Dean Winchester était un jeune garçon de huit ans. Tout autre enfant aurait préciser : « et deux mois! » mais pas Dean.

Dean winchester était un garçon discret, qui ne cherchait absolument pas à attirer l'attention sur lui, pourtant, tout ses instituteurs pourront vous dire combien ils l'ont remarqués. Dean était silencieux et donnait l'air de profondément s'ennuyer en classe mais ses notes étaient bonnes. Rien d'extraordinaire non plus. Dean ne parlait que très peu à ses camarades et semblait se forcer à participer aux jeux des autres élèves ou aux fou rires collectifs. Mais Dean était obéissant et souriant, parfois même ses blagues ou notes d'humour sonnaient de manière tout à fait incongrues dans sa bouche. Il n'avait tout simplement pas l'humour gentillet des enfants de son âge.

Dean pouvait être violent. Il n'engageait certes jamais les bagarres mais les finissait certainement. Son caractère renfermé était une perche tendue aux insultes des autres enfants mais, bien vite, les autres garçons avaient appris qu'il ne fallait pas chercher Dean Winchester.

Dean était un beau petit garçon. Avec des yeux vert-brun perçant, des cheveux châtain claire court et une peau légèrement halée.

Et surtout, surtout, Dean était un grand frère exemplaire. Qui prenait de son temps pour jouer avec son frère, pour répondre à ses innombrables questions et pour l'aider tout simplement. Il était le premier à se lever quand le petit Sam s'écorchait le genou, ou tremblait de peur à cause des monstres sous son lit. Mary se félicitait souvent d'avoir un petit garçon aussi responsable. John trouvait cette dévotion exagérée mais se disait que ce n'était certainement que temporaire...

Dean Winchester était aussi un bon menteur. Par exemple aujourd'hui, il avait dit à sa mère qu'il allait se balader dans le parc juste à côté de la maison. On était samedi après-midi, en plein mois de Mars 1987, aucune raison que sa mère refuse. Pourtant Dean se tenait là, légèrement angoissé, le doigt à quelques millimètres de la sonnette de Missouri Mossley.

Il avait longuement réfléchi sur l'attitude à avoir face à elle. En fait, il n'avait pas été persuadé que se dévoiler à elle était la meilleure solution. Car il ne pourrait pas lui cacher grand chose. Voulait-il réellement qu'elle sache tout? En même temps, elle était une alliée de poids, il le savait. Toujours de bons conseils et lien direct avec le monde de la chasse. A deux pas de chez lui en plus!

Il expira doucement et appuya fermement sur la sonnette. Il attendit quelques secondes, le coeur battant la chamade devant la porte en bois avant qu'elle ne s'ouvre.

- Oui? Lança une voix chaude.

Devant lui se tenait une Missouri très jeune, plus mince et assurément toujours aussi perspicace. A la minute où elle croisa son regard, elle recula d'un pas, et une expression de profonde incompréhension s'installa sur son visage.

- Salut Missouri! Lança-t-il gaiement en agitant sa main, un sourire railleur sur les lèvres.

- Qui es-tu, petit? Lança-t-elle avec méfiance.

- Et si on en discutait à l'intérieur, hein?

Il vit clairement le doute dans son regard avant qu'elle ne se décale sur le côté pour le laisser entrer. Le sourire de Dean fait deux fois le tour de sa tête et d'un certain côté, Missouri a raison de se méfier du sourire angélique de la tête blonde. Parce que, justement, c'est loin d'être une tête blonde.

Dean promène son regard dans la pièce autour de lui. Rien n'a vraiment changé. Les couleurs sont plus fraîches et les meubles luisent encore de la cire du magasin. Le jeune garçon se dirige d'un pas presque conquérant, plein d'une confiance qu'il n'a pas, vers le salon et se laisse tomber comme une masse dans le sofa. Une vieille habitude lui donne l'impulsion pour poser ses pieds sur la table basse mais il se rend compte avec amusement qu'il ne l'atteint pas.

Missouri a observé le garçon évoluer dans la pièce, à l'aise, comme s'il savait parfaitement où il allait. Comme s'il connaissait l'endroit. Or elle est sur de ne jamais avoir croisé le garçon. Elle s'en serait souvenue...

- Alors... Commença-t-elle d'une voix légèrement tendue en prenant place dans le fauteuil en face du sofa.

- Alors... C'est à toi de me le dire. Lui rétorque l'enfant avec arrogance.

- Ta mère ne t'as jamais appris les bonnes manières! Ne peut-elle s'empêcher de dire.

Le garçon éclate de rire mais Missouri remarque vite que le sourire n'atteint pas les yeux du garçon. Ils sont tristes. Et vieux. Vraiment vieux.

- Dans cette vie, oui... Répond-t-il avec désinvolture. Mais c'est à toi de me dire ce que tu perçois, non? Vas-y Missouri... Dis-moi... Qui suis-je? Souffle-t-il avec un sourire sur les lèvres.

Missouri sursaute car peu de gens savent pour son don. Elle commence seulement à réellement s'installer en tant que médium parce qu'aider les chasseurs en déroute c'est bien, mais cela rapporte assez peu.

- Je ne perçois rien, justement. Susurre-t-elle doucement. Ou plutôt, une sorte de flou...Comme si...

- Je n'étais pas d'ici? Lui répond le petit, le regard perdu.

- Qui es-tu? Répètes-t-elle.

- Dean Winchester. J'habite à quelques rues d'ici. Lance-t-il.

- Mais encore...

- J'ai huit ans... Commence-t-il et Missouri voit bien qu'il hésite réellement à ajouter autre chose... Mais en fait, j'en ai presque 36.

- Pardon?

- Je m'appelle Dean Winchester...

- J'ai compris ça! Le coupa-t-elle avec agacement.

- ...J'ai 36 ans, et jusqu'à il y a 4 ans, j'étais un chasseur.

- Chasseur?

- Là, je pense que l'on parle la même langue. Lance-t-il avec un demi sourire.

- Me prendrais-tu pour une idiote, petit? Souffle-t-elle.

- Non. Écoutez... J'avais 31 ans quand je me suis réveillé dans le corps de mes 4 ans. Dans...mon ancienne vie, hésita Dean, ma mère s'est faite tuée durant cette période. Mon père est devenu chasseur après cela, nous entrainant mon frère et moi...

- Mais tu as huit ans et tu es là... Marmonna Missouri en se prenant au jeu.

- J'ai pu empêcher le démon d'agir. Ma mère est en vie et mon père est toujours mécanicien.

- Disons que je te crois, petit...

- Dean. Siffla le garçon.

- Dean... Disons que je te crois Dean, se reprit Missouri, pourquoi tu serais là, devant moi, si ta vie est devenue normale...

- J'ai mes raisons. Marmonna Dean simplement.

- Ca ne suffit pas pour que je te crois. C'est donnant-donnant. Si tu veux que j'aie confiance en toi, il va falloir me donner du concret.

- Vous n'avez pas l'habitude du floue, hein? Railla Dean avant de soupirer. Disons simplement que les choses ne vont pas s'arranger et que la guerre avec les démons ne fait que commencer.

- La guerre?

- Ho oui... La guerre.

- Et tu veux faire changer les choses? Tout seul?

- Mais je ne suis pas tout seul... Loin de là. Lança-t-il, tout sourire.

- Tu ne veux pas d'abord savoir par quel miracle tu as atterrit ici? Demanda-t-elle, étonnée.

Dean s'esclaffa avant de secouer la tête de droite à gauche. Missouri ne savait pas vraiment quoi penser. Elle voulait faire confiance au gosse mais était-ce bien prudent?

- Admettons. Céda-t-elle. Qu'est-ce que tu attend de moi?

- Que vous fassiez l'intermédiaire.

. . .

Une dizaine de minutes plus tard, Missouri refermait la porte sur un petit garçon tout sourire. Elle soupira fortement tout en s'installant dans le sofa. Elle ne savait pas si elle faisait bien, si c'était même logique, mais elle croyait le garçon. Son sixième sens y était pour beaucoup bien sur, parce qu'elle sentait qu'il était digne de confiance mais il n'y avait pas que cela... L'enfant n'en était pas un. Cela sautait aux yeux lorsque la vérité était dévoilée. Le petit garçon qu'elle avait vu était calme et posé comme il n'est pas possible de l'être à 8 ans. Il détenait une dose de sarcasme et d'ironie qu'il était impossible d'avoir si jeune. Son humour semblait dénoter dans sa bouche si jeune. Et ses yeux...Elle n'avait pas souvenir d'avoir croisé un jour un enfant avec un tel regard... Tellement lourd. Tellement triste.

Elle savait aussi que Dean ne lui disait pas tout. Elle le respectait en un sens. Elle travaillait avec des chasseurs après tout! Ils n'étaient pas exactement connu pour être des pipelettes...

La seule question qui la taraudait maintenant était de savoir comment elle allait convaincre ce bougre de Bobby Singer que les informations – d'un chasseur anonyme- qu'elle allait lui donner était fiable?

Sacrée bonne question.

. . .

Dean rentra chez lui d'un pas nonchalant, l'esprit encore tourné vers la conversation qu'il venait d'avoir. Il avait du temps pour réfléchir et la seule certitude qu'il avait était qu'il ne pouvait pas rester sans rien faire quand il savait où se trouvait tout une série de fantômes, de wendigos ou autre. Sans parler des quelques chasses que son père avait fait et dont il avait quelques souvenirs. Il ne pouvait pas ne rien faire.

Il avait alors proposé à Missouri de servir d'intermédiaire entre lui et les chasseurs. Bobby Singer, vous connaissez? Lui avait-il lancé et la tête de la médium avait valu le coup d'œil. Hé bien, Bobby était déjà assez connu dans le milieu; si pas pour ses aptitudes de chasseur, au moins pour la vraie bibliothèque qu'il avait chez lui.

Les recherches seraient fastidieuses. Très fastidieuses. Internet, tu me manques! Bon Dieu, c'est fou comme on en arrive à ne plus pouvoir se passer de certaines choses si triviales.

- Dean! Tu ne m'as pas dit que tu allais au parc? Lui demanda sa mère quand il s'installa en face de Sam, dans le salon.

- Si. pourquoi?

- Le petit Peter m'a dit que tu n'y étais pas... Lança-t-elle tout en se rapprochant.

- J'y étais, insista-t-il, mais pas avec lui...

- Ha... Et pourquoi? Demanda sa mère en s'asseyant à son tour, au côté de son fils. C'est un gentil garçon, non? Pourquoi n'essayerais-tu pas d'être son ami?

Dean regarda sa mère un moment. Il savait qu'elle s'inquiétait de son isolement. Même son père le faisait. Mais il ne pouvait pas vraiment y faire quelque chose...

- Non. Répondit-il simplement.

- Pourquoi? Répéta-t-elle. Tu ne l'aimes pas? Ou alors, il y a James... il est chouette James, non? Tu adorais aller chez lui quand tu étais plus petit...

- Maman... Je pourrais m'inscrire à un cour de sport? Demanda-t-il, en changeant de conversation.

- De sport? Quel genre? Tu veux faire du football? Du Base-ball?

- Je peux?

- J'en parlerais à ton père mais oui, bien sur...tu voudrais faire quoi?

- De l'auto-défense.

. . .

Cela faisait une demi-heure que son père était rentré du travail. Il aurait du être couché depuis une petite heure. Mais il était au-dessus des escaliers, entrain d'écouter la discutions de ses parents.

- Cela pourrait peut-être l'aider à se socialiser... Il pourrait se faire des amis. Lança Mary en regardant son époux.

- Peut-être... Concéda-t-il. Mais pourquoi veut-il apprendre à se battre?

- Il ne veut pas se battre, il veut juste faire comme à la télé...

- Il a déjà tendance à se bagarrer... Ca va l'encourager, non? Marmonna John.

- Je ne crois pas. C'est la première fois qu'il demande pour s'inscrire à un club, John. C'est la première fois qu'il veut allez vers les autres!

- Je sais ça, mais bon...

- John...

- Oui, oui... Il peut y aller à son foutu club d'auto-défense...

. . .

Dean regardait son père, appuyé contre la porte du garage. John était entrain de s'occuper de l'Impala et Dean pouvait dire que son père avait exactement la même admiration que lui pour cette voiture. Regarder son père, penché sur la voiture noire, les mains pleines de cambouis, avait le don de l'apaiser. C'était quelque chose qui ne semblait pas avoir été modifié: l'amour de son père pour la Classic car.

- Dean? Lança son père en se redressant. Tu es là depuis longtemps?

- Un petit moment, répondit le garçon en s'avançant dans le garage.

- Pourquoi n'as-tu rien dit? Lui demanda son père.

Dean haussa simplement les épaules, le regard déviant sur le moteur de son bébé.

- C'est bien que tu sois là, fiston. Il est grand temps que tu apprennes un peu de mécanique...Se réjouit John après quelques secondes de silences.

Un immense sourire se peignit sur les lèvres du jeune garçon et le père se surprit à penser qu'il ne voyait pas souvent son fils sourire ainsi. Sauf quand il était avec Sam.

- Regardes, souffla John en se penchant vers le moteur de la voiture. Là, tu as le liquide de freinage, là, le liquide de refroidissement et là, le niveau d'huile. Il faut toujours vérifier le niveau d'huile. Il suffit de tirer sur la petite languette, ici. Et ça, c'est le carburateur...

Dean écoutait sagement les explications de son père. Cela le renvoyait à un parking, un froid matin de Novembre, où son père avait décidé qu'il devait être capable de réparer l'Impala quand elle tombait en panne. Mais il ne s'agissait pas de capacité, ici. Non. Son père voulait juste partager sa passion avec lui. Il voulait le faire entrer dans son univers. Un sourire s'épanouit sur ses lèvres et juste pour des moments comme celui-ci, il savait que cela avait valu le coup. Que cela valait le coup. Que la solitude qui le pesait n'était pas vaine.

- Tu sais, si ça t'ennuies, c'est pas grave, bonhomme...Lui lança son père, ayant remarqué sa distraction.

- Non, non! C'est chouette, continue papa...

Après une vingtaine de minutes d'explication, John entama une autre conversation, l'air de rien.

- Alors, comment c'était ce premier cours de défense?

- Pas mal. Assez calme. Lui répondit son fils.

- Ha... Et... Dean, pourquoi tu veux apprendre à te battre? La directrice de ton école nous appelle déjà au moins une fois tout les mois pour nous prévenir que tu te bagarres... Le sermonna-t-il.

- Je ne veux pas apprendre à me battre, papa.

- Ha non? Cingla son père.

- Non. Je veux apprendre à me défendre.

La réponse de son fils le désarma complètement. Il se retourna d'un bloc vers lui, une boule d'inquiétude au creux du ventre.

- Pourquoi Dean? Il s'est passé quelque chose? Quelque chose de... mauvais? Demanda-t-il.

- Non. Le rassura Dean. Mais il faut pouvoir se défendre. Insista-t-il.

- Pourquoi? Répéta son père.

- Parce que c'est important, papa.

- Dean... Dis-moi ce qui ne va pas... Souffla son père.

- Tout va bien. Tout va très bien. Je t'assure. Lui répondit Dean avec un sourire. Ne t'inquiète pas.

John ne parla pas des mots étranges de son fils à Mary. S'il l'avait fait, une alarme silencieuse se serait peut-être mise à vibrer et Mary aurait su que quelque chose n'était pas normal.

. . .

C'est le hurlement de son petit frère qui le réveilla cette nuit-là. Il émergea de son sommeil avec une rapidité étonnante, bondit sur ses jambes et courut presque jusque la chambre de Sammy. Il se stoppa à l'entrée de celle-ci, rassuré. Dans le lit de Sam, une boule de couverture sanglotait bruyamment alors que la petite veilleuse en forme de chouette était éteinte.

- Hey, Sammy... Sort de là, tu veux? Souffla-t-il en s'asseyant sur le lit.

- Deaaannn... Sanglota le plus petit en se jetant dans ses bras.

- Hey... Bonhomme... Qu'est-ce qu'il se passe? Lui demanda-t-il en traçant des cercles apaisant dans son dos.

- Me... me suis réveillé et... et la lumière était 'teinte...des... des... monstres sous mon lit...

- Chuuttt...Le rassura-t-il doucement... Allez viens, on va voir pourquoi cette lampe ne fonctionne plus, ok?

- Non! Reste avec moi!

- On y va tout les deux, Sam, allez...Murmura-t-il en l'aidant à se redresser.

- Suis obligé? Bredouilla Sam, les yeux encore plein d'eau.

- Non, bien sur que non, sourit son frère, mais ce serait mieux tu ne crois pas? Comme ça, tu pourra dormir en paix, avec la lumière allumée, non?

- T'restes près d'moi? Susurra encore le plus petit en se collant à son frère.

- Toujours. Souffla Dean tendrement.

Dean fit donc les quelques pas qui les séparaient de la veilleuse, avec un Sam accroché littéralement à ses jambes. Une fois devant la chouette, il repéra tout de suite le problème, ré-enfonça la prise à moitié sortie et pu entendre le soupir de Sam quand la chouette se remit à briller d'une chaude lumière caramel.

- Alors? C'est mieux non?

- Oui. Approuva Sam en lui faisant un merveilleux sourire.

- Et si on allait voir après ces monstres maintenant?

- Tu crois? I'zont pas peur de la lumière? Lui demanda-t-il avec une moue adorable.

- Non, pas tous. Lui répondit Dean. On va allez voir.

Il se dirigea alors vers le lit, se pencha et vérifia soigneusement qu'aucun monstre ne s'y trouvait.

- Il n'y a rien Sam. Lui dit sérieusement son frère. Regardes toi aussi.

Sam se tortillait les mains, embarrassé. Son papa ne prenait pas vraiment le temps de vérifier sous le lit, il lui disait juste qu'il l'avait déjà fait et qu'il n'y avait rien. Et la plupart du temps, ça suffisait à Sam. Et c'était sa maman qui lui avait dit que les monstres avaient peur de la lumière. Aucun des deux ne demandait à Sam de vérifier par lui-même. Aucun des deux ne le poussait à se lever du lit quand sa veilleuse s'éteignait. Dean le faisait. Et lui, il le faisait pour Dean. Parce que rien ne pouvait lui arriver avec Dean. Alors Sam s'accroupit à son tour et regarda sous le lit. Il ne vit rien d'autre que quelques moutons de poussières.

- Y'a rien. Conclut-il, avec contentement.

- Rien du tout, souligna son frère en se relevant. Allez, hop, au lit. Je suis fier de toi, Sam. Tu as été très courageux.

- Vrai ?

- Bien sur. Approuva son frère.

- T'appelles enco' pour les monstres?

- Quand tu veux, Sammy. Lui souffla Dean en lui embrassant le front.

- Ca n'existe pas les monstres? Lui demanda finalement son petit frère, d'une voix ensommeillée.

Dean sourit tristement, lui embrassa encore une fois le front, tout en lui murmurant de faire de beaux rêves, sous le regard de sa chouette caramel.

. . .

- Hey, Winchester! Cingla Wilfried.

Dean soupira lourdement en se retournant vers l'autre garçon. Wilfried Tibbs était plus âgé que lui de deux ans. C'était un garçon courtaud, blond comme les blés qui terrifiait la majorité des enfants de l'école. Tous sauf lui. Et c'est bien ça que Wilfried ne digérait pas.

- Alors comme ça, t'es taré? Lança le garçon à la cantonade.

- De quoi tu parles encore, Wilfried?

- J'ai entendu ma mère et ta mère parler l'autre jour, et ben, ta mère disait qu'elle s'inquiétait pour son petit bébé de Dean... Et même qu'elle a dit que tu étais bizarres...Insista Wilfried en ricanant alors que plusieurs autres garçons se mettaient à rire aussi.

- Faut dire qu'elle a raison, ta mère! Lança alors Jaël Smith, l'inséparable de Wilfried. T'es vraiment trop bizarre!

Dean soupira d'agacement, non seulement face au comportement des deux garçons mais aussi à cause des remarques de sa mère. Cela devait bien arriver un jour. L'esprit d'un adulte dans le corps d'un enfant, c'était beaucoup moins facile à cacher qu'on pouvait le penser.

- Vous êtes pitoyables... Soupira-t-il.

- Quoi! Qu'est-ce que t'as dit? Lança Wilfried en fronçant les sourcils.

Dean soupira encore une fois, bien conscient que Wilfried ne faisait pas un effet de style mais qu'il ne comprenait simplement pas le mot qu'il avait employé. Ben... Il avait 10 ans.

- J'ai dit... Tu fais pitié! Lança-t-il plus clairement.

Wilfried grogna avant de se jeter sur lui. Dean l'évita facilement en faisant un écart sur le coté tout en laissant sa jambe traîner. Wilfried s'étala au sol dans un couinement peu viril. Jaël, plus fin que son ami mais aussi plus rapide, s'élança pour donner un coup de poing à Dean au niveau du visage mais celui-ci intercepta le coup et retourna le poignet de Jaël dans son dos avant de...

- Dean!

Le garçon se retourna prestement à la voix grondante de sa mère. Mary se tenait à quelques pas d'eux et avait certainement assisté à une bonne partie de la scène.

- Viens ici, Dean! On rentre! Cingla-t-elle, les poings sur les hanches et le regard noir.

Dean soupira de lassitude. Dieu, qu'il est difficile d'être un enfant! D'un pas nonchalant, il se dirigea vers sa mère qui lui prit brutalement la main, tout en commençant à avancer.

- Je n'en reviens pas! Siffla-t-elle en le foudroyant du regard. Tu te battais! Encore! Qu'est-ce que tu veux faire? Te faire renvoyer de l'école?

- On était juste devant l'école, en dehors de l'enceinte du bâtiment. Donc cela ne concernait pas l'école ou Mr. Popkrick, le directeur. Lança-t-il d'un ton ravi.

- Et ça te fait rire? S'époumona sa mère. Tu ne fais que ça! Te bagarrer!

- Je ne me bagarrais pas. Réfuta-t-il.

- Ha non? Et tu faisais quoi, Dean? Lui demanda sa mère partagée entre la colère et la lassitude.

- Je me défendais. Lui répondit-il simplement.

- Tu te défendais? Répéta-t-elle.

- Oui. Tu aurais préféré quoi? Que je me laisse faire comme un stupide pleurnichard?

- Pas de grossièreté. Cingla encore sa mère d'un ton tranchant en le regardant avec attention. Et tu n'iras plus à tes cours de self-défenses. Ajouta-t-elle.