Couché sur le lit, il caressait doucement le dos de Blair allongée tout contre lui, la tête posée dans le creux de son épaule. Elle embrassa son torse et ferma les yeux, jouant avec une mèche des cheveux de Chuck.
- J'adore écouter les battements de ton cœur, commenta-t-elle.
- Est-ce que tu vas rester ? demanda-t-il, un peu inquiet.
Elle resserra l'emprise de son bras autour de la taille de Chuck.
- Je ne peux pas repartir avec toi tant que je n'aurai pas mis fin à mon mariage, expliqua-t-elle doucement.
- Ça, ça peut s'arranger facilement, plaida-t-il.
- Pas de cette façon, Chuck.
- Écoute, je sais ce que tu en penses. Mais, ça n'a rien à voir avec le fait de « t'acheter ». Je veux juste que tu retrouves ta liberté, que tu puisses avoir le bonheur auquel tu as droit. Parce que tu es une personne merveilleuse. C'est tout ce que je souhaite pour toi. Tu ne mérites pas d'être obligée de vivre avec lui. Et moi, ça me tue.
- Il ne me touche pas, je t'assure.
- Tu crois que c'est la seule chose qui me fasse mal ? demanda-t-il, peiné.
Il se releva pour s'asseoir sur bord du lit et passa ses mains sur son visage.
Blair se mordit la lèvre inférieure. Elle était injuste avec lui, elle savait qu'il l'aimait comme un fou et que cela ne se résumait pas à la simple question qu'elle partage le lit de Louis ou pas.
- Si j'étais convaincu que tu es heureuse, je m'effacerais immédiatement, je t'assure. Mais je sais que ce n'est pas le cas. Et je me meure à petit feu de t'imaginer subir ça, et aussi d'être loin de tes bras, murmura-t-il.
- Je sais, murmura-t-elle à son tour en l'enlaçant.
Elle posa son menton sur son omoplate et déposa un baiser dans le creux de sa nuque.
- Pardon, je ne voulais pas te faire de peine. Notre amour représente bien plus que ça à mes yeux à moi aussi. C'est pour ça que je ne peux pas accepter que tu paies la dote que réclame la famille de Louis. J'ai besoin de savoir que je suis à ta hauteur et que tu me respectes et me considères comme ton égale.
- Mais je te respecte déjà et je te considère comme mon alter ego. Je t'adore et je t'admire, aucune femme n'est plus forte, ni plus puissante que toi. Aucune ne pourra jamais me faire ressentir ce que je ressens quand tu me prends dans tes bras. Comment peux-tu seulement en douter ? questionna-t-il en entrelaçant ses doigts entre les siens.
- Mais moi, je ne me respecterais plus si j'acceptais que tu sacrifies une partie de ton héritage pour gagner ma liberté, dit-elle en le faisant à nouveau basculer sur le lit pour lui faire face.
- C'est encore à propos de cette foutue histoire d'hôtel ? grimaça-t-il. Je sais que j'ai fait la plus grosse erreur de ma vie en acceptant le jeu de Jack, mais ce serait une bonne manière de remédier à ça, justement. Je n'envisage pas de puiser dans Bass Industrie, de toute manière le conseil ne me laisserait pas faire. Il me suffirait de vendre l'Empire et …
- Cet hôtel, c'est celui sur lequel tu voulais bâtir ton avenir, pour pouvoir te démarquer de ton père, je ne peux pas te laisser faire ça moi non plus. Il représente bien trop à tes yeux.
- Il ne représente rien, si tu n'es pas à mes côtés. Quand je l'ai acheté, c'était pour nous, parce que tu croyais en moi et pas seulement pour moi. Et si je dois m'en séparer pour qu'on puisse être ensemble, je le ferai sans hésiter. Je ne commettrai pas une seconde fois l'erreur de faire passer quoi que ce soit avant notre amour, en pensant qu'il est indestructible et que tu m'es acquise, comme si tu m'appartenais. Parce que TU es ce qu'il y a de plus important à mes yeux.
- Pourtant il l'est, conclu-t-elle. Notre amour, il est indestructible. Qu'importe les épreuves qu'on doit affronter, nous les surmontons toutes et elles nous ramènent toujours l'un vers l'autre au final. Et ce sera pareil cette fois. Louis ne pourra pas nous séparer.
- Il le fait pourtant déjà, commenta tristement Chuck.
- Non, il ne le fait pas, nous sommes ensemble là. Et je n'ai plus l'intention de le laisser régenter ma vie, notre vie. C'est mon erreur et c'est à moi de la réparer, mais j'ai besoin de toi pour ça. Parce que j'aurai toujours besoin que tu sois à mes côtés.
- Si tu attends de moi qu'on se retrouve tous les après-midis dans cette chambre …
- Non, je pensais à quelque chose d'autre, quelque chose de presque aussi excitant et de tout aussi amusant, pour nous en tout cas, sourit-elle avec une lueur au fond du regard.
Un reflet qu'il n'avait plus vu illuminer ses yeux depuis des lustres.
- Tu veux jouer ? demanda-t-il.
Mais ce n'était nullement une question. Il reconnaissait parfaitement ce petit air sournois qui s'affichait sur son visage d'ange.
- Il n'y a pas de raison pour que Louis soit le seul à s'amuser, répliqua-t-elle en haussant les épaules. Il a engagé une partie, mais il ne sait pas encore à qui il a affaire, et j'ai un partenaire redoutable avec qui je ne peux que gagner car il est le seul à pouvoir rivaliser avec moi. Si tu veux bien être mon coéquipier, bien entendu .
- Tout le plaisir sera pour moi, dit-il avec un petit sourire carnassier.
- Que tu crois, rit-elle en l'embrassant. Et le mieux dans tout ça, c'est qu'il n'y aura pas besoin que tu sacrifies quoi que ce soit pour moi. Nous pouvons récupérer ma liberté d'une autre manière. Après le dernier accrochage que nous avons eu, mon cher mari et moi, j'en suis plus que certaine.
Il l'attira à lui et elle passa ses jambes autour de sa taille pour se retrouver assise à califourchon au-dessus de lui. Il l'embrassa passionnément. Il retrouvait enfin la vraie Queen B, celle qui n'avait pas besoin de château pour être une vraie reine et qui lui avait fait chavirer le cœur à son corps défendant.
