-je au moins connaître ton nom, petite princesse ? »

Pourquoi faisait-il ça pour moi ? Rien ne l'obligeait à être une âme aussi charitable.

« Hikari. »

Je divaguais et broyais encore du noir. Mais à la simple écoute de ce prénom, l'homme capta mon attention. À l'article de la mort, il ne s'était pas contenté de me sauver et de m'offrir une seconde chance avec la vie. Il lui avait redonnée un souffle nouveau, un sens. Et il m'avait enfin sortie des ténèbres dans lesquels j'errais. Okito Kojima. C'était son nom à lui. Il devint par la suite mon père adoptif.

« Hikari, me prévint Haru pour la énième fois. Tu vas finir par tomber et… »

Trop tard. Mon pied s'était déjà engouffré dans un renfoncement du sol –véritable cratère pour ma pauvre cheville. Ma chute devait être magistrale, vue de l'extérieur.

« Bravo, soupira Haru un sourire suspendu aux lèvres. Tu ne diras pas que je ne t'avais pas prévenue.

— J'étais distraite et totalement ailleurs désolée, tu as raté une occasion d'économiser ta salive.

— Tu ne t'es pas blessée au moins ? S'enquit le nouveau gardien, sans relever mes frasques un poil ironiques.

— J'ai dû m'égratigner les coudes, rien de méchant. »

Il me tendit une main salvatrice, que je fus presque réticente à empoigner. Je me relevai ainsi, avec fracas, constatant par moi-même les dégâts d'une chute aussi ridicule. Haru soupira une nouvelle fois. Il avait déjà un point en commun avec Zero, ça promettait d'être animé lors de nos patrouilles. Et après l'émergence de mes lointains souvenirs, je dus retrouver un sérieux digne des délégués modèles pour poursuivre la visite. D'après mes estimations, il ne nous restait plus qu'à nous rendre au bâtiment de la Night-Class et nous aurions –enfin– fait le tour.

Je sentis soudain Haru m'enserrer le poignet, tout en passant un bras autour de ma taille. Des frissons me secouèrent.

« Je tiens debout, c'est bon, je n'ai pas besoin de ton soutien, ânonnais-je. À moins que tu es d'autres projets en tête.

— Tout juste tu es une grande fille, et tout comme toi, je suis convaincu que tu peux tenir seule sur tes jambes. En revanche, j'adorerais savoir qui t'a mordue. Une si jolie marque, ça ne peut être qu'un vampire d'exception !

— Je suis d'un naturel patient, mais comme toute personne normalement constituée, j'ai mes limites ! Éclatai-je.

— Des vampires, il n'y en a pas des masses à l'académie Cross. À vrai dire, il n'était pas sensé y en avoir avant ce soir. T'étant faite mordre bien avant…

— Tu as l'intention d'y passer la soirée ? Parce que moi, non.

— Je ne vois personne d'autres à part le troisième gardien dont tu m'as parlé. Ne me dis pas que nous avons un vampire pour chargé de discipline ?

— Et si c'était le cas ? » Insinua soudain une troisième voix.

Happée par une force incroyable, je basculai d'un individu à l'autre. Zero aussi maniait à perfection les retournements de situation. Ce dernier m'attira contre lui, les sourcils légèrement arqués et l'air renfrogné. Le nouveau gardien, lui, le fixa d'abord intensément, surpris et totalement pris de court, avant de réprimer un rire.

« Zero, c'est ça ? Demanda Haru à mon attention.

— Oui, répondis-je, dédaigneuse.

— Je vois. Sur ce, je suppose que ma visite guidée s'achève ici. Passez une bonne soirée tous les deux. »

Un rictus lui tordait le visage en un sourire bourré de sous-entendu. Haru nous gratifia d'un signe de tête avant de s'éloigner pour de bon. L'atmosphère se détendit d'une traite. Zero me libéra également de son emprise, une fois qu'il jugea le « mal » assez loin pour me relâcher.

« Le nouveau chargé de discipline ? »

J'opinai doucement. Haru, qui n'était donc pas franchement un enfant de chœur, s'était sauvé un peu trop rapidement à mon goût. Mais qui était-il vraiment pour avoir connu mes parents et s'être présenté en tant que gardien ? Un hunter. Je ne voyais rien d'autre.

« Le directeur t'avait prévenu?

— Non, je l'ai appris il y a quelques minutes en allant récupérer de la paperasse et les clés du bâtiment ouest. Je dois d'ailleurs retourner auprès des premiers arrivants.

— Les élèves de la Night-Class, hein ? Si tu le veux bien, on ne sera pas trop de deux pour aller s'en occuper. »

Je n'eus qu'un bref soupir en guise de réponse. Désormais, en sa présence, je me sentais clairement embarrassée. Pire, quand je m'adressais à lui, mes yeux se défilaient, trouvant un plus grand intérêt aux alentours qu'à sa personne. Et aborder l'incident de tout à l'heure me paraissait insurmontable. C'est dans le silence le plus absolu que nous fîmes le trajet. Pas un mot, ni un bruit ne fusa. Nous marchions presque solennellement vers le dortoir qu'occuperaient bientôt les vampires. Ce fut Zero qui rompit le silence, et à ma grande surprise, il n'évoqua pas la présence d'Haru à nos côtés pour cette année.

« Elle te fait encore mal ?

— Pardon ? » M'exclamai-je, surprise par cette question sans fondement.

Zero, qui s'était arrêté, passa gracieusement une main dans mes cheveux et écarta toutes mèches, rebelles ou non, de mon visage. Ses fins doigts descendirent lentement le long de mon cou pour finalement s'attarder sur la morsure qu'il m'avait apposée. Comprenant, un peu tard, que le remord le rongeait, je chassais avec ménagement sa main.

« Tu n'y es pour rien, soufflai-je, comme pour moi-même.

— Rentre au dortoir te reposer. Tu en as suffisamment fait pour aujourd'hui. »

Je l'avisais enfin. Ses prunelles aux reflets violacés me firent culpabiliser. Et il y avait de quoi. Une pointe d'amertume dévorait ses ravissantes prunelles, sombres en cette funeste soirée.

« Non, je t'accompagne, insistai-je.

— Je n'ai pas besoin de toi là-bas Hikari. Je préfère te savoir loin d'eux.

— N'y compte pas, je t'accompagne, de gré ou de force. »

Il secoua la tête, résigné, et bien évidemment suivi de son sempiternel soupir. Nous ne mîmes plus très longtemps à arriver. Et déjà, je percevais les cinq étudiants devant le portail. Ils se différenciaient tous par des attraits bien spécifiques. Un des vampires, qui baillait à s'en décrocher la mâchoire, arborait une chevelure finement ébouriffée, d'une blondeur rayonnante. Quant à ses yeux d'un bleu vif, ils étaient assez déroutants et… envoutants. À ses côtés, un vampire beaucoup plus grand, filiforme, et à la carrure imposante –sans parler de la couleur auburn de ses cheveux. Une femme d'une beauté hors du commun avait l'air de débattre avec eux d'un sujet épineux. Quant aux deux derniers vampires, ils se tenaient fermement par la main. Se ressemblant sous tous les angles, on devinait facilement qu'ils étaient frère et sœur.

À quelques pas des nouveaux arrivants, le gardien se rapprocha subrepticement de moi, sans doute dans un élan de fraternité.

« Te voilà enfin Kiryu ! S'indigna le blondinet.

— Ce n'est pas comme si j'avais mis une éternité Aidou.

— Cette fois-ci, as-tu les clés sur toi Zero ? » Coupa une voix rauque.

Celle de l'homme tenant par la main sa supposée sœur. J'entraperçus alors le chargé de discipline sortir de sa poche un trousseau qu'il lança derechef, comme s'il brulait ardemment et qu'il souhaitait s'en débarrasser.

« Attrape, chef de dortoir Kuran, articula ce dernier, avec une pointe de cynisme. Tu y trouveras accroché l'énoncé qui stipule vos numéros de chambre.

— Toujours aussi aimable » ironisa son interlocuteur.

À l'entente du nom « Kuran », mon cœur rata un battement. Kuran. Rido Kuran. L'assassin de mes parents. Cet homme portait le même nom. Était-ce une coïncidence ? Des sueurs froides m'envahirent. Je finirais forcément par me persuader qu'il existait une relation entre le bourreau de mes ascendants et ce vampire, bornée comme j'étais. La blessure restait vive dans mon cœur et il lui serait pénible de cicatriser un jour. Mes yeux restèrent temporairement bloqués sur le profil de ce nouveau protagoniste. Qui dût au bout d'interminables secondes s'en apercevoir, car lui aussi décida de me dévisager, sans gêne.

« Le directeur a déjà formé une nouvelle gardienne ? Demanda-t-il à l'attention de Zero, me considérant sans relâche.

— Oui, répondis-je de mon propre chef. Je remplace sa fille. »

La sœur de Kuran tressaillit en saisissant les quelques mots que je venais de prononcer. Le frère quant à lui, ne put s'empêcher de rétorquer :

« L'année débute tout juste et elle porte déjà la marque de tes crocs. Toutes mes félicitations Kiryu. »

Sur le qui-vive, je plaquai ma paume de main sur la morsure tout en lançant un regard noir à Kuran. Un pâle sourire se peignit sur son visage. Distancés de quelques mètres, il parvenait à distinguer les « points » tapissant ma nuque. Même mes cheveux se révélaient être une barrière inefficace.

Soudain, le vampire à la chevelure flamboyante réduisit l'écart qui nous séparait pour poser une main au sommet de mon crâne et ébouriffer l'intégralité de mon cuir chevelu. Il fut rejoint par le petit blond et la vampiresse à la beauté extravagante. De marbre devant le vampire géant, je consentis finalement à lui adresser mon plus beau sourire, après un rapide coup d'œil à Zero, quoiqu'un peu forcé. S'ensuivit alors une avalanche de questions sur mon nom, mon âge, mon avenir à l'académie, les rumeurs qui circulaient déjà concernant le troisième gardien, mes origines, la morsure, si elle me faisait souffrir, et j'en passais des meilleures. Je répondis comme je pus, évitant soigneusement la question de la morsure. Le rythme soutenu de l'interrogatoire me valut une migraine.

Zero tourna bientôt les talons et s'éloigna, sans plus rien revendiquer. M'ayant soufflé au passage un rapide « Ne traine pas », il avait dû considérer sa besogne terminée. Si après cet épisode il daignait encore m'adresser la parole, je croirais peut être enfin au miracle. Kuran lui, regardait la scène d'un œil morne et discutait avec sa sœur. Qui coupa court pour également s'avancer vers moi. Zero lui, était déjà loin. À croire qu'il avait deviné la tournure des évènements.

« Qui es-tu ? »

Cette question-ci me fit l'effet d'une bombe. Un silence de mort plana. Si on m'avait dit que je passerai un entretien avec des vampires.

« Hikari Kojima, nouvelle gardienne à l'académie Cross. Je suis une amie d'enfance de Zero et fille de hunters. »

Il m'avait parue important de préciser cette dernière information. Sans doute à cause de la présence oppressante des vampires autour de moi. Et loin de me regarder de haut, la sœur de Kuran n'exprimait aucune émotion s'apparentant à de la méchanceté ou de la haine. Une impartialité assez étonnante figeait les traits de son visage.

« Il ne me parait bien évidemment pas déplacer de te retourner la question, ajoutai-je, jusqu'alors laissée dans le flou.

— Je suis la fille adoptive du directeur Cross, se contenta-t-elle de répondre.

— On est rancunière à ce que je vois. »

Son frère derrière lui se moqua légèrement et attrapa tendrement par la main sa petite sœur, qui abordait déjà une moue boudeuse. Il s'excusa de l'attitude déplacée de cette dernière, tout en me souhaitant une bonne soirée. Déjà, les cinq vampires s'engouffrèrent derrière le portail grinçant menant directement au dortoir de la Night-Class. Le blond, même au loin, me fit de grands signes d'au revoir. Il était temps de rentrer. Je n'avais pas compris les enjeux de cette discussion, mais quelque chose me disait que cette fille était intimement liée à l'histoire de l'académie, et peut-être même à celle de Zero. Pour l'heure, la seule perspective de m'étendre dans mon lit me donnait le courage d'avancer. Je soupirai, de la même manière que Zero. Il faisait horriblement noir et la fraicheur de la nuit me fit grelotter. Pourquoi m'avait-il laissée aux mains de ces vampires alors que quelques minutes plus tôt, tout ce qu'il souhaitait ardemment c'est que je regagne le dortoir ? L'indécision était donc devenue une seconde nature chez lui. Chemin faisant dans la pénombre, je me remémorais tous les évènements marquants d'aujourd'hui. D'abord, la morsure de Zero, m'apprenant sa « véritable » condition. Puis l'arrivée d'un troisième surveillant : Haru, qui découla sur une visite guidée pour terminer avec une rencontre au sommet avec des vampires. Dont deux sangs-purs, si le lien de parenté que j'effectuais avec Rido Kuran s'avérait exact.

Si mes jours à l'académie Cross se faisaient aussi intenses, j'aurais beaucoup de mal à ressortir d'ici vivante. À cette simple -et bête- pensée, un sourire béat s'esquissa sur mon visage. Avoir rencontrée des vampires ne m'avait pas mise de si mauvaise humeur.

Mais tout à coup, je sentis une main s'aplatir sur ma bouche, et un bras m'encercler la poitrine. Mon pouls s'accéléra derechef sous la surprise. La tension fut presque immédiatement palpable dans l'air ; l'oxygène s'amenuisait au fil des secondes et commença bientôt à me manquer.

« Bonsoir Hikari. J'espère ne pas t'avoir trop manqué. Moi qui rêvais de passer la soirée entière en ta compagnie, nous avons vite été dérangés. Rassure toi, je vais arranger ça. »

Les paroles de l'individu se déversèrent en moi comme une douche froide. Il m'avait murmurée ces inepties au creux de l'oreille. Son souffle chaud et désagréable me fit frissonner. L'étreinte d'Haru se resserra comme un étau autour de moi.


Merci d'avoir lu !

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