Note : Aucun personnage ne m'appartient.
Le ballon qui ne tournait pas rond
Torren soupesa le ballon, clairement sceptique. Mais s'agissait-il vraiment d'un ballon? Et si c'était effectivement le cas, pourquoi avait-il cette drôle de forme? N'aurait-il pas dû être rond, comme tout bon ballon qui se respecte?
Il ne fallait pas se méprendre, le jeune athosien adorait son cadeau, ne serait-ce que parce qu'il lui avait été offert par son MonColonel, mais l'ovalité – il devrait vérifier auprès de son tonton Rod si ce mot existait – de la balle le déstabilisait.
De plus, comme pour souligner son manque de culture (terrienne), son présent ne se contentait pas d'être ovale, non, il avait également deux extrémités pointues. Comme c'était étrange. Et fascinant, aussi.
Le garçonnet leva un regard penaud sur son MonColonel John. Ce dernier sourit avec indulgence, s'agenouillant à sa hauteur :
― Ça, dit-il en pointant l'objet dans les mains du petit, c'est un ballon de football.
Au mot football, le visage de Torren s'illumina de compréhension et – surtout! – de joie.
Le football américain : les Steelers, les Packers, les Panthers et pleins d'autres équipes avec ou sans le « ers ». Ce jeu à saveur mythique dont le Colonel ne cessait de lui parler, tant et si bien que l'enfant n'aspirait plus qu'à une chose : voir un match live sur Terre avec Sheppard à ses côtés.
Torren porta un œil neuf sur son cadeau. Alors, c'était ça, un ballon de football : le cœur de ce sport que les américains – mais l'athosien n'avait jamais bien saisi qui était ces fameux américains – avaient presque élevé au rang de religion.
Un éclat rêveur prit littéralement possession du regard noisette du garçon, au plus grand plaisir du militaire.
― Tu veux apprendre à jouer?
L'extraterrestre hocha la tête à s'en casser le cou.
Un sourire radieux s'épanouit sur la face de John; il ne savait pas qui était le plus excité de Torren ou lui.
― Parfait, s'exclama-t-il, donnes-moi ta main.
L'enfant la lui tendit, trépignant; on aurait dit qu'il avait une envie pressante d'aller aux toilettes. Délicatement, Sheppard disposa les petits doigts sur le ballon.
Le fils de Teyla eut une moue boudeuse en constatant que sa main était visiblement trop petite pour tenir correctement la balle. John le rassura :
― À la vitesse où tu pousses, ce ne sera bientôt plus un problème.
Le garçon arbora alors fièrement son air de « Je suis grand maintenant! », ce qui fit rire son MonColonel.
― Bon, je te montre comment lancer à présent, reprit Sheppard. Et il fit une démonstration du geste qu'il fallait exécuter. Torren l'imita au ralenti, répétant plusieurs fois le mouvement jusqu'à ce qu'il le maîtrisât.
― Je crois qu'on est prêt pour un premier essai, déclara soudain le plus vieux, confiant. Le gamin n'en semblait pas aussi sûr, mais la main rassurante du militaire sur son épaule calma ses doutes.
John le gratifia d'un clin d'œil encourageant, puis s'éloigna de quelques pas pour attendre la passe. Il montra les mains.
― Vas-y.
Torren ne se fit pas prier. Il y mit tout son cœur, propulsant le ballon en direction de son MonColonel. Le « cigare », s'il connut un trajet tumultueux, atteignit néanmoins sa cible avec succès.
― Touchdown! s'écria alors le Lieutenant Colonel, faisant sursauter les quelques personnes proches.
― Yeah! renchérit avec enthousiasme le quarterback, se précipitant vers son MonColonel qui le souleva de terre pour le porter en triomphe.
― We are the champions… entama joyeusement le terrien.
― …my friend!termina l'extraterrestre, qui avait travaillé ses classiques.
― And we'll keep on fighting…
― …till the end.
― We are the champions…
― We are the champions(1)!
Oui, ils étaient les champions, mes amis, et toute la Cité pouvait en être témoin.
FIN
(1) : Paroles de la chanson We are the champions, du groupe Queen.
