Aujourd'hui je vais tenter de faire un chapitre de 2000 mots minimum. On se donne rendez vous en bas pour savoir si j'ai réussi :).
Chapitre 3 - Considération
PDV Heiwana, 6 et 7 février 1995
Le Parc de Poudlard en Février. Ce n'est pas mon endroit préféré à cette époque de l'année, mais au moins je peux y être seule pour réfléchir. Faire le point. Avec Hermione les choses avancent doucement. Cela va faire deux semaines que l'on se voit tous les jours à la bibliothèque pour travailler ensemble. On n'est pas amies, ni copines. Juste des camarades de révisions mais c'est toujours mieux que rien. Personne ne sait que l'on se retrouve là-bas. Elle est mon secret. Et j'aime ça. J'aime les regards complices qu'elle me lance quand Parkinson frise l'infarctus dès que Malefoy me prend par la taille.
D'ailleurs en parlant de Drago, lui et moi on s'est rapprochés. Je ne lui fais toujours pas confiance, mais, je ne sais pas, je le trouve moins con et prétentieux qu'avant. C'est souvent que tard le soir on se retrouve tous les deux dans la salle commune. Et dans ces moments là, il n'est plus Drago Malefoy, je ne suis plus Heiwana Selwyn. Nous sommes Dray et Heiwa, deux adolescents paumés comme tant d'autres. On discute de tout et de rien. On rit pas mal. Mais on ne parle jamais de son petit secret. Il est tout autant effrayé que moi par son attirance "contre nature".
Je ne lui ai rien dit pour moi. Mais bon, les Serpentards ne sont pas réputés pour leur courage. Et puis, je n'ai pas de sentiments pour Hermione, je veux juste l'embrasser jusqu'à en avoir mal aux lèvres. C'est physique. C'est tout. Pas vrai ?
Le vent se lève, mais je reste assise contre mon arbre. Tant pis si je suis malade. Je suis bien ici. Sans contraintes. Plus besoin de jouer à la Sang-Pur parfaite. J'aimerais bien pouvoir me confier là-dessus à quelqu'un. Pouvoir avouer que j'aimerais être une Sang-de-Bourbe, être libre. Avoir des parents qui m'aiment et me soutiennent, comme ceux de Granger ou même de Weasley. Mon père ne m'a jamais témoigné d'amour. J'ai juste le droit à des remarques cinglantes sur le fait que je suis une mauvaise fille. Pas assez digne, pas assez froide. Je sais qu'il aurait voulu que je sois un mâle, un héritier. Mais j'ai un utérus. Et je suis fille unique. Et cela rend père furieux. La lignée des Selwyn s'éteindra avec moi. Du moins le nom, puisque je devrai prendre celui de mon futur époux. Et ça il ne le supporte pas. Je ne compte plus le nombre de fois où il m'a répété que Selwyn était un nom prestigieux. Qu'il inspirait la crainte et le respect. Et je dois reconnaître que c'est vrai. Avoir comme père un ancien Mangemort me donne une certaine tranquillité. Les autres élèves évitent de me provoquer. On ne sait jamais.
C'est sûrement pour ça que je n'ai pas beaucoup d'amis. Je ne crois pas à toutes ces conneries de Sang-Pur. Et vu qu'à Serpentard on a une majorité de fanatiques de la théorie selon laquelle les Sang-de-Bourbe nous volent notre magie, je préfère rester loin de ces idiots. Et la poignée de personnes censées a trop peur de moi pour me fréquenter. Ce qui fait que je suis une solitaire. Mais je m'en fous. C'est vrai que l'Histoire ne retiendra pas mon nom. Je ne suis pas une Malefoy ou une Potter. Qu'importe. Pas besoin de la lumière des projecteurs pour exister. Puis honnêtement, je sais déjà comment va se finir ma vie. Un mari, deux gamins, un manoir sinistre. Et pas d'amour. Jamais d'amour.
Faut que j'arrête de déprimer. Quatorze ans et j'ai déjà envie de tout envoyer en l'air. Vivement que je me tape Granger, ça me remontera le moral. En parlant du loup. Je la vois du coin de l'œil se diriger vers moi. Elle se laisse choir à mes côtés. On reste là, sans parler. Mais sa présence me fait du bien. C'est elle qui se décide à rompre le silence.
- Pourquoi ?
- Hm ?
- Pourquoi tu restes avec moi ?
- C'est toi qui es venue me rejoindre.
- Je veux dire en général. Nos révisions.
- C'est compliqué Granger.
- Je suis suffisamment intelligente pour comprendre.
- Comment tu peux comprendre ce que je ne capte pas moi-même.
- Oh.
Le silence se réinstalle. Il n'est pas pesant. Je sens qu'elle se triture les méninges, interprétant mes réponses. Ne cherche pas, tu ne trouveras pas. Mais si jamais, par hasard, tu pouvais me dire pourquoi soudainement je suis attirée par toi, je suis à ton écoute. Je pose ma tête sur son épaule en fermant les yeux. Elle ne me repousse pas. Je suis bien. J'ai envie que cet instant ne s'arrête jamais.
- Tu comptes me planter un couteau dans le dos ?
- J'en ai pas sur moi.
Elle rit. Mon Dieu. Son rire est le son le plus agréable que j'aie pu entendre.
- Je veux dire après. Tout ceci, c'est une blague que tes petits potes serpents et toi avaient mis en place ?
Aïe. C'est vrai que je me rapproche d'elle pour une bonne raison. Mais enfin, ça me vexe qu'elle puisse penser que je suis comme les autres élèves de ma maison. Okay je veux coucher avec elle. Mais pas parce qu'elle est à Gryffondor. Je ne le dirai à personne. Je veux juste me libérer. Parce que ça me tue cette attirance. Parce que je vais finir par me faire griller et que là j'aurai de vrais problèmes.
- Pourquoi je ferais ça ?
- Pour emmerder Gryffondor
- J'en ai rien à foutre de ta maison, ou de la mienne.
- Je te préviens Selwyn, si tu te joues de moi, tu me le payeras.
- T'es comme les autres Granger. Tu vaux pas mieux qu'eux.
Je me lève. Bon c'est vrai qu'elle a raison et que dès que j'aurai ce que je veux, je la laisserai en plan. Mais elle n'est pas censée le savoir. Elle m'attrape la main. C'est le moment de jouer la carte du mélodramatique. Elle se lève à son tour et se tient face à moi.
- Lâche-moi.
- En quoi je suis comme les autres ?
- Si j'avais été une putain de Serdaigle, jamais tu ne te serais permis de me dire ça. Mais non j'appartiens à Serpentard alors je suis forcement l'ennemi. Mais tu t'en fous de mes explications hein. Après tout, je resterai toujours une Mangemort potentielle pour toi. Et tous les efforts que je pourrais faire n'y changeront rien. Je pensais que j'avais trouvé une personne qui me ressemblait un tant soit peu à Poudlard, je me suis bien trompée. Alors tu sais quoi, je vais retourner dans ma crypte et tu vas pouvoir retourner jouer au héros avec tes petits copains.
- Heiwana, je suis désolée.
- Tu peux l'être.
Je me rassois et lui demande de me laisser seule. Parce que mon monologue n'est pas faux. Et elle le sait autant que moi. Bon sang, ressaisis-toi Selwyn. Tu ne vas pas te mettre à chialer devant elle. Elle n'a pas à savoir que tu ne vas pas bien. Que ta putain de vie te dégoûte. Que d'être attirée par elle te rebute. Et que de n'être rien de plus qu'une merde pour ton père te donne envie de vomir. Qu'en fait, à tes yeux aussi tu n'es rien.
Elle se met à genoux devant moi et me prend dans ses bras. Je me suis mise à pleurer. Et elle me console, inimaginable. Elle dessine des ronds dans mon dos avec sa main droite. C'est la première fois depuis bien longtemps que quelqu'un à un geste tendre envers moi. En temps normal je lui aurais jeté un maléfice pour m'avoir rendue aussi faible. Pour avoir montré mes émotions. Mais je vais lui pardonner pour cette fois. Je me calme au bout de quelques minutes. Elle me sourit, m'aide à me lever, et m'entraîne vers le château.
Selon elle, je vais chopper la crève si je reste encore dehors par ce temps. Je lève les yeux aux ciels, ce qui agrandit son sourire.
On se dirige vers la bibliothèque. Mais Potter et Weasley l'interpellent. Je hoche la tête et continue mon chemin. D'un accord tacite on a décidé de ne rien dire à personne concernant nos séances de travail. Ses amis ne comprendraient pas, et à coup sûr tout Poudlard serait au courant. Ce qui n'est pas bon pour moi. Je n'ai pas le droit de fréquenter des Gryffondor. De la racaille selon ma mère, de la vermine traîtresse à son sang selon mon père. Donc c'est mieux que notre "relation" reste secrète.
Je choisis de rejoindre ma salle commune. Après tout un samedi à seize heures elle doit être vide. Les garçons doivent baver sur les filles de Beauxbâtons et les demoiselles doivent courir après les mâles de Durmstrang.
Drago est là, accompagné de sa meute. Il se prélasse dans un fauteuil près du feu. Je m'installe sur ses genoux et l'embrasse, non sans jeter un regard à Parkinson. Je ne me lasserai jamais de ce regard empli de haine qu'elle me lance.
Ils s'entretiennent à propos de la prochaine sortie à Pré-au-Lard. Merde. La Saint-Valentin c'est vrai. C'est la semaine prochaine.
Zabini pose les pieds dans le plat en demandant à Malfoy ce qu'il a prévu. Heureusement, Blondie a un cerveau. Il répond que c'est une surprise, et que vu que je suis là il ne peut rien dire. C'est dans des moments comme celui-ci que je me félicite de l'avoir choisi lui et non Goyle comme faux petit-ami.
Nous passons le reste de l'après-midi à discuter autour du feu. Je me mets même à somnoler dans les bras de mon "amoureux". Il me tire de ma rêverie pour que l'on aille manger. Je lui dis que je n'ai pas faim et je monte me coucher.
Le lendemain, je suis levée à sept heures. Je sais qu'Hermione est une lève tôt, donc j'espère pouvoir passer du temps avec elle. Et on dirait que c'est mon jour de chance. Elle fait partie des rares élèves présents dans la Grande Salle pour le petit-déjeuner. Je lui souris discrètement avant de m'attabler.
Deux hiboux s'approchent de moi. L'un avec mon exemplaire de la Gazette du Sorcier et l'autre avec une lettre...de mon père. Je m'empresse de l'ouvrir, il ne m'écrit jamais.
"Heiwana,
J'ai appris que tu fréquentais Drago Malefoy. Continue. Il fait un excellent parti. Enfin, tu fais quelque chose susceptible de me rendre un tant soit peu fier de toi.
Fais honneur aux Selwyn."
La première lettre qu'il m'envoie depuis Septembre. Et pas pour prendre de mes nouvelles. Non juste pour me dire d'être une bonne petite fille de bonne famille. Je le déteste.
Je sors de la Grande Salle sans rien avoir avalé et je me réfugie à la bibliothèque. C'est sans surprise que Granger me rejoint quelques minutes plus tard. Elle se pose à côté de moi et me tend une serviette avec trois muffins aux myrtilles dedans. Elle s'est souvenue que c'était ce que je préfère manger au monde. Je la remercie. Elle me demande si je veux parler de ce qu'il s'est passé un peu plus tôt. Je n'en ai pas vraiment envie, alors nous nous mettons au travail.
Nous passons la matinée à travailler. Nous devons nous séparer après le repas de midi. Ses amis ont besoin d'elle pour je ne sais trop quoi. Je décide de retourner réviser. Étudier me permet de ne plus penser à la lettre. Le reste de la journée passe lentement. Trop lentement. Au moins demain, c'est lundi. Les cours me divertiront. Surtout que je commence par un double cours de potions avec Gryffondor. Voir de bon matin Potter se faire humilier par Rogue me permettra de me détendre. Et je pourrai observer Hermione du coin de l'œil tout en prévoyant un plan pour la Saint Valentin avec Drago.
Je me passerais bien de cette épreuve d'ailleurs. Je déteste le romantisme. Puis bon, j'imagine que quand on aime quelqu'un on n'a pas besoin d'une fête pour lui prouver. C'est au quotidien qu'on lui démontre son amour. Enfin, j'y connais rien. Et je suis bien contente d'avoir mon anniversaire pour que ma famille pense à moi.
Selwyn, stop. Tu dois te concentrer sur le plan. Tu pourras te lamenter sur ton sort ensuite.
Et...pari réussi !
Des avis ?
