Disclamer : ces personnages ne sont pas à moi.

Note : ce chapitre est un peu plus long (guère plus) et plutôt mouvementé… Je pensais faire une fic plus courte mais finalement, elle va être beaucoup plus longue que prévue. J'espère qu'elle ne vous lassera pas pour autant…

Bonne lecture !

Sacrifice myself for you

Chapitre 4 : Aimer deux personnes à la fois ?

Bizarrement, alors que la sonnerie indiquant la fin des cours provoquait d'habitude une euphorie sans précédent chez le natté, Duo traîna étrangement dans les couloirs ce soir-là. Son sac posé négligemment sur son épaule, il semblait avoir une furieuse envie de remuer toute la poussière accumulée sur le sol durant la journée avec ses seules chaussures…

Quatre remarqua rapidement son étrange attitude : il avait toujours eu un don pour 'sentir' ce qui n'allait pas chez les autres et abandonnant son petit ami à l'entrée du lycée, lui laissant un petit baiser sur la joue pour le faire patienter, il retourna à l'intérieur en direction de Duo, afin de comprendre ce qui pouvait bien se passer chez son meilleur ami. Le jeune arabe n'était pas un idiot : il savait depuis longtemps qu'il se passait quelque chose dans sa famille, et cela depuis le jour où Duo avait été obligé d'enlever son t-shirt devant lui, dans les vestiaires du gymnase. Les bleus qu'il avait aperçu l'avaient effrayé mais le natté lui avait fait promettre de ne jamais en parler, même à Wufei et Quatre avait tenu parole. Ce qui ne l'empêchait pas de s'inquiéter pour son jeune ami, comme ce soir-là.

- Duo ? demanda-t-il en s'approchant. Qu'est-ce que tu fais ?

Le natté releva précipitamment la tête et ouvrit la bouche avec étonnement, sans trop savoir quoi répondre.

- Je… euh… J'attends quelqu'un…

L'esprit du blondinet fonctionna à toute allure et un petit sourire malicieux se dessina sur ses lèvres. Si son intuition ne le trompait pas, il savait qui était cette fameuse personne que le natté attendait, et il ne résista pas à l'envie de taquiner son camarade.

- Hm… Je vois. Il ne s'appellerait pas Heero ce quelqu'un ?

Quatre sut qu'il avait deviné juste quand son ami rougit subitement, baissant la tête pour dissimuler sa gêne. Il rit doucement et posa sa main sur l'épaule du natté dans un geste réconfortant.

- Bonne chance…

- Hein ? Mais pourquoi tu dis ça Quatre ? Me fous pas la pression steuplaît, c'est déjà assez dur comme ça…, couina le natté, de plus en plus embarrassé.

Le blondinet éclata de rire cette fois-ci, rire qui s'estompa rapidement quand il aperçut une silhouette maintenant habituelle au bout du couloir.

- Bon je te laisse… A demain Heero ! le salua-t-il d'un bref geste de la main.

Le japonais se contenta d'un simple « hn » peu expressif, et son regard dériva rapidement sur un Duo aux joues rouges pivoine qui semblait contempler le bout de ses chaussures comme s'il s'agissait de la huitième merveille du monde. Amusé par son jeu, le japonais se rapprocha suffisamment de lui pour observer à son tour les chaussures du natté, et il trancha d'une voix malicieuse :

- Elles sont belles.

Duo releva la tête et lui lança un regard affolé.

- Hein ? Quoi ?

- Tes chaussures. Elles sont belles.

- Heu… Oui… Enfin, je sais pas, je…

Un geste de la main d'Heero coupa aussitôt le bégaiement intempestif du pauvre natté, et il rétorqua dans un sourire :

- Hé, je plaisantais. Tu es bien stressé ce soir. Au fait, pourquoi tu es encore là ? D'habitude tu es le premier à sortir…

- Ah… Oui… C'est… parce que je voulais te parler Heero.

- Me parler ? Et de quoi ?

Le lycée étant vide, ils firent quelques pas en direction de la sortie, marchant tranquillement même si la démarche du natté était légèrement plus nerveuse que celle du japonais.

En fait, à partir du moment où Heero était avec Duo, tout allait bien pour lui. Le japonais ne s'expliquait pas cet état de fait lui-même… Lui qui avait toujours détesté la compagnie des autres, qui avait vécu la plupart du temps en solitaire et qui se complaisait dans cette attitude asociale, avait complètement changé depuis son arrivée en France. En fait, depuis qu'il connaissait Trowa et Duo.

Comment deux personnes avaient-elles pu faire ce petit miracle ? Pourtant elles ne se ressemblaient pas vraiment. Duo dégageait une sorte de fragilité et d'exubérance chaleureuses, alors que Trowa était plus posé et plus sûr de lui, plus mature également. Ils avaient beau être frères, Heero ne les voyait pas ainsi. Dans son esprit, c'était deux personnes totalement opposées mais deux personnes qu'il avait envie de protéger, deux personnes dont la présence lui faisait se sentir important et en même temps… utile. Aussi étrange que cela paraisse.

Il se sentait bien avec les deux jeunes gens et il avait compris depuis un bout de temps qu'il en était amoureux… Des deux à la fois.

Combien de fois cette constatation l'avait-elle empêché de dormir ? Combien de fois avait-il pensé être anormal et surtout immoral ? Et pourtant, ce sentiment ambiguë ne le quittait pas : il était bel et bien amoureux des deux hommes…

Amoureux des améthystes et des émeraudes.

Duo semblait être véritablement gêné, et Heero se dit que cela devait bien être la première fois qu'il le voyait ainsi. Pourtant il savait que le fantasque natté était également capable d'une grande timidité, mais le voir était toujours aussi déstabilisant.

Leurs pas les firent sortir bientôt du lycée et entrevoyant la grille ouverte sur la rue, le natté s'arrêta brusquement, obligeant ainsi le japonais à en faire de même et il se lança enfin :

- Ecoute Heero je… Je préfère te le dire parce que… J'arrive plus à le sortir de ma tête et il faut que je sache… Je… Je suis tombé amoureux de toi mais je comprendrais que cela ne soit pas réciproque ou que tu aies déjà quelqu'un alors…

Heero, qui était resté silencieux et impassible jusque là, un peu étourdi qu'une partie de son rêve devienne réalité, réagit enfin. Doucement sa main vint arrêter le flot de paroles de Duo et, avec un petit sourire étourdissant, il se pencha et déposa ses lèvres sur les siennes, profitant que la cour soit vide et qu'ils soient enfin seuls.

Le natté, qui ne s'était pas attendu à une telle réaction, se perdit totalement dans le baiser, le premier qu'on lui offrait ainsi et sentant son cœur s'emballer, il se dit qu'il était le plus heureux des hommes !

Ils restèrent là à s'embrasser, profitant de ce contact nouveau pour eux mais terriblement enivrant, de cette douce folie qui s'emparait de leurs âmes et qui leur permettait enfin de vivre leurs rêves…

Sans remarquer un regard posé sur eux…

OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOo

….

Ce jour-là, son patron étant malade, Trowa avait pu arrêter son travail en milieu de journée et fermer la boutique, à sa plus grande joie. Il avait besoin d'un peu de repos : ces derniers jours avaient été durs, surtout entre les sentiments qui envahissaient son âme et Treize qui était devenu particulièrement violent. Peut-être que quelque part, il avait dû remarquer les sourires béats de son fils aîné et sa rêverie, et il avait sûrement compris que Trowa était tombé amoureux et qu'il était en train de lui échapper. Cette peur l'avait rendu encore plus méchant : il avait bu exagérément tous les soirs de la semaine et pour protéger Duo, Trowa avait été obligé de plier à ses moindres caprices, recevant plusieurs coups et subissant avec horreur ses attouchements pervers. Mais il n'avait pas pu faire autrement : l'idée même que son jeune frère subisse les mêmes chose l'horripilait et le dégoûtait. Jamais Treize ne toucherait à Duo, Trowa se l'était promis et pour lui, il était prêt à tout !

Aussi accueillit-il ce repos avec joie et il profita de son après-midi en se baladant en ville : il adorait ces petits moments rien qu'à lui, où il n'était rien qu'un passant dans la foule, un inconnu parmi tous les autres… Un anonyme, avec ses rêves, ses amours et ses envies…

Il fit un peu de lèche-vitrine, repérant quelques cadeaux pour les fêtes futures, et s'acheta même un livre de poche qu'il partit lire dans un des parcs verts de la ville. Il faisait beau et jugeant qu'il avait le temps, n'ayant pas tellement envie de rentrer chez lui tout de suite, il partit acheter un pain au chocolat avant de prendre la direction du lycée. Il connaissait la gourmandise de son jeune frère et il avait également remarqué que cette semaine difficile lui avait coupé l'appétit, lui faisant perdre un peu de poids. Dés que Duo stressait ou se sentait mal, c'était toujours la même chose : il refusait de s'alimenter et cette attitude inquiétait toujours Trowa.

C'est donc armé d'un pain au chocolat qu'il arriva devant le lycée à l'heure de la sortie des cours. On aurait dit une mère poule attendant son gamin mais à vrai dire, les deux jeune gens ayant bien peu apprécié la présence d'une mère à leur côté, ce genre de petits gestes leur faisait du bien, à leur manière.

Bizarrement, son frère n'était pas là à la sortie des cours et quand Trowa croisa Quatre, qui sortait également un peu en retard, il lui demanda s'il n'avait pas croisé son frère. Le blondinet parut embarrassé et il lui rétorqua qu'il allait arriver.

Il attendit ainsi pendant plusieurs minutes, regardant le lycée se vider au fur et à mesure, de plus en plus étonné de ce retard. Un de ces profs l'avait-il collé ?

Il ne fut jamais plus soulagé quand il vit enfin la silhouette du natté sortir du bâtiment, accompagné par un jeune homme plus grand que lui et plus carré. Intrigué, il fronça les sourcils et se rappelant soudain la révélation de Duo qui lui avait affirmé être amoureux, Trowa eut la présence d'esprit de reculer et de se dissimuler au regard des deux jeunes gens. S'ils voulaient un peu d'intimité, il pouvait le comprendre. Cela lui faisait tellement plaisir que son jeune frère soit tombé amoureux, même si… quelque part, il en souffrait également, même s'il ne se le serait jamais avoué. Il savait qu'un jour, son frère aurait quelqu'un d'autre dans sa vie que lui, et il n'avait pas le droit de se montrer jaloux.

Il n'entendit que quelques paroles lointaines, dont il ne compris pas le sens, et étonné de leur silence, il osa enfin sortir sa tête de là où il s'était mis en retrait pour savoir si tout allait bien.

Quel ne fut pas son choc quand il aperçut Heero en train d'embrasser son frère !!!

Heero, celui-là même qui l'avait embrassé il y avait à peine une semaine !

Mais…

Sentant une colère sans nom grandir en lui, le brun revint dans sa cachette, le regard chargé de fureur et de tristesse. Comment pouvait-il faire ça ? Comment osait-il se moquer de lui ?

Furieux il entendit les deux amants se séparer et c'est seulement au moment où son frère s'approcha de l'endroit où il se tenait qu'il sortit, brandissant le sac contenant le pain au chocolat.

- Trowa !! Mais qu'est-ce que tu fais là ?? s'exclama Duo en lui sautant au cou.

- Je suis sorti plus tôt et j'en ai profité… Dis donc, cet ami avec qui tu étais…

- Oui, c'est celui dont je t'ai parlé Tro ! Il… On sort ensemble, c'est pas génial ?? Oh je suis tellement heureux !!!

La joie de son frère coupa net les paroles de rancœur et de médisance que Trowa allait sortir. Duo était heureux… Il…

Non il n'avait pas le droit de briser ce bonheur, alors que son jeune frère avait déjà tellement souffert. Si le japonais le rendait heureux alors… Tant pis, il ne ferait rien pour les séparer.

En fait… Il préférait faire son propre malheur plutôt que celui de son frère et tendrement, il passa son bras autour des épaules de son frère en lui offrant un petit sourire :

- Duo, je suis vraiment heureux pour toi….

OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOo

….

Trowa rangeait mécaniquement les boîtes de conserve quand la porte s'ouvrit, révélant un nouveau client. Il tourna la tête vers l'entrée et aperçut Heero qui se faufilait jusque vers lui, un petit sourire sur les lèvres.

- Salut Trowa, je…

- Tais-toi ! le coupa sèchement le brun en posant la dernière boîte sur la pile.

Surpris et surtout peiné de ce ton agressif, le japonais eut un geste de recul et il demanda en fronçant les sourcils :

- Qu'est-ce qui te prends ?

- Ce qui me prends ?... Tu oses me le demander ?

Furieux, laissant éclater cette colère froide qui ne le quittait plus depuis la veille, Trowa se retourna vers le japonais et lui adressa un regard noir avant d'ajouter sèchement :

- Il y a que je t'ai vu embrasser Duo hier… Voilà ce qu'il y a !

- Ecoute justement, il fallait que je t'en parle…

- Non, ne dis rien Heero. Tu es un coureur et ça, je l'ai parfaitement compris !

- Non, attends Trowa !

Le brun semblait furieux, si bien que le japonais n'eut pas d'autre choix : agrippant ses bras, il l'attira à lui et lui vola un baiser de force. Déstabilisé, Trowa se débattit et quand il réussit à se dégager, il s'exclama, hors de lui :

- Mais tu es complètement fou !!!!

- Non Trowa, écoute-moi ! trancha Heero avec force. Je ne suis pas fou, je suis seulement amoureux !!! Amoureux de vous deux, de toi, de Duo… Je suis incapable de choisir ! Je t'en supplie, ne me juge pas aussi sévèrement, mets-toi à ma place !

Les yeux du brun s'écarquillèrent de surprise et toute la tension qui l'habitait retomba doucement. Il n'arrivait pas à y croire mais… Heero semblait tellement sincère.

- Amoureux… de nous deux…

- Oui… Crois-moi, je ne te mentirais jamais là-dessus Trowa. Je… Je suis perdu parce que je vous aime tous les deux et… je ne sais plus quoi faire.

- Reste avec Duo, souffla faiblement Trowa.

- Quoi ?

- Reste avec Duo, choisis-le.

- Non, ne me demande pas ça… Je… Je voudrais vous avoir tous les deux, je… J'en deviens fou… !

- Et moi alors ? Tu crois que j'accepterai de faire le malheur de mon frère simplement à cause de tes sentiments passagers et de ton irrésolution ? J'aime Duo, je l'aime plus que tout alors je t'interdis de le faire pleurer, tu m'entends !

- Mais Trowa…

- Non ! Jamais ! Nous deux c'est impossible, parce que je refuse de faire le moindre mal à Duo ! Oublie-moi, et je te préviens, si jamais tu le fais souffrir ou pleurer, je ne te le pardonnerai jamais Heero ! Je ne veux plus te revoir, ne reviens plus jamais ici !

Heero blêmit brutalement et serra les mâchoires tellement fort que même Trowa le vit.

Comment le brun pouvait-il lui demander cela ? Ne plus le revoir alors qu'il l'aimait ? Que voulait-il au juste, les faire souffrir tous les deux ?

- Trowa…

- Ne reviens plus !!

- Non, jamais ! s'écria le japonais. Tu n'as pas le droit de m'interdire de venir ici ! Je reviendrais ici, tous les jours s'il le faut, mais tu finiras par m'accepter et par accepter mes sentiments Trowa ! Je t'aime et j'aime ton frère, et ça tu ne pourras jamais le changer !

Préférant cesser leur discussion là avant qu'elle ne dégénère encore plus, le japonais relâcha Trowa et fit rapidement demi-tour, fuyant pratiquement hors de la boutique.

Le jeune épicier le regarda partir, le cœur serré.

Heero pourrait revenir et essayer de le persuader autant qu'il le voudrait, il ne céderait jamais ! Tout simplement parce que le bonheur de Duo était à ce prix-là…

Lui n'avait aucune importance.

….

A suivre…