L'emménagement
Ca y était, ils étaient arrivés au point de non retour Harold et lui. Après deux ans, d'une histoire d'amour compliquée avec ses hauts et ses bas, ils emménageaient enfin ensemble. Leur vie à 3 allait bientôt commencer.
La réalité était que c'est Bear qui avait été son premier colocataire. A croire que leur chien avait compris avant eux qu'il fallait passer à l'étape suivante. Plus les deux hommes se rapprochaient, plus Bear semblait décidé à les faire s'installer ensemble.
Le toutou avait commencé par apporter son os à mâcher préféré et avait ensuite refusé de le reprendre alors qu'Harold et lui repartaient. Puis petit à petit, c'étaient différents jouets, ses biscuits préférés et enfin c'était lui qui n'avait plus voulu partir.
Les deux hommes avaient bien dû se rendre à l'évidence. Ils y avaient mis quand même six mois avant de se décider. Ils avaient beaucoup parlementé, tergiversé sur beaucoup de chose avant de prendre leur décision.
Il leur avait fallu se décider sur l'endroit dans lequel ils vivraient. Finalement, le loft avait été chois pour des raisons pratiques et puis c'était là qu'ils se retrouvaient habituellement pour leurs ébats, les dîners et même les enquêtes.
Bien sur, Harold l'avait emmené dans l'endroit où il vivait habituellement. L'endroit ressemblait tout à fait à la personnalité de son compagnon. Il s'agissait d'un appartement dans le plus pur style des années 30.
Là aucune trace de la moindre technologie, un style épuré, une immense bibliothèque, l'endroit était magnifique. Sachant à quel point, Harold aimait tout cela. John décida alors de préparer une petite surprise.
Harold avec ses problèmes de dos, ne pouvant pas l'aider, John s'occupa lui-même du déménagement. Preuve de la confiance qu'avait Harold en lui, il laissa John s'occuper lui-même des cartons lui donnant simplement quelques indications.
Harold était interdit de séjour dans le loft pendant les 48 heures qui suivaient. Lorsque ce dernier pénétra finalement dans le logement John à ses côtés, sa surprise fut complète. En effet, bien que le loft garda son style résolument moderne, John y avait incorporé ce qui faisait qu'Harold se sentait chez lui.
Il avait fait aménager un véritable espace bibliothèque ainsi qu'un bureau rustique à côté du salon. Ainsi, ils y trouveraient tous les 2 leur compte, Harold son espace à lui et John l'espace n'étant pas clos la possibilité de le regarder à loisir.
Ce soir-là, tous deux inaugurèrent comme il se doit leur emménagement. Une petite soirée intime et tranquille loin de la machine et du monde extérieur.
La réalité sous la forme d'un numéro revint trop tôt les frapper le lendemain. Et c'est à ce moment que tout bascula. John pensait enfin avoir fait la paix avec son passé mais les souvenirs que ravivèrent ce numéro le replongèrent dans des choses qu'il avait passé des années à tenter d'enfouir au fond de sa mémoire.
Leur numéro était un ancien marines, victime de stress post-traumatique. John avait fait front pendant toute l'enquête taisant les souvenirs qui s'étaient rappelés à lui. Il ne s'en était pas ouvert à Harold car bien que son compagnon en sache beaucoup de part ses recherches, il y avait des choses qui ne pouvaient pas être décrites dans les rapports.
Même involontairement, il avait tenu Harold à l'écart. Et à la fin de cette mission, il réalisait que peu de choses le différenciait de cet homme qu'il avait empêché de commettre un massacre. Cette différence s'était son compagnon qui l'avait faite, il l'avait sorti des ténébres.
Cependant, une part d'ombre subsistait en lui. Lors de ce genre d'affaire, cette part remontait à la surface comme un mauvais génie. Ce soir-là, il ne parvenait pas à dormir, il avait laissé Harold à la garde de Bear dans leur lit tandis que lui s'installait dans un fauteuil.
Il avait gardé à portée de main tenaillé par ce terrible sentiment d'impuissance face à la sourde angoisse qui l'enserrait dans un étau. Il devait s'être assoupi quand un bruit de pas sur le parquet mit ses sens en éveil.
A l'instinct, il dégaina son pistolet réalisant trop tard qu'il ne s'agissait que d'Harold. La frayeur qu'il lut dans les yeux de son compagnon à cet instant lui fit l'effet d'un électrochoc. Il quitta le fauteuil et se précipita littéralement dans la chambre.
Moins de 10 minutes plus tard, sans laisser à Harold le temps de réagir, il quitta le loft. Il erra une bonne partie de la nuit se retrouvant sous le fameux pont de leur rencontre. Heureusement, l'envie de se tuer n'était plus aussi forte.
Il était encore là au lever du soleil quand il sentit une langue rugueuse lui lécher affectueusement la main.
« Tu ne devrais pas m'approcher Bear, je suis dangereux, dit John en lui caressant affectueusement la tête.
Il a de l'instinct, il sait que tu ne lui feras pas de mal.
Il n'y a que lui qui le pense.
John…, dit Harold en s'approchant.
Non, ne t'approche pas, je ne veux pas te faire de mal, dit John en tendant la main pour le repousser.
Je sais que tu ne me feras pas de mal.
Ce n'est pas ce que j'ai lu dans tes yeux, dit John en détournant le regard.
Ce n'est pas pour ma vie que j'avais peur mais pour la tienne, dit Harold en posant la main sur son épaule. Je m'en veux tellement de ne pas avoir vu à quel point cette affaire t'avait affecté.
Tu n'y es pour rien, il y a des choses que j'aurais dû t'expliquer depuis longtemps.
John, nous prendrons tout le temps qu'il faudra mais je refuse que tu me quittes. Je t'aime.
Je t'aime aussi mais…
Non c'est tout ce qui compte. Nous surmonterons tout cela ensemble. »
Ils restèrent un long moment, John libérant les souvenirs trop longtemps gardés pour lui. Le chemin serait encore long mais chacun savait que cela ne ferait que renforcer les liens qui les unissaient.
FIN
Voilà, je suis désolée pour le temps que j'ai mis à écrire cette histoire. Les évènements du 13 novembre ont tout bousculé, j'ai perdu un membre de ma famille ce jour-là. J'ignorais si je réussirais à sortir quelque chose de correct. J'espère sincèrement que c'est le cas.
