La lettre reposait sur son bureau depuis qu'il l'y avait déposée, n'ayant pas le courage de la lire… Sur l'enveloppe, un seul mot : Jack. Il avait reconnu de suite l'écriture soignée de Ianto. Mais il n'avait pas envie de la lire. Pas maintenant. Il n'avait pas le courage de vouloir plus d'explications. Elle resterait donc là, le temps qu'il se décide. Les heures s'écoulèrent, lentement. Simon avait quitté son poste après avoir lancé le virus qui avait anéanti toutes les données sur l'expérience « Weevils ». David était revenu de l'hôpital avec Eirwen et lui tenait compagnie dans l'infirmerie.

Vers 2 heures du matin, l'attrait hypnotisant de ces quatre lettres qui semblaient ne cesser de clignoter devant ses yeux eut raison du Capitaine. Il s'en saisit et déchira l'enveloppe. Sur la lettre deux lignes.

« Rejoins-moi ce soir

au 12 Church str. Ianto »

Jack ne savait que faire. Il regarda sa montre : 2h05. Etait-ce trop tard ? Devait-il y aller pour de nouveau se faire jeter comme une vieille chaussette trouée ? Ou Ianto souhaitait-il revenir ? S'excuser de son comportement ? Vu ce qu'il venait de traverser ces derniers mois, Jack comprenait qu'il ait eu envie d'espace. Il glissa la lettre dans une des poches de son manteau avant de l'enfiler et se précipita vers la sortie.

David, qui était remonté et assistait Simon comme il le pouvait dans la gestion courante des ordinateurs qui surveillaient la faille, en l'absence des deux autres membres de l'équipe, faillit être renversé par la brusque sortie de leur supérieur. Les deux hommes mirent cette fuite sur la peine de Jack et le fait qu'il ne souhaitait pas qu'ils le voient triste.

Jack dépassa le coin de St Mary Str, s'engagea dans Church Str et stoppa près de l'entrée d'un immeuble, le n° 12. Il poussa la porte, s'assura que personne ne le suivait et entra. Il monta les marches deux par deux jusqu'au dernier étage. Une seule porte lui faisait face. Elle n'était pas fermée et il pénétra dans un appartement sombre. À tâtons il s'avança vers le fond de la pièce. Il poussa une nouvelle porte qui était restée entrouverte et s'arrêta. Sur le lit, il reconnut ce corps qu'il avait de nombreuses fois caressé, embrassé, aimé. Il contempla de longues minutes la forme qui se dessinait sur le lit grâce à la lueur des rayons de la lune, couchée en position fœtale, le drap reposant à la limite de ses hanches, laissant apercevoir la naissance de ses fesses. Jack était hypnotisé. Il en oublia les soucis de la journée, il en oublia la peine et la rancœur qu'il ressentait, il en oublia même son cœur brisé.

Il commença par enlever son long manteau puis il retira les bretelles retenant son pantalon et les laissa pendre le long de ses cuisses. Il enleva un à un les boutons de sa chemise et la fit glisser sur ses bras jusqu'à la faire tomber au sol. Il commençait à sentir son sexe durcir d'envie et être à l'étroit dans son pantalon de toile, mais il continua à retirer lentement ses vêtements tout en gardant les yeux fixés sur le corps endormi qu'il avait devant lui. Il ôta son tee-shirt blanc en le faisant passer par dessus sa tête et le laissa tomber en boule à ses pieds. Il s'attaqua à sa ceinture, la débouclant, laissant ainsi accès au bouton et à la fermeture éclair, avant dernier rempart avant de libérer sa masculinité. Une fois détaché, le pantalon alla rejoindre le tee-shirt. Il se pencha et libéra ses pieds en enlevant ses chaussures et chaussettes.

Il ne restait que son boxer et la bosse qui se dessinait à l'intérieur ne pouvait tromper qui que ce soit. Jack était au garde-à-vous. Il s'approcha du bord du lit, descendit le dernier vêtement le long de ses cuisses et s'assit sur le matelas après avoir repoussé le drap. Il s'allongea doucement, remonta le drap sur lui et se rapprocha du corps. Lorsqu'il se cala tout contre lui, épousant le contour de son dos, de ses fesses et de ses jambes, un courant électrique le traversa de part en part. Les veines de son sexe gorgé de désir battaient au rythme de son cœur et transmettaient la cadence dans le bas des reins de son partenaire qui remua légèrement.

Jack passa un bras par-dessus le corps chaud et s'empara de la main qui reposait sur l'oreiller, près de son visage serein. Ses doigts se mêlèrent aux siens alors qu'il déposait de tendres baisers au creux de son cou, sur son épaule et sur sa nuque. Jack entendit son prénom doucement murmuré, dans un demi-sommeil et sentit la main serrer un peu plus fort la sienne. Il se réveillait.

Ianto : Jack …

Jack : shhhhhh … C'est moi, je suis là …

Ianto : Je dois …

Jack : Plus tard Ianto… plus tard …

Jack se recula légèrement, abandonna la main qu'il tenait et, la posant sur le torse de son compagnon, le fit basculer sur le dos. Il avait les yeux grands ouverts maintenant et une larme perla au coin d'un de ses yeux. Jack lui rendit son regard et posa la main sur sa joue, caressant du pouce la pommette de son visage. Il embrassa le front de son partenaire, son nez, ses yeux, son menton, puis remonta afin d'embrasser chacune leur tour les deux lèvres fortement attirantes. Les baisers étaient rapides, mutins, stratégiquement placés et ponctués de légers coups de langues. Jack s'attaquait maintenant à la courbe de son cou, à sa gorge. La main qui avait précédemment prit place sur le visage de son amant était elle aussi descendue et s'attardait sur le torse parsemé de poils, jouant avec les tétons, les pinçant, les titillant, les caressant. Parfois sa langue prenait la place de ses doigts, léchant, jouant avec jusqu'au moment où sa bouche s'en emparait pour le téter longuement.

Le jeune homme haletait de plaisir sous les attouchements experts de Jack. Sa main était allée se placer à la base du cou, à la naissance des cheveux et s'y agrippait. Les battements de son cœur résonnaient dans ses tempes et trouvaient un écho au creux de son ventre et dans son sexe qui durcissait au fur et à mesure que les caresses devenaient plus nettes, plus précises, plus appuyées. Jack s'attaquait maintenant à son ventre et tournait inlassablement sa langue autour du nombril tout en caressant ses hanches. Ianto avait maintenant les deux mains dans la chevelure et l'incitait à descendre en l'attirant vers sa verge tendue. Mais c'était sans compter sur l'envie que le capitaine avait de faire durer le jeu des préliminaires.

Jack se releva et l'entraîna avec lui. Tous les deux étaient à genoux sur le lit, le drap étalé autour d'eux. Leurs deux verges étaient saturées de désir et n'arrêtaient pas de jouer au chat et à la souris suivant les mouvements des corps auxquels elles appartenaient. A chaque fois qu'elles se frôlaient, se heurtaient, les deux hommes sentaient en eux des décharges de plaisir. Jack s'en empara alors et commença à les caresser de bas en haut.

Puis il obligea son amant à pivoter vers la gauche tandis que lui se rallongeait sur le dos. Ianto avait parfaitement compris ce qu'il lui avait demandé et il s'empara du sexe tout en positionnant son visage au dessus. Il laissa couler de sa bouche un peu de salive qui atterrit sur le gland écarlate. De sa main, il le récupéra et commença à glisser le long de la hampe, l'humidité facilitait les va-et-vient. Les râles venant de derrière lui l'informèrent du succès de son massage et il décida de passer à l'étape suivante. Il engloutit le sexe à moitié et de sa langue en parcourut les contours. Jack avait relevé les hanches cherchant à pénétrer encore plus loin, à avoir plus de plaisir. Il sentait la langue parcourir son gland, titiller son méat, il sentait ses dents le mordiller et sa bouche l'aspirer. Le jeune homme alternait diaboliquement fellation et masturbation, abandonnant la verge à sa main pour mieux aller sucer les deux bourses solitaires.

Brusquement, Ianto sentit ses jambes se soulever. Jack avait passé ses bras entre les jambes de son partenaire, entourant ses hanches et l'avait positionné au dessus de son visage. Il s'empara de sa masculinité et lui rendit la pareille, bougeant la tête de bas en haut afin d'engloutir la totalité de sa verge et de la libérer aussitôt avant de la happer de nouveau. Jack avait repris les choses en main, donnant à la fois le rythme avec ses hanches et avec sa tête tout en caressant les fesses de son amant. Il abandonna le vit turgescent pour embrasser et mordre dans les deux sphères appétissantes y laissant les marques de ses dents et amenant son partenaire à lâcher de petits cris.

Jack positionna ses mains de chaque coté des fesses et les écarta, laissant apparaître l'intimité de son amant. Cette rondelle close, gardienne du lieu de tous les plaisirs émettait un appel impossible à ignorer. Il y déposa un baiser, puis deux, puis un troisième, mais très vite il entrouvrit les lèvres afin de laisser sa langue parcourir les plis et laper ce verrou naturel. La bouche grande ouverte, Jack essayait de forcer l'entrée avec sa langue, donnant de petits coups rapides au centre puis en poussant plus fortement faisant tressaillir son amant qui tentait tant bien que mal de se concentrer sur son œuvre.

Le capitaine amena son majeur à sa bouche et l'humidifia. Il le plaça ensuite au centre de l'anneau brillant de cette salive précédemment déposée. Il poussa jusqu'à ce que la première phalange ait disparu puis la retira presque immédiatement déclenchant un râle de frustration chez son amant. Il le repositionna et cette fois ci ne s'arrêta que lorsque le doigt eut complètement disparu. Il commença alors à faire des allers-retours plus ou moins rapides, plus ou moins brusques.

Ne pouvant plus rester concentré sur sa tâche, le jeune homme avait cessé ses massages sur le sexe de Jack et s'était effondré, la tête sur sa cuisse, la verge toujours enfermée dans sa main, posée contre sa joue. Il haletait de plaisir et le souffle chaud qui s'échappait de sa bouche chatouillait la base du membre de son partenaire. Lorsqu'un second doigt rejoignit le majeur, Ianto crut qu'il allait exploser, mais il se retint, voulant résister le plus longtemps possible. Les doigts en lui commençaient à réussir leur ouvrage, desserrer le muscle refermant l'entrée de son intimité. Il sentit le corps de Jack glisser sous lui, se libérer de son étreinte. Il sentit également qu'il retirait ses doigts. Il se cambra alors encore plus, offrant une vue particulièrement excitante à son amant ; la tête posée sur un oreiller, les genoux au niveau de son torse, les jambes écartées, les mains retenant ses fesses ouvertes. Il tourna la tête vers l'arrière et implora son amant du regard.

Jack ne se fit pas prier, il en avait tellement envie. Il s'empara du tube de lubrifiant qui avait été posé sur la table de chevet, s'enduisit le sexe et en déposa également à l'entrée de l'orifice, en en faisant pénétrer un peu à l'intérieur... Il se saisit de sa verge, la positionna entre les deux lobes et poussa de ses hanches. L'insertion, facilitée par le gel incolore, fut aisée et Jack le pénétra d'une seule poussée, ne s'arrêtant que lorsqu'il sentit les fesses contre son aine. Prenant appui sur les hanches cambrées de Ianto, il commença à se mouvoir à l'intérieur lentement au début puis de plus en plus vite, arrachant rapidement des cris de plaisir à son amant. Jack positionna ses bras autour du corps du jeune homme et l'attira à lui. Ce dernier passa un des ses bras autour du cou de Jack et prit appuis contre le mur avec le second. Dans cette position, Jack lui asséna encore trois coups de reins avant de se libérer en lui dans un cri d'extase. Épuisé, il posa sa tête contre le dos de son amant tout en le serrant fortement entre des bras. Lorsqu'il sentit les derniers tressaillements du sexe de Jack en lui, Ianto se libéra et se retourna. Doucement, il aida Jack à s'allonger et se plaça au dessus de lui. Il l'embrassa avec hardiesse, l'obligeant à ouvrir ses lèvres afin de permettre à sa langue de partir à la recherche de la sienne. Elles se trouvèrent rapidement et commencèrent leur jeu de cache-cache habituel avant de terminer en un slow langoureux. Puis il se positionna entre les cuisses de son amant et les lui releva pour s'ouvrir un passage vers la cible recherchée. De sa langue il la lui chatouilla, la taquina, la caressa et la pénétra. Rapidement, ses doigts prirent la place de la langue et tentèrent d'amadouer l'inflexible verrou tout en léchant avidement le vit qui commençait à perdre de sa hardiesse. Il sentait dans sa bouche le mélange du gel et du sperme qui y restait encore accroché. Mélange enivrant.

L'action de ses doigts ainsi que l'habileté dont il fit preuve parvinrent à lui offrir ce qu'il désirait et il se releva. Il se plaça derrière lui, collant son torse contre le dos de Jack. Il se saisit de l'une de ses jambes et la cala avec la sienne, puis il s'empara de son sexe sur lequel il avait également appliqué le lubrifiant et le guida jusqu'à trouver l'orifice et s'enfonça en lui. La douce chaleur enveloppant sa verge le fit frissonner. Il bougea son bassin d'avant en arrière, Jack fit de même, prenant le contre rythme de celui de Ianto. Lorsque celui-ci se retirait de lui, il avançait, lorsque Ianto, d'un coup de rein revenait en lui, il reculait et de sa main poussait sur les fesses de son amant afin qu'il le pénètre complètement et atteigne son point sensible au fond de ses entrailles. Le capitaine sentait son souffle rapide dans son cou, il sentait ses pulsations cardiaques dans son dos. Il tourna la tête et ils s'embrassèrent goulûment, sans retenue, à pleine bouche.

Ianto était au bord de l'extase. Cela faisait longtemps qu'ils n'avaient pas eu un rapport aussi bestial, primaire, sans parler de celui qu'ils avaient eu lorsqu'ils avaient changé de corps. Ils s'aimaient sans retenue, n'essayant pas de retenir leurs râles, leurs cris, leurs mouvements. C'était du sexe sans tabou, le sexe pour le sexe. Le sexe des retrouvailles, celui qui suivait de longues absences ou celui fait à la va vite, dans une ruelle sombre, sur une pulsion subite.

Le jeune gallois fit glisser sa main du torse vers le bas ventre de son amant et emprisonna de nouveau le vit écarlate. Il montait et descendait rapidement, imprimant de légères pressions sur la hampe accompagnée de mouvements circulaires adroits, caressant du pouce le gland suintant. Il n'en pouvait plus, il le savait. Il donna un dernier coup de hanches avant de jouir dans les entrailles de son amant, et dans un cri commun, Jack laissa jaillir lui aussi son plaisir. Ils restèrent ainsi de longues minutes, immobiles, essayant de reprendre leur souffle et d'apaiser leur rythme cardiaque. Sans changer de position, Ianto se libéra et enserra Jack de ses bras. Jack lui prit la main dans la sienne et l'embrassa tendrement.

Ianto : Je t'aime Jack.

Jack : Je t'aime aussi Ianto.

Ianto : Jack .. je …

Jack : Demain … on aura tout le temps… demain.

Ianto se tut et ferma les yeux. Une larme coula sur sa joue. Demain, il ne serait plus là. Ce n'était pas pour se retrouver qu'il lui avait demandé de venir… mais pour se dire au revoir… au moins pour un temps. Mais il ne pourrait pas lui dire. Demain son capitaine se réveillerait seul. Lui, sera en route pour Londres, pour tenter de le sauver et de sauver la Reine. Mais ça il ne pourra pas lui dire. Demain il serait arrêté, conduit dans les cellules de Torchwood Londres et questionné. Il serait à quelques étages de lui, et il ne pourra rien faire.

Avait-il eut raison de lui dire de venir ? Il avait un instant pensé qu'il ne viendrait pas et en avait été rassuré. Puis il l'avait senti et s'était laissé emporter par ses envies… Cette rencontre n'aurait même pas dû avoir lieu, trop de choses dépendaient de lui, d'eux et leurs hormones allaient devoir s'y faire. Ils s'endormirent, Jack calé dans les bras de Ianto. Au petit matin, il lui faudra le quitter. Pour combien de temps, il ne le savait pas. Mais un jour, ils se retrouveraient. Un jour il lui expliquerait et Ianto priait pour que Jack lui pardonne.