CHAPITRE 4

Le combat d'une vie

Un an plus tôt.

Septembre 2005, région de Girne (Chypre)

La menace est là. L'heure est grave. Sur un large champ aride et montagneux, l'armée de la Déesse de la Terre et de de la Sagesse est prête. Le chevalier du Serpentaire avait prévenu ses semblables quelques jours plus tôt. Des « Berserkers », des guerriers étranges à mi-chemin entre humains et loups avaient terrorisé des peuples entiers régis par Athéna, dans les quatre coins de monde. Puis, les différents Sanctuaires ont été attaqués avec surprise par des assauts impressionnants de violence. L'armée d'Odin, Dieu d'Asgard, représenté par la princesse Hilda fut la première. Alors qu'il avait adopté une position neutre quant au futur conflit qui ferait rage, il a décidé de rejoindre les troupes d'Athéna et y envoya ses Guerriers Divins. Poséidon et Hadès étaient avaient décidé d'envoyer également leurs meilleurs combattants pour soutenir les chevaliers d'Athéna. Seulement, tout comme les Guerriers Divins, ils attendaient le début des hostilités et prendraient part aux combats en temps voulu. En attendant, Athéna devait commencer seule la guerre contre son demi-frère, où plutôt sa réincarnation.

Arès était le plus cruel de tous les dieux, lors de la dernière guerre sainte, il avait plongé la Terre dans un état lamentable, forçant les humains à s'entretuer. La bataille fut tellement rude qu'à son dénouement, Zeus interdit à Arès de se lancer dans une nouvelle guerre contre sa sœur Athéna. A cette époque, elle avait réussi à blesser sévèrement le dieu de la Guerre et à le faire fuir en Enfers, bien qu'elle ne s'en soit pas sorti indemne. Jugé par Zeus son père, il fut condamné à errer dans le Tartare pour l'éternité en guise de châtiment, pour avoir osé contredit le Dieu des Dieux. Nul ne sait comment le fils illégitime s'était enfui du Tartare, en tout cas, il était bien là. Son énergie oppressante et terriblement agressive étouffait quiconque qui le défiait. Pour des humains normaux, c'était la mort assurée. Pour des guerriers comme les Saints d'Athéna, une simple formalité : résister à l'adversaire grâce à son cosmo bienveillant et juste.

Cette nouvelle bataille allait donc être connue comme étant la plus sanguinaire qui soit, Arès avait attendu si longtemps, il avait été patient et n'allait plus se précipiter comme la dernière fois. Cependant, cet Arès était différent. Il a trouvé un hôte des plus inattendu et compte bien utiliser les pouvoirs acquis par l'âme de son réceptacle pour ne former qu'un avec son âme.

Athéna, pris la parole, s'adressa à tous ses combattants : « Chevaliers, aujourd'hui vous allez devoir vous battre. Une guerre comme vous en aurez peu connu. Nous avons à faire aux soldats d'Arès, de redoutables combattants, mais je sais que vous les vaincrez. Car nous nous battons pour l'Humanité. La Justice et la Victoire sont à nos côtés. J'ai confiance en votre force et en votre courage; vous ne faillirez pas. »

Elle marqua une pause, puis reprit avec force : « Encore une fois, il faut sauver le monde des noirs desseins d'une divinité hostile. Battez-vous, Chevaliers ! Pour le Sanctuaire ! Et tous les Hommes ! »

Un rugissement d'approbation emplit les troupes. L'instant d'après, il y eut un terrible grondement dans le ciel puis, un gigantesque mur de flammes déferla devant eux : la signature d'Arès.

Plusieurs brasiers similaires à ce qui était arrivé au Sanctuaire d'Athéna , s'était manifesté partout dans le monde, les témoins firent tous la même déclaration, d'abord un grondement sourd, ne ressemblant en rien d'existant puis des flammes sorties de nulle part. Le même phénomène s'était produit une dernière fois au Sanctuaire sous-marin de Poséidon puis au château d'Hadès en Allemagne. Ces ultimes provocations eut pour conséquences une déclaration de guerre commune contre le Dieu de la destruction.

Soudain, de l'ouest s'éleva une rumeur, et une masse sombre apparut lentement sur l'horizon enflammé par le soleil couchant. L'air pulsait sourdement, chargé de menace, et on entendait de plus en plus fort le pas cadencé de l'armée d'Arès. Le cosmos des soldats se répandit, agressif, mais les chevaliers d'Or enflammèrent leurs auras et repoussèrent la vague rougeoyante. Les serviteurs d'Arès s'arrêtèrent à quelques dizaines de mètres de leurs ennemis, et les Chevaliers d'Athéna purent voir que leurs adversaires étaient beaucoup plus nombreux qu'eux.

Les trois premiers rangs étaient formés de ce qui semblait être des soldats de bas niveau. Leurs armures étaient d'un rouge terne et ils étaient armés de lances et d'épieux. Ensuite venaient des combattants plus aguerris : le rouge de leurs armures était plus soutenu, plus profond, et celles-ci étaient plus couvrantes, ils avaient chacun une glaive et un bouclier en bronze. Ce devaient être l'équivalent des Chevaliers d'Argent. Enfin, en dernière ligne, les guerriers les plus redoutables formaient un ensemble hétéroclite. Aussi la moitié d'entre eux portaient des armures pourpres couvert de la tête aux pieds, même le visage, orné d'un casque intégral. L'un siégeait au sommet d'une véritable montagne de métal aux reflets verdâtres, d'autres étaient vêtus de peaux d'animal ou de cuir, certains même n'avaient aucune protection visible.

Un cosmos rouge sombre s'enflamma, surpassant tous les autres, et une voix forte se fit entendre :

« Athéna ! Est-ce là tout ce que tu as ? Où sont passés tes combattants ? Crois-tu pouvoir nous affronter avec seulement une cinquantaine des tiens ? Si c'est le cas, je te conseille de te rendre dès maintenant, et je te promets que tes Chevaliers mourront sans souffrances. »

C'était le général de l'armée d'Arès, Favius. Son armure noire comme la nuit était très légère, démontrant ainsi une formidable musculature et ne ressemblait à aucune autre. Un espèce de surplis ne lui couvrant le corps que partiellement. Il était dotée d'une paire d'ailes et d'une faucheuse. Il avait de courts cheveux blanc comme la neige et inspirait la terreur.. sa légion, la plus terrifiante. Les trois autres étaient la légion des Flammes commandée par Rolius, le Malheur commandé par Hebus et enfin le Feu, dirigé par Gyarus. Tous frères de sang et de colère, réincarné pour servir leur Dieu. Ces trois autres portaient des armures finement ouvragées et décorées, elles couvraient une partie du torse ainsi que les avant-bras et les biceps..

Un grondement de protestation et de colère naquit dans la gorge de la moitié des troupes d'Athéna, tandis que les autres restaient impassibles et confiants.

La Déesse de la Sagesse répondit : « Ce n'est pas le nombre qui fait la force. Même si vous étiez des milliers, vous ne pourriez nous battre, car nous défendons une juste cause. »

Un éclat de rire général secoua l'armée d'Arès.

Favius rétorqua : « Très bien. Nous allons prendre plaisir à vous massacrer, Chevaliers d'Athéna, et gardez à l'esprit que vous allez mourir à cause de l'orgueil démesuré de votre déesse ! »

Les auras des Chevaliers brûlèrent de rage, mais la voix de Saori s'éleva, apaisante : « Gardez votre énergie pour le combat. »

« Nous leur ferons ravaler leurs paroles insultantes », s'écria Aurora à côté de sa déesse, qui avait du mal à contenir sa grande colère.

« La rage nous rend plus forts, mais elle nous aveugle et nous pousse à faire des choses stupides. » rappela Athéna. « Souvenez-vous en, tous. Vos ennemis vont chercher vos points faibles, ne les laissez pas vous atteindre... »

« Cessons ces palabres et battons-nous ! » interrompit Gyarus. « En avant soldats ! »

Les trois premiers rangs de sentinelles se mirent à luire d'un cosmos rougeâtre, et les soldats lancèrent leurs pieux en direction des Chevaliers, puis ils se jetèrent à l'assaut en hurlant. Athéna ordonna mentalement à ses combattants de ne pas bouger car les chevaliers étaient de taille à affronter cette piètre menace. En effet, quatre de ses combattants venaient d'enflammer leurs cosmos.

Mu écarta les bras, entourée de son aura doré : « Mur de cristal ! »

Les projectiles qui étaient en train de retomber furent emportés par un souffle de tempête provenant du chevalier d'Argent Misty et allèrent se perdre du côté des terrains d'entraînement. Les ennemis ne ralentirent pas leur course, et Argol intervient à son tour et tendit son bouclier : « Vous n'irez pas plus loin. Pétrification! »

Une orne de statues de pierre se dressèrent devant les guerriers d'Athéna. Argol aborda un petit sourire de satisfaction. Mais déjà, ceux qui avaient réussi à éviter l'attaque d'Argol se rassemblaient et, aidés de renforts, repartirent à l'attaque.

Camus chevalier du Verseau éleva ses bras au-dessus de sa tête et son cosmos, derrière lui, prit la forme d'une gigantesque vase. Il abaissa ses mains d'un geste fluide en criant : « Exécution de l'Aurore ! »

L'énergie glaciale déferla sur la troupe de soldats tel une formidable tempête de neige, les renversant, les écrasant à terre et les roulant en tous sens, tout comme le ferait une vague de froid ordinaire mais avec beaucoup plus de puissance. Des morceaux d'armures éclatèrent nombre d'entre elles étaient ébréchées et la plupart des guerriers avaient du mal à se relever. C'est alors que s'avança Mia, jeune chevalier d'or depuis deux mois à peine.

Elle concentra son cosmos doré dans son arc, s'éleva dans les cieux jusqu'à ce que celui-ci se mette à briller intensément. Elle la leva et abattit sa flèche avec force sur un groupe d'ennemis : « Par la flèche d'or du Sagittaire ! » Gronda-t-elle.

La flèche s'enfonça profondément dans le sol, s'élargissant en une boule d'énergie considérable en direction des assaillants. Dans le même temps, la terre se mit à trembler sous leurs pieds les pierres s'envolaient pour aller frapper ceux qui s'étaient relevés. De l'autre côté, le champ de bataille est couvert de soldats assommés ou agonisants. Les Athéniens, soldats de haut niveau non chevaliers sous l'ordre d'Aurora commencèrent à avancer, repoussant les lignes adverses. Le sang giclait de toute part, l'odeur de la chair humaine commençait doucement à s'élever dans l'air au fur et à mesure que les cadavres s'échelonnaient sur la poussière du sol. Petit à petit, les Berserkers perdirent du terrain.

Le chef de l'armée ennemie qui avait parlé à Athéna se tenait à l'arrière, silhouette massive, et regardait avec indifférence ses subalternes se faire laminer. Il avait vaguement espéré que quelques soldats des classes inférieures pourraient franchir le barrage des guerriers d'Athéna, mais c'était sans compter sur la puissance de ces chevaliers.

Ses yeux étranges l'un était noir et l'autre, rouge étincelèrent de mépris, à la fois envers ces lavettes qui lui tenaient lieu de soldats et envers le reste des Chevaliers d'Athéna, qui restent bien tranquillement devant leurs Déesse. Ses cheveux noirs volent dans son dos, soulevés par le vent du crépuscule. On n'est jamais mieux servi que par soi-même, paraît-il, et vu comme ça partait, les plus puissants de ses compagnons devraient s'y mettre sérieusement s'ils voulaient atteindre Athéna.

Une jeune femme d'une beauté ravageuse s'approcha de lui. Il se tourna vers elle en souriant : « Es-tu satisfaite, ô ma Déesse ? Toi qui craignais de ne pas pouvoir l'affronter... »

Elle sourit férocement et ses yeux félins brillèrent d'excitation : « Je sens qu'on va bien s'amuser, Favius. Sais-tu combien de temps j'ai attendu ce moment ? »

« Quelques milliers d'années, au moins... Tu as de la suite dans les idées, Majesté. »

La jeune-femme passa la main dans ses longues mèches brune et répondit : « On dirait bien, oui.. Et cette femme est d'une haine, d'une puissance sans égal. Nous ne formions plus qu'un à présent.»

« Alors qu'attend-on ? »

« Rien. On y va. »

Quelques soldats discutent entre eux : « On dirait qu'on est en train de gagner. » murmura un garde à son supérieur.

Ce dernier secoua sombrement la tête : « Ce n'était que la première vague. Les choses sérieuses vont commencer maintenant. »

Aurora attendit encore quelques secondes que l'armée recule un peu plus pour lancer une nouvelle vague. Dun geste de la main, elle ordonna à son Général de mettre en garde ses hommes. La cinquantaine de soldats qui venaient de s'allier au combat créa d'énorme perte du côté adverse. Ces hommes aidaient Athéna, car ils ont été attaqué eux aussi. De vaillants combattants issues des troupes d'Orcades, le peuple caché et antique des îles d'Ecosse, vénérant les Dieux Celtiques qui se partagent une partie des cultes du nord de l'Europe. Odin avait souhaité leur aide afin d'anéantir les plans d'Arès. Ils acceptèrent sans hésitation.

Ceci ne passa pas inaperçu pour la réincarnation d'Arès qui avait observé le comportement du fameux guerrier Thanos, bras-droit du Serpentaire et elle ne put que certifier l'efficacité dont il faisait preuve lui et ses hommes. Car Thanos est un personnage extraordinaire.

Thanos est un homme d'une trentaine d'années, fier combattant élevé dans la culture de guerre antique, vénérant Athéna et Zeus depuis sa naissance, comme tous ses compagnons. Imposant, grand et musclé, d'un charisme Grecque indéfinissable, il avait vu sa famille se faire massacrer alors qu'il avait à peine six ans, alors qu'il voyageait dans l'Oural. Le garçonnet a été recueilli par un homme âgé provenant du Sanctuaire. Cet homme avait entraîné nombre de chevaliers de bronze et de soldats haut gradé. Quand Thanos entra au Sanctuaire à la fin des années 70, qu'il vit l'entraînement rigoureux des troupes d'Athéna, il trouva une résonnance dans son cœur : il voulait lui aussi combattre pour la justice. Il fit vite ses preuves, s'entraînant d'arrachepied. Il ne devint pas chevalier, car il n'avait pas de cosmo dominant mais il se fit repérer pour ses talents de tacticiens et de chef de file.

Shion était en train de rebâtir le Sanctuaire et élever le Serpentaire afin qu'elle accomplisse son destin quand Thanos rencontra Aurora, qui n'avait que dix ans. La gamine subissait un enseignement à part souvent à l'écart des autres chevaliers. Thanos remarque l'incroyable agilité et la force de la petite-fille. Ils sympathisèrent. Plusieurs fois ils se battaient en combat singulier pour s'entraîner. Thanos comprit qu'Aurora serait une guerrière des plus terribles. Elle fit appel à lui pour des missions à ses côtés. Leur entente sur le terrain était si complète qu'ils ne se quittèrent plus. Thanos accompagne la jeune-fille partout où elle devait combattre et à deux, les ennemis trépassèrent. Il sauva la vie à la gamine trop impétueuse, en se prenant une lance dans le ventre à sa place. Aurora n'oublia jamais ce geste. Thanos était prêt à mourir pour sa jeune chef. Quand elle devint chevalier d'or, elle constitua son Armée et il était évident pour elle de faire de Thanos son bras-droit parmi ses rangs. Il fut alors nommé Général et toutes autres batailles furent remportées ensemble. Aurora a fait établir un camp spécial aux abords du Sanctuaire pour les soldats qui composerait sa division et celle des futurs autres Saints d'Or à quelques kilomètres du Sanctuaire. Ces hommes nés pour la Guerre et la défense des plus faibles sont entraînés avec discipline et sévérité, comme la coutume Spartiate et selon le mode d'enseignement qui inspira Thanos. La Treizième supervisait les soldats et les plus émérites avaient l'immense honneur de l'affronter. S'ils réussissaient l'épreuve, ils intégraient la légion du Serpentaire, composée de 70 mercenaires, dirigée en second par le chevalier d'Argent de la Coupe Merio, l'ami d'enfance d'Aurora.

En temps de paix, ils aident à la protection du Sanctuaire et des villages avoisinants et partent en mission. Les plus vaillants pouvaient prétendre à la garde personnelle du treizième chevalier d'or. En plus du Général Thanos et les deux seconds Agenor et Byron, ses lieutenants, huit hommes veillaient sur le gouverneur du Sanctuaire Shion et sur la dirigeante des troupes Aurora. Quatre pour le Pope, quatre pour le Saint d'or. Ceux-ci sont du même niveau que Thanos et servent Aurora depuis maintenant des années. Tous ont juré fidélité à Athéna et à Aurora pour qui ils vouent une dévotion particulière. Tous sont des hommes nés pour les combats, ne craignant ni la mort ni les pires tortures, ni les adversaires les plus dantesques. Car pour ça aussi, ils ont été conditionnés.

Alors quand les chefs de rang constatèrent ces soldats d'Athéna fort téméraires et ma foi, plutôt virils, ils se disent que la personne qui conduit ce joli monde a une grande expérience des batailles et qu'il ne sera pas simple de vaincre. Ça tombe bien, les millénaires de patience ont démultiplié leur foi en leur Dieu. Et sous les prétextes seront bons pour gagner.

« Je vous en prie Athéna, vous ne devez pas vous montrer davantage. Allez auprès du Grand Pope. » Lança Aiolia, chevalier du Lion à sa maîtresse.

« Je dois me battre aussi. »

« Aiolia a raison, Athéna, c'est trop dangereux. » ajouta Milo.

« Mes soldats ont besoin de moi, je ne vais pas partir alors que la combat fait rage. »

Aldébaran : « Déesse, c'est nous qui devont vous protéger et non le contraire. Je vous en prie. »

Aurora approcha de sa Déesse et s'inclina. Elle ordonna à Shaka et Mu d'escorter Athéna jusqu'au Sanctuaire. « Altesse, nous gagnerons cette guerre, Arès attend le moindre faux-pas pour s'en prendre à vous. Ecoutez mes camarades. Je m'en voudrais si vous étiez ne serait-ce qu'érafler. Le Seigneur Shion et les chevaliers d'Argent restés sur la Terre Sacrée vous protégerons. Si besoin, nous nous téléporterons. Arès ne pourra passer votre barrière et vous savez que je ne laisserai jamais le Domaine sacré sans piège ou protection contre nos ennemis.»

Athéna hocha la tête : « Chevalier du Serpentaire, je reconnais bien là tes compétences en la matière. Je serais à vos côtés à tous, restez unis chevaliers ! »

La Déesse augmenta son cosmo pour se téléporter vers le Sanctuaire. Mais une aura l'en empêcha et une voix surgit du fin fond de l'armée d'Arès en se moquant ouvertement des Atlantes.

« Et bien ! Votre divinité est bien lâche chevaliers ! La peur te submerge déjà, fille de Zeus ! » C'était la jeune-femme exaltante de beauté de tout à l'heure. L'intrigante se montre enfin.

Les serviteurs de cette dernière serrèrent les poings. Et qui est-elle d'abord ? Athéna fronçait les sourcils : « Arès. Je me disais bien que tu ne resterais pas longtemps dans l'ombre. »

« C'est elle la menace ? » Lança le chevalier de la Meute Asterion.

Une cosmo énergie vermillon enveloppe aussitôt la jeune-femme et inonde les alentours.
Les guerriers reconnurent aussitôt l'essence parfaite d'Arès.

« Nous allons nous débarrasser d'elle rapidement ! » clama un autre.

Soudain, le ciel devint noir et sans étoiles, l'air se fit glacial et le monde sembla se figer avant qu'un éclat de rire brisa le silence de la salle. Une silhouette apparue, la jeune-femme se montra, laissant apercevoir une longue chevelure aussi noire que la nuit qui semblait flotter perpétuellement autour d'un corps mince et divin. Elle portait une armure platine de rouge et noire, couvrant l'intégralité de ses jambes, bardant chaque genou de serpents courbés qui remontent à mi-hauteur de ses cuisses. Le haut de ses jambes et sa taille sont habillés d'une jupe semblable à celle de la Cloth d'or du Serpentaire tout comme sa poitrine protégée à la similaire du chevalier d'Athéna. Ses imposantes épaulettes pointues lui donnent un air plus terrifiante qu'elle ne l'est déjà. Les avant-bras enferment les doigts jusqu'aux coudes, armés de rampants similaires à celles positionnées sur les genoux.
Son visage est dissimulé sous un masque doré qui ne laisse apparaître que ses beaux yeux verts, et est maintenu par son casque formant les crocs d'un serpent tel le casque de l'armure divine de Zeta que porte Syd de Mizar, Guerrier Divin d'Asgard. Elle avait une cicatrice profonde sur la joue droite et ici et là d'autres blessures de guerre fièrement exhibée sur son corps musclé et divin.
Enfin, de grandes ailes similaires à celles de l'armure du Sagittaire se déploient dans son dos.

En observant mieux, on avait l'impression de voir une copie de la cloth du Serpentaire.

« Chevaliers, vous ne devez pas sous-estimés cette entité. Arès est resté longtemps banni par les Dieux et pour une raison qui m'échappe, il est parvenu dans le corps de cette jeune-femme. Elle est de puissance divine. Elle sème la terreur et la désolation partout où elle passe. Soyez très prudents ! »

« Alors nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour l'anéantir. » Affirma Saga.

« Attendez ! » fit une voix féminine. Les chevaliers se retournent. Aurora, yeux fermés, fière, une larme se déverse sur sa joue.

Athéna scella son âme : «A toi de jouer, chevalier du Serpentaire. »

« Ô Athéna, merci, je tiendrai mes engagements au nom de la cause que nous défendons. »

Elle disparut non loin de là avec la Vierge et le Bélier, et assista ses guerriers du mieux qu'elle le pouvait, de son trône.

« Aurora ? Pourquoi ne donnes-tu pas l'ordre d'attaquer ? » Fit le Cancer.

« Je sais qui est notre adversaire. Vous aurez beau être 1000, vous ne pourrez rien contre elle. »

« Qu'est-ce que tu racontes ? » rétorque le chevalier Babel.

Aurora s'avança au-devant de sa troupe. Calme, une noblesse se dégage d'elle, sa cape virevoltante, elle stoppa devant son armée et clama : « Toi …. J'aurais dû m'en douter. »

« Tu connais cette entité ? » lui demande Marine.

« Plus que tu le crois, ma jolie. » répondit l'inconnue, avançant sur son cheval, un regard de braise défiant l'assemblée face à elle, un aura maléfique rouge l'entourait. Son armure en forme de Serpents la rend encore plus terrifiante et elle porte une épée sur le dos.

« Je te croyais disparue. Demetria .. ma sœur. » Fit Aurora.

« Aurora, ravie de te retrouver aussi, ma sœur. »

Tous furent stupéfaits. Cette femme est parent avec leur amie ?

Le cosmo du Serpentaire augmenta progressivement l'entourant d'un halo doré éblouissant. Demetria fit de même et s'adresse à Aurora sur un ton péremptoire : « Alors tu es devenue un chevalier d'Athéna. Et par n'importe lequel à ce que je constate ! Mais jamais tu n'atteindras un tel niveau de puissance comparable à la mienne ! »

« Cesses donc de fanfaronner Demetria. Tu ne m'impressionnes pas et tu ne viendras jamais à bout du Serpentaire, je t'anéantirai au nom de la justice et de l'amour ! » répondit Aurora, prête à attaquer la première.

« Aurora, qui est-elle ? » demande alors Doko.

« Demetria est ma grande sœur, du moins elle l'a été avant qu'elle ne disparaisse du Sanctuaire à l'aube de mes 13 ans. Nous nous étions retrouvés lorsque j'avais 9 ans. Maître Shion avait détecté son cosmo dans la région de ma naissance. Nous étions complètes, puissantes et rien ne nous résistait. Demetria aurait dû endosser l'une des armures d'or. »

« Je suis bien contente de ne pas être devenue l'une des vôtres, toutes ces soumission pour une Déesse de pacotille me lasserait. Et Arès est bien plus puissant. » ajouta Demetria.

Les différents Saints d'or se raidirent.

« Comment ? » grogna Angelo.

Aurora fit signe de ne pas relever. Ses camarades ont saisi au moins une chose : les deux femmes se connaissent parfaitement et ne se feront point de cadeaux.

« Alors en garde ma sœur, ça sera la plus beau de tes combats, loin de là ! » continua Arès.

« Je te vaincra, je le jure sur Zeus et Athéna ! »

« Esclave des Dieux ! Je ne te donnerai pas cette joie, arrogante ! » Elle descendit de cheval et fonça sans demander son reste vers le Serpentaire, à une vitesse fulgurante qu'Aurora vit nettement. Elle l'attendait de pied ferme.

« Tu es tellement prévisible Demetria, tu n'as pas changé. »

« C'est ce qu'on verra ! » fit la jeune-femme en brandissant son épée en direction du Saint d'Or. « Vengeancccccccccce ! » en fonçant sur la treizième.

Entre Arès et la Treizième, les premiers coups échangés avaient confirmé à Aurora que son adversaire était redoutable, mais l'avaient aussi conforté dans sa certitude qu'elle était bien à la hauteur… Le chevalier enchaînait par des coups de poing rapides visant d'abord le visage puis, devant l'aisance des esquives de Demetria, la poitrine. Cette dernière cessa alors d'éviter les contacts en optant pour des blocages ou des déviations des assauts adverses, tout en reculant progressivement devant l'avancée du Serpentaire Celle-ci tenta de varier ses assauts et ses enchaînements. Mais ni l'une ni l'autre n'avait pu prendre un quelconque avantage.

Finalement, au moment même où Aurora réalisait qu'elle commençait à tourner en rond dans ses initiatives et que ce n'étaient plus ses attaques qui imprimaient le rythme au combat, mais les parades adverses, Demetria contre-attaqua. Elle dévia tout d'abord le poing droit d'Aurora puis bloqua le gauche dans sa paume opposée tout en exerçant une forte poussée en avant. Le chevalier, qui avançait sans interruption jusque-là, dut reprendre un appui vers l'arrière et fut déséquilibré pendant un laps de temps infime et pourtant suffisant pour que le poing gauche de sa sœur vienne s'écraser en pleine face du serviteur d'Athéna, lui faisant sauter son casque.

« Argh .. garce. » fit Aurora, « Ça sera plus compliqué que je ne le croyais. » songea-t-elle.

Demetria voulut porter un autre assaut, toutefois Aurora de nouveau sur ses appuis, la para et contre-attaqua à son tour dans la foulée. Les deux adversaires échangèrent alors une série de coups à la vitesse de la lumière.
Constatant qu'elle avait le dessous, le chevalier voulut reprendre ses distances et utiliser ses techniques cosmiques. Elle rompit donc le corps à corps en bondissant en arrière tout en projetant des millions de rayons de jets dorés avec son poing droit.

La Déesse maudite répondit instantanément avec une technique similaire, des rayons rouges surgissant du bout de son index pointé vers la Portugaise. Le chevalier eut à peine le temps de parer la première attaque, qu'un violent coup de pied faillit lui briser le bras utilisé pour bloquer malgré l'armure d'or. Elle sentit ensuite plusieurs côtes se fendre lorsqu'un coup de genou le frappa cette fois au flanc droit. Elle esquiva de justesse quelques assauts, mais reçut un uppercut au menton qui l'aurait assommé s'il n'avait pas accompagné le coup.

« Bien joué. » rétorqua Aurora en se redressant, un filet de sang sortant de sa bouche. Elle devait reconnaître que la technique et les déplacements de son opposante frisaient la perfection. Ses pieds paraissaient glisser sur le sol, les mouvements étant à la fois économes et précis. Ses esquives étaient tellement rapides qu'elles en paraissaient presque immobiles.

« Puisque nous semblons d'une force équivalente au corps au corps, je propose de pimenter un peu le débat », glissa Demetria.

« Comme tu voudras. » se contente de répondre le Serpentaire, hargneuse mais parfaitement concentrée. Elle concentra son cosmos davantage qui prit une couleur doré et, levant sa main droite, lança à Demetria en criant : « Par les souffles de feu ! » Elle déploya son cosmos avec une violence inouïe.

Ses compères de combats sentirent l'attaque et observèrent un instant. Ils arrivaient à voir les lignes de force télé kinésiques se déployer dans tout l'espace de combat. Ils furent estomaqués par tant de force. Alors c'est cela, l'une des techniques du Serpentaire à pleine puissance ?

Demetria vit une colonne de feu naître sous ses pieds, et elle poussa un hurlement de souffrance en sentant son sang se mettre à bouillir. Aurora entendit le cri de douleur de son adversaire mais elle continua son attaque.. Jusqu'à ce qu'un petit rire lui parvienne.

« Bien essayé.»

La Démone émergea de la colonne de feu. Des volutes rouges s'élevaient de son corps, conséquence de l'attaque, mais elles s'estompèrent rapidement et la jeune femme épousseta sa kamui aux formes agressives pour la débarrasser des quelques cendres qui la couvraient. Les autres chevaliers n'y croyaient pas leurs yeux, l'une des attaques du plus puissantes n'a eu pour effet que d'effleurer l'ennemie ?

Aurora inclina la tête de côté et dit : « Je me doutais bien que ce ne serait pas aussi facile. » Puis s'adressant au chevalier de la Balance, Doko, Aurora lui dit : « Mon ami, permets-moi d'utiliser l'une des armes de la Balance… »

Doko : « Es-tu sûre que c'est la meilleure solution ? »

Aurora : « Doko, nous ne sommes qu'au début de la bataille. »

Doko : « Très bien chevalier. » en envoyant une des épées de son armure à Aurora, dos à ses frères d'armes, qui s'en saisit sans peine,: « Faites un massacre. Je ne veux point être gênée dans mon combat contre Demetria.»

Shura du Capricorne : « Aurora nous l'achèverons plus facilement avec nos cosmos réunis ! »

Milo : « Il a raison, pourquoi devrais-tu combattre seule ! »

Argol : « Ce n'est qu'une folle-furieuse aussi puissante soit-elle ! »

Dante de Cerbère acquiesça : « Unissons nos forces ! »

Asterion qui possède des dons de télépathie n'eut aucune peine à lire dans les pensées d'Aurora et les mis en garde : « Argol, Dante ! Non ! »

Il vit juste. Aurora les immobilisa et les firent retomber en arrière d'un geste de la main, avec son pouvoir de psychokinésie.

« Pourquoi ? » fit Dante, piteux.

Saga compris les intentions du Serpentaire : « Chevaliers, Aurora a promptement souhaité se battre sans notre intervention. »

Shaka de la Vierge intervient à son tour : « Nous ne lui serions d'aucune utilité.»

Aurora : « C'est un ordre. Saga, tu prends le commandement, je ne serai pas très loin mon ami.» L'homme hocha la tête.

Puis elle se dirigea vers Demetria : « Quant à nous, affrontons-nous, comme avant... »

Les deux jeunes-femmes se mirent toutes deux en garde et s'avancèrent lentement l'une vers l'autre, se tournant autour et s'observant telles des prédateurs aux aguets. Ce ballet dura un moment jusqu'à ce que Demetria, lasse d'attendre, se jetât à l'attaque. Leurs lames s'entrechoquèrent comme des jets de lumières incandescents, flamboyante contre étincelante, dans un bruit assourdissant. Ce qui emporta leur entourage à plusieurs mètres de l'endroit où ils se trouvaient. Aurora la repoussa, surprise par le son étrange que produisait l'épée de son ancienne sœur d'arme. Mais elle tint bon.

« Quelle force dans leurs coups ! Je n'ai jamais connu de telles cosmo s'entrechoquer ! » S'exclame Doko.

« Leurs cosmos sont parfaitement égaux. » constate Mü aussi sonné que les autres. Néanmoins, en cet instant, ce n'est pas tant leur beauté qui frappait que la hargne et l'agressivité qui se dessinaient sur leur visage. Elles se battaient avec un entrain extraordinaire.

Le Chevalier de Feu était meilleure bretteuse, mais Demetria compensait ses faiblesses techniques par son agilité et le caractère vicieux de ses coups. Cependant, la réincarnation d'Arès semblait gagner en puissance à mesure que le soleil disparaissait à l'horizon. Les nuages qui dissimulaient la lune s'écartèrent et l'épée de Demetria se mit à briller d'un violent éclat.

Aurora fut éblouie un quart de seconde, ce fut suffisant pour que son adversaire s'écrie : « Par le Chaos Infernal ! »

Le Serpentaire se sentit soulevée de terre. Demetria avait réussi à la prendre par surprise et la jeta violement contre terre. Forcés de ne pas intervenir, les compagnons du 13ème chevalier d'Or étaient impuissants : cette fille a réussi à mettre à terre leur sœur d'arme jusqu'à alors – presque intouchable. Dès leur plus jeune âge, il leur avait été enseigné comment combattre en manipulant à la fois des armes par la main et par l'esprit, ce qui faisait d'eux des bretteuses redoutables. Elles étaient parfaitement identiques sur le plan tactique. Des alter-égo parfaites

Demetria s'approcha lentement, un petit sourire aux lèvres, prit le menton de sa sœur entre ses doigts et demanda : « Ça fait mal ? »

La douleur était atroce, mais Aurora réussi se leva péniblement :« Moins que dans mon souvenir... »

Les yeux noirs de la brune étincelèrent et elle répondit : « Ah, mais c'est parce que je n'y ai pas mis tout mon cœur... »

La lueur au fond de ses prunelles s'accrut et elle recula d'un pas, intensifiant son cosmos et, du même coup, la pression qui s'exerçait sur le Chevalier du Serpentaire. Elle leva son épée à hauteur de ses yeux et, admirant son reflet dans la lame polie et brillante comme un miroir, dit : « Alors, que penses-tu de mon arme ? » puis l'abattit vers Aurora qui reçut le coup dans le bras. Elle hurla de rage.

La douleur continua à augmenter, arrachant un gémissement à la treizième : « Magnifique, n'est-ce pas ? Eh bien, sache que c'est un métal qui absorbe la lumière de la lune pour renforcer la puissance de son utilisateur. Cela m'a pris plusieurs années pour maîtriser cette merveille... »

Elle leva son épée, plus brillante que jamais, et l'abattit au maximum de sa puissance pour trancher son amie. Au même moment, Aurora se libéra de l'emprise. Elle ramena sa propre lame qu'elle avait réussi à garder à la main devant elle pour parer le coup de l'adversaire. Le choc se propagea dans les corps des combattantes, les précipitant toutes deux à terre. Aurora se releva, récupéra son épée et se rapprocha de sa sœur. Elle amena le bout de sa lame près de la gorge de Demetria.

La jeune femme ouvrit alors les yeux et, vive comme l'éclair, rabattit son arme pour écarter celle de son adversaire.

« Ah, tu le prends comme ça ? Par l'explosion Ardente ! » Fit Demetria, nullement vaincue.

Aurora fit une roulade sur le côté pour éviter les boules tranchantes qui venaient d'être envoyées. Demetria lui asséna plusieurs coups que le Serpentaire évita péniblement tant son ennemie est rapide. Un Dieu, c'était le mot. Elle avait une vraie Déesse en face d'elle. Et le combat au corps à corps avec cette fille était aussi censé que se jeter dans une mer infestée de requins.

Demetria lui envoya une seconde rafale. Aurora avait plutôt intérêt faire attention. Mais, c'était une guerre. Et non une simple bataille qui avait lieu. Elle invoqua son cosmos et cria à son ennemie :

« Idiote ! Crois-tu que ta technique à quelconque effet sur moi ? »

Aucune de fit de cadeaux à l'autre. Aurora rappela : « A vous chevaliers, je m'occupe d'elle ! Faites un massacre ! » averti-t-elle l'attention de ses compagnons d'armes.

Les serviteurs d'Athéna se répartirent les tâches naturellement, sans même se consulter et partirent au combat contre les Berserkers. Les Argents et les Bronzes terrassaient les soldats hauts gradés tandis que les Ors s'occupaient des lieutenants et leurs sous-fifres, incorrigibles, qui prenaient mal un plaisir à se téléporter pour éviter les attaques des Saints.

« Salauds ! » ragea Demetria en constant la défaite évidente de son armée, « Tu me le paieras ! »

Au moment précis où elle dressait son bras vers Aurora pour lui envoyer une autre attaque, Demetria reçut un terrible impact en plein visage si bien que son coup n'eut pas la précision voulue. Demetria eut une fraction de seconde de latence fatale. Le rayon d'énergie pure quitta le poing de son adversaire et l'atteignit au genou gauche, le transperçant de part en part, broyant les os. La renégate poussa un hurlement de douleur qui glaça le sang de toute l'assistance tandis que Aurora se retrouvait quinze mètres plus loin, un genou à terre, emportée par l'attaque de son aînée.

« Quelle puissance .. » songea la brune. « Je dois redoubler de vigilance. » Elle se releva, et dit à l'attention de son adversaire : « Nous saurons bientôt qui est la plus forte de nous deux ! Demetria ! »

« Que nenni, tu verras que je te terrasserai et je dominerai le monde ! »

« Ne sous estimes jamais ton adversaire, ma sœur ! »

Demetria lança son poing droit vers le visage du chevalier qui esquiva prestement d'un pas sur le côté. Lorsque Aurora passa à côté de son adversaire elle lança son genoux droit vers son ventre. La jeune femme prit ses distances d'un bond gracieux mais Aurora maintint la pression. Elle enchaîna des coups de poing rapides : le premier fut dévié du bras, le deuxième ne trouva que le vide là où s'était tenue Demetria une fraction de seconde plus tôt. L'adversaire s'était tout simplement évaporée. Elle regarda frénétiquement autour d'elle, l'œil suspicieux.

« La téléportation t'amuse toujours autant ma sœur. » dit-elle, son instinct lui fit lever la tête.

Elle vit Demetria fondre sur elle après avoir effectué un bond impressionnant. Elle voulut battre en retraite mais n'en eut pas le temps. Un coup toucha sa tête puis un deuxième lui entailla la joue droite. Elle put parer de justesse un troisième revers de main avec son avant-bras mais encaissa aussitôt un puissant coup de pied dans le ventre. EIle se plia en deux sous le choc tout en enflammant son cosmos. Elle tendit le bras en libérant son énergie et des milliers de jets de lumières déchirèrent l'air. Aucune des projections n'atteignit sa cible. La guerrière s'était en effet de nouveau volatilisée pour réapparaître sur le flanc du chevalier. Aurora sentit le coup venir cette fois-ci et retint le bras de sa sœur avec une mine sournoise.

Les deux combattantes se jaugèrent .. et soudain le Serpentaire envoya un coup de genou en plein visage de la maudite. Elle chuta au sol et se releva dans le même mouvement, d'une agile roulade, se retrouvant en position de garde.

« Tu es toujours aussi véloce ma sœur ! Tu es l'adversaire la plus rapide et intéressante que j'ai affrontée. »

« Ce n'était qu'un échauffement. » répliqua le Serpentaire.

« Tais-toi folle ! « Explosion ardente ! »

« Immobilisation temporelle ! » s'écria Aurora sans prévenir, sceptre en main. Demetria fut soudainement stoppée par une force invisible, incapable de faire le moindre mouvements, coincée dans un néant spatio-temporel. Elle sentit ses pouvoirs la quitter subitement.

« Mais qu'est-ce qui se passe ? Qu'as-tu fait Serpentaire ? »

Aurora s'avança vers elle, le cosmo bouillant : « J'ai bridé tes pouvoirs afin de sceller l'âme d'Arès. Maintenant abandonnes et acceptes ta défaite ! Je n'ai pas envie d'utiliser mon attaque ultime contre toi, je ne suis qu'à 40% de ma puissance. »

« Quoi c'est tout ? Mais c'est inutile parce que les dimensions n'ont pas de secret pour moi non plus Aurora ! »

Et par la pensée, elle concentra son cosmo avec hargne et disparue soudainement du piège. Aurora se mit en garde et attendait son ennemie. Cette dernière surgit au-dessus d'elle et lui envoya son poing dans la poitrine : « Par les flammes maléfiques ! »

« Aurora ! » s'écria au loin Milo, occupé à combattre. Il s'était retourné voyant son amie se faire surprendre.

Un filet de sueur coula le long de sa nuque, le Serpentaire se leva, le regard inquiet avant de se mettre en position lorsque Demetria arriva, rejetant ses lourdes boucles derrière son dos, ses yeux gris pétillants.

« Tu ne l'as pas vu venir celle-là hein !? »

« En effet. Tu es la première à t'extraire de cette attaque.» répondit Aurora qui se jeta à nouveau sur Demetria.

« Approches un peu. » lui dit-elle.

Aurora esquiva ou para les nouveaux impacts mais su quasiment instantanément qu'elle ne pourrait pas suivre longtemps la cadence des coups portés. Surtout que Demetria semblait capable de maintenir son effort indéfiniment. Elle encaissait de plus en plus de coups qui l'atteignaient de plus en plus durement. Elle devait contre-attaquer sinon elle allait être totalement submergée. Elle concentra donc toute son énergie dans son poing et déclencha sa deuxième technique secrète.

« Par le venin du Serpentaire ! » hurla-t-elle alors que son aura prenait la forme d'un rampant géant.

Demetria mordit la poussière mais se releva instantanément d'un mouvement souple. Aurora serra les poings et grogna de mécontentement. Cela allait être plus difficile qu'elle ne le croyait. La bataille est loin d'être finie. Alors qu'elle pensait toucher son adversaire, cette dernière lui asséna une nouvelle technique avec son épée : « Par les démons des Enfers ! »

« Qu'est-ce qu… » fit Aurora en se prenant l'attaque de plein fouet, ses mains en croix devant son visage afin de détourner la technique. Mais les flammes devenaient de plus en plus insupportables à maitriser et même pour un chevalier de feu du plus haut rang, Aurora peina à renvoyer l'attaque, repoussée par la force phénoménale de Demetria qui jubilait.

« Ha ha ha ! Tu crois que j'allais t'envoyer à nouveau fois mon explosion ardente, je sais très bien qu'une même attaque ne fonctionne jamais deux fois sur un chevalier d'Athéna. »

« Ghmmm .. » répondit Aurora, touchée dans son orgueil, cette fois-ci bien à terre. Le coup fut si puissant que même l'armure ne put parer totalement les dégâts.

« Aurora ! » cria le Scorpion et qui voulut l'aider après avoir terrasser une vingtaine d'ennemis.

Camus lui barra le chemin : « Non Milo. Nous ne devons intervenir. »

« Mon amie .. » fit Milo avant de reprendre le combat.

Aurora, elle, venait de bouger. Péniblement, la jeune femme entreprit de se relever. Elle essayait de se relever, mais la douleur de sa blessure était importante. Elle se retrouvait dans une mauvaise posture. Elle était blessée mais aucun point vital n'avait été touché. Lorsqu'elle fut enfin debout, elle sembla soudainement se reconnecter à la réalité et se tourna vers son adversaire qui n'avait pas cessé de se moquer d'elle.

A ce moment-là, elle n'entendait plus les fanfaronnades de son adversaire. Elle se remémorait les enseignements de son maître Wilfried. Où donc avait-elle pu échouée en cette chaude soirée de drame ? Le Serpentaire, si redoutée, se questionnait pour la première fois de sa vie.

On la disait animale. C'était peu de le souligner. Il arrivait fréquemment à la Treizième de battre ses ennemis avec une telle fougue et une sauvagerie qu'elle en fit sa marque de fabrique, une attaque à part entière qui suffisait à balayer ses adversaires comme de vulgaire fétus de paille. A l'apogée de son pouvoir, le Serpentaire représentait la menace par excellence, aussi bien dans son armure symbolique que par les attaques foudroyantes et puissantes.

La commandante des troupes d'Athéna s'était bâtie une solide réputation, « Le serpent venimeux », « la Reine des flammes », « la tueuse de mâles », développant une puissance hors du commun qui faisait trembler les royaumes les plus reculés. Aurora ne reculait jamais, une force brute dans un corps divin, bousculant tout sur son passage. Avec des armes ou son unique cosmo, elle gagnait, sans se poser de questions. Ses attaques basées sur le feu et la maîtrise des dimensions étaient redoutées, terrassant non seulement ses adversaires mais ravageant également les champs de bataille. Le danger de se frotter au Serpentaire et son venin était bien plus qu'une légende et il s'était avéré suicidaire de la provoquer. Ecrasant de supériorité évidente, le chevalier d'or ne laissait rien dans la demi-mesure. Assurément, l'aura du Serpentaire suffisait à faire régner l'ordre au sein des troupes.

En ce jour, elle réalisa qu'elle était devenue l'une des nombreuses proies de jeu qu'elle a si longtemps maîtrisée. C'était aujourd'hui elle le serpent pris au piège. Elle devait rivaliser de prudence et trouver la faille. Comment diable sa propre sœur ait pu se laisser entraîner par l'aura d'Arès ? Alors elle la déteste à ce point ? Aurora ne lut aucune émotion dans le regard de son aînée.

Demetria était née deux ans avant elle, le même jour, de la même mère. Le père l'a abandonné durant la grossesse. Et c'est Diogo son beau-père qui pris soin de la jeune-mère et sa fille. Patricia tomba rapidement enceinte, et Aurora naquit l'année suivante. Devenue orpheline à la mort de leur mère, Demetria a été recueillie par un couple de touristes Japonais, issu d'un très vieil ordre de combattants ninjas qui avait refait leur vie en Grèce. Ces derniers entraînèrent l'enfant dès l'âge de 6 ans et Demetria devint rapidement une combattante hors-pair. Mais ses parents adoptifs moururent tués par des ennemis d'un autre camp reculé du Japon, qui prirent leur revanche sur la défaite qui leur avait été infligée quelques années plus tôt. La gamine se retrouva seule. Elle fut recueillie par Shion deux ans après Aurora. Il avait senti son aura exceptionnel et il l'entraîna en tant que chevalier d'Athéna. Demetria et Aurora comprirent qu'elles étaient sœurs et comme deux doigts de la main. Demetria était plus bagarreuse et maintes fois Shion s'était mis entre elles pour les séparer. Demetria aspirait à l'armure d'or du Scorpion. Elle devenait de plus en colérique, de plus en plus forte. Et un jour, elle disparue. Aurora l'avait longtemps cherchée en vain. Elle venait d'avoir quinze ans. L'âme d'Arès envahi totalement son corps il y a quelques semaines. Aujourd'hui face à sa cadette, Demetria n'éprouvait aucune pitié. Car elle devait gagner, elle a été entrainée pour ça, humiliée au Sanctuaire par sa sœur qui prétendait à l'armure du Serpentaire, humiliée d'avoir été incomprise, seule et contre tous, Demetria allait enfin pouvoir se venger. Aurora le vit clairement dans son regard. Elle savait que c'était pour bientôt. Elle allait mourir, mais pas inutilement, elle allait faire sorte que Arès soit enfin scellé et sa sœur repose en paix.

Mais comment faire ? Aurora a utilisé déjà plus de cosmo qu'elle ne le devait.

Flash back

Septembre 1998, Sanctuaire, Colisée

Aucun des deux ne fit le moindre geste. Ce combat était bien différent de celui qu'elle avait mené un peu plus tôt. Elle avait cette fois-ci en face d'elle un adversaire beaucoup plus expérimenté. À la moindre erreur… Aurora tentait de reprendre son souffle. Elle portait plusieurs marques de coup et avait le visage tuméfié sur la joue gauche. Elle n'avait pas de blessures sérieuses mais cela n'était dû qu'au fait qu'elle avait totalement sacrifié son attaque au profit de la défense.

La jeune fille ne répliqua pas mais se mit à intensifier son cosmos. Des volutes d'énergie dorée entourèrent la jeune fille qui semblait se concentrer à l'extrême.

Soudain, Wilfried se précipita sur elle.

« Par les anneaux temporels ! »

Un serpent à deux têtes se dirigea vers son maître, un de chaque côté. Il créa une énorme boule de feu et l'envoya sur Aurora, emportant ses serpents au passage. Recevant l'attaque de plein fouet, elle eut du mal à se relever.

« Il est désormais temps de finir ce combat. »

ll se mit en position pour envoyer sa plus forte technique. Parfait ! Concentrant toute son énergie, la jeune-fille se prépara à lancer son ultime attaque, qu'elle avait longuement travaillée pour pouvoir contrer celle de Wilfried.

« Par le venin du Serpentaire ! »

Son attaque ressemblait beaucoup à celle de son maitre, mais à la place de boules de feu, elle lançait des centaines de flammes qui transpercèrent l'attaque du Serpentaire du 15ème siècle en l'entourant. Celle-ci ne se stoppa pas et propulsa l'adolescente contre le mur de l'arène. Cette fois-ci, elle ne pouvait plus se relever…

Rouvrant les yeux, elle vit la main que Wilfried lui tendait pour l'aider. Une fois debout, elle était bien présente : une belle balafre sur la joue de son maître et il avait quelque peu du mal à se la contenir ! Le règlement stipule que pour devenir Chevalier d'Or du Serpentaire, la dernière épreuve, c'est de réussir à blesser son prédécesseur lors d'un combat.

Immédiatement, une colonne de lumière apparut et l'Armure du Serpentaire arriva pour revêtir la jeune fille.

« Félicitations, tu es maintenant un Chevalier à part entière. » lui dit son maître.

Aurora se mit à genoux devant le Pope. Après ce combat acharné, elle l'a mis à terre son propre maître !

« Moi, Shion, Grand Pope du Sanctuaire, je suis fier d'accueillir en ce jour un nouveau Chevalier d'Or. C'est avec une grande joie que je vous annonce que l'Armure du Serpentaire est de nouveau parmi nous et a reconnue Aurora comme sa porteuse légitime. »

Il baissa la tête vers le treizième Chevalier : « Aurora, jures-tu de défendre Athéna et ses idéaux, même au prix de ta vie ? »

Elle prit une grande inspiration. Elle attendait ce jour depuis si longtemps… « Oui je le jure ! »

« Bien. Par le pouvoir qui m'a été conféré par Athéna, je déclare en ce jour Aurora comme nouveau Chevalier d'Or du Serpentaire ! »

Dans la ville proche du Sanctuaire, les touristes s'accumulent aux portillons. Depuis les temps mythologiques, cela se passe toujours ainsi... Les gens aspirent sans relâche à découvrir ce mystérieux endroit qu'est le Sanctuaire. Chaque année, un journaliste cherchera à percer le mystère de ce lieu mystique ... Ils repartiront tous bredouilles, sans exception. La vérité est que le Pope, cherchant à éviter l'intrusion de gens indésirables, créa plusieurs champs de forces autour du Sanctuaire. Certains touristes qui arrivaient par miracle aux limites du champs de force ne pouvaient continuer... S'ils cherchaient à le faire, ils étaient automatiquement repoussés. Le Grand Pope du Sanctuaire était le maître de tous les Chevaliers. Dans chaque génération, le Pope choisit son successeur parmi les douze Saints d'Or. Un Saint qui est bienveillant, intelligent et courageux. La Cérémonie de Succession avait lieu avant chaque Guerre Sainte. L'appellation de Guerre dite Sainte rappelait le Temps où le Dieu des Océans, Souverain d'Atlantis, Poséidon, avait tenté de dominer la planète.

Lorsque le Mal se penchait à nouveau sur cette terre, Athéna naissait. Avant le début des combats, le Pope donnait l'ordre à tous les Saints de la planète de retourner au Sanctuaire. La Guerre Sainte se déclenche tous les 250 ans. La dernière d'entre-elles, en 1989 avec les conséquences que l'on connaît. Lors de l'avant-dernière Guerre Sainte contre Hadès, au 18ème siècle, seuls deux ont survécu. Ce fut une bataille impitoyable. L'un d'entre-deux était le Maître de Shiryû, Doko, qui vivait aux 5 Pics de Rozan, le Saint de la Balance et une autre personne... qui devint le Grand Pope actuel Shion.

Pour sa première mission officielle, le Chevalier d'Or du Serpentaire sautait de toit en toit en survolant le village de Rodorio. Elle devait trouver le futur porteur de l'armure du Sagittaire. Shion a repéré son cosmo au Portugal. Aurora est ravie, son premier apprenti sera issu de la même patrie qu'elle !

Tout était calme, et elle décida donc de faire une pause sur la plage qui bordait le Domaine sacré. De l'autre côté se dressait, majestueuse, l'île du Sanctuaire. Les bâtiments d'intendance : cuisines, dortoirs, réfectoires, quartiers des Argents, centre médical couvrent une partie de la portion de l'île, près du bord de mer, un peu plus à l'ouest se trouvaient les arènes, ainsi qu'un bosquet d'oliviers anciens. A l'est l'on voyait l'ancien marché du Sanctuaire et, plus loin la longue silhouette du cimetière. Au centre se dressait un paysage hétéroclite, où se mêlaient collines, montagnes et vallées parmi lesquelles se dressent les treize maisons du Zodiaque que de larges escaliers de marbre reliaient en serpentant. En contrebas de quelques temples se trouvaient divers autres bâtiments, bibliothèques, arènes, habitations ou ateliers. A plusieurs mètres au-dessus de la dernière maison se tenait le Palais du Pope, bâtisse aux proportions impressionnantes que flanquaient d'autres constructions destinées à accueillir une partie du personnel du dirigeant du Sanctuaire. Le Palais du Pope était lui-même surplombé par le Mont Etoilé, qui constituait le point culminant du Sanctuaire et dont le sommet était de temps à autre masqué par les nuages environnants.

Elle s'assit et se mit à réfléchir. Enfin, elle avait atteint son but. Enfin, elle était un Chevalier d'Or au même titre que les autres. Les autres... Enfin la première depuis presque dix ans et pas n'importe lequel, le chevalier au rang le plus élevé du Sanctuaire. Elle aurait pu devenir une combattante dorée bien avant, mais pour porter la prestigieuse armure du légendaire Serpentaire, il faut attendre le 15ème anniversaire de son maître.

La vie n'en était pas moins difficile. Toutes ces années d'entraînement l'ont endurcie ainsi que la vie de futur chevalier. La première règle pour devenir un protecteur d'Athéna était d'oublier tout ce qui pouvait les rattacher au monde extérieur. Aucun lien avec les populations environnantes, peu de confort, pas d'électricité, pas de famille. Durant des années, Aurora a dû couper les ponts avec ses anciens amis, ses anciens proches pour rester concentrée et garder le secret du Sanctuaire, une légende parmi les légendes en Grèce. Tout ce qui comptait, c'était la Déesse Athéna. La rigueur, l'obéissance, le dévouement, l'oubli de soi étaient les qualités indispensables pour pouvoir un jour accéder au rang de chevalier. Les épreuves étaient longues et difficiles. Des années et des années d'entraînements, sans promesse de réussite. Il y avait peu d'élus au rang de chevalier. Seulement quatre-vingt-huit, autant qu'il y a de constellations dans le ciel. Pas un de plus. Sauf le Serpentaire, phénomène à part et pour lequel elle devait encore plus batailler. Plusieurs fois, elle voulait tout abandonner, préférant mourir que de subir davantage de tourments et de tortures à son corps pourtant très résistant. Aurora n'avait plus rien à perdre en acceptant de devenir chevalier. Elle était à la rue, pas de but quand Shion l'a découvrit errer dans les rues malfaisantes d'Athènes pour gagner son pain. C'était une enfant farouche et combative, se battant contre les vauriens du coin pour défendre les plus faibles.

Et puis, depuis quelques jours elle a enfin accédé à l'Elite de l'armée d'Athéna. Doko était fier d'elle, tout comme Shion. Wilfried l'a félicité et est repartit comme il est venu. Il lui manque déjà. A mesure que le temps passait, Shion remarque qu'Aurora avait grand besoin de se ressourcer. Elle pourra retrouver les siens, avoir une vie plus agréable, profiter de ses privilèges de chevaliers d'Or. Mais pas toute de suite. Elle doit rester concentrée. La vie qu'elle a mise de côté il y a des années, elle aura le droit de la retrouver à condition de prouver à son Maître sa vraie valeur de chevalier. Athéna a précisé que ses chevaliers doivent rester unis et profiter également des bienfaits que le vie apporte. Chose presque impossible par le passé. La Déesse qui coté les humains depuis des siècles a décider d'assouplir certains règles pour le bien du Domaine Sacré. A condition de ne pas oublier leur allégeance. Aurora est immature malgré ses immenses pouvoirs et son enseignement de chevalier. Elle sait qu'elle sera d'abord testée. Seul le temps lui dira.

Le combat faisait rage depuis des heures. En regardant autour de lui, Saga des Gémeaux voyait que les zones de combats diminuaient.
Alors qu'au commencement de la bataille, les deux camps occupés des hectares entiers. Maintenant ils ne couvraient que quelques mètres.
Les zones abandonnées étaient devenues des charniers, desquels ressortaient des rescapés qui venaient réintégrer le combat pour y mourir. D'autres, allongés, gémissaient, les membres sectionnés, les os brisés ou le corps bloqué sous les décombres.
Dans ces zones semblables à des nécropoles, on ne distinguait même plus qui appartenait à quel camp. Tous les soldats étaient égaux face à la mort…

Et le constat est le suivant : aucun des deux camps ne se départageait. L'armée de Demetria était décimée ou fuyarde et il ne restait qu'elle peu blessée, au contraire d'Aurora qui gît à terre depuis un moment. Les protecteurs de la Terre semblent être plus résistants que les malheureux Berserkers. Demetria n'en avait que faire. Pour elle, le plus important est de gagner.

Milo du Scorpion en avait assez. La vue de son amie défaite le mettait hors de lui. Aurora si puissante, comme est-ce possible ? Argol de Persée ne comprenait pas non plus. Il avait pétrifié Demetria une dizaine de fois. C'est la première fois qu'un adversaire résiste à cette technique après s'être changé en pierre. Ses attaques sont bien plus redoutables qu'autrefois et il pouvait rivaliser avec les chevaliers d'or. Mais là, contre cette femme, ils étaient impuissants.

En voyant le chevalier inanimée sur le sol, la réincarnation d'Arès exulta : « Chevaliers d'Athéna ! Vous avez peut-être terrasser mes hommes mais ne vous viendrez pas à bout de moi car je suis la plus puissante ! Regardez ce que j'ai fait de votre Chef ! Regardez comme le chevalier du Serpentaire est pitoyable ! Regardez la bien ! Car je vais moi-même mettre fin à ses jours et je dominerai la Terre, les Enfers et les Océans ! Vous vous prosternerez devant moi ! »

Les chevaliers d'Or étaient en colère, en pente descendante. Leurs armures fracturées, les visages défaits mais leur détermination infaillibles. Les douze hommes étaient venus à bout des derniers bras-droit de Demetria et assistaient aux dernier combats de leur compagnons Argentés. Très diminués, ils surveillaient cependant les alentours au cas où Arès viendrait gêner la bataille de leurs frères d'arme contre Favius.

Jamais ils n'eurent un tel combat. La preuve en est pour avoir assisté à la défaite de leur sœur d'arme. Ils savent que la réincarnation d'Arès ira jusqu'au bout. Ils avaient pris le relais voyant Aurora rompue, et ils attaquaient Demetria sans relâche. Mais leurs forces commencèrent à se perdre. Est-elle invincible ?

« Allez chevalier ! » enchaina Favius, l'un des seuls lieutenants ennemis encore vivants, « Venez donc me trouver que je me délecte de votre sang ! Ensuite je collectionnerai vos têtes en guise de trophée ! »

« Comment oses-tu proférer de telles paroles ? » vocifère Aiolia.

« Immonde créature .. » pesta Aphrodite, une rose dans la bouche, « Mes épines auront raison de toi ! »

« Laissez-nous nous occuper de lui ! » tonna Dante poings serrés.

« Tu vas payer pour un tel affront ! » avisa Babel.

Favius se retourna brusquement pour menacer Babel, mais le Saint d'argent s'était déjà volatilisé. L'ennemi tournait anxieusement la tête pour trouver où était passé l'Irakien. Il le découvrit trop tard puisque Babel arriva par les airs et frappa du poing la clavicule gauche de Favius. L'onde de choc produite fut si grande, qu'elle s'élargit sur le long du bras gauche de l'homme. Ses veines se gonflèrent de sang et finirent par exploser, les tendons et les nerfs lâchèrent. Son bras se déchira et l'homme hurla de douleur : « Malédiction ! Je vais te tuer ! »

Le roux s'apprêtait déjà à donner le coup de grâce : « Tourbillon de flammes ! » s'écria le Saint d'Argent avec rage. *

« Attention chevalier, il va repartir à l'attaque ! » avisa soudain Shura, entourés de ses camarades dorés.

Et avec son seul bras droit, Favius brandit son épée et la fit tournoyer devant lui pour laisser les flammes de Babel s'enrouler autour de sa lame. Une fois que cela fut fait, il tira son épée au ciel, ses yeux s'enflammèrent.
« Ne crois pas avoir gagné si vite. « Fire Sword !»

L'incandescence de la lame enflamma le sol et le feu remonta en une ligne droite jusqu'à Babel pour le frapper. Une fois arrivées à sa hauteur, un énorme brasier forma un soleil que Favius leva à nouveau pour le faire imploser dans le ciel. Babel gît au sol, à moitié inconscient.

« Babel ! » s'écria ses compagnons Argentés.

Argol se précipita vers lui pour l'emmener plus loin et le protéger d'un nouvel assaut de son adversaire.

« Tu vas nous le payer ! » dit-il de son regard le plus haineux : « Par les démons de la Gorgone ! » s'exclama-t-il pour contre-attaquer Favius surpris, et profite ainsi de la distraction créée pour sauter en l'air et lui donne de multiples coups de pieds violents.

« Enfoiré ! » railla ce dernier à terre, « Je l'ai pas vu venir celle-là. »

« Et celle-ci tu la vois !? »

Asterion et Misty s'étaient concertés d'un seul regard et s'élancent à leur tour, malgré l'épuisement qui se font sentir. Le Saint de le Meute lui envoie sa plus puissante technique : « Millions Ghost Attacks ! » Des milliers d'ondes de choc furent projetées à la vitesse de mach 5, propulsant le Guerrier d'Arès contre une paroi rocheuse.

Aussitôt Misty intervint à son tour : « Mavrou Tiba ! » L'air manipulé entre ses mains atteint une vitesse si proche des Saint d'Or que le tourbillon projette à son adversaire une pression insupportable sur son corps. L'homme ne peut plus riposter et tombe devant les Saints d'Argent, une expression de dégoût sur leur visage.

Dante : « Il nous a donné du fil à retordre. »

Demetria avait la mâchoire serrée voyant son homme de main en mauvaise posture. « Favius, ta fidélité aurait été exemplaire, sois béni mon ami. » dit-elle en s'avançant vers le lieu du massacre.

Le guerrier bouge avec difficulté sa mâchoire pour interpeller son chef : « Maîtresse .. Altesse, achevez-moi, je refuse de laisser ma vie entre les mains de ces Saints ! »

« Relèves-toi Favius .. » en lui prêtant de son cosmo gigantesque. Les chevaliers grognèrent. Le lieutenant se relève. Il était enfin debout, se tenant sur une jambe. Son genou droit avait dû se briser en retombant au sol après l'attaque de Misty. Il avait la bouche tellement ensanglantée que les dents de l'homme n'étaient plus visibles, ni même son regard de braise tellement il peinait à ouvrir les yeux.

« Et vous, pauvres esclaves d'Hadès et de Poséidon, » continua alors Demetria avec une arrogance bien visible, « Quand j'en aurai fini avec cette espèce de gâteuse qui sert de Serpentaire, je m'occuperai de vous tous. Ha ! Ha ! Ha ! »

Les Marinas, le reste des Guerriers Divins et des Spectres avaient rejoints les troupes au milieu de la bataille. Cela les concernait aussi. Il était hors de question que cette femme prenne le contrôle du Monde. Elle serait en mesure d'anéantir leurs Dieux. Ils étaient presque à bout aussi, incapables de faire le moindre mouvement. Il faut dire qu'ils venaient de lutter eux aussi et n'était donc pas en pleine possession de ses moyens. Cependant, la victoire contre les Berserkers était presque acquise. Bien que les chevaliers d'or et les autres combattants sacrés furent en proie à la folie de Demetria, ils pouvaient se targuer d'avoir protégé le Sanctuaire, le Domaine de Poséidon et les Enfers de la tentative d'invasion d'Arès.
La réincarnation de celui-ci, ne disposait plus d'aucune force armée, un messager averti Saga que le dernier ennemi venait de succomber et ne présentait plus aucune menace. Demetria était désormais seule.

Et en entendant cette dernière débiter ces paroles, Rhadamanthe Spectre et Juge de la Wyvern, voulait lui envoyer son « Greatest Caution » en plein figure. C'était l'un des plus aptes à pouvoir mettre en difficulté Demetria avec Eaque et Minos. Les trois dirigeants de l'Enfer conservaient leur forces pour une excellente raison. Aurora leur avait demandé d'intervenir au tout dernier moment avant la guerre. Restant sur leur garde, ils observaient la Déesse dangereuse vociférer, ordonnant à leurs seconds de bien rester concentrés. L'ennemie est terrible, plus qu'ils ne le soupçonnait.

Positionné juste devant le Berserker en mal, Baian, Général de l'Hippocampe réagit aussitôt devinant l'assaut imminent et déclenche son arcane meurtrier : « Par le souffle divin ! »

Un vent surpuissant soulève son athlétique adversaire du sol qui l'emporte vers les cieux, lacéré par la tempête qui arrache le falaise derrière l'ennemi et provoque un grondement retentissant partout dans les environs et déchiquette Favius. Ce dernier retombe face contre sol, son armure en morceaux et la chair en lambeau. sous les yeux dédaigneux des Généraux.

« Sale Marinas ! » gronda Demetria en augmentant son cosmo, « Viens un peu par ici mon mignon ! » dit-elle à l'attention du Cheval des Mers parfaitement calme.

« Je t'attend. »

Il se met en garde et fixe le visage ombragé du Serpent noir Demetria.
Durant de longues secondes, il reste ainsi sans trembler, à écouter les rires son adversaire.

« Fais attention Général, elle est fourbe et très rapide. » prévint Minos du Griffon bras croisés, à l'attention du Marinas. Le Juge aimerait bien s'amuser avec cette guerrière et lui faire goûter ses fils invisibles pour voir jusqu'à quel point elle pourrait lui résister.

Baian : « Jettes les armes femme, tu vois bien que tu n'as plus personne à massacrer. Tu es entourée des combattants les plus émérites, ne sois pas stupide et ta mort n'en sera que plus loyale. »

« Imbécile ! » lui dit Demetria, « Tu devrais t'incliner face à mon pouvoir. Je te laisse une chance de te joindre à mes troupes toi et tes camarades ! » Elle dévisagea le jeune-homme et rajouta avec lascivité : « Et je suis sûre que tu ferais un excellent compagnon de jeu du soir. Ça serait dommage de te tuer.»

« L'insolente ! » pesta Isaac, Général du Kraken, « En plus elle ne cache pas la débauche qui caractérise le Dieu de la destruction. »

Se sentant insulté, le Canadien rétorqua à son tour : « Tes paroles déplacées montre toute la sournoiserie dont tu es capable. Aucun d'entre nous ici présent ne s'abaissera à t'obéir. Rends-toi ! »

« Misérable ! Aucun mâle sur cette Terre ne se refuse à moi ! »

Aurora entendait au loin les échanges entre sa sœur et ses camarades de combat. Elle refusait de croire à la défaite d'Athéna et de voir la Terre se terminer ainsi. Elle sait aussi qu'ils ne feront pas le poids même en s'y prenant à plusieurs en même temps. Tant de sacrifices ne pouvaient aboutir à ce résultat. Même si cet instant précis, le chevalier était épuisée, Aurora voulait continuer. Elle n'a pas été entraîner pour finir ainsi.

Demetria: « Aurora … » s'approchant de son adversaire, une mine friponne et un sourire magnifique qui s'accorde à ravir avec son tatouage présent sous son œil gauche, « Ma sœur, tu me fais tant de peine, je ne peux en supporter davantage et tu auras l'honneur de mourir de mes propres mains. Jadis, tu étais plus forte, tu as gagné l'armure du Serpentaire. Aujourd'hui les rôles sont inversés. Tu es à ma merci, je vais enfin avoir ma revanche ! »

Son épée était prostrée auprès de son visage, prête à achever son ennemie, sous les yeux horrifiés des autres combattants : « Demetria .. » murmura Aurora, au bout de sa vie. Elle ne doit pas la laisser gagner. Non, après tout ce qu'elle a enduré.

« Ne fais pas folle ! » fit Angelo.

« Il est sournois de vaincre de cette manière Demetria ! » gronda Milo, l'ongle rouge prêt à intervenir.

« Nous allons te pulvériser ! » sonna Aiolia déterminé.

« Il faudra d'abord que tu me passes sur le corps ! » ajouta Baian qui attendait le début des hostilités.

« Mais qu'entends-je ? Avec plaisir Hippocampe, tu deviendras mon esclave personnel toi et tes amis ! Ha ha ha ! »

Baian et les autres Marinas grognèrent de mécontentement.

« Ils ne sauront pas régner, ils diront qu'ils faut devenir meilleur, et toujours encore des millions d'hommes entre le mal et le bien, déchirés, abandonnées, interdits; ô mon Dieu pourquoi m'as-tu abandonné ? Tout est donc fini ? J'ai soif, mon corps brûle, la nuit obscure emplit mes yeux. Ce long rêve, non, je vais mourir, l'aube se lève. Le ciel ne s'entrouvre pas pour moi, d'où vient cette voix qui me dit : ''si tu consens à mourir pour la haine et la puissance, qui te pardonnera ?'' Qui es-tu, déchiré, la bouche sanglante, c'est toi, sorcière ? Tes soldats sont vaincus, quitte ce visage de haine ! Sois bon maintenant, tu t'es trompé, nous referons la cité de miséricorde.. »

Ces mots trouvèrent une résonnance dans l'esprit du Saint du Serpentaire : les mots du sombre Albert Camus et son « Exil » lui revinrent en tête à cet instant. Elle ne doit fléchir. Pas maintenant si près du but.

Elle entendit tout à coup Athéna lui parler par cosmo interposé : « Aurora, mais que t'arrive-t-il chevalier ? Cela ne te ressemble pas d'abandonner. Tu as gagné tant de batailles, réveilles-toi .. Ton cœur abrite tant de merveilles. Utilise cela pour vaincre afin que la paix règne ! Fais exploser ton cosmo, penses à ton but chevalier ! »

« Athéna, si je me laisse submerger par ma toute puissance, je pourrai blesser beaucoup de gens .. »

« Ne t'inquiètes pas pour ça, suis ton instinct comme tu l'as toujours fait et gagnes cette guerre. Je te fais confiance. Je suis à tes côtés, aies foi, ton cœur abrite des merveilles , lèves-toi, je te l'ordonne !»

Le chevalier sentit un cosmo doux l'entourer et lui redonner courage. Un cosmo aussi bienveillant que terrible. C'est bien celui de sa Déité, jamais en reste pour ses soldats et qui, depuis son Palais, assiste à cette guerre emmené par la Déesse Niké, la célèbre Reine de la Victoire, un des attributs majeurs associée à Athéna, protectrice des héros depuis les temps mythologiques.

« Ô Athéna, je viendrais à bout de cette entité et vaincrai Arès, je le jure sur mon âme .. »

Son énergie se libéra soudain de son corps, brûlant comme jamais il n'avait brûlé auparavant. Plus puissant, plus terrible. Elle se leva péniblement, les bras tendus devant elle au sol, la tête lourde.

Le cosmos de Demetria augmenta à nouveau afin de lancer le coup le plus destructeur de son arsenal sur les armées résistantes. La puissance cosmique pure s'amalgama en une sphère de feu entre ses mains qu'il avait placées devant elle.

« Vous allez tous mourir ! »

« Attention, en garde ! » cria alors Siegfried le Guerrier Divin.

Doko : « Protégez-vous ! »

Demetria s'immobilisa soudain et fit volte-face, sentant le cosmo d'Aurora redoubler d'intensité. « Jamais… jamais je ne te laisserai faire ! » dit la jeune-femme audacieuse, le regard bouillant, s'essuyant le filet de sang qui coule de sa bouche. Ses compagnons d'armes constatant le cosmo incroyable l'entourer.

Demetria serrait les poings de haine. « Tu ne veux pas mourir ? Très bien ! Alors prends ça ! »

Les ailes de son armure déployées, Demetria fondit sur Aurora comme un oiseau de proie sur des lapins. Le Serpentaire esquiva en bondissant péniblement de côté et tombe légèrement déséquilibrée alors que l'attaque de sa sœur transperçait le mur de feu qu'elle avait établi pour se protéger. Aurora se relève juste après Demetria qui essaie de le frapper au visage en lançant sa jambe en avant. La Serpentaire tourne sur elle-même pour éviter et réplique par un crochet du gauche en plein estomac de son adversaire, faisant voler des morceaux de sa Cloth. Cette dernière recule et concentre sa cosmo énergie, pour frapper à nouveau son adversaire mais la treizième jaillit devant elle à toute vitesse et la cogne d'un uppercut en plein menton.

Pleine de furie, Demetria tenta de saisir le chevalier d'or qui se dégagea d'un bond en arrière. Mais le cosmos du Serpentaire explosa avec violence au moment où elle retoucha le sol : « Par les anneaux temporels ! »

L'énergie du chevalier d'or se concentra sur un point situé au-dessus de son adversaire pour déformer la réalité et ouvrir un passage entre deux arcades temporels. Le coup qui consiste à affaiblir l'adversaire par plusieurs courtes projections mentales et physiques frappa sa cible de plein fouet puis déchira l'air autour de l'ennemie pulvérisant le sol et les arbres aux alentours.

« Par Athéna, quelle force se cache derrière le Serpentaire ! » fit alors Aiolia en se protégeant le visage du souffle de l'attaque, aussi surpris que les autres. Il y a deux secondes, Aurora gisait pourtant à terre.

« Manipulation cosmique ! » s'écria alors Minos en s'emparant de la terrible guerrière afin de l'affaiblir. Des fils invisibles s'attachent au corps de son ennemie et lui permettent ainsi de contrôler ses mouvements.

« Salopard, lâches-moi immédiatement sale Juge ou tu le regretteras ! » hurla Demetria. Minos en sourit narquoisement et continue son petit jeu avec une expression sadique dans le regard.

« Savoures cela sorcière .. » maintenant en lévitation par de simples mouvements des doigts la jeune-femme, pour ensuite lui briser les membres un à un.

« Tu ne m'auras pas Griffon !»

« Minos, fais attention ! » dit alors Rhadamanthe à son frère ainé.

Personne ne comprend ce qui se passe.
L'onde énergétique de Demetria s'élance dans les airs et vient se confronter à celle du guerrier et elle embrase si fort sa cosmo énergie que la technique de Minos est dissoute en un rien de temps.

Ayant retrouvée ses pleins moyens, Demetria va à la rencontre du Spectre qui est surpris par une telle vélocité. Devancé, le Juge ne peut esquiver le poing charger de cosmos et abattit les ailes de son surplis autour de lui pour se protéger.

« Dead Snake Infusion ! »
Un immense serpent transperce le Griffon qui bondit afin de fuir ce qui va se produire. Minos s'échoue un genou au sol, avec un trou sur son surplis.

« Garce ! » se plaint-il.

Il en faut bien plus pour le terrasser. Sa grande résistance physique l'a sauvé. Il apparaît à la vitesse de la lumière devant la brune et lui adresse une puissante droite tandis qu'il tourne sur lui-même pour lui fendre la pommette droite avec son talon gauche.

« J'aime tes coups Juge, toi aussi tu me plais. »

« Je vais te briser ! »

Demetria tire sur le bras du Spectre qu'elle maintient pour faire perdre l'équilibre à son ennemi, puis le cogne avec le genou en plein abdomen, émiettant le surplis en cette zone… Minos grogna de mécontentement. C'est bien la première guerrière à lui donner du fil à retordre.

« Elle nous a fait le coup à nous aussi .. » fit alors Angelo dans toute sa splendeur en secouant la tête, montrant leur cloth abîmées.

Eaque et Rhadamanthe grincèrent des dents. Cette réincarnation d'Arès a la peau dure. Une entité dépassant leur entendement.

« Voyons un peu ce que tu penses de cela .. » coupa alors la Wyvern de sa voix sombre, prenant son envol et fonçant vers sa cible afin de lui porter un coup monumental. Demetria eut le temps d'esquiver mais l'homme concentra toute de suite après son cosmo immense entre ses mains et projette de nombreuses sphères d'énergie surpuissantes contre la Démone, une tête de Wyvern est représentée derrière lui.

« Eveil maximal ! » cria l'Anglais déchainé. La jeune-femme fut ébranlée par une grande force d'attaque digne du guerrier le plus puissant des Enfers.

« Argh ça fait mal .. » dit-elle en touchant son bras ensanglanté. Rhadamanthe la jaugea de son air sévère. « Foutu spectre ! T'es fort toi aussi ! » s'exclama-t-elle.

« Elle n'a presque rien .. Le résultat est similaire au nôtre même avec les attaques des Spectres. » constata désabusé Aldébaran.

« C'est ce que nous verrons. » Eaque fit son entrée d'un regard ambitieux à son adversaire et lève ses bras en les croisant : « Garuda Flap ! »

Un vent violent propulse la brune maléfique à la verticale jusqu'à perte de vue en la faisant tournoyer à une vitesse élevée, l'empêchant de se dégager de cette technique. Demetria hurla de rage. Le Népalais a décidé d'utiliser ses techniques de projection issue de la puissante détente de la partie supérieure de son corps. Il est celui qui possède la plus grande force de combat globale parmi les Juges et il ne voulait laisser un seul répit à Demetria. Il est aussi le Spectre le mieux capable de faire subitement exploser sa puissance. Il préfère néanmoins garder son énergie pour plus tard et considère Demetria qui s'écrase au sol avec fracas.

« Saleté de Juge ! »

Humiliée, elle se relève à bout de nerfs, l'autre bras cassé. La demoiselle est très résistante. Eaque adresse alors un regard discret au Serpentaire, toujours étendue par terre. Ce dernier d'apparence si orgueilleuse s'adouci à la vue du chevalier défait.

Demetria fanfaronna : « Hum .. Alors c'est toi le grand Juge qui a succombé aux charmes de ma sœur ? Je sens l'ombre d'Aurora dans ton cœur.» Ce dernier serra les poings et la fustige du regard, « Quoique de plus normal, tu es tout à fait son type. Dommage que je dois te tuer aussi ! »

Eaque s'avança pour la corriger mais Rhadamanthe le retint sur un ton ferme : « Attends Eaque. Ne tombe pas dans sa provocation. »

« Scarlet Needle ! »

Le dard du Scorpion d'or venait de s'abattre sur le corps de Demetria. Il lui envoya cinq coups bien nets. Ceux-ci perce son adversaire en laissant une trace à la manière d'une piqûre. Une douleur intense se propage alors dans le corps de Demetria.

« Toi !J'aurai du m'en douter .. » dit-elle en se tortillant de douleurs, « Tu observais tes camarades, je t'ai vu à l'œuvre afin de déceler mes techniques pour attaquer plus tard ! »

« On ne peut rien te cacher. » répondit calmement le Grecque.

« Excalibur ! »

Shura du Capricorne, sans dire mot et fidèle à lui-même vient de porter son attaque tranchante à longue portée, d'un simple mouvement de bras. Demetria fut happée subitement mais là encore, la guerrière ténébreuse résiste sans grande peine et sourit, honorée d'être prise pour cible par les légendaires chevaliers d'or. Elle se cramponne tout de même le cœur de douleur, et se redresse difficilement.

« A toi Shaka ! » cria alors le gardien de la dixième maison à son homologue.

« Tenbu Hōrin ! »

La Vierge parfaitement stoïque vient de déclencher une de ses plus puissantes attaques contre Arès, après avoir longtemps concentré son Cosmos. En ouvrant les yeux, l'Indien relâche toute sa puissance accumulée depuis le milieu du combat où il a décidé de rester en retrait afin d'augmenter au maximum son énergie cosmique ce qui le rend bien plus dangereux qu'il ne l'est déjà. Shaka garde habituellement les yeux fermés. Se priver ainsi de l'un de ses sens permet à son corps de renforcer naturellement les autres. Ainsi, cette technique associe l'attaque à la défense, et ceux qui se retrouvent pris dedans ne pouvant ni s'enfuir ou se protéger, ni contre-attaquer, et le chevalier peut alors retirer les six sens de sa cible sans même avoir à la toucher.

« Misérable tu ne perds rien pour attendre ! » Cela a eu de l'effet sur Demetria.. l'espace de quelques instants seulement.

Shaka savait que cela ne serait pas facile mais il le faisait pour une bonne raison. Tous les Saints dorés ont entendu les doléances télépathiques d'Aurora qui leur somma de détourner l'attention de la jeune-femme. Demetria fut prise au dépourvue, baissant sa garde.

« Elle se relève ! » dit le chevalier d'Argent Sirius en pointant du doigt leur commandante.

« Aurora .. ! » souffla B aian subjugué par une telle détermination.

« Quelle guerrière. » songea Rhadamanthe.

Et la treizième en profita pour se poster en un éclair derrière son adversaire et la retient par le torse, ses deux mains encerclant fortement l'adversaire. Elle stoppa l'ascension de son ennemie qui allait contre-attaquer, la bloquant dans une bulle de flammes. Aurora était baignée dans son propre cosmos, ses yeux bruns perçants regardaient l'assistance face à elle avec un intérêt renouvelé.

Le chevalier du Serpentaire était devenue ce vrai chevalier de feu et son cosmo tout entier était des flammes rougeoyantes qui traduisaient la pleine puissance enfouie dans le cœur de la jeune-femme. Elle réalisa qu'elle était un mélange de bonté et de fureur, elle avait tellement canalisé ses émotions jusqu'ici que libérer un tel potentiel destructeur était en tout point réjouissant.

Le vent sec qui passait à travers ses cheveux, le sol rêche, son cœur battant à un rythme régulier, à des rythmes saccadés, traduisant la peur dans les esprits des deux sœurs ennemies. Les images se bouleversaient dans sa tête. Elle revoyait son enfance auprès d'un père absent, la disparition de sa famille, son enfance misérable dans la rue, ses rudes entraînements, le Sanctuaire qu'elle aime tant. Elle se revoit arpentant l'île du Domaine Sacré, faisant ses tours de garde, supervisant l'enseignement des apprentis, s'entraînant sur la plage pendant des heures. Les visages de tous ceux qu'elle a connu lui revenaient en tête : Mashi, Shion, Wilfried... ses compagnons de guerre, ses amants marquants.

« La mort n'est pas la fin de l'espoir », dit-elle en observant les autres.

« Aurora, non ! » lui dit Argol.

« Tu vas te faire mal chevalier. » dit Baian ironique.

Aurora : « Laisses-moi régler cela Général, vous en avez assez fait. »

« E tu te brûleras les ailes Serpent doré. » continua Minos dans ses sarcasmes.

« T'inquiètes pas pour ça Griffon .. » rétorqua-t-elle.

Elle déploya une énorme énergie dorée, qu'elle concentra avec force pour créer un redoutable rayon de cosmo autour duquel apparurent des semblants de vortex entourés d'éclairs, le tout étant fait pour réduire définitivement à néant Arès. Demetria voulu répliquer, mais elle ne pouvait bouger, son énergie était bloquée par les incroyables flammes rougeâtres et ce cosmo considérable.

« Mais que fais-tu ? Tu vas nous tuer toutes les deux ! »

« Crois-tu que je te laisserai régner sur la Terre ? Je mettrai tout ce qui est en mon pouvoir pour te vaincre ! Tel est ma destinée ! »

La température autour d'elle dépassait plusieurs centaines de degrés et l'air devenait autour brûlé par les flammes cosmiques du chevalier d'Or. Le feu de son cœur avait disparu et se répandait tout autour d'elle, créant dans le ciel un déluge de feu qui se répandît dans la zone de combat, laissant entrer le soleil en écartant le cataclysme divin de la Déesse guerrière et les autres combattants se protéger de cette ultime attaque. Demetria fût happée par l'attaque d'Aurora, les flammes l'attaquant étant quasi-impossibles à stopper, et elle vît avec stupéfaction son Kamui devenir de la poussière noire balayée par les flammes du Serpentaire. Aurora se concentra davantage pour appeler les âmes de ses prédécesseurs qui furent protégées par la constellation du Serpentaire. Un cosmo plus puissant que Demetria se répartit autour de la combattante. Un spectacle ahurissant.

« Regardez ! » constata Aldébaran, « Aurora a invoqué les esprits des anciens chevaliers du Serpentaire pour déployer sa force ultime ! » Il sentait que le cosmos de sa sœur d'arme continuait à augmenter d'intensité.

« Par Hadès, que va-t-elle faire ? » dit alors Sylphide du Basilic, un des subordonnés de Rhadamanthe.

Des gantelets aux jambières en passant par les ailes, la maléfique Demetria fût privée de son armure en l'espace d'un instant. Celle-ci se réduisit en cendres à mesure que 17 esprits différents, ceux des précédents chevaliers, s'éparpillèrent autour des guerrières. Il ne restait plus grand-chose non plus de l'armure du Serpentaire, considérée comme la plus solide des 89 de l'armée d'Athéna : les jambières, les avant-bras, les mains et le plastron étaient fissurés de partout, et tout le reste fut réduit en éclats lors de la dernière attaque de son ennemie. Seul son sceptre qu'elle contrôle par la pensée par une volonté phénoménale semble avoir supporté les lourdes techniques d'Arès.

« Quel spectacle incroyable et terriblement accablant .. » souffla Asterion.

« Elle va venir à bout d'elle ! » cracha Angelo.

« Si elle agit ainsi c'est pour une excellente raison. » avança Mü.

« Que veux-tu dire ? » demande Argol, passablement agacé.

« Nous ne pouvons l'anéantir, seul le Serpentaire en est capable. » rétorqua le Général Io de Scylla Marinas guerrier de Poséidon.

« Tu veux dire .. » réalisa alors Dante de Cerbère.

« Elle ne pourra réaliser cette technique une seule fois. » commenta Doko.

De la nuit d'ombre, l'on passa à l'aurore de feu. Le Serpentaire enflammé libéra le feu rédempteur, et les nuages ténébreux commencèrent par être balayés par l'onde de choc infernale qui va suivre. Son énergie augmenta encore, commençant à se faire ressentir jusqu'à ses camarades.

« Aurora n'aura qu'une seule chance et en la voyant maîtriser Demetria à cet instant, on sait quel sera l'issu de ce combat. » expliqua Mu.

« Mais on ne peut laisser se sacrifier notre sœur d'arme !» fit Milo.

« C'est impossible. » temporisa Saga des Gémeaux, « Un vrai chevalier doit le comprendre, Milo.»

« Par tous les Saints ..» songea Milo, le cœur lourd.

« Chevalier du Serpentaire … » dit Camus par cosmo interposé, les yeux fermés.

« Chevaliers ! Restez de fiers guerriers et continuez de protéger notre Monde ! Mes frères ! N'oubliez pas de profiter de cette nouvelle vie que l'on vous a accordé, promettez le moi, que je ne sois pas passée pour rien ! Je vais accomplir mon devoir. Pour la gloire d'Athéna !»

« Ne fais pas ça ! Nous allons t'aider ! » dit Kanon le fier Dragon des Mers.

« Il en est hors de question ! » faisant un clin d'œil à ce dernier.

« Serpentaire es-tu obligé d'en arriver là ? » fit Rhadamanthe sourcils froncés.

« Je comptes sur toi pour me récupérer ''en bas'' et me juger équitablement. » ironisa-t-elle.

« Aurora .. » dit alors Eaque. Ce n'était pas le moment de plaisanter. Il savait ce que cela signifiait.

Demetria avait beau se débattre, le Serpentaire tenait bon : « Vas-tu me lâcher ! Je te maudis ! »

A ce moment-là, la treizième augmenta davantage sa cosmo énergie, désormais à 100% de sa puissance. Elle sent une profonde déchirure dans son cœur en se faisant une raison. Elle n'a plus le choix à présent, son cosmo doré doit briller une dernière fois, en ce jour funeste. Elle observa le fil de sa vie passer devant elle. Puis, elle envoya un dernier regard à ceux qu'elle a toujours aimé.

« Ma sœur… J'aurai tant voulu te retrouver dans d'autres circonstances. » pensa Aurora.

Son cosmos la propulsa hors-du-sol; l'aura du Chevalier du Serpentaire ressemblait à un serpent incandescent tournoyant sur elle-même, laissant son cosmos l'envahir complètement, laissant sa vie se manifester hors d'elle en brûlant tel un feu ardent, en libérant tout le potentiel destructeur qu'elle avait en elle.

« Arrête ! » hurla Demetria qui sent le coup venir.Son visage est déformé par l'angoisse et l'impuissance, des grimaces envahissent ses traits délicats en plus de la douleur.

Ses frères d'arme contemplaient, ébahis, malgré les douleurs dues à leurs blessures, le désarroi qui s'empare de leur cœur, la démonstration de puissance de leur amie.

« Milo … Eaque … » leur accordant un dernier regard. Elle ne sentait plus rien, ni son cœur battre, ni aucun de ses sens.

« Mutu .. » murmura le Garuda.

« Aurora .. » fit Milo.

Jamais encore Aurora n'avait été confrontée à un adversaire d'un niveau comparable au sien. Il était temps d'en finir. Là et maintenant.

Elle déclencha son ultime attaque avec fougue : « Par l'anéantissement du serpentaire ! »

« Paaaaaaaas çaaaa ! » furent les derniers mots de Demetria.

« Qui reverrai-je en premier, Ma mère ? Mon maître ? »

Aurora disparut avec la réincarnation d'Arès dans un éclair foudroyant, face aux spectateurs impuissants qui furent projetés à des dizaines de mètres à cause de l'explosion. Et puis soudain, le déluge de flammes s'arrêta, laissant le soleil seul maître du ciel. La lumière avait percé les Ténèbres, et la vision de Demetria hurlant de rage avait réjouît les survivants au plus haut point. Un flash de lumière aveuglante parcourût l'ensemble du champs de bataille. Lorsque les autres purent voir de nouveau, ils constatèrent un grand ciel bleu dépourvu de nuages et d'éclairs, le jour naissant reprenait place, dépourvue de mort et de désespoir. Le chaos cessa instantanément.

L'armure du Serpentaire, du moins ce qu'il en reste, descendit doucement des cieux pour venir se poser majestueusement devant les chevaliers. Tant de soldats s'étaient sacrifiés, et maintenant, leur compagne. C'était terminé. Ces derniers versèrent des larmes. Demetria était vaincue et ses troupes anéanties, car dès que les Ténèbres disparurent, les derniers renégats perdirent leurs sombres pouvoirs, le mal sévissant en eux s'évaporant pour toujours. Le chevalier du Serpentaire a accompli son devoir. L'âme d'Arès repartie dans les profondeurs du Tartare et Hadès, qui, tout comme Athéna et Poséidon, avait observé le combat, veilla à réparer la faille ouverte pour le sceller à jamais. Le Dieu des Dieux, Zeus, apparu sous forme de Colombe devant Athéna pour la féliciter, lui signifia la fin de la bataille finale. Cette dernière bien que profondément soulagée n'en était pas moins émue, son côté humain repris le dessus quelques instants, elle avait perdu de courageuse guerriers mais en plus sa plus valeureuse combattante.

« Chevalier, merci. » dit-elle du balcon du Temple d'Athéna, regardant l'horizon, « Tu vas nous manquer. Ta grandeur d'âme parlait pour toi.»

Shion versa une larme, debout face à sa fenêtre, le regard plongé dans le ciel bleu levant. Alors ça y est ? Son meilleur chevalier s'en ai allé. Certainement le plus grand des chevaliers. Le Sanctuaire s'en remettra-t-il ? Encore des pertes, des sacrifices, des guerres inutiles à cause de la soif démesurée de pouvoir et de domination d'entités maléfiques. Il pria pour le repos du Serpentaire. Il espère qu'elle sera récompensée lorsqu'elle atteindra le Royaume des ombres.

Une nouvelle journée allait commencer. Une journée sans ombre ni ténèbres. Une journée synonyme de renouveau et d'espoir. Le Serpentaire n'est plus. Qu'allait-ils advenir sans sa gaieté contagieuse, son impétuosité, ses pouvoirs majestueux, sa légendaire insolence ? Il va falloir faire avec. Eaque, Juge des Enfers le sait mieux que personne. Une terrible tâche ingrate l'attend dans son bas-monde : recueillir l'âme de la femme qu'il a tant aimé.

Désespoir, quand tu nous tiens…