Bonne année à tous !!!
J'espère que vous avez passé un bon réveillon, moi en tout cas oui.
Merci à :
Lisia : Désolée, mais je ne vais pas pouvoir faire ça, j'ai tout un plan dans ma tête et ça n'en fait pas partie. J'espère que la suite te plaira quand même.
Arathorn : Ah ! Mon dieu ! Inutile de s'énerver, voilà la suite (au fait, j'aime bien ton pseudo)
Lunenoire : Ca me fait plaisir que tu aimes ce genre de fin (il va bien falloir si tu veux continuer à me lire... lol!)
Maryna : Je peux te faire une remarque ? Il vaut mieux que tu ne me tues pas... Sinon, comment tu fais pour avoir la suite ?
Alixe : Merci, je vais corriger ça de ce pas.
Merci aussi à Cynore et Obal
Bon, alors bonne lecture !
Speedy
Chapitre 4 :
"Il faut... Il faut que je voie Dumbledore," dit Harry d'une voix blanche.
"Qu'est-ce que tu dis, Harry ?" demanda Ron en lui jetant un coup d'oeil par-dessus son épaule.
"Je... Rien."
Harry sortit de la chambre et redescendit en vitesse dans la cuisine.
"Mrs Weasley !" s'écria-t-il dès qu'il la vit. "Il faut absolument que je voie le professeur Dumbledore !"
"Je suis là, Harry," répondit une voix derrière lui.
Il se retourna. Le directeur de Poudlard était effectivement là, avec Remus et un homme que Harry ne connaissait pas.
"Que se passe-t-il ?" demanda-t-il calmement. "Molly, où est Miss Granger ?"
"Dans sa chambre," répondit-elle.
"Remus, Mirzam, allez la voir, voulez-vous ? Faites ce que vous pouvez. J'arrive," ordonna Dumbledore.
Il se tourna ensuite vers Harry, qui lui tendit le mot qu'il avait reçu. Il vit les yeux de Dumbledore s'agrandirent de stupeur et d'horreur derrière ses lunettes en demi-lune.
"Tu veux jouer à ça, Tom ?" murmura-t-il entre ses dents.
Il se rendit ensuite, sans un mot, suivi par Harry, dans la chambre où se trouvait Hermione. Remus était agenouillé à son chevet, une main sur son front et l'autre sur son poignet, cherchant son pouls. L'inconnu que Dumbledore avait appelé Mirzam préparait une potion près de la fenetre. Ron et Ginny étaient assis sur l'autre lit de la chambre, les yeux rivés sur Hermione.
Dumbledore se pencha vers Remus et lui murmura quelques mots à l'oreille. Remus ocha la tête et lui répondit par la même voie.
"Mirzam," demanda-t-il ensuite, "c'est bientot près ?"
"Presque," répondit l'autre.
"Si ça ne marche pas," dit Dumbledore, "il faudra l'emmener à Ste- Mangouste."
"Mais pourquoi ?" demanda Ron. "Qu'est-ce qu'elle a ?"
"Voldemort lui a jeté un sort de maladie," répondit Dumbledore.
"Comment le savez-vous ?" demanda Ginny.
Dumbledore lut le message à voix haute.
Salut Harry,
Comment vas-tu ? Mieux que ton amie, j'espère. Tu commences déjà à regretter, n'est-ce pas ? Mais ce n'est pas fini.
A bientot...
C'était signé de la Marque des Ténèbres.
Le silence regna quelques secondes, durant lesquelles les regards convergèrent vers Harry.
"Il faut faire venir Luna et Neville," murmura alors Hermione d'une voix presque inaudible.
Dumbledore hocha tristement la tête.
"J'ai bien peur que vous n'ayiez raison. Voldemort a probablement supposé que les gens que tu avais emmené avec toi cette nuit-là étaient des gens auquels tu faisais confiance, donc auquels tu tenais, Harry."
Hermione se mit à trembler, accentuant encore les pensées coupables qui assenaient Harry.
"Mirzam !" pressa Remus.
"Ca y est," répondit celui-ci. Il apporta un verre rempli d'une potion fumante à Hermione qui la but. Elle s'endormit quelques secondes après.
"Le pire est passé," dit-il à tout le monde en se relevant. "Mais il va falloir veiller sur elle 24 heures sur 24, au cas où elle referait une crise.
"On va établir une garde," dit Ron. "Je commence jusqu'à ce soir. Ensuite, Harry prendra le relais, puis Ginny. D'accord ?"
Tout le monde hocha la tête. Harry fut surpris d'une telle initiative de la part de Ron, mais suivit les autres quand ils sortirent pour redescendre dans la cuisine, le laissant seul.
Dumbledore se tourna vers eux.
"Bon. Mirzam, je vous présente Harry et Ginny. Vous connaissez déjà Molly. Voici le professeur Mirzam Herbert, qui vous enseignera la Défense Contre les Forces du Mal cette année," ajouta-t-il à l'intention des adolescents.
Ils hochèrent brièvement la tête. Harry prit alors le temps de regarder son nouveau professeur. Il était presque aussi grand que Dumbledore, et avait des cheveux bruns et des yeux bleu sombre, ainsi qu'un nez pointu et des dents très blanches. La trentaine.
"Mirzam, Remus," continua Dumbledore, "vous allez chercher Mr Londubat et Miss Lovegood et vous les ramenez ici, d'accord."
Ils acquiesèrent et tansplanèrent immédiatement.
"Molly, vous veillez sur eux. Je peux compter sur vous ?"
"Bien sur que vous pouvez !" répondit Mrs Weasley avec véhémence.
"Je dois aller au Ministère pour m'occuper de Miss Wolf. Harry, n'oublie pas ce que je t'ai déjà dit, s'il-te-plait. Surtout ne fais rien de dangereux."
Harry hocha la tête. Dumbledore s'appreta à transplaner à son tour, mais il l'interrompit.
"Professeur, attendez... Où est-ce que ça en est avec Véla ?"
Dumbledore le regarda avec tristesse.
"Ce n'est pas gagné. Il va y avoir une audience la semaine prochaine et des amis de Remus vont venir temoigner qu'il n'est pas dangereux."
Harry ouvrit la bouche pour parler mais Dumbledore l'interrompit.
"Non, tu ne viendras pas témoigner."
"Mais..."
"J'ai dit non, Harry. Tu ne quitteras pas cette maison avant la rentrée."
"Pourquoi ?" s'obstina Harry. "Je le connais bien. En troisième année je me suis souvent retrouvé seul avec lui."
"Harry..."
"C'est mon ami !" s'énerva-t-il. "Après tout ce qu'il a fait pour moi... je le lui dois bien !"
Dumbledore soupira.
"Nous en reparlerons, Harry. En attendant, je veux que tu me promettes de ne pas sortir d'ici."
"Bien sur. Je le promet."
"Très bien."
Il transplana, laissant la pièce dans un silence chargé d'inquiétude.
"Bon," dit Mrs Weasley, "il va falloir preparer d'autres chambres pour Neville et Luna. Vous pouvez m'aider ?"
Harry hocha la tête. Il vit que Mrs Weasley regardait sa fille avec inquietude, comme si elle craignait de la voir tomber à chaque instant. C'était normal, d'ailleurs, elle aussi avait été présente durant cette nuit de cauchemar. Pourquoi donc avait-il fallu qu'il les emmene avec lui ? Ils auraient mieux fait de le laisser tomber dans ce piège seul. Cela leur aurait évité beaucoup de mal.
Ils suivirent Mrs Weasley à l'étage. Vivement que la rentrée arrive, pensa Harry, au moins ils auront une chance d'être un peu plus en sécurité qu'ici. Les sorts de magie noire ne pourraient pas les atteindre. Il pria pour que rien ne soit arrivé à Neville et Luna dont il n'aurait pas été prévenu. La tête commença à lui tourner.
"Harry ? Que se passe-t-il ?" demanda une voix lointaine avant que tout ne devienne noir.
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Ron la regardait dormir. Elle était pale et transpirait, mais elle semblait sereine. Il avait eu tellement peur ! Il avait cru que sa vie s'arrêtait là, aux cotés d'Hermione qui s'évanouissait. Ca avait été effrayant de la voir passer si vite d'une bonne santé à une perte de connaissance. Elle remua légèrement avant de s'immobiliser de nouveau. Un faible gémissement sortit de sa gorge et sa main se crispa de nouveau sur les draps. Il la prit et la serra dans les siennes.
"Chut, je suis là, tout va bien," murmura-t-il doucement.
Elle se détendit. Tout cela ne serait pas arrivé si lui, Ron, avait dissuadé Harry de faire ce qu'il voulait, pensa-t-il. Il aurait dut écouter Hermione qui avait eu, comme d'habitude, raison. Il eut soudain l'impression d'avoir grandi de plusieurs années. Il se demanda comment, la veille au soir seulement, il avait pu reprocher à Harry de leur avoir dit la vérité en présence de Ginny, alors qu'ils avaient failli perdre Hermione. Il était étrange de ne pas avoir réalié avant ce que cela lui aurait couté. C'était plus qu'une amie.
Quelqu'un frappa et entra. Il tourna les yeux vers la porte et apercut Ginny.
"Je viens prendre mon tour," dit-elle à voix basse.
"Ce devait être Harry," protesta Ron. "Où est-il ?"
"Dans sa chambre, il s'est évanoui," répondit-elle.
Il se leva d'un bond et sortit de la pièce. Allons bon, qu'est-ce qui lui était arrivé, encore ? pensa-t-il avec inquiétude. Il entra dans sa chambre et il vit Harry, allongé sur son lit. Il s'approcha.
Il n'avait pas vraiment fait attention à son visage depuis la veille, mais il fut frappé de voir à quel point son meilleur ami semblait triste, malade et épuisé. Il était très pâle, la couleur de son visage contrastant fortement avec sa cicatrice rouge flamboyant, ses cheveux noirs et ses cernes bleues. Il avait les traits tirés et semblait encore plus maigre que d'habitude. Ron réalisa soudain pleinement ce que la Prophétie révélait. Harry devait tuer Voldemort, ou bien il mourrait de ses mains. Il devait avoir été hanté tout l'été par cette pensée. C'était à lui de réduire cette épouvantable menace à néant, à lui de venger toutes les vies que Voldemorts avait prises.
Il se rendit compte que, dans l'état actuel des choses, ses chances étaient très ténues. Completement boulversé, il se mit à pleurer.
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Harry ouvrit les yeux. Il faisait nuit dans la chambre et un rayon de lune était filtré par la fenetre. Il avait un mal de tête épouvantable. Le simple fait de se redresser l'étourdissait.
Quelque chose était différent dans la pièce. Il y avait un lit en plus et des ronflements sonores s'élevaient de l'un d'eux. Il avait trop mal à la tête pour reflechir à qui pouvait bien s'être installé ici, alors il se leva, traversa la pièce et sortit. Il se tint une seconde, les yeux fermés, contre le mur, attendant que la tête cesse de lui tourner. Le couloir menant à l'escalier était lui aussi dans la pénombre et il le traversa à l'aveuglette. Il descendit sans trop savoir où il allait et arriva dans la cuisine. Elle était bien entendu vide à cette heure-ci, mais il ouvrit tout les placards à la recherche d'aspirine. Si seulement il avait pris sa baguette !
"Accio aspirine," marmonna-t-il automatiquement.
La porte du placard sous l'évier, qui servait de chambre à Kreattur, s'entrouvrit en grinçant pour laisser passer ce qui ressemblait vaguement à un tube de comprimés. La porte se referma sur l'Elfe de Maison, consigné dans son placard jusqu'à nouvel ordre. Le tube fila directement dans la main de Harry qui prit deux comprimés et les avala avec un peu d'eau. Il s'assit ensuite à table, se prit la tête dans les mains et ferma les yeux, ne pensant à rien d'autre qu'à la douleur lancinante qui lui traversait le front. Puis, en un millième de seconde, la douleur s'évanouit.
Il ne comprit pas tout d'abord ce qui lui était arrivé, mais quand il rouvrit les yeux il vit le tube qui avait une couleur violette, dans la pièce éclairée seulement d'un faible feu dans la cheminée. Dessus était écrit, en lettres d'un bleu brillant : "Aspirine sorcier : la douleur disparait en 10 secondes chrono."
Harry se demanda ce qu'un tel médicament faisait dans la chambre de Kreattur. Il prit soudain conscience de ce qu'il venait de faire. Il avait lancé un sort sans baguette ! Qui plus est, un sortilège d'Attraction, l'un de ceux qu'il avait eu le plus de mal à mettre en pratique. Etrange.
Des souvenirs lui revinrent en mémoire... cela lui était déjà arrivé. Plusieurs fois. Pendant les vacances juste avant sa troisième année, quand il avait fait gonfler la tante Marge, ça avait été sans même une seule formule. Et l'année précédente, s'il avait pu vaincre les Détraqueurs, il avait utilisé Lumos pour trouver sa baguette dans le noir.
Il voulut essayer de nouveau. Il regarda une des casseroles qui étaient à coté de l'évier, tendit la main droite et se concentra.
"Accio casserole !"
Rien ne se produisit. Il baissa la main et soupira. Peut-être fallait-il qu'il soit dans un certain état de panique ou de colère. Probablement. Il bailla. Il n'avait pas suffisement dormi. Penser à retourner se coucher lui rappela qu'il y avait un intru dans la chambre. C'était sans doute Neville qui avait du arriver pendant que Harry était inconscient. Il retourna dans la chambre et dans la chaleur douillette de son lit en faisant le moins de bruit possible.
"Harry ?" murmura la voix de Ron, légèrement pateuse.
"Oui ?" répondit Harry.
"Ca va ?" demanda Ron.
"Oui. Je suis juste descendu soigner mon mal de tête. Et toi ?"
Neville eut un ronflement sonore.
"Ca va. Neville est arrivé tout à l'heure. Mais Luna ne viendra pas. Son père refuse de la laisser seule ici et l'Ordre refuse de prendre le risque de laisser un journaliste entrer dans leur Quartier Général."
"Ils vont bien ?" demanda Harry sans pouvoir cacher son appréhension. "Il ne leur est rien arrivé cet été ?"
"Non, tout va bien, ne t'en fais pas."
Il y eut un moment de silence.
"Bonne nuit," dit Ron.
"Toi aussi."
************************************
Harry se reveilla tot dans l'après-midi le lendemain. Il baiila et s'étira, puis se leva et commença à s'habiller. Quand ce fut fait, il descendit à la cuisine où Ron, Ginny, Neville, Mrs Wasley, Remus et le professeur Herbert étaient en train de manger. Harry rougit fortement quand tous les regards se braquèrent sur lui et il ne songea même pas à les analyser.
"Bonjour," dit-il, géné.
"Bonjour Harry," répondit Remus avec un sourire, dissipant le malaise. "Viens t'assoir," ajouta-t-il en désignant un chaise de la main.
Il se dirigea vers l'endroit indiqué, avec le sentiment désagréable d'être un intru. Pendant un moment, le silence retomba sur la cuisine, tandis que chacun reprenait le cours de son repas.
Mrs Weasley bailla longuement. Elle semblait épuisée de tout ce remue- ménage. Harry était géné, car il ne pouvait s'empecher de se sentir responsable de tout ce grand chambardement dans la routine, faible mais existente, des habitants de cette maison. Il baissa les yeux sur son assiete. Il n'avait pas faim.
"Comment va Hermione ?" demanda-t-il en reposant ses couverts.
Personne ne répondit. Il leva la tête et essaya de capter le regard de Ron ou de Remus, mais aucun ne le regarda.
"Quoi ?" fit-il, sentant l'angoisse remonter le long de ses entrailles. "Qu'est-ce qu'il se passe ?"
"Elle... elle a fait une rechute," répondit Ginny à voix basse.
"On l'a emmenée à Ste-Mangouste ce matin," ajouta Remus.
"Et ?" insista Harry, sentant que les mauvaises nouvelles ne s'arretaient pas là.
"Elle est aux Soins Intensifs," continua le professeur Herbert. "Les jumeaux sont là-bas et nous préviendrons dès qu'elle en sortira."
Harry se felicita interieurement d'avoir posé ses couverts. Ses mains tremblaient incontrollablement.
"Je veux la voir," dit-il en regardant tour à tour Remus et Mrs Weasley.
"Non," répondit cette dernière. "Pas question. Tu ne sortiras pas d'ici."
Harry fronça les sourcils.
"Mais..."
"Pas question !" interrompit-elle.
Une bouffée de colère lui monta aux joues. Il s'efforça de se calmer.
"Pourquoi ?" demanda-t-il en crispant les doigts sur ses genoux.
"Tu sais très bien pourquoi, Harry," répondit Remus.
Cette fois, il laissa libre cours à sa fureur.
"J'en ai assez que l'on m'interdise tout !" cria-t-il en se levant de sa chaise. "Sirius m'aurait laissé y aller !"
Remus et le professeur Herbert sursautèrent et lui jetèrent simultanément un regard effaré, à la fois triste et inquiet. Ne supportant plus cette pitié que tout le monde lui manifestait, Harry quitta la pièce à grand pas et monta dans sa chambre.
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Remus jeta un coup d'oeil à Mirzam, cherchant à lui faire comprendre qu'il ne devait surtout rien faire. Celui-ci lui répondit par la même vois, lui montrant qu'il avait compris. Il vit Ron se lever et faire mine de suivre Harry.
"Non, Ron, attends !" l'interrompit-il.
Ron se retourna.
"Il vaut mieux le laisser seul, il en a besoin."
"Il a été seul pendant toutes les vacances," rétorqua le jeune homme. "Je ne pense pas que ce soit le moment de le laisser tomber."
"Je ne te demande pas de le laisser tomber, je te demande de le laisse reflechir. Quand il aura comprit qu'il n'y est pour rien, on pourra l'aider,"dit Remus avec calme.
Ron lui jeta un regard septique mais obeit tout de même. Un silence lourd tomba sur la pièce et des regards s'échangeaient, génés. Remus jeta un coup d'oeil à sa montre et constata qu'il était temps d'aller au Ministère.
"Molly, je dois partir," dit-il.
Elle hocha la tête.
"Bonne chance."
Il transplana.
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Harry faisait les cent pas dans sa chambre. Il essayait de se raisonner, mais il ne pouvait effacer de sa mémoire le regard que Remus lui avait lancé quand il avait prononcé le nom de Sirius. Il lui avait fait mal, c'était évident, et Harry s'en voulait. Il s'en voulait pour tout ce qui était arrivé à cause de cette nuit. Sirius parti à jamais, Hermione entre la vie et la mort et ses meilleurs amis en sursis.
Avec colère, il posa les yeux sur le message que Voldemort lui avait envoyé la veille. Celui-ci prit soudainement feu et partit en fumée. Cette étrangeté le calma plus efficacement qu'un seau d'eau froide. Il venait encore de faire un tour sans baguette. Il soupira, puis se cala contre le mur, sur son lit, et ramena ses genoux sous son menton, entourant ses jambes de ses bras. Il laissa son regard se promener avec mélancolie sur la pièce. Neville avait emmené son Mimbulus Mimbletonia, qui semblait être devenu encore plus grand cet été.
Si seulement Hermione pouvait aller mieux ! Harry pria pour qu'elle revienne le plus vite possible. Quelqu'un frappa.
"Oui ?"
La porte s'ouvrit et le professeur Dumbledore entre. Il le regarda et lui fit un sourire.
"Bonjour, Harry."
Harry hocha la tête sans rien dire. Dumbledore s'approcha et s'assit sur le lit. Il regarda Harry droit dans les yeux, avec un mélange d'inquiétude et de tristesse profondément agaçant au fond du regard, mais il ne parla pas pendant plusieurs secondes.
"Que se passe-t-il ?"
"Je pensa que finalement nous allons avoir besoin de toi pour l'audience de Remus," répondit-il doucement.
"Je ne sais pas si je dois prendre ça comme une bonne nouvelle," dit Harry. "Si vous faites appel à moi c'est qu'il n'y a pas suffisement d'autres gens."
"Oh, ce n'est pas pour cette raison que je te demande cela. Mais ton témoignage pourrait être décisif. Tu viendras avec moi au Ministère, puis, si tu veux, nous irons à Ste-Mangouste voir Miss Granger."
Harry ouvrit de grands yeux.
"Vraiment ?"
Dumbledore acquiesa.
"Vous avez de ses nouvelles ?"
"Oui, elle est sortie du bloc des urgences il y a dix minutes. Pour le moment, elle dort, mais elle va mieux et elle sortira d'ici deux semaines."
Un immense soulagement envahit Harry. Il eut un sourire auquel Dumbledore répondit.
"Professeur," commença Harry, "vous m"avez demandé de venir vous voir à Poudlard... Pourquoi ?"
"C'est trop long à t'expliquer maintenant," répondit Dumbledore, son sourire s'effaçant. "Je dois repartir tout de suite. Mais on fera comme je t'ai demandé, si tu es d'accord." Il se leva. "Je viendrai te chercher samedi prochain."
Harry hocha la tête et Dumbledore sortit. Soulagé, Harry poussa un long soupir. Il se pencha et prit dans sa valise l'album de Sirius.
*********************************
Peu avant le diner, ce fut Neville qui rendit visite à Harry. Levant les yeux de son cher livre, il lui jetta un coup d'oeil et s'aperçut qu'il semblait géné.
"Qu'est-ce qu'il y a ?' demanda-t-il, inquiet.
"Je ne veux pas te déranger," répondit Neville, "mais... est-ce que ça va ?"
Harry prit soudain conscience qu'il n'avait pas échangé une seule parole avec Neville depuis l'arrivée de celui-ci à Square Grimmaurd.
"Je vais bien," répondit-il avec un sourire. "Désolé de mon humeur de ce midi..."
"Ce n'est pas grave," interrompit aussitôt Neville. "Je comprend tout à fait."
Harry eut un sourire désabusé.
"Pardonne-moi, mais je ne suis pas tout à fait sur que tu comprennes," dit- il tristement, "ni même que tu puisses le comprendre."
"Non... Peut-être pas," répondit Neville en s'asseyant sur le lit de Harry.
"Comment vas-tu ?" demanda Harry. "Tu as passé un bon été ?"
"Moui," acquiesa Neville, l'air indécis. "Grand-mère n'a pas arrêté de me dire qu'elle était extrèmement fière que je sois venu t'aider, et patati, et patata... je ne vais pas te faire un dessin."
"Ca doit te changer, non ?"
"Assez, oui... je dois dire que c'est... plutôt agréable. Et puis..." Il hésita.
"Quoi ?"
"J'ai été voir mes parents à l'hopital," dit Neville en baissant les yeux et en rougissant fortement.
"Neville," coupa Harry, "ne te sens pas obligé d'en parler."
"Tu aurais préféré que je te le dise ?" demanda Neville. "Tu aurais voulu le savoir ?"
"Je n'aurais pas préféré," répondit Harry. "C'est ton choix. C'est ta vie. C'est à toi de décider."
"Vraiment ? Tu ne m'en veux pas ?"
"Je n'ai pas à t'en vouloir, Neville," rétorqua fermement Harry.
"Merci, Harry," répondit Neville, visiblement soulagé. "Tu es vraiment un ami formidable."
Sans savoir quoi répondre, Harry hocha la tête avec un sourire.
"Les enfants !" appella Mrs Weasley du palier. "Vous venez manger ?"
**********************************
Ce soir-là, à table, l'ambiance fut beaucoup plus joyeuse : Hermione étaiit hors de danger et aucun autre des adolescents n'avait reçu de mauvais sort. Ron surtout semblait revivre. Ginny riait avec Neville, Ron parlait avec les jumeaux, Tonk, le professeur Herbert et Remus échangeaient apparement des nouvelles et Maugrey surveillait Kreacher avec son oeil magique tout en discutant avec Arthur et Molly Weasley. Seul Harry était silencieux, plongé dans ses pensées, réfléchissant à ce qu'il allait dire de Remus à l'audition. Il était heureux que le ministère ait reconnu qu'il n'était pas un menteur, sinon il n'aurait eu aucune chance.
Harry sentit le regard de quelqu'un sur lui. Il tourna la tête et vit Remus qui lui fit un sourire. A part cela, la seule autre chse notable de cette soirée fut une brève douleur à la cicatrice de Harry, accompagnée par un faible sentiment de colère qui acheva de rendre Harry joyeux.
J'espère que vous avez passé un bon réveillon, moi en tout cas oui.
Merci à :
Lisia : Désolée, mais je ne vais pas pouvoir faire ça, j'ai tout un plan dans ma tête et ça n'en fait pas partie. J'espère que la suite te plaira quand même.
Arathorn : Ah ! Mon dieu ! Inutile de s'énerver, voilà la suite (au fait, j'aime bien ton pseudo)
Lunenoire : Ca me fait plaisir que tu aimes ce genre de fin (il va bien falloir si tu veux continuer à me lire... lol!)
Maryna : Je peux te faire une remarque ? Il vaut mieux que tu ne me tues pas... Sinon, comment tu fais pour avoir la suite ?
Alixe : Merci, je vais corriger ça de ce pas.
Merci aussi à Cynore et Obal
Bon, alors bonne lecture !
Speedy
Chapitre 4 :
"Il faut... Il faut que je voie Dumbledore," dit Harry d'une voix blanche.
"Qu'est-ce que tu dis, Harry ?" demanda Ron en lui jetant un coup d'oeil par-dessus son épaule.
"Je... Rien."
Harry sortit de la chambre et redescendit en vitesse dans la cuisine.
"Mrs Weasley !" s'écria-t-il dès qu'il la vit. "Il faut absolument que je voie le professeur Dumbledore !"
"Je suis là, Harry," répondit une voix derrière lui.
Il se retourna. Le directeur de Poudlard était effectivement là, avec Remus et un homme que Harry ne connaissait pas.
"Que se passe-t-il ?" demanda-t-il calmement. "Molly, où est Miss Granger ?"
"Dans sa chambre," répondit-elle.
"Remus, Mirzam, allez la voir, voulez-vous ? Faites ce que vous pouvez. J'arrive," ordonna Dumbledore.
Il se tourna ensuite vers Harry, qui lui tendit le mot qu'il avait reçu. Il vit les yeux de Dumbledore s'agrandirent de stupeur et d'horreur derrière ses lunettes en demi-lune.
"Tu veux jouer à ça, Tom ?" murmura-t-il entre ses dents.
Il se rendit ensuite, sans un mot, suivi par Harry, dans la chambre où se trouvait Hermione. Remus était agenouillé à son chevet, une main sur son front et l'autre sur son poignet, cherchant son pouls. L'inconnu que Dumbledore avait appelé Mirzam préparait une potion près de la fenetre. Ron et Ginny étaient assis sur l'autre lit de la chambre, les yeux rivés sur Hermione.
Dumbledore se pencha vers Remus et lui murmura quelques mots à l'oreille. Remus ocha la tête et lui répondit par la même voie.
"Mirzam," demanda-t-il ensuite, "c'est bientot près ?"
"Presque," répondit l'autre.
"Si ça ne marche pas," dit Dumbledore, "il faudra l'emmener à Ste- Mangouste."
"Mais pourquoi ?" demanda Ron. "Qu'est-ce qu'elle a ?"
"Voldemort lui a jeté un sort de maladie," répondit Dumbledore.
"Comment le savez-vous ?" demanda Ginny.
Dumbledore lut le message à voix haute.
Salut Harry,
Comment vas-tu ? Mieux que ton amie, j'espère. Tu commences déjà à regretter, n'est-ce pas ? Mais ce n'est pas fini.
A bientot...
C'était signé de la Marque des Ténèbres.
Le silence regna quelques secondes, durant lesquelles les regards convergèrent vers Harry.
"Il faut faire venir Luna et Neville," murmura alors Hermione d'une voix presque inaudible.
Dumbledore hocha tristement la tête.
"J'ai bien peur que vous n'ayiez raison. Voldemort a probablement supposé que les gens que tu avais emmené avec toi cette nuit-là étaient des gens auquels tu faisais confiance, donc auquels tu tenais, Harry."
Hermione se mit à trembler, accentuant encore les pensées coupables qui assenaient Harry.
"Mirzam !" pressa Remus.
"Ca y est," répondit celui-ci. Il apporta un verre rempli d'une potion fumante à Hermione qui la but. Elle s'endormit quelques secondes après.
"Le pire est passé," dit-il à tout le monde en se relevant. "Mais il va falloir veiller sur elle 24 heures sur 24, au cas où elle referait une crise.
"On va établir une garde," dit Ron. "Je commence jusqu'à ce soir. Ensuite, Harry prendra le relais, puis Ginny. D'accord ?"
Tout le monde hocha la tête. Harry fut surpris d'une telle initiative de la part de Ron, mais suivit les autres quand ils sortirent pour redescendre dans la cuisine, le laissant seul.
Dumbledore se tourna vers eux.
"Bon. Mirzam, je vous présente Harry et Ginny. Vous connaissez déjà Molly. Voici le professeur Mirzam Herbert, qui vous enseignera la Défense Contre les Forces du Mal cette année," ajouta-t-il à l'intention des adolescents.
Ils hochèrent brièvement la tête. Harry prit alors le temps de regarder son nouveau professeur. Il était presque aussi grand que Dumbledore, et avait des cheveux bruns et des yeux bleu sombre, ainsi qu'un nez pointu et des dents très blanches. La trentaine.
"Mirzam, Remus," continua Dumbledore, "vous allez chercher Mr Londubat et Miss Lovegood et vous les ramenez ici, d'accord."
Ils acquiesèrent et tansplanèrent immédiatement.
"Molly, vous veillez sur eux. Je peux compter sur vous ?"
"Bien sur que vous pouvez !" répondit Mrs Weasley avec véhémence.
"Je dois aller au Ministère pour m'occuper de Miss Wolf. Harry, n'oublie pas ce que je t'ai déjà dit, s'il-te-plait. Surtout ne fais rien de dangereux."
Harry hocha la tête. Dumbledore s'appreta à transplaner à son tour, mais il l'interrompit.
"Professeur, attendez... Où est-ce que ça en est avec Véla ?"
Dumbledore le regarda avec tristesse.
"Ce n'est pas gagné. Il va y avoir une audience la semaine prochaine et des amis de Remus vont venir temoigner qu'il n'est pas dangereux."
Harry ouvrit la bouche pour parler mais Dumbledore l'interrompit.
"Non, tu ne viendras pas témoigner."
"Mais..."
"J'ai dit non, Harry. Tu ne quitteras pas cette maison avant la rentrée."
"Pourquoi ?" s'obstina Harry. "Je le connais bien. En troisième année je me suis souvent retrouvé seul avec lui."
"Harry..."
"C'est mon ami !" s'énerva-t-il. "Après tout ce qu'il a fait pour moi... je le lui dois bien !"
Dumbledore soupira.
"Nous en reparlerons, Harry. En attendant, je veux que tu me promettes de ne pas sortir d'ici."
"Bien sur. Je le promet."
"Très bien."
Il transplana, laissant la pièce dans un silence chargé d'inquiétude.
"Bon," dit Mrs Weasley, "il va falloir preparer d'autres chambres pour Neville et Luna. Vous pouvez m'aider ?"
Harry hocha la tête. Il vit que Mrs Weasley regardait sa fille avec inquietude, comme si elle craignait de la voir tomber à chaque instant. C'était normal, d'ailleurs, elle aussi avait été présente durant cette nuit de cauchemar. Pourquoi donc avait-il fallu qu'il les emmene avec lui ? Ils auraient mieux fait de le laisser tomber dans ce piège seul. Cela leur aurait évité beaucoup de mal.
Ils suivirent Mrs Weasley à l'étage. Vivement que la rentrée arrive, pensa Harry, au moins ils auront une chance d'être un peu plus en sécurité qu'ici. Les sorts de magie noire ne pourraient pas les atteindre. Il pria pour que rien ne soit arrivé à Neville et Luna dont il n'aurait pas été prévenu. La tête commença à lui tourner.
"Harry ? Que se passe-t-il ?" demanda une voix lointaine avant que tout ne devienne noir.
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Ron la regardait dormir. Elle était pale et transpirait, mais elle semblait sereine. Il avait eu tellement peur ! Il avait cru que sa vie s'arrêtait là, aux cotés d'Hermione qui s'évanouissait. Ca avait été effrayant de la voir passer si vite d'une bonne santé à une perte de connaissance. Elle remua légèrement avant de s'immobiliser de nouveau. Un faible gémissement sortit de sa gorge et sa main se crispa de nouveau sur les draps. Il la prit et la serra dans les siennes.
"Chut, je suis là, tout va bien," murmura-t-il doucement.
Elle se détendit. Tout cela ne serait pas arrivé si lui, Ron, avait dissuadé Harry de faire ce qu'il voulait, pensa-t-il. Il aurait dut écouter Hermione qui avait eu, comme d'habitude, raison. Il eut soudain l'impression d'avoir grandi de plusieurs années. Il se demanda comment, la veille au soir seulement, il avait pu reprocher à Harry de leur avoir dit la vérité en présence de Ginny, alors qu'ils avaient failli perdre Hermione. Il était étrange de ne pas avoir réalié avant ce que cela lui aurait couté. C'était plus qu'une amie.
Quelqu'un frappa et entra. Il tourna les yeux vers la porte et apercut Ginny.
"Je viens prendre mon tour," dit-elle à voix basse.
"Ce devait être Harry," protesta Ron. "Où est-il ?"
"Dans sa chambre, il s'est évanoui," répondit-elle.
Il se leva d'un bond et sortit de la pièce. Allons bon, qu'est-ce qui lui était arrivé, encore ? pensa-t-il avec inquiétude. Il entra dans sa chambre et il vit Harry, allongé sur son lit. Il s'approcha.
Il n'avait pas vraiment fait attention à son visage depuis la veille, mais il fut frappé de voir à quel point son meilleur ami semblait triste, malade et épuisé. Il était très pâle, la couleur de son visage contrastant fortement avec sa cicatrice rouge flamboyant, ses cheveux noirs et ses cernes bleues. Il avait les traits tirés et semblait encore plus maigre que d'habitude. Ron réalisa soudain pleinement ce que la Prophétie révélait. Harry devait tuer Voldemort, ou bien il mourrait de ses mains. Il devait avoir été hanté tout l'été par cette pensée. C'était à lui de réduire cette épouvantable menace à néant, à lui de venger toutes les vies que Voldemorts avait prises.
Il se rendit compte que, dans l'état actuel des choses, ses chances étaient très ténues. Completement boulversé, il se mit à pleurer.
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Harry ouvrit les yeux. Il faisait nuit dans la chambre et un rayon de lune était filtré par la fenetre. Il avait un mal de tête épouvantable. Le simple fait de se redresser l'étourdissait.
Quelque chose était différent dans la pièce. Il y avait un lit en plus et des ronflements sonores s'élevaient de l'un d'eux. Il avait trop mal à la tête pour reflechir à qui pouvait bien s'être installé ici, alors il se leva, traversa la pièce et sortit. Il se tint une seconde, les yeux fermés, contre le mur, attendant que la tête cesse de lui tourner. Le couloir menant à l'escalier était lui aussi dans la pénombre et il le traversa à l'aveuglette. Il descendit sans trop savoir où il allait et arriva dans la cuisine. Elle était bien entendu vide à cette heure-ci, mais il ouvrit tout les placards à la recherche d'aspirine. Si seulement il avait pris sa baguette !
"Accio aspirine," marmonna-t-il automatiquement.
La porte du placard sous l'évier, qui servait de chambre à Kreattur, s'entrouvrit en grinçant pour laisser passer ce qui ressemblait vaguement à un tube de comprimés. La porte se referma sur l'Elfe de Maison, consigné dans son placard jusqu'à nouvel ordre. Le tube fila directement dans la main de Harry qui prit deux comprimés et les avala avec un peu d'eau. Il s'assit ensuite à table, se prit la tête dans les mains et ferma les yeux, ne pensant à rien d'autre qu'à la douleur lancinante qui lui traversait le front. Puis, en un millième de seconde, la douleur s'évanouit.
Il ne comprit pas tout d'abord ce qui lui était arrivé, mais quand il rouvrit les yeux il vit le tube qui avait une couleur violette, dans la pièce éclairée seulement d'un faible feu dans la cheminée. Dessus était écrit, en lettres d'un bleu brillant : "Aspirine sorcier : la douleur disparait en 10 secondes chrono."
Harry se demanda ce qu'un tel médicament faisait dans la chambre de Kreattur. Il prit soudain conscience de ce qu'il venait de faire. Il avait lancé un sort sans baguette ! Qui plus est, un sortilège d'Attraction, l'un de ceux qu'il avait eu le plus de mal à mettre en pratique. Etrange.
Des souvenirs lui revinrent en mémoire... cela lui était déjà arrivé. Plusieurs fois. Pendant les vacances juste avant sa troisième année, quand il avait fait gonfler la tante Marge, ça avait été sans même une seule formule. Et l'année précédente, s'il avait pu vaincre les Détraqueurs, il avait utilisé Lumos pour trouver sa baguette dans le noir.
Il voulut essayer de nouveau. Il regarda une des casseroles qui étaient à coté de l'évier, tendit la main droite et se concentra.
"Accio casserole !"
Rien ne se produisit. Il baissa la main et soupira. Peut-être fallait-il qu'il soit dans un certain état de panique ou de colère. Probablement. Il bailla. Il n'avait pas suffisement dormi. Penser à retourner se coucher lui rappela qu'il y avait un intru dans la chambre. C'était sans doute Neville qui avait du arriver pendant que Harry était inconscient. Il retourna dans la chambre et dans la chaleur douillette de son lit en faisant le moins de bruit possible.
"Harry ?" murmura la voix de Ron, légèrement pateuse.
"Oui ?" répondit Harry.
"Ca va ?" demanda Ron.
"Oui. Je suis juste descendu soigner mon mal de tête. Et toi ?"
Neville eut un ronflement sonore.
"Ca va. Neville est arrivé tout à l'heure. Mais Luna ne viendra pas. Son père refuse de la laisser seule ici et l'Ordre refuse de prendre le risque de laisser un journaliste entrer dans leur Quartier Général."
"Ils vont bien ?" demanda Harry sans pouvoir cacher son appréhension. "Il ne leur est rien arrivé cet été ?"
"Non, tout va bien, ne t'en fais pas."
Il y eut un moment de silence.
"Bonne nuit," dit Ron.
"Toi aussi."
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Harry se reveilla tot dans l'après-midi le lendemain. Il baiila et s'étira, puis se leva et commença à s'habiller. Quand ce fut fait, il descendit à la cuisine où Ron, Ginny, Neville, Mrs Wasley, Remus et le professeur Herbert étaient en train de manger. Harry rougit fortement quand tous les regards se braquèrent sur lui et il ne songea même pas à les analyser.
"Bonjour," dit-il, géné.
"Bonjour Harry," répondit Remus avec un sourire, dissipant le malaise. "Viens t'assoir," ajouta-t-il en désignant un chaise de la main.
Il se dirigea vers l'endroit indiqué, avec le sentiment désagréable d'être un intru. Pendant un moment, le silence retomba sur la cuisine, tandis que chacun reprenait le cours de son repas.
Mrs Weasley bailla longuement. Elle semblait épuisée de tout ce remue- ménage. Harry était géné, car il ne pouvait s'empecher de se sentir responsable de tout ce grand chambardement dans la routine, faible mais existente, des habitants de cette maison. Il baissa les yeux sur son assiete. Il n'avait pas faim.
"Comment va Hermione ?" demanda-t-il en reposant ses couverts.
Personne ne répondit. Il leva la tête et essaya de capter le regard de Ron ou de Remus, mais aucun ne le regarda.
"Quoi ?" fit-il, sentant l'angoisse remonter le long de ses entrailles. "Qu'est-ce qu'il se passe ?"
"Elle... elle a fait une rechute," répondit Ginny à voix basse.
"On l'a emmenée à Ste-Mangouste ce matin," ajouta Remus.
"Et ?" insista Harry, sentant que les mauvaises nouvelles ne s'arretaient pas là.
"Elle est aux Soins Intensifs," continua le professeur Herbert. "Les jumeaux sont là-bas et nous préviendrons dès qu'elle en sortira."
Harry se felicita interieurement d'avoir posé ses couverts. Ses mains tremblaient incontrollablement.
"Je veux la voir," dit-il en regardant tour à tour Remus et Mrs Weasley.
"Non," répondit cette dernière. "Pas question. Tu ne sortiras pas d'ici."
Harry fronça les sourcils.
"Mais..."
"Pas question !" interrompit-elle.
Une bouffée de colère lui monta aux joues. Il s'efforça de se calmer.
"Pourquoi ?" demanda-t-il en crispant les doigts sur ses genoux.
"Tu sais très bien pourquoi, Harry," répondit Remus.
Cette fois, il laissa libre cours à sa fureur.
"J'en ai assez que l'on m'interdise tout !" cria-t-il en se levant de sa chaise. "Sirius m'aurait laissé y aller !"
Remus et le professeur Herbert sursautèrent et lui jetèrent simultanément un regard effaré, à la fois triste et inquiet. Ne supportant plus cette pitié que tout le monde lui manifestait, Harry quitta la pièce à grand pas et monta dans sa chambre.
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Remus jeta un coup d'oeil à Mirzam, cherchant à lui faire comprendre qu'il ne devait surtout rien faire. Celui-ci lui répondit par la même vois, lui montrant qu'il avait compris. Il vit Ron se lever et faire mine de suivre Harry.
"Non, Ron, attends !" l'interrompit-il.
Ron se retourna.
"Il vaut mieux le laisser seul, il en a besoin."
"Il a été seul pendant toutes les vacances," rétorqua le jeune homme. "Je ne pense pas que ce soit le moment de le laisser tomber."
"Je ne te demande pas de le laisser tomber, je te demande de le laisse reflechir. Quand il aura comprit qu'il n'y est pour rien, on pourra l'aider,"dit Remus avec calme.
Ron lui jeta un regard septique mais obeit tout de même. Un silence lourd tomba sur la pièce et des regards s'échangeaient, génés. Remus jeta un coup d'oeil à sa montre et constata qu'il était temps d'aller au Ministère.
"Molly, je dois partir," dit-il.
Elle hocha la tête.
"Bonne chance."
Il transplana.
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Harry faisait les cent pas dans sa chambre. Il essayait de se raisonner, mais il ne pouvait effacer de sa mémoire le regard que Remus lui avait lancé quand il avait prononcé le nom de Sirius. Il lui avait fait mal, c'était évident, et Harry s'en voulait. Il s'en voulait pour tout ce qui était arrivé à cause de cette nuit. Sirius parti à jamais, Hermione entre la vie et la mort et ses meilleurs amis en sursis.
Avec colère, il posa les yeux sur le message que Voldemort lui avait envoyé la veille. Celui-ci prit soudainement feu et partit en fumée. Cette étrangeté le calma plus efficacement qu'un seau d'eau froide. Il venait encore de faire un tour sans baguette. Il soupira, puis se cala contre le mur, sur son lit, et ramena ses genoux sous son menton, entourant ses jambes de ses bras. Il laissa son regard se promener avec mélancolie sur la pièce. Neville avait emmené son Mimbulus Mimbletonia, qui semblait être devenu encore plus grand cet été.
Si seulement Hermione pouvait aller mieux ! Harry pria pour qu'elle revienne le plus vite possible. Quelqu'un frappa.
"Oui ?"
La porte s'ouvrit et le professeur Dumbledore entre. Il le regarda et lui fit un sourire.
"Bonjour, Harry."
Harry hocha la tête sans rien dire. Dumbledore s'approcha et s'assit sur le lit. Il regarda Harry droit dans les yeux, avec un mélange d'inquiétude et de tristesse profondément agaçant au fond du regard, mais il ne parla pas pendant plusieurs secondes.
"Que se passe-t-il ?"
"Je pensa que finalement nous allons avoir besoin de toi pour l'audience de Remus," répondit-il doucement.
"Je ne sais pas si je dois prendre ça comme une bonne nouvelle," dit Harry. "Si vous faites appel à moi c'est qu'il n'y a pas suffisement d'autres gens."
"Oh, ce n'est pas pour cette raison que je te demande cela. Mais ton témoignage pourrait être décisif. Tu viendras avec moi au Ministère, puis, si tu veux, nous irons à Ste-Mangouste voir Miss Granger."
Harry ouvrit de grands yeux.
"Vraiment ?"
Dumbledore acquiesa.
"Vous avez de ses nouvelles ?"
"Oui, elle est sortie du bloc des urgences il y a dix minutes. Pour le moment, elle dort, mais elle va mieux et elle sortira d'ici deux semaines."
Un immense soulagement envahit Harry. Il eut un sourire auquel Dumbledore répondit.
"Professeur," commença Harry, "vous m"avez demandé de venir vous voir à Poudlard... Pourquoi ?"
"C'est trop long à t'expliquer maintenant," répondit Dumbledore, son sourire s'effaçant. "Je dois repartir tout de suite. Mais on fera comme je t'ai demandé, si tu es d'accord." Il se leva. "Je viendrai te chercher samedi prochain."
Harry hocha la tête et Dumbledore sortit. Soulagé, Harry poussa un long soupir. Il se pencha et prit dans sa valise l'album de Sirius.
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Peu avant le diner, ce fut Neville qui rendit visite à Harry. Levant les yeux de son cher livre, il lui jetta un coup d'oeil et s'aperçut qu'il semblait géné.
"Qu'est-ce qu'il y a ?' demanda-t-il, inquiet.
"Je ne veux pas te déranger," répondit Neville, "mais... est-ce que ça va ?"
Harry prit soudain conscience qu'il n'avait pas échangé une seule parole avec Neville depuis l'arrivée de celui-ci à Square Grimmaurd.
"Je vais bien," répondit-il avec un sourire. "Désolé de mon humeur de ce midi..."
"Ce n'est pas grave," interrompit aussitôt Neville. "Je comprend tout à fait."
Harry eut un sourire désabusé.
"Pardonne-moi, mais je ne suis pas tout à fait sur que tu comprennes," dit- il tristement, "ni même que tu puisses le comprendre."
"Non... Peut-être pas," répondit Neville en s'asseyant sur le lit de Harry.
"Comment vas-tu ?" demanda Harry. "Tu as passé un bon été ?"
"Moui," acquiesa Neville, l'air indécis. "Grand-mère n'a pas arrêté de me dire qu'elle était extrèmement fière que je sois venu t'aider, et patati, et patata... je ne vais pas te faire un dessin."
"Ca doit te changer, non ?"
"Assez, oui... je dois dire que c'est... plutôt agréable. Et puis..." Il hésita.
"Quoi ?"
"J'ai été voir mes parents à l'hopital," dit Neville en baissant les yeux et en rougissant fortement.
"Neville," coupa Harry, "ne te sens pas obligé d'en parler."
"Tu aurais préféré que je te le dise ?" demanda Neville. "Tu aurais voulu le savoir ?"
"Je n'aurais pas préféré," répondit Harry. "C'est ton choix. C'est ta vie. C'est à toi de décider."
"Vraiment ? Tu ne m'en veux pas ?"
"Je n'ai pas à t'en vouloir, Neville," rétorqua fermement Harry.
"Merci, Harry," répondit Neville, visiblement soulagé. "Tu es vraiment un ami formidable."
Sans savoir quoi répondre, Harry hocha la tête avec un sourire.
"Les enfants !" appella Mrs Weasley du palier. "Vous venez manger ?"
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Ce soir-là, à table, l'ambiance fut beaucoup plus joyeuse : Hermione étaiit hors de danger et aucun autre des adolescents n'avait reçu de mauvais sort. Ron surtout semblait revivre. Ginny riait avec Neville, Ron parlait avec les jumeaux, Tonk, le professeur Herbert et Remus échangeaient apparement des nouvelles et Maugrey surveillait Kreacher avec son oeil magique tout en discutant avec Arthur et Molly Weasley. Seul Harry était silencieux, plongé dans ses pensées, réfléchissant à ce qu'il allait dire de Remus à l'audition. Il était heureux que le ministère ait reconnu qu'il n'était pas un menteur, sinon il n'aurait eu aucune chance.
Harry sentit le regard de quelqu'un sur lui. Il tourna la tête et vit Remus qui lui fit un sourire. A part cela, la seule autre chse notable de cette soirée fut une brève douleur à la cicatrice de Harry, accompagnée par un faible sentiment de colère qui acheva de rendre Harry joyeux.
