Enfin! Je sais, j'ai mis beaucoup de temps à publier ce 4eme chapitre, ça devient un peu compliqué de concilier l'écriture avec les cours, les révisions et tout ce qu'il y a à côté. Mais je m'accroche! En revanche je ne peux pas vous garantir que je publierai plus régulièrement et plus rapidement les prochains chapitres. J'espère ne pas vous avoir trop fait languir,
bonne lecture!
Chapitre 4
Confessions
17h30.
Je venais tout juste de terminer l'aménagement de mon salon. J'avais passé l'après-midi à finir les peintures, faire des pochoirs, coudre des rideaux, monter des étagères, ranger mes cartons et installer le tissu sensé recouvrir mes sièges et mon canapé. Couverte de sueur, de peinture et de lambeaux de bois, je me tenais au milieu de la pièce et j'admirais mon oeuvre. La douce lumière d'un coucher de soleil d'automne faisait scintiller les parties des murs qui n'étaient pas tout à fait sèches. J'étais dos à la salle de bain et j'admirais le mur d'en face. C'était de loin celui dont j'étais le plus fière. J'avais réussis à reproduire en grand le visage d'une femme indienne que j'avais pris en photo lors d'un voyage à l'aide d'une simple éponge et de trois couleurs. Le reste des murs était peint dans des couleurs chaudes et j'y avais ajouté par ci par là des frises et des pochoirs. Je n'avais pas eu besoin de retoucher beaucoup à ma cuisine, je m'étais contenté de repeindre les carrelages de toutes les couleurs et j'avais fait de même avec ceux de la salle de bain.
Après avoir pris une douche, je m'asseyais dans mon canapé, une bière à la main comme récompense pour le travail accompli. Je sortis du tiroir de la table basse un paquet de cigarettes. Je ne fumais pas en général, mais j'aimais bien en allumer une pour me détendre après une journée éprouvante. L'allumette craqua et je pris une bouffée. La fumée que je recrachais formait de gros volutes qui dansaient dans la lumière au dessus des abats-jours de mes nouvelles lampes de chevet. Je restais ainsi assise tout en sirotant ma bière jusqu'à ce que j'eus finis ma cigarette. Je pris alors mon téléphone et appelais Edward.
- Allô ? Demanda-t-il
- Salut c'est Bella. Ton père va mieux ?
- Oh Bella, salut, répondit-il, oui, oui beaucoup mieux, ils l'ont laissé sortir ce midi, merci de demander. Je suis sur la route, j'arrive d'ici une demi-heure. Ça été pour le devoir ?
- Nikel, j'ai trouvé facilement, dis-je. Dis moi, tu as quelque chose de prévu ce soir ?
- Non, rien de spécial, pourquoi ? Demanda-t-il.
- Figures toi que je viens de terminer mon appartement, ça te dirait une petite pendaison de crémaillère ? Lui proposais-je.
- Évidemment ! S'exclama-t-il. J'attends ça depuis un moment ! À quelle heure veux tu que je vienne ?
- 19h30 ce serait parfait, je m'occupe du repas, tu n'auras qu'à t'occuper des boissons.
- Pas de problème, je dois juste passer chez moi, Éric attend avec impatience le reste de ragoût que ma mère lui a mis de côté et si je ne lui amène pas directement, j'ai bien peur que notre collocation en souffre.
Je me mis aux fourneaux directement après avoir raccroché. J'avais tous les ingrédients pour faire des Bujitos et je possédais la meilleure recette de chili con carne au monde. Je mis un CD des Black Angels dans ma stéréo et m'attelais à la tâche. Depuis que j'étais arrivée, je n'avais pas encore eu l'occasion de faire la fête et j'avais passé mes soirées à lire, dessiner, développer mes photos ou regarder la télé. J'accueillais ce changement avec joie, de plus, nous n'avions pas cours le lendemain alors «modération» ne faisait pas partie des mots d'ordre de la soirée. Une fois terminé, je mis à mijoter le plat et m'affairais à disposer les verres et les amuses gueules sur la table du salon. Je levais les yeux vers la grosse pendule industriel que j'avais récupéré dans une braderie, 19h20. Ça me laissait tout juste le temps de me changer car, bien sûr, j'avais mis autant de sauce sur mes vêtements que dans mon plat.
La sonnette retenti dans l'appartement. Edward m'attendait derrière la porte et il avait l'air tout aussi impatient que moi. Au moment où je lui ouvris, il brandit de derrière son dos un énorme pack de bière.
- Tout ça ?! M'écriais-je. Mais t'es fou, on est qu'à deux et j'ai déjà prévu du vin pour aller avec le repas !
Il se mit à rire et répondit.
- Oui mais demain on a pas cours donc la soirée va être longue, surtout qu'Éric m'a dit qu'il y avait des soirées de prévues un peu partout dans les dortoirs universitaires !
- Hmm, longue soirée en perspective, en effet, approuvais-je. Allez entre, le suspens à assez duré.
Aussitôt dit, aussitôt fait, Edward s'était rué à l'intérieur comme si il avait le feu aux fesses. Je le suivis et failli lui rentrer dedans. Il s'était arrêté en plein milieu du chemin, bouche bée.
- C'est... c'est toi qui a fait tout ça ? Demanda-t-il comme si il n'en revenait pas.
- Euh, oui, c'est moi, hésitais-je, sa réaction me mettait un peu mal à l'aise.
- Eh bien, il va me falloir plus d'une bière avant que je m'y habitue, plaisanta-t-il. Sérieusement Bella, je trouve ça super et j'avoue que même si je préfère la sobriété, je ne suis pas contre l'idée que tu viennes chez moi redonner un peu de vie à l'appartement !
- Contente que ça te plaise.
Il devait être 22h30 et nous venions de commencer à manger. En début de soirée Edward avait proposé un jeu pour mieux se connaître, il fallait raconter une de nos expériences et si l'autre avait déjà connu quelque chose de similaire il devait boire. Au fur et à mesures des confidences et des gorgées avalées, il réinventait les règles, ce qui eu pour effet de nous faire boire encore plus et nous n'étions plus du tout dans notre état normal. Edward s'était mis à chanter à tue tête sur une de ses chansons préférées et j'avais du mal à aligner les mots correctement pour lui faire comprendre qu'il chantait très faux. Je devais en être à peu près à mon sixième aller-retour aux toilettes et à mon dixième fou rire de la soirée. Edward avait même dû me venir en aide pour transporter les plats sur la table mais nous nous étions vite rendu compte que pour notre sécurité, il était plus judicieux de manger dans la cuisine.
- Hmm, Bella, s'extasia Edward, tu cuisines vraiment bien, et ce vin! Merveilleux.
- Merci, mais vas y mollo, lui conseillais-je en rigolant, ou sinon je vais devoir te traîner jusqu'au campus.
- Oh oh, ne me tente pas... plaisanta-t-il.
Après manger, Edward reçu un coup de fil d'Éric, il était déjà sur place est apparemment lui aussi avait bien bu. Il nous suppliait de venir le rejoindre car il avait rencontré une fille extraordinaire et que tout ne se passait pas comme prévu. Quand il eu raccroché, je questionnais Edward. J'avais cru comprendre qu'Éric était un tombeur et plutôt du genre à ramener assez facilement des filles chez lui. Il m'expliqua que lui aussi était étonné et qu'il se demandait si son colocataire n'était pas enfin tombé amoureux. Nous décidâmes d'aller le rejoindre et comme ni lui, ni moi ne pouvions prendre le volant nous y allâmes à pied. Edward avait pris le vin et le reste des bières, et il en restait un paquet, sous prétexte que ma cuisine l'avait rendu complètement sobre. Il était agréable de marcher, la nuit était plutôt chaude et une odeur de feuilles mortes flottait dans l'air. Je ne saurais dire si c'était le vin ou le fait qu'on soit dans l'obscurité qui me poussa à lui poser la question.
- Qui est Tanya ?
Même dans le noir je pouvais deviner son expression.
- Oh... Edward, je suis désolée, excuse moi, vraiment, je sais pas ce qui m'a pris...
- Comment tu es au courant ? C'est Éric qui... demanda-t-il froidement.
- NON, non, l'interrompais-je, c'est moi, quand j'ai récupéré ton devoir sur ton ordinateur, je suis tombée sur son dossier par hasard. Je suis désolée, mais je t'assure, j'ai tout éteint tout de suite après.
Il y eut un silence qui sembla durer des heures. Pour la première fois avec lui, je me senti gênée. Puis sa voix s'éleva dans la pénombre.
- C'est une fille que j'ai aimée, il y a longtemps, mais elle est partie.
- Edward... T'es pas obligé...
- T'inquiètes pas, j'ai envie de t'en parler. C'était ma voisine quand j'habitais chez mes parents. Elle était géniale mais un peu trop influençable. Elle s'est mise à fréquenter les mauvaises personnes et puis elle m'a laissé. J'ai eu et j'ai encore beaucoup de mal à m'en remettre et à l'oublier.
Je ne savais pas quoi répondre alors je lui tendis la bouteille de vin. Il prit deux longues gorgées et je le vis sourire en me rendant la bouteille alors que l'on passait sous un lampadaire.
- Dépêche toi petite fouineuse, Éric va s'impatienter.
- Edward...
- C'est bon Bella, je plaisantais. Allez, on est presque arrivé.
Et il avait raison, on entendait déjà la musique et le brouhaha d'une fête s'amplifier à mesure que l'on se rapprochait des bâtiments. Je n'avais jamais participé à ce genre de soirée pour la simple et bonne raison que j'avais toujours eu du mal à me lier aux autres personnes. Au lycée, je faisais partie de ceux qui restait dans leur coin, trop intimider pour aller vers les autres et trop soucieuse de ne pas attirer l'attention sur moi. Il faut dire aussi que je ne voyais pas l'intérêt d'appartenir à un groupe si les gens qui le composaient n'étaient pas intéressants, je trouvais ça hypocrite et je détestais l'hypocrisie. Ce soir était donc pour ainsi dire mon «baptême» social. Je pris une grosse gorgée de vin pour me donner du courage et me réchauffer le coeur et accélérais le pas. À peine arrivés à l'entrée du bâtiments le plus proche, nous vîmes Éric se ruer vers nous.
- Enfin, vous êtes là ! S'écria-t-il. Je ne savais plus quoi faire, je crois qu'elle me prend pour un fou !
- Salut Éric, répondit Edward, tu te souviens de Bella ?
- Oui, oui, la fille à la voiture de rêves !
Il se tourna vers moi et reprit.
- C'est bien que tu sois là, tu vas pouvoir m'aider, après tout, tu es une fille. Alors voila, elle s'appelle Angela, elle est magnifique...
- Hey! s'exclama Edward, laisse la respirer, on vient juste d'arriver !
- Ah, euh, oui, pardon... bredouilla-t-il.
- Tiens, dit Edward en lui tendant une bière, explique nous tout avant qu'on entre, on va voir ce qu'on peut faire.
Nous nous assîmes sur un banc non loin de là tandis qu'Éric nous expliquait son problème. Apparemment Angela assistait à un des ses cours et c'est comme ça qu'il était tombé sous son charme. Il nous raconta à quel point elle était intelligente est amusante et comment il avait essayé d'attirer son attention par tous les moyens possibles jusqu'à ce qu'il mette involontairement le feu à sa chemise en voulant lui montrer un tour de magie.
- Après ça, elle doit sûrement penser que je suis un débile profond. Soupira-t-il.
- Dis moi Éric, les filles avec qui tu es sorti, elle n'était pas un peu superficielles par hasard ? Demandais-je.
- Non, répondit il.
- Hum hum, toussota Edward.
- Bon ça va, j'avoue qu'elles étaient, comment dire... Limitées ?
- C'est tout à fait ça, approuva Edward.
- Dans ce cas, repris-je, je suis désolée de te dire ça mais tu va devoir te débrouiller tout seul et ça ne sera pas facile. Si comme je le pense, tu n'as pas de véritable expérience en amour, et là je parle de sentiments, pas de sexe, ajoutais-je alors qu'il allait protester, la seule chose que l'on puisse faire c'est te donner les conseils bateaux, du genre: reste toi même, n'essaye pas de l'impressionner à tout bout de champ, etc.
- Ou alors... commença-t-il en me regardant bizarrement.
- Ou alors quoi ? Répondis-je.
- Ou alors je te la présente et vous devenez amies, comme ça tu pourras lui dire à quel point je suis quelqu'un de bien !
- Écoute Éric, je vois mal comment je pourrais faire ça, c'est vrai, la seule chose que je sais sur toi c'est que les murs de ta chambre sont recouverts de posters érotiques !
Edward explosa de rire et Éric resta bouche bée.
- Je suis désolée de t'avoir démasquer, mais quand je suis venu chez vous Edward ne m'avait pas dit où était sa chambre, j'ai du chercher...
Edward rigolait à gorge déployée et je ne pouvais pas m'empêcher de sourire aussi.
- Bon ça va vous deux, j'aurais jamais dû vous en parler. Répondit-il en faisant mine de bouder.
- Oh aller Éric, c'est bon, pour me faire pardonner je glisserais quelques mots sympa sur toi à Angela. Cédais-je.
Il me sauta au coup et m'embrassa sur les deux joues en me remerciant, je me trouvais à l'extrémité du banc et sa réaction me surprit tellement que je perdis l'équilibre et m'étalais à terre. Edward rigola de plus belle alors qu'Éric me relevait et se confondait en excuses. Après ça, nous nous dirigeâmes tous vers la fête où se trouvait Angela. Nous allions entrer quand trois garçons cagoulés et complètement nus sortirent et passèrent devant nous en hurlant et en rigolant. Edward se tourna vers Éric.
- Je croyais que c'était une soirée, pas une beuverie, lui dit-il.
- Ça l'était encore quand je suis parti vous rejoindre, ils ont dû se faire ravitaillé en alcool entre temps.
Je commençais sérieusement à appréhender la chose et à me demander si je n'allais pas faire demi tour et rentrer. Edward vit mon hésitation et me prit par la main pour m'entraîner dans l'arène. Je fus un peu désorienté par le volume de la musique et par le nombre de personnes présentes. Nous nous trouvions dans un appartement aussi grand que celui d'Edward et Éric si ce n'était même plus.
- Bon sang ! M'exclamais-je, Mais où on est ici ?!
- Tu es chez l'un des étudiants les plus riches de l'université, cria Éric pour se faire entendre par dessus la musique, il s'appelle Mike Newton et comme son père est l'un des principaux donateurs, le doyen lui a accordé le droit de loger dans les appartements réservés aux professeurs. Tiens, le voila.
Un garçon s'avançait vers nous pour nous accueillir, il était assez grand, les cheveux châtains et vu la beauté de son visage, je n'étais pas étonnée de voir quelques filles se retourner sur son passage.
- Salut Éric, lança-t-il, je vois que tu as ramené du monde.
- Oui, répondit-il, voici Edward que tu connais sûrement et Bella, une petite nouvelle.
Il nous serra la main et s'attarda plus longtemps sur la mienne, il se pencha alors pour me faire un baise main et me regarda droit dans les yeux en me disant:
- Enchanté Bella, je m'appelle Mike, fais comme chez toi.
Il s'éloigna en me jetant un autre regard appuyé par dessus son épaule, un sourire en coin.
- Qu'est-ce qu'il a celui là ? Questionnais-je alors Edward et Éric.
Il se regardèrent et sourirent.
- Quoi ? J'ai raté quelque chose ?
- Eh bien, répondis Edward, je crois que le jeune Mike a fait une agréable rencontre ce soir et que, grâce à toi, nous risquons d'être invités plus souvent ici.
Ils éclatèrent de rire quand ils virent l'expression de mon visage. Mince, comment pouvais-je être aussi aveugle, aussi idiote pour ne pas me rendre compte qu'un garçon s'intéressait à moi alors que ça avait l'air si évident aux yeux de tous. Une silhouette que je connaissais bien apparu alors dans mon champ de vision.
- Tiens ! Tu es venu ! S'écria Cruella en se jetant à moitié au coup d'Edward.
Lorsqu'elle m'aperçus derrière lui avec Éric, son visage changea d'expression.
- Il y a de l'ambiance, non ? Reprit-elle. Par contre je dois dire qu'ils laissent vraiment entrer n'importe qui ici. Tu veux un verre ?
J'arrachais littéralement la bière d'Éric de ses mains et la vidais à moitié.
- He! Protesta-t-il. Oh non ! La voila, rend moi, ça vite !
Il me repris la bière et la vida d'un trait.
- Ok, ajouta-t-il, c'est parti. Reste dans le coin Bella, au cas où.
- Courage, lui soufflais-je alors qu'il avançait vers elle.
Et voila. Je me retrouvais toute seule comme une imbécile. Lauren s'en réjouissait et ne semblait pas vouloir lâcher Edward d'un centimètre. Je ne supportais plus de rester là et de la voir minauder comme ça, j'avais besoin de prendre un peu l'air et j'avais repéré un balcon. Je m'éclipsais discrètement et me faufilais entre les gens jusqu'à ce que je sois enfin dehors. Une petite brise chatouillait mon visage. J'avais fermé la porte derrière moi pour étouffer le bruit de l'intérieur. Mes oreilles s'étaient mises à bourdonner et je commençais à ressentir les vertiges de l'alcool. Je m'assis à terre et laissais pendre mes jambes à travers les barreaux de la rambarde. J'appuyais ma tête contre celle-ci. La fraîcheur du métal atténua la chaleur de mon front. Deux grosses larmes perlèrent alors aux coins de mes yeux. Bon Dieu, depuis combien de temps m'étais-je retenu de pleurer ? Ça aurait pu être des années. Mais ce soir avec l'alcool, je me sentais fatiguée. Je n'arrivais pas à les combattre alors je décidais de tout lâcher. J'éclatais en sanglots pour de bon. Plus je pleuré et plus je me sentais mieux mais je m'étais tellement forcée à ne pas craquer que les pleurs ne semblait pas vouloir s'arrêter.
- Bella?
Je sursautais à l'appel de mon nom et me retournais. Edward se tenait devant la porte, visiblement inquiet. Je me relevais et essuyais rapidement mes larmes.
- Viens, on retourne à la fête, dis-je en m'avançant vers lui.
J'avais la main sur la poignée quand je senti sa main agripper mon bras. Il me fit me retournais vers lui et me souleva le menton de sa main encore libre pour me forcer à le regarder. Mes yeux se remplirent de larmes à nouveau. Toujours sans rien dire, il se pencha lentement vers moi et déposa tendrement un baiser sur mon front puis me prit dans ses bras.
