Chapitre 4 : Un début de réussite ?
- ATCHAOUM !
Byakuya se décerna le prix du plus malchanceux des Shinigamis. Tout seul, comme un grand. Cela faisait deux semaines qu'un rhume de cheval le suivait suite à sa rencontre avec la fontaine glacée. Bon sang, Yoka ne pensait vraiment à rien ! Quelle idée de défenestrer les gens ainsi !
Le noble renifla bruyamment et de manière fort peu élégante, puis toussa. Cette crève n'en finirait donc jamais ?!
Rassemblant tout son courage, il quitta son lit et alla faire une croix rouge sur le calendrier, marquant la fin d'un nouveau jour : le trente novembre.
- TRENTE NOVEMBRE ?! S'exclama le noble.
Cela signifiait donc que, dans quatre jours, il entamerait son troisième mois de séduction auprès de Yoka. Pire, ladite Yoka fêtait son anniversaire demain.
- Et j'ai pas de ca-ATCHOUM !
***
Aussi surprenant que cela puisse être, il arrivait à Yoka de penser à Byakuya en dehors des moments où il la gonflait royalement. Elle aimait songer à ce que ce crétin deviendrait plus tard. Un coureur de jupons jetant le déshonneur sur sa famille ? Non, tout taré que soit Byakuya, il semblait sincèrement attaché à défendre les valeurs laissées par ses ancêtres, dont la bonne conduite. Deviendrait-il un noble hautain et froid, voire inaccessible et méprisant ? Ce serait un comble étant donné le spécimen qu'il était actuellement.
Donnant un coup de poing à son oreiller pour le remplumer, la Shirayuki posa sa tête dessus et s'endormit.
***
Byakuya, gavé de médicaments bien au-delà de la dose prescrite, avait insisté pour sortir écumer le Seireitei. Comment laisser passer une telle occasion, l'anniversaire de Yoka ?! A coup sûr, elle lui tomberait dans les bras devant une rivière de diamants ! Bravant courageusement la fièvre et les hallucinations de Chappy qui l'accompagnaient sur son chemin en sautillant, Byakuya fit ses emplettes.
***
Quelle ne fut pas la surprise du noble le lendemain en voyant que la surconsommation de médicaments lui avait fait faire n'importe quoi ! Au lieu d'une somptueuse bague qu'il avait repérée pour sa belle, il se retrouvait avec... ça ! Il comprenait à présent le regard choqué du marchand quand il lui avait tendue une gracieuse bourse, pensant acheter une merveille de bijouterie. Dire que cet escroc ne lui avait pas rendu la monnaie...
Il soupira. De toutes manières, il n'avait rien d'autre en réserve, espérons que ce cadeau impromptu fasse l'affaire...
***
- Bon anniversaire, Shirayuki-san !
- Ah bah... merci...
- Shirayuki-san, bon anniversaire !
- Merci ! C'est... très gentil.
Yoka ne s'était pas attendue à de telles attentions de la part d'une classe qu'elle ne fréquentait que depuis trois mois. Le contact était plutôt bien passé, au final, quand cet abruti de Kuchiki ne la monopolisait pas avec ses conneries diverses.
Les bras chargés de cadeaux variés, Yoka sortit dans le couloir, direction sa maison. Du moins, tel était son objectif avant qu'un bras ne la tire dans l'angle d'un tournant, lui faisant lâcher tous ses paquets.
- Hey ! Kuchiki ! Mais qu'est-ce que tu fous ?!
Byakuya leva sur elle des yeux vitreux. Il avait abandonné sa précieuse couche pour lui offrir cette saleté de cadeau, alors par pitié, qu'elle baisse le volume.
- Kuchiki ? Ça va pas ? T'as une sale gueule... T'aurais du rester chez toi.
Le noble lui colla d'office son présent dans les bras, mâchonnant son « joyeux anniversaire ». Puis il songea à son épitaphe, qu'il espérait glorieux. Car, après avoir pris conscience du paquet, la Shirayuki allait le défoncer....
- Oh !
Ça y est, il était mort. Quelle idée aussi d'offrir une peluche de banane géante.... A peine connoté de la part d'un prétendant.
- Kuchiki ! Comment t'as su que j'aimais les peluches ! Une banane en plus ! J'adore ça ! Elle est trop mignonne ! Merci beaucoup !
Byakuya rouvrit prudemment un œil, puis vit, scié, Yoka faire un énorme câlin à sa peluche.
- Sérieux, j'adore ! Merci !
- Ah bah... de rien.
Aux anges, Yoka approcha ses lèvres de la joue de Byakuya, histoire de lui prouver sa gratitude, pour une fois qu'il l'obtenait. Malheureusement, le noble éternua pile à ce moment et détourna donc la tête, histoire de ne pas coller ses miasmes sur l'être de ses pensées.
- Ah c'est vrai, t'es malade... Bon bah, merci alors.
Et la Yoka lui serra la main, tout simplement. Une fois sa belle partie, Byakuya se laissa aller à son désespoir et envoya sa tête cogner contre le mur le plus proche.
