Bonsoir tout le monde !

Je suis ravie de voir que vous suivez l'histoire, j'espère que la tournure des évènements dans les futurs chapitres vous conviendra (j'ose penser que oui ^^). L'enquête bouge un peu dans ce chapitre. Je vous souhaite à tous une agréable lecture et je remercie les reviewers ainsi que ceux qui ont mis mon histoire dans leurs favorites, etc., ça compte pour moi

Solealuna : Merci, contente que ça te plaise, voici la suite !

Calypsoh : J'ai re re re … regardé de nouveau le 1x02 à cause de toi ^^ J'ai revu le passage où Van Pelt dit « J'suis toujours là ! ». Est-ce que Cho a déjà tout compris ? Ah… Cho… Je l'aime, lui. Mais j'crois que je l'ai déjà dit plein de fois… Merci en tout cas pour tes longues reiews et je suis flattée de voir que je t'inspire à ce point. Sache que l'inspiration pour écrire me vient aussi lorsque je lis vos reviews (Surtout des comme les tiennes !). Et ça me donne toujours envie de faire mieux. Merci et bonne lecture !

Sweetylove30 : Toujours fidèle au rendez-vous, tu fais partie de ceux dont je suis sûre qu'ils seront toujours là pour accueillir mes textes et ça me fait très plaisir donc merci ! J'espère que la suite sera à la hauteur de tes attentes ! Bonne lecture p

Z2vy : J'aime beaucoup ton expression : « Il aura notre Lisbon, il l'aura ! ». Et sache que tu auras droit à un chapitre de Jane sincère et sous le charme puisque l'un des chapitres est réservé à ce qu'il s'est passé ce fameux soir où ils ont craqués… Mais chuuuut, je ne l'ai encore dit à personne… Bonne lecture et merci pour ton commentaire !

Enjoy : Vous aussi, mes lecteurs, vous gérez à merveille ! C'est un tel plaisir de savoir que ce que j'écris (avec grand plaisir) est accueilli avec autant de plaisir ! En espérant que la suite te plaise, je te souhaite une agréable lecture !

MadMouse : Jane aurait-il changé d'avis ? Ah… Il faut savoir que notre Jane n'a pas eut de vie sentimentale depuis la mort d'Angela. Alors sait-il vraiment ce qu'il veut ? Sait-il lui-même son propre avis ? Merci de ta présence dans les reviews, c'est toujours très motivant ! Bonne lecture ^^

WhySerious : Ah t'es la seule à avoir relevé le passage où Lisbon demande à Ronald le secret de la victime, j'crois que t'as bien saisi le comique de ce moment. Tellement transporté par le ton mystérieux de Ronald, Lisbon devient bête ^^ Merci de laisser des commentaires, c'est vraiment sympa ! Bonne lecture pour la suite !

caro94 : J'essaie d'équilibrer enquête et relation entre les personnages, je suis contente de voir que ça convient à peu près à tout le monde alors j'continue ! Merci pour ta review et bonne lecture !

Mxelle Juuw : Sentiments ou taquineries pour Jane ? Lui-même le sait-il ? XD Tes reviews contiennent toujours des petites phrases où je devine parfaitement ton enthousiasme et ça me fait super plaisir ;p Bonne lecture de ce chapitre 3 !

Chapitre 3

La secte qu'avaient trouvée Van Pelt et Jane portait le doux nom de Renaissance. Comme l'avait fait remarquer Rigsby, c'était mauvais signe car de nombreuses sectes prévoyaient de faire mourir tous leurs disciples dans l'espoir qu'ils renaissent dans un meilleur monde. Elle était actuellement située dans la petite ville de Mariposa en Californie mais se déplaçait sans arrêt.

- Bien, il est neuf heures, il faut y aller maintenant, ce n'est qu'à vingt minutes en voiture. Cho, Rigsby, vous y aller. Avec Jane. Quelqu'un veut bien aller le réveiller ?

Les trois agents regardèrent leur supérieure d'un air hébété.

- Personne ne veut y aller ?

- D'habitude, c'est vous qui vous en chargez, expliqua Rigsby.

- D'accord, céda Lisbon. Et puis non, en y réfléchissant bien, Jane pourrait faire des dégâts dans une secte active et illégale. Allez-y tous les trois et tenez-moi au courant le plus tôt possible.

- Bien, patron.

Elle regarda ses trois agents se préparer et sentit un picotement dans son ventre, comme si elle avait un mauvais pressentiment. Elle espérait que ce ne soit qu'un effet de son imagination.

- Soyez prudents.

Rigsby et Van Pelt acquiescèrent mais Cho releva la tête et croisa le regard inquiet de sa supérieure. C'était l'agent le plus discret de la troupe mais aussi le plus attentif aux moindres étrangetés.

- On mettra nos gilets pare-balle avant de sonner à leur porte, déclara-t-il.

Lisbon ne su pas tout de suite s'il prenait son inquiétude à la légère et s'en amusait ou s'il était vraiment sérieux. Mais lorsqu'il lui fit un signe de tête avant de partir, elle réalisa qu'il avait tenu compte de son appréhension et était tout ce qu'il y avait de plus sérieux. Elle y répondit avant de faire demi-tour pour retourner dans son bureau. A peine eut-elle atteint la porte qu'une main se posa sur son épaule et la fit sursauter.

- Pardon, s'excusa le jeune homme qu'elle avait en face d'elle. Je n'voulais pas vous faire peur…

Il avait parlé très vite, mais si quelqu'un semblait terrifié dans cette pièce, c'était bien lui. Il était essoufflé et un peu rouge et serrait ses poings à s'enfoncer les ongles dans les paumes des mains.

- Je m'appelle Ayam. Je peux vous parler ?

Les cheveux étrangement clairs par rapport à son teint mat et les yeux presque noirs, il jeta un coup d'œil derrière son épaule avant de revenir à Lisbon.

- A quel propos ?

- C'est confidentiel. On peut entrer dans votre bureau ?

Un peu réticente à se retrouver seule avec un inconnu instable, Lisbon ouvrit tout de même sa porte et l'invita à entrer, avant de refermer derrière elle. Lorsqu'elle se retourna, l'homme était en train de baisser tous les stores de la pièce pour être sûr de ne pas être vu.

- Ayam ? Vous avez un comportement étrange, déclara posément Lisbon. Je vais devoir appeler la sécurité.

Deux grands yeux inquiets s'ouvrirent face à elle et le jeune homme agita ses mains devant lui.

- Non, non, non, non, non, non, non, n'appelez pas la sécurité, personne ne doit savoir que je suis ici ou ils auront ma famille ! Ecoutez-moi bien…

- Ayam, qui veut du mal à votre famille ?

- Ils veulent le code que Lea savait.

Lisbon sentit tout son corps se tendre à l'entente du prénom de sa victime.

- Mais elle a résisté et ils l'ont tuée en toute tranquillité parce qu'ils savent que Lea m'a confié ce code.

Le jeune Ayam chuchotait et s'agitait comme un papillon de nuit autour d'une lampe trop forte. Le cœur de la jeune femme s'accélérait tellement la situation devenait angoissante et menaçante à la fois.

- Je ne comprends rien, asseyez-vous et répétez-moi ça calmement.

- Je n'ai pas le temps d'être calme, mademoiselle Lisbon. Vous êtes sur cette enquête et vous saurez vous protéger d'eux avec vos armes et tout ça. Je vous donne le code et je retourne protéger ma famille. Ne le dites à personne.

- Quel est votre nom entier ? demanda alors la jeune femme en prenant un stylo.

- Ayam San Leon. Une fois que je vous aurai dit ce code, ils le sauront, me tueront et laisseront ma famille tranquille. C'est comme ça qu'ils fonctionnent. Et vous serez en danger ! Vous comprenez ?

Quelques informations commençaient à prendre forme dans son esprit et elle tenta de résumer la situation afin d'être sûre d'avoir compris l'essentiel.

- Lea était la seule à connaître un code. Quand elle vous l'a confié, ils l'ont su et l'ont torturée et tuée. Maintenant, c'est vous qu'ils veulent tuer ?

- Non, ils veulent me torturer et torturer ma famille pour que je leur dise le code mais s'ils savent que j'ai confié le code à quelqu'un d'autre, ils me tueront et laisseront ma famille vivre, vous comprenez ?

- Oui, oui, j'ai compris. On va vous protéger vous et votre famille.

- Non, non ! Vous ne pourrez pas ! La seule chance pour que ma famille vive, c'est que je me fasse tuer, il ne faut pas intervenir !

- Ayam...

Elle s'interrompit et recula lorsqu'Ayam s'approcha à quelques centimètres de son oreille. Il lui récita une suite de chiffres qu'elle enregistra sans trop de difficultés.

- Ne les dites à personne. Jamais. Ou ils auront le pouvoir et feront tout exploser !

- A quoi sert le code ?

- J'dois y aller, je dois rentrer protéger Lila et les enfants.

- A quoi sert le code ? Ayam ! Dites-moi à quoi sert le code !

- Vous le saurez bien assez tôt… Ils sauront que je vous ai dit ce code dans la minute qui suit, ils sont partout.

- Qui ?

- Protégez-vous, miss Lisbon, et ne mettez personne d'autre en danger.

Ayam mit son doigt sur sa bouche, signe qu'elle devait absolument taire le code. Puis il sortit de son bureau en courant et disparut aussi soudainement qu'il était apparu, laissant tomber une atmosphère pesante dans le bureau de Lisbon. Le cœur de cette dernière battait la chamade et elle se demandait si elle était réellement en danger ou si elle était tout simplement victime de la folie d'un passant. Malheureusement, toute l'histoire sonnait vrai et collait avec l'état de Lea et la secte. « Ils ».

Ça ne pouvait être que ça.

Elle se laissa tomber sur son fauteuil et tenta de reprendre une respiration régulière. A qui devait-elle en parler ? Hightower ? Jane ? Si Minelli était là, elle se serait confiée à lui, elle en était sûre. Et si elle le contactait ? Non. Si tout cela s'avérait vrai, il se ferait tuer au cours d'une de ses parties de pêche à cause d'elle. Cinq bonnes minutes défilèrent alors que ses pensées bouillonnaient. Elle revit le visage terrorisé d'Ayam et son doigt sur sa bouche qui lui imposait le silence. Un frisson la parcourut lorsqu'elle repensa au nombre de fois qu'il avait prononcé ce « ils », de la peur plein les veines. Apparemment, le picotement au ventre qu'elle avait ressentit ne concernait pas son équipe, mais elle-même.

- Quelle belle matinée ensoleillée…

Elle sortit de ses pensées et vit Jane entrer dans son bureau, s'étirant comme un chat sortant de sa sieste. Elle vit tout son visage changer plus vite que jamais. Son sourire disparut, ses yeux s'assombrirent, ses sourcils se froncèrent et des plis apparurent sur son front.

- Que s'est-il passé ?

Lisbon secoua la tête négativement, incapable de dire quoi que ce soit et de prendre une décision. En parler ? Se taire ?

- Lisbon ?

Elle se leva de son fauteuil et ferma la porte de son bureau en choisissant d'en dire un peu, mais pas tout.

- Un homme est venu me voir, commença-t-elle.

Elle réalisait qu'elle était essoufflée, comme si réfléchir avait fait appel à toutes ses fonctions vitales.

- Il s'appelle Ayam. Il m'a dit que Lea avait été tuée parce qu'elle connaissait un code que d'autres personnes voulaient.

- Qui ?

- Je n'sais pas, j'en sais rien du tout !

- Ne vous énervez pas… Il était comment cet homme ?

- Apeuré. Non, complètement terrifié.

Jane se retint de préciser qu'il s'attendait à une description physique.

- Lea lui a confié le code et il est sûr que ces gens vont le tuer maintenant.

- 'Maintenant' comme 'tout de suite' ?

- Peut-être bien.

- Et vous croyez à cette histoire alors pourquoi ne pas lui offrir une protection ?

- Non, je n'y crois pas forcément…

- Bien sûr que si, sinon vous auriez utilisé le conditionnel dans vos explications, ce que vous n'avez pas fait une seule fois.

- C'est compliqué… Il ne veut pas être protégé parce qu'il est persuadé que s'il fait ça, ils tueront sa famille.

- J'ai un peu de mal à vous suivre, avoua Jane.

Il indiqua le canapé à Lisbon qui s'y assit sans même s'en rendre compte, et s'installa à côté d'elle.

- Ces gens veulent tuer ceux qui connaissent le code, reprit-il. Un code pour quoi, d'ailleurs ?

- Aucune idée.

- D'accord, passons. S'ils tuent cet Amal…

- Ayam, le corrigea Lisbon

- Ayam. Pourquoi tuer sa famille ? Elle sait le code ?

- Non, non, vous n'y êtes pas ! s'exclama Lisbon en se relevant. Ces gens veulent le code ! Ils ont torturé Lea pour l'avoir et l'ont tuée seulement parce qu'ils ont appris qu'elle avait confié le code à quelqu'un d'autre entre temps ! C'était pour la punir !

- D'accord, j'ai saisi. Mais pourquoi tuer Ayam ? Il n'a probablement confié le code à personne.

- Si, justement. Parce que s'il avait gardé le code pour lui-même, ils l'auraient torturé lui et sa famille pour le faire parler. Alors que là, ils vont le torturer et le tuer sans recourir à la torture de sa famille puisqu'ils sauront que quelqu'un d'autre a le code. C'est comme ça qu'ils fonctionnent, c'est ce qu'il m'a dit.

- Donc il refuse la protection pour mourir et protéger sa famille.

- Oui.

- Et à qui a-t-il confié ce code ? Il vous a dit à qui il avait confié le code ?

Lisbon ouvrit la bouche sans qu'aucun son n'en sorte. Elle arrivait au passage qu'elle devait taire. Il fallait donc mentir.

- Non. Non, il ne me l'a pas dit.

- Mais pourquoi ? Cette personne est en danger, c'est absurde, il aurait du vous le dire.

- Je n'sais pas, marmonna Lisbon.

Elle regardait Jane du coin de l'œil qui secouait la tête en réfléchissant. Elle se sentit soulagée en constatant que son mensonge était passé mais l'inquiétude refit vite son apparition.

- Qu'est-ce que vous allez faire ?

Quelqu'un frappa à sa porte et les deux amis sursautèrent. Il était impossible pour Lisbon d'enlever de son esprit que ce pouvait très bien être les « ils » qui venaient lui rendre visite. Ils sont partout, avait dit Ayam. Elle se leva pour aller ouvrir, la main encore tremblante tout près de son arme de service. Hightower.

- Cho essaie de vous joindre sur votre portable, il dit que c'est important.

- Merde, rumina-t-elle. Je l'ai laissé en silencieux. Merci, madame, je le rappelle.

- Tenez-moi au courant des avancées de l'enquête.

- Bien, madame.

Sa supérieure repartit aussitôt et Lisbon se tourna vers Jane.

- Ouf, elle n'a rien remarqué.

- Vous plaisantez ? Elle m'a interrogé du regard dès que vous avez tourné la tête pour chercher votre portable des yeux.

- C'est vrai ?

- Je n'ai aucun intérêt à vous mentir et vu l'état dans lequel vous êtes et la façon que vous avez de garder votre main tout près de votre arme, j'avoue ne pas du tout me sentir d'humeur taquine.

Lisbon soupira et laissa retomber sa main.

- Ce n'est pas grave, je lui dirai que c'est un problème personnel si elle me pose des questions. Il faut que je rappelle Cho.

Elle s'empara de son portable et composa l'abrégé de son agent.

- C'est Lisbon.

Elle mit le haut-parleur.

- Patron, il n'y a plus personne ici. Ils sont déjà partis. C'est une petite maisonnette tranquille mais l'intérieur est saccagé, comme si des personnes étaient venues chercher quelque chose de précis. Il y a aussi des restes de plans et d'écrits et c'est là que ça se dramatise un peu, je vous passe Rigsby.

- Apparemment, la secte possédait quelque chose d'important, reprit la voix de Rigsby. Une sorte d'arme qui doit servir à faire renaître les disciples qui en font partie.

On entendit un bruit de papier et l'agent repris.

- Je ne pense pas que la secte soit encore en possession de cette arme. A mon avis, on le leur a volé. C'est pour ça que la maison est dans cet état.

- En résumé, reprit Lisbon, une arme, on ne sait pas quoi exactement, se promène dans la nature et la secte a disparut.

Un silence de confirmation dura quelques secondes au bout du fil. Lisbon essayait de faire le lien entre tous les évènements mais elle n'y parvenait pas. Jane le fit pour elle.

- Est-ce possible que l'arme soit enfermée dans un coffre-fort ? Demanda-t-il à ses collègues.

- C'est même très probable, lui répondit Rigsby. Mais il n'y a aucune trace de coffre-fort ici, ce qui veut dire que les voleurs l'ont emporté avec eux.

Jane regarda Lisbon qui se frottait le front en réfléchissant intensivement.

- Je ne comprends pas, marmonna-t-elle finalement. Ils n'ont pas besoin du code pour ouvrir le coffre, il leur suffit de faire exploser la serrure, c'est très facile.

- Quel code ? demanda Van Pelt. De quoi on parle, là ?

- On vous expliquera, répondit Jane, c'est un peu long.

- Attendez, s'immobilisa soudain Lisbon.

Jane resta immobile pour ne pas déconcentrer le cheminement de pensées de sa supérieure.

- « ils auront le pouvoir et feront tout exploser », récita-t-elle.

Elle releva la tête et plongea son regard dans celui de Jane qui venait de comprendre.

- Ils ont absolument besoin du code, ils ne peuvent pas faire exploser la serrure, dit-elle d'une voix tremblante.

- Parce c'est une bombe, compléta Jane.

Lisbon confirma d'un hochement de tête.

- C'est une bombe ? répéta Rigsby.

- Rentrez tout de suite, on va vous expliquer.

-ooo-ooo-ooo-

Dans la salle commune du CBI, cinq cerveaux en ébullition cherchaient un moyen de relier tous les éléments et surtout, de faire le bon choix pour Ayam et sa famille.

- Moi je pense qu'il faut en parler à Hightower, déclara Van Pelt.

- Oui et comme ça, on protège toute sa famille et si on échoue, tout le monde meurt, répliqua Rigsby. Excellente idée…

La jeune rousse soupira et se mura à nouveau dans le silence.

- Il ne faut pas tout lui dire, déclara Jane. On dit qu'Ayam est venu et nous a expliqué le meurtre de Lea sans préciser qu'il s'est aussi cité comme étant en danger.

- On ne dit pas qu'il sait le code ? demanda Lisbon.

- Non.

Elle grimaça d'incertitude et chercha le doute dans les yeux de Jane. Elle se détendit un peu en voyant qu'il n'y en avait pas.

- C'est la bonne chose à faire, Lisbon. Vous avez confiance en moi ?

- Je déteste cette question, ronchonna-t-elle. Bien, je vais voir Hightower et vous, préparez-vous à retourner sur le terrain, on va examiner les lieux du cambriolage en détails.

Elle enfila sa veste kaki et en passant la porte, son équipe l'entendit marmonner :

- Il faut qu'on trouve un indice qui nous permette de mettre la main sur la bombe…

Les quatre amis se préparèrent en silence en attendant le retour de leur supérieure.

-ooo-ooo-ooo-

L'endroit était désert et les arbres qui bordaient la petite propriété étaient immenses. Couvrant presque le chant des oiseaux, le vent faisait balancer leurs cimes et faisait voler quelques morceaux de papier vierge dans les hautes herbes. Rigsby entra le premier et indiqua une petite pièce à l'équipe.

- A mon avis, le coffre se trouvait là. La porte est blindée et l'endroit est étroit, c'est l'idéal pour une bombe.

- Ok… Continuez de fouiller la maison, je vais voir si je trouve quelque chose sur le chemin de terre et de cailloux.

- Je viens avec vous, déclara Jane en suivant Lisbon.

Ils marchèrent tout deux jusqu'à la bordure du chemin et commencèrent à observer le sol de près.

- Qu'a dit Hightower à propos de la bombe ?

- Elle voulait mettre une deuxième équipe sur le coup mais j'ai refusé.

- Avec quels arguments ?

- Je connais parfaitement mon équipe. Je ne doute pas que les autres soient bons mais je ne sais pas comment ils fonctionnent, ça mettrait tout le monde en danger.

- Pourquoi est-ce que vous regardez derrière votre épaule toutes les cinq minutes ? Vous allez finir par me foutre vraiment les jetons…

- C'est juste…

Lisbon haussa les épaules. C'était juste qu'elle était la prochaine cible d'un groupe dont elle ne savait rien si ce n'était leur dangerosité. Mais ça, elle n'avait pas l'intention de le dire.

- Il vous a transmis sa peur ?

- Ayam ?

- Oui.

- Peut-être bien. Là, qu'est-ce que c'est ? demanda-t-elle soudain en s'accroupissant.

Elle sortit de la terre un mouchoir en tissu rose et rouge, recouvert de nounours blancs. Il appartenait sûrement à une petite fille.

- Ça ne veut rien dire, voulu la rassurer Jane, peut-être qu'une gamine l'a perdu là il y a longtemps.

- Non. Ça veut simplement dire qu'il y a des enfants qui font partie de la secte. Au moins, puisque leur bombe leur a été volée, ils n'exploseront pas dans les prochains jours.

- Oh, grimaça Jane. Vous rendez l'enquête extrêmement violente.

Lisbon se remit debout et le dévisagea, le mouchoir pendant dans sa main droite.

- Il y a une bombe, Jane.

- Meh, dit-il en haussant les épaules. Personne ne sait le code du coffre pour l'instant.

- Non, répondit Lisbon en baissant les yeux. Personne…

- Là, regardez, il y avait une flaque d'eau lorsqu'un véhicule est passé et la trace des pneus a séché comme ça. Rigsbyyyyyyyy !

- Wo wo ! s'exclama Lisbon en mettant sa main sur son oreille. Pas la peine de me percer les tympans !

Jane se tourna vers elle et esquissa un sourire en s'approchant un peu.

- Ce que vous pouvez être grincheuse aujourd'hui… Vous voulez que je vienne chez vous ce soir ?

Lisbon lui lança un regard noir et recula vivement.

- C'est déplacé, c'est…

- D'accord, d'accord… Pas ce soir.

Blasée, la jeune femme pencha la tête sur le côté et soupira devant le regard malicieux de son consultant.

- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Rigsby en les rejoignant.

- Jane a trouvé les traces d'un véhicule dans la terre sèche. Vous voulez bien gérer les photos ?

- Ça marche, patron.

Lisbon regarda les alentours. Si au moins il y avait eut quelques voisins, même un seul. Mais la secte avait été maligne et avait choisit un endroit bien isolé, à l'abri des regards. Elle comprit un peu pourquoi Lea se sentait protégée dans cet endroit.

- Voilà, déclara Rigsby. J'envoie directement les photos au labo. Autre chose ?

- On a juste trouvé un mouchoir.

- Une chance qu'il y ait de l'ADN ?

- Très peu.

Ils continuèrent à inspecter les lieux encore plus d'une heure puis décidèrent d'aller manger en ville avant d'amener leur trouvaille au labo.

Ils passèrent une bonne partie de l'après-midi à faire d'autres recherches pour localiser la secte ou leurs voleurs, en vain. Ce ne fut que vers dix-sept heures, lorsqu'Hightower les rejoignit avec les résultats du laboratoire scientifique, qu'ils purent progresser de quelques millimètres.

- L'ADN du mouchoir n'a rien donné. En revanche, les empruntes proviennent d'un camion très peu répandu. Je vous laisse lire le résumé et comme toujours, tenez-moi au courant des avancées.

- Merci madame, dit Lisbon en s'emparant du dossier pour le lire. Van Pelt, entrez les caractéristiques du camion dans la base de données et dites-moi ce qu'il en sort.

- Je m'y mets.

Un groupe d'agents, suivit par Wallis, passa à pas pressés devant la porte ouverte de la pièce. Lisbon se leva lentement sous les yeux observateurs de Jane et elle se mit soudain à courir pour rattraper le groupe dans le couloir. Elle s'adressa au chef d'équipe.

- Agent Wallis ?

- Oui ?

- Vous avez une nouvelle enquête ?

L'agent la dévisagea en se demandant si elle voulait la lui faire retirer ou si elle voulait juste des informations.

- Je sais, je ne suis pas censée vous poser des questions mais… si vous voulez bien me tenir informer de l'identité de la victime s'il y en a une, je vous en serais reconnaissante. Je peux vous laisser mon numéro ?

- Agent Lisbon, vous savez tout aussi bien que moi qu'on n'a pas que ça à faire lorsqu'on a un meurtre à résoudre. Voyez ça avec Hightower.

Les portes de l'ascenseur se refermèrent et lorsque la jeune femme fit demi-tour, elle se retrouva nez à nez avec son consultant.

- Je vous ramène ces informations dans les plus brefs délais, agent Lisbon, lui dit-il avec un clin d'œil en entrant dans le second ascenseur.

Déconcentrée par l'accélération légère de son rythme cardiaque, elle oublia de lui dire merci et de lui faire quelques recommandations. Elle ne quitta pas ses yeux bleus jusqu'à ce que les portes de l'ascenseur se soient complètement fermées, se demandant ce qu'il venait de se passer exactement. Elle secoua la tête et battit des paupières comme pour revenir sur terre et retourna se blottir auprès de son équipe et de son téléphone, priant pour qu'on ne lui annonce pas la mort de son visiteur matinal.