CHAPITRE IV : Un clin d'œil du destin…
-Vous recevrez sous peu l'accord préalable de Washington concernant l'extradition des Mangemorts arrêtés le mois dernier.
-Hum? … oui, très bien.
-Vous devez signer ici aussi, Monsieur Malfoy.
-Ah oui, j'oubliais. Envoyez également une copie de ceci au Ministre… et de celle-la aussi.
-Ce sera fait.
Draco s'étira longuement et se leva pour se diriger vers l'immense baie vitrée qui ornait son bureau.
-La première neige de l'année, dit-il, rêveur.
L'homme remonta les lunettes qui avaient glissées sur le bout de son nez et s'approcha de la fenêtre pour le rejoindre.
-Les enfants sont déjà impossibles à maintenir en place par les temps qui courent… j'ai hâte de voir leur tête ce soir quand je rentrerai! Ils sont tellement surexcités par l'arrivée de Noël… et avec cette neige!
Draco sourit.
-Bien sûr, ils sont précisément à l'âge où l'on s'émerveille de toutes ces choses…
-Oui… et même Matis commence à se laisser entraîner par la frénésie de ses sœurs. C'est magnifique de le voir sautiller devant le sapin!
Draco hocha lentement la tête.
-Et vous, Monsieur Malfoy, avez-vous prévu quelque chose pour les Fêtes?
-Oh oui… des tas!
L'homme lui lança un regard noir par dessus ses lunettes et Draco soupira.
Cet homme le connaissait trop bien…
-J'avoue… j'ai reçu plusieurs invitations que je ne compte pas accepter…
Paul sourit tristement et s'avança près de lui.
-Et pourquoi donc?
-Je n'aime pas les Fêtes de fin d'année et Noël ne veut rien dire pour moi : je ne suis pas croyant.
-Ah bon…
Le blond tourna le dos à la fenêtre et s'y appuya nonchalamment.
-Si je peux me permettre, Monsieur, est-ce que vos amis ne regretteront pas votre présence? Si je ne m'abuse, vous leur avez fait faux-bond l'année dernière, et l'année d'avant également…
-Oui bon ça va… hein! Je ne suis pas particulièrement emballé par l'idée de leur gâcher leur Noël. Ça vous va comme explication, Paul? Je suis hargneux, méprisant et complètement détestable. Je n'ai aucunement l'esprit des Fêtes et j'aurais horreur de leur imposer ma présence. Voilà.
-C'est vous qui êtes le meilleur juge…
-Oui je le suis, répondit-il sèchement.
L'homme hocha très sérieusement la tête.
-Si ça ne vous dérange pas, j'aimerais partir maintenant. Je pourrais profiter de la fin de la journée pour passer un peu de temps avec les enfants; je les ai négligés au cours du dernier mois…
Les traits de Draco reprirent aussitôt leur douceur habituelle.
-Bien sûr, oui. Vous avez beaucoup travaillé tout au cours du semestre. Je vous en remercie, d'ailleurs. J'ignore ce que j'aurais fait sans votre expérience et vos conseils avisés. Prenez donc votre journée de demain aussi; ce sera considéré… comme votre cadeau de Noël.
L'homme regarda intensément son patron.
-Vous… vous êtes sérieux?
-Absolument.
-Et… les dossiers? il en reste plusieurs à boucler avant les vacances et…
-Je m'arrangerai bien. Ne vous inquiétez pas. Profitez de vos enfants et de votre charmante épouse. Vous avez beaucoup de chance d'avoir une si belle famille, alors… vous vous devez d'en prendre soin avant tout.
Quiconque aurait été témoin de cette scène n'aurait vu rien d'autre dans le visage indifférent de Draco que les recommandations d'usage que l'on adresse à un employé. Pourtant, pour Paul, ces paroles revêtaient un tout autre sens. Il connaissait les regrets, les blessures; oui, comme tout le monde, il connaissait la vie de son patron. Mais avant tout, il connaissait l'homme… Et cela parlait pour lui. Alors qu'importe ce flegme irréprochable dont il faisait toujours l'adroite démonstration en toutes circonstances, qu'importe ce regard blasé, cette froideur dans ses paroles! Pour Paul, tout cela ne serait toujours que de la poudre aux yeux, car il savait… Il savait toute la mélancolie dans ses moments d'absence; oui, Paul savait, Paul avait vu. Et Paul avait compris…
L'homme posa une main sur son épaule.
-Draco… vous savez que ma porte vous est toujours ouverte, n'est-ce pas? à tout moment. Et si jamais vous changiez d'avis pour le Réveillon, sachez que Caroline et moi serions vraiment honorés de vous recevoir chez-nous. Rien de bien formel, mais un beau Noël tout de même, avec des amis et la famille. Et je vous assure que vous y auriez votre place…
Draco esquissa un vague sourire et hocha la tête.
-Merci… c'est gentil. Maintenant filez, au lieu de perdre du temps à discuter avec votre infâme patron! Je suis certain que vous avez beaucoup mieux à faire.
Paul inclina la tête et lui fit un sourire résigné.
-Passez un beau temps des fêtes, Draco. Et tâchez de faire des heureux en acceptant l'une de ces invitations…
-J'y songerai, je vous le promets. Joyeux Noël, et transmettez mes vœux à votre famille.
L'homme acquiesça d'un signe de tête, puis rassembla d'un coup de baguette ses affaires.
-Je n'y manquerai pas. Au revoir… et merci!
La porte se referma sur ce visage illuminé et Draco se retrouva à nouveau seul.
Seul. À nouveau seul… si seul!
Il retourna s'asseoir dans son large fauteuil de cuir et enfouit violemment ses main dans ses mèches blondes. Il ferma les yeux avec douleur, se concentrant de toutes ses forces sur son souffle qui s'était de nouveau emballé. Depuis quelques mois, son état s'était définitivement détérioré, mais depuis une semaine, il lui semblait que ça allait de mal en pis; les crises étaient si fréquentes que Draco lui-même n'en cherchait plus la cause. Son cœur s'emballait, ses poumons semblaient se rapetisser et sa gorge se nouer. Puis il étouffait. Sans raison apparente, sans provocation. Seulement ce sentiment général de flottement, l'impression de ne pas s'appartenir, ce cri de l'intérieur : « sortez-moi de moi! ».
L'Angoisse, tout simplement…
Draco avait recommencé ses crises comme lorsqu'il était gamin...
Le blond rejeta violemment sa tête vers l'arrière et se força à se calmer. Y mettant toutes ses énergies, il réussit à visualiser un grand orchestre. Il se vit, là, parmi la foule, assis à l'extrême droite, attendant avec fébrilité le geste du chef qui allait l'inviter à entrer. Draco inspire soudainement alors que l'image d'une soprano vêtue d'une somptueuse robe rouge s'avançant vers le centre de la scène lui apparaît. Les musiciens saluent son entrée par de légers coups d'archet sur leur lutrin. La jeune femme incline gracieusement la tête, faisant resplendir sa magnifique chevelure blonde sous le feu des projecteurs et Draco expire avec fébrilité, attendant le moment béni où enfin, la musique l'emplira. La femme ferme les yeux, se concentre, et incline la tête en guise de signal. Puis la musique s'élève…
Plus chaste qu'un premier baiser, plus pure que toute autre… Nulla immundo pax sincera. Vivaldi. Un lent crescendo soutenu par les cordes, une envolée vers le ciel. Des yeux brouillés qui se ferment sous l'harmonie parfaite de ces accords. Puis la délivrance… La voix cristalline de la femme qui monte dans la salle, qui remplit l'espace et élude l'orchestre. Une voix qui vous déchire le cœur et vous élève l'âme. Une voix tout droit sortie des profondeurs de ce sein féminin qu'il avait tant aimé… Narcissa. Une note et Draco respire à nouveau, la tête remplie de musique et de beauté, son esprit libéré de ses tourments retrouvant goût à cet air que son corps avait tenté de bloquer.
Draco avait trouvé le moyen de calmer ses crises et avec les années, il n'avait plus eu besoin d'elle. Mais malgré tout, c'était sa voix qu'il revivait, c'était sa douceur qui le faisait vibrer et qui l'apaisait encore dans ses pensées.
Les secondes et les minutes s'écoulèrent, et Draco sortit lentement de sa transe en se remémorant des souvenirs de ces airs que chantaient sa mère. Narcissa qui par son talent et sa douceur avait su calmer instinctivement les peurs de cet enfant trop fragile. Narcissa de qui il n'avait gardé que le plus beau dans sa tête : sa voix…
Lorsque le blond eut l'impression que l'étau s'était desserré de sa poitrine, il réussit enfin à se lever, chancelant. Ses mains étaient moites, comme à chaque crise et il lui semblait que ses jambes refusaient de le supporter, tant elles tremblaient. Draco regarda l'heure et fut à nouveau surpris du temps qui avait insidieusement filé sans qu'il n'en eut conscience depuis le départ de Paul. Il était déjà plus de 17 heures et il soupira de soulagement en se disant que par chance, tout le monde devait déjà avoir déserté les couloirs du Ministère pour rejoindre leur famille ou pour achever les courses tardives du temps des Fêtes.
Le jeune homme se leva donc en s'appuyant sur son bureau et enfila négligemment une cape sur ses épaules pour calmer les frissons qui l'assaillaient de toutes parts. Il était las. Tellement las. Négligeant de replacer ses dossiers, il sortit tout simplement de son bureau sans plus de cérémonie, pressé de retrouver la chaleur de son appartement et le calme feutré qui agissaient sur lui comme un puissant remède contre son anxiété.
Draco murmura les sorts de protections et de détections, puis se dirigea lentement vers le hall du Ministère où une voix féminine l'accueillit à grands éclats de voix.
-Oh, Draco! Justement la personne que je m'apprêtais à aller voir…
Le blond se retourna, indifférent.
-Bonsoir Granger. Tu es radieuse…
La jeune femme l'analysa de pied en cap et grimaça.
-Je ne peux pas en dire autant de toi, dit-elle en s'approchant de lui.
Hermione se leva sur la pointe des pieds et déposa un léger baiser sur sa joue.
-… Mais depuis quand travailles-tu les cheveux décoiffés, toi? Ça va? Et… tu es si pâle!
Draco soupira en levant les yeux au ciel.
-Fatigue. C'est tout. J'ai eu beaucoup de dossiers à boucler avant les vacances, répondit-il évasivement.
Le blond haussa les épaules : à quoi bon mentir? De toute évidence, Hermione n'en croyait pas un mot de toute manière.
La jeune femme secoua la tête de dépit.
-Je t'avouerai que je suis un peu pressée par le temps là tout de suite, alors j'irai droit au but : tu as trouvé quelqu'un pour samedi?
Draco haussa les sourcils.
-Samedi?
-Samedi, oui… Le bal de charité pour les enfants malades de Ste-Mangouste. Tu n'as pas l'habitude d'y aller seul…
Il hocha la tête très sérieusement.
-Oui! Bien sûr oui, j'ai trouvé quelqu'un… comme à chaque année.
-Encore un canon complètement stupide qui sera sur toutes les photos à tes côtés mais dont tu fuiras la compagnie dès que tu seras entré dans le château?
-Exact. Bravo Granger, tu comprends vite.
La jeune femme complètement énervée saisit Draco par le bras et l'entraîna dans un corridor vide adjacent au grand hall pour éviter que leur conversation soit surprise quelques oreilles indiscrètes.
-Je veux que tu décommandes ton gigolo; j'ai quelqu'un d'absolument charmant à te présenter et qui est tout disposé à t'accompagner…
Draco écarquilla les yeux de surprise.
-Absolument hors de question. Je me pointe avec qui je veux!
-Non, pas cette fois! Répliqua-t-elle vivement.
-Granger, ne prend pas ce ton quand tu t'adresses à moi!
Hermione le fusilla du regard et posa sa main sur sa hanche en le dévisageant.
-Je te parle sur le ton qui me plait, Draco… J'en ai marre que tu te pointes avec un imbécile incapable de tenir une conversation à tous les ans. J'en ai marre de voir ton regard écœuré quand tu poses les yeux sur ces clowns que tu choisis d'inviter et qui bavent littéralement devant toi! C'est dégradant! Je t'ai laissé du temps, beaucoup de temps! Et là c'est décidé, cette année je te présente quelqu'un de bien, que tu le veuilles ou non… Je trouve que la soirée de charité est un excellent moment pour vous rencontrer. Tu n'as aucune obligation, outre passer un peu de temps à discuter avec lui. Et s'il te plait un tant soit peu, alors je pourrais peut-être l'inviter pour le Réveillon, on sait jamais, peut-être ainsi daignais-tu nous gratifier de ta présence, pour une fois!
-Hors de question que tu choisisses mes partenaires! Non mais… pour qui te prends-tu? Par Merlin tout puissant, j'aurai tout entendu! Des hommes, j'en ai autant que j'en veux. Alors si je suis encore célibataire, c'est manifestement parce que je n'ai pas envie de rencontrer quelqu'un, tout aussi merveilleux, intelligent et beau puisse-t-il être. J'aimerais vraiment que tu t'entres ça dans la tête une bonne fois pour toute!
Draco se sentit trembler des pieds à la tête.
-Je suis seul, ajouta-t-il d'une voix rauque. Et je le resterai; je suis bien de cette manière. C'est tout ce qu'il y a à dire.
Hermione ferma les yeux douloureusement. Comment pouvait-elle avoir même osé espérer que Draco accepte son offre…
-Je suis si inquiète pour toi! Tu as besoin de quelqu'un… dans ta vie. Tu ne peux pas continuer à vivre ainsi, muré dans ton silence et dans ta solitude. Il est mort, Draco, et fait plus de cinq ans que tu portes son deuil! Écoute-moi : c'était mon confident, le meilleur ami que je n'ai jamais eu… et je sais que ce n'est pas ce qu'il espérait pour toi. Il voulait te voir profiter de ce monde de paix pour lequel il s'est tant battu, il voulait te voir heureux, te voir épanouir… même si ce n'est pas à ses côtés.
Draco la regarda longuement, un air de profond dégoût imprégné sur son visage.
-Draco, je t'en prie, fait un effort! Je ne te demande pas de tomber amoureux de cet homme! Juste… de le rencontrer, de discuter, de lui laisser sa chance! Il est bien, je te l'assure… il te plaira!
La fatigue des derniers jours tomba sur ses épaules comme une masse de pierres et Draco se sentit vaciller à nouveau. Il fallait qu'il parte d'ici, il fallait qu'il retourne chez-lui, il fallait qu'il s'échappe avant qu'Hermione n'en demande trop, avant qu'il perde le contrôle…
Draco baissa les yeux pour tenter de retenir les larmes qu'il sentait monter à nouveau et s'éclaircit la gorge.
-Écoute-moi, Hermione, murmura-t-il. Je tâcherai d'inviter quelqu'un de différent, cette année. Je te le promets. Je comprends bien le malaise que mon choix de partenaire peut engendrer en votre présence, alors je ferai un effort pour trouver quelqu'un d'amusant, quelqu'un capable de tenir une conversation ou je ne sais trop… Mais épargne-moi le rôle du célibataire à marier, s'il te plait. Je suis très capable de gérer ma vie et mes relations et je refuse d'être confronté à ce stress supplémentaire.
-Un homme différent? s'étonna la jeune femme.
-Différent, oui. Je trouverai quelqu'un d'intéressant cette fois. Je ferai un effort, tu as ma parole.
Hermione sembla chercher quelque chose dans le regard froid de Draco mais elle abandonna au bout d'un moment. Elle laissa sa main glisser de façon rassurante le long de son bras.
-Je voulais seulement t'aider, tu sais… Tu m'inquiètes, de plus en plus. Tu m'évites dans les corridors, tu bloques ta cheminées, tu ne réponds pas aux hiboux qu'on t'envoie… Draco, tu ne peux plus te laisser aller de la sorte, tu dépéries à vue d'œil!
Le blond se recula un peu trop brusquement, comme si la jeune fille venait de le brûler.
-Je te l'ai dit et je te le répète : je vais bien. Maintenant tu m'excuseras, je dois filer et toit aussi, si je ne m'abuse. Alors on se revoit vendredi au dîner. Veux-tu que j'emmène quelque chose? demanda-t-il d'une voix détachée.
-Non, je m'occupe de tout. Tâche seulement de trouver quelqu'un qui te plaise, ça sera largement suffisant.
Draco grogna et tourna les talons sans lui dire au revoir. Il s'engouffra dans la première cabine de transplanage et disparut dans un crac sonore sans même laisser le temps à la jeune femme d'ajouter quoi que ce soit.
-Vendredi, 20 heures, murmura tristement Hermione. Ne soit pas en retard, pour une fois…
()ooOoo()
-Qui?
-Harry Potter… petit brun, cheveux en bataille, yeux verts, un peu débraillé… il habiterait avec une colocataire, si je ne m'abuse.
L'homme renifla en se grattant le crâne.
-Ah ouais! Potter… la pute, c'est ça?
Draco lui renvoya un regard noir, mais acquiesça silencieusement.
-Ouais! Je l'ai plutôt bien maté, cette semaine, dit-il en ricanant. Troisième étage, deuxième porte à droite, le 305…
Le blond retira avec grâce ses gants de cuir et secoua insolemment son manteau de cachemire plein de neige sur le parquet devant lui, puis prit lentement la direction des escaliers, bouillant de rage contenue.
L'homme le regarda d'éloigner un moment, puis demanda :
-…vous êtes un de ses clients, Monsieur? Pourquoi vous le cherchez?
Draco arrêta de marcher mais ne se retourna pas.
-Client? Hum…un ami, plutôt. Un très bon ami qui n'hésiterait pas à vous causer problème si jamais vous daigniez à nouveau lever la main sur lui, « Monsieur » prononça-t-il avec grandiloquence… Et croyez-moi, vous pourriez être surpris des représailles.
L'homme grogna.
-…je n'ai jamais touché à ce petit imbécile…
-Taisez-vous! cracha le blond. Vous êtes averti : si je vois à nouveau la moindre ecchymose, la moindre petite éraflure qui me laisser penser que vous l'avez touché à nouveau sans son consentement; je vous tiendrai personnellement responsable… et je vous ferai regretter votre perversion, croyez-moi. Je m'y engage personnellement, « Monsieur ».
Draco se dirigea vers les escaliers d'un pas leste.
-Si tu crois que je vais laisser un connard de blondinet bcbg me faire du chantage!
Le blond se retourna lentement vers lui et le toisa d'un regard suprêmement indifférent.
-Alors à votre guise. Si vous voulez bien m'excuser, maintenant, je dois voir MON client. Ah oui… j'oubliais de vous dire : je représente monsieur Potter dans un cause pour attouchements sexuels et voies de fait… Vous ne voudriez pas que je l'incite à porter plainte contre vous également, non? Alors je vous conseille de rester courtois la prochaine fois que vous croiserez son chemin… juste au cas.
Draco lui offrit un sourire radieux et disparut dans la cage s'escalier, ignorant superbement les insultes que lui adressait le propriétaire de l'immeuble, furieux.
()ooOoo()
Le blond s'arrêta devant le 305 et voulut cogner à la porte, mais son poing se figea dans l'air avant d'atteindre le bois.
Et s'il refusait? Et s'il considérait sa présence chez lui comme une violation de sa vie privée? Et s'il ne souhaitait pas le revoir? après tout, Draco avait été tellement désagréable avec lui, qu'il était possible que Harry lui ait offert ses services en quittant son appartement pour la forme, alors qu'au fond, il ne souhait plus jamais avoir affaire à lui…Peut-être préférait-il effectivement conserver l'illusion que le monde magique n'était qu'une création de son imagination, comme il l'avait dit…
À cet instant, Draco regrettait vivement la folie qui avait conduit ses pas jusque chez lui ce soir. Non, il ne pouvait pas cogner et risquer d'essuyer un refus. Et puis de toute façon, cette idée qu'il avait eue était totalement irréaliste; forcément, quelqu'un s'apercevrait du subterfuge et à ce moment là, Draco aura beaucoup, mais alors là beaucoup d'ennuis…
Non, c'était stupide… complètement, totalement stupide.
Alors que l' homme tournait les talons pour s'en aller, une voix éraillée et fausse lui parvint par-delà l'épaisse porte de bois.
Draco ne put s'empêcher de sourire en reconnaissant le timbre si particulier de Harry qui s'époumonait en chantant du Céline Dion:
« All by myself, Don't wanna be, All by myself, annnyyyyymoooore!»
Le blond étouffa un éclat de rire : jamais de toute sa vie, il ne lui avait été donné d'entendre une horreur pareille! Les notes s'enchaînaient sans ordre logique, le tempo était massacré! C'était faux, c'était laid, c'était pathétiquement joyeux malgré le sens du texte… mais c'était tellement lui!
Draco n'eut même pas le temps de comprendre ce qu'il était en train de faire, que déjà, son poing s'abattait sur la porte, le faisant sursauter. Trop tard pour fuir, trop tard pour changer d'idée…
Un bruit de loquet se fit entendre et la porte s'ouvrit.
Personne.
Le blond s'avança légèrement sur le seuil et jeta un coup d'œil à l'intérieur, étonné.
Harry chantonnait toujours en retournant vers la cuisine. Il était vêtu en tout et pour tout d'un jeans tellement grand que Draco se demanda comment il pouvait bien tenir sur ses hanches sans ceinture… Peut-être était-ce dû à ce petit appareil qu'il avait agrafé sur son boxer et qui semblait relié à ses oreilles par des fils. Le blond se sentit rougir lorsqu'il se surpris à le détailler sans vergogne de pied en cap mais la voix du jeune homme le fit sortir de sa rêverie…
-…encore perdu tes clés, à ce que je peux voir! Non, mais j'aimerais sérieusement que tu commences à reconsidérer mon idée de les porter en boucles d'oreille, Suz. Tu sais, comme Luna le faisait au collège? Comme ça tu arriverais peut-être à les garder plus qu'une semaine, dit-il en riant. Ce pourrait même être joli… et avec tous les anneaux que tu as, on ne les remarquerait même pas!
Harry se pencha pour ramasser son linge humide qui venait de tomber par terre et Draco suivit la ligne gracieuse de ses reins qui se dessinaient, parfaitement en harmonie avec ses épaules fines et son teint hâlé.
Mal à l'aise, le blond baissa vivement les yeux et toussota pour signaler sa présence. Harry se retourna et se figea sur place.
-Oh……
Le jeune homme cacha vivement la cuillère qui lui tenait lieu de micro derrière son dos et rougit horriblement.
-Une minute! bafouilla-t-il en passant à toute vitesse devant lui et disparaissant dans une pièce au fond du corridor.
Draco fit un pas de plus dans l'appartement, tout aussi mal à l'aise que lui, et referma la porte. À peine un instant plus tard, Harry réapparut, vêtu d'une chemise blanche froissée à demie entrée dans son pantalon et les joues d'un rouge toujours aussi éclatant. Il avait manifestement tenté de discipliner son épaisse chevelure d'ébène, mais en vain. Draco retint un fou rire en le voyant, encore plus débraillé lui semblait-il que tout à l'heure.
Harry baissa les yeux, intimidé.
-… tu n'es pas précisément la personne que j'attendais, tu vois… Dit- il en se balançant sur un pied et sur l'autre. Désolé… je… suis une vrai horreur quand je fais le ménage! Le blond le regarda des pieds à la tête d'un air appréciateur.
-En fait…je crois que tu étais mieux tout à l'heure, déclara-t-il avant d'éclater de rire devant le regard mortifié de Harry. Ton imitation de Barbara était… assez impressionnante.
Harry laissa s'échapper un gémissement et Draco tenta de le rassurer d'un regard.
-C'était Céline…
-Allez, c'est moi qui suis venu sans prévenir… c'est à moi d'être mort de honte.
-C'est vrai, se reprit le brun en posant les mains sur ses hanches… et puis d'abord comment as-tu eu mon adresse?
-Oh…magie?
Harry haussa les épaules et continua son interrogatoire en le fixant intensément.
-Et puis… qu'est-ce que tu fais ici?
-À vrai dire, je suis un peu mal à l'aise de te l'avouer, je…
-Ah! Tu veux qu'on aille prendre un café ensemble, c'est ça? demanda Harry, ses grands yeux verts pétillants de malice.
Le blond passa une main nerveuse dans ses cheveux et grimaça.
-Non… pour être franc, non… Tu as une minute? demanda-t-il en pointant le salon. J'aimerais bien te parler…
Le brun leva les yeux au ciel et hocha négativement la tête.
-J'ai fait la promesse solennelle à Suzie de faire ma corvée de ménage avant le boulot. Elle a un rendez-vous galant ce soir et je crois bien qu'elle compte terminer la soirée ici… et je dois terminer tout ça très vite, tu comprends? Ça semblait drôlement important pour elle, alors je ne peux pas lui faire faux bond… Mais si tu veux repasser dans une heure, j'aurai tout le temps de te parler et je…
-Qu'est-ce qui te reste à faire, dit-moi? l'interrompit Draco.
Harry réfléchit un moment.
-Oh… laver la vaisselle, passer un coup de balais et récurer la chambre de bain. Ensuite, je serai tout à toi.
Draco hocha la tête très sérieusement et sortit sa baguette.
-Récurvite!
En une seconde et un tour de poignet, tout devint aussi propre qu'un sous neuf sous le regard émerveillé de Harry.
-Oh…
Le blond le regarda en souriant.
-Maintenant as-tu un peu de temps?
Harry éclata de rire en passant un doigt incrédule sur le comptoir de la cuisine.
-J'adorrrre la magie! dit-il en serrant ses bras sur son cœur de façon théâtrale. … Oui bien sûr, en général je ne laisse aucun client venir chez moi… Mais je suppose que je peux faire une exception, puisque tu n'es pas à proprement parlé un client « traditionnel », n'est-ce pas?
Draco haussa les épaules.
-Est-ce que je peux t'offrir quelque chose à boire?
Le blond l'interrogea du regard un moment et voulut ouvrir la bouche pour répondre mais Harry le prit de vitesse.
-Je n'ai pas d'alcool ici… donc pas de vodka. Mais je peux t'offrir un grand verre de jus d'orange, ou mieux, un bon verre de lait! C'est excellent pour la santé des os et des dents, tu sais! Et puis j'ai toujours trouvé ça très sexy, un homme qui boit du lait… c'est complètement à tomber!
Draco ne put s'empêcher de sourire à nouveau.
-Va pour le verre de lait, alors…
Harry lui rendit son sourire et ouvrit le réfrigérateur pour le servir.
Draco en profita pour regarder plus attentivement autour de lui. L'endroit était petit et mal éclairé. Des meubles dépareillés emplissaient l'espace et donnaient à la pièce un charme désuet. Des posters de chanteur moldus ornaient les murs et des piles de disques et de magazines traînaient sur les tables et dans la bibliothèque. C'était modeste, mais Draco s'y sentait étrangement bien, comme si ces objets éparpillés et ces vieilleries apportait une âme que la modernité de ses appartements ne lui avait jamais permis d'entrevoir. C'était l'harmonie dans le désordre… C'était tout à fait charmant.
Draco tourna sur lui-même et se dirigea dans l'étroit corridor où Harry était disparut tout à l'heure. Il passa devant une pièce dont la porte était fermée, jeta un coup d'œil rapide dans la minuscule chambre de bain décorée de canards de caoutchouc jaune, puis fit un pas en direction de la pièce qui lui faisait face et qui était manifestement la chambre du jeune homme.
Harry arriva par derrière en tenant les deux verres de lait.
-Heyyy! Surtout ne te gêne pas!
Le blond sursauta mais ne fut nullement intimidé. Il se retourna et plongea son regard dans le sien.
-Qui a fouillé dans ma penderie, la dernière fois? demanda-t-il innocemment.
Harry vira au rouge et baissa les yeux.
-Je… je voulais seulement savoir si je pouvais te faire confiance…
-Bien sûr, en tripotant mes dessous, c'est ça?
Harry se reprit bien vite, piqué au vif dans son orgueil.
-Exactement…
Le blond leva les sourcils d'un air dubitatif.
-Enfin… je ne suis pas venu te parler de ça…
Harry lui tendit son verre et entra. Il déposa le sien sur la table de chevet avant de s'étendre de tout son long sur son lit défait, croisant les bras derrière sa tête.
-Alors pourquoi es-tu là?
Draco écarta une mèche de cheveux de son regard, puis vint s'appuyer sur la commode adjacente à son lit en le regardant avec sérieux.
-Je veux te proposer… un contrat.
Le brun se releva sur les coudes, intéressé.
-Je voudrais que tu travailles pour moi pendant une semaine. J'ai plusieurs obligations mondaines jusqu'au soir de Noël et j'ai besoin de quelqu'un pour m'y accompagner.
Harry resta figé, incapable de rien dire pendant plusieurs secondes.
-Tu veux dire… dans ton monde?
Draco acquiesça d'un signe de tête.
-Mais… n'as-tu pas dit que je n'étais pas supposé être au courant de l'existence de la magie? Comment je pourrais?… je…
-En faisant croire que tu es un sorcier, tout simplement.
Le jeune homme s'assit tout droit dans le lit et lança à Draco un regard de franche incompréhension.
-Mais… pourquoi? Je veux dire… pourquoi moi? Tu es le plus bel homme qu'il m'ait été donné de voir de toute ma vie… et des hommes, j'en ai vu, croit-moi! Alors à moins que les sorciers n'aient vraiment des goûts étranges et que les Gobelitrucs soient le standard de la beauté de ton monde, je vois mal ce qui t'empêche de trouver un cavalier plein de charme et de pouvoirs magiques réels… Alors pourquoi moi?
Oui… bien sûr, pourquoi lui? Draco s'était préparé à cette question. Mais même après avoir passé des heures entières à tenter de trouver une réponse rationnelle satisfaisante, il n'y était pas arrivé…
Lentement, il porta son verre à ses lèvres et prit une longue gorgée de lait froid avant de répondre.
-Disons que je suis en quelque sorte, une personnalité publique, dans mon monde. Et les gens portent un regard sur moi que je n'aime pas. Donc les hommes susceptibles de m'accompagner sont complètement obnubilés par cette célébrité… Même passer une soirée en leur compagnie m'est pénible et implique une tonne d'obligations supplémentaires, vois-tu? Tandis que toi…
-Moi je ne suis qu'un –comment dites-vous, déjà?- Moldu? Je ne suis qu'un Moldu stupide pouvant te servir de divertissement lors de ces « obligations ». Et après t'être servi de moi, tu peux me jeter en tout bien tout honneur sans que ça fasse de vague médiatique. C'est bien ce que tu essaies de m'expliquer, non?
-Non!
Draco rougit et serra les dents.
-C'est difficile de t'expliquer tout ça maintenant, d'accord! Mais disons que j'ai promis à quelqu'un que cette fois, je trouverais quelqu'un de bien pour m'accompagner… et … et c'est tout! je me suis retrouvé devant chez toi… et c'était stupide. J'ai eu tord… j'ai fait une erreur, voilà tout.
Le blond reposa vivement son verre sur le bureau et tourna les talons en vitesse. Harry qui n'en croyait pas ses oreilles bondit de son lit pour s'élancer à sa suite et le rattrapa avant qu'il ne sorte de l'appartement.
- J'aurais dû te laisser terminer tes explications, j'ai réagi trop tôt sans réfléchir vraiment… Reste!
Draco hocha négativement la tête et tourna la poignée de la porte.
-Tu… n'as pas fini ton lait, murmura-t-il. Tu ne peux pas partir sans terminer ton verre, quand même! Pense un peu à tes os… ajouta-t-il d'une petite voix.
Le blond ferma les yeux et enleva sa main de la poignée.
-Moi, Draco Malfoy, je me fais complètement manipuler par un Moldu. C'est humiliant, à la fin! Sais-tu que j'ai la réputation d'être quelqu'un d'intraitable? Et regarde-moi maintenant, grogna-t-il…
Harry sourit et lui pointa la table de la cuisine, avant d'aller s'y asseoir. Le blond le rejoint.
-Tu es drôle, tu as des idées, tu es plutôt mignon, et tu me considères comme un homme normal. Voilà pourquoi je suis ici… et pourquoi c'est de toi que je voudrais être accompagné plutôt que de n'importe quel sorcier.
-…plutôt mignon? Mais je suis plus que ça!
Le jeune homme fit mine d'être profondément vexé.
-Ça va, tu es complètement à croquer, Harry… Tous ces sorciers seront à tes pieds, dit Draco en retenant un sourire.
Le brun fit une petite moue boudeuse.
-Pas tous… j'imagine que les termes de notre entente de la dernière fois seront toujours les même si j'accepte, n'est-ce pas?
Draco lui sourit en tentant de fuir son regard.
-Oui… Je… ne m'attends toujours à rien de ta part; ce n'est pas pour ça que je suis ici.
Le visage de Harry se ferma.
-Pour une fois que j'ai un client potable sous la main, c'est lui qui ne veut pas de moi! La vie est injuste! Bon, dit-il en soupirant, j'imagine que ça doit pouvoir s'arranger quand même… Combien pour la semaine?
-Combien veux-tu?
Le brun haussa les épaules.
-Tu ne me toucheras pas, mais je devrai faire la potiche devant une bande de sorciers. Je perdrai nécessairement toutes mes nuits de travail, peut-être même que je perdrai quelques clients pour mon absence… Je reste à temps plein avec toi ou je peux revenir chez moi à la fin de la soirée?
Draco réfléchit un moment.
-Peut-être, dans les circonstances, pourrais-tu rester chez-moi… À moins que ça ne te pose réellement un problème…
-Non… c'était seulement pour savoir, répondit évasivement le jeune homme. Bon, alors disons…
-5 000, ça te semble convenable?
Harry déglutit bruyamment.
-5 000?
Draco haussa les épaules en regardant le visage pâle de Harry.
-6 alors…
Le brun écarquilla les yeux.
-Qqquu…qqquoi?
-Si cinq mille te semble insuffisant, alors disons 6!
Harry voulut protester mais il n'arrivait qu'à bafouiller des paroles incohérentes que Draco interpréta comme un refus.
-Sept, alors. Mais c'est à prendre ou à laisser.
-Sept mille pour m'avoir pendant une semaine? Est-ce que c'est ce que tu es en train de me dire, là?
Draco plongea son regard dans le sien.
-Pas pour t'avoir, non, répondit-il d'un ton un peu trop sec… Mais pour ta présence, par contre, oui.
Harry hocha la tête, complètement sous le choc et lui fit signe d'attendre un moment. Il se leva sous le regard inquiet de l'homme et se rendit à la salle de bain en claquant la porte.
Le jeune homme se laissa glisser contre le mur et se regarda dans le miroir en face de lui. Il était pâle et son cœur battait la chamade. Un sorcier venait de lui offrir cette somme d'argent astronomique pour qu'il passe une semaine à se faire passer pour l'un des leurs… Était-il en train de devenir complètement fou, ou était-ce que le destin se décidait enfin à lui sourire?
Il n'y croyait pas. Il n'arrivait pas à y croire… Il savait qu'il reverrait Draco, il l'avait senti. Mais qu'il revienne vers lui de cette manière complètement inespérée le laissait complètement sans voix…
De longues minutes s'écoulèrent ainsi et Draco commença à s'inquiéter de n'avoir aucun signe de vie de Harry. Il se leva donc à son tour et vint cogner à la porte de la salle de bain. Comme il n'eut pas de réponse, il entrouvrit la porte et retrouva le brun complètement perdu dans ses pensée, assis à même le sol, encore plus échevelé que tout à l'heure, lui semblait-il.
Draco sourit de dépit et retourna dans la chambre à coucher de Harry chercher les verres de lait qu'ils avaient abandonnés sur la commode, puis revint s'agenouiller près de lui.
-Prend…
Harry le regarda, semblant sortir de sa transe. Le blond lui mis un verre entre les mains et le regarda longuement.
-Je… j'ai pas l'habitude des trucs comme ça… ça n'arrive pas, dans la vie, des offres comme ça… En tout cas, pas dans MA vie!
Draco hocha la tête pour l'encourager.
-Eh bien il y a une première fois à tout! Alors j'espère que tu es bon acteur, Harry, parce tu as en tout et pour tout une journée pour en apprendre assez sur mon univers pour berner tout le monde… Santé? dit-il en lui proposant un toast pour sceller leur accord.
Les yeux de Harry se remplirent de larmes et il éclata d'un rire entrecoupé de sanglots en enfouissant son visage dans ses mains.
-Oui, répondit-il… OUI! Santé!
Draco le contempla longuement en silence et lorsque le jeune homme sembla avoir repris un peu ses esprits, il posa une main ferme sur son épaule, plantant son regard dans le sien :
-Allez, prend tes affaires et rejoint-moi en bas. Nous avons 24 heures pour faire de toi un sorcier!
Le blond lui adressa un sourire entendu et transplana.
Harry tomba à la renverse de surprise.
«Sacré nom d'un chien! dit-il en se frottant le crâne. Je sens que la journée va être longue… très longue! »
À suivre...
Chapitre écrit à toute vitesse entre deux éclairs de lucidité. J'espère qu'il ne sera pas trop désastreux, quand même! Ah ah! Toujours pas de réponses concernant l'Élu… mais au prochain chapitre! (enfin je crois!)
Commentaires, analyses, suggestions? Allez, un petit encouragements pour l'auteuze qui en a grandement besoin parce qu'elle recommence l'école lundi prochain et qu'elle est complètement angoissée, passablement déprimée, et accessoirement, totalement débordée! Huhu
J'essaierai de ne pas trop tarder pour la suite! Bisoux!
Célianne
