NdSs : Merci à tous pour vos mots d'encouragement, ça m'aide vraiment à continuer d'écrire le plus rapidement possible cette histoire !

Bonne lecture !


Adopte un sorcier

Chapitre 4 :

xxx 23h03 xxx

« Je croyais que tu avais dit que je pouvais partir si je le voulais » je lui indique après ce qui me paraît être un temps infiniment long.

« Je savais que tu n'en ferais rien. Toi et ton esprit de contradiction. »

Il lâche cela comme si c'était le pire défaut du monde.

Non, Harry, tu ne peux pas le tuer, même si tu en as très envie, me souffle ma conscience.

Le torturer, je peux ?

Je me concentre à la place sur l'heure.

xxx 23h05 xxx

Du poison ? Trop radical, pas assez de souffrance.

Engagé quelqu'un ? Trop risqué, il pourrait me faire chanter pour son silence.

Sept scénarios pour me venger d'Hermione -oui, car je la soupçonne d'avoir manigancé tout cela depuis le début ! - plus tard, je constate avec horreur qu'il n'est que :

xxx 23h10 xxx

Je fais les cent pas devant la porte d'entrée quand le bruit d'une bouteille posée sur une marche de l'escalier en marbre me fait sursauter.

« Tu peux arrêter de tourner en rond Potter, tu me donnes mal à la tête.

- À mon avis, c'est ce que tu as bu qui te met dans cet état, pas moi. »

Je reprends ma marche, n'ayant que faire du soupir agacé de Malfoy. Il est assis sur la troisième marche - sirotant son scotch - et attend comme moi que minuit sonne.

« Quand je pense que Granger a réussi à me convaincre que ça serait une bonne idée. » lâche-t-il en se relevant et redescendant l'escalier.

Puis tout à coup il se met à rire. Bruyamment. C'en est tellement déconcertant que j'en oublie un instant qu'il va sérieusement falloir que je discute avec cette fourbe d'Hermione. C'est si bizarre de l'entendre rire franchement, au point que c'est contagieux. Ça fait du bien. C'est libérateur. Je vais à mon tour m'asseoir sur une marche d'escalier, pour faire passer mon fou rire.

« Viens au gala et parle-lui ! Y'a que comme cela que tu régleras les problèmes qui te rongent et que tu ne veux pas me révéler. » dit-il avec une tonalité plus aiguë. Puis, reprenant son verre, il continue avec sa voix normale :

« Merci du conseil, madame la psycho-Mage Granger. »

Il vide d'une traite son verre. Mon rire s'arrête aussitôt.

« Quoi ? Hermione est ta psy ?!

- Était, précise-t-il. Je ne voulais pas consulter son remplaçant, quand elle est partie pour son congé maternité. Elle m'a envoyé une lettre avec l'invitation à l'intérieure et je devrais définitivement arrêter le scotch. Pansy avait raison : j'ai l'alcool gai et bavard, achève-t-il dans une moue agacée mais blasée en même temps. »

J'ai besoin d'un verre.

« T'es un rustre Potter, on ne t'a jamais dit que c'est malpoli de boire directement à la bouteille ? Mona…

* pop *

« Apporte un verre pour notre invité de marque. »

Je sens comme du sarcasme dans ces mots. Son regard me le confirme. Connard.

xxx 23h29 xxx

Hermione est sa psy. Je n'en reviens toujours pas.

Je vide mon deuxième verre de scotch.

xxx 23h33 xxx

« Pourquoi est-ce que tes parents ont vendu le Manoir ? »

Malfoy me lance un regard explicite "Si tu crois que je vais te le dire, tu te fourres le doigt dans l'oeil"

« C'est bon, j'essaie juste de faire la conversation.

- Abstiens-toi.

- Tu n'es pas obligé de rester ici, avec moi. » Je lui fais remarquer, car ça m'étonne qu'il attende avec moi l'heure fatidique.

- Je préfère t'avoir à l'œil.

- Tu as peur que j'aille fouiller dans tes placards ? Comme si ça m'intéressait…»

Face à son silence, je m'exclame : « Oh, c'est vraiment ça ! »

Il détourne les yeux et je sais que j'ai raison.

« T'as des choses à cacher, Malfoy ? » je lui demande goguenard.

Il se renfrogne et me dit, acerbe : « Non, puisque des agents du Ministère viennent, si gentiment, vérifier tous les mois que je n'ai rien planqué d'illégal chez moi. »

Ça a le mérite de me faire taire… pendant une minute.

« Je ne savais pas. Déso…

- Non, tais-toi. Je n'ai pas besoin de ta pitié envers moi. »

Il a le chic pour jeter un froid.

xxx 23h47 et une bouteille vide xxx

« Ce que je constate, c'est que tu n'as toujours pas répondu à ma question. »

J'ai envie d'ajouter : Ni à celle sur ses parents. Mais ça, j'y reviendrai plus tard. La tension de tout à l'heure commence un peu à se dissiper (merci le scotch !) alors autant rester sur un sujet moins prise de tête. Encore que, Malfoy ne se montre pas très coopératif :

« Je ne vois pas en quoi ça te regarde.

- Pourquoi tu refuses de ? … Oh, attends, j'ai compris, en fait tu n'as jamais…

- Eh bien oui ! Je n'ai jamais eu à m'en servir alors pourquoi en faire une montagne ?

- Je peux t'apprendre si tu veux. »

Un reniflement de dédain me répond.

« Quoi ? J'ai enseigné pour l'Armée de Dumbledore, en cinquième année. Je suis capable de t'apprendre ce sort ! » fais-je légèrement indigné qu'il ne m'en croie pas capable.

« Oublie cette idée, Potter.

- Ça va être rapide, moins de dix minutes et c'est réglé. Tout d'abord, il te faut trouver un souvenir heureux. Tu en as un ? » je l'interroge faisant comme s'il n'avait rien dit.

Il se renfrogne. Je crois même qu'il va me frapper. C'est peut-être ça son souvenir heureux ? Mais à la place, il se lève - avec une certaine grâce malgré son taux d'alcoolémie. - C'est pas juste d'avoir la classe même ivre !

Arrivé près de la porte, il fait demi-tour et quitte la pièce, sans un mot.

Quand il revient, moins de vingt secondes plus tard, il me jette ma robe de sorcier, puis il ouvre la porte en me lançant un :

« Adieu, Potter. »

Les douze coups de minuit retentissent.

« Je ne sais pas si je suis en état pour transplaner » je hoquette, en enfilant mon manteau, avec mal.

J'ai l'impression d'être un gamin de trois ans qui apprend à mettre sa veste tout seul.

Malfoy vient à mon secours, sans doute par pitié et parce qu'il est pressé de retrouver la paix.

Ses mains sont chaudes, même à travers le tissu.

« Merci, je souffle du bout des lèvres.

- De rien, Mona va t'accompagner jusque chez toi. »

Son elfe m'agrippe par la manche quand nous franchissons le seuil.

« M… »

L'image de Malfoy se brouille, avant même que j'ai pu lui dire « au revoir ». Je me sens mal. Je m'écroule sur mon lit, la voix de Mona en fond sonore. Puis, c'est le trou noir.

oOo FCRCSM oOo

Trois semaines plus tard…

Vous avez déjà éprouvé cette sensation de malaise, vous demandant sans cesse : Merlin, mais qu'est-ce que je fais ici ? Et n'ayant qu'une envie : prendre vos jambes à votre cou ? Si Malfoy ne dit pas quelque chose dans les dix prochaines secondes, je crois que c'est ce que je vais faire. Je n'aurais pas dû revenir. Il va me rire au nez ou… me claquer la porte, qui sait ?

« Potter, que me vaut ce plaisir ? Il prononce ce mot avec ironie.

- Je… »

Parle Harry ! Dis n'importe quoi. Merlin, pourquoi est-ce aussi difficile à dire ?

« Je… »

Il lève un sourcil perplexe.

« Potter, je n'ai pas toute la journée.

- Adopte-moi.

- Pardon ?!

- Écoute, ça fait trois semaines que je passe des soirées les unes plus horribles que les autres, sans parler des journées entières où je ne travaillais pas ! Tout ça parce que Hermione m'a remis sur cette satanée liste de la boutique. Alors s'il te plaît, adopte-moi. Enfin, façon de parler quoi. George m'a assuré que mon contrat magique prendrait fin dans une semaine. On s'est arrangés pour que je puisse choisir, cette fois-ci, la personne. »

C'est un mensonge, j'ai volé mon contrat, mais ça, il n'est pas obligé de le savoir.

« Je t'en supplie, Malfoy, rend-moi ce service. Please ? »

Je lui fais une moue façon Hermione. Oui, je suis à ce point désespéré. Venir supplier un mec qui me déteste pour qu'il m'héberge chez lui pendant une semaine, je vous l'accorde, faut être barge. Mais, croyez-moi, c'est toujours mille fois mieux que de me retrouver en tête-à-tête avec la groupie de la semaine dernière. Janice. J'en ai des frissons, rien que d'y penser.

« Toute une semaine, vraiment ? Faut que j'y réfléchisse… Non ! »

Il s'apprête à refermer la porte, mais mon pied l'en empêche.

« Potter, vire ton pied si tu ne veux pas …

- Si tu acceptes, je considèrerai ta dette envers moi comme accomplie.

- Ça ne fonctionne pas comme ça, me dit-il de sa voix traînante avec un petit reniflement de dédain, en prime.

- Moi, je t'assure que c'est une question de vie ou de mort. Tu me sauverais vraiment la vie si tu me rendais ce service. On peut mettre tout ça par écrit, s'il le faut. Alors, tu en penses quoi ?

- Un contrat magique, ça pourrait faire l'affaire. Tu as vraiment pensé à tout. D'accord, j'accepte…

- Oh merci Malfoy, tu ne…

- Laisse-moi finir : j'accepte, mais à une condition.

- Laquelle ?

- Je veux que tu me rendes ma baguette.

- Ça, je te l'ai dit : c'est impossible.

- Alors, adieu, Potter. »

Arf, j'ai envie de hurler !

« C'est bon, j'accepte. »

Il ne me laisse pas vraiment le choix de toute façon. Je tends ma main, et après une seconde d'hésitation, Malfoy la sert.

A suivre…