Waouh, j'apprécie vraiment votre enthousiasme, cher(e)s reviewers. Cela fait chaud au coeur de lire tous ces commentaires positifs. N'ayez crainte, on est sur la même longueur d'onde : je suis moi aussi une grosse fan de l'histoire. Héhé.

Mais venons-en à la suite, je pense que vous avez déjà assez attendu pour savoir ce qu'il allait advenir de la cohabitation entre les Avengers et leur meilleur ennemi. Pour plagier honteusement le Trône de Fer, on pourrait résumer le chapitre qui va suivre par le titre de la saga en version originale : "A song of Ice and Fire"... Bonne lecture !

Pour rappel : D0S est l'abréviation de "Double Zéro Sept" (007), le petit surnom du Fatalibot construit par Tony Stark.

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Disclaimer : comme d'hab, tous les persos sont à Marvel, toute l'histoire à Hella, et je ne suis que la traductrice.

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Off the record : chapitre 4

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Comme prévu, la proposition d'héberger temporairement Loki ne passa pas sans difficulté.

Clint en recracha son verre et grimpa sur une chaise en hurlant, mais Tony mit plutôt cela sur le compte du D0S-Jarvis qui, un peu plus tôt dans la soirée, avait traversé le salon et lui avait demandé d'utiliser un sous-verre.

Natasha, Bruce et Steve firent front commun, désapprouvant et s'énervant. Puis ce fut un front un peu moins commun composé de Natasha, le Hulk et Steve, et tout devint fort bruyant et vert pendant un moment. Tony fit ce qu'il put pour les calmer, usant de mots tels que ''ennemis communs'', ''partage d'informations'' et ''ayez un peu plus de couilles - pas toi, Nat''. Mais sans Thor dans les parages, c'était uniquement les arguments de Tony contre les leurs, et la diffusion au JT de ce qu'il s'était passé la veille.

Pendant ce temps, Loki, qui avait assisté à tout ce spectacle, se tenait de l'autre côté de la pièce, les bras croisés et appuyé contre un mur. Son expression ne laissait rien paraître.

« Donc il a repoussé un bloc de glace qu'il avait créé, vraiment bien joué ! » s'exclama Clint. Il pointa Loki du doigt. « Comment suis-je censé dormir à présent en sachant qu'il pourrait venir m'ouvrir la gorge en pleine nuit ? »

« Clint, tu es persuadé que tout le monde veut venir t'ouvrir la gorge en pleine nuit » lui rappela Tony. « Même Natasha. Écoutez, les gars, je ne vous demande pas de lui faire confiance. Mais il sait comment débarquer ici depuis des mois et il ne nous a jamais trucidé. De plus, il nous a déjà donné de bonnes infos dans le passé. L'attaque d'Amora au bal de charité, le Fatalibot, ça ne vous rappelle rien ? »

« Pas aimer magie » grogna le Hulk, butté. « Hulk défoncer stupide magicien ».

« C'était ce que Fury voulait à la base » nota Natasha, et ses yeux se firent plus perçants. « Des informations. Nous n'avions juste pas besoin de le torturer pour les obtenir ».

Mais Steve secoua la tête, le regard sombre.

« Quelque chose me dit qu'il ne va pas cracher tous ses secrets aussi simplement. N'est-ce pas, Loki ? »

A la mention de son nom, Loki releva la tête et observa Steve attentivement.

« Eh bien, cela dépend, Capitaine ».

Steve serra les mâchoires.

« De quoi ? »

Loki étudia les traces de sang sur les jointures de ses doigts.

« De si les agents du SHIELD qui travaillent pour HYDRA réussissent ou non à inverser votre sérum avant que je ne puisse vous dire mes... secrets ».

Ils en restèrent coi. Même Clint ne trouve rien à ajouter. Steve pâlit légèrement, avant de secouer la tête.

« Ce n'est pas possible. HYDRA n'aurait jamais pu aller aussi loin- on le saurait. Tu mens ! » s'exclama-t-il sévèrement.

Loki sourit en observant ses ongles.

« Vraiment ? » Il releva la tête et lança à Steve un regard entendu. « Voyez-vous, Capitaine Rogers, quand vous poursuivez un ennemi, vous devez toujours rester conscients de ceux dans l'ombre qui n'attendent que de pouvoir vous poignarder dans le dos. Pour user de votre jargon Midgardien… j'aime me mêler de ce qui ne me regarde pas ».

Quand Steve devint silencieux après cela, abasourdi par la prise de conscience d'espions au sein du SHIELD, Tony sut que la décision venait d'être prise. Les autres s'aligneraient dessus et le retour de Thor finirait de cimenter le nouveau plan. Cela se reflétait sur leur visage, depuis les froncements de sourcil irrités du Hulk jusqu'aux lèvres pincées de Natasha.

« Rassurez-vous, Avengers » leur lança Loki. « Si je décide de renier ma part du marché, Thor sera le premier à mourir ».

Clint sembla effectivement un peu plus rassuré.

« C'est vrai ».

Et c'est ainsi que le Dieu des Malices rejoignit les Avengers… mais seulement pour un temps limité.

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Cette nuit-là, Loki entra dans la chambre qui lui avait été assignée et n'en sortit pas le lendemain matin. Ni le suivant d'ailleurs. Personne ne protesta.

Thor tenta d'y pénétrer une fois qu'il apprit la nouvelle, ne récoltant qu'une énorme ampoule sur la paume de la main quand il attrapa la poignée. Tony la soigna avec de la crème anti-brûlure tandis que son ami s'esclaffait et admit qu'il aurait probablement du le voir venir.

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Ils attrapèrent les agents doubles travaillant au SHIELD. Nick Fury demeura extrêmement silencieux et extrêmement calme quand ils entrèrent à l'arrière d'une camionnette blindée, des cagoules noires sur la tête et les bras menottés derrière le dos.

Tony les regarda partir.

« Et donc que va-t-il se passer maintenant ? »

« Ne posez pas de questions stupides, monsieur Stark ».

A ses côtés, Steve déglutit et se retourna.

L'après-midi, ils décidèrent que Loki pouvait rester avec eux jusqu'à ce qu'ils en aient fini avec Amora et Fatalis.

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« Ce n'est pas pour dire, mais cela fait quatre jours et il n'est pas encore sorti. Est-ce qu'il n'a pas besoin de manger ? » Les traits de Steve étaient tirés par une inquiétude contenue. « Devrait-on lui… apporter un sandwich ? »

Passé ses premières réticences à laisser Loki entrer dans leur demeure, Steve avait quelque peu changé d'avis. Avoir indirectement la vie sauve avait apparemment ce genre d'effet. Tony aurait pu l'apprécier, mais il avait appris à se méfier de ceux qui offraient leur aide sans contrepartie. Loki inclus. Vivre sous leur toit le temps qu'il ne brise le sort de localisation ne semblait pas être un échange équitable par rapport aux informations cruciales qu'il avait donné à Steve, et Tony se rendit compte qu'il attendait la chute de l'histoire.

« Ouais Steve, va lui préparer une tarte. Je suis sûre qu'il va adore ça ».

Riant sous cape au « tsss » ennuyé qu'il reçut en réponse, Tony retira le noyau d'énergie au sein du robot, le plaçant sur la table tandis qu'il dévissait le port de la cavité du buste.

Les rapports que Jarvis avait fourni après s'être déconnecté du Fatalibot avait démontré une légère fluctuation d'énergie entre la connexion et la déconnexion. Un travail de réparation mineur – pour un maître auto-proclammé en Fatalibot, les créations du Docteur n'étaient pas une merveille de modernité. Pas à ses yeux en tout cas.

Steve posa un journal sur la table.

« Peut-être que tu devrais la lui préparer » suggéra-t-il. « Selon cet article, Loki et toi êtes meilleurs amis à présent ».

Tony scanna rapidement la une tandis qu'il nettoyait les ports avec un chiffon huilé. Il renifla bruyamment quand il vit le surnom pince-sans-rire de « vieux couple » - sérieusement, ils n'auraient pas pu trouver mieux que ça ? – et il déposa le chiffon, attrapant le journal pour le détailler.

« Grâce à une étonnante démonstration de travail d'équipe, Iron Man et la catastrophe naturelle ambulante Loki (voir photo) ont œuvré ensemble pour secourir une fête foraine pleine de citoyens d'un trépas glacé, mettant presque leur vie en jeu dans le processus ».

A la droite s'étalait une large photo de Loki soutenant la glace de toutes ses forces, ses yeux brillant d'un vert surnaturel. Plus de magie, mon cul, pensa Tony en secouant la tête. Derrière Loki, ses propulseurs éclairait l'autre côté du bloc de glace, lui donnant l'air d'une sorte d'ange exterminateur. C'était un assez bon cliché, même si Tony n'était pas exactement dessus.

« Trépas glacé ? Sérieusement ? On dirait que ça sort tout droit d'un film de série B ».

Il s'apprêtait à rendre le journal à Steve quand il décida plutôt de le lancer à Dummy [1] qui, bien entendu, rata complètement son rattrapage.

« Mets ça sur la table »

« Thor dit que la porte l'empêche magiquement d'entrer, mais il continue tout de même de se brûler en essayant » soupira Steve. « Cela me fait penser à ces expériences sur les souris, tu sais ? Pour le bien de ses mains, pourrais-tu au moins essayer de faire sortir Loki de sa chambre pour une demi-heure ? »

« Pourquoi ce serait à moi de le faire ? » répondit Tony, inspectant les deux côtés du noyau d'énergie en fronçant les sourcils. « Tu pourrais aussi y aller ».

« Il t'aime bien » lui dit Steve sans ambages. « N'essayer même pas de nier, tu l'avais remarqué. Il a peut-être ses raisons pour échanger des informations, mais je pense que c'est parce qu'il veut que tu l'apprécies ».

Tony laissa échapper un rire cynique.

« Pourquoi ai-je cette image mental de lui me laissant des cadavres d'oiseaux sur mon matelas ? Steve, il ne m'apprécie pas, c'est juste qu'il ne me hait pas et, avec la série d'emmerdes qu'il a connu... Je ne sais pas - Amora l'a parfaitement résumé : les ennemis de mes ennemis sont mes amis. Par ailleurs, si tu te souviens bien, il m'a carrément poignarder la dernière fois ».

« Tu veux bien arrêter de tout arranger à ta sauce » se plaignit Steve. « Thor a dit que ce n'était qu'une petite tape amicale de toute façon. Va juste vérifier qu'il est toujours vivant, d'accord ? Fais-le pour ton bon vieux copain le Capitaine America ».

Tony lui lança un regard courroucé.

« Pas la peine d'inclure mes obsessions de jeunesse dans ce débat ».

« Je te laisserai toucher mon bouclier » le flatta Steve, en haussant les sourcils de manière suggestive.

« Bon Dieu »

Tony sut qu'il avait perdu la manche. Il n'y avait pas vraiment moyen de se défendre contre Steve Rogers quand il se lançait dans d'embarrassantes allusions.

« Très bien, je vais y aller ».

« Merci Tony » lui dit-il avec reconnaissance. « Vraiment ».

« Ouais, ouais. Mais si tu voulais vraiment obtenir des résultats, tu aurais du me dire que tu allais polir mon casque ».

Sans surprise, Steve devint complètement cramoisi. Mais il essayait de ne pas rire en même temps, ce que Tony rajouta à la liste de ses petites victoires personnelles. Il n'était pas arrivé à lui faire dire des gros mots pire que « idiot » ou « mince », mais il avait espéré que le 21ème siècle pourrait éventuellement corrompre Steve. Avec son aide, bien entendu.

« Je pense avoir lu cela dans un webcomic la semaine dernière » dit Steve, secouant la tête. « Plus sérieusement maintenant, merci. Je suis plus inquiet pour Thor que pour le reste. Il avait un tel air de chien battu ces derniers temps ».

N'était-ce pas l'exacte vérité ? Chaque fois que Tony avait croisé leur colocataire le Dieu du Tonnerre dans les couloirs, il avait la même expression que si on lui avait volé l'argent de son déjeuner.

« Je pense qu'il avait quelques attentes irréalistes sur ce qu'allait apporter la cohabitation avec Loki concernant leur querelle » répondit Tony avec un haussement d'épaule. « Ce qui est probablement la raison pour laquelle Loki fait tout son possible pour le décevoir ».

Replaçant le noyau d'énergie dans la poitrine du robot, Tony le connecta de chaque côté et remis la cuirasse à sa place. Il lui donna quelques coups secs pour la repositionner et resserra les vis à chaque coin.

« Jarvis, connecte-toi et fais-moi un diagnostique rapide ».

« Oui, monsieur ».

Une lumière s'alluma dans les yeux jaunes de D0S quand la connexion s'établit, puis il s'activa par lui-même, ses articulations bougeant toutes au même moment.

Pour quelqu'un d'aussi conscient de son propre génie que l'était Tony, il restait presque incrédule face au fait que son Intelligence Artificielle domestique pouvait bouger et parler de son propre chef. Jarvis l'avait simplement accepté avec sérénité. Il ne pouvait plus se connecter à moins que Tony ne le lui demande expressément, et même ainsi son protocole de combat avait été complètement désactivé. Mais rien que le voir faire un tour de la table semblait être suffisant pour faire partie d'un film de science-fiction.

« Scan de diagnostique complet. La fluctuation d'énergie n'est plus présente. Bien joué, monsieur ».

« Cool. Déconnecte-toi de D0S et éteint complètement l'atelier pour moi. On en a fini pour aujourd'hui ».

Steve l'accompagna dans le couloir principal jusqu'à ce qu'il ne change d'avis et se dirige vers la cuisine, baragouinant comme excuse qu'il était près de 20 heures et qu'il n'avait toujours pas dîné. Tony ne pouvait pas vraiment lui en vouloir mais il jura tout de même.

Il finit par retrouver Thor appuyé contre le mur opposé à la porte de Loki, fronçant les sourcils, songeur. Ses deux mains étaient emballées dans d'épais bandages blancs. Il se releva quand il vit Tony, avant de cacher maladroitement ses mains derrière son dos.

« Steve m'a tout dit » lui dit Tony en guise de bonjour. « Tu veux bien m'expliquer pourquoi tu t'infliges cela ? »

La bouche de Thor s'ouvrit mais il la referma presque immédiatement, croisant ses bras sur la poitrine de manière défensive.

« Si je ne le fais pas, il va finir par penser que je n'en ai cure de lui. Je préfère supporter quelques brûlures plutôt que de le savoir penser une telle chose » dit-il, et ses mâchoires se tendirent. « Mes mains vont guérir ».

A ce moment-là, Tony ressentit une bouffée d'affection pour son coéquipier. Son opiniâtreté était charmante, même si futile et désespérée. Il sentit ses réticences à secouer Loki pour le faire sortir de son antre se dissoudre. Pendant qu'il avait travaillé dans son atelier, affinant le robot et réparant son armure, Thor avait passé son temps à frapper à une porte, même s'il savait qu'elle ne s'ouvrirait pas. Et il frappait à nouveau, encore et encore.

« Tu es un mec bien, Thor » se surprit à lui dire Tony. « Mais tu te culpabilises plus que tu ne le devrais. Loki le sait parfaitement et c'est suffisamment un connard pour te laisser mariner. Va voir Jane ou fais un truc du style. Essaye de prendre du vrai bon temps ».

Thor eut l'air d'hésiter.

« Je... n'ai plus vu Jane depuis quelques jours » confessa-t-il. « Peut-être une courte visite ? »

« Ça m'a l'air d'être une bonne idée. Dis-lui bonjour de ma part ».

« C'est ce que je vais faire, Tony Stark ». Prenant la direction du hall, Thor s'arrêta brutalement et se retourna. « Darcy a exprimé un certain intérêt envers toi. Puis-je lui transmettre tes meilleures salutations ? »

« Thor, elle a essayé de me lister en tant que grand-père sur Facebook ».

Thor eut l'air amusé.

« Je lui dirai que tu as trouvé ses petites plaisanteries offensantes ».

« Fais donc cela ».

Tony le regarda s'éloigner, notant distraitement à quel point ses mains bandées juraient avec le rouge de sa cape. Steve n'avait pas pris la peine de séparer les doigts. Il devait vraiment en avoir marre de jouer les infirmières. Et bingo, maintenant il avait une image mentale.

Quand il eut disparu, Tony se retourna vers la porte de la chambre de Loki. Quatre jours et demi s'étaient écoulés et pas un son n'avait filtré de l'intérieur. Une partie de lui-même se demandait s'il s'était échappé par la fenêtre. L'autre partie suspectait sa mort. Mais la magie restait active et Jarvis n'avait rien détecté donc Tony n'envisageait plus qu'une option.

Après avoir retiré une chaussure, il la lança sur la porte avec le plus de force possible. Elle frappa le bois avec un bruit sourd et rebondit dessus sans dégâts. Intéressant.

Dépliant le journal qu'il avait emporté avec lui, Tony s'agenouilla, sortit un stylo et gribouilla au-dessus de leur article « arrête de jouer à l'ermite graisseux ». Il fit glisser le tout sous la porte, aussi loin que possible.

J'ai fait ma part du travail, pensa-t-il joyeusement, en remettant sa chaussure. Il se retourna pour se diriger vers sa chambre et prendre une douche. Personne ne pourrait contester qu'il avait allumé le calumet de la paix. Thor avait fini par quitter les lieux, Steve ne lui lancerait plus ce regard désapprobateur et Tony pourrait passer le reste de la soirée dans une paix toute relative. Le simple fait que Loki ne sorte jamais de sa chambre ne viendrait qu'appuyer les arguments de Tony. Peut-être qu'ils finiraient tous par le laisser tranquille et arrêter de prétendre qu'ils étaient les meilleurs amis du monde.

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Une demie-heure plus tard, Tony était fraichement douché et se baladait pieds nus dans la cuisine, grattant sa cicatrice d'un air absent tandis qu'il examinait des projets préliminaires sur sa tablette. Les avions à réaction n'étaient pas son fort mais ce n'était probablement pas plus compliqué que tout ce qu'il avait développé jusque là.

Steve l'observa quand il entra dans la pièce, remplissant silencieusement un bol avec le contenu d'une poêle posée sur la cuisinière. Il le glissa devant Tony au-dessus de la table, y ajoutant une fourchette.

« J'en ai fait beaucoup trop » expliqua Steve. « Et tu manges bien trop peu. Le scotch ne fait pas partie de la pyramide alimentaire. Il en reste encore dans la poêle si tu en veux, simplement n'oublie pas de la nettoyer quand tu as fini. Je vais prendre une douche ».

Tony planta sa fourchette dans ce qui semblait être un délicieux mélange de pâtes et de poulet, entre autres choses.

« Hey je mange correctement, c'est juste que j'oublie de le faire régulièrement. Ce n'est pas la même chose ».

« Hm hm » répondit Steve, disparaissant presque dans le couloir. « Bien sûr. Alors, tu as des nouvelles de Loki ? »

« Pas même un murmure » s'exclama joyeusement Tony. « Apparemment ta petite théorie était erronée. Amuse-toi bien sous la douche, Cap' ».

« Okay » lui lança Steve, et Tony en perdit sa fourchette pleine de pâtes. Eh bien tant mieux alors.

Après le départ de Steve, Tony finit par se rendre compte à quel point tout était calme pour une fois. Les parties communes ayant été désertées, il pouvait presque ressentir le silence jusque dans ses os. Ce n'était pas une mauvaise chose, honnêtement, mais il était plus habitué à ce qu'il y ait constamment quelqu'un dans les parages. Faire la fête n'était pas une pratique courante le lundi soir, et les autres ne travaillaient pas aux mêmes heures que lui.

Il mangea donc dans un silence relatif, perché sur une chaise haute devant la table de la cuisine, avec un appétit ridicule tandis qu'il tripotait sa tablette et rajoutait de petites notes sur la propulsion versus la vitesse optimale d'atterrissage. Hé oui, certaines personnes aimaient tricoter, Tony Stark, lui, créait des avions pour le fun.

Après le repas, il se versa un scotch de pure contradiction avec le commentaire de Steve sur la ''pyramide alimentaire'' et se dirigea vers le balcon. Les nuits s'étaient rafraichies ces derniers temps, mais le ciel était clair et rempli d'étoiles. Ce n'était pas à lui de patrouiller cette fois-ci, mais Tony ressentit tout de même l'envie de s'élancer dans les airs, aussi haut que possible avec la ville sous ses pieds resplendissante de lumières. Si ce n'était pas son rôle d'Avengers de protéger le peuple, Tony passerait la plupart de ses journées en armure, à juste flâner dans les cieux.

« Tu en as enfin fini avec ton Fatalibot ? »

Tony se retourna pour découvrir Banner dans l'embrasure de la porte, ses lunettes de lecture dans une main et ce qui était probablement un manuel de développement personnel dans l'autre. Il souriait, hésitant, n'étant toujours pas très à l'aise avec les discussions désinvoltes. Tony pouvait le comprendre. Bruce avait été le moins vindicatif concernant l'emménagement de Loki mais cela l'avait tout autant énervé que les autres, convaincu qu'il s'agissait d'une horrible idée. Depuis lors, ils avaient cohabité avec le Hulk.

« Bon retour parmi nous » le salua Tony, levant son verre comme pour porter un toast. « S'il te plaît, rassure-moi, tu en as fini avec tout le côté vert et grincheux ? Thor n'est pas là pour réparer le plafond si tu te sens d'humeur destructrice ».

Bruce lui offrit un sourire en coin.

« Je pense que tout est sous contrôle pour le moment. Je voulais juste vérifier avec toi si tout se passait bien ». Il hésita. « Clint essaye de lancer un pari sur le temps qu'il faudra avant que tu ne te fasses à nouveau poignarder ».

Tony avala une longue gorgée de scotch.

« Tiens donc. Et combien as-tu misé ? »

« Dix dollars » répondit Banner. « Je pense que tu vas t'en sortir sans dégâts ».

« Ben voyons ! Je t'énerve tout autant que j'énerve les autres » lui dit Tony avec dédain. « Que penses-tu vraiment ? »

« Je pense que s'il ne s'était pas barricadé dans sa chambre, tu flotterais déjà sans vie dans la piscine à l'heure qu'il est ».

« Homme de peu de foi » blagua Tony, vidant son verre. « Steve pense qu'il m'aime bien ».

Bruce lui lança un regard perplexe.

« Ce n'est pas impossible, mais je pense que, ce qu'il préfère, c'est ce bouclier anti-téléportation que tu as mis au point. Il n'a pas une bonne opinion des êtres humains, Tony. Et ce sera toujours le cas. Il est dangereux, tu devrais garder cela à l'esprit ».

Tony leva un sourcil en guise de réponse, ce qui décontenança Bruce.

« C'était un peu moralisateur de ma part, n'est-ce pas ? Venant de... tu sais bien... moi ».

Regagnant la maison, Tony fit claquer sa main sur l'épaule de l'autre homme qui l'accompagnait.

« Ne t'inquiète pas, je ne suis pas en train de le confondre avec un allié potentiel. Ça c'est plutôt du ressort de Thor et Steve ». Il déposa son verre dans l'évier et se retourna vers Banner. « Merci pour ta prévenance en tout cas ».

Toujours aussi mal à l'aise, Banner hocha la tête et lui souhaita une bonne nuit, laissant Tony réfléchir à ses dernières paroles. Pourquoi tout le monde s'imaginait qu'il s'enthousiasmait à l'idée d'avoir Loki dans l'équipe, ou qu'il demeure ici à long terme ? Il appréciait d'obtenir des informations de sa part, tout comme Fury. Et il allait les aider à abattre Fatalis et Amora, pas nécessaire dans cet ordre.

C'était uniquement pour les affaires.

Enfin pas uniquement, ajouta Tony, se rappela une bouche fraîche contre son oreille.

Mais c'était surtout pour les affaires.

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Un autre jour passa. Clint lança un second pari : Loki avait-il ou non enjambé la fenêtre et était-il parti juste pour le délire ?

Tony misa cent dollars sur le fait qu'il était encore à l'intérieur, uniquement pour voir Thor lui offrir un sourire rayonnant.

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« Monsieur, trop d'entretien nuit au bon entretien. Les propulseurs manuels sont au top de leur capacité ».

« Je le sais, Jarvis. Je vérifie juste le remplacement ».

« Eh bien, vous êtes très anal là-dessus ».

« Ne sois pas vulgaire ! » répondit Tony, impassible. « Et je t'en supplie, n'utilise plus le mot 'anal' à l'avenir. C'est juste obscène quand tu le fais ».

« Tatillon, alors ».

« C'est mieux ».

C'était un mercredi soir typique pour Tony, dans son atelier trois étages en-dessous de la demeure des Avengers. Pour être tout à fait honnête, il n'avait pas vraiment de raisons d'être ici, à part qu'il n'était pas arrivé à trouver le sommeil et qu'il n'avait pas à patrouiller. Encore une fois. Il n'avait pas de preuve tangible, mais il était presque sûr que Steve avait modifié leur calendrier.

Dans tous les cas, cela signifiait donc qu'au lieu d'aller combattre le crime, Tony pouvait rester sur sa chaise de bureau à faire des exercices avec le gant détachable de son armure, comme s'il en attendait quelque chose en particulier.

« Et c'est moi que tu appelles l'ermite graisseux ? » commenta Loki derrière lui. « Je tends à penser que c'est plutôt l'inverse, non ? »

Pour la première fois, Tony maudit son charme inné et irrésistible. Il se retourna lentement sur sa chaise pour faire face à Loki.

Il se tenait debout à l'entrée de l'atelier, ses doigts pâle reposant sur le chambranle. Il avait l'air fatigué, remarqua Tony, mais tout de même beaucoup plus reposé que cinq jours plus tôt.

Il avait aussi l'air plus petit, d'une certaine manière. Au lieu de son habituelle et encombrante armure en cuir, il portait un t-shirt en lin vert sombre, dont le col en « v » était composé de cordons défaits. En bas, il avait mis un pantalon en daim noir et des bottes. Cela ressemblait aux vêtements qu'affectionnait Thor quand il n'était pas en armure, ce qu'il se garderait bien de mentionner.

Tony ne savait trop que faire de ce nouveau Loki en habits décontractés, avec ses cheveux humides qui encadrait son visage et sa gorge blanche bien visible. Il replaça donc sa main dans le gant rouge, cherchant le moindre défaut dans l'articulation.

« J'utilise un lubrifiant spécialement conçu pour les articulations de l'armure, pas de la graisse » répliqua-t-il, tournant sa paume vers le haut et refermant ses doigts en un poing armé. « Et je ne me suis pas caché pendant presque six jours ».

« J'avais un sort à briser » répondit Loki sèchement. « Les conventions sociales pouvaient bien attendre ».

« Et qu'en est-il de la nourriture ? »

« J'ai mangé ».

Tony fronça les sourcils.

« Quoi donc, les meubles ? »

Frappant le mur de manière abrupte, Loki s'approcha à grands pas. D'après Tony, il avait le même regard qu'un chasseur observant sa proie, mais il refusa de se sentir nerveux, préférant se concentrer sur la jointure du poignet de son gant, glissant de l'huile à l'intérieur pour éviter tout grincement. Il n'en avait pas besoin, mais...

Deux mains se posèrent sur ses épaules, fermes et froides. De longs doigts trouvèrent leur marque sur la courbe de muscles et d'os, des pouces se pressèrent de part et d'autre de sa colonne vertébrale. L'esprit de Tony se brouilla. Il ne savait pas exactement pourquoi ; il n'y avait rien d'intimidant dans ce geste. Mais il n'avait pas non plus d'idée de la raison pour laquelle Loki voudrait poser ses mains sur lui.

« Tu ferais mieux de te rappeler qui je suis, Stark » murmura Loki, et ses pouces roulèrent sur les muscles tendus des épaules de Tony. « Peut-être que ma présence ici, dans cette cave sécurisée, pourrait te donner une idée d'à quel point je peux être plein de ressources ».

C'était exact ; l'ascenseur n'aurait pas du s'ouvrir pour lui. Il ne pouvait pas se téléporter non plus. Thor lui avait une fois dit que Loki était suffisamment furtif pour ne pas être vu du Gardien d'Asgard quand il ne voulait pas l'être. Tony avait simplement supposé qu'il s'était téléporté ailleurs.

« Donc tu es en train de me dire que tu n'as pas mangé les meubles ? » Impressionné ? Qui était impressionné ? Certainement pas Tony Stark. « Je suppose que si tu as brisé le sort de localisation, tu as récupéré ta magie et Amora ne peut plus te retrouver. Ce qui signifie que tu vas repartir bientôt ? »

A cela, Loki émit un bruit sourd plein de signification.

« Oh, je ne sais pas ».

Les mains dans la vision périphérique de Tony émirent soudain une lueur verte, et il sentit la présence de quelque chose qu'il ne pouvait expliquer commencer à s'infiltrer sous sa peau. C'était la même sensation qu'un fil de rasoir enveloppé dans de la soie ; à un putain de cheveux près d'être mortel. Le coeur de Tony commença à battre à vive allure, tandis que la sensation descendit dans sa poitrine, se déployant comme des doigts squelettiques, cherchant ou explorant ou peut-être essayant juste de lui foutre les jetons.

Derrière lui, Loki respirait fort par le nez et se pencha par-dessus les épaules de Tony, observant son torse avec autant d'acuité que s'il pouvait y voir autre chose que la lumière bleutée sous son débardeur noir.

« C'est donc cela alors. Je me posais la question ». La sensation disparu tout comme la magie de Loki. « Il y a des éclats de métal autour de ton coeur ».

Tony eut l'étrange sentiment d'être nu, comme si quelque chose d'important lui avait été arraché pendant qu'il ne faisait pas attention. Certains Avengers n'en savaient pas autant à son sujet. Tout ce qu'ils savaient, c'était que si le réacteur ARK sortait, il n'avait que quelques minutes pour en remettre un nouveau. Mais personne n'avait jamais réussi à extraire le secret de sa poitrine comme une banale information.

« Ce sont des éclats d'obus » précisa Tony avec hargne, se relevant d'un coup.

Enlevant le gant, il se dirigea vers l'endroit où reposait son armure et le déposa parmi les pièces détachées. Il lui semblait que son torse entier était glacé et à vif.

« Tu aurais pu simplement me le demander ».

Loki eut l'air légèrement amusé.

« C'est vrai, mais dans ce cas j'aurais du te faire confiance quant à ton honnêteté ».

« De nous deux, tu es le seul qu'on surnomme le Menteur » répliqua catégoriquement Tony. « Garde tes doigts magiques pour toi à partir de maintenant ».

Se sentant plus tendu et énervé qu'il ne pouvait l'expliquer rationnellement, il commença à remballer ses outils avec des mouvements rapides et adroits.

C'était un vieux rituel, de ceux qui ne nécessitent plus de devoir réfléchir, mais il garda ses yeux fixés sur son rangement de chiffons huileux, de tournevis et de clés à molette, faisant glisser tout le reste dans le large tiroir sous sa table de travail. Il le verrouilla d'un ample mouvement de la poignée.

« Comment est-ce arrivé ? Tu t'es fait attaquer ? » demanda Loki derrière lui, toujours aussi curieux.

Ne savait-il pas... Est-ce qu'il s'en fichait vraiment d'aborder un sujet aussi délicat ? Bien entendu, pensa sombrement Tony. Il n'était pas une menace. De toute manière, il n'allait pas lui faire le récit des machinations d'Obadiah Stane. Ou de sa fin prématurée.

« Tu sais quoi » lui dit-il soudainement, forçant son sourire. « Je veux bien te raconter comment je les ai eu si tu m'expliques pourquoi tu deviens bleu quand tu utilises ce coffret des Neiges d'Antan. Non, en fait, j'ai changé d'idée. Pourquoi tu ne me le montrerais pas ? »

« Coffret des Hivers Anciens » corrigea machinalement Loki, mais sa voix était cassante. « Et je refuse ».

Tony haussa les épaules.

« Dans ce cas, je suppose que c'est pas de bol. Jarvis, éteins les lumières, j'ai terminé ».

Il s'essuya les mains sur un chiffon qu'il lança sur la table, tandis que les lumières fluorescentes du plafond se coupèrent les unes après les autres, ne laissant que les faibles lueurs rouges d'urgence sur le sol pour lui indiquer la sortie.

« Je t'ai contrarié » lui dit prudemment Loki ; une ombre sombre à sa droite. « Ce n'était pas mon... »

« Intention ? Si ça l'était, Loki. Tu es doué pour retourner le couteau dans la plaie, et tu as réussi. Maintenant, reprends ta magie et tes manipulations, je te prie de bien vouloir dégager d'ici ».

Tony entendit une inspiration lourde après cela, mais ce fut surtout la main sur son bras qui retint son attention. Elle était glaciale.

« Stark » dit Loki doucement. « Je ne peux pas encore partir. Le sort est brisé mais ma magie est... loin d'être complètement rétablie. Tu voudrais m'envoyer à une mort certaine ? »

Il se tenait face à Tony, lui barrant la sortie et, tandis que Tony s'arrêta pour assimiler sa phrase, une seconde main vint encercler son autre bras. Le choc de température lui donna la chair de poule et ses cheveux se hérissèrent sur sa nuque. Mais il ne pouvait rien voir et quelque part il savait que si Jarvis rallumait les lumières, Loki le prendrait très mal.

« Si j'étais un véritable descendant Jotun, cela te brûlerait terriblement » lui dit Loki, et une main descendit sur son bras, laissant une sensation glaciale dans sa trace. « Mais je suis de sang mêlé. Après la guerre, Odin m'emporta, encore enfant, en tant que tribut de négociation, et m'éleva comme son fils. Un fils décevant, mais un fils quand même. Tout allait bien, jusqu'à ce que le toucher d'un géant du froid ne révèle un secret depuis longtemps enfui et que ma peau ne passe d'une pâleur d'Ase à un bleu de Jotun ».

Tony essaya de scruter son bras, mais ne vit rien de plus que la silhouette sombre d'une main entourant son biceps. Mais le froid était une preuve suffisante. Loki avait franchi une ligne que Tony ne se souvenait pas avoir dessinée, mais il sentit son animosité céder le pas face à la vérité.

« Tu brûles de cette manière » murmura soudainement Loki, et Tony sentit qu'il avait resserré l'écart entre eux. « Maintenant, ta peau me donne l'impression d'être une fournaise ».

Il déglutit.

« Est-ce que cela fait mal ? »

« Non. Oui. Autant qu'à toi, j'imagine. A quel point cela te fait-il mal, Stark ? »

Tony n'avait aucune idée de ce qu'il faisait quand il leva la main vers la joue de Loki dans la pénombre, pressant ses doigts contre la peau, dont il n'avait vu les marques que magnifiées sur son affichage facial intégré. Ses yeux devennaient rouge aussi, se rappela-t-il d'un air absent. Tony sentit la caresse de ses cils contre sa paume tandis qu'il déplaça sa main d'un côté à l'autre de son visage, avec la même sensation que s'il frôlait une sculpture de glace. Mais sa peau était sèche, ferme et souple sous la pression de sa main.

Se tournant vers les caresses de sa paume avec voracité, Loki laissa échapper un soupir, telle une bouffée hivernale sur le visage de Tony.

« Tu es glacé. En fait, ta peau donne des frissons » lui dit Tony, sentant sa propre voix s'enrouer. « Mais cela ne fait pas mal. Loki, est-ce que quelqu'un d'autre t'a déjà... »

« Non » le coupa-t-il, d'une voix douce et basse. « Je méprise cette apparence ».

« Pourquoi, dans ce cas ? »

Tony entendit le son râpeux de ses vêtements quand Loki bougea, et il laissa sa main glisser le long de sa gorge, tâchant d'imaginer sa couleur d'un bleu profond. Mais il n'y arriva pas. Cela lui semblait tellement surréaliste, même pour lui.

Il sursauta légèrement quand de petits glaçons -non, des doigts- se pressèrent autour de son coeur.

« Je t'ai pris quelque chose sans t'en demander la permission ».

« Laisse-moi rallumer les lumières ».

« Non ».

« Je t'ai déjà vu auparavant ».

« Dans ce cas, tu en as vu plus qu'assez ».

« Allez, voy- »

Une bouche glacée l'arrêta en plein milieu de ses protestations, fraîche, douce et humide contre les lèvres de Tony.

Aussi abasourdi qu'il ne l'était, Tony entendit Loki laisser s'échapper un léger murmure de douleur et de plaisir contre ses lèvres, et il décida de se laisser aller, advienne que pourra. Il serra le corps de Loki contre le sien, forçant sa bouche pour offrir à sa langue les engelures les plus étranges qu'il n'ait jamais eu.

Thor va me tuer, pensa-t-il désespérément quand les mains de Loki se glissèrent sous son t-shirt et dans son dos, le faisant gronder de surprise. Mais ce n'était pas assez pour l'arrêter parce que oh mon Dieu, le troisième criminel le plus recherché du SHIELD lui mordillait la langue et les lèvres de Tony commençaient à s'engourdir mais c'était tellement bon et il n'avait jamais été doué pour se refuser quoi que ce soit.

Chassant ces pensées de son esprit, Tony laissa glisser sa main dans un désordre de long cheveux noirs, sa bouche se déplaçant pour parcourir la courbe glacée de sa gorge.

Ensuite, la porte de l'ascenseur émit un petit bruit et Clint entra dans la pièce, activant le détecteur de lumière à son arrivée.

« Hey Tony, Jarvis a dit que tu... pourquoi tu me regardes comme ça ? »

Tony essaya de se remettre de ses émotions, ses bras ne serrant plus rien d'autre que de l'air. Loki avait complètement disparu, lui laissant l'étrange impression qu'il venait d'avoir l'hallucination la plus dingue de toute sa vie. Si seulement il ne frissonnait pas complètement et qu'il ne -et merde.

L'observant, Clint recula doucement jusqu'à l'ascenseur.

« Euh ok super, donc... Je repasserai quand tu ne te taperas pas une bonne grosse gaule tout seul dans le noir. Salut ».

L'ascenseur l'avala à nouveau, laissant Tony calculer ce qu'il lui faudrait pour corrompre Clint afin qu'il ne balance pas tout ce qu'il venait de voir à Natasha ou à Steve.

« Il n'aurait pas pu nous rendre tous les deux invisibles ou faire un truc du même genre » grommela Tony, effleurant ses lèvres avec précaution. Elles étaient glaciales et gercées, et sa langue picotait bizarrement dans sa bouche. « Jarvis, tu as enregistré tout cela ? »

« Oui monsieur ».

Tony n'avait pas besoin de réfléchir à deux fois.

« Efface les vidéos de surveillance de ce soir. Gardons tout cela strictement confidentiel ».

« C'est déjà fait, monsieur ».

Maintenant, il n'avait plus qu'à tenter de comprendre comment tout ceci était arrivé, et ce que cela signifiait. Mais d'abord... une douche chaude.

Car d'une certaine manière, il avait le sentiment qu'une douche froide n'allait certainement pas avoir l'effet escompté.

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Note de traduction :

[1] Dummy : "Le débile" en français dans les films (merci à Roxanne33 pour la précision). Comment décrire Dummy ? En fait, c'est l'espèce de « bras » autonome qui aide Tony dans son atelier. A défaut d'un meilleur terme... Si vous vous rappelez du premier Iron Man, c'est le gentil petit machin qui lui tend le réacteur ARC de remplacement quand Obadiah Stane lui a volé le sien et l'a mis k.o. avec l'oreille blue tooth qui paralyse (haha ok je suis vraiment naze en description de scène). C'est aussi lui qui lance de la poudreuse d'extincteur lors des premiers essais de l'Iron Man dans son garage. Il n'est pas débile hein, c'est juste que son intelligence artificielle n'est pas aussi avancée que celle de Jarvis. C'est un des premiers robots construit par Tony, si pas le premier, c'est probablement la raison pour laquelle il le garde tel quel même s'il aime bien le rabrouer.

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Une seule note de trad' cette fois-ci, je pense que tout le reste était relativement clair. Au cas où je me suis trompée, n'hésitez pas à poser vos questions en commentaire, je vous répondrai par MP (si vous avez un compte FanFiction) ou dans le prochain chapitre.

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Quelques petites réponses aux Reviews :

J'ai vu que quelqu'un se demandait à quoi ressemblerait Tony en robe (faisant référence à sa discussion avec Clint au début du chapitre 3). Pour cela, je vous invite à regarder « Sherlock Holmes 2 : jeu d'ombres », sortis depuis peu en DVD. Je ne sais pas si l'auteur faisait référence à cette scène en écrivant ce dialogue, mais Robert Downey Jr s'y déguise en femme de manière très crédible *tousse*.

Si vous avez apprécié le rapprochement entre nos 2 protagonistes dans la partie précédente, vous avez certainement du apprécier le 'rapprochement' dans celle-ci. Perso, j'ai du prendre une douche chaude moi aussi. Hannnn !

Concernant Jarvis, ma traduction n'était peut-être pas hyper claire la dernière fois, j'espère que c'est mieux expliqué cette fois-ci. Le système d'exploitation du Fatalibot-James-Bond et le sien étant connectés (par facilité, Tony a probablement utilisé le même OS), Jarvis a pu s'incruster dans le robot pour les aider à mettre une raclée aux bad guys. Ce n'est pas vraiment comme s'il avait un ''corps'', c'est plutôt un transfert de ses données et de ses paramètres (ergo, sa capacité de fonctionnement autonome). Du coup, c'est plutôt l'effet Terminator en fait, autre intelligence artificielle bien connue dans un corps de robot.

Au fait, j'avais à peine posté le dernier chapitre que Hella postait le sien. Vous êtes donc à la moitié de l'histoire parue pour le moment : 8 chapitres (+ un bonus mais chuuuut). Et vous aurez bien entendu droit à tout cela, mais chaque chose en son temps. Je vous posterai bientôt la 5ème partie.

A très vite et un ENORME merci encore pour votre soutien et votre enthousiasme.