Chapitre 3

Je me relevai brusquement, les yeux toujours fixés sur le nouveau tatouage que j'avais pas vraiment désiré.

"C'est quoi ce bordel ? M'exclamais-je alors que Giles cherchait frénétiquement dans son livre."

Putain, mais c'est quoi cette merde ? J'avais eu ça quand il m'avait touché ? Génial, en plus pas très discret le tatoo.

"C'est ce qu'on appelle la Marque des Ténèbres."

Cool le truc. C'est ce que j'aurais dit SI J'AVAIS PAS EU LE DIT TRUC SUR MON BRAS ! Et puis ce nom m'inspirait pas vraiment confiance. J'aimais pas trop qu'on associe le mot 'ténèbres' à moi ou à une partie de mon corps. Surtout devant Buffy, elle avait tendance à vite s'emballer...

"Il est marqué ici que Vous-Savez-Qui a l'habitude de poser sa marque sur ses fidèles. Cette marque...

-Oh oh oh temps mort là ! Ce truc veut dire que je lui suis fidèle ? Demandai-je"

Ça m'inquiétais un peu tout ça. J'avais rien demandé moi, et ma blonde... Euh LA blonde, allait se faire des idées. C'était vraiment mal barré pour que je me rapproche d'elle maintenant... Non pas que j'en aille l'intention, mais bon...

"Aux yeux des sorciers de ce monde, tu seras très certainement traitée comme une paria, une ennemie."

Je me laissai tomber sur le fauteuil. J'étais soulagée. Malgré ce à quoi je m'attendais, être une paria n'était pas le pire des châtiments je suppose. Si un poison mortel aurait été implanté en même temps que cette marque, okay, ça aurait été un vrai problème, mais là, pas vraiment. Je veux dire, je suis déjà une paria, non ?

"Ça changera pas vraiment de l'habitude."

J'avais murmuré ces paroles, mais je savais que B et Ken m'avait entendu. Fichue ouïe sur-développée. Vraiment gênante dans certains cas. Maintenant, Ken me regardait avec un air de pitié sur son visage. Génial, vraiment, maintenant j'avais l'air d'un chien battu.

"Comment je fais pour me débarrasser de ça ? Non pas que j'aille envie de me faire traiter de tout les noms et que tout le monde me pourchasse, mais si on pouvait éviter, j'suis pas contre.

-Le problème, Faith, c'est que cette marque est permanente. Et qu'il n'existe aucun sortilège, charme, rituel ou même potion pour t'en débarrasser."

Génial, il en a d'autre des bonnes nouvelles comme ça ? Non parce que je les accumule là...

"Alors je fais quoi maintenant ? Demandai-je, exaspérée."

Oui, exaspérée était bien le mot. Je regardai Giles faire les cents pas, un bouquin dans une main et l'autre occupée à se frotter le menton. Une irrésistible envie de le frapper me vint. Il a une manière bien étrange d'essayer de trouver des solutions.

"Willow, tu pourrais peut-être...

-Bordel de merde !"

Il arrêta ses mouvements et me regarda, comme toute les personnes présentes dans la pièce. Ce qui paraissait normal après le hurlement et l'injure que je venais de pousser. Mais je m'en foutait un peu là. Je me concentrai plutôt sur la douleur de mon avant bras nouvellement tatoué qui me faisait un mal de chien.

"Faith ?"

J'ignorai la voix de Willow – Ou était-ce celle de Dawn ? - et plaçai une main sur le lieu de cette douleur soudaine et cuisante. Je jetai ma tête sur le dossier confortable du fauteuil et essayai de contrôler ma respiration qui était devenue courte et rapide.

"Faith ? Qu'y a t'il ?"

Des millions de petites piqûres dans mon bras couplée à une brûlure avoisinant le troisième degrés ! Bordel que ça faisait mal. C'était comme si on m'arrachait le bras et qu'on le mettait dans un four – Ouais je sais, c'est bizarre comme image. Mais c'est pourtant ce qui se passait. Je fermai les yeux quand je commençai à voir des points blancs brouiller ma vision. Je pensai pas que ma fierté supporterait un troisième évanouissement.

"Faith, c'est Giles. Laisse moi voir la marque."

Je retirai ma main à contrecœur et ouvrit les yeux en même temps. Ils s'écarquillèrent en même temps que ceux de l'observateur. Et pour cause, ma marque bougeait. MA MARQUE BOUGEAIT ! La tête de mort semblait vomir le serpent qui s'enroulait lentement autour d'elle... Okay, je veux pas paraître fragile, mais j'crois que j'allais tourner de l'œil là. Ça faisait un mal de chien, et croyais moi, niveau douleur, je m'y connais un peu. Là, c'était comme si on me brûlait au fer rouge, des nausées me retournaient l'estomac et j'avais l'impression de voir tout le monde en double. J'vous jure, c'est assez flippant. Nan sérieux, vous pouvez pas arrêter de me regardait comme une bête de foire.

"Très intéressant. Déclara Willow, penchée sur ma marque."

Je vais la buter celle là. Désolé Ken, mais tu vas te retrouver veuve ma pauvre. Attends, mais c'est qu'elle me prend pour une bête de foire ta copine là ! Nan mais oh ! Je suis peut-être à l'agonie, mais j'suis pas sourde. Alors qu'elle arrête de suite de me regarder avec cet air intéressé, j'ai l'impression qu'elle va me bouffer. Ou me découper en morceaux, j'hésite encore.

"Will. Avertit Kennedy, la mâchoire serrée."

Dieu soit loué, je t'aime Kennedy. En plus d'avoir rappelée ta fiancée un peu trop tarée à mon goût, t'as réussi à attirer quelques secondes l'attention sur toi pour que je puisse gémir en paix. Malheureusement pour moi, si Kennedy fit mine de pas entendre ma lamentation, elle parvint apparemment aux oreilles de ma blonde... Euh, la blonde qui tourna immédiatement la tête vers moi.

C'était rare que l'on partage un regard aussi intense. Ses prunelles vertes me sondaient littéralement, et je sentais que je ne tiendrait pas ce contact oculaire très longtemps. Non pas que j'aille peur des yeux verts de B, loin de là, mais sentais la douleur dans mon crâne s'accentuer, alors que mon bras me faisait l'impression d'être littéralement en feu.

Pourtant, je me surpris à soutenir ce regard. Peut être parce qu'ils étaient rares, et que j'appréciais que Buffy me regarde autrement qu'avec des poignards dans les yeux. En fait, maintenant, elle me regardait avec une douceur impensable. Buffy regarder douceur moi ? Nan, ma tête devait vraiment être pas bien.

Je la vit s'approcher et s'accroupir près du fauteuil qu'elle avait quitté précédemment. Elle approcha une main tremblante vers mon front en sueur, et j'attendais avec une certaine impatience le moment où elle établirait un contact physique.

Sa paume fraîche vint finalement toucher mon front et je ne put retenir un soupir de soulagement. J'expirai bruyamment alors que Buffy s'assit sur l'accoudoir comme tout à l'heure, le regard soucieux.

"Elle est brûlante, Giles.

-Je sais, et sa marque est des plus sensible.

-Sensible est le premier mot qui vous vient à l'esprit Giles ? J'aurais plutôt dit bizarre. S'exclama Xander en se penchant au dessus de l'épaule de l'observateur."

Bon, c'est décidé, j'annule les fiançailles. Quoi, il venait quand même de me traiter de bizarre... Enfin.

Giles passa délicatement sa main sur mon bras meurtri et je sentis tout mes muscles se raidir alors que je jetai une nouvelle fois ma tête en arrière, les dents serrées dans la douleur.

"Bordel, Giles ! Ça fait super mal !

-J'en suis navré Faith, mais il fallait que je vérifie quelque chose. J'en suis sûr désormais."

Après de courtes respirations, je put reprendre la parole à nouveau sans que ma voix aille l'air défaillante. J'avais pas besoin de leur regard de pitié, et surtout pas celui de B. Entre la pitié et la douceur, je préférais encore la douceur.

"Et quelles sont vos conclusions ? Demanda Kennedy qui s'était rapprochée.

-La marque des Ténèbres vient d'être activée."

Activée ? Ça présageait rien de bon ça. Buffy dégagea une de mes mèches qui s'était déplacée sur mon œil et exerça une petite pression sur ma nuque avant de s'éloigner vers le livre que tenait maintenant sa sœur.

Bordel, des milliers de sensations m'avaient assaillies à ce contact. Pourquoi est-ce qu'elle osait me toucher que quand j'étais à l'agonie ? Elle pouvait pas le faire quand j'allais très bien, quand je pouvais répondre à ses caresses ? Si on pouvait appeler ça des caresses... Bah quoi, j'ai bien le droit de rêver !

"Tu m'écoutes Faith ? Me demanda Giles avec son air suspicieux qu'il me faisait toujours quand il savait que je l'ignorais"

Mais alors, pourquoi pose t-il la question me direz-vous. Et bien si vous avez la réponse, contactez moi.

Je grimaçais quand il posa une nouvelle fois sa main contre mon bras et le regardait droit dans les yeux. Je devais apparemment avoir une mine super effrayante car il lâcha mon bras et recula de quelques pas en réajustant ses lunettes.

"Eh bien... Comme je le disais, ta marque s'est activée. La douleur que tu ressens est normale, et elle devrait se dissiper rapidement. Ce qui m'inquiète le plus, c'est que cette marque peut te rendre localisable pour Tu-Sais-Qui..."

Localisable ? Il m'a implanté un mini-GPS entre ma peau et mes os ou quoi ?

"Il serait plus prudent que tu restes à l'abri jusqu'à ce que le voyage soit programmé."

Je soupirai et fermai les yeux en sentant des palpitations dans mon bras. Je détestais être couvée comme si j'étais une gamine. Non mais attendez, j'ai 22 ans ! Je suis une grande fille, qui peut se débrouiller toute seule, qui peut prendre soin d'elle, mais non, le super-observateur veut que... Attendez, sa phrase vient de devenir intrigante tout d'un coup...

"Voyage ? Quel voyage ?

-Le voyage en Angleterre, bien sûr ! Répondit Dawn, partagée entre inquiétude pour moi et satisfaction pour se voyage. Apparemment, ça penchait plus pour la satisfaction."

Sale gosse.

"C'est vraiment nécessaire ? Demandai-je, pas sûre de vouloir côtoyer des sorciers british coincés du cul et me prenant toute la journée pour une ennemie tout ça à cause d'un stupide tatouage que j'avais pas vraiment voulu."

Non, mais c'est clair, on est en Décembre, j'aurai préféré la Floride ou Hawaï. Mais non, allons nous enterrer au fin fond du Royaume-Uni où les nuages sont encore plus présents qu'à Cleveland et où j'ai la vague idée des températures encore plus glaciales qu'en Ohio.

"Faith, les sorciers de ce monde seront à même de te protéger et de te conseiller sur ton nouveau... Statut. De plus, cet ami me demande de l'aide pour la lutte contre Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. Et je pense que trois Tueuses et une sorcières ne seront pas de trop.

-Autant de monde ? Je veux dire, il faut que quelqu'un tienne l'Académie, se charge des équipes et des missions...

-Faith, je pense être à même de gérer l'organisation, tu sais. Déclara l'observateur avec un petit sourire."

Moi qui croyais qu'il serait la seule personne qui m'accompagnerai, je me trompai. Apparemment, il serait la seule personne qui ne m'accompagnerai pas.

"Trois Tueuses ?

-Buffy, Kennedy et toi. Avec Willow et Dawn."

Whoa, deux minutes là. Buffy et Kennedy ? Les Tueuses numéro 1 et 3 juste pour moi ? Ma meilleure amie et la femme qui tourmente mes pensées ? Avec la fiancée de la première et la sœur de la seconde ? Attendez, attendez, vous voulez dire presque tout le Scooby-Gang pour moi ? Inconsciemment, je jubilai. J'avais tellement attendu ce moment, où je me sentirai enfin accepté par les Scoobies, et honnêtement, je pensais que ce jour n'arriverai pas.

"Tu pensais qu'on allait te lâcher ? Allez, arrête de faire l'exclue de la société. Malgré ton sale caractère et tes manières un peu inexistantes, on t'apprécie assez pour être touchés s'il t'arrivait quelque chose de malencontreux. Déclara Kennedy avec nonchalance, assise dans le canapé avec la tête de Willow sur son épaule."

Toujours là pour m'empêcher de trop penser, Ken.

"En plus de ce mage noir à combattre. Termina Dawn, qui semblait maintenant excitée de la bataille à venir."

Mon dieu, ces jeunes de nos jours, ils s'emballent pour un rien. A les entendre, on croirait qu'aller dégommer un sorcier à la con était encore mieux qu'une fiesta à Ibiza. Nan mais sérieux, voilà le résultat quand on élève une gosse au milieu des démons, quelle éducation ! Sans vouloir t'offenser B...

"Bien, il semble que tu ailles mieux, Faith..."

Maintenant que le British le disait, les palpitations et les sensations de brûlures commençaient à s'estomper. Assez pour que ma respiration jusqu'alors erratique reprenne un rythme relativement normal.

"Ça peut aller..."

Giles me contempla pendant une dizaine de secondes, sans rien dire. Quoi, j'avais un bouton sur le nez ?

"Willow, j'aimerai que tu génère un champ de force autour de l'académie."

La rousse releva la tête vers lui, ne comprenant pas vraiment le bien-fondé de cette demande mais s'exécuta quand même et commença une série de phrases plus incompréhensibles les unes que les autres.

"Pourquoi on aurait besoin d'un champ de protection ? Demanda B, les bras croisés et le regard suspicieux.

-Cette marque rend Faith localisable quand elle s'active. J'aimerais éviter que ce sorcier ne débarque dans le domaine."

Buffy hocha la tête d'un air distrait et me lança un regard inquiet. Inquiet ? C'était peut être pas ma tête qui allait mal. Elle ne devait certainement pas être inquiète pour moi. Elle devait s'inquiéter pour le voyage à venir, pour le prochain combat, pas pour moi. Elle devait s'inquiéter pour sa petite sœur si enthousiaste et pour Red qui allait se mesurer à un confrère des plus puissant. En fait, elle ne s'inquiétait pas pour moi. Elle s'inquiétait à cause de moi. Et j'eus une grimace quand je compris ça.

Je me levai sous le regard dérouté de Giles et récupérait ma veste que j'avais quitté quelques instant auparavant.

"Qu'est ce que tu fais ? Demanda Kennedy, prête à se lever si je faisais une connerie."

Une connerie du genre aller rejoindre ce taré qui m'avait tatoué de force.

"Elle se barre. Déclara Buffy, s'attirant les regards vers elle, dont le mien."

Elle me fixait, et elle était en colère maintenant. Ah, là je retrouvai ma Buffy, celle qui m'observait toujours avec cette lueur désapprobatrice dans le regard. Et là, elle semblait vraiment pas d'accord avec ma décision.

"Toujours aussi perspicace, B.

-Toujours aussi prévisible, F."

Alors que je marchai en direction de la sortie en laissant mon public dérouté, une main se saisit de mon bras et m'envoya contre le mur avec une puissance certaine.

Bordel, B, tu peux pas me laisser en paix ? En plus de hanter mon esprit ce qui est en soi pas très malin, tu commence à me toucher, même si c'est pour me frapper ? C'est carrément suicidaire là. Je vais finir par te sauter dessus et assouvir les pulsions que je garde depuis trop longtemps, et tu le verras pas venir !

"Fout moi la paix, B.

-Pas question. Alors tu comptes prendre la fuite, hein ? Comme quand ça devient trop compliqué ?

-T'as jamais rien compris, c'est pas aujourd'hui que tu commenceras.

-Ce que je comprends, c'est que tu comptes nous lâcher. Encore.

-Je vous lâche pas, je vous empêche de vous impliquer dans un combat qui ne vous concerne pas."

Elle me fixa quelques secondes sans rien dire, puis repris la parole avec une voix lente.

"Le fait que ça te concerne nous concerne aussi. On est une famille, Faith. Alors on s'entraide."

J'éclatais de rire. Non, vraiment. Elle osait dire ça après m'avoir pratiquement ignoré pendant deux ans ?

"Vous êtes une famille, Buffy. Je n'en fait pas partie.

-Bien sur que...

-Ferme là. Pour une fois dans ta vie, ferme là."

Elle se tut et me regarda de ses yeux froids.

"Je ne participe pas aux réunions importantes. Je ne participe pas aux mises en place des stratégies de combat. Je ne participe pas aux conférences avec le Conseil ou nos divers alliés. Vous parlez sans cesse derrière mon dos, Xander parie même sur le temps qui va passer avant que je reparte dans le côté obscur. Tu ne me parles que de l'entraînement, des patrouilles ou des démons à aller combattre. Je ne suis pas ton second parce que tu as le plus confiance en moi, je suis ton second parce que j'ai le plus d'expérience après toi. Et ce poste ne signifie pas grand chose, vu que personne ne m'écoutes, et surtout pas les nouvelles Tueuses qui pensent que je vais les exterminer d'un regard. Tout ça parce qu'Andrew raconte mon histoire à tout le monde, la déformant à souhait. Vous ne me connaissez pas. Tu ne me connais pas. Alors ne vient surtout pas me dire que je fais partie de ta famille, Buffy. Parce qu'on sait toute les deux que je ne serait jamais une personne à part entière de ton clan."

Ça fait du bien quand ça sort, croyez moi. J'avais gardé une voix relativement basse, et mes yeux étaient encore fixés dans ceux de B. Elle me regarda encore quelques instants, sans aucune trace de colère, puis les baissa. Buffy Summers venait de baisser le regard devant moi. Ça ne voulait dire qu'une chose, que j'avais totalement raison, sur toute la ligne.

Mon cœur se serra à cette pensée. Malgré tout, j'aimais être à Cleveland. J'avais un semblant de vie sociale, de la bouffe et le logement gratuit et tout le temps pour mater Buffy. Mais après ce que je venais de dire, je pense pas qu'ils apprécient de me voir à leurs côtés.

Je tournai le dos, ouvrit la porte et m'engouffra dans le couloir avant même que quelqu'un puisse parler. S'il y a bien une chose que je voulais éviter, c'était les paroles pleines de bon sens de Giles, les bredouillements de Willow, le ton cassant de Dawn et les blagues pourries de Xander destinées à détendre l'atmosphère. Et surtout, le regard de Buffy qui venait de me briser le cœur. Il avait été si résigné...

Le chemin entre le bureau de Giles et ma chambre ne m'avait jamais parut aussi long. J'ignorais avec soin les regards inquiets des Juniors qui me voyaient marcher à vive allure et je pénétrait dans ma salle en claquant la porte derrière moi. Je savais que je n'aurai pas beaucoup de temps de tranquillité, tout ça parce que la seule personne qui ne me dérangeait pas de voir en ce moment serait là dans moins de cinq minutes. En effet, à peine je m'allongeai sur mon lit que quelques coups timides se firent entendre à ma porte. Kennedy ne prit même pas la peine d'attendre mon autorisation pour rentrer et vint se placer devant le pied de mon lit après avoir fermé la porte.

"Qu'est ce que tu veux Ken ? Demandai-je avec une voix innocente.

-Giles veut te voir. Il ne veut pas que tu t'en aille sans le prévenir.

-Il a peur que je me barre ? Et c'est toi qu'il envoie pour me retenir ? Je pensai qu'il avait une meilleure opinion de moi..."

Les lèvres de Kennedy se crispèrent légèrement, tout comme les miennes, refrénant toute les deux un sourire.

"Tu sais très bien que je peux te prendre quand je veux.

-Tu sais très bien que je ne réponds pas à tes provocations parce que j'ai peur que Red me tue si je te frappe un peu trop fort. Ta fiancée fait beaucoup plus peur que toi, tu sais."

Elle sourit franchement, puis ce dernier se ternit et ses yeux devinrent tristes. Elle croisa les bras et me fixa.

"Tu veux en parler ?

-Pas le moins du monde."

Elle soupira et passa une main dans ses cheveux, réflexe qu'elle avait prit à force de traîner avec moi.

"Faith, ce qui vient de se passer...

-N'est pas important. J'étais fatiguée, blessée et Buffy m'avait un peu trop énervé. J'ai craqué, c'est tout. Ça ne se reproduira pas.

-Ça c'est sur. Je pense pas que Buffy supportera une autre humiliation dans ce style, tu sais."

Oh oui je savais. J'avais beau être fière, elle l'était beaucoup plus que moi. Et elle tenait particulièrement à l'image qu'elle donnait.

"Tu fais partie de la famille, Faith. Seulement, tu es trop idiote pour t'en rendre compte.

-Arrête ça Kennedy, tu sais très bien que c'est faux.

-Mais tu vas arrêter de te la jouer mélodramatique ? S'exclama t'-elle"

Je fermai ma bouche pour le coup. J'avais déjà vu Kennedy crier contre moi, mais jamais dans une conversation sérieuse. Mais là...

"Faith, tu est un élément important dans cette académie, plus que je ne le saurai jamais. TU es le bras droit de Buffy, et crois le ou pas, elle pourrai te confier sa vie. Parce que je ne suis pas la seule qui sais que tu ai changé. Parce que je ne suis pas la seule qui t'apprécie. Putain, ouvre les yeux, Fai, t'as bien vu que Buffy s'inquiétait pour toi pensant ta crise. T'as bien vu quand elle faisait les cents pas pendant que Giles t'examinait. T'as bien vu ses sourires quand vous échangiez vos piques habituelles. Faith, tu sais qu'elle t'apprécie.

-Ose dire que ce que j'ai dit tout à l'heure était faux."

Elle se tut, et je sais que j'avais gagné. S'il y avait vraiment un gagnant. Elle soupira mais resta à sa place.

"Tu as tort Faith, mais tu es trop têtue pour t'en rendre compte.

-Si tu le dis. Déclarai-je, pas vraiment emballée à l'idée d'une conversation."

Elle souffla à nouveau

"Prépare tes affaires, on part demain matin. A 9h dans le bureau de Giles."

Décidément, j'aurai vu ce bureau plus que ma propre chambre ces derniers temps. Ken partit sans attendre de réponse de ma part, apparemment irritée et déçue. Quoi, elle s'attendait peut être à se que je fonde en larme en suppliant le Ciel que quelqu'un m'aime ? Non, mais elle me prenait pour qui sérieux ?

Je réfléchissais à ses paroles. Buffy m'appréciait. Même si mon cœur me hurlait qui serait bon d'y croire, ma raison, elle, me dictait d'arrêter de me faire des idées, et d'oublier la petite blonde. Le problème, c'est que j'y arrivais pas vraiment.

Je mordis l'oreiller pour étouffer un cri de rage et me tournait sur le côté, bien décidé à oublier les sentiments confus que me procurait la blonde.

Tout en maudissant mentalement le destin qui m'obligeait à lui faire face dès demain matin.