En réponse à la review de Camille : Merci pour cette review ! Je suis contente que tu continues à apprécier cette fanfic. Ça m'a fait plaisir de voir que tu as remarqué les « clins d'œil » à la série de J.K Rowling. Alors pour te répondre, je pense que Slug aurait utilisé la potion bien avant l'époque d'Harry, mais j'ai trouvé ton idée bonne. Pourquoi pas ? On ne connaît pas vraiment tout de ce cher Slughorn. J'avoue que je n'y avais pas pensé ^^' Encore merci pour ta review ! J'espère que ce chapitre te plaira ;)


4

La Chambre des Secrets

« Et alors qu'est-ce qui s'est passé ensuite ? Me demande Druella tandis que nous sommes allongées dans l'herbe à prendre le soleil du printemps.

_Tu veux dire : qu'est-ce qui s'est passé avec qui ? Rajoute Lucy en me lançant un regard en biais.

_Avec Jayce c'est programmé pour le week-end prochain, je réponds froidement.

_Moi je parlais de Tom… Marmonne Druella qui semble ne pas savoir si elle aurait dû le dire ou pas.

_Quoi Tom ? Je lui demande d'un ton agacé.

_Bah qu'est-ce qui s'est passé ? M'interroge Lucy avec un sourire sarcastique.

_Rien du tout, on a croisé Hagrid qui…

_Ouais, ouais, ton histoire on la connaît tous. Mais qu'est-ce qui s'est vraiment passé ? Me demande à nouveau Lucy.

_On a croisé Hagrid qui élevait des bébés loups-garous ! Maintenant si vous ne me croyez pas, tant pis pour vous moi je sais ce qui s'est vraiment passé. »

Sur ce, je me lève et me dépêche de remonter le parc à toute vitesse en espérant qu'elles ne me suivront pas. Je pense qu'elles ont compris que j'étais vraiment énervée contre elles car aucune des deux ne bougent, elles me regardent simplement, déconcertées.

Je fais le tour du château par le parc. Je n'ai ni envie de rentrer dans la salle commune où je sais que Cygnus va me demander des nouvelles de Lucy pour faire mine de s'intéresser à sa potentielle future épouse, ni de déambuler dans le château pour croiser Tom au deuxième étage. Il faut croire que les garçons qui traînent avec des filles, c'est cool, mais des filles qui traînent avec des garçons, ça veut tout de suite dire autre chose. L'amitié fille-garçon ne peut donc pas exister ? Quand une fille passe du temps avec un garçon ça veut forcément dire qu'elle a des vues ? Dans le cas de Noreen Croupton, je comprendrais, mais il s'agit de moi !

Je sors avec Jayce depuis plus de six mois maintenant, on est sur le point de passer à la vitesse supérieure, notre histoire sera véritablement sérieuse, et tout le monde commence à remettre en cause notre couple. Jayce et moi formons le couple idéal et c'est pour ça que tout le monde essaie d'insérer le doute entre nous deux. Il doit encore s'agir d'une de ces pétasses de Poudlard qui font circuler des rumeurs parce qu'elles n'ont rien d'autre à faire de leur misérable existence.

En me promenant dans le parc de Poudlard, je ne me rends pas compte que je me dirige tout droit vers le potager de mon grand-père. Il a décidé de planter des fraisiers dans le parc pour apporter encore plus de verdure au cadre du château. Il compte aussi sur ses fraisiers pour nous apporter de bons desserts à la fin de l'année. Justement, mon grand-père est là en train d'arroser les plantes. Je m'approche en me raclant la gorge pour manifester ma présence.

« Kim ! J'allais justement partir à ta recherche après ceci pour te dire que les bébés loups-garous ont intégré un orphelinat spécialisé dans les créatures magiques, me dit-il en m'adressant un sourire bienveillant.

_Ah c'est super, merci ! Je vais pouvoir aller le dire à Hagrid, ça va le rassurer.

_Il devrait être de retour dans quelques minutes, Dumbledore l'a emmené en début d'après-midi pour une exploration dans la Forêt Interdite. Nous essayons de faire reculer les Trolls qui s'avancent un peu trop du cadre de l'école.

_Le professeur Dumbledore va faire reculer à lui tout seul une bande de Trolls ? Je demande sceptique.

_Les Trolls sont idiots, Kim et puis Dumbledore n'aurait aucun mal à faire reculer une horde de centaure alors ce ne sont pas ces crétins de Trolls qui lui causeront du tord. D'autant plus que Mr. Hagrid est avec lui. »

Moui… Hagrid l'ami des bêtes bizarres, ça m'étonnerait qu'il lui soit d'un grand secours. J'imagine plutôt Hagrid pactisant avec les Trolls je crois qu'il préfèrerait vivre avec ce genre de créature plutôt qu'avec nous, les gens normaux. C'est peut-être son sang de géant qui le fait penser différemment de nous ? En parlant de sang… cela me fait penser que je devais parler à mon grand-père de la petite Mimi de Serdaigle.

« Grand-père, il fallait que je te parle de quelque chose. Quelque chose de sérieux, si tu veux bien. » Je lui dis en jetant un coup d'œil à son ridicule petit arrosoir de moldus qu'il tient à la main.

Il comprend à mon regard qu'il doit être attentif à ce que je vais lui dire. Il pose alors son arrosoir sur le côté et me regarde attentivement.

« Tu sors avec ton préfet, c'est ça ? Ta grand-mère et ta mère ne vont certainement pas apprécier mais moi…

_Je ne sors pas avec Tom… Je siffle en tâchant de rester polie devant mon grand-père.

_Mais c'est un garçon charmant !

_Oui enfin il y a autre chose dans la vie que le charme, grand-père. Mais ce n'est pas de ça que je voulais te parler.

_Je t'écoute.

_Il y a quelques temps, j'ai puni deux élèves de Serpentard, des deuxièmes années, qui se moquaient d'une élève de Serdaigle. Elle s'appelle Marie-Emilie et…

_Oui, la jeune fille de Serdaigle, le professeur Slughorn m'avait parlé du problème avec Mr. Lestrange et Mr. Mulciber. »

J'écarquille les yeux de surprise. Quand j'avais parlé au professeur Slughorn de cette histoire, il était rapidement passé à autre chose pour poser des questions à Tom sur son avenir en lui suggérant fortement de s'engager dans la politique. Je ne pensais pas qu'il avait entendu un seul mot de ce que je lui avais dit, il semblait tellement subjugué par Tom… Apparemment, Slug a l'air plus attentif qu'il n'y paraît. Je me remets rapidement de cette surprise et continue mon histoire :

« Le problème c'est qu'il n'y a pas que les élèves de notre maison qui embêtent cette jeune fille. Je lui ai parlé et elle m'a confié être le sujet de plusieurs moqueries par les filles de sa maison notamment une certaine Olive Hornby. Je lui ai suggéré d'en parler au directeur de la maison Serdaigle mais je doute qu'elle l'ait fait.

_Mmm… Fait mon grand-père pensif. Tu as bien fait de venir m'en avertir. Cette jeune fille n'ose sûrement pas en parler par peur d'être encore plus exclue qu'elle ne l'est déjà.

_C'est ce que je pense aussi.

_Je vais en parler moi-même aux professeurs pour qu'ils soient plus attentifs à cette histoire. Evidemment, je compte sur toi pour garder un œil sur cette jeune fille, il ne faudrait pas que cette histoire s'aggrave.

_Tu ne penses pas qu'il faudrait commencer à sévir ? Cette Olive Hornby a l'air de…

_Je compte d'abord en parler avec Marie-Emilie pour avoir plus de détails. J'aviserai ensuite, Kim ne t'inquiète pas. Tu as rempli ton rôle, je compte désormais sur toi pour rester attentive. Pour seulement rester attentive, ce sont aux adultes maintenant de régler cette histoire. En agissant de façon précipitée, tu risquerais d'envenimer la situation. »

Je hoche la tête, peu convaincue par son explication. Je ne suis pas certaine que laisser les choses se dérouler soit la meilleure option pour régler le problème de la pauvre petite Mimi mais si mon grand-père en a décidé ainsi…

Je le laisse continuer avec ses fraisiers et son arrosoir qui provient de je ne sais où. Je redescends le parc tout en continuant à m'interroger sur l'affaire Mimi. Je me demande d'ailleurs si elle n'est pas en train de se faire embêter de nouveau. Cette histoire me préoccupe…

« Notre préfète-en-chef est malade aujourd'hui, nous annonce Seb Bonham le préfet-en-chef de Poufsouffle.

_Quel dommage… Souffle Tom avec un rictus.

_Jedusor, on n'a pas besoin de tes commentaires ! » Le coupe notre préfet-en-chef.

Tout le monde ricane dans son coin, moi compris. Seb Bonham est le préfet de la maison Poufsouffle et notre préfet-en-chef. Contrairement à McGonagall qui nous dirige d'une main de fer, Seb (Sebastien de son vrai nom) est plutôt du genre à nous laisser faire comme bon nous semble en gardant tout de même un minimum d'ordre. Tout le monde le soupçonne d'être secrètement en couple avec McGonagall mais j'avoue que j'ai du mal à imaginer un beau garçon comme Seb bécoter une fille comme notre préfète-en-chef.

Les parents de Seb et les miens se connaissent depuis longtemps – oui encore, je sais mes parents ont des amis un peu partout - et ils nous arrivent de faire des dîners parfois ensemble mais à Poudlard Seb ne me parle presque pas parce qu'il est en septième année et que je ne suis qu'une gamine de cinquième année. Oui, nous n'avons que deux ans d'écart mais les garçons tiennent tellement à leur réputation qu'il ne faudrait pas l'endommager.

Néanmoins, j'aime beaucoup Seb. Il est sympa et tout le monde l'apprécie parce que c'est le bon copain de chacun. Je ne peux pas non plus lui en vouloir de ne pas venir me parler tous les jours car il est vrai que je ne parle pas non plus avec les élèves plus jeunes que moi. Donc dans un certain sens, je le comprends.

« Je prends le deuxième étage, annonce Tom puisque avec Seb chacun décide de son étage. Dépêche-toi Kim où tu vas finir par te taper un étage qui ne t'arrange pas du tout, me souffle-t-il ensuite.

_Je prends le troisième étage, comme ça je t'aurais à l'œil, je lui réponds. Quelle potion prépares-tu en secrets cette fois ?

_Il n'y qu'avec toi que je prépare des potions, répond-il en haussant les épaules tandis que nous montons les escaliers.

_Alors qu'est-ce que tu fais à cet étage-là ?

_Je m'entraîne si tu veux tout savoir.

_Tu t'entraînes ? Mais à quoi ? Je ricane parce que ça m'a l'air complètement idiot.

_Viens samedi avec Cygnus et je te montrerai.

_Désolé, samedi je suis avec Jayce. »

Il lève les yeux au ciel une fois qu'il a compris ce qu'il y avait derrière cette phrase. Je lui adresse un coup de coude amical qu'il me revoit aussitôt. Il a l'air plutôt de bonne humeur pour une fois. Je ris avant de lui renvoyer un deuxième coup de coude. Il me pousse finalement contre une gargouille dans un éclat de rire.

« Eh vous deux ! Tonne Seb qui monte les étages juste derrière nous. On reste sérieux quand même. »

Il nous adresse un regard qui signifie : « aller, il faut qu'on est un minimum de crédibilité. » Nous hochons la tête. Je m'arrête au deuxième étage avec Tom pour laisser passer les autres préfets qui nous observent avec curiosité.

« C'est quand même plus cool quand il n'y a pas McGonagall… Je marmonne en me retournant vers Tom.

_Plus qu'une année à tirer avec elle et nous sommes libres !

_Qui sera les nouveaux préfets-en-chef d'après toi ?

_Nous évidemment, nous avons sauvé Poudlard d'une attaque de loups-garous ! Ricane-t-il.

_Je pense qu'il nous faudra attendre la septième année pour être préfets-en-chef car il me semble qu'il y a des préfets plus âgés que nous.

_Ils ne choisissent pas suivant l'âge mais suivant le travail accompli par le préfet.

_Et tout le monde sait que nous sommes les préfets les moins crédibles de Poudlard, je rétorque. Du coup, tu me montres ce que tu complotes dans cet étage ? Je demande avec curiosité en jetant des regards autour de moi.

_Je te l'ai dis : je m'entraîne après avoir rapidement balayé le deuxième étage. Si tu ne peux pas venir samedi, tant pis, tu peux venir vendredi. Cygnus ne sera pas là, ajoute-t-il en haussant les épaules.

_Ça ne me dérange pas, qu'est-ce que tu crois ? Que tu m'intimides tant que ça ?

_Tu ne devrais pas être au troisième étage, toi ?

_J'y vais, je te laisse t'entraîner ! » Je lui souffle en commençant à reculer.

Je continue de faire marche arrière avant de finir par me retourner complètement pour monter à mon étage. Sur le chemin, je croise Hagrid (encore) qui s'apprêtait à descendre les escaliers. Il semble vouloir se cacher dans un coin mais avec une taille pareille, c'est mission impossible. Arrivée au troisième étage, je lance un regard plein de reproches à Hagrid qui baisse la tête honteusement.

« Hagrid… Je soupire. Qu'est-ce que tu fais en dehors de ton dortoir à cette heure-ci ? Le troisième étage est quand même loin du septième, tu ne trouves pas ? Ne me dis pas que tu es somnambule, je déteste les élèves qui me servent cette excuse !

_Non, je ne suis pas somnambule, marmonne-t-il toujours la tête baissée. Mais j'ai…

_Hagrid ? Je lui demande en attendant patiemment qu'il me dise de quelle nouvelle créature il s'occupe désormais.

_Le professeur Dumbledore m'a appelé, me répond-il soudainement en levant la tête et me regardant droit dans les yeux si bien qu'il arrive à me déstabiliser.

_Euh… le professeur Dumbledore ?

_Oui, nous allons dans la Forêt Interdite, tu te souviens que je suis collé après…

_Oui, oui, je me souviens. Les bébés loups-garous sont d'ailleurs dans un orphelinat spécialisé, c'est mon grand-père qui me l'a dit ce matin. »

Il soupire de soulagement et remercie Merlin pour lui-même. Je reprends la parole :

« Donc, le professeur Dumbledore t'a demandé de l'accompagner ce soir ? Alors que vous y êtes allés cet après-midi ?

_Il faut qu'on finisse ce qu'on a commencé, m'explique Hagrid. C'est assez urgent en fait alors… »

Je ne sais pas pourquoi mais son histoire me semble fausse. Néanmoins dans le doute, et parce que je sais qu'Hagrid reste tout de même un élève sérieux, je décide de lui accorder ma confiance et le laisse passer.

Je m'enfonce ensuite dans les couloirs du troisième étage. Il n'y a personne habituellement par ici ce qui me laisse tout le loisir de continuer à m'interroger sur l'excuse d'Hagrid. Et plus j'y pense, plus je me sens coupable. Je suis complètement idiote et irresponsable de l'avoir laissé passer. Si ça se trouve, Hagrid a trouvé le moyen de nous ramener un bébé Troll pendant l'un de ses voyages avec Dumbledore dans la Forêt Interdite. Je me pose encore beaucoup de questions jusqu'à retourner à mon point de départ. Je suis sur le point de refaire une ronde quand j'entends un cri provenir du deuxième étage. Qu'est-ce qui se passe encore ?

Je commence à me rendre vers les escaliers quand je croise une jeune fille qui coure comme si elle avait vu un bébé Troll justement.

« Eh ! Je l'interpelle en la prenant par les épaules et lui relevant la tête. Comment tu t'appelles ?

_Je… Je… Ce n'est pas moi… Je vous le jure…

_Calme-toi, et dis-moi ce qui ne va pas. Vas-y, calme-toi, comment tu t'appelles ?

_Olive… Olive Hornby, me répond-elle en inspirant fort pour calmer la terreur que je lis dans ses yeux. Je n'ai pas… Je ne voulais pas…

_C'est à propos de Mimi ? Je lui demande sur la défensive parce que maintenant que je connais l'identité de la jeune fille je n'ai soudainement plus très envie de lui porter secours après tout ce qu'elle a fait subir à cette pauvre petite Mimi.

_Comment vous savez que… ?

_Qu'est-ce que tu lui as encore fait ? Je tonne furieuse contre elle, et elle éclate en sanglot.

_Ce n'est pas ma faute ! Elle est… je ne voulais qu'elle… elle est morte ! »

Mon sang se vide, mon cœur s'arrête, et me yeux ne voient plus rien. Les larmes d'Hornby affluent sur son visage et je les regarde s'écouler sur la chemise de son uniforme. J'essaie un instant de faire preuve de sang-froid mais je n'arrive pas à parler. Je cligne des yeux pour me reconnecter avec le monde et me racle la gorge. D'une voix horriblement rauque, je lui demande :

« Qu'est-ce qui s'est passé ?

_Elle est… dans les toilettes… »

Hornby éclate de nouveau en sanglot. J'hésite un instant et puis la prends dans mes bras pour la consoler, et aussi pour me consoler moi-même. En ce moment, j'aurais bien besoin de Jayce pour me blottir contre lui. J'aurais besoin de nos longues conversations dans la salle commune le soir, blottis l'un contre l'autre sur les fauteuils. Il m'écoute, et je l'écoute. Nous vidons chacun nos sacs et ensuite on se sent mieux. Mais là… là, il n'est pas là. Personne n'est là mis à part moi.

J'entreprends alors de descendre les escaliers en me concentrant sur ma respiration pour éviter d'imaginer ce que je vais retrouver dans les toilettes. Je descends marche après marche. Hornby est juste derrière moi et elle n'ose plus pleurer, la terreur s'est retrouvée dans ses yeux. J'en déduis qu'il doit s'agir d'une scène horrible.

Alors comme ça, Mimi a mis fin à ses jours ? J'aurais pu, non j'aurais dû intervenir. Elle ne se sentait pas bien, j'ai tardé à en parler à mon grand-père et je l'ai laissé croire qu'il pouvait encore attendre pour régler cette histoire. J'aurais dû… j'aurais dû faire tellement de choses pour l'aider.

Le couloir du deuxième étage me semble immense. Je ne sais pas ce que je vais trouver mais j'ai déjà l'impression de sentir une odeur de métal froid comme celui que je sens lorsque je me suis mordue la langue et que le sang… J'espère que Mimi a choisi de mettre fin à ses jours de manière à ce qu'elle ne souffre pas.

A l'entrée des toilettes des filles, Hornby se terre contre une gargouille et m'observe. Elle n'ose pas entrer de nouveau, elle a beaucoup trop peur. Je lui dis, d'une si petite voix que je ne sais même pas si elle m'a entendu, de m'attendre ici. J'entre alors dans les toilettes des filles en m'ordonnant que quoique je puisse voir, je devrais garder mon sang-froid.

Mais ce que je découvre… et sans savoir que le cri que je viens d'entendre est le miens, je recule de plusieurs pas et me colle contre l'un des lavabos. Je n'ose même pas approcher du corps, je ne veux pas voir de plus près cette scène. Mais en même, je suis incapable de quitter la pièce. Mimi… La pauvre petite Mimi, alors que je croyais qu'elle avait elle-même décidé de quitter ce monde… Je me rends compte qu'il ne s'agit pas d'un suicide mais d'un meurtre.

Je suis dans l'incapacité de pleurer, je ne sais pas ce que je dois faire. Je ne sais même pas ce que je suis censée faire. Comment doit réagir un préfet lorsqu'il surprend une scène de crime ? On ne nous le dit pas dans le code du règlement ça !

Je fais un pas pour aller jusqu'au corps puis je recule, et je fais un pas pour sortir des toilettes et puis finalement de me ravise. Qu'est-ce que je dois faire ? Qu'est-ce que je peux faire ?

Mimi est là, gisant par terre, les yeux grands ouverts. Elle semble me regarder comme si elle m'accusait. Qu'est-ce qu'elle faisait dans ces toilettes à cette heure-ci ? Peut-être qu'elle n'osait pas rentrer dans son dortoir parce qu'elle allait encore subir les moqueries de ses camarades ?

Je me rends compte que je ne respire plus depuis un certain temps. Je me détourne de ce spectacle et reprends ma respiration, cherchant l'équilibre pour ne plus sentir cette boule au ventre qui me fait tellement souffrir que j'ai l'impression qu'elle se répercute sur mon corps tout entier.

Quand je me retourne, je ne sais toujours pas quoi faire. Le corps de Mimi est raide et… je lève les yeux en suivant les tâches de sang sur le sol qui finissent par monter sur le mur. Le mur est inondé de sang, c'est répugnant. Il y en a partout et, je mets du temps à me rendre compte que c'est un message écrit : « La Chambre des Secrets a été ouverte par l'héritier de Serpentard. »

J'ai envie de tout abandonné. C'est quoi ça encore ? Ce message qui ne veut absolument rien dire m'exaspère plus qu'il ne devrait me faire peur. J'ai envie de laisser tout comme le meurtrier a laissé la scène et partir pour… je ne sais pas, en fait non je ne peux pas partir parce que je suis un témoin de la scène. Alors qu'est-ce que je fais ? Je sais déjà au moins une chose, il ne faut rien toucher, et rien nettoyer.

Je m'apprête à sortir des toilettes pour aller avertir quelqu'un parce que j'ai désespérément besoin d'aide et je trouve Tom à l'entrée des toilettes. Je ressens un tel soulagement que j'éclate en sanglot et me précipite vers lui sans même me demander si c'est bien ou mal de prendre un garçon dans ses bras dans un moment pareil.

« Qu'est-ce qui se passe ? Me souffle-t-il effrayé par ma réaction. Je t'ai entendu crier… j'étais à l'autre bout du couloir et…

_Tom… on doit faire quelque chose… elle est morte… Je sanglote. Je ne sais pas quoi faire… aide-moi… je t'en prie, je ne sais pas…

_Ça va aller, ça va aller, me souffle-t-il. Kim, ça va aller.

_Mon grand-père ! Je m'exclame. Je dois aller le dire à mon grand-père… »

Je quitte son étreinte et titube dans le couloir. Hornby me suit à petits pas, les yeux complètement terrifiés. Tom me rattrape en courant tout en jetant un coup d'œil inquiet aux toilettes.

Je descends les marches, une par une. J'ai l'impression de les voir s'agrandir et se rétrécir comme si elles me jouaient des tours. Tom propose de m'aider mais je refuse parce que je trouve que j'ai l'air complètement ridicule. Il faut que j'arrive à me reprendre, il faut que je garde mon sang-froid. J'ai une élève de deuxième année derrière moi qui ne doit sans doute pas savoir ce qu'elle doit faire non plus. Je la prends par l'épaule et l'entraîne avec moi jusqu'au bureau de mon grand-père. Tom nous suit en silence.

« Kim ? Me demande mon grand-père quand il me voit entrer dans son bureau sans frapper. Est-ce que tu vas bien ?

_Il y a… euh… la… la fille que… Mimi… euh Marie-Emilie est… elle est…

_Elle est morte. » Termine Tom d'une voix grave en baissant la tête.

Commence alors une série de questions auxquelles j'ai dû mal à répondre. Les professeurs arrivent en masse dans le bureau, ils veulent tous savoir ce qui s'est passé. Cent fois on me demande de répéter ce que j'ai vu, cent fois je répète en tachant de garder mon sang-froid, et cent fois je sens que je vais finir par tomber au sol.

S'ensuit une série de va-et-vient entre les professeurs. Mon grand-père donne ses ordres pour garder un calme général. Heureusement que le professeur Dumbledore, le directeur adjoint, est là pour le seconder parce que je crois que mon grand-père est complètement dépassé par la situation.

Pendant que tout le monde sort et rentre dans le bureau, je pense à Lucy et Druella qui doivent dormir dans leur lit. Elles ne savent pas encore ce qui les attend au réveil. Je voudrais être comme elles et ne jamais avoir vu cette scène. Tom me prend la main et s'installe à côté de moi sur l'un des fauteuils du bureau. Il ne dit rien et ça me va très bien.

J'entends les professeurs discuter entre eux des mesures à prendre pour la sécurité des élèves. Je crois comprendre qu'ils sont tous d'accord pour fermer l'école. Je pense à ma mère qui m'attend à la maison. J'aimerais qu'elle soit là pour me prendre dans ses bras.

Le professeur Dumbledore s'avance jusqu'à nous et pose une main sur l'épaule d'Olive Hornby qui ne semble pas avoir calmé sa frayeur. Il nous adresse un sourire bienveillant qui m'apaise sans pour autant avoir le miracle de supprimer dans mon esprit la scène à laquelle je viens d'assister. Il hésite un instant à nous parler mais mon grand-père arrive pour me prendre dans ses bras. Je m'y blottis et retiens mes larmes le plus fortement possible.

« Ce n'est pas ta faute, Kim, me souffle-t-il en me prenant le visage entre ses mains.

_Si, elle était dans les toilettes parce que je ne t'ai pas averti plus tôt…

_Non, Kim, tu ne dois pas te sentir responsable. Aucun de vous ne l'est, même pas Miss. Hornby. C'est la faute de celui qui l'a assassiné. Kim ?

_Elle n'aurait jamais été dans les toilettes si…

_Et après ? Ça aurait été un autre élève qui se trouvait dans les parages, me coupe-t-il en m'embrassant le front. Ce n'est pas ta faute. D'accord ? »

Je hoche la tête et me blottis encore une fois dans les bras de mon grand-père. Malgré toutes les paroles que viennent prononcer les professeurs, je n'arrive pas à m'ôter de la tête que si j'avais avertis plus tôt mon grand-père, Olive Hornby aurait sans doute été punie pour les moqueries, elle ne se serait pas retrouvée avec Mimi, et Mimi n'aurait pas été se réfugier dans les toilettes pour pleurer. Tout le début de cette chaîne partait de moi, c'était ma faute.


Je prends un livre sur les méthodes de révision dans un rayon de la bibliothèque. Jayce est juste derrière moi sous prétexte que lui aussi souhaite réviser pour les Buses, mais il se contente de m'observer. Je me sens scruter de tous les côtés depuis que la nouvelle sur Mimi s'est répandue. Je n'ose pas leur dire que je vais bien, enfin que je vais aller bien s'ils arrêtent de me fixer comme ils le font.

Je me retourne finalement vers Jayce pour le dévisager. Il ne bronche pas d'un cil et continue à me détailler jusqu'à ce que je lui dise :

« Arrête de me regarder comme ça, c'est gênant.

_Parle-moi alors, me demande-t-il en s'approchant. Tu ne veux plus parler le soir dans la salle commune, et tu…

_Jayce, j'ai juste besoin de temps, c'est tout. Mais si tu continues à me fixer comme si j'étais une infirme qui allait s'écrouler d'une minute à l'autre, c'est sûr que je ne risque pas d'aller mieux.

_D'accord, excuse-moi. L'infirmière a pourtant dit que tu étais en état de choc hier quand tu es sortie.

_Tu sais comment sont les infirmières scolaires… Je marmonne en passant mes bras autour de lui pour le rassurer. Au fait, pour ce week-end… je suis désolée mais…

_Kim, j'avais deviné tout seul qu'on n'allait pas le faire ce week-end avec ce qui s'est passé, me coupe-t-il avec un ricanement moqueur avant de m'embrasser le bout du nez. On a attendu jusqu'ici, ne t'inquiète pas, on peut encore attendre.

_Alors tu ne vas pas me laisser tomber si je fous en l'air le seul moment où on aurait pu enfin le faire ? Je demande timidement.

_Tu crois vraiment que je suis ce genre de mec ? »

Je souris parce que c'est exactement ce que je lui ai répondu il y a quelques jours quand il m'avait posé cette question. Il m'embrasse et me serre dans ses bras. Je me gave de son odeur de savon et ferme les yeux pour m'immerger complètement. Je me sens mieux, je sens la boule que j'ai au ventre depuis les évènements de la veille rétrécir.

Nous retournons ensuite à notre table de travail à la bibliothèque, là où doivent se trouver tous les élèves de cinquième et septième année pour réviser leurs examens. Les autres ne peuvent réviser que dans leur salle commune lorsqu'ils n'ont pas cours. Mon grand-père a instauré de nouvelles règles très strictes depuis la veille. Il ne veut qu'aucun élève ne se retrouve seul quelque part. C'est pourquoi nous sommes tous parqués à la bibliothèque pour réviser nos Buses.

Druella profite plutôt de ce moment pour se balader dans les rayons avec Cygnus qui n'avait lui non plus pas envie de bosser. Je parie que Cygnus va lui demander comment se porte Lucy, c'est la question qu'il nous pose à chaque fois pour faire croire qu'il s'intéresse à elle. Il est vrai que depuis le jour où Cygnus a appris que ses parents voulaient le marier à Lucy, il est devenu distant avec nous. Il a même tendance à se rapprocher de Tom et à traîner plus avec lui qu'avec nous. Lucy se comporte de la même façon avec Cygnus, elle n'ose plus l'approcher comme avant.

Celle-ci est en train de recopier quelque chose et ne lève pas la tête quand je m'assois ce qui me réconforte. Nous travaillons dans le silence total en lisant ou recopiant ce que nous trouvons dans les livres.

De temps en temps, Druella et Cygnus reviennent nous voir pour nous parler d'une fille qui ronfle au fond de la bibliothèque. Je me force à sourire même si je n'en ai pas envie car en temps normal j'aurais souris. J'essaie de tout faire normalement mais c'est très compliqué.

Puis Druella et Cygnus repartent en faisant mine de chercher dans les rayons pour que la bibliothécaire croit qu'ils travaillent sérieusement. Tout de même, ça me fait plaisir de voir Cygnus dans cet état. Cela fait un bon bout de temps que personne ne l'a vu sourire. Depuis que ses parents lui ont dit qu'ils avaient déjà tout prévu pour lui… Epouser Lucy, travailler au Ministère, là où son père lui obtiendrait une place, etc. Depuis ce jour, on ne l'a plus jamais vu sourire. Pourtant tout les cinq nous nous connaissons depuis tellement longtemps… Druella n'était jamais avec nous lors des soirées où nous nous rendions. Elle traînait plutôt avec des personnes plus âgées qu'elle. Mais Lucy, Jayce, Cygnus, et moi nous étions toujours flanqués ensemble. Nos parents aussi. Ils organisaient souvent des dîners ensemble où nous pouvions encore nous retrouver.

Dans ma chambre, j'ai un petit cahier où j'ai collé toutes les photos que ma mère possédait sur nous quatre. Elles me font toujours sourire quand je les regarde, nous étions la petite bande d'inséparables. Lucy avait ses longs cheveux roux dans tous les sens, encore plus désordonnés qu'aujourd'hui. Jayce avait les cheveux plaqués en arrière sous l'influence de sa mère qui désormais n'a plus aucun pouvoir sur lui. Cygnus était le plus grand de nous, il paraissait plus âgé aussi. Et moi j'étais tout à fait comme aujourd'hui. Toute maigre, la peau naturellement bronzée, et des cheveux raides que ma mère tentait désespérément de boucler. Tout comme Jayce, maintenant elle n'a plus aucun pouvoir pour me boucler les cheveux. Elle aimerait me voir les détacher plus souvent mais ma queue de cheveux me convient parfaitement.

Tom arrive jusqu'à notre table sans qu'aucun de nous ne l'ait entendu arriver. Il s'appuie sur la table et nous lance :

« Ils vont fermer l'école !? »

Jayce et moi échangeons un regard. C'est ce que j'avais cru comprendre en écoutant les professeurs parler entre eux. Lucy relève la tête d'un air nonchalant et lui répond sarcastiquement :

« Pourquoi crois-tu que nous sommes tous ici ? Évidemment qu'ils vont fermer l'école, plus rien n'est sûr ici. Dommage pour toi, tu vas retourner dans ton orphelinat. »

Il lui jette un regard si incendiaire que Lucy aurait pu s'enflammer sur place. J'ai eu le droit au regard incendiaire de Tom plusieurs fois mais celui-ci était vraiment fort, voire violent. Je me racle la gorge et me décide à parler pour détourner leur attention :

« Les professeurs veulent fermer l'école si le coupable ne se dénonce pas.

_C'est ce que Dumbledore m'a dit, acquiesce-t-il. Il faut donc trouver le coupable parce que je ne retournerai pas à l'orphelinat. »

Il jette de nouveau un regard foudroyant voire meurtrier à Lucy qui lui adresse le plus beau et le plus agaçant de tous les sourires. Elle n'a peur de rien, Lucy.

Druella et Cygnus choisissent bien leur moment pour revenir en éclat de rire à propos de la fille qui ronfle au fond de la bibliothèque. Quand ils voient nos airs sérieux, ils comprennent que l'heure n'est pas à la rigolade. Ils prennent chacun une chaise dans un même mouvement et s'installe à la table. Tom nous observe tous, en serrant les poings sur la table. Retourner à l'orphelinat serait si abominable pour lui ?

« Il faut qu'on trouve le coupable, nous répète-t-il.

_Ce soir là, nous étions tous dans nos dortoirs aucun de nous ne sait ce qui s'est vraiment passé, répond Jayce en haussant les épaules.

_Tous sauf deux, fait remarquer Cygnus en passant son regard sur Tom puis sur moi.

_J'ai fait mes recherches, continue Tom en sortant de son sac des feuilles arrachées dans des livres de la bibliothèque. La Chambre des Secrets est une salle cachée dans le château par Salazar Serpentard.

_La quoi ? Demande Druella.

_La Chambre des Secrets, c'est ce qui était écrit dans les toilettes le soir où Mimi est… morte, je lui réponds. Sur le message, il était question d'un héritier si je me souviens bien.

_C'est exacte, affirme Tom en hochant la tête dans ma direction. Salazar Serpentard a scellé cette salle avant de quitter le château et seul son héritier pourrait l'ouvrir.

_L'héritier de Salazar Serpentard ? Tu veux dire son descendant ? Demande Druella.

_Tout à fait.

_Mais qu'est-ce qu'il y a dans cette salle ? L'interroge Lucy qui le regarde avec scepticisme.

_Selon ce qui est écrit, Salazar Serpentard y a enfermé un monstre qui serait capable de tuer tous… tous les Sangs Impurs.

_Tu veux dire tous les nés moldus, le corrigea Lucy en lui adressant un regard peu éloquent. Donc si j'ai bien compris, le coupable se trouve chez les Serpentard.

_Pas forcément, la contre Cygnus.

_Réfléchis un peu… Soupire Lucy en se massant la tempe. Salazar Serpentard était sûrement le sorcier le plus ambitieux de son époque, et le plus fermé d'esprit mais en général ça va avec l'ambition donc tout s'explique. Alors son descendant est forcément quelqu'un qui lui ressemble.

_Je ne comprends pas bien ta logique, j'avoue en fronçant les sourcils.

_Étant complètement fermé d'esprit, d'ailleurs il a même ouvert une Chambre des Secrets pour supprimer tous les nés moldus, nous parlons donc de génocide les amis. Vous croyez sincèrement que Salazar Serpentard se serait accouplé avec n'importe qui ? Et nous savons que nous sommes tous influencés par l'éducation que nous donnent nos parents. Ses enfants ont dû perpétuer la tradition de se marier avec une personne importante, de Sang Pur, etc. Ils ont tous dû passer par Serpentard, c'est évident. Donc, notre héritier se trouve dans notre maison. » Explique Lucy en nous regardant à tour de rôle.

Sa déduction est à la fois claire et imprécise. J'arrive à suivre sa logique et en même temps je n'arrive pas à tout comprendre. Mais Lucy a toujours eu de bonnes intuitions, elle est très douée pour les exercices de logique et son esprit pratique lui permet d'éliminer tout le superflu autour d'une affaire pour se concentrer sur un détail en particulier. Sur ce, je décide de faire confiance à Lucy.

« Lucy n'a pas tord, je dis en lui adressant un signe de tête qu'elle me renvoie. Donc, maintenant que nous sommes presque sûrs que l'héritier se trouve dans notre maison, il suffirait de savoir qui.

_Réfléchissons, lequel d'entre nous est le plus bizarre et le plus flippant… Marmonne Lucy en jetant un regard à Tom qui ne bronche pas.

_Tu penses que j'ai tué cette fille dans les toilettes ? Lui demande-t-il avec un rictus.

_Bien sûr que non ! Ricane Lucy. Tu n'as donc rien écouté à ce que j'ai dit ? Salazar Serpentard aurait voulu une lignée de grands sorciers, ses descendants ne seraient pas n'importe qui. Ça ne peut donc pas être toi, tu viens d'un orphelinat de moldus et personne ne connaît ta famille. Salazar Serpentard ne voudrait certainement pas d'un type comme toi dans sa lignée. »

Un silence plutôt gênant s'installe tandis que Tom et Lucy se livrent une guerre de regards incendiaires. J'arrive presque à sentir l'électricité dans l'air. Je me dévoue encore une fois pour prendre la parole et briser ce silence :

« Il pourrait s'agir de n'importe qui à Serpentard et nous n'avons aucune preuve…

_Ou alors ce n'est pas un Serpentard et nous faisons fausse route. Il ne faut pas tirer de conclusion trop hâtive, reprend Tom en laissant tomber sa guerre avec Lucy. Il faudrait plutôt se concentrer sur les personnes qui étaient présentes sur les lieux.

_En l'occurrence, toi. » Ricane de nouveau Lucy.

Cette fois, je la foudroie du regard pour lui intimer de cesser ses remarques qui deviennent insupportables. Tom me remercie d'un signe de tête auquel je réponds par un sourire. Tandis qu'ils s'attaquent tous à dresser une liste des personnes qui auraient pu se trouver sur les lieux, je réfléchis aux éventuels élèves qui n'étaient pas dans leurs dortoirs ce soir-là. Soudainement je pense à Hagrid… il était là ce soir, je l'ai croisé et je l'ai même laissé passer. Prise de panique je n'ose pas faire part de ce que je pense aux autres car l'idée que ce soit Hagrid qui est tuée Mimi ne me paraît pas possible. Même si Hagrid est parfois un peu spécial avec son amour pour les créatures étranges, il ne ferait de mal à personne. Mais… justement, il aime beaucoup les créatures étranges et il est plutôt doué pour les amadouer, de plus Tom a dit qu'il y avait un monstre dans la Chambre des Secrets.

J'ose à peine observer les autres par peur de me trahir. Je ne sais pas ce que je devrais faire avec un tel dilemme. Dénoncer Hagrid ? Il est gentil, au fond. Un peu lourd mais gentil. Et puis, il ne peut pas avoir tué Mimi. Mais… il élevait des loups-garous tout de même ! Ca aurait pu être dangereux lors de la pleine de Lune. Et si Hagrid avait perdu le contrôle du monstre qu'il y a dans la Chambre des Secrets ?

Tom me regarde comme s'il parvenait à lire dans mes pensées ce qui me donne des frissons dans dos.

Finalement, la bibliothécaire nous annonce que l'heure se termine et que nous devons tous retourner dans notre salle commune en attendant que notre directeur de maison ne vienne nous chercher pour nous accompagner pour le banquet dans la Grande Salle.

Je me lève de ma place. J'ai de nouveau cette grosse boule au ventre qui me pèse. Les autres commencent à avancer. Jayce est parti avec Cygnus et ils ont déjà commencé à parler. Druella demande à Lucy si la coupe de quidditch se fera toujours après les évènements de la veille. Et moi je me retrouve avec Tom qui m'interroge du regard.

« Ça ne va pas ? »

J'hésite un moment et puis songe qu'il s'agit tout de même de mon préfet. Nous devons travailler ensemble, il serait donc logique que je lui parle de mes soupçons. Je laisse un certain espace entre nous et les élèves devant nous avant de lui souffler :

« Le soir du meurtre, j'ai croisé Hagrid dans les couloirs.

_Hagrid ? Pourquoi tu n'en as pas parlé ?

_Parce que… je sais qu'Hagrid ne ferait jamais de mal à quelqu'un.

_Kim, tu ne peux pas le couvrir sous prétexte qu'il paraît gentil. Il élevait des bébés loups-garous la dernière fois !

_Je sais mais… franchement, Tom, tu crois vraiment qu'Hagrid pourrait être l'héritier de Serpentard ? Un demi-géant !

_Je ne crois pas à la thèse de Lucy, me confit-il. On n'est pas tous comme nos parents. Regarde Jayce, il ne veut rien devoir à ses parents, il n'est pas comme eux.

_Jayce c'est une autre histoire, au fond il l'est mais… il est dans sa période d'adolescent rebelle, je lui dis pour retirer cette hypothèse.

_Et qu'est-ce qui te fait croire qu'un descendant de Serpentard n'aurait pas pu s'accoupler avec un géant ? Pourquoi c'est si dur à croire ? »

Je ne sais pas quoi répondre alors je hausse les épaules.

« Qu'est-ce qu'il faisait dans les couloirs à cette heure-ci ? Me questionne Tom.

_Il allait voir Dumbledore pour tu sais, sa punition.

_Il t'a montré sa convocation ? »

Je l'interroge du regard. Tom lève les yeux au ciel et puis répond à ma question silencieuse :

« Tous les élèves qui doivent retrouver un professeur reçoivent une convocation ! Tu le sais, Kim !

_Oui mais… je n'y ai pas pensé…

_Tu aurais dû ! Imagine que ce soit Hagrid qui est tué cette fille, tu l'as laissé passer ! »

Je ne peux plus supporter cette conversation. Sait-il déjà à quel point je me sens coupable de la mort de Mimi !? Avait-il besoin de me dire ça ?

Je commence à accélérer le pas pour le semer mais il m'attrape le bras d'autorité pour m'empêcher de partir.

« Ok, je suis désolé de t'avoir dit ça. Mais il faut qu'on éclaircisse cette histoire.

_Tu n'en parleras à personne de ce que je t'ai dit, hein ? Pas avant qu'on soit certain, d'accord ?

_Oui, ne t'inquiète pas. Je le garderai pour moi. »

Je me sens soulagée de l'entendre dire ça. Au moins, je peux compter sur mon préfet. Ma boule au ventre se rétrécie légèrement pour me laisser l'occasion de mieux respirer. C'est la première fois de la journée que j'ai l'impression d'être soulagée, et tranquille mentalement. Je ne me pose plus autant de question. Je me rends alors compte combien j'avais besoin de parler à quelqu'un de ce qui me passait par la tête. J'adresse un sourire à Tom pour le remercier. Il n'a pas l'air de comprendre pourquoi je lui adresse ce sourire mais tant pis, il n'a pas besoin de savoir.