"Well I'd never wanna see you unhappy
I thought you'd want the same for me
Goodbye my almost lover
Goodbye my hopeless dream
I'm trying hard not to think about you
Can't you just let me be?
So long my luckless romance
My back is turned on you
Should've known you'd bring me heartache
Almost lovers always do..."
~~Almost Lover de A Fine Frenzy
Chapitre 4 partie 1
Boire pour oublier.
« Salut, Pickles ! » S'exclama Toki alors que lui et Skwisgaar entraient dans le salon. Aussitôt que le Norvégien tout excité entra dans la pièce, le batteur leva les yeux de la bouteille qu'il était en train de vider, avec un air manifestement alcoolisé.
« héééééé Toki ? Comment tu vas bien ?! »
Ce dernier cligna des yeux en se tournant vers le Suédois « il est bourré, c'est ça ? »
« Oui. Il boit beaucoup en ce moment. » Et il alla prendre place sur le canapé. Toki resta planté sur le pas de la porte, en tortillant maladroitement ses cheveux entre ses doigts. Nathan, qui était assis à côté de pickles, leva les yeux au ciel et poussa son batteur de sa place.
« Mon Dieu, qu'est-ce que tu peux être chiant quand t'as bu. » Pour répondre au regard ennuyé de Pickles, il ajouta avec sa voix la plus grave « Quel âge tu vas avoir cette années ? Quarante ans ? Tu ne penses pas qu'il serait temps d'arrêter tes conneries ? »
Les yeux de Toki s'ouvrirent grand sur le chanteur il s'approcha et aida le batteur à se lever, mais il se fit rudement rejeter. « Non, putain ! Qu'est-ce que t'as dit sur moi ? » Il fixait Nathan, ses yeux vert étaient allumés par la colère, et aussi un peu de honte… « Tu m'a traité de vieux Nathan, tu sais ça ? Je ne suis pas vieux, mec ! Juste… »
« Jésus-Christ, Pickles, tu veux bien la fermer ? » Demanda Murderface, en levant les yeux au ciel. « On dirait que tu fais une crise de la quarantaine ou je ne sais pas quoi, t'es encore plus ridicule que Toki. »
« Hé ! Je ne suis pas… »
« Ta gueule, dildo ! » Dit-il, sa voix tremblant à mesure qu'il était plus ivre. « Ne le mêle pas à ça, c'est un bon gamin. »
« Pickles, calme-toi. » Dit Toki, en posant sa main sur son épaule. Pickles se tourna vers lui, les yeux à moitié fermés et humides. « Viens avec moi, tu devrais aller te coucher. »
« Fous-moi la paix ! » répliqua-t-il, en se relevant tant bien que mal. « Je veux être seul. »
Super. Toki goutait à son propre remède. Il regarda en silence Pickles qui sortait de la pièce en buvant encore dans sa bouteille. Une fois qu'il fut parti, Nathan continua « Quel con. Je vous jure que si il continu de boire autant, je vais… »
« Tu vas quoi ? » Demanda Toki, effrayé Skwisgaar lui jeta un regard inquiet.
« Non pas que Toki en ait quelque chose à faire… » Dit-il, pour le mettre subtilement en garde.
« Non, bien sûr que non. » Dit-il pour se reprendre avant de préciser sa question : « Qu'est-ce que tu vas faire, Nathan ? Le renvoyer du groupe ? » Il essayait de ne pas avoir l'air trop concerné, de ne pas montrer à quel point il se souciait de lui, mais c'était dur.
« Oui », Dit Nathan, en souriant sombrement. « On devrait. S'il continuait d'être comme ça… »
« Mais il n'a rien fait de mal ! Et s'il avait un vrai problème ? » Demanda le Norvégien. Comme personne ne répondait, il soupira de frustration et se releva. « Donc personne ne va l'aider ? Ça me rend malade ! Personne n'en a rien à foutre, autant de lui que de moi… »
« Mais de quoi tu parles ? » demanda Murderface d'un air intrigué. Mais Nathan ricana.
« Je crois que Toki nous dit finalement ce qui ne va pas il veut plus d'attention. »
« Mais non ! »
« Mais si. Le coupa Skwisgaar, en prenant un air menaçant. « Puisqu'on est pas censés se faire du soucis les uns pour les autres. Vu que ce n'est pas brutal. »
« Mais je n'en peux plus ! Pourquoi je ne peux pas juste leur dire maintenant ? »
« Nous dire quoi ? » Demanda Nathan
« Que je suis g.. »
« Débile » interrompit Skwisgaar. T'es vraiment, vraiment débile si tu crois que leur dire ça peut aider Pickles. »
Toki ferma la bouche et acquiesça avec compréhension. Après un moment, il sorti de la pièce pour aller cherche le batteur. Nathan le regarda partir, avec un regard dégouté. « C'est quoi son problème, à ce gosse ? Il est malade ? »
« Je t'avais dit qu'il était complètement con. » fit remarquer Murderface, en se grattant le ventre.
« Il est juste un peu perdu. » Dit Skwisgaar, soulagé maintenant que Toki était parti. « Totalement perdu.»
Chapitre 4, Partie 2.
Bon anniversaire en avance.
Pickles était sur le point de s'ouvrir une bouteille de Vodka fraiche quand Toki entra dans sa chambre. « Pickles ? » appela-t-il, tout en restant timidement sur le seuil « Ça va ? »
Il ne dit rien pendant un moment, se battant encore avec sa bouteille. Finalement les mots sortirent entre deux sanglots tandis qu'il jetait la bouteille plus loin. « Il a dit que j'étais vieux !». Il n'eut même pas l'air de remarquer que la bouteille s'était brisée sur la pierre froide du sol de sa chambre. Il repoussa quelques éclats de verre et donna un coup de poing au miroir qui se trouvait au-dessus de son lit. Toki vint s'assoir sur son lit, l'air préoccupé. Il voulait vraiment dire quelque chose, mais ne trouvait rien et regardait juste son ami détruire tout ce qui passait à sa portée.
« Putain de merde ! » marmonna-t-il, en frappant à nouveau le miroir, aussi fort qu'il pouvait. La glace finie par se briser en rependant des éclats de verre partout, y compris dans le poing déjà sanglants du batteur. Il ne le remarqua pas. « Qu'est-ce que je vais faire ? »
« A propos de quoi ? » demanda timidement Toki, en serrant un oreiller contre lui. Il détestait que Pickles boive autant. Ca le rendait toujours colérique et imprévisible. Un jour, cela avait été si loin que Toki avait récolté un œil au beurre noir. Cette fois, il crut qu'il était sur le point de se faire frapper à nouveau.
« Toki, tu ne comprends pas ? On dirait que tu es le seul à ne pas comprendre.»
« Comprendre quoi ? »
« Je suis… » Il laissa échapper un soupir de colère, se retourna et s'arrêta sur son reflet dans le miroir brisé. « Je suis fini, je suis alcoolique et inutile. Je ne peux même pas… Tu te rappelles de notre dernier concert ? »
Toki approuva et dit gentiment « Oui, bien sûr. Qu'est-ce qu'il y a ? »
Pickles s'essuya le visage d'une main sanglante, en ignorant la trace rouge qu'il y laissait.
« Après le spectacle, je n'ai rien fait qu'autre que de prendre une bouteille et d'aller la vider dans une loge. Je ne me suis même pas fait la moindre groupie ce soir-là. Je me suis contenté de boire jusqu'à l'inconscience. C'était tout ce que j'avais l'énergie de faire. C'est triste, hein ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Peut-être que je devrais arrêter … »
« Arrêter quoi ? » demanda-t-il, sentant ces vieilles craintes remonter à la surface. « Pickles, qu'est-ce que tu veux arrêter ? »
« Tout. Le groupe, l'argent, la célébrité, les filles. Peut-être que je devrais partir... »
« Tu saignes. Viens par là. » Toki fit mine de vouloir se lever, mais Pickles le repoussa sur le lit en souriant gentiment.
« Nan. Tu es le seul... » Dit-il, en s'asseyant à côté du Norvégien.
« Je suis le seul quoi ? » demanda le guitariste, en regardant la main blessée de l'autre. Il essuya une partie du sang, essayant de faire paraitre la coupure moins grave.
« Qui soit venu. » Toki n'avait toujours pas l'air de comprendre, Pickles déglutit et son sourire se changea en une expression maligne. « Tu sais, le seul qui se soit soucié de venir. Tu es le seul dans toute la maison qui en a quelque chose à foutre, hein ? »
« Tu sais, j'ai déjà essayé de me suicider. » Ajouta-t-il sans transition. Toki tressailli.
« Tu… quoi ? Pourquoi ? »
« Je n'en pouvais plus, alors un jour j'ai juste »… il secoua la tête « Non, ce n'était pas ça. Pourquoi était-ce, déjà ? Ah oui, c'était Tony qui… et il a dit… Alors j'ai flippé et… » Il s'éclairci la voix et ferma les yeux, en respirant lourdement. « Mais je n'y pense plus maintenant, de toute façon. Tout ce que j'avais obtenu, c'est de sales maux de tête. Tu penses pas que tu pourrais me trouver quelque chose à boire ? »
Toki secoua la tête. « Non, j'ai quelque chose de mieux. Regarde. » Il aida son ami à se lever. « On va aller voir un film. »
L'autre éclata de rire « On va quoi ? »
« Aller, on va voir un film ! Je pensais qu'on irait pour ton anniversaire, mais peu importe. On a qu'à y aller maintenant ! » Toki le gratifia du plus gentil et innocent sourire. Puis il se leva et guida Pickles jusqu'à la porte. « On y va dès que tu auras dormi un peu et que tu seras sobre. »
« Mais… Pourquoi tu voudrais y aller avec moi ? Pourquoi tu demandes pas à Skwisgaar ? Tu l'aime mieux que moi, nan ? »
« Mais non ! Je …Tu es mon meilleur ami. » Dit-il, en rougissant un peu. « Et donc on devrait aller voir ce film, non ? S'il te plait.»
« Ouais, ok, mais laisse-moi juste seul un moment, d'accord ? J'ai mal à la tête et je suis fatigué.»
« Ok ! Merci beaucoup ! » S'exclama Toki, en serrant brièvement le batteur dans ses bras. « T'es le meilleur. » Et il quitta la pièce, avec un sourire caractéristique sur le visage. Pickles laissa échapper un grand soupire et s'écroula sur son lit. Environ dix minutes plus tard on vint frapper à sa porte.
« Dépêche-toi d'ouvrir, Pickles ! » C'était la voix de Skwisgaar, et il avait l'air pressé. « Il faut que je te parle. »
L'autre grommela d'énervement en se retourna sur son lit. « C'est à propos de quoi, t'as intérêt à ce que ça soit important ! »
« C'est à propos de Toki. Il m'a dit quelque chose que tu devrais savoir. »
Chapitre 4 Partie 3
Ce qui ne sera jamais.
« Merci encore d'être venu avec moi, Pickles ! » murmura Toki alors que lui et le batteur prenaient une place dans la salle.
Pickles approuva d'un petit geste et répondit simplement : « Pas de problème. »
Ce que Skwisgaar lui avait appris- son aveu, pour ainsi dire- lui avait fait un énorme choc. Il avait encore du mal à y croire. Mais le suédois lui avait juré sur sa vie. « Mais pourquoi tu me dis ça alors qu'il t'avait fait promettre de garder le secret ? » avait-il demandé. Skwisgaar avait baissé le regard, manifestement honteux de ce qu'il faisait.
« C'est juste que… Il voulait tellement te le dire, mais il ne pouvait pas. »
« Mais est-ce que tu es vraiment, complètement sur ? » avait-il demandé, en retombant dans son lit.
« Oui, » avait dit le suédois, l'air mal à l'aise. « Il me l'a dit lui-même. Il m'a dit qu'il avait rêvé de toi. Tu sais à quel point il a souvent été enfermé dans sa chambre ces derniers temps ? »
« Ouais, et alors ? »
« Il était en train de rêver de toi, tout ce temps… »
« Mais ce n'est pas possible qu'il soit… il ne peut pas m'aimer, moi ! C'est dégoutant ! Je suis pas… et lui… »
Skwisgaar l'avait regardé sérieusement et avait dit « Non, Pickles, Je peux te dire que la seule raison pour laquelle je te dis ça maintenant est qu'il est vraiment amoureux de toi. Je peux le voir sur lui : à chaque fois que tu es bourré, il s'inquiètes tellement pour toi et essaye de t'aider. Tu pourrais aussi le voir si tu le regardais dans les yeux. Je ne veux pas que tu lui fasses de mal. Tu n'as pas intérêt à ne pas le prendre au sérieux. Ce n'est pas une blague.»
Et à ce moment, Pickles était assis avec Toki dans la salle obscure, attendant que les lumières finissent de s'éteindre et que le film commence. Il scruta le Norvégien, jetant un regard précautionneux à ses yeux pales. Ils brillaient à la lumière des néons, étincelaient si fort d'une excitation intense. Le batteur détourna immédiatement les yeux, sentant la honte le gagner, et repris un peu à boire. Ce n'était pas de l'alcool, mais il aurait préféré. Pitié, pourquoi je ne peux pas juste boire pour oublier tout ça ? Juste encore ça et je promets que je ne boirais plus… Je ne veux pas lui faire de mal…
« Tu sais ce que Skwisgaar m'a dit ? »
Il sursauta de surprise en entendant la voix de Toki et renversa presque sont verre. Il se tourna lentement vers le Norvégien pour rencontrer son regard- qui était si pleins d'une sorte d'admiration naïve- et il sourit un peu. Il ne put rien y faire, mais son sourire grandit encore quand Toki rougit et détourna le regard. « Merde, Toki, Pourquoi est-ce que tu es… » Si Mignon ? Si parfait ?
« Qu'est ce qui se passe, Pickles ? »
« Ecoute, il faut qu'on parle, ok ? »
« Bien sûr. » Il commença à se balancer distraitement d'avant un arrière sur son siège, comme un enfant « de quoi ? »
« Au sujet de… » Il jura et reporta son attention sur l'écran. « Rien, détends toi et regarde ce putain de film, ok ? » Alors que le film commençait, Toki devint plus calme et se glissa un peu plus près de Pickles. Arrivé à la moitié du film, il avait tout simplement posé sa tête sur son épaule. Pickles se senti rougir alors qu'il poussa le guitariste de son épaule avec un sifflement agacé. « Mec, pousse toi de la ! Qu'est ce qui ne va pas chez toi ? Tu sais pas te tenir ? »
L'autre rougit immédiatement « Ne crie pas ! »
« Je ne crie pas ! C'est toi qui… » Il prit une grande inspiration et ferma les yeux. Ca y était. Il devait le dire maintenant, mais pourquoi cela lui faisait tant de mal ? Il avait attendu toute la soirée pour pouvoir le faire enfin. Ou peut-être que non… « Toki, écoute. Tu m'emmerde. Pourquoi tu n'as pas emmené Skwisgaar au lieu de moi? Pourquoi tu dois toujours me mettre mal à l'aise en agissant comme un gamin ? »
« Je… je ne sais pas. » Dit-il, mordant sa lèvre en faisant un effort pour ne pas se mettre à pleurer sur le champ. « Je n'ai aucune idée de pourquoi j'ai fait ça… C'était vraiment stupide. Pickles, je te… »Mais il s'interrompit, secoua la tête et se leva. Pickles le regarda sortir de la salle en sentant son cœur se déchirer. Qu'est-ce que j'ai fait ?
Il le suivi sans hésitation, le rattrapa et l'attrapa par le bras. Il essayait de l'attirer contre lui pour se faire pardonner. « S'il te plait, je… »
« Oublie ça. »
« Mais je suis désolé ! »
Toki se retourna brusquement pour lui faire face, encore rouge. Il avait des traces de larmes sur le visage. « Tu crois pas que tu en a assez fait ? Tu ne peux pas me laisser tranquille maintenant ? »
« Mais j'essaye de m'excuser ! » Dit-il avec difficulté. « Et je le suis vraiment ! Je ne sais pas pourquoi j'ai dit ces choses… Mais c'est juste que » Il détourna les yeux du regard blessé du guitariste. « Ecoute, aujourd'hui, j'ai appris quelque chose sur toi. Skwisgaar est venu juste après que tu sois parti et il m'a dit que en ce moment tu étais peut être un peu confus à propos de certaines choses, comme… Enfin, il m'a dit que tu étais un peu confus vis-à-vis de moi.
« A propos de toi ?! » s'esclaffa-t-il. « Il t'a dit que j'avais le béguin, ou quoi ? »
L'autre secoua la tête « Non, écoute, Toki : est-ce que tu es gay ? » murmura-t-il, en s'approchant le plus possible pour faire en sorte que personne dans les environs ne puisse l'entendre. Mais cette précaution fut inutile puisque une seconde après, Toki était en train de gueuler.
« Mais qu'est-ce que tu racontes, putain ?! Tu dis ça juste parce que je t'ai demandé de venir voir un film avec moi ? Mais t'es vraiment trop con ! Je peux pas te supporter ! Je te déteste ! Tror ikke du selv fa det ? Jeg elsker deg ! Jeg elsker deg !" Et il lui tourna le dos, puis sorti du cinéma. Pickles le regarda partir, l'air confus.
« Attend, quoi? Toki, qu'est-ce que ça veut dire? » Il se mit à courir après lui, jusqu'au parking. Le plus jeune s'était enfermé dedans, et regardait résolument par la fenêtre, les bras croisés sur sa poitrine avec un air de pure défiance. Pickles soupira et commença à frapper à la porte. « Mec, ouvre la porte ! S'il te plait, je veux juste parler. »
« Elle est déjà ouverte. » Dit-il tranquillement. Le batteur secoua la tête et ouvrit la porte. Il monta dans la voiture et s'assit côté conducteur, essayant de ne pas rencontrer le regard horrible de Toki.
« Je suis un gros connard, hein ? »
« Ouais. » Dit-il doucement. « En effet. »
« Pourquoi je suis comme ça ? Pourquoi je n'arrive pas à voir à quel point tu es cool ? » Il marqua une pause, attendant une réaction, mais n'en obtenu aucune. « Je n'aurai pas du dire ces choses, je suis désolé. C'est parce que j'ai eu peur. C'est toujours comme ça quand les gens me disent des choses personnelles.»
« Ça va. Du moment que tu t'excuses. » Marmonna-t-il, les yeux baissés.
Pickles secoua la tête. « Non, ça ne va pas. On devrait régler ça. J'ai vraiment déconné, tu devrais être énervé, et me crier dessus… »
« Je suppose que c'est ça qui nous différencie. » Interrompit-il sur un ton dur. « Tu essayes de me faire du mal aussi fort que moi, j'essaye de ne pas t'en faire. »
Ne sachant pas quoi dire, l'autre pris une grande respiration, puis demanda crûment : « Est-ce que Skwisgaar m'a dit la vérité ? »
Toki ne rougit pas comme on aurait pu l'attendre. Au contraire, le pris soudain un teint laiteux et pâle, pendant un moment, il eut même l'air d'être sur le point de vomir. « Il t'en a parlé ? »
« Et bien… »
« Oh mon Dieu ! Et dire qu'il m'avait dit… » Ses yeux s'écarquillèrent. Il n'eut même pas la force de lever les yeux et murmura misérablement : « Il avait promis de garder le secret… »
« Ouais, je sais. Je suis désolé, mais je ne sais plus quoi faire. » Il ferma les yeux et s'appuya sur le siège. Il était épuisé. Qui eut cru qu'une séance de cinéma pourrait épuiser quelqu'un à ce point ? Il senti quelque chose frôler timidement son bras et quand il ouvrit les yeux, il vit que Toki lui tenait la main, tout en le regardant avec une sorte de fascination.
« Tout a été tellement bizarre ces derniers temps. Pourquoi rien n'est simple pour moi ? »
« C'est pas ta faute. » Dit-il sur un ton rassurant. «Tu es juste perdu, tu ne sais pas quoi faire ni vers qui te tourner. »
« Mais c'est vers toi que je me suis tourné. Et tu es toujours là. » Il leva un sourcil, semblant à la fois confus et désespéré. « Qu'est-ce que ça veut dire ? »
« Ça veut dire que peu importe ce que Skwisgaar a dit, on reste amis. » Il déglutit nerveusement et ajouta : « Ça te va ? »
Toki approuva. « Oui, d'accord. Mais donc tu ne vas pas… enfin peu importe. » Il lâcha sa main, et croisa à nouveau les bras sur sa poitrine. « Donc on est toujours amis. Super. » Il avait l'air incroyablement mécontent.
« Ouaip, toujours amis. »
« Meilleurs amis ? »
Il soupira. Toki ne lui laissait vraiment aucun répit. « Ecoute. Je… »
« S'il t'a parlé de ces rêves que j'ai fait, alors tu sais ce que j'ai rêvé de te faire ? » Réalisa-t-il soudain, en prenant à nouveau cette expression horrifiée.
« Oui, je sais. Mais ce n'est pas grave. Moi aussi j'avais ce genre de rêve quand j'avais ton âge. » Répondit-il avec calme.
« Tu n'es pas beaucoup plus vieux que moi ! Seulement quelques années. »
« Mec, je suis vieux. Accepte-le et ferme-la. »
Toki lui sourit, alors que son regard paniqué se dissipait. Il n'avait pas besoin de trop s'en faire. Peu importe jusqu'à quel point il déconnait, Pickles serait toujours là. Il ne ressemblait vraiment à personne d'autre. Le norvégien rougit un peu en disant « Merci, Pickles. »
« Pas de problème, »
« Donc tu n'es pas fâché contre moi ? »
« Fâché ? Nan, jamais. »
« Tu m'aime toujours bien ? »
Il hochât immédiatement la tête, sans hésitation. « Bien sûr que je t'aime toujours. »
« Pickles ? »
« Quoi ? »
Le sourire de Toki grandit quand il dit, « Je te demandais si tu m'aimais bien. »
« Ha, bon. » Pickles s'éclaircit la voix, et haussa maladroitement les épaules. « Comme je le disais, on peut rester amis. On le sera toujours, peu importe ce qui se passe. Ok ? »
Et le sourire de Toki se fana. En fait, le batteur était juste en train d'essayer de se montrer arrangeant. Toki soupira et approuva, faisant mine d'accepter. Si l'amitié était tout ce qui devait jamais se passer entre eux, alors peut être devrait-il s'en contenter ? Non. Car cela ne pourrait jamais être assez. Et Toki n'arrivait pas à dire si Pickles ne comprenait pas qu'il l'aimait, comme Skwisgaar le lui avait dit, ou si il faisait juste semblant de l'ignorer.
Chapitre4, Partie 4
Stupide petit Toki.
Et alors, puisqu'ils ne savaient pas quoi faire d'autre, ils rentrèrent chez eux en silence. C'était maintenant clair : Pickles n'aimait pas Toki, ils étaient juste amis. Et cela serait toujours ainsi. Non seulement ça, mais Pickles était très embarrassé de savoir que l'autre avait rêvé de lui- il ne pouvait même pas le regarder. Il ne pouvait pas regarder ses yeux purs et bleus, car il savait ce qu'il y trouverait. Toki le regardais avec une telle admiration, une telle affection et un si grand respect que cela le mettait immédiatement en colère. Il aurait voulu lui crier dessus, lui demander quel était son problème. Il ne le fit pas. A la place, il resta étonnamment silencieux, ramena la voiture à la maison, la gara, et entra à l'intérieur.
Dans le salon, Skwisgaar et les autres étaient tous assis à regarder la TV. Au moment où Toki et Pickles entrèrent dans la pièce, le suédois se leva et émis un bâillement exagéré. « Ok, je suis crevé. Je vais aller… »
Toki, qui voyait venir sa tentative de se dérober, le saisit et le repoussa sur le canapé. « Tu avais dit que tu ne dirais rien ! Tu m'avais promis ! Sale menteur ! »
« Mais, je n'ai pas… »
« Pourquoi tu m'as fait une chose pareille ? » cria-t-il, les yeux brillants de larmes, de colère et de gêne. Pickles vit qu'il était sur le point de craquer et de dire son secret à tout le monde. Il ne voulait pas laisser ça arriver, donc il le tira vers lui et le pris dans ses bras, en essayant de détourner son attention.
« Aller, tais-toi. » Murmura-t-il, à l'oreille du guitariste. « Ne dit pas ce que tu as en tête, calme-toi. Ok ? »
« Qu'est-ce qu'il ne peut pas dire ? » Demanda Nathan, en levant un sourcil.
Murderface pointa le batteur du doigt et éclata de rire. « Ils sont gays ! Regarde comme ils se tiennent. Toki et bel et bien une folle après tout. »
« Ta gueule ! » Pickles s'exclama, en regardant le bassiste. « Vous ne pouvez pas le laisser tranquille ? Vous l'avez emmerdé toute la semaine, ça suffit maintenant. »
Nathan ricana « Qu'est ce qui va pas, Pickles ? T'es fâché parce que c'est bientôt ton anniversaire ? »
« Ta gueule ! » cria-t-il, en serrant Toki encore plus fort dans une tentative de chasser la honte qui le gagnait. Mais c'était trop tard. Il y avait déjà trop d'émotions à la fois chez tout le monde. Sans préambule, Skwisgaar se leva et arracha Toki de ses bras, le tenant fort contre lui.
« Tout le monde à part moi, Toki et Pickles : sortez ! »
Toki resta planter là, sans se soucier de qui était en train de le tenir. Il pleurait ouvertement, secoué de sanglots. Il réussit pourtant à dire « Mais pourquoi tu lui a dit que… »
« Sortez tous ! Vous avez entendu ce qu'il a dit ! » Interrompit Pickles, en faisant sortir les autres de la pièce. Puis il se tourna cers Skwisgaar et lui dit « Essaye de le calmer, d'accord ? Soit un peu utile, pour une fois. »
« Tais-toi ! Je fais ce que je peux ! »
« Alors fait mieux ! » insista-t-il alors qu'il claqua la porte sur Nathan et Murderface. Une fois qu'ils furent partis, il s'approcha et voulu prendre Toki à nouveau, mais Skwisgaar ne le laissa pas.
« Non ! » lui cria-t-il, en plaçant une main protectrice derrière la tête de son ami. « Dégage ! Tu ne lui as pas assez fait de mal aujourd'hui ? »
« Moi ? C'est toi qui es venu me dire que le gamin avait rêvé de moi ! »
Toki laissa échapper un douloureux gémissement, et se cacha le visage. Skwisgaar le serra plus fort. « Ça va aller, mon petit Toki.. »
« Ta gueule, je ne suis pas à toi. Répondit froidement l'autre guitariste. « Je te déteste pour lui avoir dit. »
« Je voulais juste t'aider. »
« M'aider ? J'ai envie de me suicider ! » Cria-t-il, « Pourquoi t'as fait ça ? »
Skwisgaar jeta un œil au batteur et soupira d'un air excédé. « Tu veux vraiment savoir ? »
« Bien sûr que je veux. » commenta le batteur.
« Ok. J'ai fait ça parce que je voulais que tu sois heureux, Toki. Je l'ai fait parce que je savais que tu n'aurais jamais le courage. Tu es amoureux, et c'est quelque chose que moi, je n'ai jamais ressenti. Je voulais que tu aies ce que je ne peux pas avoir, je voulais que tu aies l'autre moitié de toi.
« L'autre moitié ? » pickles jeta un œil à Toki, et lui sourit modestement. « Tu crois que je suis ton autre moitié ? »
« Je n'ai jamais dit ça. » répondit-il. « J'aurais dû ne rien dire du tout. Tout ce que j'ai obtenu, c'est de la souffrance, et maintenant tu ne m'aimeras jamais. Je le savais… mais je voudrais vraiment que tu m'apprécie. »
« Mais c'est le cas ! »
« Mais tu ne m'aime pas ? »
Il réfléchit pendant un petit moment, puis dit catégoriquement : « non. »
Toki hocha la tête et détourna le regard avec une expression de souffrance. « Ok, je le savais. »
« Tu ne le mérites pas ! » Interrompit Skwisgaar, en jetant à Pickles un regard mauvais. « Tout ce que veut Toki, c'est que tu l'aime, et tu ne fais même pas ça ! »
« Je ne peux pas ! »
« Pourquoi ? »
« Parce que je ne suis pas gay. Voilà pourquoi. » Il se passa une main dans les cheveux et dit à Toki : « je suis désolé, mais je ne pourrais jamais t'aimer comme ça. Jamais. Je ne suis pas comme toi, je ne suis pas… »
« Super, je comprends. J'ai été stupide de seulement penser que tu l'étais. » Dit-il en secouant la tête. « Peu importe. » Et il se retourna et quitta la pièce, les bras enroulés autour du corps et en continuant de pleurer. Skwisgaar le regarda partir avec un air très triste.
« Pickles ? »
« Oui ? »
« Je… » Il chercha les bons mots avant de poursuivre. « Tu aurais pu le rendre tellement heureux. J'espère juste que tu le sais. »
« Tu crois que je ne le sais pas ? Tu penses que je suis stupide ? »
« Oui. » Dit-il amèrement. « Je pense. Pour quoi d'autre aurais tu renoncé à lui comme ça ? »
Pickles jeta un œil à la porte par laquelle Toki venait de partir. « Je ne sais pas, je ne sais vraiment pas. »
