Salut tout le monde, comment ça va ?
Voici pour vous un nouveau chapitre de cette fic. J'espère que ça vous plaira, et bien sûr, merci aux personnes qui me lisent et laissent un petit commentaire.
Bonne lecture !
Cachés
Matinée grisâtre à Central.
Le moral des troupes n'était pas au beau fixe, mais la vie continuait. Dans la monotonie du matin, cependant, les hommes de Roy Mustang avaient du mal à cacher leur excitation. Le rendez-vous d'Havoc de la veille s'était bien passé et un nouveau rendez vous était fixé à dans quelques jours. Donc lorsque le Lieutenant Hawkeye avait le dos tourné, toutes les discussions convergeaient là-dessus.
Sauf pour Roy.
D'accord, c'était chouette tout ça, mais sincèrement, il doutait fort que cela donne quelque chose. Triste à dire, mais il ne n'aurait pas parié pas sur leur relation. Enfin, c'est peut être parce qu'en ce moment il avait d'autres soucis. Et son tracas principal ne dépassait pas le mètre soixante, avait des cheveux blonds, et deux membres en métal.
Enfin, il disait un soucis, mais ce n'en n'était pas réellement un. Il devait bien avouer que ce qui se tramait entre eux lui plaisait bien. Un peu trop même.
Putain je suis un pervers !
Pensa t-il en se cognant la tête contre son bureau.
Ça aurait été se mentir que de dire que cette histoire lui importait peu. Merci, il avait encore conscience de ce qu'il faisait. Enfin, à peu près. Il était juste en train de dévergonder un jeune mineur à peine formé, génial non ? Il était au courant que normalement, ce genre de chose ne se faisait pas. Même pas en rêve !
Il aurait bien aimé en discuter avec son ami Hugues, histoire de lui demander conseil, mais les deux hommes voulaient garder ça secret.
Tant pis, il devrait faire sans.
Alors pour pouvoir continuer de travailler calmement, il décida d'aller faire un tour aux toilettes, histoire de faire un tour, se passer de l'eau sur le visage et se changer les idées. Roy sentait qu'il en avait nettement besoin, il ne pouvait pas tenir ainsi toute la journée.
Roy sortit de son bureau, pour passer devant ses hommes, toujours à profiter de l'absence de Riza pour discuter entre deux papiers, et prendre la direction des toilettes. Il salua les militaires qu'il croisait sur son passage, et une fois arrivé à destination, il fut plutôt content de découvrir qu'il était seul.
Le brun alla vers les lavabos et s'aspergea copieusement le visage d'eau froide. Ce n'était pas ce qu'il y avait de plus agréable, mais au moins ça avait le mérite de remettre les idées en place, et de vous réveiller. C'était peut être moins efficace qu'une Hawkeye en rogne, mais c'était plus doux.
L'alchimiste de flammes redressa la tête pour observer son reflet dans le miroir. Malgré tout, ses pensées convergeaient toujours dans la même direction : Edward Elric.
Si une partie de lui continuait de se dire que ce qu'il faisait n'était pas bien, une autre disait le contraire. Pourquoi se prenait-il donc tant la tête ? C'était pas comme si Ed n'était pas consentant. Après tout c'était lui qui l'autre jour avait clairement fait un pas vers lui. Et il aurait pu le repousser à chaque fois. Bah non. A chaque fois il avait accueilli ses baisers.
Donc, dans un sens, il ne faisait rien de mal. Roy ne faisait rien à l'encontre du jeune alchimiste. Pas vrai ? Restait juste cette bonne conscience qui le rappelait sans cesse à l'ordre. Et d'un coté, tant mieux. Il pouvait rester lucide sur cette histoire. Enfin, un peu...
Il entendit ensuite la porte des toilettes s'ouvrir. Si Roy ne jeta aucun coup d'œil pour voir qui entrait, il eut juste à écouter cette voix, qu'il pouvait reconnaître entre mille :
« Tiens, vous ne bossez pas ?
La voix d'un jeune homme, un brin de moquerie également. Edward.
- Malgré toutes mes capacités et tout mon talent, je reste humain Fullmetal... »
Le blond s'était dirigé du coté des urinoirs histoire de soulager sa vessie (c'est un peu fait pour ça les toilettes) tandis que Roy séchait son visage. Lui qui était venu pour se remettre les idées en place, voilà que la source de ses tracas se présentait à lui … Gé-nial !
Manquait plus que lui...
Bon après, d'un coté, il ne s'en plaignait pas vraiment. Ce n'était pas comme si la compagnie du blond était désagréable, au contraire. Sinon, il ne se serait sûrement jamais passé ce qui se passait entre eux. Il regardait son reflet dans le miroir d'un œil distrait quand celui d'Edward apparut. Le regard du jeune homme croisa le sien dans la glace.
« Et toi, tes recherches avancent ?
- Pas vraiment … avoua Edward, se lavant les mains. Toutes mes recherches m'envoient dans des directions différentes, ou complètement dingues. »
Enfin, Edward n'aimait pas vraiment parler de ça. Même avec son supérieur. Raison pour laquelle il choisit un sujet plus léger :
« Alors, paraît que le rendez-vous d'Havoc s'est bien passé ?
- Il paraît oui. Enfin ça ne veut pas dire que tout ça connaîtra une fin heureuse, remarqua Roy.
- Vous êtes dur Colonel, soupira Ed.
- Réaliste, nuance.
- Pourquoi ? Vous ne croyez pas aux fins heureuses ? demanda le blond.
- Je ne sais pas, je n'y ai jamais réfléchi. Et toi ?
- Moi ? Bien sûr ! »
Sinon, pourquoi se serait-il donné corps et âme dans cette quête pour son frère et ses membres ? C'était bien par ce qu'il avait foi en un dénouement heureux. S'il y croyait pour une telle chose, pourquoi pas pour une histoire d'amour ?
Roy ne put qu'afficher un sourire devant tant d'optimisme. Après tout ce qu'il avait vécu, enduré, et encore, le brun était conscient qu'il ne savait pas tout, Ed arrivait encore à croire à quelque chose de positif ? Si seulement plus de gens étaient comme lui … Enfin pensaient comme lui. Un Fullmetal à gérer est suffisant.
Instinctivement, sans s'en être aperçu, tous deux s'étaient rapprochés l'un de l'autre durant leur conversation. Lentement, Roy avait baissé la tête et Edward relevé la sienne, rejoignant leurs lèvres. Tout naturellement, presque.
Cette mascarade connaîtrait-elle une fin heureuse ? Ni l'un ni l'autre n'y pensait réellement. Aucun des deux alchimistes ne préférait se pencher sur la question. S'il y aurait une fin. Si elle serait plutôt heureuse, ou plutôt malheureuse. Ou bien si tout cela se finirait comme cela avait commencé, dans le secret.
Ils restaient des hommes et ne pouvaient voir l'avenir. A défaut, ils continuaient d'avancer. A avancer doucement.
Pourtant, des bruits de voix et de pas en provenance du couloir arrivèrent à leurs oreilles.
Ils eurent alors le même réflexe. D'un seul mouvement, ils s'engouffrèrent dans une cabine de toilettes, la verrouillant derrière eux. Ils entendaient les militaires entrer, discuter gaiement. Pour que personne ne se doute de quoi que ce soit, Roy prit Edward dans ses bras et le souleva. Ce dernier enroula ses jambes autour du brun. Deux paires de pieds visibles, ça le fait moyen.
En tout cas, lui qui raillait tout le temps Ed par rapport à sa petite taille, il ne pensait pas qu'il puisse avoir un certain poids ! Non, il n'était pas d'une lourdeur insoutenable... mais tout de même. Peut être les automails qui jouaient là dedans ? Aucune idée.
Tous les deux se regardaient dans les yeux tandis que les militaires s'affairaient de l'autre coté. Puis d'un même geste, leurs lèvres se réunirent une nouvelle fois.
Edward sentait son estomac se tordre à ce contact. De plaisir mais aussi de crainte que les autres ne les découvrent. C'était peut être le côté « tout ça doit être fait dans le plus grand secret » qui l'émoustillait autant. Parce que oui, si ça ne lui plaisait pas un minimum, jamais, ô grand jamais Ed n'aurait autorisé Roy Mustang à le plaquer dans une cabine de toilettes pour l'embrasser.
Ses premiers émois amoureux, lorsqu'il s'autorisait à y penser, il les avait imaginés autrement. Peut être avec une fille, déjà. De son âge surtout. Et des filles, il avait l'occasion d'en rencontrer des tas. Il n'y avait pas que des hommes ou des monstres là où il allait.
Et bien non ! Fallait que ses premiers baisers soient avec Roy Mustang !
A la bonne heure ! C'est la situation la plus improbable de toute ma vie je crois … me faire peloter dans les chiottes par Mustang … Putain c'est le pied !
Peut-être était ce une bonne chose ? Que ce soit lui qui l'invite dans ce monde si délicieux et encore inconnu de sa personne. Après tout, la réputation de son supérieur n'était plus à faire. Et même si Edward n'avait pas de moyen de comparaison, il ne pouvait pas dire qu'il faisait honte à ce qu'on disait sur lui. Parce que ses baisers étaient juste divins.
Les deux cachottiers tentaient de faire le moins de bruit possible, tout en continuant leurs embrassades. Les militaires de l'autre coté de la cloison semblaient se douter de rien. Ils continuaient de parler, de faire couler l'eau … Sans se douter de quoi que ce soit.
Roy avait plaqué le corps du plus jeune contre la cloison, histoire de pouvoir mieux le soulever, et aussi, presser son corps contre le sien. Les bras d'Edward avaient enlacé ses épaules, s'agrippant à lui. Leurs langues ne mirent pas longtemps à se retrouver une nouvelle fois, se caressant, jouant, luttant. C'était juste suicidaire que de faire ça dans les toilettes de Central, mais qu'importe.
Leur respiration se fit alors plus saccadée, plus difficile. Les bras du blond se resserraient autour du brun. Ce dernier aurait bien laissé ses mains se promener, mais elles étaient légèrement occupées à soutenir le blond … Dommage.
Petit à petit, le groupe de militaires quittait les lieux, inconscients que sous leurs nez, ils auraient eu de quoi faire tomber l'homme dont le but était d'accéder au trône de Généralissime. Pourtant, personne ne remarqua quoi que ce soit. Roy et Edward avaient cessé leur baiser, pendant que le dernier militaire sortait des toilettes, laissant sans le savoir, les deux hommes seuls.
Ils se regardèrent dans les yeux pendant un moment, sans rien dire. Ce moment volé fut très intense, sûrement par rapport au fait que le risque cette fois était grand. Enfin, peu importe. Et d'être serré dans les bras de Roy, soutenu par lui, ses yeux plantés dans les siens, procura à Edward une étrange sensation de … bonheur. Il se sentait vraiment bien, là, tout contre lui.
C'était peut être con, mais il était foutrement heureux. Encore un peu, et il aurait posé sa tête contre lui.
J'aurais le droit … non ?
En fait il ne savait pas … peut être que si Roy se contenterait d'une relation faite uniquement d'embrassades, le blond ne dirait pas non à quelques moments de tendresse. Bah quoi ? Il était humain après tout. Ce serait un sujet qu'il devrait un jour aborder avec lui. La nature de leur relation si spéciale.
Il était quoi pour lui ? Un petit ami, certes clandestin, mais petit ami quand même ? Un jouet ? Un type là juste pour se défouler quand il en avait besoin ?
Mais bon, le temps ne s'arrêtait pas de tourner pour autant. Ils décidèrent donc silencieusement de sortir enfin de cette cabine. Il était temps de reprendre leur vie. Une fois sûrs et certains qu'il n'y avait plus personne, Edward déverrouilla la porte pour les laisser en sortir.
« Je retourne au bureau, annonça Roy. Je me suis absenté un peu trop longtemps.
– J'en connais une qui va vous passer un sacré savon, répondit le blond joyeusement.
- Edward, veuillez retirer ce sourire sadique sur votre visage … ça me suffira de voir Riza me remonter les bretelles … soupira Roy.
- Hé hé, amusez-vous bien ! » salua le jeune homme, avant de se diriger vers la porte. Pour sa part, il pensait retourner à l'hôtel, faire quelques recherches avec son frère. Il avait trouvé quelques trucs à la bibliothèque qui méritaient un petit coup d'œil. C'était pas grand chose, mais c'était toujours mieux que rien après tout.
« Attends ! »
Edward se retourna en entendant son supérieur l'appeler. Puis il sentit ses lèvres se poser sur les siennes, doucement. Avant de se retirer. Ed le regarda alors bizarrement. Surpris et troublé. Non pas que ça lui avait déplu, non, pas du tout. Surpris, c'est tout. C'est vrai, un peu de douceur dans ce monde de brutes, ça faisait du bien non ?
N'était-ce pas ce qu'il souhaitait également ?
« Bonne journée Edward.
- Euh … bonne journée à vous aussi. » répondit le blond, toujours surpris par cette initiative.
Les deux hommes sortirent enfin des toilettes, retournant à leur vie, se tenant bien de garder pour eux ce qui venait de se passer entre eux. Il valait mieux.
Cette petite parenthèse avait redonné le sourire à Roy, et il allait lui en falloir pour pouvoir affronter le courroux d'Hawkeye !
