Bonjour à tous ! Voici le troisième chapitre de cette histoire, bonne lecture :
Un Dernier pas en avant - Qui croit aux fantômes ?
Une voix d'homme mature, c'est seulement de ça qu'elle se souvenait. Rien d'autre ! Même pas un visage, même pas la couleur d'un bout de doigt. Qu'est-ce que Shikamaru allait faire avec ce maigre indice ? Mais c'était cela qui était excitant. Rien n'aurait été plus ennuyeux que d'enquêter sur un meurtrier avec pour base une foule d'indications menant trop vite à lui.
Déjà son cerveau était en pleine ébullition. Il ne cessait de cogiter, n'écoutant plus Ino colporter les derniers ragots, Chôji lui demander son avis sur les derniers sushis en vogue, et même Asuma-sempai le réprimander plusieurs fois dans la journée. Et cela avait servi, car en plein cours de japonais, le brun avait soudain redressé la tête, sûr d'avoir trouvé une piste.
Car qui dit homme mature à l'intérieur de l'enceinte de l'établissement, dit professeur. Aucun inconnu n'était admis dans le lycée. Certes la plupart des lycéens avaient mué depuis un bon bout de temps, mais la façon dont Temari avait décrit cette voix laissait penser Shikamaru qu'il s'agissait d'un homme ayant plus de vingt ans.
Quant à savoir quel professeur avait commis ce genre de crime, il y avait foule parmi les suspects. Les trois quart des professeurs étaient des hommes.
Finalement, Shikamaru en revint au même point de départ.
Les papiers s'envolèrent les uns après les autres comme des papillons albâtres. Quelques secondes après, un soupir.
"T'as intérêt à ramasser tous ça, après.
Shikamaru releva la tête vers son aîné et fit la grimace. Il avait pensé Neji trop occupé par son propre travail de directeur du comité pour venir le déranger, mais ce dernier prenait une pause.
Et puis, Neji ne l'aurait confié à personne, cependant qu'il se faisait du souci pour son camarade. Au cours de la semaine, il avait vu Shikamaru arpentait les couloirs comme un zombie, et bien qu'il soit dans une classe supérieur à la sienne, Neji savait que les performances scolaires du jeune homme avaient diminué. Il s'inquiétait naturellement de cette baisse de régime. Et puis, ce qui avait choqué le brun à la longue chevelure plus que tout, c'était de ne plus voir Shikamaru monter faire la sieste sur le toit. Etait-il devenu superstitieux ?
- Tu m'as l'air soucieux depuis quelques temps, s'enquit Neji en tirant une chaise.
Il regarda, effaré, le désordre monstrueux qu'avait provoqué son cadet d'un an. Lui qui n'avait même plus le temps de suivre ses cours du soir, il espérait ne pas devoir en plus ranger les affaires des autres.
- Dis-moi, as-tu revu ton fantôme ?, blagua-t-il en voyant que Shikamaru ne répondait pas.
Aussi bien sa blague tomba comme un cheveu sur la soupe, aussi bien cela fit réagir le jeune homme qui scruta son homologue par-dessus ses sourcils. Neji prit une mine déconfite en sentant poindre l'amertume dans la voix de son ami.
- Ne me dis pas que tu crois aux histoires de fantômes !
- Qui croit aux histoires de fantômes ?
Les jeunes comparses se retournèrent vers la trésorière de l'association des élèves, Tenten. Le rôle de la jeune brune était simple, elle répartissait l'argent nécessaire aux investissements de chaque club. Cette dernière dévisagea Neji et Shikamaru, l'un après l'autre, en haussant les sourcils. Avait-elle interrompue une conversation privée et importante ?
- Shikamaru-kun !, répondit Neji. Figure-toi qu'il croit avoir rencontré plusieurs fois d'affilées le fantôme de la jeune fille qui s'est suicidée il y a trois ans.
Tenten resta interdite face à ses propos. Ses yeux couleurs chocolat fixèrent le coin d'un bureau, là où se tenait le dossier de Temari.
- Ne souille pas la mémoire de Temari-sempai, intervint la jeune fille, prenant un air contrarié, elle qui d'habitude avait le sourire collé aux lèvres.
Tenten avait connu la jeune fille blonde au cours de son année de première, alors que cette dernière entrait en terminal. La brune avait deux ans d'écart avec elle mais étant une surdouée au collège, elle avait sauté une classe, supplantant ses amis. Pendant cette année, Temari était devenue son modèle : fort caractère, douée pour les études, admirée pour son intellect auprès des professeurs. Autant dire que Tenten avait été très affectée quand elle avait appris le suicide de sa source d'admiration, au point d'oublier ses études et de redoubler. Jamais elle n'aurait laissé quelqu'un craché sur sa tombe.
- Même si elle avait peu d'amis, Temari était très appréciée. La plupart de ses professeurs ne cessaient de lui faire des éloges.
Cette phrase eut le don d'éveiller l'intérêt de Shikamaru, qui s'était morfondu quelques minutes parce qu'il ne trouvait aucun indice sur l'assassin du fantôme blond. Tenten semblait avoir été proche de Temari, Shikamaru allait tirer parti de cette complicité.
- Je ne comptais pas dire du mal de Temari, assura-t-il. D'ailleurs, te souviens-tu de ses professeurs ?
- Non, mais je suppose que ses deux frères cadets ont gardé ses affaires. Pourquoi tiens-tu à le savoir ?
Fallait-il leur révéler ce qu'il savait ? Shikamaru prit cinq secondes pour retourner cette question dans son esprit. Après tout, aucun de ses deux homologues n'avaient de réelles convictions sur la réalité du fantôme. Leur annoncer qu'il s'agissait d'un suicide déguisé les distrairaient sûrement quelques minutes, histoire de spéculer - Tenten irait même jusqu'à lui répéter de ne pas salir le souvenir de son modèle. Ils prendraient le jeune homme pour un dérangé puis repartiraient vaquer à leur occupation respective. Rien de bien alarmant dans leur futur comportement.
- Parce qu'elle ne s'est pas suicidée. Quelqu'un l'a jeté du toit.
La jeune fille parut horrifiée, au même titre que Neji.
- Et qu'est-ce qui te fait croire cela ?, rétorqua la brune en lâchant ce qu'elle avait dans ses mains.
- Ce sont ses frères qui me l'ont annoncé.
Bon, Shikamaru n'avait pas prévu que Tenten se mettrait à pleurer quand il annoncerait le meurtre. Il se traitait encore d'imbécile à l'heure qu'il était. Certes, il n'avait jamais apprécié les jérémiades des femmes, mais il aimait encore moins les entendre pleurer.
Tenten, après s'être calmée rapidement, avait proposé au jeune homme d'aller voir les deux frères deTemari, justement. Neji avait bougonné parce qu'il pensait que cette histoire de fantôme était stupide. Il avait répondu que de toute façon, ce n'était pas ses affaires et qu'il évitait de s'y mêler. Quant à Tenten, elle lui avait juste laissé l'adresse de la famille Sabaku.
Voilà comment il s'était retrouvé à appuyer d'un doigt lourd sur la sonnette d'entrée. La porte s'ouvrit sur le cadet de la famille.
Shikamaru fut frappé par la ressemblance entre Gaara et Temari. Les cheveux roux du jeune homme avaient rebiqué de la même façon que ceux de son aînée, la forme de leur visage respectif devait provenir du même moule et leurs yeux, d'une teinte verte profonde, possédait le même éclat. Comment avait-il fait pour ne pas remarquer cette relation physique entre la jeune femme et ses deux frères ? Ne parlons même pas de Kankurô, bien qu'il ait une mâchoire plus carrée.
- Un membre du comité des élèves, n'est-ce pas ?, intervint l'aîné, reconnaissant son vis-à-vis.
- Je m'appelle Shikamaru Nara.
- Entre.
Le brun obéit aux deux frères et fit un pas dans le hall d'entrée. La famille Sabaku habitait une maison classique. On fit asseoir le jeune homme dans un salon, près de la petite table dédiée à la mémoire de Temari, où reposait une stèle et brûlaient des bâtons d'encens.
- On t'écoute. Que veux-tu savoir à propos de notre sœur, maintenant ?
- Je n'ai pas de questions. Je voulais juste que vous m'autorisiez à jeter un coup d'œil dans ses affaires scolaires.
Les deux frères parurent perplexes à cette annonce, ce qui n'étonna pas le vice-président du comité des élèves. Gaara prit enfin la parole, lui qui n'avait cessé d'observer son frère et leur invité interagir.
- Tu cherches à découvrir qui a tué notre Grande Sœur ?
Que pouvait bien leur répondre Shikamaru ? Vu l'effet que cela avait produit sur Tenten, et même Neji, il se gardait bien de leur dire qu'il voyait et discutait avec le fantôme de leur aînée. Il hocha brièvement la tête.
Il n'en fallut pas plus au cadet. Ce dernier le somma de le suivre et tous deux débarquèrent dans une petite pièce sombre où un brin de lumière filtrait des stores baissés. Gaara alluma la lumière, dévoilant une chambre aux tatamis emplis de poussières. Shikamaru posa un pied à l'intérieur de la pièce tandis que le rouquin ouvrait un placard tout aussi empoussiéré. Il en sortit un carton où était marqué « Temari - Dernière année de lycée ». Il le tendit au jeune homme.
- Le reste de ses affaires scolaires est ici."
Shikamaru prit le coffret. Gaara s'inclina légèrement et quitta la pièce sans un mot.
Seul dans l'antre privée de la jeune fille blonde, il ne put s'empêcher de rester immobile, à contempler les quatre murs de la pièce, le lit, la commode, le store baissé. Une musique douceâtre et fictive s'éleva peu à peu du fond de son esprit et il se surprit à imaginer Temari vivre ici. Il ferma les yeux et la vit étendue sur son lit à lire un livre, ou bien face à la fenêtre, contemplant le soleil couchant. Shikamaru se sentit étranger à cette pièce mais proche de cette ambiance, de cette scène imaginée par son esprit, comme si elle avait eu lieu il y a peine quelques heures.
Il n'aurait pu dû s'asseoir sur le lit, mais le jeune homme avait envie de toucher le plus d'affaires possibles de la blonde. Depuis son plus jeune âge, il s'était promis de ne jamais s'immiscer dans des affaires qui ne le concernaient pas, de ne jamais prendre de responsabilités aux lourdes conséquences. Pourtant, à cet instant précis, il avait envie d'être concerné. Il était concerné. Il avait envie de prendre des responsabilités. La responsabilité de découvrir qui avait osé tuer Temari.
Mais plus que tout, il avait envie de la connaître.
Le brun se décida à ouvrir le carton. Comme la plupart des informations qui concernaient Temari avaient disparues de son dossier, Shikamaru s'était décidé à demander de l'aide auprès des jeunes frères de la victime. Tout cela l'avait mené devant un vieil agenda complètement défiguré par de multiples stickers et photographies autocollantes. Il l'ouvrit, mettant dans l'ombre les effigies des groupes de musiques préférés et de personnages inconnus à ses yeux.
Des feuilles glissèrent sur la couverture du matelas, certaines tombant sur le sol. On pouvait déchiffrer à travers l'écriture opaque de Temari des « changements de salles pour l'arithmétiques » ou bien « Ne pas oublier de rendre le livre sur les Samourais de l'Ancien Temps à la bibliothèque ».
Et à travers ce fouillis de feuilles griffonnées, il y avait l'emploi du temps. Shikamaru l'ouvrit. En dessous de chaque matière était inscrit le nom du professeur et la salle de cours, dont le jeune homme en reconnut quelques uns. Il avait donc plusieurs professeurs en commun avec elle. Shikamaru plissa alors les yeux face à un détail étrange. Chaque case-horaire indiquant un cours de japonais était barrée. Les traits anarchiques se faisaient plus violents au-dessus du nom du professeur. Le jeune homme pressa son doigt sur la tâche sombre, effaçant progressivement le charbon du crayon de papier qui avait fait de telles ratures.
Effaré, il reconnut aussitôt le nom. Pour cause ? C'était son professeur actuel de japonais :
Yamazaki Hidan.
C'est tout pour ce chapitre ! A la semaine prochaine !
