Maman rangeait la cuisine après avoir préparer des beignets à la fraise et assis à la table à dîner, Papa travaillait sur la rédaction de sa maîtrise en science lorsque je suis entrée dans la cuisine les lendemain, après l'école.

«Maman?» demandai-je le plus innocemment possible en entrant dans la cuisine «On pourrait acheter du camembert dans l'épicerie de cette semaine? J'aurais envie d'en manger.» Mon excuse était plausible, non?

Autant Maman que Papa furent changé en statue. «Elle l'a déjà passée au doigt?» demanda-t-elle sur un ton inquiet. Est-ce que j'étais une si piètre menteuse que ça? Je devais surement pouvoir faire mieux. Je n'avais qu'à faire semblant de rien et ne pas m'accrocher dans les détails. Peut-être qu'ils ne parlaient pas de moi…

Les yeux de Papa glissèrent lentement depuis sa tablette jusqu'à mes mains où il reconnu une certaine bague argentée qu'il avait l'habitude de porter. «Oui» répondit-il. Ohoh! À quel point leur opinion était-elle irréversible?

«Ok» fut le seul mot que prononça Maman pour se motiver. Elle essuya ses mains et vint s'asseoir à la table en échangeant une conversation par le regard avec mon père.

«Je ne comprends pas» fit-je embarrassée par mon mensonge. «Je veux juste goûter à du camembert. Je ne sais même pas si j'aime ça ou pas.»

«Vois-tu, ma petite chérie, ton père est allergique à l'odeur et au nom.» lui expliqua Marinette.

Ha! Ok. Plagg m'avait dit que c'était le camembert qui lui fournissait son énergie. On comprend avec la force de l'odeur du truc. Mais je ne me serais pas douter que cela avait marqué mon père à se point. J'aurais peut-être dû deviner puisque c'était l'un des seuls fromages qui ne passait jamais la porte de la maison.

C'était pour cela que j'avais pensé à cette excuse. Je vais vraiment devoir améliorer mes stratégies si je veux être une bonne héroïne.

«Mais de toute façon» se moqua sans rire l'ancien ChatNoir «Quelques bouchées devraient suffire pour que tu considère toi aussi que ce fromage sent trop mauvais pour valoir la peine d'en manger. Et si par hasard tu y prends goût. On peut peut-être faire un compromis et en acheter un petit morceau tous les mois tout au plus.»

«Euh, euh, et si j'aime vraiment beaucoup, beaucoup, ça…» demandai-je en hésitant. J'avais l'impression qu'il en faudrait un peu plus que ça à Plagg. Il était petit, mais tout de même…

«Tu n'aimeras pas ça.» affirma son père «Le camembert est l'aliment le plus dégoûtant jamais inventé! Je suis heureux que des associations essaient d'en interdire la fabrication.» Euh, il essayait vraiment de protéger ses narines ou il se moquait de moi? S'il avait deviné que j'avais rencontré Plagg, pourquoi insister sur cette histoire de fromage comme si c'était le plus important?

«Tu n'as peut-être pas besoin d'en faire autant...» suggéra ma mère.

«Je crois que je vais continuer à défendre mon point de vue tant que le chat ne sera pas sortie du sac. Après tout, je n'ai pas vraiment envie qu'Emma devienne accro au camembert. Une alimentation basée sur le camembert peut vraiment faire un trou dans un budget familial. Et c'est encore plus vrai si la personne qui a ce régime est un ventre sur patte qui ne pense qu'à ça du matin au soir.»

«On pourrait savoir qui tu traites de ventre sur patte?» cria avec une voix nasillarde une petite boule noire lancée telle une fusée depuis ma tignasse où il s'était caché.

«Toi, mon cher Plagg. Tu n'es qu'un goinfre. Au fait, content de te revoir. Tu n'a pas eu envie de passer me dire bonjour en arrivant?» salua papa.

«Bonjour. Je peux avoir du camembert?» Insista le quaami. (En fait il parait que ça s'écrit kwami, finalement.)

«Non. Il n'y a que du cheddar doux.» répondit Adrien content de lui-même.

«Depuis quand es-tu aussi cruel pour ton vieil ami qui a tant fait pour toi?» se plaignit le petit kwami du chat.

«Oh, mais tu me dois aussi quelques revanches, surtout si on parle de camembert!» se défendit mon père.

«Arrêtez de vous disputer tous les deux. Vous aurez tout le temps plus tard. Plagg, pourquoi es-tu réveillé, il y a une menace?» demanda Maman pour passer aux choses importantes. J'essayais de me faire oublier. Avec un peu de chance, maman oublierait de me punir pour avoir choisie de devenir une super-héroïne comme eux.

«Wayzz a senti un déséquilibre dans les énergies.» expliqua Plagg. Et donc Wayzz c'est? Et je le sais toujours pas.

«Et vous n'avez pas pensé venir nous voir en premier? Nous sommes encore assez jeunes pour nous battre et en plus, on a de l'expérience. » s'offusqua Adrien.

«Ça n'aurait pas contrariez un certain projet de… bébé? » Sous-entendit Plagg. Comment il pouvait savoir? Même moi, je ne savais pas.

«Là n'est pas la question.» fit Marinette en s'étouffant « Plagg, est-ce que Tikki a déjà rejoint sa porteuse?» fit Marinette qui aurait bien voulu que sa vieille amie participe à la conversation. Une porteuse? J'aurai une partenaire? Alors, pas de joli mec musclé pour moi? Tant pis, au moins j'aurai une copine avec qui rigoler pour vrai.

«En fait» avoua la petite créature noire «Tikki ne sera réveillée que si la menace l'exige.»

«C'est inacceptable! Je refuse que ma fille soit seule pour son premier combat! Elle est trop, hum, euh…» Maman s'interrompit gênée de ce qu'elle allait ajouter : «Jeune.»

«Elle est plus jeune de seulement quelques semaines de l'âge que tu avais lorsque tu as commencé à te battre!» objecta Plagg.

«Et je n'étais pas seule!» contra Maman en défendant son point. «Ma décision ne change pas.» poursuivie-t-elle en se levant. Elle attrapa sa bourse et ouvrit la porte de la maison «On va chercher Tikki et si la menace nécessite une nouvelle héroïne, je l'aiderai à trouver une autre porteuse pour me remplacer. Mais je veux que Tikki soit réveillée!»

Attends, ça, ça veut dire que je ne serai pas forcée d'abandonner ma carrière d'héroïne même si mes parents sont au courant? Trop génial!

«Ce n'est peut-être pas nécessaire… Je peux surement faire le travail tout seul.» essaya Plagg. Bon est-ce qu'il est prétentieux ou il ne veut pas que j'aie de partenaire?

«Ça va vous donner un peu de temps ensemble, dans la même maison…» le tenta Marinette

(Note d'auteur : écrit avant l'épisode Sandboy ;)

«Qu'est-ce qu'on attend alors?» d'enthousiasma Plagg en filant vers elle. Nous laissant seul Papa et moi.

Une fois la porte de la maison refermée, il se tourna vers moi. «Bon, regardons ton horaire. Ça demande une bonne planification d'être un super-héros. Il n'est pas question que tu négliges tes travaux scolaires et il faut aussi qu'on se rajoute des séances d'entraînement père-fille sur le maniement du bâton. Tout ça doit te paraître énorme mais ne t'inquiète pas, je reste avec toi.»

Il fallait bien qu'il y ait un mauvais côté mais,… Je vais être une SUPER-HÉROÏNE! Yes, yes, yes, yes, yes.

000

Quelques heures plus tard, Papa et moi étions dissimulés entre les murs des garages et les haies bordant les propriétés des jardins de notre banlieue. La nuit était complètement tombée et nous camouflait.

On avait souvent joué à se battre avec des bâtons lorsque j'étais plus jeune mais c'était la première fois qu'il me demandait sérieusement de réussir les mouvements.

« Ton pouvoir fera en sorte que tout soit naturellement plus facile mais plus tu seras à ton aise sans eux, plus vaste seront tes capacités de combattante. Je veux que tu sois capable de te servir de ton bâton pour te défendre avant ton premier combat. En le faisant tourner suffisamment rapidement, il bloquera tous les projectiles qui essaieraient de t'atteindre. Ta mère a déjà coupé du métal avec la vitesse de son fil. »

« Comme ça, en bougeant les doigts? » vérifiai-je. Je me sentais plutôt nulle mais c'était cool. Je voulais tellement mérité de droit d'être une héroïne. Je suis certaine que je n'en serai pas une seulement parce que Plagg me donnera des pouvoirs. À mes yeux, je serai une vraie héroïne quand j'aurai fait la différence dans la vie de quelqu'un.

« Oui, et la vitesse est aussi importante pour l'équilibre. » me guida Papa.

Le visage de Papa s'éclaira tout à coup quand il entendit le sifflement d'une corde et Maman à atterrie sur le gazon ensuite dans un saut impressionnant. J'avais déjà vu des vidéos d'elle et bien sur, des tas de cascades au cinéma mais de le voir en vrai c'était : wow. Et moi aussi je vais faire ça?

Papa n'a pas résisté et il s'est avancé pour aller lui faire un baisemain avec une grande révérence. Maman a secoué la tête, découragée.

« Désolée de revenir si tard. J'ai décidé de faire un peu d'exercices et j'ai dû régler des problèmes en route. Les gens sont nerveux. Tout le monde en ville sent qu'il va se passer quelque chose. C'est moins calme qu'ici. »

Wow, ça sentait le roussi. Et c'est là que j'ai réalisé que si les problèmes arrivaient assez vite, j'allais être la partenaire de la Grande Ladybug! Celle sur qui Cédric a fait un exposé en histoire l'année dernière. Celle-là, c'est ma maman et je vais aller me battre à ses côtés! Est-ce que mes épaules sont assez larges pour résister à tant de pression? Non mais, non seulement ma mère va me regarder travailler mais en plus, ce sera pour faire du travail de super-héros!

« Est-ce que tu crois qu'on devrait emménager en ville pour être plus près de l'action? » demanda Papa.

« Je n'ai pas envie qu'Hugo se retrouve au beau milieu de tout ça. Je suis même inquiète pour mes parents. J'ai envie de leur demander de venir se cacher ici. » raconta Maman.

« Louis est avec Hugo mais ça va être l'heure de le coucher. Tu veux que j'y aille? » offrit Papa.

« Non, continu plutôt l'entraînement d'Emma avec Plagg. À mon avis, le temps presse. Et toi, jeune fille, pas trop sexy l'uniforme, compris? »

Plagg a flotté vers moi et j'étais trop contente parce que j'allais enfin me transformer pour vrai!

Louis était déjà en train de lire une histoire à Hugo pour l'endormir lorsque maman est aller parader devant eux en uniforme. Elle a poursuivit l'histoire en faisant les voix comme elle adore le faire. Nous aussi on adore ça, elle est très douée pour les imitations et les voix amusantes.

Après son départ, j'ai dû sortir papa de la transe où l'avait laissé maman. Il avait l'air suffoqué par l'apparence de ma mère. Je vous jure, je sens qu'ils vont me faire encore plus honte qu'avant maintenant qu'ils sont retombés en enfance. « Papa, de quoi parlait maman pour l'uniforme? »

« Euh, ton uniforme prendra l'image de ce que doivent porter, selon toi, les héros. Bon, je voudrais que tu continues avec le mouvement de tourniquet pour que ton muscle s'habitue. Et demain, essaie de regarder et d'analyser les vidéos des combats sur le ladyblog. Pour l'instant, je vais simplement te regarder travailler et passer un coup de fil d'accord? On passera au prochain mouvement ensuite. »

Moi, je voudrais simplement que les gens aient confiance en moi. En général, quand les gens me regardent, ils ne voient pas vraiment la petite fille sage. J'ai souvent trop de chose à faire pour m'occuper de mon apparence et maman me rappelle toujours de brosser mes cheveux et d'essayer d'être plus féminine. Moi, je trouve que ça prend trop de temps d'avoir une apparence soignée. J'aime mieux les tenues confortables qui s'enfilent en quelques secondes.

Mais je ne suis pas vraiment un garçon manqué non plus. J'aime bien les trucs qui montrent un peu de peau. Et j'aime bien faire les boutiques avec mes cops.' J'aime simplement davantage faire la fête que me préparer pour une fête.

En général, je considère que les gens n'ont qu'à me prendre comme je suis. Mais si je deviens une héroïne, je vais devoir faire des efforts et paraître plus présentable.


Moins de trois jours plus tard, je me tenais à côté de Ladybug et elle avait un regard et une expression furieuse en voyant apparaître un type sur le toit d'une grande boutique du quartier commerçant où nous étions déjà. On se préparait pour s'élancer à la poursuite de l'éléphant rouge qui fracassait des vitrines de boutiques de luxe depuis la fin du déjeuner.

Papa, (parce que c'était lui finalement) s'est demandé un instant si c'était son costume qui la dérangeait. C'était peut-être un peu trop charmeur? Il nous a avoué ensuite avoir été ravi de l'image que le miroir lui avait retournée. Il avait beau avoir passé le cap des trente ans, il aurait toujours pu être mannequin, selon lui.

La culotte de pantalon de drap noir qui moulait parfaitement ses jambes ne présentait aucun défaut. La large chemise blanche entrouverte ne laissait voir aucune cicatrice, s'est-il vanté. Il en était heureux même s'il se doutait que ça ne durerait pas s'il avait à se battre souvent. Des bottes souples au-dessus du genou, une ceinture rouge, des gants bruns qui s'élargissaient sur le bras et le masque de cuir qui se poursuivait en un foulard pour s'attacher derrière la tête complétaient la tenue du personnage qui allait avec son épée.

De toute façon, il savait qu'elle lui ferait rapidement savoir la raison de sa colère et effectivement, il trouva rapidement : sa sécurité personnelle. «Et où crois-tu allé comme ça? Les lieux sécuritaires sont derrière les barricades, de ce côté.»

Charmeur, il minimisa son inquiétude d'un geste négligent du poignet et d'une blague : « Et si on essayait de commencer par la fin? »

Et avant que maman et moi on comprenne ce qui arrivait, il l'embrassa à pleine bouche et fut absolument ravie de voir ses joues rougir lorsqu'il la relâcha. C'est que le costume était plutôt efficace pour attirer l'attention et dissimulé son identité. D'ailleurs, j'ai été vraiment idiote parce que je lui ai planté mon bâton sous le menton. Parce que vraiment, je ne l'avais pas reconnu.

Il chassa l'arme d'un revers de la main négligeant sans me regarder dans les yeux. Lorsqu'on est en uniforme, il n'est pas mon père mais mon mentor. C'était une toute autre histoire pour sa Lady.

« Hé! Ta main! Tu vois, tu commences déjà à être négligent. » reprocha-t-elle.

En effet, il s'était fait mal sur le bâton mais il fallait serrer les dents et se mettre au boulot.

« On a pas le temps pour l'instant. Le mastodonte va finir par blesser des gens. Moi, je vais avec Ems pour le distraire et tu évacues les dernières victimes qui n'ont pas encore fuit. »

« Oh! Et tu vas faire quoi avec ton cure-dent contre un éléphant? Lui piquer les fesses? » se moqua Maman pour l'épée de Papa.

« Ça pourrait effectivement marcher. Tu as toujours de brillantes idées, ma Lady! » répondit Papa en y songeant très sérieusement.

Elle roula des yeux et partie de son côté en ordonnant de son ton sans réplique de vrai bonne maman : « Soyez très prudent. Aucun risque inutile! »

« Prête? » me demanda Papa avec un sourire confiant.

« Désolée, je t'avais pas reconnu… » que je m'excusai, gênée.

« Ça va! C'est fait pour! » Il passa un bras autour de mes épaules et on s'est élancé du toit.

Utiliser la pointe de son épée pour agacer la bête était une bonne idée. Elle était plus lente que ma vitesse d'héroïne. Du moins jusqu'à ce que l'éléphant rouge devienne un tigre bleu pâle aux rayures bleues foncées.

Papa-déguisé-en-héros-charmeur se détacha alors de moi en me demandant de bloquer la gueule avec mon bâton tout en restant loin des griffes. Lui-même partie vers une voiture de luxe stationnée entre deux immeubles et couverte d'une bâche de protection en tissus.

Il la détachait avec sa lame lorsque maman le sauva en le soulevant avec le fil de son yoyo. Le fauve était partie sur ses talons plutôt que de rester dans la rue principale pour m'affronter. Étrange, c'était pourtant moi la cible la plus facile des deux? Il jeta la bâche sur le fauve et Maman donna un autre tour de corde.

Instinctivement, nous ont-ils raconté plus tard, ils avaient tous deux adopté la tactique qu'ils avaient utilisé des années plus tôt pour combattre Animan, la version akumatisé du père d'Alya. Ils le poussaient à se transformer jusqu'à l'épuisement pour le reste du combat.

Évidement, ce n'était pas un akuma. Le miraculous du Papillon dormait dans la miracle box, ça ils s'en étaient assurés.

Mais, on pouvait discerner, une certaine intelligence humaine derrière les réactions de notre opposant qui changeait sans arrêt d'apparence pour combattre efficacement. Doutes confirmés par les métamorphoses humaines qui suivirent. Nous avons apprit beaucoup de chose sur le caractère et le niveau de ce nouvel ennemi durant le combat mais rien sur ses motivations : il ne parlait pas.

Finalement, leur stratégie finit par payer et lorsque le combattant finit par se changer en brume pour ne plus reparaître, nous avons comprit tous les trois que nous avions réussit à l'épuiser.

«Il était temps!» souffla Papa qui dû s'asseoir à bout de souffle.

000

Ladybug retarda la réparation de la ville avec l'accord des commerçants pour permettre les investigations de la police. Après, il s'est passé un truc trop génial, nous nous sommes félicité en frappant tous les trois nos points ensemble comme ils le faisaient avant. Moi aussi je suis l'une d'entre eux : une héroïne. Oh! Svp faîtes que ça dure. Le truc de super-héroïne pas, les attaques de cet ennemi sur les gens, bien sur. Et c'est comme ça que s'est terminé mon premier combat.

Après, Maman m'a demandé si j'étais prête pour le prochain défi. J'ai comprit de quoi elle parlait en voyant plusieurs journalistes s'avancer vers nous avec des caméras. Et c'était plutôt effrayant.

Au moins, ma marraine Alya était parmi eux et ça m'a rassuré un peu. Mais Alya ne resta pas pour nous poser des questions comme les autres. Elle prit quelques photos de nous avant de se glisser avec mon père dans les dégâts causés par l'ennemi. Comme les journalistes ne parlaient qu'à ma mère, je me suis glissé aussi avec eux.

Je leur ai demandé : « Qu'est-ce que vous faites? » J'avais peur que des rumeurs se répandent autour d'une relation entre Papa et tante Alya. C'est quoi cette idée de s'isoler ensemble avec tous les journalistes qui sont tout près?

« On essaie de connaître ses motivations. Mais pour l'instant ça ressemble plutôt au plaisir de détruire. » répondit mon père.

« Hé! Et si j'en profitais pour faire une entrevue exclusive sur toi, Ems? » m'encouragea Alya qui se plaça près de moi pour qu'on soit toutes les deux dans le champs de son téléphone.

« Salut les buggeurs! Je suis Alya Césaire pour le ladyblog pour ceux qui ne me connaissent pas. Les vilains sont de retour sur Paris et les héros les ont suivit! Je suis en compagnie de la seule et unique Kitty Noire qui vient de terminer son combat contre le tout nouvel ennemi qui ne porte pas encore de nom. Alors, comment c'était? »

« Je sais pas. Je n'ai pas beaucoup de point de référence. C'était la première fois que je me battais. Il parait que c'est à vous qu'il faut le demander. C'est à vous de dire si j'ai été à la hauteur. » Ça avait beau être génial d'être interrogée pour vrai par une journaliste même si c'est ma marraine, je ne voulais pas passer pour une arrogante ou pire une débile en disant que je m'étais trouvé super bonne si finalement j'avais fait une grosse cata.

« En fait » rigola Alya. « Je vous demandais si vous vous étiez amusé maaais, puisque nous abordons le sujet de tes performances, allons demandez a un expert. » poursuivit-elle en avançant du côté de Papa et en tournant son téléphone pour le filmer.

« Je ne suis pas un expert, Alya. Je suis encore père et un père très fier en plus! Elle a été géniale et en a fait autant que Ladybug et moi. On est les meilleurs! »

« Et oui, il ne porte plus les oreilles mais ses blagues pourries sont restées!» se moqua la journaliste pour son public. «Vous aurez reconnu comme moi ChatNoir, héros de Paris sortit de sa retraite pour l'occasion. Alors, le cuir était trop démodé selon toi, alors tu as choisis le look indépendance de la Californie? »

« Les épées, ça ne se démode pas! Et le look de Don Juan, c'est pour aller avec! En plus, je trouve que ça me donne un charme fou! »

« Bon, et bien, chacun ses goûts! Mais reprenons avec notre nouvelle super-héroïne plutôt que de parler avec ce type évadé des mêmes bouquins d'histoire que ceux où on parle des dinosaures. La jeune génération est parmi nous! » Personne ne l'a su parce qu'Alya avait déjà retourné sa caméra mais, Papa lui a fait une grimace. Je te jure, toute cette histoire est en train de monter à la tête de mes parents! Surtout celle de mon père.

C'est finalement ma mère qui en avait terminé avec les journalistes qui vint nous interrompre Alya et moi. Mais j'ai prit ensuite le temps de demander à ma marraine, en dehors de la caméra, pendant que mes parents parlaient ensemble de l'ennemi : « Pourquoi tu m'as nommé Kitty Noire? »

« Ma chérie, c'est le nom de super-héroïne que tu portes depuis que tu sais marcher. Ta mère l'a choisit pour toi à cause de ton père. Il lui manquait tant! Mais si tu veux, on peut refaire l'introduction de l'entrevue avec un autre nom? »

« Non, c'est pas si mal comme nom de super-héroïne. C'est bien. »

« Tu sais, c'est ton père qui a suggéré Ladybug pour ta mère lors de leur premier combat. Elle n'en avait pas choisit et on la nommait d'un tas de façons différentes pendant le combat et elle a finalement choisit un de ceux que ton père avait proposé. » Elle secoua ensuite la tête de découragement et prit une photo de mes parents qui s'embrassaient amoureusement un peu plus loin.


« Mais qu'est-ce que tu reproches aux autres candidates? » demanda la voix de Plagg au travers de la trappe de l'ancienne chambre de maman.

Papa venait de terminer le ménage de la boulangerie et venait de rejoindre l'appartement pour le souper. J'étais au grenier en train de les écouter mais je pratiquais aussi le maniement de mon bâton.

Après notre premier combat contre le Métamorphe, Papa avait demandé à mes grands-parents de s'occuper de Hugo et Louis pendant que lui-même et Maman s'occupaient de la boulangerie, de m'entraîner et de trouver une nouvelle super-héroïne pour remplacer Maman.

Il avait pensé que cette tâche serait plus facile puisque nous avions accès de la broche du Papillon dont le rôle était essentiellement, à la base, de trouver des super-héros. Mais maman trouvait des défauts à toutes les candidates.

« C'est vrai, elles on toutes un très grand cœur et de l'énergie mais leur vie va être bouleversée. » expliqua la voix de ma mère. « La nouvelle héroïne va devoir s'adapter à une nouvelle vie et elle subira les réprimandes de son entourage. Il faut choisir quelqu'un prête à changer de mode de vie. »

Elle préparait le souper pendant que Tikki et Plagg discutaient avec elle depuis la table. « Comment va Emma dans son entrainement de combat selon toi? » demanda-t-elle à Papa alors qu'il déposait l'assiette de cookie qu'il venait de faire pour Tikki.

« Pas assez bien à mon goût. Elle est très douée, suffisamment pour avoir été capable de combattre des akumas s'il y en avait encore mais, pour avoir affronter la version combattante du Métamorphe, je pense qu'il lui manque quelques années de pratique. »

« Et si on faisait l'inverse! » s'écria Marinette. « On a toujours travaillé toi les muscles et moi les plans contre les akumas parce que j'avais le lucky charme mais avec le Métamorphe, les rôles sont plus flous. C'est vrai qu'il sait se battre mais autant Emma que sa partenaire devront se défendre et faire preuve d'ingéniosité. Emma manque peut-être d'années d'entrainement au combat mais c'est une futée. On va chercher une sportive, une athlète multidisciplinaire, capable de s'adapter à tout ce que lui enverra le Métamorphe, avec la force de la coccinelle en plus dans les bras. Et ce sera à Emma de fabriquer des pièges pour le coincer avec le lucky charme que lui passera sa partenaire. »


Je baillais en m'installant dans un corridor de l'école le lundi de la semaine suivante. Il était encore si tôt et je m'étais entraîner tard la veille. J'avais vraiment l'impression que mes épaules étaient prêtes à se fendre en deux pour laisser tomber mes bras. Je me suis effondrée sur un banc de la cours pour attendre mes amis. Je n'avais pas eu à changer d'école puisque mes parents avaient accepté de m'y conduire le matin, mais je devais définitivement me lever trop tôt pour aider à la boulangerie et faire le trajet ensuite.

Ce qui était étrange, c'est qu'ils s'attendaient à ce que je retourne de moi-même en ville aidée de mes pouvoirs si le Métamorphe apparaissait mais qu'ils insistaient pour que je ne montre pas mon uniforme en dehors des alertes.

Mes parents avaient toujours été un peu décalés en comparaison des autres parents mais découvrir qu'ils avaient été des supers-héros, les véritables super-héros, et que j'avais été choisie, moi aussi, pour en être une était un choc.

«Salut Ems! Tu t'es encore battue avec ta brosse à cheveux! On dirait qu'elle a encore gagné!» Kathy! La grande blonde très chique et ma prétendue meilleure amie venait d'arrivée. Elle était suivie de Béatrice. Petite, effacée, Béa me suivait comme mon ombre recherchant ma protection et mon attention.

Je ne peux pas trop me plaindre tout de même. J'ai beaucoup d'amis et je m'entends bien avec tous les élèves, je suis plutôt populaire ou du moins j'essais de l'être le plus possible sans trahir mes valeurs. Mais, même si Kathy ne crée jamais de chicane directement avec moi, je me dis souvent qu'avec une amie comme elle, je n'ai pas besoin d'ennemis.

«Alllooo Louis, comment ça va ce matin?» et voilà la raison pour laquelle Kathy traînait toujours derrière moi : mon frère Louis.

«Rien de spéciale, Kathy. C'est aimable à toi de t'en inquiéter.» répondit Louis sans émotion particulière.

Louis plait à toutes les filles. Il est naturellement très beau. Ce qui est logique puisqu'il ressemble à notre père lorsqu'il était jeune et qu'à cette époque, il était mannequin.

Moi aussi, je suis plutôt jolie, enfin chacun ses goûts. Je n'aime pas vraiment la forme de mon visage mais tous les adultes me disent que j'aurais un succès fou avec les garçons si je m'arrangeais un peu. Mais ça se sont les adultes pas les garçons de mon école. Je pense que venant de ma mère, le commentaire a surtout pour but de me pousser à me coiffer et à m'habiller avec des vêtements plus féminins.

Mais chaque fois que mon père entend ce genre de réflexion, il m'entraîne dans la cour arrière pour chahuter avec moi. Il me voit comme une princesse mais il préférait tout de même que sa petite fille soit capable de se défendre. …Ce qui va se révéler plus utile que prévu finalement.

Ma mère va peut-être arrêter de me prendre la tête avec mon apparence maintenant que j'ai aussi celle de Kitty Noire. Je ne l'avouerai jamais à personne mais j'adore ma tenue de super-héroïne. Noire, confortable, élégante et classique mais un des avantages, c'est qu'en me transformant, ma crinière sauvage se coiffe sagement en une grosse natte lourde et élégante descendant dans son dos. J'ai l'impression que mes cheveux sont plus longs et plus doux. Je ressemble un peu à une policière dans les forces spéciales mais sans le casque.

Mon frère me lança un sac de vêtements avec force vers mon ventre. Lorsque je le regardai pour l'interroger, il expliqua : «Test de réflexe.» Je lui lançai à mon tour un sac de la boulangerie que je sortie de mon sac d'école pour le lui envoyer. «Je n'ai pas besoin que tu m'apporte le petit-déjeuner. J'ai papi à la maison qui s'en occupe.» me répondit-il.

«Ce sont des peluches que papa a achetés pour Hugo. Ladybug et ChatNoir.»

«T'en fait pas, je suis certain qu'ils sortiront des Kitty Noire très bientôt!» plaisanta-t-il. Ce qui lui valu une grimace de ma part. Et oui, moi aussi je peux faire l'enfant comme Papa des fois.

«Oh! Parlant de super-héros!» s'exclama Kathy. «Dis voir Louis, tu m'obtiendrais un autographe de ta tante Alya? Elle est devenue super tendance maintenant que son blog n'est plus démodé.»

«Pourquoi, tu ne lui demanderais pas toi-même, tu l'as vu il y a moins de deux semaines à notre anniversaire.» avançai-je.

«Oui, mais maintenant qu'elle est célèbre, elle m'intimide.» expliqua Kathy.

«C'est mieux si c'est Emma qui lui demande. Elles se voient plus souvent maintenant.» lui répondit Louis. Je suis sure qu'il n'est pas intéressé par Kathy. Mais je ne mettrais pas ma main au feu qu'il ne ressent rien pour Béa.

«Salut les cops'!» Intervint un grand lourdaud roux avec une planche à roulette sous le bras. «Hé Ems, t'es pas venue au terrain de jeux, hier?»

«Désolée Steph, j'habite en ville ces temps-ci. Mes parents s'occupe de la boulangerie de mes grands-parents et ils voulaient que je les aides.» me défendis-je.

«Tes parents, ils ont pas une compagnie de vêtements à eux?» s'interrogea Stéphane.

«Oui, mais ils s'occupent de la boulangerie pour quelques temps.» répondit Louis qui répondait souvent pour moi comme moi je réponds souvent pour lui. Qu'est-ce que tu regardes Paul?» demanda-t-il encore au grand et maigre garçon à lunettes qui était arrivé avec le rouquin.

«Le truc d'une fille qui a une théorie sur ChatNoir. Elle dit qu'il est avec votre tante. Apparemment, ils ont disparus ensembles dans un magasin.»

«T'es trop crédule, Paul!» fit Kathy. «Comment tu veux qu'il se soit passé quelque chose entre eux avec sa fille avec eux?»

Louis me présenta discrètement son point. J'avais réussit à nous éviter beaucoup de commentaires déplaisant à entendre en les suivant. Mes parents vivent dans leur bulle amoureuse et ne se rendent pas compte à quel point les potins peuvent circuler vite maintenant.

«Ils se connaissent depuis longtemps vous savez. Depuis l'apparition du Papillon. Ils peuvent se parler sans se sauter dessus comme des adolescents.» informa Louis.

«Comme tes parents tu veux dire!» blagua Paul.

Louis et moi n'avons rien répondu. Nous savions maintenant pourquoi ils étaient si dépendants l'un de l'autre. En plus de s'aimer profondément et d'être faits l'un pour l'autre, ils avaient été tragiquement séparés.

Alors que la première cloche appelait les élèves vers leur classe, il y eut une légère commotion et une fille, grande, mince, blonde et magnifique passa devant l'endroit où on était assis suivie par une meute de garçon très peu subtils.

«Qui c'est?» demandai-je. J'étais si intriguée je ne pouvais plus en détacher les yeux.

«C'est la nouvelle partenaire de patinage artistique de Dominique. Elle arrive d'Allemagne. Elle s'est installé ici pour se préparer aux jeux olympiques avec lui.» nous informa Paul qui connait toujours tous les ragots.


La candidate idéale au poste de super-héroïne fut trouvée plutôt rapidement finalement. Tikki l'avait déjà rejoint et je travaillais très fort avec mes parents pour servir les clients de la boulangerie durant un dimanche d'affluence lorsque le Métamorphe fit son apparition suivante.

Manon, une amie de Maman, qui était venue y acheter son dîner, alluma tout à coup son téléphone pour regarder le flash-info que sa mère présentait.

« On nous annonce qu'un rhinocéros noir, espèce disparue il y a quelques années, ravage actuellement le jardin du Luxembourg. » fit la voix de la présentatrice d'expérience au travers de la montre-bracelet de Manon.

Papa et moi sommes sortis à l'arrière pendant que plusieurs clients rentraient chez eux. Le Luxembourg étant assez près.

Mais, depuis le toit de la cathédrale, ChatNoir et moi déduisirent qu'il avait quitté les jardins puisque tout y paressait calme. Profitant de notre point d'observation en hauteur, nous avons recherché où le Métamorphe avait pu aller.

ChatNoir poussa le premier une exclamation, un cri d'inquiétude : « Mari! » Tournant le regard dans la même direction que lui, j'ai vu le carrousel de la place des Vosges, le parc directement à côté de la boulangerie, écrasé au sol et en miette.

Nous sommes retournés rapidement à notre point de départ pour trouver Maman au prise avec un dragon.

Pas très gros et avec la forme sinueuse du dragon chinois, il était accroché à la façade de la boulangerie et essayait de l'atteindre alors qu'elle se défendait avec une chaise.

« Pas un seul jeu de mot! » avertit-elle Papa lorsque nous avons atterrit près d'elle.

« D'accord, princesse! » ricana ChatNoir.

Marinette leva les yeux au ciel alors que je prenais sa place devant le Métamorphe qui se transforma.

« Il s'attaque aux lieux touristiques pour les détruire. L'autre jour, c'était la galerie marchande et aujourd'hui les jardins du Luxembourg et la rosace de Notre-Dame, en plus du carrousel. » Nous informa ma mère en experte qu'elle était.

« Et de toi! » grogna Papa.

« En fait, je l'ai assommé avec un pot de fleur pendant qu'il me survolait en pigeon. Il n'a pas aimé. » raconta Maman.

Alors, que le dragon chinois rouge passait à la forme de dragon européen vert pour avoir les pattes libres pour nous attraper, il reçu un coup de yoyo dans les narines.

Une héroïne blonde, coiffée d'un chignon et en combinaison rouge qu'elle portait avec élégance atterrit au dessus de nous.

Le Métamorphe réagit à sa nouvelle ennemie en se changeant en robot-jouet gigantesque. Tout carré, il mesurait une tête de plus que la boulangerie.

Je sautai sur son dos en y enfonçant légèrement mes griffes et j'y grimpai pour être hors de porter de ses bras et atteindre une plaque de contrôle située sur la nuque que j'ouvris pour y entrer. Jusque là, nous avions tenté de le maîtriser simplement en l'immobilisant mais rien ne le retenait vraiment. Et déjà mes parents étaient en danger quelques minutes seulement après le début du combat.

Je voulais tenter quelque chose de plus radicale.

Au dehors, la main du robot se dirigeait vers mes parents enlacés et sans défense mais ma toute nouvelle partenaire se plaça devant eux et bloqua l'avancé de la main avec la force de son corps.

Tout à coup, la main se figea et s'arrêta de pousser. Une brume s'évada de la bouche et partie dans l'air. Mais cette fois-ci, le robot resta sur place.

Je réapparue à l'air libre avec les fils des circuits que j'avais frappés de mon pouvoir du cataclysme à la main, mais ils devinrent des cendres dans le vent.

« Ça a marché, on l'a vaincue, merci partenaire! » m'enthousiasmai-je. Je n'aurais jamais réussit sans elle pour protéger mes parents. Nous nous sommes serrés la main de haut en bas avec sérieux.

Je pris alors le temps de détailler la jeune fille devant moi. Elle était grande, élancée et magnifique, si je n'avais pas su que mes parents avaient choisit une championne de sport, j'aurais pensé qu'elle était mannequin.

Elle tourna la tête et m'indiqua mes parents. « Je pensais que tu étais la fille de Ladybug et ChatNoir?» Je tournai aussi la tête pour voir mon père étreindre avec une panique retardée ma mère qui tentait de le rassurer.

« Oh! Euh, Tu peux garder ça pour toi, j'imagine? » la suppliai-je. Je sentais que je n'en avais pas finit avec les rumeurs concernant mon père. Avec un peu de chance, il arrêterait de jouer les Don Juan masqué maintenant que j'avais une partenaire avec moi.

« Allez les filles » nous poussa Maman, «les journalistes vous attendent. C'est votre heure de gloire! »


Après un long débat avec moi-même, j'ai finalement prit une décision.

Pendant ma dernière correction de ce chapitre un peu différent du reste de l'histoire, j'ai eu des idées pour une suite qui serait séparée de ceci.

Rien n'est encore écrit et cette histoire ne sera pas prête avant un mois parce que (et j'espère que certain(e)s auront remarqué) j'écris beaucoup de textes différents en même temps.

Je me suis donc demandé si je publiais tout de même ce chapitre 4 avec cette histoire et voici ma décision.

J'ai donc publié ce 4e chapitre immédiatement mais lorsque la suite sera rédigée, il deviendra le 1er chapitre de : Les chats commandent et les chiens bavent!

Merci et à bientôt!