Malheureusement je n'ai pas le temps de répondre personnellement à chaque review. Mais vos commentaires me touchent beaucoup. Oui, je sais que ma fic est assez intrigante, mais c'est plus intéressant comme cela il me semble... Ce nouveau chapitre est un peu plus long que les autres. Histoire de vous faire patienter jusqu'au mois d'août car je n'ai pas internet sur mon lieu de vacances. J'espère que ce chapitre vous plaira... Envoyez moi plein de reviews...lol.
Bisous à tous.
Eniluap.
Chapitre 4 : Angoisse.
« Hermione ».
Elle était restée sur le perron, la lumière l'avait éblouie. Le soleil dardait ses rayons. Il faisait chaud. La bise soufflait, caressait son visage, s'engouffrait dans ses cheveux.
« Hermione. »
Elle le vit. Il l'attendait sur la berge du lac. Tout de blanc vêtu. Il était revenu. Elle se mit à courir. Il était revenu. Son cœur se gonflait de joie. Elle courrait comme elle n'avait jamais couru.
« Tu dois conjurer la malédiction. L'issue de la guerre, l'avenir du monde sorcier dépendent de toi. »
Ses traits s'estompaient, sa voix perdait en intensité, à mesure qu'elle s'approchait.
« Tu dois conjurer la malédiction, Hermione. Tu le dois. Il t'aidera. Cela sera dur, mais il t'aidera. »
« Qui, Remus ? Qui m'aidera ? »
Sa silhouette se dilua dans l'air. Hermione se laissa tomber à plein ventre dans l'herbe et se mit à marteler le sol. Ses poings la faisaient souffrir. Mais qu'importe. Il l'avait abandonnée. Elle l'avait perdu une deuxième fois. Pourquoi, pourquoi ? Son prénom s'étrangla dans sa gorge.
« Remus. »
Il n'avait pas le droit. Pas le droit de l'abandonner. Il lui avait promis. Il serait toujours là pour elle. Mais il était parti, parti…Elle sentit une main se poser sur son épaule et la secouer.
« Miss Granger. »
Elle ouvrit les yeux. Le bruit de la locomotive. Elle avait rêvé, ce n'était qu'un cauchemar. Elle tourna la tête. Rogue l'observait.
« Comment allez-vous ? »
Une pointe inhabituelle d'inquiétude dans sa voix de velours.
« Bien, je crois, professeur. Je ne vais pas vous importuner plus longtemps. »
Elle tenta de se lever.
« Restez coucher, petite idiote. Si vous ne voulez pas passer votre première nuit à l'infirmerie. »
Elle passa une main sur son front.
« Que s'est-il passé ? »
« C'est à vous de me le dire, Miss. »
« Je suis sorti du compartiment. Je…J'ai eu des nausées. Je, je ne me rappelle plus. »
« Faîtes un effort. »
Son visage se crispa sous le coup de la concentration. Il fallait qu'elle se souvienne. Un groupe d'élèves passa dans le couloir. Ils parlaient, riaient. Ils parlaient… Tout lui revint à la mémoire.
« Professeur, quelqu'un criait. Quelqu'un, un enfant. C'était horrible. »
Elle s'était levée sur son séant. Un vent de panique se lisait dans ses yeux.
« Professeur, il faut aller voir. Il le faut. »
« Calmez-vous Miss Granger. Personne n'a crié.»
« Je vous le jure, professeur. Je l'ai entendu. Un enfant. Cette voix, cette voix… »
« Miss Granger, buvez cela. »
Il lui tendit une fiole contenant un liquide vert.
« Vous irez voir. Promettez-le moi. »
« Oui, mais buvez. »
Elle avala d'un trait la potion.
« Bien, Miss Granger. Je vous laisse. Mais j'oubliais, je trouve que votre consommation de potion de sommeil est accrue en ce moment. Vous allez vider le stock de Poudlard. Il va nous falloir remédier à ce problème. Que diriez-vous de demain soir, 21h00, dans mon bureau. »
« Vous n'avez pas le droit. »
« J'ai tous les droits. »
« L'année n'est même pas commencée. »
« Mais si vous ne tenez pas votre langue, elle pourrait bien commencer dans les négatifs pour Gryffondor. »
Il ne lui laissa pas le temps de répliquer, il était déjà parti. La jeune fille s'allongea sur la banquette. Elle soupira ; l'année ne s'annonçait pas de tout repos.
« Mary, vous me décevez. Pourquoi l'avez-vous laissé seul ? Qui sait ce qui aurait pu lui arriver ? »
« J'étais parti lui acheter des friandises. »
« Il n'a pas besoin de cela. Quelqu'un était entré dans le compartiment. Vous savez qu'il doit être tenu le plus possible à l'écart des autres. »
« C'est inhumain ! »
« C'est peut-être inhumain mais c'est pour son bien. »
« Ne la fâchez pas, s'il vous plait. Rien ne m'est arrivé. »
Rogue se retourna vers le petit garçon albinos, le regard furieux.
« Je ne vous ai pas adressé la parole, me semble-t-il ! Mais venons en à vous. Votre conduite est irraisonnée. Etes-vous devenu fou ? Elle vous a entendu Candor, elle vous a entendu. Vous ne mesurez pas les répercussions que cela peut avoir sur elle. C'est un esprit rationnel, elle va croire qu'elle devient folle. Elle souffre, elle vient de perdre un être cher et vous lui faîtes entendre… »
« Je le sais. Je sais qui elle a perdu. Remus. Pourquoi ne me l'avez-vous pas dit ? Pourquoi m'avoir caché sa mort ? Vous saviez très bien que je l'apprendrais un jour ou l'autre. Pourquoi ? »
« Je voulez vous protéger, je ne voulez pas que vous perdiez espoir. »
« Je ne perdrais jamais espoir. Et encore moins maintenant. Je sais que le dénouement est proche. Tout va finir par rentrer dans l'ordre. Tout. Que cela soit en bien ou en mal. Une nouvelle ère s'annonce. Je le sens, vous comprenez. Je le sens au plus profond de moi. »
« Taisez-vous Candor ! »
« Non, je me tairai pas. Vous avez peur, vous pensez que vous ne serez pas à la hauteur, maintenant que Remus n'est plus. Mais vous n'êtes pas seul. Il vous suffit de vouloir pour pouvoir. Il vous suffit d'y croire. »
« Taisez-vous, Candor. Je vous en prie. »
« Vous avez peur, n'est-ce pas ? »
« Oui, j'ai peur. J'ai peur à chaque seconde. J'ai peur de l'avenir. Peur de voir le monde s'écrouler. Peur de vous perdre. Oui, c'est idiot mais j'ai peur. »
« Moi, je n'ai pas peur. Peu m'importe de mourir. »
« Vous êtes un inconscient Candor. Comme tout enfant de votre âge. »
« Je ne suis pas comme les autres. »
« Je ne le sais que trop bien malheureusement. Nous arrivons bientôt. Mary aidez-le à enfiler son uniforme. A tout à l'heure. »
« A tout à l'heure. »
Hermione rejoignit ses amis sur le quai de la gare du Pré-au-Lard. Elle se sentait encore un peu brumeuse ; les effets de la potion de sommeil…
« On ne t'as pas vu de l'après-midi. T'étais où ? »
« A ton avis, Ron. Je faisais mes rondes. Et puis pour vous entendre parler Quidditch pendant tout le voyage, non merci. Je préfère encore rester seule. »
« Eh bien, reste seule, alors. Tu viens Harry. Tu comprends nous n'avons pas les mêmes valeurs que sa seigneurie, j'ai nommé Miss Je Sais Tout. »
Harry haussa les épaules et jeta un regard désemparé à Hermione, mais il suivit cependant Ron.
« Alors, Granger, on n'a plus d'amis. Remarque qui voudrait fréquenter une Sang de Bourbe comme toi. »
Malefoy et ses acolytes partirent dans un éclat de rire et s'engagèrent sur le chemin qui menait aux diligences. Hermione ne réagit pas et regarda le groupe s'éloigner. Malefoy avait beaucoup grandi pendant l'été, son corps était élancé. Son visage avait repris son air arrogant depuis l'évasion de son père, le jour de l'anniversaire de Harry. Cette évasion avait sonné comme un avertissement pour tous les membres de l'Ordre du Phénix. Un clin d'œil narquois de la part du Lord Noir. Une semaine plus tard Remus partait en mission…Cette satanée mission, elle en était sûre maintenant, Remus savait qu'il n'en reviendrait pas intact. Il était parti après l'avoir serré contre lui, son « A tout à l'heure » sonnait maintenant comme un adieu. Il savait et pourtant il était parti. L'enjeu devait être capital, sinon il ne serait jamais parti. Si, il serait tout de même parti, pour l'Ordre, pour Harry. Il était tellement Gryffondor, oui tellement. Hermione se rendit compte qu'elle était toute seule sur le quai. Ils avaient tous disparus et elle était restée là, plongée dans ses sombres pensées. L'imbécile. Elle partit en courant sur le chemin. Pourvu qu'elle arrive à temps. Elle aperçut au loin la dernière diligence qui s'ébranlait.
« Attendez ! Attendez-moi ! S'il vous plait. »
Le véhicule prenait déjà de la vitesse. Elle eut un geste de colère. Elle n'était qu'une bonne à rien. A coup sûr, son poste de Préfète en chef lui passerait sous le nez. Mac Gonagall serait déçue, elle prendrait son air sévère, les lèvres pincées. Rogue, lui, se permettrait des remarques désobligeantes au sujet de la « stupidité bien connue » des Gryffondors. La jeune fille eut une soudaine envie de faire demi-tour, de disparaître, de retourner dans le monde moldu, loin, très loin de ce monde en guerre. Fuir… fuir ses responsabilités. Non. Elle n'était pas une lâche. Elle se remit en route, il ne fallait pas traîner.
Elle progressait difficilement, le chemin était creusé d'ornières. La nuit était tombée, il pleuvait. Ses cheveux lui collaient au visage. Elle repoussa machinalement une mèche. Elle tremblait, la pluie avait transperçait ses vêtements. Elle distinguait les lumières du château. Elle serait bientôt au chaud. Son estomac gronda.
« Vous avez faim Granger. Moi aussi. »
La jeune fille poussa un cri de surprise et brandit sa baguette devant elle.
« Qui êtes-vous ? Où êtes-vous ? »
« Auriez-vous oublié votre cerveau dans le train ? Cela serait fâcheux. »
Elle sentit un souffle chaud dans son cou. Ses jambes mollirent.
« Alors où est ce courage dont les Gryffondors se vantent tant ? »
Le rire éclata à côté de son oreille, elle eut un frisson. L'homme la retourna violemment et la plaqua contre son torse, maintenant ses poignets derrière son dos de la main gauche. Il lui saisit la gorge de la main droite.
« Tsss, tsss, Miss Granger. Cela serait dommage que Poudlard perde son meilleur élément, vous ne croyez pas ? »
Il accentua la pression de ses doigts. Elle respirait péniblement.
« Que voulez-vous ? »
Il se remit à rire.
« Ne vous approchez plus de Candor ou vous êtes morte. »
Il la relâcha.
« Partez maintenant. Ils commencent à s'inquiéter. »
Elle se mit à courir de toutes ses forces.
« Merlin, où est elle ? Nous avons passé le château au peigne fin.»
La directrice adjointe faisait les cents pas dans le hall d'entrée. Elle tripotait nerveusement sa baguette.
« Elle ne peut pas avoir disparu. Severus l'a vu descendre du train. Toutes les diligences sont arrivées à bon port. »
« Minerva, vous énervez, ne nous avancera à rien. »
« Albus, je crois que vous ne saisissez pas la situation. »
« Je la saisis parfaitement, croyez-moi. L'angoisse vous fait perdre votre fair-play. »
« Excusez-moi Albus. Je suis stupide. »
« Pas stupide, mais inquiète. C'est bien différent. »
Ils se turent. Ils pouvaient entendre la pluie tomber drue dehors.
« Il ne faut pas avoir peur. »
Les deux adultes sursautèrent et firent volte-face.
« Candor, que fais-tu ici ? Il est tard, tu devrais être au lit à cette heure. »
« Elle arrive, elle monte les escaliers du perron. Sa main sur la poignée. »
La lourde porte s'ouvrit dans un grincement. Hermione entra dans le hall, ruisselante de pluie, le regard hagard.
« Monsieur le Directeur, Professeur Mac Gonagall, je suis désolée. Je… »
« Miss Granger, suivez-nous s'il vous plait. Candor, retourne dans ta chambre veux-tu. »
« Ne soyez pas trop durs avec elle. Elle a eut peur, très peur. Il la menaçait. Il voulait lui faire peur. Parce qu'elle l'effraie. Vous savez, elle a une grande aura. Elle est la solution, elle est la clef.»
Albus se pencha à l'oreille du petit garçon.
« Merci, Candor. Ne t'inquiètes pas. Nous ne lui ferons rien. »
Le jeune albinos sourit, embrassa la main ridée du Directeur et partit, les mains tendues en avant.
Hermione était installée dans un fauteuil confortable, près du feu, entourée dans une couverture épaisse. Elle porta la tasse à ses lèvres. Le thé lui brûla la langue, mais cette chaleur était agréable. Dumbledore lui jetait un regard bienveillant. Pas un seul reproche. Il lui avait proposé à manger, elle s'était ruée sur les sandwichs. Maintenant qu'elle était rassasiée, elle se sentait plus détendue.
« Hermione, que s'est-il passé ? »
« J'ai loupé les diligences. Je sais c'est indigne d'une préfète en chef. Si vous me retirez mon poste, je comprendrai. »
« Miss Granger, nous n'avons aucunement l'intention de vous démettre de vos fonctions. »
Mac Gonagall venait de briser le silence dans lequel elle était emmurée depuis qu'ils étaient dans le bureau du directeur. Un tic nerveux agitait ses lèvres.
« Hermione, que s'est il passé sur le chemin ? »
« Rien, monsieur. »
« Pourquoi mentir ? »
La jeune fille baissa les yeux et se mit à rougir.
« Il s'en est pris à moi. Il m'a menacé. Il m'a dit de ne plus m'approcher de Candor, ou il me tuerait. »
Sa voix se brisa dans un sanglot.
« J'ai eu peur, tellement peur. »
Minerva caressa les cheveux encore humides de son élève.
« Ce n'est rien Hermione, nous sommes là maintenant. »
L'adolescente ravala un sanglot.
« Qui est Candor ? Je veux savoir. »
Dumbledore se leva et alla fouiller dans une armoire. Il en sortit un grand coffret en bois ouvragé. Un Phénix ornait le couvercle.
« Remus a laissé cela pour toi. Tu trouveras une copie de son testament. Toutes les réponses à tes questions s'y trouvent. Soit forte Hermione. Nous avons tous besoin de toi. Tu portes nos plus grands espoirs. Je te conseille de l'ouvrir quand tu seras seule dans ta chambre. N'en parle à personne, tu m'entends. Sauf aux personnes concernées. Pas même à tes amis. Promets-le-moi. »
« Je vous le promets. »
« Bien, tu devrais aller te coucher maintenant. Tu n'as plus besoin de venir demain matin. »
Elle acquiesça.
« Bonne nuit. »
« Bonne nuit Hermione. »
