Disclamer: Encore et toujours Ohba et Obata =P
Raited: K+
Pairing: L x Light
« Raito-kun ? Est-ce que ça va ? »
Raito releva brusquement la tête. Zut ! Il s'était encore laissé aller à la somnolence… Il était au QG. A côté de lui, Ryuzaki le dévisageait d'un air inquiet. Les genoux ramenés contre son torse, les yeux grands ouverts, on aurait dit un petit enfant.
« Trop… trop mignon ! » se dit Raito en virant au rouge soutenu.
« Je… je vais bien je suis juste un peu fatigué. »
Fatigué… C'était le cas de le dire… Le réveil avait sonné beaucoup trop tôt à son goût ce matin là.
« Tout ça c'est à cause de Misa ! » pesta t'il intérieurement.
La nuit passée il avait à peine dormit 4 heures et ses paupières lui semblaient peser une tonne et demi chacune. Embué de fatigue, son cerveau tournait au ralentit ce qui avait le don de l'exaspérer. Oui, on peut dire que ce matin là il s'était levé du pied gauche. Et tout ça par la faute d'une pauvre fille trop bête pour regarder sa montre ! Kira bouillonnait. Si la blonde avait l'audace de revenir ce soir c'était décidé il la trucidait ! Ryuzaki haussa les épaules d'un air dubitatif. Il reconnaissait de moins en moins son ami. Depuis quelques temps il se comportait bizarrement. Il s'embrouillait, rougissait sans cesse et voilà qu'il s'endormait au travail. Non décidément, cela ne ressemblait pas au jeune Yagami.
« On dirait une autre personne… » se dit il.
Agirait-il volontairement de la sorte ? Serait ce un moyen de lui faire croire qu'il n'est pas Kira ?
« Non… Raito ne s'y prendrait pas de cette manière. Il chercherait plutôt à brouiller les pistes pour m'induire en erreur sans jamais s'impliquer directement. Alors qu'est ce qui lui prend ? Pourquoi agit il aussi bizarrement ? »
Et non. Aussi brillant soit il, le jeune détective n'y connaissait définitivement rien en affaire de cœur. S'il avait eu plus d'expérience, probablement se serait il rendu compte que son ami épiait le moindre de ses gestes. Peut être aurait il su interpréter ses regards fuyants et ses gestes désordonnés. Mais voilà, il n'y connaissait rien. Aussi l'attitude étrange de Raito le laissait elle perplexe. Peut être était il malade ? Tout ça le tracassait. Il n'aimait pas que la situation lui échappe. C'était décidé, il allait découvrir ce qu'il avait derrière la tête. Après les heures de bureau il lui ferait cracher le morceau ! Tournant sur sa chaise, il croisa le regard de Kira qui détourna les yeux en catastrophe.
« Tu vas voir… Je saurais ce que tu as dans la tête ! » pensa notre détective, plus déterminé que jamais.
Ce jour là les heures de bureau parurent interminables aux deux compères. Le premier ne cessait de rougir à proximité de l'autre et le second s'interrogeait sur la raison de ce changement de couleur. Aussi lorsque Matsuda s'étira en annonçant fièrement la fin de sa dure journée de labeur, chacun s'empressa de quitter les lieux. Une fois dehors, Raito soupira.
« Ouf ! » se dit il.
«Ca a été encore plus difficile aujourd'hui… »
Le jeune Yagami se laissa choir sur le premier banc qu'il trouva. La journée était enfin passée…
« Quel enfer… »
Il leva les yeux au ciel. Les évènements de la journée défilèrent devant ses paupières closes. Ryuzaki ne l'avait pas quitté des yeux tant et si bien qu'il avait tout fait de travers… Sans compter ses joues qui étaient restées rouges durant tout ce temps. Il avait bien cru lui sauter dessus plusieurs fois de suite ! Exaspéré, il se mit à râler.
« Quelle idée de manger un gâteau à la chantilly avec les doigts… Il en avait plein partout. Et en plus… »
Raito ne finit pas sa phrase. Etais ce nécessaire de mentionner les manières de son ange ? Il avait bien cru mourir lorsque Ryuzaki avait décidé de lécher les restes de crème sur ses doigts.
« En plus… »
Non, il ne finirait pas cette phrase… Si seulement il avait pu être cette chantilly !
« En plus quoi, Raito-kun ? »
L'intéressé sursauta comme jamais. Pendant quelques secondes il su ce que ressentaient ses victimes lorsque leur cœur s'arrêtait. Le sien loupa au moins 5 battements ! Il se retourna doucement. Très doucement. Comme si ce qu'il allait découvrir derrière lui allait mettre fin à ses jours et qu'il s'agissait de ses dernières secondes à vivre. Si seulement ça avait pu être le cas! IL était là. IL le dévisageait de ses grands yeux noirs, un léger sourire aux lèvres. Raito eu subitement trop chaud. Il suffoqua.
« Ryuzaki ?! Mais qu'est ce qu'il fait là ?! » se dit il en sentant la panique le gagner.
Mon dieu faites qu'il ne fasse aucun faux pas. Faites que son ange ne remarque ni son embarra ni son soudain coup de chaleur ! Dieu ? Non, ça n'allait pas ! Tout ce qu'il avait c'était un fichu shinigami qui ricanait dans son dos.
« La ferme Ryuk ! » pesta t'il.
Mais le shinigami se fichait bien des regards noirs que lui lançait le jeune homme. La scène était tellement drôle !
« Eh Raito, t'es dans un sale pétrin s'il te suit jusque chez toi ! Dérougis un peu ou tu vas finir par exploser ! » dit il en ricanant.
La remarque eu exactement l'effet attendu. Kira vira au cramoisi le plus soutenu pour le plus grand bonheur du shinigami qui éclata de rire. Entre deux respirations difficiles, le jeune tueur se promit de lui faire payer ça. Ryuk devra se passer de pommes pendant un certain temps !
« Et pour compléter le tableau je les lui mangerai sous le nez ! » bouillona t'il intérieurement.
Vexé de s'être ainsi laissé surprendre, il grommela à l'adresse de L.
« Et puis il a la sale habitude d'apparaitre au moment où on l'attend le moins ! »
Ryuzaki pris la remarque comme un compliment et sourit ce qui fit monter la température de Raito d'encore quelques degrés.
« Dis moi Raito-kun ça fait longtemps que nous ne sommes pas allés prendre un café tout les deux. Si on retournait à celui où tu m'avais amené ? »
Gloups ! Qu'est ce qu'il venait de dire ? Cet ange, SON ange, lui demandait à LUI, Yagami Raito, s'il voulait venir prendre un café avec lui ? Tout les deux ?
« Ryuk a raison je vais exploser ! » pensa t'il alors que son cerveau tournait à cent à l'heure afin de pouvoir sortir une réponse cohérente. Sujet, verbe, complément. Zut ! Allait-il y arriver ?
« D'accord allons y… »
Wow ! Quel exploit de langue française ! Quelle recherche dans la tournure de la phrase, quelle réponse étoffée ! Alors que Raito s'insultait de tous les noms, son ange aux yeux de nuit sourit d'un air satisfait.
« Bien, c'est partit alors ! »
Sans plus attendre, L empoigna Kira par la manche et l'entraina dans son sillage. Ce dernier semblait être en apnée. Implosion imminente !
« S'il continue comme ça je vais vraiment finir par lui sauter dessus avant la fin de la journée ! » se lamenta t'il.
Le café n'était pas bien loin, à environ 3 minutes de marche. Cependant ces trois minutes lui parurent interminablement longues et terriblement courtes à la fois. Qu'allait-il bien pouvoir lui raconter ? Trouver un sujet de conversation autre que Kira serait horriblement compliqué.
« Ryuzaki doit bien avoir une idée derrière la tête… » se dit il dans un instant de lucidité.
Oui sans doute… Le jeune détective ne l'aurait jamais invité à boire un café pour lui parler de la pluie et du beau temps et encore moins pour l'inviter à sortir avec lui… Il ne s'agissait donc là que d'un rendez vous purement professionnel. Quel idiot il avait été d'espérer que son ange puisse avoir une quelconque attirance pour lui…. Et pourtant… Malgré tout ses efforts pour s'en convaincre, l'étincelle d'espérance ne s'avouait pas vaincue. Même enfouie sous des montagnes de cendre et de suie, elle continuait à scintiller, chaque seconde plus brulante et plus aveuglante que la précédente. Raito sentait sa morsure au plus profond de son être, comme une bête noire défiant sa volonté et sa raison.
« C'est un homme bon sang ! Un homme ! »
Combien de fois s'était il sermonné ainsi ? En fermant les yeux, en se bouchant les oreilles. Etait-il un pervers ? Non ! Bien sur que non ! Alors pourquoi cette fichue sensation ne le quittait elle pas ? Il ne comptait plus les fois où il était resté ainsi, prostré dans sa chambre à lutter vainement contre un ennemi qu'il ne pourrait jamais vaincre. Tapis au fond de lui, cet être qui lui faisait défaut le rongeait toujours un peu plus, attaquant ses défenses une par une, détruisant toutes les bases sur lesquelles il s'appuyait depuis si longtemps. Il était amoureux d'un homme. Et alors ? Quoi qu'il puisse se dire, quoi qu'il puisse faire, cette petite voix s'en moquait bien. Et quand Ryuzaki se trouvait tout près de lui, comme à cet instant précis, elle devenait de plus en plus forte, de plus en plus puissante, jusqu'à se changer en un hurlement effroyable. Que hurlait-elle ? Ce que Kira n'osait murmurer même au silence. « Je t'aime. Je te veux tout entier, rien que pour moi. Sois mien. » Cette pensée l'écrasait de tout son poids. Forte, lourde, pesante, obsédante. Elle s'insinuait dans chaque pli, chaque recoin, chaque circonvolution de son cerveau paralysé. Ryuzaki pourrait il éprouver la même chose ? Est-il seulement possible qu'il puisse le voir autrement qu'un pion sur son échiquier ? Maudite espérance ! La déchirure était si profonde, si douloureuse qu'il avait maintes fois voulut oublier. Tout oublier. Mais même en abandonnant les droits de propriétés du Death Note, ce démon là resterait intact alors que l'avènement de son nouveau monde serait voué à l'échec. Tout avouer ? L et Kira étaient comme l'eau et l'huile : destinés à ne jamais se mélanger.
« Tu parles d'un choix… » se dit il.
La façade du café se profilait déjà devant eux. Les propriétaires étaient des épris d'écologie, aussi avaient ils laissé une jeune pousse de lierre farceur grimper et dévorer l'enceinte. Le rendu était assez joli quoique coûteux en entretient. Le crépi jaunâtre était recouvert d'un manteau de feuilles verdoyantes percé ça et là par quelques fenêtres d'une propreté étonnante. A croire qu'une femme de ménage était assignée à chacune d'entre elles. La terrasse était agréablement ombragée, l'endroit idéal pour un rendez vous amoureux. Plusieurs couples sirotaient des cocktails en se susurrant des niaiseries à l'oreille. Bien qu'exaspéré par ce genre de comportement, Raito les enviait. La voix de Ryuzaki brisa brusquement le silence, le tirant de ses pensées.
« Où est ce qu'on s'installe ?
_ Euh… On pourrait rester en terrasse ? Il fait chaud, on sera à l'ombre. »
L acquiesça en souriant.
« Oui c'est une bonne idée. »
Ils trouvèrent une table dans un coin à l'ombre. Entouré par toute cette végétation, le jeune détective avait des airs de gamin. Jetant des regards partout, enregistrant chaque détail avec ses grands yeux émerveillés, on aurait dit un jeune chiot lors de sa première sortie. Sa manière saugrenue de s'assoir nourrit les conversations des tables alentours, grossissant le ruisseau des « on dit » inutiles. Peu préoccupé par les regards curieux de certains passants, Ryuzaki héla un serveur. Sa commande étonna peu Kira, qui connaissait déjà par cœur ses péchés de gourmandise. Un thé avec du sucre. Beaucoup de sucre. Quand à lui ce sera un café, il n'aimait pas beaucoup le thé.
« Dis Raito, tu veux bien me commander une pomme ? Promis je la mangerai discrètement. »
Derrière lui Ryuk faisait les yeux doux mais Raito était rancunier. Il était hors de question que ce fichu dieu de la mort touche une seule pomme durant les deux semaines à venir ! Cependant si le shinigami en était privé, il ne lui était pas interdit de les regarder. Aussi le jeune tueur commanda t'il une corbeille de pommes, un sourire sadique flottant sur ses lèvres.
« Je ne savais pas que tu étais un amateur de pommes, Raito-kun. » s'étonna Ryuzaki.
« Dans la famille nous en sommes tous très friands. » compléta ce dernier en lorgnant discrètement le dieu de la mort qui s'impatientait dans son dos.
« Une pomme avec un bon café y a rien de tel ! » lâcha t'il enfin en souriant.
Peu à peu il commençait à s'habituer à la proximité de son ange. Bien que ses joues restent d'une couleur rouge vive, son cerveau reprenait un mode de fonctionnement à peu près normal. La situation actuelle était, bien qu'un peu gênante, fort agréable et il appréciait chaque seconde passée avec lui. Tandis que le jeune tueur savourait cet instant de tranquillité partagée, notre détective analysait chacun de ses gestes.
« A quoi penses-tu Raito-kun ? » se dit il en se mordillant fiévreusement le pouce.
L'ainé des Yagami était décidément bien difficile à comprendre. Il ne parlait pas beaucoup, voire jamais de lui-même et savait contourner le sujet avec une habileté étonnante. Alors que son cerveau tournait à 100 à l'heure, Ryuzaki continuait à donner le change, s'appliquant à entretenir le lien fragile et ténu d'une conversation normale.
« Ah oui ? Dans ce cas il faudra que j'y goute. »
Pourquoi rougis tu Raito ? Qu'as-tu derrière la tête ?
« Avec ton thé, ça risque de ne pas être très bon. »
Ton rire sonne faux Yagami-kun. Que me caches-tu ? Pourquoi ton regard me fuit il ainsi ?
« Dans ce cas tu me laissera bien te prendre un peu de ton café ? »
Un rire narquois que seul Kira pouvait entendre s'échappa de la gorge de Ryuk tandis que Raito s'étrangla de surprise. Sous le regard inquisiteur de son ange il ne réussit à balbutier qu'un début de phrase, un ensemble de mots désordonnés à moitiés rongés par l'angoisse. Alors qu'il s'embrouillait de plus en plus le serveur revint avec leur commande, mettant fin à son désarroi. Très jeune, apparemment nouveau dans le service, il maintenait les tasses sur son plateau dans un équilibre précaire et tentait milles et unes acrobaties désespérées afin de les y maintenir. Il déposa le panier d'osier remplit de pommes au milieu de la table, manquant de tout renverser par la même occasion. Quand aux boissons, il les inversa tout bonnement. Le jeune tueur grimaça à la vue de l'eau aromatisée juste sous son nez. Non, décidément, il n'aimait pas le thé. Ryuzaki lui, contemplait le liquide noirâtre d'un regard curieux. Etais ce donc si bon avec des pommes ? Trop intrigué pour patienter, il se saisit d'un des fruits de la corbeille sous le regard envieux d'un certain shinigami. Embarrassé d'un tel échange, Raito se tortilla sur place, les joues légèrement rosées.
« Tiens Sherlock, ton thé. » se décida t'il enfin a dire en lui tendant sa tasse.
Le dit Sherlock ne répondit pas, trop occupé à mordiller dans une pomme du bout des dents. Saisissant une cuillère entre ses doigts, il remua doucement le café avant d'y tremper les lèvres d'un air intrigué. Raito vira rouge piment en reposant la tasse en catastrophe. Une seconde de plus et le liquide insipide se retrouvait par terre. Son ange ne prêta aucune attention à la catastrophe évitée de justesse et replongea ses lèvres dans le café en fermant les yeux. Lorsqu'il les rouvrit, il découvrit un Kira au bord de l'implosion.
« Qu'est ce qui ne va pas Raito-kun ? »
Suffocant, l'intéressé fut désespéré de tant d'innocence. Un sourire forcé apparu sur ses lèvres tandis qu'une goutte de sueur traitresse descendait le long de sa tempe.
« Ryuzaki… Tu te poses vraiment la question ?
_ C'est le fait que je t'ai pris du café qui te met en colère ? »
Raito rougit violement.
« Mais non bien sur que non ! » répondit il en détournant les yeux.
« Alors quoi ? »
La question n'était pas posée avec une insistance particulière, mais elle laissait transparaitre tant de candeur et d'innocence que le jeune tueur n'eu pas le courage ou même l'envie de mentir. Il prit donc son courage à deux mains et exposa d'un ton hésitant ce qui lui valait ce malaise.
« C'est… c'est juste que… tu vois… moi je vais boire dans cette tasse et toi…
_ C'est le fait que j'ai bu dedans qui t'ennuie ? Si c'est ça je te rassure tout de suite je n'ai pas la peste ! » répliqua le détective dont l'adorable visage se tordait en une moue boudeuse et irritée.
« N… non pas du tout ! C'est que… Enfin tu vois, je… »
Doux dieu que c'était difficile ! Comment lui expliquer sans pour autant tout avouer ? Le sang cessa subitement de circuler dans les veines de Kira. Il était dans une impasse, un faux pas qu'il ne pouvait plus rectifier. La situation l'irrita : il n'aimait pas ne pas contrôler le cours des choses.
« C'est que…
_ Que quoi Raito-kun ? » s'énerva Ryuzaki
« Mais enfin ça ne te gênerait pas toi, que je boive dans ta tasse ?! »
La question eu l'air de choquer son détective qui fronça les sourcils. L, bien que patient, avait ses limites. Raito n'était pas quelqu'un qui avait pour principe de tourner autour du pot ; et ce soudain changement de comportement l'agaçait profondément.
« Bon très bien. » lâcha t'il en se levant d'une traite.
« Qu'est ce que tu fais ? »
En guise de réponse, Ryuzaki plongea ses yeux profondément noirs dans ceux de Kira, ce qui arracha un frisson à ce dernier.
« Puisque ma présence a l'air de te gêner je m'en vais. De toute façon parler avec toi aujourd'hui n'aboutit à rien. »
Raito se mit à paniquer. Son ange le quittait. Il l'avait donc irrité à ce point ? Comment le retenir à présent qu'il s'éloignait ? Car plus rien d'autre ne comptait à cet instant. Le retenir. Parce qu'il le voulait auprès de lui, il désirait sa présence, maintenant plus que jamais. Etais-ce les effluves du liquide verdâtre trônant sous son nez qui lui avait tourné la tête ? Non… C'était juste cette foutue voix qui refaisait des siennes ! Elle hurlait, hurlait et hurlait encore, meurtrissant chaque secondes un peu plus son esprit brouillé par l'adrénaline. « Reviens ! Reviens je t'en prie ! Je t'… »
« Ryuzaki, attends ! »
Lui-même surpris par la tonalité brisée de sa voix, Raito se figea. Zut alors ! Il enchainait maladresse sur maladresse ! Les sanglots remontaient du fond de sa gorge, créant une boule qui l'empêchait de parler normalement. Il sentit les larmes lui picoter les yeux, tant et si bien qu'il dû détourner la tête pour que son ange ne les voit pas. Cependant si son aimé ne pouvait détecter ses joues mouillées de larmes, il avait bien décelé sa détresse. Il avait d'ailleurs stoppé net à l'appel si désespéré de son nom.
« Que t'arrive t'il Yagami-kun ? » se dit il, plus troublé que jamais par cette nouvelle facette qu'il venait de découvrir.
La situation ne tournait pas à son avantage. Pour lui il était bien plus facile de manier des documents, des chiffres ou des lettres que des sentiments humains. L'état de son compagnon de classe lui apparaissait de plus en plus incompréhensible.
« C'est comme s'il avait changé de personnalité… » pensa t'il en s'éloignant de nouveau, laissant derrière lui un Raito perdu et désespéré.
