Bonjour tout le monde! ( ou bonsoir selon les cas )

Passage de l'auteur au beau milieu de sa fic - nan, nan, me virez pas tout de suite j'ai un truc super important à dire! XO

Les résultats du bac approchent et avec eux l'échéance de ma fic! Et là tout le monde se demande pourquoi je dis ça alors que ma fic vient à peine de commencer, huh?

Je m'explique: si j'obtiens le bac, vous pouvez être sûrs que l'histoire avancera à la vitesse grand V pour cause d'extrème motivation de l'auteur ( qui sera gonflée à bloc! ). Au contraire, si je loupe ce maudit exam' ( la faute à l'histoire géo ), le rythme de parution sera d'une lenteur d'escargot et d'une tristesse à pleurer.

Ce n'est qu'à titre préventif, mais c'est toujours bon à dire, au cas où. ^^"

Ah! Et je profite aussi de cette petite parenthèse pour remercier tout les reviewers bien sûr, ptitemanou et Nikita Lann ( je vais y arriver à pondre un résumé potable! Je ne désespère pas! XD ) Voilà c'était tout! Bonne lecture! =D


Le soleil tapait fort sur les dunes de Suna. C'était un de ces après midi aride où la flemme vous prenait sans crier gare, ceux qui engourdissaient les esprits et annihilaient tout goût de l'effort. Le paysage en fusion ondulait, comme caché derrière un mur de vapeur. Le vent brûlant éparpillait les reliefs du désert, le sable giflait les visages, tout étouffait sous la pression de l'air chaud. Tout, sauf moi. Parfaitement dans mon élément, je respirais à plein poumons en étirant les bras. Le toit de la demeure du Kazekage surplombait le village entier, et de mon perchoir j'avais une vue imprenable sur l'ensemble de Suna qu'entouraient de hauts remparts. Des toits de chaume aux murs effrités s'étendaient de longs câbles souvent enchevêtrés les uns aux autres tels une toile d'araignée compliquée, emprisonnant le village dans un cocon de cuivre gainé de plastique. J'aimais cet endroit. C'était si calme, parfaitement serein. Ensoleillé, à l'opposé parfait de ma cellule minable. L'humidité, l'air moite et renfermé, l'ombre parfois déchiré par la lumière crue des néons, tout ça c'était terminé. C'était loin derrière moi, enterré.

Rester ici ne me déplaisait pas, en fin de compte. Malgré les sautes d'humeur régulières de Temari et son goût vestimentaire déplorable – elle avait tout de même essayé de me faire enfiler un pantalon vert fluo avec des papillons dorés ! – j'aimais rester en compagnie des Sabaku.

Un soupire amusé s'échappa de mes lèvres lorsque me revinrent en mémoire les évènements de la semaine passée. Temari avait alors sortit de son sac « la super touche finale de ma super nouvelle tenue ». C'est là qu'est apparue la chose, cette espèce de fripe verte et dorée. Sur le coup j'ai cru l'étrangler. Evidemment j'ai refusé de porter l'immondice – que la blonde a finit par porter à ma place !!! – et Gaara dû se résigner à me prêter un de ses pantalons, histoire que je ne me balade pas dans tout le bâtiment en petite culotte. Je me souviens m'être fait violence pour ne pas rougir. Allez savoir pourquoi, mais porter ses vêtements me mit mal à l'aise. Le lendemain Temari et Kankuro m'emmenaient faire ma première séance shopping, avec pour stricte consigne de me laisser choisir moi-même ma tenue. Gaara n'avait pas pu nous accompagner. En tant que Kazekage, il avait du pain sur la planche et était donc consigné à résidence ! C'est donc seule que je déambulais dans les rayons, suivie de près par une blonde radine et un mec trop maquillé. Le lèche-vitrine ne traina pas en longueur. J'achetais un short violet foncé ( assortit à la couleur de mes yeux ) et la paire de chaussures règlementaire pour tout shinobi qui se respecte. J'ignorais pourquoi, mais je décidais de garder le tee-shirt noir de Gaara. Il me l'avait donné, non ? Finalement Temari m'offrit un étui à shuriken et tout le nécessaire ninja, sur recommandations de son frère cadet. A ce qu'il paraissait, je pourrai bientôt passer l'examen afin de devenir chunin. Comme si ça m'intéressait ! Mais impossible d'y échapper, la blonde tenant tout particulièrement à me voir porter le bandeau frontal de Suna.

En attendant, je prenais un énième bain de soleil sans jamais me rassasier de ses rayons. Ils m'avaient fait défaut depuis si longtemps. Je brulais de descendre me fondre à la population qui grouillait en bas, mais Gaara me l'avait strictement interdit. Je ne devais m'éloigner de lui à aucun prix, par soucis pour ma sécurité. Le bâtiment du Kage était le seul endroit où je pouvais me permettre de déambuler à ma guise. Dehors, je devais impérativement être accompagnée de quelqu'un. Qui sait ? Je pourrais être attaquée par un vieux croulant du conseil ? En pleine rue et à coup de dentier. Pour sûr je serais super en danger ! Mais une fois de plus je ne pu désobéir. Encore ma nature de fidèle toutou qui se manifestait ? Non, c'était bien pire que ça. Sa voix avait le pouvoir de me soumettre. Il lui suffisait d'un ordre pour me réduire à l'obéissance mécanique. C'était horripilant ! En y réfléchissant bien, je crois que la copie que j'étais obéissait instinctivement à son modèle. A l'original je veux dire. Bien évidemment il était exclu qu'il en sache quoi que ce soit ! Ah ça non alors ! Il manquerait plus que ça ! Et ma fierté dans tout ça ?

Bref, tout ça pour dire que cela faisait exactement une semaine que j'étais libre, hors de ma cellule. J'étais enfin habillée correctement – ce qui, avec Temari dans les parages, était un exploit pur et simple ! – j'avais ma propre chambre – enfin, j'avais surtout squatté une des vieilles pièces inoccupées dans l'aile Nord – et je pouvais déambuler à peu près librement où bon me semblait. C'était plutôt un bon début, non ?

« Yusuki-san ? »

Et zut. Adieu tranquillité !

« Mh ? » répondis-je, distraite.

« Kazekage-sama souhaite vous parler. »

'Kazekage-sama'… Je ne m'étais jamais faite à ce nom. Je ne comptais plus les fois où les grandes personnalités de Suna m'avaient enguirlandé à cause de ça. Pour moi Gaara restait Gaara et il m'était impossible de l'appeler « Kazekage ». Et encore moins « sama ». Enfin bref… Ordre du chef de Suna, je devais quitter mon perchoir et le rejoindre illico presto. Je jetais donc un dernier regard à l'horizon baigné de soleil et suivi le gentil petit messager qui me dévisageait méchamment, soit dit en passant. Quoi ? J'avais quelque chose sur le visage ? Un troisième œil ou peut-être une truffe ? Une belle truffe avec des moustaches et de grandes oreilles frisées. Si j'aboyais pour voir ?

« Nous y sommes. » me dit-il soudain en coupant court à mes divagations canines.

Je papillonnais des paupières – allô Yusuki, ici la terre ! – et entrait dans le bureau de Gaara. Le rouquin m'attendait en compagnie de Temari, Kankuro, et de deux autres ninjas que je ne connaissais pas. Le premier était bien plus vieux que nous. Un vieux bout de tissus cachait la moitié droite de son visage et l'autre moitié n'avait pas l'air commode. L'autre semblait plus jeune, quoi que toujours plus âge que moi. Brun, il arborait une mine dégoutée, comme s'il reniflait une mauvaise odeur.

« Te voilà. » murmura Gaara en me voyant entrer.

Je levais la main et le saluais d'un sourire. Temari me fit signe de la rejoindre d'un geste discret, un énorme sourire aux lèvres. Je me gardais bien d'adresser la moindre parole à Gaara, soucieuse de ne pas déplaire aux deux inconnus qui me détaillaient allègrement. J'avais la sale manie de m'adresser à lui d'un ton beaucoup trop familier, selon la plupart. Par cela il fallait comprendre que je lui parlais comme à n'importe quel être humain. Mais allez savoir pourquoi, mon attitude déplu aux deux inconnus qui me toisèrent de haut en bas. Quoi ? Je ne les snobais pas, j'évitais simplement la catastrophe ! Mais bon peu importe. Je reportais vite mon attention sur Gaara. Vêtu de la traditionnelle tenue de Kazekage, il paraissait bien plus vieux que moi. Plus mature, en somme.

« Bien. » commença-t-il.

« Baki, Sensui, je vous présente Yusuki. Elle sera votre coéquipière pendant cette mission. »

L'homme au visage caché que j'identifiais comme Baki hocha la tête d'un air entendu tandis que son compagnon s'étranglait. Quant à moi… Eh, minute ! Il avait bien dit « mission » ? Alors ça voulait dire que j'allais enfin pouvoir sortir du village ?

« Nan, c'est vrai ? » demandais-je en trépignant sur place, fébrile.

« Je peux vraiment sortir ? Tu me laisses y aller ? »

Gaara acquiesça en souriant légèrement – par cela il faut comprendre que le côté gauche de ses lèvres se souleva très, mais alors trèèèèès discrètement. Il ne m'en fallu pourtant pas plus ! Rien que l'idée de sortir d'entre ces murs me remplissait d'une joie sans limites. Mais si en plus c'était pour une mission, alors là c'était carrément génial !

« YEAAAAAAAAAH !!!!!!!!!!!!!!!! » hurlais-je en sautant dans tout les sens telle la fille totale azimutée que j'étais.

Temari partagea ma joie sans aucune gêne et se jeta à mon coup en riant, heureuse de partager une mission avec moi. Kankuro, lui, se contenta de sourire avec l'air exaspéré de quelqu'un qui pensait « ah lala ces filles... ». Au fond, je devinais que lui aussi était content. Ce qui n'était en revanche pas le cas de Sensui.

« Mais… Si je puis me permettre Kazekage-sama, nous avons déjà Temari-san et Kankuro-san. Pourquoi nous encombrer d'un autre membre qui n'est même pas ninja ? » lança-t-il en me jetant un regard méprisant.

Non mais pour qui il se prenait celui là ?! J'ouvris la bouche pour lui répondre mais Gaara me coupa.

« Elle est parfaitement capable de se défendre et possède des capacités qui pourraient s'avérer vous être très utiles. » objecta-t-il sans plus de ménagement.

Sensui ne parut pas convaincu et son visage se fit moue.

« Serait-ce impoli d'oser demander lesquelles ? »

Cette fois ce fut moi qui coupais Gaara dans son élan. Je n'allais pas non plus le laisser me sécher la parole à chaque fois, non mais !

« Si tu veux on va dehors et je te montre. » suggérais-je sournoisement.

« Ca ne me gêne pas de t'étaler. »

Sensui vira au rouge soutenu et ne dit plus rien, la colère lui clouant le bec. Ahah ! Bien fait. Gaara posa une main impérieuse sur mon épaule.

« Yusuki, ne déclenche pas de bagarre s'il te plait. »

Bon… Moi qui pensais faire de Sensui ma poupée de sable, j'allais devoir prendre mon mal en patience. Viendrait bien un moment où il me provoquerait de nouveau. Et à ce moment là je me ferai une joie de l'envoyer paitre dans les règles de l'art ! Comme j'acquiesçais d'un hochement de tête, Gaara tourna son regard vert en direction de Sensui.

« Ca vaut pour toi aussi Sensui. »

L'intéressé baissa la tête.

« Quand aux capacités de Yusuki ne vous faites pas de soucis. Elle ne sera pas une gène. »

Le rouquin marqua une pause le temps de plonger ses yeux dans les miens. Oups ! Yusuki appelle cerveau, ferme la bouche et n'aie pas l'air trop ahurit. En fait il est plutôt mignon... La ferme cerveau !

« Elle est exactement comme moi. » conclut Gaara sans se détourner.

Exactement comme lui… Devais-je comprendre que moi aussi, j'étais mignonne ?

« Mais non, triple andouille il ne parle pas de ça ! » me sermonnais-je intérieurement.

Et qu'est ce qui me prenait d'avoir des pensées pareilles ?! Le soleil m'avait grillé la cervelle ou quoi ? J'étais son clone ! Son clo-ne. Un clone efféminé et pas très délicat, mais un clone quand même. Je lui adressais un petit sourire et me concentrais pour faire vibrer les grains de sables dans sa jarre, juste histoire de le titiller un peu. Il sentit le changement qui s'opérait dans son dos et écrasa mon chakra du sien. Zut alors ! Ce sable là n'était pas normal ! Il obéissait exclusivement à Gaara. C'était en quelque sorte un sable domestique. Le rouquin m'adressa un micro-sourire vainqueur auquel je répondis par une grimace amusée. J'aurai ma revanche !

« Bon ! » intervint Temari, les mains sur les hanches.

« Alors cette mission ? Ca consiste en quoi au juste ? »

Gaara repris son sérieux – si l'on pouvait seulement dire qu'il l'avait quitté – et lui tendit une liasse de documents.

« J'aimerais que vous passiez au peigne fin un certain endroit. »

Au regard qu'il me lança, je compris immédiatement de quel endroit il voulait parler. Mon cerveau – tient ? Il est de retour de vacances, celui là ! – m'envoya une décharge que j'interprétais comme un très mauvais présage. Oh non. Ooooooh non ! Maudissant en silence le numéro tatoué sur mon ventre, je serrais les lèvres en fusillant le rouquin du regard. Il me le paiera ! Ah ça oui j'aurai ma revanche ! Moi qui me faisais une joie de partir en mission, il fallait qu'il nous envoie là bas !

« Et… c'est quoi au juste cet endroit ? » demanda la blonde, parfaitement au courant de l'échange de regard qui venait d'avoir lieu entre son cadet et moi.

« C'est là que j'ai trouvé Yusuki. » répondit simplement son frère comme si de rien n'était.

« D'ailleurs, reprit-il en s'adressant à moi, je compte sur toi pour les guider. »

Je hochais la tête à contrecœur, furieuse de m'être fait piéger de la sorte. Sabaku no Gaara, tu ne t'en sortiras pas comme ça ! Alors que je fulminais intérieurement, en proie à une foule de désirs meurtriers, Baki, qui n'avait pas encore parlé une seule fois, posa alors la question fatidique.

« Que cherche-t-on ? »

Gaara se rembrunit.

« Vous deux, rien. Vous montrez la garde devant le bâtiment pendant que Temari, Kankuro et Yusuki seront à l'intérieur. C'est ça, votre mission. »

Sensui faillit s'étrangler d'indignation – quel dommage, il survécu… – en apprenant qu'il avait un rôle si limité. Je pris un malin plaisir à le narguer d'une œillade suggestive, comme quoi il était out, et pas moi. Son visage monta d'un cran dans les tons de rouges et j'eu du mal à contenir un élan d'hilarité. Je retins pourtant mon sourire, soudain calmée par le regard menaçant de Gaara.

« Baki, Sensui, maintenant que vous connaissez les termes de votre mission vous pouvez disposer. » dit-il en les invitant à partir d'un signe de main.

Baki s'inclina docilement – pas dans le genre à faire des remous, celui là ! – et entraina son partenaire à sa suite. Une fois les deux ninjas dehors Kankuro éclata de rire.

« Quelque chose me dit que Yusuki et Sensui dans la même équipe, ça va pas être triste ! » se marra-t-il en prenant une pose plus détendue, maintenant que nous étions entre nous.

Temari acquiesça en souriant tandis que je me renfrognais.

« C'est lui qui a commencé. » ripostais-je en croisant les bras.

Mauvaise pioche question réplique cinglante, et totalement loupé en matière de maturité. Résultat, Kankuro se fendit la poire pendant dix bonnes minutes sans réussir à se calmer. Précisons qu'il a commit l'exploit de partir d'une crise de fou rire incontrôlable alors même que son frangin le fusillait du regard. Ce qui était quasiment impensable au vu de son grade relativement peu élevé par rapport à son rouquin de frère. Sans compter que ledit rouquin était capable de l'enterrer dans le sable en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Bref, il nous fallut attendre des plombes avant que Kankura arrête de hoqueter. Quand il eut enfin finit, Gaara entra dans le vif du sujet. Et il n'y alla pas avec des pincettes. Nan messieurs dames, c'était pas son genre. Du tout.

« Bien. Voici votre mission à vous trois : Yusuki, je veux que tu guides Temari et Kankuro dans toutes les pièces dont tu te souviennes. Evite leurs les pièges s'il y en a et assure toi que tout le monde ressorte vivant. »

Comme je hochais encore la tête, il poursuivit.

« Essayez de trouver le plus d'informations possible. Je veux que vous me rameniez tout ce qui vous tombe sous la main. Que ce soit à propos des projets du conseil ou d'autres expériences qu'ils auraient menés. Je veux savoir ce qu'ils comptaient faire de Yusuki. »

Les deux autres Sabaku approuvèrent d'un air grave. Le lendemain de ma petite explication dans la chambre du Kazekage, Gaara leur avait tout expliqué. Mes origines, mes spécificités et même ma… similarité avec lui. Bref, Temari et Kankuro savaient pertinemment que je n'étais que le fruit d'une expérience destinée à copier et à égaler Gaara. Malgré cela, leur attitude envers moi n'avait pas changé. Temari leva vers moi un regard complice.

« Bon, on compte sur toi Yusuki ! Ne nous égare pas là dedans ! » dit-elle en leva le pouce.

Un sourire amer fendit mes lèvres.

« Ca, ça risque pas... »

Cette foutue planque à moitié enterrée dans le sable, je n'en connaissais que trois pièces : ma cellule, le labo, et la salle de confinement. Cette dernière servant occasionnellement de salle d'expérience. Le reste m'était totalement inconnu. Je supposais cependant être capable de m'y retrouver. Après tout, n'y étais-je pas enfermée jusqu'à il y a une semaine ?

« Donc, reprit Kankuro, on doit grappiller le plus d'informations possible sur les objectifs que poursuivaient le conseil en créant Yusuki, c'est ça ? »

Sa question reçu une réponse peu chaleureuse. Gaara le fusilla du regard – s'il avait eu des révolvers à la place des prunelles je ne donnais pas cher de la peau du marionnettiste – et Temari lui asséna un coup de poing rageur sur le coin de la tête.

« Imbécile !

_ Quoi ? Qu'est ce que j'ai dis ? » se plaignit-il, une grimace de douleur sur le visage.

« Tu manques vraiment de délicatesse ! Tu pourrais présenter les choses autrement ! » le réprimanda sa sœur.

Enfin, quand je dis le « réprimander », il faut plutôt comprendre qu'elle lui hurlait dessus. Bon ! Sauvons le pauvre petit Kankuro avant qu'il ne devienne sourd ou peut-être même mort. On ne sait jamais, la blonde était bien capable de le tuer sans le faire exprès.

« Laisse tomber, Temari. » intervins-je.

« Il peut le dire, je m'en fiche. »

La blonde me dévisagea, hésitante, et obtempéra finalement. De toute façon c'était la vérité. Inutile de la fuir, de la dissimuler ou même de l'atténuer. Oui, j'avais été créée. Oui, j'étais un être artificiel. Il n'y avait aucun mal à le dire. J'étais ce que j'étais, point.

« Dé… désolé. » s'excusa gauchement Kankuro.

« Je te pardonne. » répondis-je en affichant un immense sourire, amusée par son air confus.

« Quand partons nous ? » demandais-je à Gaara, soudain plus sérieuse.

Il haussa les épaules.

« Qu'en penses-tu ? »

Je réfléchi un instant, évaluant les différentes possibilités, et choisi celle qui me sembla la meilleure.

« Ce soir, quand la nuit sera assez sombre. Normalement il ne devrait plus y avoir personne mais je pense que ce serait plus sûr, on ne sait jamais. »

Le rouquin acquiesça.

« Très bien. »

La discussion s'arrêtait là, tout le monde le sentit bien. Ne restait plus qu'à exécuter ses ordres et partir nous préparer. Mais il me restait encore une question à poser. Une question qui me turlupinait depuis que je savais où il nous envoyait.

« Et toi ? Que vas-tu faire ? »

Temari sursauta.

« Voyons, Yusuki…. Gaara est Kazekage, il a sûrement beaucoup de travail et…

_ Ca je n'en doute pas. » la coupais-je.

« Mais je suis certaine que tu as quelque chose derrière la tête. Sinon tu ne nous enverrais pas là bas. » affirmais-je en dévisageant le rouquin qui restait impassible.

« Que comptes-tu faire ? »

Gaara me fixa à son tour, démasqué. Ahah ! On ne me la faisait pas à moi ! Môsieur le grandissime Kazekage nous cachait quelque chose et quoi que ce soit, j'allais lui tirer les vers du nez !

« Alors ? » le pressais-je, de plus en plus impatiente.

Il soupira. J'étais presque certaine de l'avoir entendu marmonner un « fille pénible » dans sa barbe – qu'il n'avait pas et n'aurait probablement jamais, d'ailleurs ! Ah, ah ! Finalement, l'imberbe se résigna à parler.

« Je vais rendre visite au conseil. » lâcha-t-il.

Je hoquetais.

« Attends. Tu veux dire LE conseil ? Celui qui m'a créée ? La bande de vieux croulants qui…

_ Celui là même. » m'interrompit le rouquin.

Je grimaçais.

« Tu cherches les ennuis ou quoi ? » grommelais-je.

« De toute façon tels que je les connais ils doivent être déjà loin. A l'heure qu'il est ils sont sûrement en train de se terrer dans un trou de sourie en espérant t'échapper le plus longtemps possible. »

Gaara sourit ( vous vous rendez compte ?! CINQ sourires en moins d'une heure !!! ).

« Ils ne sont pas très loin. » affirma-t-il calmement.

« Pour l'instant tu représentes un trop grand danger pour eux. Ils ne feront rien sans t'avoir supprimée.

_ C'est logique… » grognais-je, soudain beaucoup moins jouasse.

Quelle barbe ! Libre depuis quelques jours et déjà menacée de mort. Ces chers débris devaient en effet avoir une frousse d'enfer. Qui sait ? Je ne connaissais pas leurs noms mais je pouvais très bien les reconnaitre. Et dans ces cas là, adieu monde cruel, le grand méchant Kazekage s'occuperait de leurs cas ! Il me suffirait d'un regard pour griller leur couverture. Tous les membres du conseil n'étant pas impliqués dans cette histoire, il était capital que je disparaisse pour réduire Gaara à l'impuissance. Après tout, il n'allait pas prendre le risque de tuer des innocents, n'est ce pas ? J'étais donc en danger, c'était un fait. Mais s'il n'y avait eu que cela, c'aurait été trop simple ! ( eh bien oui sinon où irait le monde je vous le demande ? ) Là où ça clochait, c'est qu'en tant qu'arme j'étais forcément destinée à faire du mal. Les plans du conseil – quel qu'ils soient – n'impliquaient pas la sauvegarde de Gaara. Et devinez quoi ? Ca m'embêtait.

« Bon ! » lançais-je en cognant du poing sur la table.

« Très bien fais comme tu veux. Mais fais attention à toi, OK ? »

Le rouquin eu un mouvement de recul ( quoi ? On peut plus cogner les meubles ? ) et émit un grognement évasif.

« Promis ? » insistais-je, plus têtue qu'une mule.

« Oui. »

Retour aux phrases XXS ! Il était exaspérant ! Mais ne nous plaignons pas, j'avais obtenu ma promesse et c'est tout ce qui comptait.

« Bien ! Alors on y va. » déclarais-je, satisfaite de mon coup.

Deux secondes plus tard, j'abandonnais Kankuro et Temari devant leurs chambres respectives et fonçait dans l'aile Nord. Soit dit en passant, les deux gorilles qui en gardaient l'entrée avaient retenu la leçon de la dernière fois : ils me saluaient au passage et s'étalaient carrément à terre devant Temari ! Finalement, je les aimais bien. Je leur avais même donné des noms ! Fido et Médor, à défaut de pouvoir trouver un nom de babouin autre que King-Kong. Non je plaisante. En tout cas je gardais ces charmants surnoms là par devers moi. On ne sait jamais, le chimpanzé peut s'avérer violent. Mais revenons à ma super-course-de-la mort-qui-tue dans les couloirs de l'aile Nord. Ma chambre se trouvait juste à côté de celle de Gaara, laquelle était reliée à mes quartiers par une porte. Fermée à clef, la porte. Par mes soins. Manquerait plus que le Kazekage se mette à jouer les voyeurs !

A côté de celle – sertie d'améthyste – de Gaara, ma porte faisait bien piètre figure. Mais je m'en fichais, ça me donnais un prétexte de plus pour ne pas en prendre soin. Je l'enfonçais d'un coup d'épaule et me ruais à l'intérieur, totalement inconsciente. Par « inconsciente » comprenez qu'il ne faut jamais arriver à toute bringue dans ma chambre. Et pour cause ! Juste sur le seuil m'attendait une magnifique pile de linge sale qui ne demandait qu'à me faire tomber, entreprise qu'elle réussit fort bien d'ailleurs. Je me vautrais de la manière la plus acrobatique et la moins gracieuse qui soit, atterrissant directement le nez sur une chaussette. Trop classe.

« Foutu linge sale de m… !!!!! »

Coupons au montage la magnifique flopée de jurons que je déversais sur ladite chaussette – qui ne m'avait rien fait, la pauvre. Une fois mon stock d'injures épuisé, je me relevais et m'époussetais avec le peu de dignité qui me restait. C'est-à-dire pas grand-chose. Mais passons. ( pourquoi faut-il toujours que je m'attarde sur ce genre de détails ??? ) Toujours en râlant comme un pou, je rassemblais mes affaires dans un sac que je balançais sur mon dos et m'apprêtais à sortir quand – oh malheur de tonnerre de dieu ! – j'aperçu Gaara planté devant ma porte avec l'air de quelqu'un qui disait « j'ai tout vu ! ».

Et oui, effectivement, à en juger par la commissure de ses lèvres qui frémissait légèrement je su qu'il n'avait rien loupé de ma chute. Et que ça l'amusait beaucoup. Ah, ah, j'suis morte de rire… Tellement bidonnée que je laissais échapper un « gn… ! » laborieux en l'assassinant du regard.

« Rigoles pas. » grognais-je en poussant discrètement sous le lit une petite culotte qui trainait par là.

Oh la honte…

Le rouquin ne dit rien, se contentant de détourner la tête d'un air entendu. Ses lèvres s'agitèrent de plus belle, signe qu'il n'allait bientôt plus pouvoir réprimer un sourire. Je soupirais. Dans mon malheur j'avais quand même de la chance : si Kankuro avait assisté à cette chute j'en aurais entendu parler jusqu'à ma mort ! Et peut-être même encore après. Enfin bref. Peu désireuse de prolonger son plaisir, j'attrapais mon étui à shuriken et fonçais hors de ma chambre avec la vague pensée qu'il faudrait que je pense à la ranger, un de ces jours. Alors que je lui passais sous le nez en prenant bien soin de ne pas croiser son regard, Gaara me retint par le bras.

« S'il se moque de moi, Kazekage ou pas, je la lui fais bouffer cette chaussette ! » tempêtais-je intérieurement.

Serrant les dents, je lui fis face et guettais la remarque qui me mettrait en boule. Ses pupilles émeraude glissèrent sur mon visage, toujours aussi impénétrables. J'avais deux options : soit je le tuais tout de suite parce qu'il ne parlait pas et que flute, j'en avais marre d'attendre (!), soit je le laissais vivre quelques secondes de plus pour de toute façon le tuer après, pour cause de remarque mal venue. Alors que mon cerveau carburait à cent à l'heure pour résoudre ce dilemme ô combien insoutenable, Gaara se décida enfin à ouvrir la bouche. Aller vas-y, dis la remarque, tu en meures d'envie ! Saches juste que je t'étripe si tu fais ne serait-ce qu'allusion à ma maladresse et au désordre de ma chambre !

« Toi aussi, fais attention à toi... »

Hein ? De quoi ?