Chapitre 3 : Elegy

(Elégie)

Octobre 1977.

Assise dans le bureau de Dumbledore, celui-ci était en train de préparer calmement le thé alors que la bague de Gaunt reposait sur son bureau. L'un des Horcruxes, il avait réussi à la retrouver dans les ruines de la maison familiale des Gaunt. Heureusement, comme le lui avait spécifié Hermione, il ne l'avait pas enfilé à son doigt au risque de refaire la même erreur qu'à son époque et d'en mourir à petit feu. Il allait donc falloir la détruire, le souci était comment ?

L'épée de Gryffondor n'était pas encore baignée du venin du basilic et ne pouvait donc détruire aucun Horcruxe en vigueur. Elle n'avait pas non plus de crochet de basilic à sa disposition. Il restait donc le sortilège Feudeymon ou bien…

Elle releva alors la tête en entendant Fumseck lancer une douce note qui résonna dans l'air, celui-ci déploya ses ailes puis s'envola de son perchoir pour se poser sur ses genoux, la surprenant quelque peu, puis regarda Dumbledore qui avait un sourire malicieux tout en lui disant :

« Il essaie de vous rassurer à sa manière, seules les personnes qui me sont fidèles et loyales peuvent mériter son affection, l'informa t-il. »

La bouche d'Hermione forma un « O », rougissant légèrement à cette information dont elle n'avait pas connaissance, elle comprenait mieux l'attachement du Phénix vis-à-vis d'Harry.

« Pourquoi pensez-vous qu'il est venu vous apporter son aide ? demanda sereinement Albus tout en caressant le couvercle d'un coffret en bois ciselé.

- Je n'en ai aucune idée, avoua-t-elle sans détour. Je ne m'attendais pas à le revoir puisqu'il avait disparu depuis une année, déclara Hermione en se rendant compte de ses paroles. Désolée, je, enfin…

- Ne vous en faites pas ma chère, j'avais bien compris que j'étais mort à votre époque, sinon pourquoi m'auriez vous défendu de porter cette bague si je venais à la retrouver ? la rassura t-il avec bienveillance. Je sais que vous essayer de ne pas trop m'en dévoiler par peur de modifier brusquement le futur, mais votre secret est bien gardé en ces lieux, et de toute façon, juste par votre présence le futur ce modifie déjà naturellement, annonça t-il en provoquant l'effroi chez Hermione.

- Vraiment ? Vous le pensez ? Mais alors l'avenir que je connais peu déjà s'altérer sans même que je le sache ? prononça-t-elle quelque peu horrifiée.

- Je ne le crains, certifia Albus en approuvant de la tête. »

La jeune fille poussa un gémissement plaintif, ne sachant plus comment faire pour gérer ce voyage dans le temps. Bien entendu, elle s'était doutée que par sa simple présence, les choses seraient quelque peu différentes mais pas au point d'en modifier l'avenir. Elle n'avait pourtant rien dit aux Maraudeurs, rien fait ! Comme pour répondre à ses interrogations, Dumbledore lui confia :

« Ils sont encore jeunes, mais loin d'être des idiots, Mr Potter et Mr Black sont, sans doute, les plus susceptibles d'avoir compris quelque chose à votre sujet, même si je pense que Mr Lupin, par sa condition, a de grandes chances d'avoir saisit les tourments de votre cœur…

- En quoi cela peut changer l'avenir ? Je ne leurs ai rien affirmé, rien dévoilé, comment pourrais-je avoir un impact sur leur avenir sans avoir fait quoi que ce soit ?

- Par votre comportement, par vos agissements, par votre personnalité, tout simplement, répondit calmement le directeur. Il me semble que vous ne portez pas Mr Pettigrow dans votre cœur, remarqua-t-il en posant ses yeux bleus sur elle.

- Comment avez-vous vu que…

- Oh et bien, un peu d'observation de ma part et vos camarades l'ont aussi sans doute noté, est-ce lui qui dénoncera les Potter ? soumit le plus grand sorcier de tous les temps en coupant l'herbe sous le pied d'Hermione.

- Non ! Je, je, comment, Merlin ! Vous avez déduit tout cela juste en m'observant ? s'effraya la jeune Granger en passant une main moite dans ses cheveux.

- C'est à peu près ça, confirma t-il d'un ton amusé par la panique qui envahissait son esprit. Calmez-vous mon enfant, vos amis ne savent rien de vous et ne peuvent donc qu'émettre des suppositions sur le fait que vous ne l'apprécier pas, leur créant ainsi des doutes sur leur ami de toujours…Ces doutes pourront, peut-être, leur servir pour plus tard, tout finit par se recouper un jour ou l'autre. »

Pour seule réponse, Hermione hocha la tête tandis que la tête du phénix vint se frotter contre son bras en chantonnant doucement comme pour l'apaiser à nouveau, ce qui eut l'air de fonctionner, puisqu'elle réussit à se détendre.

« Professeur Dumbledore, puis-je vous demander un service ? Osa-t-elle avec prudence.

- Faite Miss, je vous écoute, dit-il en glissant une tasse de thé vers elle.

- Quoi qu'il arrive, si je ne réussis pas, si je, enfin, pourriez-vous croire en Sirius et le défendre ?

- Mr Black ? Pourquoi ne pourrais-je pas le faire ? Questionna le sorcier en haussant un sourcil interrogateur.

- Parce que certains événements se produiront, tout sera contre lui alors qu'il est parfaitement innocent, le seul coupable est…

- Mr Pettigrow ? proposa Albus en se touchant la barbe.

- Oui, approuva-t-elle en serrant fortement ses mains autour de sa jupe.

- Bien, j'en prends note mais je peux vous assurer que nous n'échouerons pas ma chère, un bonbon au citron ? »

Hermione surprise, laissa échapper un léger rire d'entre ses lèvres acceptant le dit bonbon avec plaisir. Certaines choses ne changeraient jamais et il en était mieux ainsi. Néanmoins, cela ne retirait pas le problème de la bague.

« Comment allons-nous faire pour détruire l'Horcruxe ? Se renseigna Hermione quelque peu inquiète.

- Comment ? Oh ne vous tracassez pas, la solution est très simple, dit-il en souriant.

- Vraiment ? Auriez-vous un crochet de basilic à votre disposition ? dit-elle ne pouvant cacher sa curiosité.

- Non, mais un Phénix, oui, confia t-il en lui faisant un petit clin d'œil tandis qu'il se leva de sa chaise suivit de la sorcière. »

La jeune Granger regarda le magnifique oiseau qui vola vers le bureau pour se percher par la suite sur l'épaule de son propriétaire. Comment est-ce que Fumseck pourrait bien les aider ? Quelles capacités avait-il, hormis de porter des charges très lourdes, en plus d'être immortel ? Bien entendu, il avait ses larmes qui guérissaient mais en quoi cela pourrait-il les aider ?

Comme pour répondre à ses questions, le Phénix se pencha au dessus de la bague, laissant couler, une, puis deux larmes sur l'artefact qui réagit aussitôt en se défendant. Un puissant souffle vint déferler dans le bureau tandis que les vitres de la pièce explosèrent. Armé de sa baguette, le directeur fit transformer les morceaux de verre en sable fin qui retomba en poussière sur le sol alors qu'un hurlement strident retentit dans la pièce. Une forme nauséabonde, massive et noire se leva face à eux, murmurant d'une voix sombre et pratiquement éteinte :

« Je connaissais tous de vos sombres désirs et de vos attentes, vous… »

La voix finit alors par s'estomper d'elle-même. Le cœur battant, elle croisa les yeux bleus de son ancien directeur d'école qui prit la bague afin de l'observer, ne ressentant plus l'once d'une magie malsaine. Fumseck lança un long tremolo avant de se diriger à nouveau vers son perchoir semblant s'endormir bienheureux d'avoir accomplit sa mission.

« Un Horcruxe en moins, mon enfant, déclara Albus avec enchantement. »

Si tout pouvait être aussi simple, à elle de retrouver le diadème, le restant serait beaucoup plus compliqué. Elle le savait, du fait de leur localisation qui les rendait difficilement approchable. Néanmoins, ce soir, elle avait beaucoup fait pour l'avenir, cela signifiait que le directeur ne viendrait pas à subir les effets néfastes de cette bague maudite, il n'aurait aucune raison de vouloir se laisser tuer par la main de Malefoy.

A cette simple pensée, la joie envahit son esprit, le mentor d'Harry serait encore là pour le guider, cela pouvait tout changer. Elle l'espérait profondément. Seulement à force de trop toucher au cours du temps, on finissait toujours par en payer le prix. Le lendemain matin, l'oreiller se retrouva tâché de sang…

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C'était le week-end de la sortie pour Pré-au-Lard, comme convenu Sirius et les autres lui avaient gentiment rappelé, la veille au soir, qu'ils l'attendraient dans la salle commune pour l'y accompagner. Cela n'était pas pour déplaire à Hermione qui y voyait un moyen pour se rapprocher d'eux sans que cela ne paraisse suspect à leurs yeux. Néanmoins, suite à la conversation qu'elle avait eue avec Dumbledore, elle savait aussi qu'elle devrait se méfier d'eux. Après tout, peut-être que cette petite ballade était uniquement là pour en savoir plus sur elle ? Venant de leur part, cela ne serait pas surprenant. Alors, malgré tout, elle se tenait sur ses gardes, encore et toujours.

Face au miroir de la salle de bain, Hermione se regardait, essayant de masquer les cernes qui ornaient son visage et surtout observant encore son nez qui ne semblait plus vouloir saigner. Après avoir détruit l'Horcruxe, cette nuit là, elle avait ressentit une étrange douleur dans son corps, retrouvant par la suite son nez en sang. On aurait pu croire à une simple hémorragie, seulement malgré le pincement de ses narines, rien n'y changeait.

Heureusement, après s'être rendu en catastrophe à l'infirmerie, Mme Pomfresh avait réussi à arrêter l'hémorragie. Néanmoins, elle ne pouvait s'empêcher d'être soucieuse. Elle avait cette sensation que son corps était en train de défaillir doucement mais sûrement. Peut-être se trompait-elle ? Peut-être devenait-elle folle ? Peut-être était-ce la réalité ? Peut-être voyait-elle les effets de son voyage dans le temps en train de se produire sur elle ? Peut-être allait-elle subir la même chose que cette Eloïse ?

La gorge serrée, elle balaya vite cette idée d'un revers de main, ne souhaitant plus y penser. Elle devait songer à sa mission et rien d'autre. Aujourd'hui, elle allait s'amuser en la compagnie des Maraudeurs et de Lily, puis, fatiguer de sa journée, peut-être réussirait-elle à faire une nuit sans cauchemars ?

« Hermione ? Tu es prête ? entendit-elle de l'autre côté de la porte, qui n'était autre que la jeune Evans qui l'avait rejointe au dortoir.

- J'arrive Lily, répondit la concernée en attachant ses cheveux en une grande queue de cheval. »

Quelques minutes plus tard, elle se retrouva dans la salle commune, entourée des Maraudeurs et de Lily qui ne paraissait pas très enjouée de devoir sortir avec les garçons, contrairement à James dont on pouvait apercevoir le léger sourire qui transparaissait sur son visage et le pétillement dans ses yeux. Il ne faisait aucun doute qu'il l'aimait. Harry aurait été si heureux de voir ça.

« Bien, nous sommes au complet, nous pouvons donc y aller ! déclara joyeusement Sirius en faisant rire ses camarades. »

Durant le trajet en calèche, Hermione se retrouva assise en face de Sirius qui ne cessait de l'observer. Son regard posé ainsi sur elle, elle se sentait détaillée sous les moindres coutures sans qu'il n'ait aucune gêne, contrairement à Hermione. Elle se souvenait parfaitement que l'ancien Sirius, celui de son époque, était très naturel, ne passant jamais par quatre chemins et sa version plus jeune semblait similaire. Il ne se cachait de rien et n'avait honte de rien.

Son arrogance et son assurance étaient totalement démesurées.

Cependant, elle ne pouvait nier que cela lui conférait un charme supplémentaire. Il se dégageait du parrain d'Harry, un charisme et une prestance qui donnait fortement envie de l'admirer.

Elle comprenait mieux pourquoi elle avait entendu dire que Peter avait suivi James et Sirius comme leur ombre, cela ne pouvait en être autrement. Ils étaient brillants, intelligents, drôles, ils étaient à l'aube de leur jeunesse et la vie semblait vouloir leur tendre les bras. Comment ne pas les prendre en admiration ? Surtout que Peter semblait manquer cruellement de confiance en lui. Quelque part, elle avait presque de la pitié pour lui. Peut-être qu'en lui tendant la main, peut-être qu'en lui démontrant que lui aussi avait des capacités, il viendrait alors à changer ?

Peut-être que…

Elle porta alors son attention sur Peter qui ne cessait de regarder James qui observait lui-même, du coin des yeux Lily. Hermione ne put s'empêcher de froncer des sourcils, trouvant la situation presque malsaine. Non, décidément, même avec toute la volonté du monde, elle se sentait incapable d'aller vers lui pour essayer de le changer. Changer quoi ? On ne pouvait changer le caractère et la personnalité d'une personne, surtout au bout de sept années…

Elle détourna aussitôt la tête pour croiser à nouveau les yeux de Sirius, déclenchant un léger rougissement chez elle qui arracha un petit sourire en coin chez le concerné. Hermione ne put s'empêcher de lancer un petit « crétin » entre ses lèvres qu'elle murmura si bas que Black dut tendre l'oreille pour l'entendre.

Padfoot dut se retenir de rire en l'entendant l'insulter, c'était bien la première fois qu'il voyait une fille essayer de fuir son regard et le traiter de crétin. Seul Evans paraissait immunisée à son charme, désormais il pouvait ajouter sur sa liste ; Granger.

Cette fille l'intriguait de plus en plus, elle était comme bipolaire, des tas d'émotions traversaient de pare en pare son visage et ses yeux. Des émotions qui pouvaient passer de la mélancolie à la colère, de la colère à l'espoir, de l'espoir à la haine, de la haine à la tristesse, de la tristesse à la tendresse. Comment pouvait-on ressentir tout cela sans exploser de l'intérieur ? Elle était juste insaisissable et il aimait cela.

Il voulait en savoir plus sur elle, il voulait connaître le secret qu'elle tentait par tous les moyens de cacher. Il voulait savoir pourquoi est-ce qu'elle se rendait régulièrement dans le bureau de Dumbledore, prenant le temps de discuter avec lui pour ensuite repartir ? Il voulait comprendre pourquoi est-ce qu'elle se relevait dans la nuit pour ensuite se rendre dans la salle commune ?

Oui, il l'espionnait, peut-être que cela en devenait une véritable obsession, mais il l'assumait et s'en moquait éperdument. Il avait la carte pour l'y aider mais cela ne suffisait plus, il se devait de l'approcher maintenant, la questionner à la manière Maraudeur. Il devait la coincer, la mettre au pied du mur. Il devait faire taire cette curiosité grandissante et les palpitations de son cœur.

A vrai dire, si Remus pensait qu'il fallait se méfier d'elle, Sirius pensait tout le contraire. Dumbledore, aussi fou soit-il, ne laisserait pas quelqu'un de foncièrement mauvais venir régulièrement dans son bureau. Seulement, ça, il le gardait secrètement pour lui, il n'en avait pas encore parlé à Moony et encore moins à James qui pensait plus à sortir avec Lily qu'à autre chose. Quant à Peter, eh bien Sirius ne savait plus trop quoi penser de son ami.

Était-ce à cause du comportement d'Hermione vis-à-vis de lui ? Sans aucun doute.

Néanmoins, Sirius préférait se faire son opinion par lui-même pour savoir s'il pouvait faire confiance à la jeune fille où pas. Il avait hâte d'arriver à Pré-au-Lard afin d'y voir sa réaction et son comportement, allait-elle faire le même genre de gaffe qu'au château ? Si oui, cela confirmerait ses derniers doutes, si non, il repartait à la case départ.

Après une bonne demi-heure de calèche, ils finirent par arriver au petit village. Lily se fit aider par James pour descendre de la voiture tandis que Sirius fit de même avec Hermione qui lui lança un regard emplit de curiosité avant d'accepter la main qu'il lui proposait. Sa main était un peu plus grande que la sienne, sa poigne était douce et ferme à la fois, l'enveloppant de sa chaleur. Cela avait quelque chose de réconfortant, faisant palpiter le cœur de la jeune lionne. Elle croisa alors son regard puis lui murmura un vague « Merci » avant de se détacher doucement de lui au plus grand regret de Black.

« Alors ? Par quoi commençons-nous la visite ? Honeydukes ? Les trois balais ? Zonko ? proposa James enthousiaste.

- Moi, je dis qu'il faut clôturer la visite par la cabane hurlante, décréta Sirius en jetant un coup d'œil à Granger pour voir ses réactions.

- Oui, bonne idée, admit Lily en frissonnant quelque peu. Et si nous allions acheter quelques sucreries pour ensuite les partager aux trois balais puis l'on fait Zonko et la cabane hurlante, émit-elle comme proposition tandis que tout le monde sembla approuver. »

C'est ainsi, qu'ils partirent en direction de chez Honeydukes, les filles en tête, les garçons à l'arrière, cela permettait à Sirius et Remus d'observer les moindres faits et gestes d'Hermione qui semblait suivre Lily, ne jetant que très peu de regards émerveillés. Bien au contraire, Moony et Padfoot remarquèrent plusieurs fois ses yeux emplit d'un chagrin incommensurable. Un chagrin qu'ils n'arrivaient pas à en saisir le sens.

Et pour cause, ce lieu n'évoquait que trop de souvenirs dans le cœur d'Hermione, des bons mais aussi des mauvais, en compagnie de Ron et d'Harry. C'était ici qu'Harry avait découvert la véritable identité de Sirius et le lien qu'il avait avec lui. C'était ici qu'ils étaient venus, de nombreuses fois, pour y boire une bierreaubeurre. C'était ici, qu'ils avaient bien failli se faire prendre par les Mangemorts sans l'aide inespérée du frère à Dumbledore.

Elle sentait la culpabilité l'envahir.

Elle était là, vivante, et plutôt que de profiter du peu de temps qu'elle avait devant elle à chercher ce fichue diadème, elle était là, avec eux, les Maraudeurs. Elle s'amusait alors qu'ils étaient morts. Elle se sentait terriblement mal, elle avait juste envie de vomir et tout oublier.

« Ça va ? entendit-elle sur sa gauche en l'arrachant de ses sombres pensées tandis qu'elle vit, James, Peter, Lily et Remus pénétrer dans la boutique. »

Elle se retourna et aperçut Sirius à ses côtés, semblant la regarder avec inquiétude. Elle pouvait sentir sa main sur son épaule et elle était certaine que son visage devait exprimer toute la surprise qu'elle ressentait.

Non, elle devait se reprendre, être forte, ils n'étaient pas tous morts, il était là, lui, bien vivant.

« Oh, euh, j'étais dans mes pensées alors…

- Oui, tu y sembles souvent, remarqua Black en souriant tendrement

- Désolée, s'excusa-t-elle en détournant la tête, quelque peu embarrassée. Je, je vais visiter un peu la rue principale si cela ne te dérange pas, les sucreries ne sont pas trop mon péché mignon, mentit Hermione en lui donnant un sourire faussement hypocrite.

- Même le chocolat ? J'ai un ami qui dit souvent que le chocolat adoucit les mœurs, confia Sirius en l'observant et l'entendant souffler le prénom de « Remus », si bas, qu'il crut rêver.

- Non, merci, déclina-t-elle en se reculant loin de Black. Vas-y, je vous attends un peu plus loin, dit-elle en s'enfuyant avant qu'il n'ait pu réagir et la retenir. »

Sirius voulut la rattraper, mais sa main ne saisit que de l'air, fixant intensément l'endroit ou elle se trouvait, il y a quelques secondes. Il avait la sensation d'avoir la réponse à sa question, mais à la fois, il avait l'impression que d'autres se rajoutaient. Tous ceux qui venaient la première fois à Pré-au-Lard étaient émerveillés par la magie des lieux, Hermione n'avait pas bronché une seule minute. Elle ne semblait pas perdue dans ce petit village. Étrange pour une française qui disait n'avoir jamais quitté son pays jusqu'à cette année ? Sa thèse se vérifiait elle connaissait cet endroit.

Pire, il avait cru un instant voir un accablement sans fin dans ses yeux.

Et puis, elle avait prononcé le prénom de « Remus » quand il avait cité la phrase fétiche de son ami. Comment pouvait-elle le savoir ? Cela signifiait qu'elle les connaissait, plutôt bien même. Quand ? Où ?

Il n'y comprenait plus rien.

Cette fille était un mystère ambulant à elle seule. Cette fille le rendait fou et il aimait cela. Elle aiguisait continuellement sa curiosité, son esprit. Il ne s'ennuyait jamais, lui faisant tout oublier la guerre, sa famille, son nom.

Il releva la tête, serrant le poing, il jeta un coup d'œil à travers la boutique, ou James semblait vouloir offrir des sucreries à Lily. Il croisa le regard de Remus qui lui lança un signe de tête comme pour le questionner, du pourquoi de son absence avec Hermione. Sans réfléchir plus longtemps, il sut ce qu'il devait faire ; la rattraper. Alors, il fit des signes à son ami pour lui faire comprendre qu'il allait chercher la jeune fille et sans attendre plus longtemps, il accourut après elle.

Le temps ne lui parut jamais aussi long.

Il poussa plusieurs personnes sur son passage en remontant l'avenue vers Zonko, Gaichiffon puis Scribenpenne, quel ne fut pas son étonnement de la repérer devant la boutique de Derviche et Bang, les deux mains posées sur la vitrine, semblant fixer intensément un objet.

De là, où il était, il pouvait parfaitement voir la détresse et la douleur dans son regard. Elle ne pleurait pas et pourtant, c'était tout comme, la voir ainsi, lui retourna l'estomac. Elle semblait ne pouvoir se détacher de la vitrine, s'accrochant à elle telle une bouée de sauvetage. A cet instant, il en oublia ses interrogations.

A cet instant, le temps sembla s'arrêter.

Il avança doucement, ne la lâchant pas des yeux, arrivant à sa hauteur, il vit alors l'objet de ses désirs et de ses tourments sans en comprendre le sens, encore une fois.

Un scrutoscope.

Black déglutit passablement, n'osant lui annoncer sa présence, n'osant la troubler dans ce silence respectueux. Un scrutoscope. Qu'est-ce qui ne tournait pas rond dans sa tête ? Quel sens cela avait-il ? Qu'est-ce cela signifiait ? Aux yeux d'Hermione, beaucoup de choses et surtout des souvenirs ; c'était Ron qui en avait offert un à Harry lors de sa troisième année, celui-ci ne cessant de siffler. Ils avaient cru qu'il était défectueux, mais non, il annonçait seulement la présence de Peter sous sa forme de rat. Encore un indice, qu'ils avaient mal interprété.

Encore, un événement de manqué dans la course du temps.

A quelques centimètres de l'un de l'autre, il leva la main, tendant ses doigts vers sa joue. Elle tourna alors brusquement la tête vers lui, surprise en premier lieu, elle parut ensuite apeurée d'être ainsi vue par lui. Elle s'arracha de son contact, reculant, horrifiée puis mit une main devant sa bouche pour retenir un sanglot qui allait traverser sa bouche.

Elle n'aurait jamais dû venir à cette sortie, les souvenirs la submergeaient.

Elle ne contrôlait plus ses émotions.

« Hermione, souffla Sirius désemparé de la voir ainsi.

- Laisse-moi Sirius, marmonna-t-elle douloureusement. Je vais rentrer au château, je, c'était une mauvaise idée, je n'aurais pas dû venir, je…

- Tu connais ce lieu n'est-ce pas ? prononça t-il en s'attirant son regard troublé de larmes et de douleur.

- Tu te trompes, déclara-t-elle en le bousculant pour passer. »

Seulement c'était sans compter la rapidité d'esprit de Black qui la rattrapa par le poignet pour la retourner face à lui.

« Non, je ne me trompe jamais, décréta –t-il en ancrant ses yeux dans les siens.

- Tu es imbu de toi-même, il t'arrivera de te tromper ! le prévint-elle en soutenant son regard.

- Qu'est-ce qui te fait dire ça ? demanda-t-il surprit par la véracité de ses propos. »

Il la vit seulement se mordre les lèvres puis baisser la tête, à cet instant précis, il n'avait qu'une seule envie ; c'était de s'emparer de sa bouche et de la faire sienne. Seulement il ne put appliquer son idée et encore moins continuer de la questionner quand un ricanement surgit derrière eux, le faisant se retourner.

Son frère ; Regulus.

Il n'avait pas changé depuis qu'il avait fugué. Plus jeune que lui d'une année, il était tout de fois légèrement plus grand que lui, néanmoins, les traits de son visage n'étaient qu'un pâle reflet de lui-même et de toute sa famille Black.

« Après avoir fugué, fréquenté des traîtres à leur sang, maintenant tu fricotes avec de la vermine, siffla son cadet avec un sourire sournois.

- Retire immédiatement ce que tu viens de dire Regulus ! rétorqua abruptement Sirius en sortant rapidement sa baguette sous le regard sidéré d'Hermione qui observait à tour de rôle les deux frères. »

Regulus, celui-là même qui s'était retourné contre Voldemort en lui arrachant son Horcruxe. Il était là, en face d'elle, vivant, ce même frère que Sirius détestait et pourtant, dans les mois, les années à venir, sans le savoir, il finirait par retourner sa veste.

« Quoi ? Tu préfères que je l'appelle Sang-de…

- Regulus ! Gronda Hermione en s'attirant l'attention des deux sorciers.

- Comment peux-tu m'appeler avec autant de familiarité ? tonna le concerné en avançant vers elle, mécontent. Comment te permets-tu de m'interpeller de la sorte ? Toi, qui n'est qu'une…

- Sang de Bourbe, oui, je sais, le coupa-t-elle en l'observant droit dans les yeux sans faiblir face à son arrivée imposante. »

Elle ne pouvait pas mieux le comparer à Sirius dans sa façon d'être, sa posture, son regard, ils étaient bel et bien frère, à n'en point douter. Elle pouvait parfaitement ressentir sa colère et son agacement qu'elle l'affronte ainsi. Il était une des clés, lui aussi, il était celui qui essaierait de mettre des bâtons dans les plans à Voldemort. Sauf, que ce Horcruxe, elle allait prochainement le détruire avec l'aide de Dumbleodre.

Dans ce cas précis, quel avenir aurait Regulus ? Devait-elle le laisser suivre bêtement ce destin, le laisser aller dans la grotte alors que l'Horcruxe n'y serait plus ? Certes, à l'heure actuelle, il était sans doute du côté obscurs, mais il finirait par revenir vers la lumière, alors, il y avait un espoir.

Peut-être pourrait-elle le rallier à leur cause ? Seulement, elle ne connaissait rien sur l'histoire de la famille Black. Elle ne connaissait rien d'eux, hormis la fuite de Sirius et qu'il était en froid avec le restant de sa famille parce qu'il n'adhérait pas à leur principe.

Cependant, Regulus, qu'en était-il ? Que pensait-il de tout cela ? Il paraissait amer face à la fugue de Sirius et ses fréquentations. Étaient-ils proches avant cela ?

« Tu es bien effrontée, même pour une Gryffondor, remarqua-t-il d'un air hautain. Ta petite copine sait qu'à l'heure actuelle, les gens de son espèce sont traqués par le seigneur des ténèbres ? Ricana-t-il en lançant un regard en coin à Sirius qui se posta à son niveau.

- Et alors, fit Hermione en le défiant ouvertement. Tu crois qu'en m'aplatissant devant lui et ses fidèles que ma vie aura plus de valeur à leurs yeux ? Tu dois bien le savoir, toi, à moins que tu ne sois pas encore un des leurs ? »

C'était un coup de bluff, un coup de poker à jouer pour savoir s'il était déjà un Mangemort ou bien s'il n'était encore qu'un élève lambda de Serpentard. Ce qu'elle vit, fut au-delà de ses espérances, il amorça un pas en arrière, puis deux, littéralement foudroyé par les paroles assassines de la Gryffondor qui ne le lâchait pas des yeux.

Non, mais d'où elle sortait cette nouvelle ? Ses yeux étaient durs comme de l'acier et impénétrables, il essayait de lire en elle, mais rien. Il ne voyait rien. La Légimancie ne lui était d'aucun recours, par contre, elle, semblait lire en lui comme dans un livre ouvert au vu de son petit sourire narquois qu'elle affichait avec une joie non dissimulée. Pourtant, ses défenses d'Occlumens étaient toujours en place.

Elle savait.

Elle avait compris qu'il n'était pas encore un Mangemort, un de ses fidèles et cela la faisait sourire. Était-elle idiote ? Il jeta un coup d'œil à son frère aîné qui paraissait tout aussi déconcerté que lui par sa répartie et surtout sa ruse. Une ruse digne d'une Serpentarde.

Contrairement à l'ensemble des Gryffondors, celle-ci faisait fonctionner son cerveau. Il n'allait pas en rester là, hors de question ! Alors qu'il voulut amorcer sa réplique, un énorme « boum » résonna dans l'air, émettant des vibrations.

Tous le monde leva machinalement la tête vers le ciel qui s'était soudainement assombrit, avant qu'un second « boum » ne retentisse puis des cris. Sirius avait toujours sa main sur sa baguette tandis qu'Hermione sortit à son tour la sienne ainsi que Regulus. Les gens autour d'eux, commencèrent à s'agiter, certains essayant de courir pour se réfugier dans les boutiques environnantes. D'autres, essayant de se frayer un chemin dans la foule qui paniquait.

« Qu'est-ce que…

- Tais-toi ! ordonna Hermione à Sirius qui était aux aguets. »

Black fut surprit par son ton et surtout son air aguerrit, elle n'avait plus rien de la jeune fille apeurée, blessée et perdue. Non, à cet instant, elle avait le visage d'une combattante et il put parfaitement voir la surprise de son cadet qui devait constater la même chose que lui.

Le calme était bien trop parfait, trop effrayant. Elle le sentait. Ces détonations n'étaient pas anodines et encore moins les cris, mais pourquoi n'y en avaient-ils pas plus ? Pourquoi…

C'est alors comme pour répondre à ses interrogations, les cris s'amplifièrent, où plutôt des hurlements. Ils se regardèrent tous les trois, quelques secondes, refermant plus que jamais leurs doigts autour de leur baguette, à ce moment précis, il n'y avait plus de Gryffondor et de Serpentard.

Juste trois sorciers pris dans une tourmente contre leur grès.

Les yeux d'Hermione s'agrandirent en grand en apercevant les flammes se propager à une vitesse hallucinante sur les habitations et à cet instant, elle comprit. Inconsciemment, oubliant son environnement et avec qui, elle se trouvait, Granger attrapa le poignet de Sirius et de Regulus se situant à ses côtés puis cria :

« Courrez, maintenant ! dit-elle en les emmenant de force avec elle. »

Et pour cause, ce n'était pas un feu ordinaire, mais un Feudeymon, plutôt bien maîtrisé pour le coup, contrairement à celui qu'elle avait vu à son époque dans la salle sur demande. De multiples chimères les poursuivaient, détruisant tout sur leur passage. Merlin ! Comment allaient-ils s'en sortir ? Elle n'avait pas prévu une attaque de cette ampleur à Pré-au-Lard dans cette époque ! Était-ce normal ? Était-ce un fait établit ou bien un fait nouveau par sa venue ?

« Hermione ! hurla Sirius en la poussant brutalement sur la droite afin de la sauver d'un sortilège perdue. »

Sans pouvoir se retenir, elle tomba à terre, fermant les yeux, prête à se faire dévorer par le feu mais rien, rien ne vit la tuer. Elle ouvrit subitement les paupières et vit Regulus devant elle, les ayant enveloppés d'une bulle d'eau. C'était une forme de magie plutôt avancée, ébahit qu'il puisse déjà la maîtriser alors qu'il avait un an de moins qu'eux.

« Bougez-vous ! cria-t-il à leur encontre. Je ne pourrais pas la maintenir plus longtemps ! prévint Regulus. »

Une fois qu'il les vit reprendre leur course effrénée, il relâcha son sortilège qui se brisa aussitôt, engloutit par une chimère qui se remit à les poursuivre. Il était juste derrière Sirius et cette Granger à qui, il avait sauvé la vie ! Il avait sauvé la mise à une Sang-de-Bourbe ! Si sa mère venait à apprendre ça, il ne donnait pas cher de sa peau ! Comment s'était-il retrouvé embarqué dans cette situation sans queue, ni tête ? Comment !

« BORDEL DE MERDE ! Qu'est-ce qu'on fait ? hurla Regulus essoufflé.

- Je ne sais pas ! Ce n'est pas toi le spécialiste en magie noire ! tacla son aîné en lui jetant un regard noir dont il avait le secret.

- Tu crois que c'est le moment de faire de l'humour, espèce de sombre crétin ! répliqua Reg agacé. Je te rappelle que je t'ai sauvé la vie, il n'y a même pas quelques…

- TAISEZ-VOUS ! JE RÉFLÉCHIS ! décréta Hermione en soupirant tandis qu'elle s'arrêta subitement face au Feudeymon qui courrait droit sur elle.

- Putain ! elle a pété les plombs ta copine ! déclara Regulus qui l'avait dépassé tout en l'observant.

- Ce n'est pas ma copine ! Rétorqua Sirius énervé.

- C'est tout comme ! Elle aussi folle que toi ! lui asséna-t-il en s'arrêtant pour la voir faire. »

Sirius dut se retenir de toutes ses forces pour ne pas répliquer face à son cadet. Au lieu de cela, il reporta toute son attention sur Hermione qui se maintenait débout et seule face à la chimère qui fonçait sur eux. Regulus n'avait pas tord, elle était folle ! Elle allait se faire tuer !

« Hermione ! L'appela-t-il au point de s'en arracher la voix. »

C'est alors qu'il la vit effectuer un mouvement avec sa baguette, telle une lame fendant l'air, sauf qu'à la place, elle fendit en deux le Feudeymon qui se dématérialisa et qu'elle fit dissiper dans une énorme bourraque de vent. Dire qu'il était estomaqué n'était pas un faible mot. Il ne sut dire, si à l'instant, il venait de tomber à genoux sur le sol à cause de leur course et de son manque de souffle, ou bien si cela était dû au miracle que venait de faire Hermione.

Incroyable.

Elle était incroyable ! Il la vit alors se retourner vers eux, avec un grand sourire à leur encontre. Diantre, cette fille lui faisait tourner la tête et qu'est-ce qu'il aimait ça ! Postée, face à lui, elle lui tendit une main sous le reniflement de Regulus qui leva les yeux vers le ciel. Une main que Sirius se fit un plaisir d'attraper pour s'aider à se relever. Une main qu'il aurait, curieusement, voulu garder précieusement dans la sienne.

« On y retourne, nous devons retrouver les autres, lui murmura-t-elle alors que quelques mèches de sa queue de cheval s'étaient échappées pour lui obstruer la vue. »

Sirius ne put s'empêcher de les replacer doucement derrière son oreille, tout en l'observant avec une tendresse infinie, il posa alors la paume de sa main contre sa joue où il caressa la légère égratignure qui l'ornait.

« Eh, ce n'est pas que je m'ennuis, mais rester ici ne me plait pas spécialement, alors on ne traîne pas ! Leur somma-t-il en passant entre les deux pour les obliger à se séparer.

Cette fois-ci, Padfoot ne put s'empêcher de sourire face à la réaction puérile de son cadet qui lui correspondait tellement et lui rappelait des souvenirs d'enfance. Il avait raison, un autre combat les attendait, il se devait de retrouver James et les autres, rapidement. Hochant la tête, ils repartirent tous les trois dans la direction opposée qu'ils avaient dû prendre à cause du Feudeymon. En redescendant la rue principale, ils virent avec horreur, les cadavres qui jonchaient, les boutiques détruites et en feu.

Pré-au-lard n'avait plus rien de féerique, non, le village était devenu une véritable scène d'horreur et d'apocalypse. L'odeur du brûlé et du sang leur prenaient à la gorge, leur retournant les entrailles. En quelques minutes, tout avait basculé.

Certes, Sirius savait que c'était la guerre, mais il n'aurait jamais cru voir ça, ici, non loin de Poudlard. Il se pensait en sécurité. Erreur, grossière erreur. Pourvu que James et les autres soient en sûreté et en bonne santé. Il jeta à nouveau un regard à Hermione qui ne cessait d'observer autour d'elle, armée de sa baguette, sûr d'elle.

Elle était douée, oui, mais pas seulement. Il le savait, cette fille, elle avait vu des horreurs et vécus des combats qui devaient dépasser l'entendement pour son jeune âge. Elle réfléchissait comme une fine tacticienne tout en arrivant à se défendre, c'est qu'elle avait déjà eu l'habitude de ce genre de situation.

Quand ? Où ? Pourquoi ? En France, il n'y avait aucune guerre.

« Là ! dit-elle en pointant du doigt, un groupe entouré de trois Mangemorts. »

En effet, ils virent bien James, Peter, Remus et Lily aux prises d'un groupe de mages noirs. Il n'eut pas le temps de demander à Hermione sur quoi faire, qu'il la vit arracher l'écusson Serpentard sur la robe de Regulus, tout en lui lançant un maléfice cuisant au visage qui lui déforma ses traits.

« Qu'est-ce que tu fous ? Se scandalisa le cadet des Black.

- Elle fait ça pour te protéger sombre imbécile ! répondit son aîné. Ils ne sauront pas que c'est toi, ainsi tu peux agir à ta guise, soit tu nous laisses ici, soit tu nous accompagnes en nous aidant, déclara Sirius en croisant le regard de son frère qui semblait être abasourdit. »

Regulus observa Hermione qui affirma, de la tête, les propos de Sirius. D'accord, il devait peut-être réviser son jugement, elle n'était pas folle, mais sacrément stupéfiante ! Qu'est-ce qu'elle faisait à Gryffondor ? Elle aurait eu sa place à Serdaigle, voir même à Serpentard. Oui, mais c'était une Sang-De-Bourbe. Une vulgaire Sang….

Non, il devait cesser cela. Pouvait-il encore utiliser cette insulte à son encontre, après l'avoir aidé, après qu'elle ait pris soin de dissimuler son identité pour lui sauver la mise ? Non, décidément, non. Regulus inspira profondément, quelque peu perdu par cette après-midi totalement inattendue. Il lança un dernier regard à son aîné qui semblait pendu à ces lèvres.

« Mais…Mais quel bande d'idiot que vous faites les Gryffondor ! s'exclama le jeune Black. Vous croyez sincèrement vous en sortir sans moi ? Toujours à faire dans le sentimentalisme ! Ils sont trois, nous le sommes aussi, ça tombe plutôt bien pour attaquer, non ? Soumit comme idée Regulus à leur encontre.

- Je n'aurais pas mieux dit, approuva Sirius en posant vite faite une main sur son épaule tout en lui faisant un signe de la tête, satisfait de la décision de son cadet. Hermione ? La sollicita-t-il en la voyant réfléchir sur la position du groupe et de leurs assaillants.

- On attaque par surprise, cela devrait les déstabiliser et permettre aux autres de reprendre l'avantage, répondit-elle en fixant toujours James et les autres.

- Pas de plan ? demanda Regulus en grimaçant.

- Tu l'as dis toi-même l'autre jour Harry, nos plans ne fonctionnent jamais, alors on y va ! décréta –t-elle en partant à l'assaut, sans s'être aperçu qu'elle avait fait mention de son meilleur ami. »

Sirius et Regulus se regardèrent, en fronçant des sourcils, l'un comme l'autre ayant remarqué la bévue d'Hermione. Qui était Harry ? De quels plans parlait-elle ? Ils ne purent y réfléchir plus longtemps en s'apercevant qu'elle avait prit de l'avance sur eux, lançant un « Petrificus Totalus » sur l'un des Mangemorts. Sirius la suivit par un « Stupéfix » tandis que Regulus lança un « Experliarmus », laissant James en finir avec le dernier adversaire. En quelques secondes, ils rejoignirent l'ensemble de leur camarade, heureux de les retrouver sains et saufs.

« On vous a cherché partout et nous sommes tombés sur eux, déclara James à l'encontre de Sirius qu'il serra fortement dans ses bras.

- Désolé Prong, nous étions avec Hermione et je dois avouer que sans elle, nous nous serions fait sans doute avalés par un Feudeymon, répondit le concerné en se reculant.

- Nous ? reprit Potter en fronçant des sourcils, tout en observant la personne aux côtés de la Gryffondor. Qui est-ce ?

- Eh bien, c'est…

- Je suis un sixième année de Serdaigle, mentit précipitamment Regulus en s'attirant le regard surprit de Sirius et d'Hermione. Rigel, se présenta-t-il sous un faux prénom. »

Il était hors de question, qu'il se présente comme le frère de Sirius, il voulait que cette alliance, de courte durée, reste à jamais secrète. Il n'allait pas se mêler à ces stupides lionceaux ! Potter paraissait quelque peu dubitatif pour au final lui lancer un grand sourire et le remercier de son aide. Néanmoins, si Peter, Evans et Potter semblèrent tomber dans le panneau, il remarqua rapidement, le regard échangé entre son aîné et Lupin qui ne paraissait pas aussi dupe. Quoi de plus surprenant, il savait par Severus qu'il était un Lycanthrope, il avait dû le reconnaître à son odeur.

Hermione sembla aussi le remarquer et voulu ajouter quelque chose quand soudain, elle sentit le froid saisir son corps, un froid qu'elle connaissait bien. Lentement, elle tourna la tête vers les hauteurs de Pré-au-Lard où un nuage noir avançait en masse vers eux. Elle déglutit passablement, sentant déjà les effets néfastes se faire sur son esprit fragilisé. Dans un ultime effort, essayant de reprendre contenance, elle se retourna vers ses amis et leur cria

« FUYEZ ! DES DETRAQUEURS ! MAINTENANT ! »

En quelques instants, ils se retrouvèrent tous à courir aussi vite que leurs jambes leurs permettaient de le faire. Ils slalomaient entres les corps, les débris puis les Mangemorts qui commençaient à se disperser et fuir, laissant finir le sale boulot à leur allié les Détraqueurs.

Ils courraient à en perdre le souffle, ne cessant de se retourner pour les voir de plus en plus près d'eux. Dans une dernière tentative, Hermione essaya d'envoyer un Patronus pour les repousser un certain temps, mais comme elle s'en doutait, seul un filament sortit de sa baguette à peine susceptible d'impacter un Détraqueur. Mortifiée et désespérée, elle regarda sa baguette qui lui était inutile, c'est alors qu'elle fut prise d'une quinte de toux, lui faisant perdre l'équilibre.

Elle trébucha puis tomba durement sur le sol, perdant sa baguette dans sa chute. Elle voulut se relever, mais à nouveau, elle fut prise qu'une quinte de toux. Elle vit alors avec horreur du sang sur le sol. Sans attendre, elle porta une main à ses lèvres puis observa ses doigts remplit de son propre sang.

« HERMIONE ! entendit-elle, la ramenant à la réalité environnante. »

Elle regarda hébétement Remus qui paraissait paniqué et pour cause, les Détraqueurs étaient à quelques mètres d'elle. La concernée réagit aussitôt en voulant se relever, mais les effets se faisaient déjà ressentir, prise de vertige, de sueurs froides, elle entendit clairement la voix de Ron lui crier « COURS » avant de se prendre un Avada Kedavra, puis le noir complet…

Elle ne vit pas Remus revenir sur ces pas pour la soulever et la prendre dans ses bras, elle n'entendit pas Sirius prononcer à son tour un « Expecto Patronum » et encore moins, les Aurors arriver à leur rescousse…

•o•o•o•o•o•o•o•o••o•o•o•

Une odeur, des sons, de la lumière, elle bougea un puis deux doigts avant d'entendre une voix masculine crier « elle se réveille ! ». Où était-elle ? Qu'elle était cette voix ? Harry ? Ron ?

Cette odeur, c'était celle de l'infirmerie, pourquoi s'y trouvait-elle ? Que s'était-il passé ? Qu'avait-elle fait pour s'y retrouver à nouveau ? Hermione plissa légèrement son nez, respirant, s'imprégnant des odeurs autour d'elle pour finalement se forcer à ouvrir ses paupières. Elle referma plusieurs fois ses yeux avant de pouvoir appréhender la lumière.

Sa vision fut au départ floutée et elle ne put s'empêcher de murmurer un vague « Harry » quand finalement sa vue se stabilisa pour voir James à ses côtés. Elle déglutit alors passablement, ne pouvant éviter sa gorge de se serrer face à la déception qui étreignait son cœur.

Elle n'était pas chez elle

Les souvenirs la submergèrent à nouveau, se rappelant qu'elle s'était rendue à Pré-au-Lard avec les autres et qu'une attaque s'y était déroulée. Il y avait eu un Feudeymon, Regulus, Sirius, puis les Mangemorts et pour finir les Détraqueurs avant le noir total.

« Hermione, Hermione, l'appela James en serrant sa main dans la sienne. »

Pour seule réponse, elle ne put qu'hocher la tête, sentant que si elle prononçait le moindre mot, elle allait se mettre à pleurer. Où se trouvaient les autres ? Sirius, Remus, Regulus, Lily et même Peter ? Comme pour répondre à sa question, elle vit alors Sirius et Remus arriver, suivit de Mme Pomfresh qui éjecta James de sa chaise pour ausculter sa patiente.

« Miss Granger, pouvez vous suivre mon doigt ? lui demanda l'infirmière. »

Ce qu'elle fit sans hésitation, hormis le mal de tête qui lui vrillait les tempes.

« Bien, comment vous sentez vous Miss ?

- Mal à la tête, fatiguée, répondit la concernée en n'osant pas regarder les Maraudeurs. Lily, Peter et…

- Ils sont vivants, ne t'inquiète pas, rassura Remus en posant un regard bienveillant sur elle. Tous, même Rigel, nota le loup-garou en lui faisant un clin d'œil tandis qu'elle expira de soulagement.

- L'attaque, comment s'est-elle soldée, je ne me rappelle de rien, je…

- Les renforts sont arrivés, révéla Black en s'attirant son regard pendant que Mme Pomfresh débouchait des fioles de potions. Tu, tu es tombée et tu t'es mise à cracher du sang, Remus est venu à ton secours en rebroussant chemin et j'ai effectué un « Expecto Patronum » de grande envergure, nous avons été chaleureusement félicités, déclara Sirius pour détendre à nouveau l'atmosphère, réussissant à arracher un sourire à la jeune fille qu'il trouvait bien pâle.

- Combien, combien de morts ? se renseigna –t-elle douloureusement, la voix étranglée.

- Beaucoup de villageois de Pré-au-Lard, aucun élève de Poudlard n'a été touché, répondit Sirius. Seulement beaucoup de blessées, cela aurait pu être pire, confia-t-il en la fixant. Nous avons eu beaucoup de chance, grâce à toi…

- Rigel aussi, il nous a été d'un grand secours, lui retourna-t-elle ne le lâchant pas des yeux. »

Pour seule réponse, Sirius approuva d'un signe de tête, toujours aussi ébahit que son cadet ait pu les aider et s'allier avec eux. C'était-il trompé sur lui ? Y avait-il une possibilité quelconque de le faire revenir dans le droit chemin ? D'être à nouveau à ses côtés comme lorsqu'ils étaient enfants avant que leurs parents ne s'occupent de son éducation après son départ pour Poudlard. Quelque part, il en rêvait, quelque part au fond de lui, il espérait.

Il reporta son attention sur Granger allongée dans le lit qui paraissait à l'agonie, et pourtant aucun sortilège ne l'avait touché, rien. Alors pourquoi était-elle dans cet état ? Pourquoi avait-elle crachée du sang ? Pourquoi était-elle aussi mélancolique ? Comment et où avait-elle apprit à se battre de cette façon ? Les questions ne faisaient que s'accumuler et se bousculer dans son esprit sans dessus, dessous. Aucune réponse et tant d'interrogations.

Cette fille était un mystère à elle seule.

Et pourtant, malgré tout, il avait envie de lui faire confiance. Il savait, qu'après cette attaque, qu'il en était de même pour Remus et James qui s'étaient inquiétés de son sort. Regulus était repartit aussitôt à cause du maléfice cuisant qui s'estompait et pouvait révéler son identité aux autres à tout moment, tandis que Peter et Lily se reposaient dans un lit de l'infirmerie, bouleversés par tant d'émotions.

« Au vu de votre arrivée ici, cet été, je m'attendais à pire avec vous Miss Granger, confia l'infirmière en lui tendant deux fioles de potions alors que les Maraudeurs relevèrent aussitôt les propos de la sorcière. Bien, buvez cela ! Ordonna-t-elle tout en la débarrassant de ses vêtements pour la mettre dans un pyjama de l'infirmerie. Vous restez ici pour la nuit, vous pourrez repartir d'ici demain matin, annonça Mme Pomfresh en se préparant à partir avant que Sirius ne l'interrompe.

- Attendez ! Elle a craché du sang sans raison apparente ! Vous ne faites rien, je, peut-être est-ce grave ? signala-t-il soucieux. »

L'infirmière jeta un coup d'œil à Hermione qui se mordit les lèvres, sachant très bien ce qu'il lui était arrivé ; elle avait une nouvelle fois eue l'impact sur son corps de son voyage dans le temps et des modifications encourues. Que pouvait-elle dire ? Que pouvait-elle leur répondre ?

« Miss Granger a des soucis de santé dont j'ai la connaissance, répondit Pom-Pom en sauvant ainsi la jeune fille. Cependant, si cela peut vous rassurer Mr Black, elle ne craint rien, elle est entre de bonnes mains ici, maintenant, il serait bien de la laisser se reposer ! décréta-t-elle en les regardant tour à tour avant de s'en aller pour soigner ses autres patients.

- Nous allons te laisser Hermione, nous reviendrons te chercher demain, dit James en donnant un coup de coude dans les côtes de Remus qui opina de la tête, se retirant tous les deux à leur tour. »

C'est ainsi, qu'il ne resta plus que Sirius qui semblait toujours aussi dubitatif face aux propos de l'infirmière, ne la lâchant pas des yeux. Il paraissait en colère et agacé. Elle pouvait voir la tempête dans son regard gris. Il doutait, elle le sentait. Il avait des soupçons à son égard, s'il n'y avait pas eu Regulus et l'attaque pour les interrompre, elle était pratiquement certaine qu'il l'aurait interrogé.

« Où as-tu appris à te battre ainsi ? Tu aurais pu facilement rivaliser avec un Auror, nota t-il en s'avançant vers elle.

- Tu exagères Sirius, comme toujours, ria-t-elle en sentant sa main se poser sur la sienne, la faisant s'arrêter de rire alors qu'il prenait place sur le lit. »

Cette fille les connaissait, il en était persuadé, la manière dont elle agissait dans le château, dans Pré-au-Lard, la façon dont elle leur parlait. Elle était en plus de cela une combattante hors pair, réussissant à bluffer son propre frère. Il sentait aussi que Mme Pomfresh l'avait protégé en mentant sur son état de santé. Il savait pertinemment qu'on ne crachait pas du sang sans raison équivoque. Que cachait-elle à la fin ? Et cet Harry, qui était-il ? Elle les avait confondus avec lui lors de l'attaque. De quels plans parlait-elle ?

« Je suis sérieux Hermione, ajouta-t-il en croisant ses yeux noisette où il put y déceler une légère angoisse tandis qu'elle s'arracha de son contact visuel et physique. Tu as déjà vécu ce genre d'attaque, releva t-il d'une voix grave qu'elle ne lui avait encore jamais entendu.

- Oui, avoua-t-elle en relevant la tête, décidée à l'affronter comme la Gryffondor qu'elle était.

- Cet été ? demanda t-il en la fixant toujours avec intensité.

- Entre autre, répondit-elle évasivement.

- Pourquoi ?

- Parce que c'est la guerre dehors, dit-elle d'une voix qui fit frissonner Sirius.

- Tu viens de France, là-bas, c'est la paix dans le monde des sorciers, nota Black en fronçant des sourcils.

- Et tu y crois encore ? s'enquit-elle d'un sourire peiné.

- Non, dévoila-t-il sans détour. Je ne pense pas que tu viennes de France, cela est juste une couverture pour te protéger, mais je ne comprends pas de quoi et de qui ?

- Le temps est contre moi, nous essayons juste de gagner du temps, prononça-t-elle en déroutant un peu plus Sirius qui n'avait pas compris l'allusion.

- Nous ? Tu y inclus le Professeur Dumbledore ? dit-il en surprenant Hermione qui se souvint bêtement qu'il avait la carte des Maraudeurs. Il avait dû voir ses fréquents passages dans le bureau du directeur, cela signifiait qu'il la surveillait.

- Oui, admit-elle sans mentir. »

A quoi bon ? Il en savait beaucoup plus qu'elle ne se l'était imaginée et surtout, elle ne voulait pas perdre sa confiance sinon, elle échouerait. Il fallait qu'elle garde le peu de crédibilité qu'il lui avait accordé, alors autant être franche avec lui, et la savoir proche du directeur ne pouvait que le rassurer sur ses intentions. En le voyant se détendre, elle sut qu'elle avait eu raison de répondre avec honnêteté. Seulement, elle pensait en vain que l'interrogatoire était finit, elle avait oublié que Sirius était un Maraudeur. Elle avait oublié sa ténacité et ne s'attendit absolument pas à sa prochaine question qui la tétanisa sur place.

« Qui est Harry ? »


Hum, hum, non ne me tuez pas pour avoir osé coupée à un tel endroit, parfois un peu de suspens ne fait jamais de mal ?

Non ? Bon d'accord, j'avoue je suis sadique ...

A votre avis que va répondre notre Hermione ? Comment va-t-elle se dépêtrer de cette situation ?

Va t-elle réussir à ramener Regulus vers la lumière ?

A t-elle réellement réussi à sauver Dumbledore d'une mort certaine ?

Je pars 4 jours à Rome, j'attends avec impatience vos réactions sur ce chapitre, qui j'espère vous aura plu ?

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