Bonjour à tous, comme décidé suite au dernier chapitre, ce chapitre sera sur les traces de Damian Wayne ou, le robin pour lequel il existe deux sentiments: l'amour et la haine. Et si vous ne l'aimez pas, dommage, il revient le mois prochain pour le chapitre de Lucy Quinzel. *Spoiler!* Gasp. Bon je vais pas trop en dire non plus, gardons le suspense.
Bref, j'arrête mes bêtises et vous laisses avec le chapitre du mois; bonne lecture!
3 avril 2016
L'enfant s'était assis et observais en silence l'homme allongé face à lui. Son visage restait stoïque et il ne semblait rien ressentir pourtant au fond de lui le garçon se sentait complètement perdue dans un torrent d'émotion. Il attrapa la main de l'homme et lutta pour ne montrer aucune émotion. Il ne voulait pas craquer maintenant et dévoiler ses émotions, il se l'interdisait.
« Comment peux-tu me faire ça Père. »
Sa poigne s'intensifia autour de la main de son paternel. Son regard passa sur tous les appareils médicaux qui gardaient l'homme en vie. Il n'avait pas le droit de le quitter comme ça et de le laisser seul. Une porte s'ouvrit derrière lui et un jeune homme d'une vingtaine d'année le rejoint dans la pièce et posa une main sur son épaule.
« Damian, tu ne devrais pas rester tout seule. Nous pouvons surmonter ça ensemble.
-Garde ta pitié pour toi Grayson, répliqua l'enfant avec agressivité.
-Ce n'est pas de la pitié Damian. Tu es triste et c'est normal, je veux simplement essayer de t'aider.
-Je ne veux pas de ton aide ! »
Damian avait soudainement hurlé. Tout en parlant, il s'était levé de sa chaise et avait repoussé la main de Grayson. Les traits de l'enfant c'étaient durcis sous l'effet de la colère, son regard devenu noir fixait son ainé avec une profonde haine. Grayson avait reculé d'un pas et semblait profondément choqué. Il observait Damian sans aucune colère et semblait au contraire plutôt déçu et triste de voir le petit garçon agir de la sorte.
« Comment peux-tu continuer d'agir comme ça alors que nous venons tous de perdre notre père.
-Ce n'est pas ton père Grayson. »
Le jeune homme serra le poing pour calmer sa colère. Une larme roula le long de sa joue, montrant à quel point la remarque l'avait profondément blessé. Il cogna contre la table. Dans cette grande salle médicale trop vide, l'impact résonna comme un coup de feu.
«Tu sais quoi Damian. Restes dans ton coin et continu d'agir comme ça. Tu veux rester seul, génial ! Et si tu as besoin de soutien faudra pas venir me voir ! »
Grayson quitta la pièce précipitamment, claquant la porte derrière lui. Damian ne s'opposa pas, ne fit pas un mouvement pour le retenir. Il le regarda sortir avec toujours ce regard froid et vide d'émotion. Il se foutait de l'avoir heurté et même de le faire pleurer. Cet homme avait volé pendant des années la place qui lui revenait auprès de son père ; celle de Robin. Il se tourna à nouveau vers l'homme allongé, comme si rien n'était arrivé.
« Guéris vite père, tu en es capable »
Enfin, il quitta la salle lui aussi. Damian observa les deux pièces qui avaient étés entièrement montées en un temps record dans la bat-cave. Deux chambres médicales. L'enfant s'éloigna sans même aller voir celui qui reposait dans la seconde pièce ; il ne l'aimait pas et n'avait aucun respect pour lui. Alors lui rendre visite pendant sa convalescence était complètement hors d'esprit.
Puis, il marcha en silence jusqu'à l'ascenseur de la Bat-Cave et remonta dans le manoir Wayne. Il entra dans l'immense salon et observa le grand tableau qui trônait au-dessus de la cheminée. Là était peint un jeune Bruce Wayne, entouré par ses deux parents. Damian posa une main sur la cheminée et observa la peinture de famille.
Comment pouvait-il être en colère contre un homme qui n'avait comme seule tort que d'être dans le coma ? Ce n'était pas de sa faute n'est ce pas. Mais Damian en voulait profondément à son père. Pour l'avoir abandonné avec Dick, pour être parti sans même lui dire quelque chose, pour être plus faible que ce qu'il croyait. Son père avait osé briser le premier semblant de famille qu'il n'ait jamais eu, son héro avait osé décevoir son plus grand fan. Une double trahison. Celle de Bruce et de Batman.
C'était la goutte d'eau de trop dans le cœur de l'enfant. Comme pour aller avec son humeur, il se mit à pleuvoir à l'extérieur. De grosses gouttes coulaient à présent des yeux de Damian. C'était étrange, la météo n'avait pas prévu de pluie avant une semaine pourtant ? Et personne n'aurait pensé voir Damian pleurer comme ça, comme un enfant de neuf ans et demi, comme un enfant normal. La pluie et les larmes redoublèrent, un vrai déluge. Ca tombait à grosses gouttes, encore et encore. Et ni mouchoirs ni parapluies en vue. Le cœur était noir de peine, les nuages lourds et chargés de leurs chagrin.
En silence un vieil homme, vieux majordome forgé par les années et les ennuis, se faufila et posa une couverture sur le pauvre enfant qui s'était endormi, fatigué par tous ces évènements. Grayson arriva à peines quelques secondes après et prit Damian dans ses bras pour le porter dans son lit. Profitant du calme de son sommeil, l'ainé passa une main dans les cheveux bruns de son petit frère et lui embrassa le front. Le tableau d'amour fraternel était parfais.
23 novembre 2016 :
Damian ne quittait pas des yeux l'homme dans le lit. Il s'était légèrement relevé et adossé contre la tête de lit. Le garçon fixa le sourire de l'homme comme s'il s'agissait de le huitième merveille du monde. Son cœur palpita de plus belle quand il sentit une main se poser sur sa joue. Un contact si doux, si chaud et vivant.
« Père. »
Sa voix ne trahissait aucune émotion, pourtant les yeux de Damian étaient humides. Il retenait ses larmes, encore et toujours. Mais ce qu'il ressentait était si fort qu'il ne pouvait pas le cacher, ça lui donnait un air d'enfant ne voulant pas pleurer à cause d'une blessure. Mais Damian n'était plus un enfant, en tout cas c'est ce qu'il disait.
« Comment vas-tu Damian ?
-Bien… Et vous ?
-Bien. »
Le dialogue sonnait faux. On se parlait comme si de rien n'était, comme si rien n'était arrivé. Pourtant ça faisait bien huit mois que le père et le fils n'avaient pas pu parler. Huit mois, c'est si long pour un garçon sans son père. Alors pourquoi tout reprendre sur ces mots ? Ca ressemblait à un simple début de journée, un petit-déjeuner en famille. Le père aurait continué les questions ; que fais-tu aujourd'hui, il aurait ajouté. Le fils aurait répondu vaguement, encore à moitié endormi. Ils se seraient souris et auraient avalés des pancake ensemble.
« Tu m'as manqué Damian.
-Moi aussi Père. »
Voilà, c'était dit. Damian avait ouvert une brèche dans sa carapace de pierre. Mais la brèche fut rapidement fissuré puis l'armure tomba et se brisa en morceau. Le garçon se jeta sur son père et le prit dans ses petit bras d'enfant. Il posa son front sur l'épaule de l'homme alité. Le tout fut réalisé en silence, sans un sanglot, comme le soldat qui part à la guerre et veut laisser sa femme sur une image forte. Le père prit son fils dans ses bras dans une étreinte forte d'émotion. Il lui embrassa le front et caressa doucement ses cheveux.
« Je suis désolé de t'avoir laissé seul.
-Je ne t'en veux plus.
-J'ai l'impression que tu as pris deux ans Damian. Tu as changé, tu es plus calme et mature. »
Un faible sourire illumina le visage de l'enfant qui tentait pourtant de toujours garder ses sentiments pour lui seul. Comment pouvait-il ne pas être heureux de rendre son père fier. Le paternel attrapa les petits doigts de son fils entre ses mains fortes et les regarda avec une pointe de tristesse dans les yeux. Il soupira soudain.
« Dit moi Damian, est-ce que Dick t'a parlé de mon état physique ?
-Oui.
-Tu comprends bien ce que ça signifie.
-Oui. Tu ne seras plus…
-Batman. Non, jamais. »
Ils détournèrent leurs regards vers la fenêtre et l'ambiance devient soudainement triste dans la pièce. Le père leva les yeux vers le plafond de la pièce ; ce blanc si aseptisé, ce néon aveuglant. Le décor semblait sorti du fin fond d'un hôpital, là où sont placés les patients proche de la mort. Si déprimant.
« Je suis désolé de devoir parler de ça Damian mais, je ne voulais pas que tu ais de faux espoirs. »
Pendant un moment, l'enfant ne répondit rien. Comme perdu dans ses pensés, son regard se perdait dans la salle, sans rien fixer précisément. Il n'y avait pas de meubles à fixer de toute manière. Puis Damian regarda son père, il observa ce visage qui avait tant perdu de sa superbe. L'homme jadis si beau, fin mais musclé, toujours bien mis et habillé. On aurait dit une autre personne à présent. Il était maintenant très fin, toute trace de graisse mais aussi de muscle avait fondu de son corps. Une épaisse barbe recouvrait son visage. Il ressemblait à ces illustrations de Robinson Crusoé, après des mois sur une île sauvage, malade dans sa cave. Son teint était tout aussi pâle que peut l'être celui d'un homme malade. Pourtant, même sous cette apparence faible, son regard brûlait toujours d'une forte lueur combative, d'une envie de continuer d'avancer malgré tout.
« Ce n'est pas de ta faute, père. Tu as tout fait pour défendre Gotham.
-J'aurais aimé pouvoir faire plus, il parait que la ville ne ressemble plus du tout à ce qu'elle était. Tu me montreras ? J'ai reçu des messages de Lucius Fox, il veut absolument que je vienne voire la nouvelle tour Wayne. Il y en a qui ne changent pas il faut croire.
-Tu dois te reposer avant tout. »
Damian observa son père un instant avant de détourner le regard. Soudain, on frappa à la porte. Le jeune garçon se leva silencieusement et alla ouvrir. Derrière la porte attendait un vieil homme en tenue de majordome, il sourit à Damian en le voyant ouvrir.
« Maitre Damian, vous devriez peut-être laisser votre père dormir à présent, il est encore faible.
-Laissez Alfred, je suis encore capable de rester éveillé plus de six heures. Répondit le père depuis son lit.
-Même si vous vous en croyez capable, vous êtes encore très faible physiquement. Il ne faudrait pas faire trop d'effort pour le moment. »
Le majordome nommé Alfred entra dans la pièce et vérifia les systèmes médicaux et divers tubes qui étaient reliés au patient dans le lit. Des seringues plantaient dans son bras lui apportait divers liquide. Le visage du vieil homme se para d'un sourire compatissant, comme un grand-père devant ses petits-enfants. Et pour Damian, Alfred n'était pas loin du papi qu'il n'avait jamais eu. Les autres étaient morts et, légèrement mégalomane. Le sang ne valait rien dans cette famille de toute manière, Damian avait du si faire. Mais si les débuts de cette famille reconstitué avaient été compliqués, peu à peu, de fortes bases commençaient à se construire, des liens solides.
28 avril 2018 :
Ses pieds traînaient sur le carrelage de l'immense salle de bain, laissant derrière eux des traces de sang et de poussière. Tout semblait immense dans ce manoir, les lits, les pièces, les conséquences des actes. Il fit tourner le robinet et passa sa tête sous l'eau chaude. Les yeux fermaient, il se sentait comme hors du monde pour un instant. De sa main gauche, il agrippa le robinet par peur de tomber dans les pommes et de se cogner contre la vasque. Quand, enfin, son visage fut propre de toutes traces du combat il releva le regard pour s'observer dans le miroir. Deux coupures lui traversaient le sourcil et la lèvre du bas, il avait un épais œil au beurre noir et, du sang continuait de s'échapper de sa bouche et de son nez. Il l'essuya d'un revers de manche avant de retirer le haut de son costume.
Sa colonne vertébral semblait à deux doigt de se briser sous tant de pression. Ses mains tremblaient de tension, chaque poil de son corps était hérissé. Il sera la mâchoire et frappa contre la vitre. C'était idiot, il le savait mais, il avait besoin d'exprimer toute sa colère.
« Tu n'es qu'un con Damian. »
Même son reflet semblait juger sa faiblesse et sa bêtise. Jamais il n'avait réagi comme ça pour la mort d'un adversaire, alors pourquoi aujourd'hui. Damian observa son poing ensanglanté, les coupures et bleues qui se formaient à l'endroit où il venait de frapper. Qu'est-ce qui lui arrivait à la fin. Il se sentait comme ses idiots de la classe, incapable de contrôler leurs colères, obliger de taper sur quelqu'un de plus faible pour se sentir un peu plus puissant et fort. Est-ce que ce n'était pas exactement ce qu'il venait de faire au fond. Damian s'assit au sol et posa sa tête contre le meuble du lavabo. Tout ceci était une erreur, ce n'était absolument pas le plan initiale mais, comment en était-on arrivé là ?
Il souffla.
Tout était partie de trois batailles signalées dans la ville, chacune entre Jokerz et nightmares. Tess était partie s'occuper de la première, Tim et Steph de la seconde, Dick et lui de la dernière et plus violente des trois, au niveau de la porte Sud du Hole. A cause de la proximité avec le quartier, d'autres petits gangs c'était joint au combat qui avait très rapidement dégénéré. Quand les deux étaient arrivés, des hommes gisaient déjà au sol, sûrement assommés. Ceux toujours debout se tiraient ou se frappaient dessus avec la première arme trouvé, ce qui donnait à la bataille un effet complètement chaotique. Rien d'étonnant de la part d'anciens hommes de mains du Joker.
Damian c'était lancé dans la bataille avec Dick, respectivement en costume de Robin et Batman. Ils avaient enchaîné les coups, tenté de protéger du mieux que possible les civils et d'éviter l'augmentation des dégâts. C'était toujours pareil. Le Hole était un nid d'emmerde, l'accumulation de divers factions et mafia dans un si petit espace entraînait de nombreux conflits. La construction même de l'espace entraînait des violences. Quatre portes mais, cinq gangs principaux. Ca ne pouvait pas bien se passer. Aujourd'hui encore la porte Sud était la raison d'une de ces batailles.
Tout cela semblait encore gérable quand Jack et son père était arrivé. Cet enfant et son pouvoir rendait chaque bataille très compliqué. Immédiatement, toute l'électronique de son équipement cessa de fonctionner normalement, exaspéré par les grésillements des machines, Damian avait tout balancé au loin. Le combat avait repris, encore plus féroce. Et puis, une voiture avait débarqué à pleine vitesse avant de déraper pour s'arrêter juste devant les premiers hommes de mains. Dick c'était tourné vers son cadet avec un regard qui disait : « on est dans la merde ».
Effectivement, c'est à ce moment là que tout avait dégénéré car la propriétaire du véhicule n'était personne d'autre qu'Harley Quinn. Les tirs avaient redoublé, les cris augmentés de ferveur. D'un côté, l'ancien bras droit du joker, tirant depuis le toit de sa voiture. De l'autre, Jack l'héritier spirituel, en train de foutre en l'air tout l'électronique autour de lui, caché derrière plusieurs hommes de mains. Damian pensait que comme toujours, les nightmares allaient reculer face à la puissance ennemie, Robin et Batman pourraient en profiter pour attraper plusieurs hommes de mains de chaque côté…
Et puis, au milieu du foutoir total de cette bataille, il c'était effondré. Au début, personne n'avait rien remarqué, trop occupé à se taper dessus. Damian avait soudain vu son équipement électronique fonctionner à nouveau. Etonné, il c'était tourné vers celui qui causait normalement toute ces perturbations électroniques. L'enfant était au sol, assis sur ses genoux. Il portait ses mains à son cœur, d'où coulait un épais filet de sang. Une balle, quelqu'un venait de l'abattre.
Devant son miroir, Damian frissonna sans pouvoir dire pourquoi. Etait-ce de colère ? De peur ? Non, il n'avait pas peur, pas lui, pas le fils de Batman et petit-fils de Ra's al ghul. Pourtant dans l'esprit du jeune homme tournait encore et toujours la même question ; et s'il avait été à sa place ? A la place de cet enfant dont il se sentait si proche ; utilisé par un membre de sa famille pour faire le mal, trop jeune pour ce monde trop noir. Damian se rendit compte que jamais il n'avait vu la moindre émotion sur le visage de Jack.
Et lui, si sa mère ne l'avait pas confié à Bruce que serait-il à présent ? En train de régner sur le monde au côté de sa mère et son grand père ? Ou mourant au milieu d'une bataille, prononçant le même mot que Jack avant un dernier souffle. Oui, ce mot que Damian avait clairement déchiffré sur les lèvres de l'enfant, celui qui accompagnait ses yeux apeurés.
Un simple mot qui voulait pourtant tout dire.
« Papa.»
