Note de l'auteur : Je sais que ce chapitre sera assez différent des autres, puisqu'on parlera moins de la maladie de Bella. Le chapitre est plus axé sur la relation entre Bella & Edward, mais en vous en faites pas, je ne m'arrête pas là. Sur ce, bonne lecture, et merci à toutes celles qui laissent des reviews, cela me fait très plaisir =).
Bises.
A.
Deux mois.
Cela faisait deux mois exactement que j'avais été transplantée. J'allai mieux, et je n'avais toujours pas fait de rejet, ce que Carlisle traduisait comme encourageant. J'étais ravie de pouvoir enfin rentrer chez moi, même si je savais que j'allai toujours devoir subir la torture de la kinésithérapie. Pourtant, je m'accrochai plus à la vie que jamais, parce que j'avais repris espoir. Si cette greffe était un succès, alors j'allai pouvoir être tranquille. De plus, maintenant que mes amies étaient au courant de ma maladie, je n'avais plus besoin de mentir sans arrêt, ou de trouver des excuses bidons lorsqu'elles voulaient que je sorte avec elles. Au contraire, elles passaient le plus clair de leur temps avec moi, à l'hôpital, m'apportant des tas de cadeaux.
J'allai enfin pouvoir reprendre les cours, et cela me remplissait de joie. Pas que j'étais maso, non, mais j'adorai être ailleurs que chez moi, et par dessus tout, je ne supportai plus les murs blancs et froids de l'hôpital. Carlisle n'était pas vraiment pour, il fallait l'avouer, mais j'avais tellement insisté qu'il avait fini par céder. Charlie était dehors, en train de m'attendre dans sa voiture de patrouille en compagnie de Sue, tandis que Rose et Alice m'aidaient à boucler mes valises, car j'avais emporté quelques effets personnels. J'avais repris des forces, et j'avais récupéré depuis ma transplantation, mais certains gestes me paraissaient toujours difficiles. Carlisle m'avait prévenu qu'il me faudrait encore quelques temps pour que je me sente mieux, et que j'allai devoir subir des tas d'examens régulièrement pendant quelques mois, afin d'être sûrs qu'il n'y ait plus de danger.
- Grouille-toi Rose, elle va enfin rentrer ! S'énerva Alice.
- C'est bon, y'a pas le feu au lac, s'emporta la deuxième.
Je pouffai, et Carlisle entra. Il demanda à mes amies de nous laisser seuls tous les deux. Je fronçai les sourcils. Que lui arrivait-il ? Pourquoi était-il aussi sérieux ? J'avais peur que cela soit en rapport avec les poumons qui m'avaient été greffés mais il m'assura que ce n'était pas le cas. Il s'installa sur le fauteuil à côté de mon lit, mais cette fois, j'étais debout, le fixant de mes yeux marrons chocolats. Il semblait chercher ses mots, comme s'il était gêné, et soupira. Il allait beaucoup mieux lui aussi, depuis ces deux dernières semaines. Il avait vraiment eu peur, car la greffe avait faillit être un échec, et j'avais été cliniquement morte durant sept minutes trente-six exactement. Autant dire que Charlie me collait constamment depuis que j'avais repris conscience.
Mais je ne pouvais décemment pas lui en vouloir de prendre soin de moi. Au fur et à mesure du temps, le ventre de Sue s'arrondissait. Je me demandai d'ailleurs comment j'avais pu ne pas le remarquer alors qu'elle était déjà enceinte de huit mois. Elle respirait le bonheur est j'étais ravie pour elle. Malheureusement, Seth était parti depuis longtemps déjà car ses vacances étaient terminées. Moi, je devais attendre encore une semaine pour être en vacances, mais cela ne me rebutait pas, au contraire, j'espérais que cette semaine passerait lentement, même si je savais que quelle que soit la longueur de celle-ci, ce ne serait jamais assez pour moi. Carlisle planta son regard dans le mien, vaguement amusé.
- Tu ne devineras jamais qui était ton donneur... souffla-t-il enfin.
- Tu n'as pas le droit de me le dire, répondis-je.
Pourtant, il avait éveillé ma curiosité. J'avais cruellement envie de remercier la famille de mon donneur.
- Non, mais tu es comme ma nièce... A ta place, j'aimerais dire merci à sa famille, qui a été très courageuse.
- Qui est-ce ? Soufflai-je.
- Il s'appelle Edward Masen...
J'ouvris des yeux ronds, et les larmes me montèrent aux yeux. Edward ? Non, ca n'était pas possible. Carlisle me regarda avec insistance. Je quittai la chambre en courant, tandis que Carlisle me criai d'attendre, mais je ne l'écoutai pas et me précipitai vers la voiture de Charlie. Je lui intimai de me conduire chez Edward Masen, car je connaissais sa maison, Esmé l'ayant rénovée avec mon aide juste avant que la famille Masen ne s'y installe. Je ne connaissais pas les parents de Masen, car je l'avais détesté, mais maintenant qu'il avait fait cela. Je ne trouvais pas mes mots. Il avait pourtant l'air en parfaite santé, et je ne savais quoi dire à ses parents. Je savais ce qu'ils devaient ressentir, Charlie s'était bien trop préparé à ma mort pour que je comprenne ce qu'était perdre un être cher.
La voiture prit un détour pour enfin arriver devant l'immense villa des Masen. Je restai quelques instants dans l'habitacle, cherchant ce que j'allai bien pouvoir leur dire. Je ne pouvais pas arriver tout en disant « bonjour, je suis le receveur des poumons de votre fils, merci ! Je sais que c'est dur, mais bon, je suis en vie, c'est déjà ça non ? ». Non. D'ailleurs, je n'en pensais pas un traître mot. Certes, il était arrogant et fier, mais je lui devais sans aucun doute la vie. Je m'approchai en trainant des pieds de la grande villa et demandai à mon père de repartir, car je voulais profiter de la marche à pied. Il hésita quelques instants avant de me laisser. Je frappai timidement à la porte, qui s'ouvrit au bout de trente secondes à peine. Je fus choquée quand je vis Edward m'ouvrir.
- Masen ? Mais... Que...
Soudain, je remarquai qu'il avait les yeux bouffis, il était mal coiffé, mal habillé. Ce n'était pas du tout son genre.
- Qu'est-ce que tu fais ici Swan ? Demanda-t-il aigrement.
- J'aimerais comprendre, voilà tout, répondis-je piquée au vif.
- Comprendre quoi à la fin ! S'énerva-t-il.
- Pourquoi on m'a dit que tu étais mon donneur, tiens ! Raillai-je.
Ses yeux se voilèrent, et s'embuèrent de larmes. Soudain, je me sentis mal à l'aise, et je compris.
- Merde. Ton père s'appelle aussi Edward, c'est ça ? Murmurai-je.
- Bonne déduction ! Railla-t-il à son tour.
Que fallait-il dire dans ce genre de cas ? Je m'étais vraiment trompée sur la personne. Mais cela ne m'aidait pas à me sentir mieux, au contraire. Ou plutôt, si, malgré moi, j'étais heureuse qu'il fut encore envie. Ma vie aurait été mortelle sans lui et ses railleries constantes. Mais je n'avais pas été des plus courtoises, et j'avais fait une entrée fracassante chez lui, alors que son père venait de mourir. Cette fois, c'était moi, la reine des idiotes. Je restai quelques instants sur le perron, puis il m'invita à entrer, en soupirant, l'air las. J'avais fait la boulette du siècle, et je souhaitais me faire pardonner, même si cela relevait du miracle que je sois sympathique avec Edward Masen. Je ne savais pas quelle attitude adopter. Être gentille serait ridicule, et méchante d'autant plus. J'étais perdue.
- C'est donc toi le receveur ? Demanda-t-il en s'asseyant dans le rocking chair, près de la fenêtre.
Je hochai la tête, et il m'invita à m'asseoir sur le grand canapé de satin noir. Il avait une maison sublime.
- Je ne savais pas que tu étais malade, poursuivit-il. On m'a juste annoncé qu'une jeune fille atteinte de mucoviscidose avait besoin d'une greffe, et que mon père répondait aux critères recherchés. Ma mère n'a pas voulu faire le don d'organe au début, mais à force que je lui répète que cette fille avait mon âge, et qu'elle méritait de vivre, elle a fini par accepter. Il ne te restait que quelques jours, alors ? Changea-t-il de sujet, passant de son malheur au mien.
- En effet. Que s'est-il passé, si ce n'est pas trop indiscret ? Continuai-je en me mordant l'intérieur de la joue.
Nos rapports étaient totalement différents de ceux que nous abordions au lycée. Presque intimes. En même temps, c'était un cas exceptionnel.
- Il a eu un accident de voiture. Ses jambes ont été broyées, et son cerveau touché. On pensait qu'il s'en sortirait, mais il a fait une rechute et il est mort il y a deux mois maintenant. Une chance pour toi, n'est-ce pas ? Je suis certain que tu es heureuse de mon malheur, tant que tu es en vie, Ricana-t-il malheureux.
- Pas du tout ! M'offusquai-je. Tu ne me connais pas Masen. Je ne suis pas toujours méchante, exceptée avec toi.
- Oh, Isabella Swan ressort ses griffes. Ta gentillesse n'aura pas tenu longtemps, sourit-il.
Je souris à mon tour, ne pouvant faire autrement. Je me levai, et il en fit de même. Je m'approchai de lui, collant presque mes lèvres à son oreille.
- Merci Edward, murmurai-je.
Sans réfléchir, je déposai un baiser sur la commissure de ses lèvres avant de repartir vers la porte d'entrée. C'était la première fois que je l'appelai par son prénom. Peut-être ne s'en rendait-il pas compte, mais moi si. Cela faisait une grande différence. Bien sûr, c'était un cas exceptionnel, mais tout de même, j'avais beaucoup de facilité à être sympathique avec lui. Il fallait que je cesse ce petit jeu avant de tomber dans le piège, et de devenir réellement gentille avec lui. Ce ne serait absolument pas marrant. Pourtant, je me promis d'être un peu moins tyrannique, simplement pour le remercier. Je n'oubliai quand même pas qu'il m'avait sauvée. Je tournai les talons au dernier moment, le scrutant.
- Ne t'attends pas à un changement de comportement de ma part, Masen ! Lançai-je tout sourire.
- Je n'en attends pas moins de ta part, rétorqua-t-il amusé. Ma vie serait d'un sacré ennui si tu n'étais pas là pour me charrier. Je n'ai pas besoin de te raccompagner, tu sais où est la porte, dit-il en montrant celle-ci du menton.
J'éclatai de rire, et filai au dehors pour rentrer chez moi. Cette discussion serait gravée à tout jamais dans ma mémoire. Je savais que, même si je le voulais, plus rien ne serait comme avant avec lui. Je me sentais à la fois triste et émue. Je ne fis pas cent pas que je vis une voiture s'arrêter sur le bord de la route. Ce fut un Edward correctement habillé et tout sourire qui m'ouvrit la portière côté passager et j'hésitai quelques instants, mais finis tout de même par monter. Cette proximité entre nous n'était-elle pas malsaine ? Pourtant, j'avais le sentiment étrange que j'en avais... envie. Je n'étais pas dans mon état normal, il fallait que je me reprenne. Edward me sourit et appuya sur la pédale de l'accélérateur, tandis que j'attachai ma ceinture.
- Tu ne trouves pas cela malsain ? Demandai-je craintive.
- Tu me détestes toujours ? S'enquit-il.
- Bien sûr ! Répondis-je.
- Moi aussi, ajouta-t-il sans se départir de son sourire. Alors il n'y a rien de malsain. Nous allons profiter de cette journée, si tu veux bien, car je n'ai rien d'autre à faire pour la soirée. J'ai besoin de me changer les idées, tu comprendras. Puis, demain, quand nous nous réveillerons, nous ferons comme si cette journée n'avait jamais existé. Qu'en dis-tu ?
- Je ne suis pas sûre...
- Allez, Isabella, tu devrais te dévergonder, juste le temps d'une soirée. Je te promets de te pourrir la vie autant qu'avant dès demain.
- Alors c'est d'accord, ris-je.
Il s'arrêta devant un immense jardin, dont les fleurs poussaient à profusion. Il me héla et partit au fond de ce jardin, si bien qu'il devint aussi petit que mon pouce. En soupirant, je le suivis. J'avais beaucoup de doutes quand à ma réaction vis-à-vis de lui le lendemain au lycée. Comment mal se comporter avec un garçon alors que vous vous êtes éclaté avec la veille ? Non, je devais garder mes distances. Pourtant, il semblait si différent de celui qu'il était d'habitude. Il se prit les pieds dans un tronc, et tomba sur le sol. J'éclatai alors de rire, et le rejoignis en courant. Les yeux pétillants de malice, je lui tendis la main, qu'il attrapa avant de me faire tomber par terre à mon tour. Ce fut à lui d'éclater de rire cette fois. Pourquoi me sentais-je si bien ?
- Merci, dit-il simplement.
- De ? M'enquis-je.
- Ne pas m'avoir rejeté. Tu aurais pu, j'aurais compris.
- Tu m'as sauvée. Alors, non, je ne pouvais pas, soupirai-je.
Il grogna, puis s'approcha un peu plus de moi.
- Me promets-tu de faire comme s'il ne s'était rien passé demain ? De ne plus jamais en parler, quelle que soit la raison ? Demandai-je.
- Je te le promets. Pourquoi ?
- Parce que j'ai été vache avec toi, le soir du match. Je ne veux pas que mon équipe perde le prochain match par ma faute.
En tremblant, j'approchai mon visage du sien, et l'embrassai doucement. Il ne broncha pas, se contenta de fermer les yeux, et de savourer ce seul instant où nous serions proches. Parce que ce serait un jour que nous allions vite oublier. Il me l'avait promit. Je soupirai puis me laissai tomber dans l'herbe fraîche. Je fermai les yeux et soupirai d'aise. Bon sang, pourquoi étais-je si heureuse ?! Je savais que ce n'était pas à cause de mon opération. Je me sentais revivre, mais je n'arrivais plus à envoyer balader mon ennemi juré. Je me relevai subitement, les yeux fixé sur un point inexistant. Je devais me reprendre, parce que ma fierté en prenait un sacré coup. J'étais en train de trahir toutes les promesses que je m'étais faite avant mon opération, et je ne voulais pas remettre ma propre parole en jeu simplement parce que j'avais pitié de Masen.
- Je veux rentrer, dis-je d'une voix rauque.
- Maintenant ? S'étonna-t-il.
- Maintenant, répétai-je, les dents serrées.
Je n'allai pas tenir longtemps. Jamais je ne m'étais comportée de la sorte avec un garçon. Et ce n'était pas aujourd'hui que ca allait débuté. Pas maintenant. Et pas avec lui. Parce qu'il me paraissait tout bonnement improbable que je sois amoureuse. J'avais juste eu pitié de ce petit bout d'homme qui était malheureux à cause de la mort d'un de ses proches. Mais même si je l'avais voulu, je n'étais pas la personne adéquate pour le consoler, parce que nous étions des opposés. Et parce qu'il était mon ennemi numéro un. C'était aussi simple que cela. Il se leva, et je fis de même, tandis que nous nous dirigions vers sa Volvo argenté. Pas un de nous ne broncha durant tout le trajet. Mais qu'est-ce qui m'avait pris à la fin ? Je me savais lunatique, mais à ce point... C'était inconcevable. Mon coeur commença à me faire mal, et je demandai à Masen d'accélérer pour rentrer plus rapidement chez moi.
Il accéda à ma demande sans mot dire, puis je me hâtai de rentrer, sans même un regard en arrière. Je claquai la porte, les larmes aux yeux. Hélène, ma kinésithérapeute, était déjà là, à m'attendre. J'allai dans le salon pour mes exercices, qui ne furent pas du tout agréables. Après deux heures et demi, je décidai d'y mettre fin, trop épuisée pour continuer. J'avalai mes comprimés pour éviter un éventuel rejet, puis montai directement sans manger. Ces trois derniers mois, j'avais facilement perdu dix kilos, ce qui n'était pas du tout au goût de mon père. En montant dans ma chambre, j'allumai ma chaîne hi-fi et passai en boucle ma musique préférée, Dear Father, de Sum41. Je m'allongeai dans mon lit, balançant nonchalamment la tête de gauche à droite au rythme de la musique.
Je me refusai de penser à Masen. Il avait beau m'avoir sauvée, ce n'était pas pour autant que j'allai faire tout ce qu'il voulait de moi. J'avais été idiote. Pire, je l'avais laissé faire, comme si j'étais une vulgaire poupée. Je le détestai, c'était incontestable, alors pourquoi m'étais-je laissée aller ainsi ? Je me giflai intérieurement pour ma bêtise. J'attrapai mon téléphone et composai le numéro d'Alice, mais celle-ci ne décrocha pas. Je soupirai. Elle devait sûrement se trouver chez Jasper Whitlock, son nouveau petit-ami. J'avais raté bien des choses ces derniers temps. Je jetai un rapide coup d'oeil dans mon miroir, pour voir que j'avais une mine affreuse, les joues creuses, le teint cireux. Pas digne d'une capitaine de pom-pom girl. J'eus un rire nerveux et composai cette fois le numéro de Rose, qui décrocha.
- Allô ? Répondit-elle.
- Rose ? Demandai-je. C'est Bella. Le prochain match est après demain, et je me suis dit que je voulais participer à la chorégraphie. Tu serais d'accord pour m'apprendre les pas ce soir ?
- Ce soir je ne peux pas ma chérie, mais demain, pourquoi pas ?
Je pinçai les lèvres, et levai les yeux au ciel. Emmett, sans aucun doute.
- Okay, ca marche. Ne me laisse pas tomber ! La prévins-je dans un sourire.
- Promis ! A demain.
- C'est ça.
Je me rendis compte avec amertume que ces derniers temps, les filles et moi nous étions éloignées. En réalité, c'était depuis qu'elles avaient trouvé chaussure à leur pied. En même temps, je n'avais pas vraiment eu les mêmes priorités ces trois derniers mois. Je m'endormis peu de temps après avoir fait cette réflexion, mais mon sommeil fut agité, et je m'éveillai à l'aube. Je descendis donc faire un peu de café et de thé pour Sue et Charlie. Seth me manquait beaucoup, je n'avais pas pu profiter convenablement de lui, et j'en étais déçue. Je savais qu'il reviendrait ce week end, mais le temps me paraissait long sans lui. Il avait deux ans de moins de moi, mais avait une carrure plutôt imposante.
Son sourire jovial le rendait immédiatement amical auprès de quiconque, et ses pommettes commençaient à le rendre plus homme qu'enfant. Je souris à son souvenir. Il avait été très présent, avant et après mon opération. Les premiers jours, j'avais eu beaucoup de mal à m'en remettre, aujourd'hui encore, j'avais peur de faire un rejet. Surtout que le rejet pouvait survenir à tout moment. Cela pouvait faire des semaines, il y aurait toujours un risque, et c'était cela qui me faisait peur. Parce qu'un deuxième donneur, au bon moment, était impossible. Je me versai une tasse de café, et fis mon sac. J'allai prendre une rapide douche et enfiler des vêtements qu'Alice et Rose m'avaient offert durant mon séjour à l'hôpital.
Je fis un rapide chignon, en laissant quelques anglaises tomber sur le côté, et mis un peu de crayon noir pour rehausser mon regard. C'était Alice qui m'avait appris à me maquiller, et Rose à me coiffer. Quand je pensai à toutes les bêtises que nous avions faites ensemble, toutes les fois où nous nous étions chamaillées pour une histoire de garçon. J'avais toujours été la plus réservée, mais jusqu'à aujourd'hui, cela ne m'avait pas vraiment posé de problème. Pourtant, aujourd'hui, j'avais besoin de rencontrer quelqu'un, et pas seulement pour le bal de fin d'année. Mais pour ne pas aller trop vite en besogne, je décidai de trouver quelqu'un pour m'accompagner au bal de noël, et de voir ensuite ce qu'il se passerait.
Lorsque je sortis, j'eus la bonne surprise de voir le 4X4 d'Emmett garé devant chez moi.
- Monte ! S'écria Rosalie en riant.
Alice, Jasper, elle et Emmett étaient dans la voiture, en pleine discussion. Ils éclataient de rire. La journée d'aujourd'hui était radieuse, le soleil tapait, mais pas de façon à attraper des coups de soleil. C'était parfait. J'allai chercher une bouteille d'eau dans le réfrigérateur et montai dans la voiture, me joignant à la discussion et aux rires de mes amis. Cette fois que Masen n'était pas là pour gâcher la place, je me sentais plus à mon aise, et profitai pleinement de la merveilleuse journée qui s'offrait à nous. Nous descendîmes du pick-up arrivés au lycée, et j'ouvris des yeux ronds lorsque je vis une fille accrochée au cou d'Edward Masen.
- C'est qui, elle ? Ne pus-je m'empêcher de demander.
- La nouvelle. Elle s'appelle Tanya. Elle a Edward dans le collimateur depuis qu'elle est arrivée, la semaine dernière. Je ne l'aime pas beaucoup, répondit Emmett.
- Tu te l'es fait piqué ! Ria Alice.
- Oh arrête un peu, je suis ravie d'avoir enfin la paix.
Rose et elle pouffèrent et je levai les yeux au ciel. Ils partirent tous dans leur cours respectifs, et j'avançai vers la salle de biologie quand Masen me héla. Je me figeai, pétrifiée. Il avait pourtant bien dit que nous n'allions pas reparler de la journée d'hier, alors que me voulait-il ? Il s'avança vers moi, sa cruche toujours accrochée à lui, telle une noyée. Je ne pus m'empêcher de ricaner à cette vision vraiment... débile, il fallait l'avouer. Alice me regardait de loin, et je lui fis signe de partir, tout en lui lançant un regard peu amène. Ce fut à elle de lever les yeux au ciel avant de rejoindre Jasper dans leur salle de classe.
- Que veux-tu Masen ? Dis-je d'une voix cassante.
- Savoir si cela te dérangeait de changer de place en biologie avec Tanya, ici présente.
- Cela vaudrait mieux pour moi, en effet. Tant que je peux me débarrasser de toi...
- Merci, sourit-il, faussement aimable.
- Je ne le fais pas pour toi, crachai-je.
- J'imagine, ricana-t-il.
En effet, en biologie, puisqu'il n'y avait d'autre place qu'à côté de moi, Masen avait été obligé de se mettre à côté de moi. Mais puisque Jessica avait déménagé ce mois-ci, je pouvais désormais prendre sa place, sans être obligée de me coltiner Edward Masen. Même si Mike m'agaçait au plus haut point, je préférai nettement ses avances aux pics de l'idiot de service du lycée de Forks. Je souris à cette pensée. Ce nom lui allait à ravir, quoiqu'un peu long tout de même. J'allai m'installer à côté de Mike, qui, évidemment fut heureux que je me mette à côté de lui. Toute l'heure, il ne cessa de me demander de sortir avec lui. Puis, il s'approcha de moi, et me murmura à l'oreille.
- Ca te dirait d'aller au bal de noël avec moi ?
Je restai tétanisée.
- Désolée Mike, mais j'ai déjà été invitée.
- Oh... souffla-t-il déçu.
C'était vrai. Des garçons m'avaient déjà invitée, mais jamais je n'avais accepté. J'étais difficile, c'était désespérant. C'était la meilleure façon que j'avais trouvé pour décliner son offre. En réalité, je ne savais pas très bien avec qui j'avais envie d'aller au bal de noël. La sonnerie retentit, et je me hâtai de sortir de la salle de classe, pour me diriger vers la cours. J'avais une heure de trou, et je n'avais pas envie d'aller en salle de permanence, surtout que je savais que Masen avait lui aussi une heure de trou. J'allai m'allonger sur un banc de la cours, vide à cette heure-ci, et en profitai pour prendre mes médicaments puis avalai un peu d'eau. Ce n'était pas agréable, mais c'était pour ma santé, et c'était le plus important. Je fermai les yeux de bien-être. Je sentis pourtant une présence au-dessus de moi quelques minutes après.
- Salut Isabella ! Lança Masen d'un air arrogant.
- Je t'ai déjà dit bonjour une fois, tu ne veux pas que je me jette à tes pieds non plus, grognai-je en refermant les yeux.
- Ce ne serait pas déplaisant ! Avoua-t-il.
Il ria doucement, et s'assit sur le bord du banc. Il avait vraiment le chic pour m'énerver.
- Je te déteste, c'est aussi simple que cela, pourquoi ne vas-tu pas rejoindre ton nouveau jouet ? Ruminai-je.
- Serais-tu jalouse ? Demanda-t-il tandis qu'un éclat de moquerie allumait son oeil.
- Plutôt mourir ! Ricanai-je.
- Tu es incompréhensible...
- Et toi agaçant.
Il haussa les épaules.
- C'est vrai, avoua-t-il.
- S'il-te-plait, pour ma santé mentale, déguerpis... lançai-je.
- Nous savons toi comme moi que ta santé mentale est déjà sérieusement mise en doute ! Pouffa-t-il.
- Masen, je vais te tuer... Grognai-je.
Je rouvris les yeux.
- C'est bon, j'y vais. Mais tu ne te débarrasseras pas de moi aussi facilement. J'aime te voir en colère contre moi.
- Tu y réussis très bien, bravo ! Lançai-je tandis qu'il s'éloignait déjà.
Je soupirai, et refermai les yeux. Moi qui croyais être débarrassée de lui, je m'étais mis le doigt dans l'oeil. Et jusqu'au coude...
