Hey tout le monde.

Merci de me lire, ça me touche réellement à un point inimaginable. Merci de votre présence, tout simplement bien que les mots ne suffisent pas.

Aujourd'hui nouveau chapitre avec de nouvelles explications, de nouvelles réponses et bien sûr nouvelles questions sinon ce n'est pas drôle...

Je ne vous retiens pas plus.

Bonne lecture~


Chapitre IV

« L'homme Novak »

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« -Pourquoi tu me fais ça ? » implore Dean au bord de la rupture.

« -Pour te renforcer. Pour que tu ne sois plus cet être faible et insignifiant. Pour que tu deviennes aussi grand que moi. Tu ne veux pas être comme moi ? »

« -Si, bien sûr. Mais ça fait mal et c'est humiliant. » avoue Dean.

« -Il n'y a que toi et moi dans cette pièce. Tu as honte devant moi ? »

« -Non. »

« -Alors tout va bien. »

Dean est totalement nu, les bras étendus de chaque côté, les poings liés par une corde se qui rattache à ce qui semble être une énorme croix latine clouée sur un mur de pierre.

Lucifer tient en sa main une sorte de fouet. Il possède plusieurs lanières de cuire ainsi que des petites perles parsemées sur celles-ci.

« -Encore deux petites minutes et ton âme sera sauvée de la perdition. »

Il serre les dents, attendant seulement sa rédemption.

Dean sort de ses pensées lorsqu'il voit la voiture qu'il suit tourner à droite. On dirait une sorte de zone commerciale avec plein de magasins et quelques restaurants semblant se concurrencer. Il se gare à côté de la voiture de l'agent Turner et descend.

« -On va où ? » demande-t-il.

« -A un Biggerson's » maugrée le plus âgé.

Dean comprend vite que le chef de son frère est plutôt de la vieille école et que par conséquent les fast-foods font pas parti de ses restaurants préférés.

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Sam mange sa salade en silence, Rufus fait de même avec son hamburger tout comme Dean.

Mais il n'a pas l'esprit tranquille, loin de là. Il ne trouve aucun réconfort à ingurgiter cette nourriture parce qu'il pense trop, se questionne trop à propos de cette affaire, de cette personne qu'est Castiel Novak.

Il crève d'envie de mener à bien sa mission, réellement. Il n'est peut-être que consultant mais il souhaite plus que tout au monde retrouver cet homme laissé à l'abandon, peut-être même à la dérive. Il veut le connaître, savoir ce que cachent ces foutus yeux bleus sur cette photo qu'il garde maintenant avec lui sans trop savoir pourquoi, ne parvenant pas à s'en défaire.

Tout simplement, Dean veut savoir qui est cet homme.

« -Il est comment votre agent ? » demande le barman, hanté par ses yeux bleus.

« -T'as lu son dossier non ? » rétorque Turner d'un air mauvais.

« -Oui et l'agent Novak a l'air impeccable. Mais l'homme, Castiel, comment est-il ? »

« -Impeccable. » riposte Rufus toujours aussi sec.

« -Mais qu'est-ce que je t'ai fait ? » prononce Dean sur la défensive se sentant agressé par le vieux bougon.

« -C'est pas contre toi. » explique Sam « C'est qu'il se fait du souci pour lui, pour Castiel. C'est un gars en or. Il est très cultivé, s'intéresse à tout et est très ouvert d'esprit. C'est vrai que de prime abord il paraît plutôt pète-sec, froid et peu même sembler impassible en apparence mais… »

« -Mais quand on connaît l'homme Novak et non l'agent on se rend compte qu'il est altruiste, honnête, serviable et cordial. » sourit tristement Rufus.

« -Super, vous avez envoyé Mère Teresa au casse-pipe. » fait Dean en roulant des yeux nonchalamment à l'idée que cet homme soit quelqu'un de trop bien pour cette mission « Il a de la famille ? »

« -Non. Ni frères, ni sœurs, ni rien. » continue Turner.

« -Mais pourquoi avoir choisi celui-là et pas un autre pour la mission ? »

« -Parce qu'il s'est dévoué Dean. C'est lui qui l'a voulu. » dit simplement Sam « Quand j'ai trouvé les premiers éléments de cette enquête il m'a aidé à la construire, la consolidé et s'est de suite proposé pour être mon agent sous couverture. »

« -Un saint. Ce mec doit être un saint, ou un ange ou que sais-je d'autre… » consterné par ce simple fait « Lucifer doit vraiment l'adorer. » marmonne l'aîné des Winchester

Il semble méditer un long moment, engouffrant son hamburger dans sa bouche.

Cet homme est réellement quelqu'un de juste, bien trop juste. Il va devoir faire face au Mal incarné tout comme lui lorsqu'il avait 15 ans. Mais Castiel est un homme et non un enfant comme lui l'était alors il va sûrement arriver à affronter le Diable. Oui, Dean garde espoir, un mince espoir mais tout de même, il ne peut croire que ces yeux bleus aient flanchés. Il s'agit d'un agent du FBI formé et entraîné, il veut y croire, il doit y croire.

Il ne tient qu'à eux de le retrouver, qu'à lui de réussir à les guider.

« Je me demandais… » distraitement, après s'être muré dans le silence « On va traîner dans cette ville… »

« -Louisville. » précise le plus jeune.

« -Oui c'est ça Louisville. » lui concède-t-il « Si jamais, par le plus grand des hasards et j'ai bien dit bien par le plus grand des hasards » ironiquement « vu qu'on va chercher ses planques dans le but de le trouver, si jamais on le croise, je le croise… Comment ça se passe ? Je lui dit "Hey Luci, ça fait un bail. Tu peux me dire où est Cas ?" » railleusement.

« -Eh bien mon garçon si jamais on tombe sur cette raclure on baisse la tête et on se tire de là où on est. Nous devons être sûr que notre agent provocateur a bien fait son job avant de le boucler sinon nous n'avons rien. »

« -En gros vous devez attendre que Novak soit sous son emprise ? »

« -Mais non. Où as-tu la tête ? Il nous faut juste son témoignage. Le témoignage d'une personne crédible qui puisse affirmer que Lucifer est un danger pour autrui. » poursuit l'ancien.

« -Si vous voulez le faire tomber pour harcèlement et non assistance en personne en danger vous aurez ce qu'il faut… En revanche pour coups et blessures… » réfléchit Dean à voix haute.

« -Ça nécessite bel et bien coups et blessures, oui. » finit Sam « Mais écoute-moi. » reprend-t-il rapidement en voyant la mine effarée et dégoûtée de son frère « Tu sais très bien que ton témoignage est irrecevable à cause de ton état lors des faits. Et Castiel sait parfaitement ce qui l'attend, il connaît les risques et ses limites, il sait qu'il doit endurer ça pour mener à bien sa mission. Oui c'est pas joli joli et j'étais contre ça, j'étais contre envoyer un agent sur le terrain. Mais on n'a pas le choix, je veux faire tomber ce salopard par tous les moyens possibles pour ce qu'il t'a fait et ce qu'il a fait à d'autres. »

« -Mais vous êtes inconscients… » lâche Dean « Tu dis que Novak sait parfaitement ce qui l'attend mais c'est drôle ça, vu que personne n'a jamais parlé de ce qu'il se passait là-bas, avec lui. Personne. Que ce soit le gars en hôpital psy ou moi, on n'a rien dit. Et tu sais pourquoi ? » marquant un temps de pause tout en insistant sur cette ultime question « Parce que c'est indicible. Parce qu'on en a à peine conscience. Parce que quand on est avec lui on a plus aucune emprise sur soi ou le monde réel. Tout ce qu'on pense, tout ce qu'on fait, notre réalité, tout ça n'existe plus. Il n'y a plus que lui et sa réalité. Donc ne me dis jamais que cet homme est conscient des risques. Vous n'êtes même pas conscients du danger que représente ce type. »

Sam ne sait plus où se mettre ni où se cacher. Son frère est devenu un véritable moulin à parole. Mais il sait qu'au fond, même si le but premier de ce monologue est de l'engueuler, Dean a besoin de se libérer de ces choses trop longtemps intériorisées. Comme il l'a dit, rien n'a jamais été révélé. Tout a toujours été tu. Alors il faut le laisser exorciser ses démons.

Silence. Plus rien, plus aucun son.

Le restaurant tout entier reste muet comme s'il savait, comme s'il voulait rendre ce moment encore plus lourd de sens.

« -Bon, on décolle les garçons ? » finit par prononcer l'agent Turner pour briser la glace.

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Il est 18 heures quand ils arrivent devant un motel miteux. « Le gouvernement a ses limites quant au financement du FBI » a expliqué Rufus à Dean. Mais ça ne dérange pas l'aîné des Winchester, il se moque bien de dormir dans la misère des motels si tant est qu'il puisse clore une fois pour toute cette histoire de Lucifer, cette ombre qui le suit partout malgré lui, où qu'il aille.

Il installe donc ses affaires dans la chambre double qu'il partage avec son frère, l'agent Turner ayant une chambre simple juste à côté.

« -Rufus est toujours aussi tendu ? » demande Dean alors que le principal intéressé est dans la pièce voisine.

« -Non, c'est un vrai nounours quand on sait le prendre. Il a juste peur pour ses hommes. Que ça soit Castiel, moi ou même toi maintenant. Il fait son vieux ronchon mais en vrai il a un cœur énorme. »

« -Il s'entendrait bien avec Bobby on dirait. » en souriant.

« -Je me suis fait la remarque à plusieurs reprise. » rit-il doucement.

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Dean se retourne une énième fois dans son lit. Il n'en peut plus, il doit le dire à haute voix. Il en a besoin.

« -Sam ? » tente-t-il doucement à tout hasard.

« -Oui. » répond la voix parfaitement réveillé de son frère, signe que lui non plus ne trouve pas le sommeil.

« -Malgré tout, ça reste une belle journée non ? »

« -Oui Dean, ça reste une belle journée. » puis il se redresse dans son lit « Je suis vraiment désolé qu'on ait dû avoir recours à toi… »

Dean se relève à son tour et allume la petite lampe de chevet.

« -Pourquoi ? » semblant étonné « Moi ça me va. »

« -Parce ça ne doit vraiment pas être évident pour toi. Je m'étais juré de tout faire pour te protéger de cette affaire dès que j'en ai eu des échos. »

Dean sourit, dépité, mais surtout en colère contre lui même. C'est à lui de prendre soin de son petit frère, pas l'inverse.

« -Franchement Sammy, je suis plus qu'heureux de pouvoir vous suivre sur cette affaire. Non seulement je vais pouvoir vous aider à enfermer ce fils de pute mais en plus je pense que ça peut m'aider. Tu comprends ? »

« -Je comprends. »

Sam éteint la lumière et reprend place dans son lit pour dormir.

« -Dean ? »

« -Mmh ? »

« -Demain sera aussi une belle journée. »

Dean ferme les yeux.

Il croit s'endormir mais non. Il pense trop. Il se souvient trop.

« -Vous êtes le gars qui va devoir fouiller dans ma caboche ? » demande l'adolescent au vieil homme devant lui.

« -Non. Il me semble que le gars qui a fouillé dans ta caboche précédemment a fait assez de dégâts tu ne trouves pas ? » répond l'autre « Je m'appelle Frank Devereaux. Et je ne fouille pas dans les caboches comme tu dis mais je les aide à se réparer. »

« -Je ne vous dirais rien. Je ne veux rien vous dire. »

« -Je me doute bien que tu ne veux rien me dire, mon petit lapin, et je sais que tu ne me diras rien mais tu peux au moins m'écouter. Ce que tu as vécu, même si je n'en connais pas les détails, je sais que personne d'autre au monde ne l'a subi. C'est ton histoire et crois-moi c'est vraiment moche, je ne vois pas ça tous les jours. Mais la dure réalité est là : tu as 17 ans, toute la vie devant toi et pourtant un salopard te l'a foutue en l'air. »

« -Ne dites pas ça de lui ! » proteste le jeune Dean.

« -Excuse-moi, c'est peut-être trop tôt pour ça. » il prend une grande inspiration « Ce que je veux dire c'est que tu ne dois pas en rester là. Tu as perdu l'être de qui tu dépendais, qui te permettais de vivre et ça va être terrible à surmonter. Mais accroche toi fiston puisque quelqu'un d'autre ne supportera pas de te perdre. »

« -Sammy… » souffle l'ado.

« -Exactement. Alors note bien ça dans ta caboche mon petit lapin : décide d'aller bien jusqu'à la fin de la semaine, pour ça il te suffit de te dire que c'est une belle journée. Ne pense qu'à ça et répète-le toi tous les jours. Force-toi à sourire un peu parce que t'es encore en vie, c'est ça ton boulot. Fais-le pour ton petit frère. Et continue la semaine suivante. »

« -Vous êtes vraiment nul comme psy. » maugrée Dean.

« -Peut-être… Mais il n'y a aucune solution à ton problème. Tu me remercieras de mon conseil plus tard. »

.~.

Dean se réveille en sursaut dans son lit, trempé de sueur. Un nouveau cauchemar de son ancienne vie a ressurgit.

Il regarde l'heure : 5h45.

Il a besoin d'air.

Alors il se lève et file en douce dans la salle de bain pour mettre un pantalon et sort sans réveiller son frère.

La rue est calme, les lampadaires sont éteints mais le jour se lève alors il fait légèrement clair. Toujours ces maudits nuages dans le ciel et cette atmosphère étouffante… L'orage éclatera bientôt. Mais c'est une belle journée.

Il descends le long de la rue, s'assoit sur un banc pendant quelques minutes pour s'aérer l'esprit. Il y a vraiment très peu de gens à cette heure-ci mais dès qu'il voit un passant, Dean a l'impression de voir un Castiel Novak. Ils lui ressemblent tous. Tous ont ses fichus cheveux en bataille ou alors ses yeux bleus perçants.

Las d'avoir l'impression de devenir barge, il reprend sa marche en quête d'une boutique pour trouver de quoi déjeuner à Sam et Rufus. Il s'apprête à entrer dans une petite boulangerie tout ce qu'il y a de plus classique quand une silhouette au loin pique sa curiosité. Seulement un mendiant dormant contre des poubelles. Puisque c'est une belle journée, il va lui acheter un muffin. Dean a vraiment envie de muffin.

Il ressort alors de la boulangerie, ses quatre muffins dans son sac, marchant vers cette masse écrasée le long des ordures. Il arrive devant l'homme. Il dort, la tête enfouit contre son manteau, portant un bonnet et plusieurs couches de vêtements. Dean prend un de ses gâteaux et le pose à côté de lui. Mais la main du vagabond saisit vivement son bras, sans préavis.

« -Ne me touchez pas ! » hurle le sans-abri sur la défensive.

« -Je voulais juste vous donner… »

Dean n'achève pas sa phrase. Il tourne barjo, c'est pas possible. Les yeux du sans abri ressemblent comme deux gouttes d'eau à ceux de Novak sauf que contrairement à la photo d'identité du FBI, ses yeux semblent fous, son visage est pâle, exténué, brisé par la fatigue.

Non ce n'est pas lui, c'est simplement une illusion, l'affaire qui lui monte la tête, cette photo qui l'obsède beaucoup trop. Ce serait d'ailleurs insensé de le retrouver ici.

Décidément son cerveau lui joue des sacrés tours en ce moment.

Et pourtant il faut qu'il sache, qu'il ait la certitude que ça ne soit qu'une machination, une pure invention de la part de son esprit.

« -Vous êtes Castiel Novak ? » ose-t-il presque timidement.

Le brun cligne des yeux plusieurs fois comme pour tenter d'intégrer cette question avant de pencher la tête sur le côté droit.

« -Comment connaissez-vous mon nom ? » intrigué « Qui êtes-v- » il se stoppe de lui-même « D-Dean. Vous êtes… T-Tu es… » bégaie-t-il en se relevant doucement.

De la peur. Dean voit de la peur ainsi que de la haine passer sur les traits de son vis-à-vis. Son visage a l'air fou, absolument pris de folie. Le barman s'étonne qu'il connaisse son nom, de même que son visage mais ne dit rien, voyant et ne connaissant son trouble que trop bien.

« -C'est toi ? C'est toi le fameux Dean ? » demande-t-il finalement en se reculant contre le mur derrière lui « Ne m'approche pas. C'est à cause de toi. Je ne suis pas toi. » lâche-t-il de manière incohérente.

« -Euh… Mec, viens avec moi. On va retrouver Sam et Rufus tu veux ? » propose doucement Dean en mettant ses mains devant lui en signe de reddition.

« -Va-t-en ! » se figeant contre le mur.

Après ces mots c'est lui-même, Castiel Novak, qui s'en va en courant, poussant violemment Dean par la même occasion pour se frayer un passage.

Le Winchester fini sur son postérieur, propulsé par cette tornade vivante sans réellement parvenir à réagir.

« -Et merde… » finit-il par lâcher, totalement soufflé par ce qui vient de se produire.


Il fallait bien que cet ange finisse par apparaître un jour non ? Vous n'êtes pas trop déstabilisés j'espère...

A samedi si vous le voulez bien.

Bisous~