Encore merci pour la review, même une seule ça me fait plaisir hein ^^. Oui la fin de la mère de Lisa est triste mais il le fallait…
Pour l'échange lycanthrope… ben là surprise, ça sera pour le prochain chapitre :p
Merci pour l'intérêt porté à la fic )
Ce chapitre peut sembler un peu long mais il y a des éléments que je dois mettre pour la suite ^^
-4-
Le voyage de retour fut extrêmement pesant. Ethan avait tenu à m'accompagner à Los Angeles, car il sentait que j'aurai beaucoup de mal à tenir le coup. Et puis, même s'il s'était senti délaissé par notre mère –voire même renié- il l'aimait et il serait présent à son inhumation. Il ne prononça pas un mot durant tout le vol qui nous ramenait chez nous. Nous n'étions pas seuls. Sam avait appelé l'hôpital où il travaillait pour leur dire qu'il allait prêter main forte à celui de Los Angeles, dans lequel je bosse. En vérité, il allait aider mais surtout garder un œil sur moi, étant donné que j'allais faire tout mon possible pour les aider aussi. Plusieurs infirmiers et médecins étaient réquisitionnés pour prêter main forte sur ce qui resterait une catastrophe pour la ville. J'avais apprécié son engagement à aider le service des urgences et aussi, je devais l'admettre, sa présence à mes côtés. Je me sentirai moins démunie face à ce qui nous attendait.
Puis il y avait Warren et Ben aussi. Ils nous accompagnaient pour veiller au grain. Quand je parle de grain, je parle surtout d'Ethan. Il était en plein apprentissage de la vie de meute et en période de pleine lune, il devait être étroitement surveillé par des loups de plus grande expérience. Warren et Ben furent désignés pour veiller à ce qu'il n'aille pas profiter de sa liberté pour aller égorger un innocent. Surtout que je serai très peu présente avec le travail qui m'attendait. Warren avait accepté tout de suite sans rechigner. Ben lui, avait râlé qu'il avait un métier lui aussi et qu'il allait encore se faire allumer par son chef. Daryl lui promis de le couvrir. Ce fut donc un Ben nonchalant et bougon qui monta dans l'appareil et s'installa deux sièges derrière moi dans l'appareil. Ethan était à mes côtés et Warren, un peu plus en avant, à côté d'une vieille dame qui lui faisait la conversation. Sam se trouvait en arrière aussi, à côté d'un homme déjà en train de ronfler après avoir pris ses somnifères. Ben, lui, avait hérité d'un charmant gamin qui lui montrait sa panoplie de Playmobils, avec lesquels il s'amusait à les faire combattre. Chose dont Ben se moquait royalement en préférant regarder vers le hublot à ce que j'observais en me retournant de temps en temps pour voir si tout le monde était bien dans son élément. Après tout, je savais qu'Ethan n'était pas très à l'aise en avion, c'était peut-être le cas de tous les loups-garous ?
Je regardai le ciel par mon hublot en me rappelant de souvenirs de notre enfance, à Ethan et moi. Les fois où on allait voler les pommes chez le voisin, quand maman l'apprenait, elle nous grondait gentiment mais elle était tout de même bien contente de les avoir ces pommes…, la fois où Ethan avait voulu sortir la voiture du garage et avait emboutit le lampadaire. Là, maman rigolait moins et l'avait privé de sortie tout un mois. Quand j'avais des crises d'asthme et que maman me surprotégeait, croyant que j'allais les quitter d'une seconde à l'autre à chaque fois que je manquais d'air, Ethan lui faisait comprendre que j'allais finir étouffée par elle. Nouvelle punition pour lui avoir parlé de la sorte… La fois où mon premier petit copain était venu à la maison et Ethan lui avait collé son poing dans la figure parce qu'il lui avait manqué de respect, maman avait encore une fois été furieuse après lui, et moi je n'avais plus voulu lui parler pendant une semaine.
Puis le moment où Ethan commença à changer en loup-garou vers ses quinze ans arriva et là tout se bouleversa. Maman le croyait possédé et avait fait appel à un prêtre pour l'exorciser, celui-ci lui avait répondu qu'il ne pouvait rien faire contre les créatures du diable de cette sorte et que seul la prière pourrait peut-être lui ôter le malin qui coulait dans ses veines. Maman était devenue une fervente croyante après ça. Elle lançait de l'eau bénite sur Ethan plusieurs fois par jour, croyant que ça arrangerait son état. Voyant que son fils ne changerait jamais d'apparence et quand il lui avoua qu'il avait tué plusieurs clochards ou animaux, elle fut horrifiée et prit peur. Elle voulait me protéger et lui somma de partir sur le champ de la maison. J'avais moi aussi peur à ce moment-là car nous avions découvert avec mon frère que son pouvoir m'était utile pour améliorer mon état de santé. Une morsure et mes symptômes disparaissaient pendant plusieurs semaines. C'est en jouant un peu trop violemment que nous avions découvert cette capacité. J'en étais affreusement déboussolée et Ethan encore plus, car il pensait m'avoir tuée.
Mais à présent, notre mère était morte. Certes elle avait plus d'affection pour moi que pour lui, mais je savais qu'elle l'aimait quand même. Il était son fils et elle ne l'aurait jamais oublié. Elle me le disait quand je venais lui rendre visite toutes les semaines. Elle prenait de ses nouvelles et dans son regard triste, je savais qu'elle regrettait son geste. Surtout depuis que les loups-garous s'étaient révélés au monde entier.
Arrivés à l'aéroport, nous prîmes nos valises et allèrent directement vers la station de métro la plus proche. L'avantage de vivre dans le centre-ville, au moins, ça facilite la vie question transport. Mais un détail me chiffonna. Notre appartement était petit pour loger 5 personnes. Qui plus est 4 loups-garous mâles.
- Question bête mais, comment va-t-on faire pour dormir ? On n'a que deux chambres et le salon, on sera vite à l'étroit…leur dis-je en les regardant.
- Un dans ma chambre par terre et les trois autres dans le salon, ça devrait aller.
- Ils vont s'entasser dans le salon tu veux dire…
- Je prendrai une chambre d'hôtel, ne vous en faites pas pour moi, nous annonça Sam.
- Comme tu veux. Il y en a un à quelques pâtés de maison, dit Ethan.
Ça m'ennuyait qu'il doive dormir ailleurs mais nous n'avions pas trop le choix. On serait les uns sur les autres dans l'appartement et je n'appréciai pas cette idée d'étouffement. Quand nous sortîmes de la station de métro, la chaleur était étouffante et l'agitation régnait encore après l'accident. Des sirènes retentissaient un peu partout et on voyait encore la fumée au loin qui se dessinait. Ils avaient encore du pain sur la planche pour évacuer toute la zone. Ce qui provoquait un embouteillage monstre dans le centre par conséquence. Je nous faisais avancer vers la résidence où nous habitions avec Ethan et les fit entrer. L'air était saturé et sentait un peu le renfermé mais au moins il faisait frais dans l'appartement, vu que les volets étaient resté fermés. Je me dépêchais de les entrouvrir pour qu'on y voie plus clair.
- C'est sympa ici, pas mal grand pour un appartement en centre-ville… lança Warren en faisant le tour du propriétaire.
- Juste ce qu'il faut. On tiendra à quatre sans soucis. Sam, on comprend que tu seras plus à ton aise à l'hôtel… répondit Ethan en posant les affaires un peu partout dans le salon. J'y pense…
Il me regarda, l'air d'hésiter.
- Quoi ?
- On aurait pu aller loger dans la maison de maman…
J'eus un pincement au cœur en l'entendit parler d'elle. J'essayais de laisser la douleur de côté mais quand on en parlait, elle refaisait aussitôt surface. Habiter chez elle, alors qu'elle venait juste de… Non, c'était au-dessus de mes forces. Il compris mon sentiment et préféra ne pas poursuivre.
- Laissez tomber, c'était une mauvaise idée.
- Nous verrons plus tard, pour le moment nous sommes un peu dans l'urgence. Lisa, quand pourrons-nous partir à l'hôpital ? Que je me mette vite dans le bain…
Sam avait posé son sac dans un coin de la pièce et était déjà prêt à repartir.
- On va partir. Ethan, vous restez ici ?
- Mais je ne dois pas venir pour… ben tu sais… reconnaitre…
- Tu feras ça plus tard. Pour l'instant je vais y aller, et je pense que tu pourras venir après.
J'essayais de rester calme et posée mais les sanglots dans ma voix trahissaient le manque total de confiance en moi.
- D'accord. Je vais leur faire un rapide tour de quartier et aussi les quartiers chauds.
Je fronçai les sourcils en le dévisageant.
- Tu réfléchis parfois quand tu parles ? Tu es ici avec des loups garous d'une meute étrangère et tu veux les conduire à un endroit où une autre meute « règne » ? Très très intelligent de ta part là…
- Justement, il faut qu'on sache ce qui nous entoure petite sœur… tu sais combien on m'aime par ici.
Je secouai la tête en signe d'incompréhension. Mon frère était devenu fou. Autant aller directement voir Conrad, l'Alpha du coin avec une pancarte marquée : « Loups étrangers en quête de découverte, zigouillez nous. »
- Fais comme tu veux après tout, c'est ton loup…
Je lui faisais bien comprendre le sous-entendu en appuyant sur le mot « ton ». Il secoua la tête à son tour. Je me tournai vers Sam.
- On y va ?
- Je te suis.
Je laissai donc Ethan en compagnie de Warren et Ben, sortant accompagnée de Sam. Nous prîmes ma voiture restée au parking sous-terrain, une Chevrolet dernier cri, j'avais fait une folie, ça je le savais mais ça avait du bon de gagner sa vie convenablement et de partager le loyer avec son frère. Lui roulait bien en moto, alors…
Sam s'installa et je le sermonnai quand je vis qu'il n'attachait pas sa ceinture.
- Je ne vais pas mourir en passant à travers le pare-brise tu sais.
- Ca je sais. Mais je n'ai pas envie d'avoir un PV parce que tu veux prouver qu'un loup-garou peut survivre à un accident de la circulation.
Il sourit et s'attacha à son siège, me montrant avec exagération qu'il bouclait bien sa ceinture. Nous arrivâmes à l'hôpital quelques minutes plus tard, quarante pour être plus précise. J'aurai du écouter ma première idée et prendre le métro mais j'avais voulu éviter la cohue des sorties de bureau par cette chaleur, et la clim était un avantage certain dans l'habitacle. Résultat, avec les dégâts causés par le carambolage, beaucoup passaient par le centre-ville, ce qui causait des embouteillages. Je décidai de me garer sur une place qui venait de se libérer.
- On va marcher, on ira plus vite, l'hôpital n'est qu'à cinq minutes à pieds d'ici.
Nous prîmes donc les raccourcis que je connaissais pour nous retrouver finalement devant l'hôpital. Des voitures se garaient un peu partout, des gens couraient dans tous les sens, les sirènes n'en finissaient plus de retentir, nous croisâmes une femme en pleurs dans les bras d'un homme plus jeune –sûrement son fils- qui venait sûrement d'aller reconnaître le corps d'un membre de sa famille. Je repensai à ma mère à ce moment-là. Moi aussi il me faudrait aller reconnaitre son corps et je sentis des larmes couler. Je les essuyai rapidement. Ce n'était pas le moment de flancher alors qu'une dure et longue journée m'attendait.
- Ca va ?
Sam me regardait avec un air inquiet, il sentait la tristesse qui m'envahissait et je lui souris.
- Oui, ça passera. Allons voir les urgences, je vais te présenter au chef de service.
Il me suivit et nous eûmes du mal à nous créer un passage au service des urgences. Il y avait un tel monde –autant médical que visiteurs- que j'eu du mal à me faire reconnaître par la fille de l'accueil.
- oh ! Lisa ! C'est le ciel qui t'envoie, on a du boulot par-dessus la tête ! Tu es rentrée plus tôt du coup !
Elle s'appelait Anne, une grande brindille comme on aimait à le dire. Pas vilaine de visage mais sa maigreur lui donnait un air fragile, accompagné par sa voix toute fluette. On se demandait si sa taille ultra file était dû à son métabolisme ou si l'anorexie n'était pas sa façon de vivre chez elle. Bien sur, on penchait plus pour la seconde option. Après tout, il fallait bien plaire à Lawer, le chef de service, et comme il aimait les jolies filles minces… Nous parlions parfois pendant notre pause commune, mais je n'avais pas plus d'affinités avec elle.
- Oui. Lawer est ici ? J'aimerai lui présenter le docteur Samuel Cornick, urgentiste à l'hôpital de Portland, il est venu nous donner un coup de main.
Qu'avais-je dis là. Un homme qui plus est médecin et pas laid à regarder, évidemment la prédatrice avait déjà verrouillé sa nouvelle cible. Sa proie ne partirait pas d'ici sans qu'elle tente quelque chose.
- Enchantée docteur Cornick, je suis Anne. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, n'hésitez pas. Nous vous sommes éternellement reconnaissants pour l'aide que vous allez nous apporter.
- Ravi Anne.
Sam devait sentir qu'elle sautait sur la moindre occasion de draguer et me regarda, comme s'il me demandait de passer à la suite rapidement.
- Lawer est en train de s'occuper d'un blessé du carambolage il me semble.
- Ok. Viens, dis-je à l'adresse de mon père.
Nous allâmes donc dans les couloirs des urgences, croisant les blessés de l'accident pour la plupart. Certains repartant avec une jambe dans le plâtre, d'autre attendant leur tour pour ceux qui n'étaient que légèrement blessés. Des médecins faisaient même les consultations dans le couloir, par manque de places dans les salles d'observation. Quelqu'un hurla à un moment et on ferma un rideau pour que la personne ait plus d'intimité. J'entendis qu'on demandait à une infirmière d'aller chercher de nouvelles compresses, elle passa derrière le rideau et je reconnus Margaret. Quand elle me vit en face d'elle, elle eut l'air étonné puis me pris dans ses bras.
- Oh ma chérie ! Je suis si triste pour toi…
Elle me regarda, guettant une larme de ma part. Mais je me retins comme je le faisais depuis l'annonce de la mort de ma mère. Elle vit Sam derrière moi et m'interrogea du regard.
- Je te présente le docteur Samuel Cornick, il est venu nous prêter main forte.
Je n'arrivai pas à dire qu'il s'agissait en fait de mon père, car déjà il paraissait assez jeune, ce qui aurait semblé louche aux gens que l'on croiserait et ensuite parce que ma mère avait toujours dit qu'il était décédé avant qu'on ne vienne au monde. Présenter un mort me vaudrait une série d'explications à chaque fois et je n'avais ni l'envie, ni le temps de le faire. Elle lui sourit, comme soulagée de le voir.
- Merci dans ce cas ! Lawer est derrière le rideau ma belle, il va être ravi de te voir et d'avoir un doc de plus sous la main !
Puis elle pris une mine attristée, comme gênée.
- Si tu veux dans la journée… aller la voir… n'hésite pas.
Je lui souris poliment.
- J'irai… plus tard, je n'ai pas le courage pour le moment et nous avons trop de travail.
- Comme tu veux. Je dois vous laisser, c'est un sacré bazar ici…
Elle me fit une grosse bise sur la joue et se dépêcha de partir alors que la voix de Lawer s'élevait derrière le rideau.
- Nom de dieu ! Vous allez me les apporter ces fichues compresses ! Ca pisse le sang !
J'en prenais un paquet qui trainait sur un chariot juste à côté et tirai le rideau pour le voir en train d'essayer d'arrêter une plaie au niveau du genou d'un patient. Il avait dû prendre un morceau de métal tranchant à cet endroit-là. Je tendis les compresses à Lawer qui les prit sans regarder. En le voyant aussi énervé et suant à pleines gouttes, on avait du mal à s'imaginer le beau docteur Lawer, chef du service des urgences dont toutes les filles rêvaient discrètement d'aller dans la lingerie pour voir s'il avait la réputation qui le précédait : un étalon de première. Un coureur de jupon oui selon moi. Il avait déjà tenté de me draguer une fois, il n'avait jamais plus recommencé après avoir reçu un coup de coude –involontaire- de ma part dans une partie de son anatomie assez douloureuse. Involontairement voulu on dira… Il était beau garçon, la quarantaine, les cheveux noirs plaqués sur le crâne, des yeux noisettes au regard pénétrant et un sourire à en faire tomber plus d'une. Pas étonnant que la plupart des femmes qui venaient aux urgences pour se faire soigner repartaient avec le sourire aux lèvres et des fantasmes plein la tête par la suite…
- Maggie, il faudrait que vous me fassiez des points de suture au …
Il tourna la tête dans ma direction et eut l'air surpris de me voir.
- Lisa ! Quelle surprise ! Venue en renfort ? Oh je suis désolé pour votre mère. Nous avons essayé de…
- Je sais, merci, le coupais-je. Je suis venue avec le docteur Samuel Cornick, venu nous aider.
Il détailla mon père et acquiesça.
- Ravi d'avoir un collègue de plus, ce n'est pas de refus ! Lisa, je vous laisse lui montrer où se trouvent les blouses et le matériel, je dois finir ce patient… si Maggie se dépêche un peu !
Maggie –Margaret- arriva justement, un énorme paquet de compresses dans les mains.
- Tout de même ! Dépêchez-vous, ça continue de pisser le sang !
Nous sortîmes alors que Margaret s'empressait de changer les compresses du blessé. Je conduisis Sam dans la lingerie pour lui passer une tenue et lui fit déposer ses affaires personnelles dans mon casier. Ce fut alors le début d'une longue journée pour nous deux. Les blessés se suivaient et nous devions faire preuve de courage devant certains cas désespérés. Comme cet homme qui avait l'abdomen transpercé par des barres métalliques. Ce serait un mort en plus dans la liste des disparus de l'accident de L.A. J'avais réussi à faire une micro pause de cinq minutes, le temps d'avaler un café et un biscuit pour éviter l'hypoglycémie. A la fin de la journée vers 20 heures, on amena un petit garçon aux urgences. Je pensais qu'il avait été pris dans l'accident mais en voyant l'état de sa jambe, je me dis qu'il était impossible que ce soit le cas. Les accidents ne mordent pas…
- Que lui est-il arrivé ? Demandais-je à sa mère paniquée.
- Un… chien ou un loup, je ne sais pas, il était immense, il lui a sauté dessus ! Mon dieu, regardez sa jambe !
- C'était une saloperie de loup-garou tu veux dire ! Y'en avait même deux, et ils se sont battus, sûrement pour savoir qui l'aurait en dîner ce soir !
Le mari était arrivé avec les affaires de son fils dans les mains, pris de panique. J'haussai un sourcil en entendant les mots « saloperie de loup-garou ». Effectivement, ça ressemblait à une morsure faite par l'un d'entre eux. Sam était occupé à côté mais il fallait qu'il vienne s'en occuper lui-même, il saurait quoi faire.
- Je reviens, Natacha, tu t'occupes de lui administrer un calmant ? Je vais chercher le docteur Cornick.
Je sortais et le trouvai dans le couloir, la tête baissée et les yeux fermés. Je m'approchai lentement, quelque peu inquiète.
- Sam ? Ca va ?
Il rouvrit les yeux et les cligna, sortant de ses pensées. Il avait le regard légèrement jaunâtre.
- Je fais une pause. J'ai vu du sang toute la journée, je sais que je suis un pro pour me contrôler mais il faut quand même avouer que la dose est forte aujourd'hui, me dit-il en souriant.
- Ah. Oui je comprends. Ce n'était peut-être pas une bonne idée alors..
- Si, vous avez besoin d'aide, je ne fais que mon travail après tout. D'ici quelques minutes ça ira. Tu voulais quelque chose ?
J'hésitai à lui parler du garçon avec une morsure de loup-garou, sa plaie était ensanglantée et devait sûrement sentir le loup à plein nez, ce qui risquait de l'exciter.
- Et bien, il vient d'arriver un garçon avec une morsure à la jambe…
Il n'attendit pas plus et s'empressa de passer devant moi pour aller voir ce dont il s'agissait. Je perçus un léger grognement de sa part, mais imperceptible aux oreilles des autres personnes présentes.
- Ah docteur, regardez ! Il a bien été attaqué là !
- 'Te foutrais tout ça à l'abattoir… continuait le père, visiblement peu aimant des créatures magiques. On va tous se faire bouffer, vous verrez !
Sam ne le regarda pas et continua d'observer la plaie occasionnée par le loup-garou. Je restai à ses côtés pendant qu'il prodiguait les premiers soins. J'admirai la qualité de son travail, patient et méticuleux. Mais je sentais qu'il se retenait énormément aussi, surtout aux dires du père qui continuait de proférer des insultes vis-à-vis des loups-garous.
- Il va falloir l'emmener en chirurgie réparatrice, on ne pourra rien faire avec des points de suture.
- Il va s'en sortir docteur ? Lui demanda la mère, pleurant chaudement.
- Oui, mais il va falloir lui recoudre les chairs et je ne peux pas le faire ici.
- Mais… il ne va pas se… se transformer en…
- En loup-garou ? Non. Il aurait fallu qu'il soit mourant pour ça.
Toutes ces questions sur les loups-garous commençaient à l'agacer à ce que je pouvais remarquer en voyant la jointure de ses doigts blanchir à force de les serrer.
- Vous pouvez appeler un chirurgien ? Demanda Sam à Natacha, l'infirmière qui m'aidait.
Sam me pris par le bras et nous isola dans une partie du couloir. Il avait l'air en colère.
- Qu'est-ce qui se passe ?
- L'odeur de loup… il y en avait deux. Un que je ne connais pas et l'autre, c'était ton frère. Tu peux m'expliquer en quoi consiste sa chasse habituelle ?
J'étais horrifiée. Non, Ethan ne pouvait pas avoir mordu ce garçon délibérément ! Il ne chassait en plus que la nuit et uniquement des sans domiciles. Je sais ça peut paraitre horrible dis comme ça, mais c'était ça ou des familles détruites.
- Il ne s'en prend qu'aux SDF habituellement parce que personne ne parle de la mort ou de la disparition de clochards…
Il sembla encore plus énervé, ses yeux changeant de couleur à nouveau.
- On doit se forcer à chasser des animaux ou on est condamnés à se faire éliminer par la meute du coin ! Je suis même étonné qu'il soit encore de ce monde ! Il faut aller le chercher. Et Ben et Warren, qu'est-ce qu'ils fichaient, ils sont sensés rester avec lui !
- Je ne sais pas ! Ecoute, je ne peux pas partir d'ici, il reste encore du travail, mais rentre et essaye de les trouver, ils ont dit qu'ils allaient faire un tour…
Sam me considéra un instant, se calmant lentement. Puis il souffla de mécontentement et acquiesça.
- D'accord. Je rentre voir s'ils sont revenus et si jamais ce n'est pas le cas, je crois qu'on va avoir un gros souci.
Je le regardai s'éloigner en priant pour qu'Ethan n'ai rien fait et qu'il ne lui soit rien arrivé. Je ne le revis pas de la soirée. Je passai ma nuit aux urgences une fois de plus, dormant une petite heure pour récupérer un peu. Autant dire que le lendemain, la fatigue s'accumulait et que j'avais un peu de mal à faire mon travail avec rapidité ou vigilance.
- Lisa…
Je me retournai en sursautant quand j'entendis la voix de Margaret m'appeler doucement alors que je rangeais mon chariot.
- Tu devrais rentrer chez toi, l'agitation s'est calmée tu sais, on pourra se débrouiller. Tu n'as presque pas dormi…
- Ca va je t'assure.
- As-tu été la voir au moins ?
Quand on est occupé à cent pour cent dans une journée, l'avantage, c'est qu'on met ses soucis et ses peines de côté. Mais quand on revenait à la réalité, on s'apercevait qu'il fallait avancer avec ses douleurs.
- Non je vais y aller je pense.
Elle me sourit et me frotta le dos en un geste affectueux et réconfortant.
- Je suis là si tu as besoin.
Je lui sourit et allai en direction de la morgue.
