Auteur : LillyVentury93
Titre : Il a suffi d'un jour pour t'aimer toute la vie
Rating : M, ce dernier se justifiera au bout de plusieurs chapitres.
Disclaimer : Rien n'est à moi, tout est à la talentueuse JKR.
Résumé : « - Je ne suis pas sa putain si c'est ce que tu penses. Tu peux m'en vouloir, être dégouté mais tu n'as pas le droit de salir notre histoire Harry. » Tout est dans ces mots et il n'a plus le choix. HG/SR
Pairing : Hermione/Severus avec Drago/Harry en fond.
Note de l'auteur : Oui je sais ce que vous vous dîtes, tiens ! Une revenante. Et c'est un peu le cas. Presque trois mois de retard. Je suis inexcusable. Je suis vraiment désolée, vraiment. Je m'en veux terriblement de ces trois mois de silence mais la semaine où j'aurais dû publier a été une semaine chargée où je suis tombée malade et j'ai commencé le chapitre 4 dans de mauvaises conditions si bien que le début était tellement mauvais que j'en ai été dégoûtée. Bref, j'ai fait une sorte de blocage et j'ai mis du temps à m'y remettre. Au début je me suis forcée mais ça ne donnait rien de bon alors au final, je me suis laissée du temps pour retrouver l'inspiration et en bonne résolution, j'ai commencé le chapitre hier et hop ! Aujourd'hui il est terminé et je pense qu'il est pas trop mal. Donc voilà, encore désolée. Pour me faire pardonner j'ai écrit 23 pages qui j'espère vous plairont. D'ailleurs, quelques lignes sur ces 23 pages. Alors, déjà, je pense que mon chapitre est potable donc j'espère qu'il vous ira. Ensuite, je tiens à dire que contrairement aux deux autres années, ce chapitre ne respecte pas vraiment le livre pour deux raisons : premièrement, je n'ai lu le livre 3 qu'une seule fois il y a bien longtemps et comme il est plus gros que les deux autres (bon c'est pas énorme) le feuilletait est assez compliqué, deuxièmement, Severus est vraiment présent dans ce tome et il faut dire qu'il est tellement imbuvable et Hermione le déteste à un point que je ne peux pas le suivre à la lettre si je veux qu'il y ait une romance entre eux ! Donc voilà, j'ai clairement suivi le film qui me laissait beaucoup plus de liberté et je pense que ce sera pareil pour les prochains chapitres. Je préviens de suite, la relation Severus/Hermione évolue dans ce chapitre et la romance commence donc pour ceux qui pense encore qu'Hermione est trop jeune, je ne sais pas si ce chapitre vous plaira, j'espère tout de même que si, sur ceux, bonne lecture et je vous retrouve en bas ^^
« - Et donc…, Harry pinça les lèvres, rebuté à l'idée de dire ses mots, c'est là que vous êtes devenus… proches. »
Le brun avait hésité sur le mot, pensant un instant à dire intime mais tout compte fait, il ne l'aurait pas supporté.
Rogue était certainement intime avec sa meilleure amie mais c'était un peu comme les parents, on ne voulait rien savoir de leur vie… privée, strictement rien et il préférait penser que puisque Hermione serait un très bonne mère, une cigogne lui avait donné un enfant, ni plus, ni moins.
Son comportement était sans aucun doute immature mais il s'en fichait. L'enfant était arrivé par la voix des airs et pas par celle… physique.
« - Plus ou moins, répondit la brune. Pas extrêmement proche, mais Severus ne me voyait plus comme une élève, j'avais enfin atteint le but que je voulais, être importante pour lui. J'en étais tellement heureuse qu'au début j'ai refusé de le croire. »
« Ah » fut la seule réponse de Harry, il n'avait qu'une envie, c'était de quitter cette pièce le plus vite possible et de kidnapper Malefoy, lui faire payer de ne rien lui avoir dit mais surtout, lui demander de lui faire tout oublier, même son nom.
Etrangement, lui qui tout à l'heure voulait tout savoir ou presque tout, n'avait plus qu'une envie, c'était fuir cet endroit. Après tout, Rogue avait dit quelque chose qui pouvait être qualifié d'attentionné à Hermione, elle semblait heureuse, épanouie, elle allait avoir un bébé, il n'avait qu'à donner sa bénédiction, éviter Rogue le plus souvent possible, ne pas penser à Rogue dans des situations compromettantes qui lui donnaient envie de vomir, éviter accessoirement Ron jusqu'à ce qu'Hermione lui dise la vérité et il devrait survivre, une fois de plus.
Il s'était lassé de toute cette histoire, il n'aurait pas dû en faire tout un cirque, le bonheur d'Hermione était tout ce qui comptait et elle était heureuse alors il n'y avait plus aucun problème.
Bien sûr tout ce petit discours que le survivant se tenait dans sa tête était pour dissimuler la vérité qui était la suivante : il commençait à éprouver de la compassion pour Rogue. Pour Rogue !
Il ne comprenait que trop bien ce que Rogue pouvait ressentir, les sentiments contradictoires, cette envie insensée de protéger la personne qu'on aime sans vouloir l'admettre, la peur de la perdre, même la jalousie.
Bon d'accord, Rogue n'était pas encore amoureux d'Hermione dans le récit de la brune mais ça ne serait tarder. Et à ce moment, il oublierait toute sa rancœur pour Rogue, et ça, il n'était pas vraiment sûr de la vouloir.
Une part égoïste et immature de lui voulait avoir encore quelqu'un à haïr pour toutes ses années de souffrance. Et Rogue était la personne idéale pour ce rôle.
Mais dans sa tête, il était déjà passé du bâtard graisseux des cachots au graisseux des cachots et ça, ce n'était vraiment pas possible. Il soupira, il n'avait pas le droit d'être égoïste avec Hermione, mais s'il acceptait sa relation avec Rogue, il pouvait bien avoir une petite récompense et cette récompense était de pouvoir haïr Rogue comme il le désirait.
Une petite voix dans sa tête lui dit que non mais il se décida à la faire taire. Il allait partir en souriant, s'occuper d'Hermione comme un ami tout en haïssant tout de même Rogue, c'était un bon plan.
Hermione, elle, n'avait pas quitté Harry du regard, se demandant ce qu'il pensait, elle voyait des émotions contradictoires dans ses yeux. Elle espérait sincèrement qu'il commence à accepter toute cette histoire pour qu'ensuite, il puisse digérer ce qu'elle allait lui dire.
La suite ne lui plairait pas.
Pour l'instant, son histoire avec Severus était platonique, compliquée, Severus n'avait même pas de sentiments pour elle à cette époque, c'était juste elle qui était éprise de lui, un amour d'enfant, rien de dérangeant mais aujourd'hui, elle attendait le bébé de Severus, il devait bien se douter de ce qu'il s'était passé mais pensait-il que cela allait arriver si tôt ?Sans doute pas.
Quand elle y repensait, elle trouvait que ce n'était pas si tôt, pour une adolescente, treize ans, ce n'était rien, quatorze même.
Mais la différence d'âge choquait toujours, pourtant, elle était presque sûre que ce n'était pas cela qui dérangerait Harry mais plutôt la concrétisation de leur amour par des actes, il ne devait même pas accepter leurs sentiments.
La voix de ce dernier, anormalement joyeuse, la sortit de ses pensées.
« - Bien, je suppose que Rogue a fini par éprouver de ses sentiments pour toi et que tu as fini par lui dire ce que tu ressentais, il a dû être soulagé que ce soit réciproque et… Et tu es tombée enceinte, je suis heureux pour toi, déclara Harry. »
Hermione ouvrit la bouche choquée avant de la refermer.
Harry, lui, attendait bêtement que la brune lui saute dans les bras, qu'elle lui dise qu'elle était contente qu'il accepte et qu'enfin, il puisse partir. Il ne voulait pas voir le salut de Rogue, il ne voulait surtout pas le voir parce qu'il savait qu'à la fin, il apprécierait Rogue et qu'il ne pourrait plus lui en vouloir.
Et puis de toute façon, il était sûr de connaître la suite. Alors pourquoi rester ?
Néanmoins rien ne se passa comme prévu et sa fausse joie fut remplacer par la réalité, dure, crue mais oh combien plus vraie.
« - Tu n'acceptes pas, claqua Hermione, blessée par le déni de son meilleur ami.
- Si, bien sûr que si !
- Ne me prends pas pour ce que je ne suis pas Harry James Potter. Tu regardes cette porte depuis cinq bonnes minutes comme si elle avait des ailes, je sais ce que tu veux faire. Tu vas faire semblant d'être heureux pour moi ou peut-être que tu l'es, mais tu feras comme si Severus n'existait pas, comme si c'était toujours l'ignoble bâtard de notre première année mais le problème Harry, c'est que cet homme n'existe plus. Et tu ne veux pas l'accepter, Merlin sait pour quelle raison. Et puis quand je m'installerais avec Severus, qu'est-ce que tu feras Harry ? Tu commenceras à m'éviter, on perdra contact et voilà, ce sera la fin de notre amitié.
- Pas du tout Hermione, je pense juste que j'éviterais de venir chez toi trop souvent.
- Ben voyons. En fait tu n'en as rien à faire de tout ça, tu veux juste partir, te voiler la face, tu as envie d'être égoïste aujourd'hui. Eh bien pars, vas-y.
- Hermione, je ne veux pas partir, c'est juste que j'ai compris. Ok ? Je vois déjà la suite de votre histoire.
- Tu ne veux surtout ne pas en entendre plus, pourtant tout à l'heure, tu voulais tout savoir.
- Mais ce que j'ai entendu m'a suffi pour imaginer la suite. Rogue après t'avoir donné deux ans de cours particuliers est tombé amoureux de toi, mais aucun de vous n'osait le dire jusqu'à notre septième année après des retrouvailles chaleureuse, vous vous êtes tout avoué et voilà !
- J'ai embrassé Severus lors de notre troisième année. »
Et voilà une nouvelle claque pour le survivant. Harry grimaça, définitivement non, il ne voulait pas la suite. Pourtant une fois de plus Hermione ne lui laissa pas le choix.
« - Tu sais Harry, plus je te raconte tout ça, plus je me rends compte à quel point je veux que tu connaisses tous les détails, que tu lises tout les mots doux que Severus m'a écrit, que tu partages avec moi tes nuits avec Drago et moi celle avec Severus, tu es mon meilleur ami, je ne choisirais jamais entre toi et Ron mais tu es celui auquel je veux tout raconter, à qui je veux me confier. Alors tu as le choix Harry, soit tu restes et tu écoutes même si cela te dégoûte, même si tu n'aimeras jamais Severus, soit tu pars maintenant et je sors de ta vie parce que notre histoire avec Severus fait partie de moi, je vous l'ai dissimulée pendant sept ans, c'est comme si j'avais mené une double vie, aujourd'hui j'en ai marre de me cacher, je suis la femme de Severus Rogue et peu importe ce que les autres pensent, je veux le dire, je veux en parler à mon meilleur ami. Mais cette personne égoïste devant moi qui veut jouer un rôle n'est pas mon meilleur ami. Alors, tu pars ou tu restes ?
Un long silence prit place entre les deux adolescents.
Hermione regardait Harry d'un air déterminé bien qu'au fond, une boule d'angoisse l'empêchait presque de respirer si bien qu'elle devait faire un effort pour faire rentrer l'oxygène dans ses poumons.
Quant à Harry, il n'osait même pas lever les yeux. Que faire ? Partir ? Non, il ne pouvait pas.
Le brun se rendit compte de la comédie capricieuse qu'il faisait depuis tout à l'heure. Il avait sans doute déjà accepter la grossesse d'Hermione et le fait que Rogue soit le père aussi.
La seule chose qui l'embêtait, c'était ses propres besoins, comment pouvait-il être aussi centré sur lui-même ? Il avait pris sa décision.
-… Rogue embrasse bien ? »
Hermione sentit un immense soulagement l'envahir, elle n'était pas prête à perdre Harry, elle ne le serait jamais.
De son côté le survivant listait déjà une personne à qui en vouloir et il se demanda si Drago lui en voudrait s'il haïssait un peu plus son père, tout en pensant ça, il écouta Hermione lui raconter sa troisième année.
Une pensée surgit alors de son esprit : c'était Hermione qui avait embrassé Rogue ?
1er septembre, Poudlard Express, 13h35
La pluie tombait à verse et ne faisait que rendre l'atmosphère plus lourde qu'elle ne l'était déjà.
Les nuages noirs qui planaient sur les vallées et les collines semblaient s'étendre sur des kilomètres, comme si le soleil ne viendrait plus jamais illuminé le Poudlard Express.
Dans le wagon où se trouvait les trois plus fameux Gryffondors de leur génération, nommés le trio d'or, l'ambiance était aussi morose que le temps.
Les trois jeunes gens n'avaient pas ouvert la bouche depuis l'annonce de Harry à propos de Sirius Black et seule la respiration du professeur endormi venait troubler le silence de la pièce.
Harry était plongé dans ses pensées, Ron boudait après s'être fait rembarrer par Hermione et la sorcière fulminait toujours à cause du rouquin qui avait raconté trois fois au moins l'histoire de Sirius Black tuant 12 moldus, d'un seul sort d'après lui.
Ce n'était que des stupides rumeurs qui avaient encore été colportées, on ne pouvait pas tuer douze personnes avec un seul sort. La brune était agacée et surtout angoissée.
Agacée après Ron qui n'avait fait que remuer le couteau dans la plaie alors que Harry était encore menacé de mort.
Angoissée parce que justement Harry était encore en danger.
Elle était fatiguée de tout cela avant même que cela ait commencé. Et le temps ne faisait qu'augmenter son anxiété.
Elle avait une soudaine envie de sortir de ce compartiment où l'atmosphère était trop lourde et d'aller se dégourdir les jambes. Mais c'était connu que Malfoy aimait se pavaner dans les couloirs du train et elle n'avait pas envie de se disputer avec le sang-pur.
Finalement, elle descendit Pattenrond de ses genoux qui avaient pris ses aises et attrapa un livre de potion qu'elle commença à bouquiner.
Elle entendit vaguement Ron faire une remarque sur les potions mais ne releva pas, sachant que si elle prenait la mouche, ses cris contre son meilleur ami ferait trembler le train.
Hermione décida plutôt de se plonger dans sa lecture et de ne penser à rien.
Mais dès qu'elle se plongeait dans un livre, que ce soit un livre de potions, de métamorphose ou une simple aventure moldue, toutes ses pensées convergeaient toujours vers le même point : Severus Rogue.
Inlassablement, elle se répétait les trois mots qu'il avait murmuré lors de leur dernière rencontre. Ma gamine agaçante. Elle était sa gamine agaçante. Elle n'était plus son élève, plus une simple tête parmi la population de Poudlard, elle était sa gamine agaçante à lui, rien qu'à lui.
Et rien que cette idée la faisait monter au paradis. Elle n'arrivait pas à y croire tout simplement. La plupart du temps, elle avait l'impression qu'elle était dans un merveilleux rêve mais qu'elle finirait par se réveiller.
Et que tout redeviendrait comme avant… Ou pire.
Enfin, pour l'instant, elle profitait de ce rêve éveillé, imaginant la réaction de son professeur quand il la reverrait. Serait-il troublé ? C'était une question qui revenait de plus en plus souvent.
Parce qu'elle ne pouvait pas se voiler la face, elle venait d'entrer dans l'adolescence sans aucun doute, elle n'était plus une gamine.
Elle avait pris des formes, elle avait grandi, elle avait perdu certains de ses traits d'enfants, elle ressemblait déjà plus à une femme. Elle semblait plus femme. Plus femme au point de ressentir des envies.
Des envies d'être embrassée par exemple. Elle avait rêvé embrasser Severus, consciente ou endormie, ses pensées dérivées et devenaient parfois gênantes au point d'en rougir.
Elle s'éveillait doucement à ce qu'était les plaisirs qu'une adolescente ressent une première fois et elle se demandait si le fait qu'elle est grandie changerait quelque chose dans sa relation avec le professeur.
Elle se le demandait vraiment.
Pour la première fois, en plus de son amour pour lui, elle avait envie d'un amour concret alors qu'elle avait toujours pensé qu'elle ne serait qu'une amie, une petite protégée pour lui.
La caresse de leurs mains en seconde année qu'elle n'avait ressenti que comme un signe d'affection, un soutien professoral était devenu la caresse la plus érotique dans ses fantasmes.
Hermione avait grandi, ses envies avaient grandi et elle devait avouer qu'elle ne savait pas comment gérer cela.
Elle ne connaissait rien à ce monde de sensualité mais le désirait. Et ce qui était le pire pour Hermione était de ne pas savoir.
Ce fut sa dernière pensée avant qu'un froid glacial l'envahisse, que les lumières se coupent et qu'elle sente Ron lui écraser le pied.
« - C'était mon pied ça ! »
Quelques minutes plus tard, toilettes des filles du Poudlard Express
Hermione venait tout juste de refermer la porte de la cabine qu'elle s'écroula sur la lunette des toilettes, se fichant qu'elle soit ouverte ou fermée, et des sanglots lui échappèrent. La rencontre avec les détraqueurs avait été éprouvante, effrayante et terriblement douloureuse.
La peur qui lui avait tordue les entrailles était encore présente comme une boule dans sa poitrine qui l'empêchait de respirer convenablement.
Quand ils étaient arrivés, toute sa joie s'était envolée et ses plus sombres souvenirs, cauchemars surtout, l'avaient envahis. Tous concernaient Severus comme si sa vie ne tournait qu'autour de lui.
Dans chacun, ce dernier était odieux, cruel, piétinant tous les sentiments qu'elle avait pour lui. Et les quelques paroles qu'il avait pu lui dire, ses trois mots magiques qu'il avait dit avaient comme disparu de son esprit, même à cet instant dans cette cabine de toilettes.
Elle était tout simplement blessée, la peur qu'elle avait fait taire tout l'été, se concentrant plus sur ses envies, ses joies, ses désirs, venait d'exploser en elle, la laissant à terre.
Severus lui avait donnée de l'espoir en première année, pour la trainer dans la boue au début de la deuxième année, pourquoi cette année serait différente des deux autres ? Il s'amusait avec elle, la faisait tourner en bourrique, il la haïssait bien évidemment. Il devait savoir qu'elle l'aimait. Il en jouait.
Sa peur et ses hormones déréglées lui firent penser qu'il tiendrait peut-être le jeu juste pour abuser d'elle, oui voilà.
Severus Rogue n'était pas quelqu'un de bien, il ne le serait jamais.
Il l'abandonnerait, la détruirait pour faire bonne mesure et elle, elle aurait tellement mal, elle avait tellement mal que les sanglots l'étouffaient à cet instant. Elle saisit d'un geste désespéré la poignée de porte, la serrant à se faire mal, cherchant désespérément une bouée de sauvetage pour son cœur à la dérive.
Il fallait qu'elle s'éloigne, elle ne voulait plus jamais ressentir une douleur comme celle-ci. C'était terminé, les détraqueurs l'avaient brulée, elle avait trop mal. La tête lui tournait et elle finit par s'adosser à la porte, la tête enfouit dans ses genoux, en sanglotant.
Severus Rogue était à la fois son plus beau rêve et son pire cauchemar, elle avait toujours voulu un prince charmant, elle n'avait jamais voulu se battre pour l'amour, l'amour devait être naturel, vous tombez dessus comme ça et en plus vous quitter. Mais il devait être réciproque !
Avec un professeur ! A quoi pensait-elle ? Le voilà son réveil, elle rentrait dans l'adolescence, fini de jouer la gamine, son amour d'enfant ne serait plus qu'une admiration pour un professeur.
Si les détraqueurs pouvaient lui faire tant de mal, Rogue ferait pire et elle ne voulait pas ressentir cela, elle arrêtait de se battre, terminé !
Hermione se redressa tant bien que mal et essuya ses larmes, quand elle sortirait de ces toilettes, elle aurait oublié Rogue, point à la ligne. Elle serait enfin en paix avec elle-même, elle serait mature, plus que ce qu'elle n'avait jamais été !
Grande Salle, le soir même, 20h02
Le bruit autour d'elle l'agaçait, il y avait bien trop de bruit. Tous les élèves autour d'elle l'agaçaient. Avaient-ils besoin d'être aussi bruyants ? Non bien sûr que non mais ils étaient tellement… immature, elle aurait presque craché ce mot si elle avait pu.
La brune était d'une humeur terrible et elle enviait presque que la table des Serpentards qui paraissait silencieuse par rapport à la sienne. Elle qui avait été toujours fière de manger à la table qui semblait la plus festive à Poudlard le regrettait amèrement.
Elle releva la tête, fusilla Ron du regard qui faisait le singe avec ses couverts, puis les jumeaux Weasley qui faisaient les clowns si bien que les élèves qui étaient près d'eux regardaient à deux fois avant d'enfourner la nourriture dans leurs bouches.
Hermione s'apprêtait à lancer une réplique acerbe quand le coin de la table des professeurs entra dans son champ de vision si bien qu'elle rebaissa la tête immédiatement.
Depuis le début du repas, elle évitait consciencieusement de regarder dans la direction de Rogue parce que sa décision qu'elle avait prise dans les toilettes étaient horriblement dur à tenir.
Elle n'avait qu'une envie, rassasier son regard du professeur, voir s'il avait changé ou alors s'il était égal à lui-même. Cette envie commençait à la torturer si bien que parfois elle avait l'impression de sentir son regard sur elle mais ce n'était pas le cas, bien évidemment.
Elle se faisait encore des films. Pourtant, elle était à deux doigts de craquer, de regarder Rogue encore et encore et de replonger dans ses fantasmes de vacances, de repenser en boucle les trois mots qu'il avait murmurés et qu'elle avait entendus.
En avait-il fait exprès ?
Mais à chaque fois qu'elle allait craqué, la douleur qu'elle avait ressenti quand les détraqueurs étaient arrivés se faisait un plaisir de se rappeler à elle et aussitôt, elle se reconcentrait sur sa nourriture.
Elle espérait que personne n'ait remarqué son petit jeu mais c'était bien évidemment trop demander quand la voix de son meilleur ami la sortit de ses pensées :
« - Hermione ?
- Oui ? Répondit la jeune fille en sursautant encore un peu perdue dans ses pensées.
- Est-ce que tu te sens bien ?
- Oui, oui, je vais bien, c'était plutôt moi qui devrait te demander ça ? »
Elle entendit Harry murmurait quelque chose à propos de cet abruti de Malfoy mais n'y porta pas une grande attention et reprit sa fourchette pour continuer à triturer sa tarte au citron meringuée qui était sans aucun doute son dessert préféré mais qui même là ne la tentait pas.
Elle était à deux doigts de replonger dans ses pensées qui bien sûr la mèneraient à penser encore à Rogue quand Ron prit à son tour la parole :
« - Tu comptes manger ta part de tarte ?
- Tu es vraiment un estomac sur patte Ronald Weasley !
- Mais pas du tout ! Je ne dis pas ça parce que je veux la manger mais parce qu'il n'y a presque plus personne dans la Grande Salle.
- Ron a raison, tous les profs sont déjà partis. »
Hermione releva aussitôt la tête et remarqua que le vacarme contre lequel elle pestait tout à l'heure s'était atténué sans qu'elle ne s'en rende compte, trop plongée dans ses songes.
Son regard se posa enfin sur la table des professeurs qui était belle et bien déserte.
Aussitôt, Hermione se détendit enfin, ses muscles crispaient se relâchèrent et elle finit en quelques minutes sa part de tarte.
Harry et Ron la regardèrent sans rien dire, la trouvant légèrement bizarre mais ils ne pipèrent mot.
Quand enfin, la dernière bouchée fut avalée, ils se levèrent tous les trois dans un même mouvement et sortirent de la grande salle. Mais à peine sortis, ils étaient arrêtés par McGonagall.
« - Ah Miss Granger, vous voilà !
- Vous me cherchiez professeur ?
- Oui, je voulais dire que vous pourrez passer demain matin tôt dans mon bureau pour récupérer votre… demande.
- Bien merci professeur. »
McGonagall hocha sèchement la tête, lança un regard à Ron et à Harry avant de partir. Les deux garçons se tournèrent vers Hermione, leurs yeux posaient la même question : Quel objet ? La brune fit semblant de ne rien voir et se tourna prête à partir à son tour.
« - Hermione que voulez dire McGo ? Demanda Harry
- Ne l'appelle pas comme ça ! C'est un professeur et vous lui devez le respect, déclara la Gryffondor d'un ton qui indiquait clairement qu'elle commençait à faire un sermon ce qui fit soupirer ses deux amis. D'ailleurs vous devez le respect à tous les professeurs, continua la brune en avança sans regarder où elle allait. Je dis ça bien sûr par rapport au professeur Rogue…
La voix d'Hermione se perdit dans un murmure alors qu'elle venait de rentrer dans un corps beaucoup plus grand que le sien, habillé de robes noires et avec une odeur familière.
La sorcière se figea, perdue dans un monde où il n'y avait plus qu'eux. Le bruit autour d'elle, Harry, Ron, tout avait disparu. Il n'y avait plus qu'elle et lui. Hermione et son professeur ; Severus et son élève.
Son cœur qui avait raté un battement quand elle l'avait reconnu repartit de plus belle et il lui fallut tout la volonté du monde pour s'écarter de cette source de chaleur.
Sa main frôla le bras de l'homme et elle en frissonna.
Enfin, quand elle se fut un peu éloignée, elle leva la tête et plongea enfin avec tant de dévotion son regard dans le sien. L'échange qui s'en suivit fut brûlant pour la Gryffondor. Elle brûlait. Littéralement.
Il était là et il la regardait avec quelque chose d'indéfinissable dans les yeux sur lequel elle n'aurait pu mettre un nom. La réalité s'imposa enfin à elle.
Il ne la regardait pas froidement, non, ce temps était bel et bien révolu. Toute sa peur s'envola d'un coup alors que les deux obsidiennes ne la lâchaient pas.
Elle aurait voulu rester ainsi une éternité mais doucement le bruit commençait à redevenir distinct pour ses oreilles et elle sut que rester là plus longtemps aurait été déplacé.
Hermione redescendit donc doucement de son nuage et murmura un désolé avant de s'éloigner rapidement, sans doute suivi par Ron et Harry, elle ne se retourna pas pour regarder.
De toute façon, elle n'était pas sûre de pouvoir tenir une conversation avec eux, il n'y avait plus que Rogue, Rogue qui avait envahi toutes ses pensées…
Quelques minutes plus tard, appartement du maître des potions, cachots.
Severus laissa glisser sa cape au sol avec nonchalance avant de la ramasser et de la poser sur l'accoudoir du canapé. Il se déchaussa et déboutonna deux boutons de sa robe noire pour respirer un peu.
Enfin, il se dirigea vers une armoire calée entre deux bibliothèques et ouvrit une porte pour sortir de la pimentine. Il en avala une gorgée et fit fi de la fumée qui lui sortit par les oreilles, tout ce qu'il voulait, c'était calmé son mal de tête que le repas dans la grande salle avait amené.
Les élèves ne lui avaient clairement pas manqué et la nouvelle promotion semblait encore plus bête que la précédente. Il grimaça à l'idée de devoir supporter encore un an de cours avec tous ces cornichons.
Il soupira, las, fatigué mais bien qu'incapable de dormir, il se savait insomniaque depuis longtemps déjà. Il se laissa tomber dans le canapé sans aucune grâce, et s'avachit presque contre le dossier.
Il ferma les yeux et se massa les tempes d'une main, espérant que cela ferait partir plus vite les maux qui lui vrillaient le crâne.
Le sorcier finit par rouvrir les yeux et son regard tomba sur la photo de son pire ennemi. Black. Un reniflement désabusé s'échappa de ses lèvres et un plaisir sadique l'envahit quand il se dit que justice avait été faite et que ce salaud avait passé douze ans en prison. La haine qu'il avait pour lui était immense.
C'était sa faute si sa Lily était morte, sa faute. Pas la sienne. Il avait dénoncé Potter et Lily, tout sa pour sauver sa peau. Il avait toujours trouvé cela étrange mais les Gryffondors étaient si imprévisibles.
Tous le faisaient sortir de ses gonds. Potter, Potter fils, Black, Lupin, Lily… Granger…
Merlin qu'elle avait changé.
Sans qu'il le veuille, il avait une fois de plus pensé à elle. Elle était sa part d'humanité, sa faiblesse et il avait décidé que pour son propre bien, leur propre bien, il ne la repousserait pas.
Il ferait de cette gamine une brillante potionniste et pourrait au moins se dire que dans sa vie, il aurait fait quelque chose de bien.
Il avait donc fait l'effort de lui préparer de vrais cours particuliers et avait demandé l'accord à Dumbledore qui avait donné son aval avec un immense sourire qui lui faisait encore froid dans le dos.
Bizarrement Minerva s'y était opposée et il en retirait une immense satisfaction. Elle avait sans doute peur qu'il corrompe son élève préférée.
Car il n'y avait aucun doute qu'elle faisait aussi du favoritisme, plus discret certes mais Granger était son élève et il l'avait compris.
Ce qui l'amusait encore plus puisque Granger le préférait à elle, il avait su attirer son attention et il n'en était pas peu fier. Après tout, comme il l'avait dit, elle était sa gamine agaçante.
Enfin gamine…
Il ne pouvait plus vraiment dire gamine. Il y a quelques temps oui mais le petit bout de femme qu'il avait vu aujourd'hui n'était plus une gamine. Non c'était une ébauche de femme et ça il l'avait senti.
Leur rencontre dans le hall avait été… indécente, incorrecte, déplacée et tant d'autres adjectifs pourraient la décrire.
Elle s'était tellement collée à lui qu'il avait senti des choses qu'elle n'avait pas il y a un an, il en avait la certitude, des choses qu'il n'aurait voulu jamais sentir.
Elle avait frôlé son bras et cela lui avait rappelé la mauvaise habitude, qu'il avait pris quand elle était pétrifiée, de prendre sa main dans la sienne.
Alors qu'à l'époque ce geste lui semblait naturel, comme un geste d'affection, de protection, à cet instant il lui semblait déplacer.
Bizarrement, il se sentait gêné par le fait que la brune ait grandi. Il ne savait pas trop comment décrire ce qu'il ressentait pour elle. Un mélange d'affection, de compréhension, de compassion et aussi d'amusement, quelque chose dans ces eaux-là mais aucun mot ne parvenait à définir exactement ce qu'il ressentait et le fait qu'elle change, qu'elle grandisse ne lui plaisait que peu, parce que cela faisait un nouvel élément à gérer.
Il ne pourrait plus la traiter comme une gamine.
Perdu dans ses pensées, il arriva quelque chose à Severus qui ne s'était pas produit depuis des années. Il s'assoupit.
Premier cours de potions de l'année, salle de potions, cachot, 8h00.
« - Arrête de sourire comme ça Mione, c'est agaçant !
- Pardon ? Tu as un problème Ronald ?
- Oui ! Il est huit heures du matin, on commence par potion avec Rogue, alors te voir sourire comme ça est énervant. »
Hermione ouvrit la bouche à son tour, excédée par le comportement de son meilleur ami pour répondre quand elle vit Harry lui faire un signe de la tête qui signifiait clairement : ne dis rien. La brune, tempétueuse, n'en tint pas rigueur et commença à incendier le rouquin qui lui servait d'ami.
« - Je te signale Ronald que les potions sont un enseignement capital pour notre avenir de sorcier et que dans plus de cinquante pour cent des cas, savoir réaliser des potions est un critère essentiel pour être embauché. De plus, je te signale que les cours du professeur Rogue sont très intéressants et que si au lieu de faire le singe, tu connectais les deux cellules qui te servent de neurones, tu n'aurais pas besoin de pomper mes devoirs et tu finirais par avoir un A minimum. Et ne me sors pas que Rogue est injuste envers les Gryffondors parce que tu es tellement agaçant parfois que je me demande comment le professeur Rogue peut te supporter.
- C'est exactement ce que je me demande aussi. »
La voix fit sursauter Hermione et elle se retourna lentement pour voir que Rogue était adossé contre l'embrasure de la porte et qu'il avait sûrement dû tout entendre du début à la fin.
Elle jeta un coup d'œil autour d'elle et put voir l'air mortifié d'Harry, celui colérique de Ron et le sourire sarcastique de Malfoy. Elle comprit pourquoi Harry lui avait dit de rien dire et se mordit la lèvre tout en rougissant.
Elle se retourna une fois de plus vers Rogue qui arborait un sourire clairement moqueur qu'Hermione aurait presque pu décrire d'amusé. Il s'approcha finalement de son bureau qui était juste en face d'elle et reprit la parole :
« - C'est ce que vous pensez Miss Granger donc ?
- Je…
- Que d'éloquence ! Vous viendriez me voir à la fin de l'heure. »
Hermione hocha la tête puis baissa es yeux, les joues rouges, toujours mortifiée face à sa bêtise. Elle entendit à peine Rogue dire de sortir un parchemin pour faire un test sur le programme de l'année dernière. De toute façon, le sienne était déjà prête, elle savait très bien que chaque année, Severus faisait un contrôle sur les connaissances « acquises » de l'année dernière.
Deux heures plus tard, fin du cours de potions.
Hermione n'avait pas vu le temps passé. Elle avait pris un temps infini pour répondre à chaque question espérant ainsi retarder son entretien avec Rogue. Sans aucun résultat. L'homme venait d'ordonner de rendre les copies et elle sentait son regard posé sur elle, l'empêchant clairement de s'éclipser discrètement.
Au moins, il ne l'évitait pas ou ne la dénigrait pas comme les années précédentes. Néanmoins, si elle devait le voir, elle aurait autant aimé ne pas s'être humiliée toute seule avant. La jeune fille soupira, elle n'avait pas le choix.
Elle finit donc de ranger ses affaires et une fois que tous les élèves furent sortis (Ron et Harry ne l'attendirent même pas, Ron boudant et Harry ne supportant pas Rogue) elle s'approcha du bureau.
Severus y était assis et la regardait avec amusement ce qui la fit serrer les dents. Elle lui tendit sa copie qu'il déposa avec les autres. Après quelques secondes de silence, Hermione osa enfin lever les yeux pour tomber directement sur les deux obsidiennes qui la fixaient sans gêne.
« - Professeur, pour tout à l'heure, je suis…
- Vous êtes ?
- … Désolée. Je ne voulais pas…
- Humilier Weasley devant toute la classe ? Ce n'est pas à moi qu'il faut dire ça.
- Je voulais dire perturber votre cours.
- Eh bien, je pourrais vous en vouloir mais je dois avouer que vous avez réussi à m'amuser, ce n'est donc pas le cas.
- Vraiment ? Alors pourquoi je suis là ?
- Laissez-moi réfléchir, n'est-ce pas vous qui vouliez absolument passer du temps avec moi ? En colle ? En cours particulier ?
- Oh !
- Oh comme vous dîtes. Donnez moi votre emploi du temps, je vais voir les horaires qui m'arrange. »
La brune hocha la tête et lui tendit son emploi du temps avec un immense sourire. Severus leva les yeux au ciel mais Hermione ne releva même pas, trop heureuse.
Alors elle n'avait pas rêvé. Severus l'acceptait enfin ? Elle n'était donc plus qu'une simple élève ? Il l'appréciait un tant soi peu pour passer trois soirs de la semaine avec elle sans qu'elle ne lui ait rien demandé ?
Elle était aux anges. Elle avait envie de courir, crier, chanter, danser mais elle était presque sûre que l'homme n'apprécierait pas.
Elle se contenta donc d'afficher un sourire heureux mais oh combien idiot. C'est ce que pensa Severus quand il le vit.
Il ne dit néanmoins rien et se contenta d'observer son emploi du temps. Au bout de quelques minutes, il finit par reprendre la parole :
« - Granger…
- Oui professeur ?
- Puis-je savoir comment comptez-vous vous rendre en divination et en arithmancie en même temps ? Ou en défense contre les forces du mal et en études de runes ? Votre emploi du temps est tellement chargé que la moitié de vos heures se superposent, une explication peut-être ?
- Oh ! Vous n'êtes pas au courant ?
- Au courant de quoi ? Demanda Severus agacé par le ton condescendant de son élève.
- Eh bien… »
Hermione regarda à droite puis à gauche pour voir s'il n'y avait personne dans la pièce ce qui énerva un peu plus l'homme qui trouvait cela stupide. S'il avait quelqu'un dans cette pièce, il l'aurait su.
Mais Granger avait l'air d'avoir besoin d'un acquis de conscience. Soit !
Quand, elle fut sûre que personne ne se cachait dans il ne sait quel endroit (un chaudron pensa-t-il avec ironie), elle plongea la main sous sa chemise.
Cette fois, Severus fut intrigué et attendit de voir ce qu'elle allait en ressortir. Ce fut une chaine qui apparut en premier dans la main de son élève puis un médaillon avec un sablier à son centre.
Il ne fallut pas plus de deux secondes à Severus pour reconnaître l'objet et il sentit son sang bouillir sous la colère alors qu'il commençait à comprendre.
« - Où avez-vous eu ça ?
- Le professeur McGonagall me l'a remis avec l'accord du professeur Dumbledore pour que je puisse suivre toutes les options cette année. Je le rendrais à la fin de l'année et je devrais me décider sur les matières que je veux garder l'année prochaine. »
Bien évidemment, ce vieux fou était derrière tout ça. Était-il inconscient ? Il comprenait maintenant pourquoi Minerva s'était énervée après lui quand elle avait découvert qu'il voulait lui donner des cours particuliers. A ce rythme, Granger finirait à l'infirmerie avant le début des vacances de Noël.
« - Abandonner des options !
- Pardon ?
- Vous n'avez qu'à retirer divination et étude des moldus déjà.
- Et pourquoi cela professeur ?
- De un, parce que suivre tant de cours est impossible pour n'importe quel élève, je doute que moi-même, à l'époque, j'en aurais été capable. De deux parce que les deux matières que j'ai cité ne vous serviront à rien. Vous êtes moldu, vous connaissez le monde moldu, les élèves de ce cours ne savent pas prononcer le mot ordinateur, vous allez vous ennuyer parce que le professeur s'occupera des élèves en difficulté, c'est-à-dire tout le monde sauf vous. Ensuite, la divination. Je connais le professeur et je peux vous dire que ça ne collera pas. Je suis sûr que cela se finira en désastre. Je vous connais Granger. »
Les joues de la brune rosirent légèrement quand son professeur déclara la connaître. Oui, il la connaissait. Plutôt bien même. Vu sous cet angle, elle avait envie d'écouter son professeur, de lui dire qu'il avait raison et d'abandonner d'office son emploi du temps charger.
Mais elle voulait essayer, elle avait sa fierté et elle n'allait pas s'aplatir à n'importe quelle remarque de l'homme, amour ou pas amour.
« - Professeur, je pense que vous avez sans doute raison, commença Hermione ce qui provoqua un sourire satisfait chez Severus, mais… Je crois que pour progresser il faut faire des erreurs, je veux quand même essayer, même si j'abandonne au final, je veux faire mes propres fautes, comprenez-moi. Si je n'arrive pas à tenir le rythme, j'arrêterais. Si vous me connaissez vraiment professeur, vous savez que je ne prendrais pas de risque inutile. »
L'homme eut un grognement puis finit par baisser la tête vaincu. Il abdiqua sachant très bien que la brune avait raison. Il aurait pu lui dire qu'en deux ans, elle avait déjà pris beaucoup de risques mais il savait aussi que louper un seul cours la rendait malade et il était clair qu'elle refuserait de s'arrêter, s'il fallait abandonner une matière, elle le ferait. Il soupira puis récupéra son emploi du temps avant de déclarer :
« - Cours particulier le mardi, le jeudi, et le samedi à 20h00. »
Hermione hocha la tête, un sourire plus discret affiché sur le visage cette fois, elle se sentait vraiment acceptée par son professeur.
Premier cours particulier, 20h00, cachots.
« - Bonsoir professeur !
- Granger, salua Severus. »
La brune lui fit un petit sourire et s'avança dans la salle de classe qui lui était désormais si familière. Elle avait hâte de commencer ce cours qui s'avérait être encore plus excitant que ceux qu'elle avait reçu l'année dernière, elle avait l'impression d'avoir été invitée par Rogue et non de l'avoir forcé.
Elle était ravie qu'il reconnaisse son talent (ou du moins qu'il voit du potentiel en elle pour sacrifier trois soirées par semaine pour elle, trois soirées avec lui).
Plongée dans ses pensées, elle ne s'aperçut pas qu'elle faisait l'objet d'une analyse minutieuse faite par son professeur.
Ses cheveux étaient nettement moins broussailleux nota-t-il tout d'abord, attachés en chignon comme cela, ils semblaient moins indomptables.
Elle n'avait pas l'air fatigué, aucune cerne, il pouvait presque distinguer la joie d'une gamine de treize dans son regard.
Il ne s'attarda que peu sur le reste de son visage descendant vers son cou où il pensait apercevoir le médaillon rien, elle l'avait bien camouflé. Il s'arrêta là dans sa contemplation, refusant de penser à ce qu'il y avait en dessous, refusant de voir à quel point elle murissait.
« - Vous n'allez pas l'air fatiguée, déclara-t-il au bout de quelques minutes.
- Je ne le suis pas.
- Pour l'instant.
- Ne vous en faîtes pas professeur, dès que je sens que le rythme est trop dur, j'arrêterais. »
Severus se rembrunit aussitôt, il ne s'inquiétait pas ou si peu. C'était juste une question d'orgueil, il voulait lui montrer qu'il avait raison. Il se demanda si elle avait déjà rencontré Sibylle, elle ne semblait pas traumatisée outre mesure, ça ne serait tardé pensa-t-il.
Il n'osa pas demander à quoi ressembler les cours de Lupin, il savait que des quatre maraudeurs, c'était sans doute le plus fréquentable mais il ne pouvait s'empêcher de le haïr.
Il avait envie de semer le doute dans l'esprit de Granger, qu'elle découvre la vérité, qu'elle le dénonce. Il se dit qu'il aurait l'occasion de le faire plus tard. En attendant, il avait un cours à donner. Il ne fallait pas qu'il oublie sa réputation de terreur des cachots.
Il lança donc un regard noir à Granger ce qui la fit sourire pour son plus grand malheur.
Quelques jours plus tard, nouveau cours particulier, 20h57.
Severus regardait son élève en train de préparer une potion qu'il jugeait clairement simple pour elle. Il avait prévu de lui en faire fabriquer deux en une heure, une par tranche de soixante minutes. Or, les soixante minutes étaient bientôt terminés et la brune n'en était qu'à la moitié de la potion.
Elle n'était pas concentrée et plusieurs fois elle avait failli se tromper. Et puis, surtout, il avait remarqué son petit manège.
Elle relevait le regard à chaque fois qu'elle pensait qu'il ne la regardait pas, se mordiller la lèvre puis replonger sa tête dans sa préparation.
Aussi, excédé quand elle recommença à le regarder en coin, il arrêta de corriger ses copies, se releva et s'approcha d'elle.
« - Granger ? »
Il la vit sursauter et elle releva la tête vers lui, le regard coupable comme si elle savait déjà qu'elle avait fait quelque chose de mal. Il l'examina un instant, la trouvant presque amusante avec cette tête de chien pris en faute.
« - Posez-moi la question qui vous occupe depuis tout à l'heure même si je ne vais pas apprécier et ensuite remettez-vous au travail ! »
La brune eut au moins la décence de rougir, elle était trop transparente…
« - Eh bien… Je… Ce n'est un secret pour personne que Malfoy est votre filleul.
- Les Malfoy aiment se vanter quand ils le peuvent, répondit Severus légèrement surpris par la tournure que prenait la conversation.
- Oui, répondit la brune hésitante.
- Que voulez-vous savoir à propos de Malfoy ?
- Savoir si… s'il va bien, ça fait deux jours qu'il ne vient plus en cours alors…
- Je croyais que vous détestiez Malfoy ? Questionna Severus, surpris une fois de plus.
- Je ne le porte pas dans mon cœur, c'est sûr… En fait, j'espère juste qu'il n'ait pas trop blessé, comme ça… L'histoire se tasserait un peu et il n'arriverait rien à Buck. »
Un petit son s'échappa des lèvres de Severus, son qui aurait pu être considéré comme un rire mais qui ne l'était pas vraiment. Il s'éloigna du chaudron de la brune et retourna s'asseoir à son bureau. Il croisa ses mains sous son menton et regarda la jeune fille de loin avant de répondre :
« - Votre question détournée pourrait presque s'apparenter à de la sournoiserie… Vous auriez pu avoir votre place à Serpentard, déclara l'homme en faisant une pause pour se délecter du rougissement que ses paroles provoquèrent sur les joues de son élève, mais vous êtes bien trop naïve. Sachez que si une brindille éraflait la peau de son fils, Lucius Malfoy pourrait demander à faire abattre l'arbre, c'est un peu la même chose ici… »
Un instant Severus crut que la gamine allait se mettre à pleurer et il se maudit pour sa façon trop directe de dire les choses et il la maudit pour être si sensible, ce n'était qu'un animal qu'elle n'avait vu qu'une fois dans sa vie.
Elle ne l'avait même pas touché.
Néanmoins, aucune larme ne sortit et la brune baissa une fois de plus la tête. Severus remarqua tout de même qu'elle n'était pas plus concentrée et cela l'embêtait.
Il ne voulait pas qu'elle soit triste mais il n'était pas non plus la personne la mieux placée pour réconforter les gens.
Cependant, la réconforter était pour la bonne cause de son cours, si elle allait mieux, il pourrait arrêter de perdre son temps. Vaincu par sa mauvaise foi, il reprit.
« - Granger, j'ai aussi une question pour vous.
- Je vous écoute professeur.
- Vous rappelez vous en première année de vos pitoyables tentatives pour me faire avouer ce que je savais sur la pierre philosophale ce qui a tout de même inclus le fait de m'écraser le pied avec un livre ?
- Mmmh… Oui, déclara Hermione, peu fière.
- Bien. Combien de points vous ai-je retiré ?
- Zéro professeur mais où voulez-vous en venir ?
- Ce que je veux dire Granger, c'est qu'au lieu de me faire perdre mon temps, vous n'avez qu'à poser vos fichues questions parce que dans tous les cas, je ne vous retirerez pas de point ! Compris ?
- Oui professeur, répondit Hermione avec un petit sourire.
- Alors retournez à votre potion ! »
La brune s'exécuta et put même faire la deuxième. Cela valait bien ce petit sacrifice pensa Severus, dire la vérité ne fait pas de mal…
Des jours plus tard, cours de DCFM, 11 heures.
« - Le professeur Rogue. »
Il y eut un grand éclat rire, même Hermione se laissa aller à la plaisanterie alors que le professeur Lupin continuait son cours avec Neville.
Bizarrement, elle s'imaginait déjà le soir même à raconter à son professeur ce qui c'était passé en cours.
Depuis quelques jours déjà, pendant qu'elle faisait ses potions, elle avait pris l'habitude de parler. La plupart du temps, elle racontait sa journée à l'homme, ses cours en doublon qui étaient vraiment passionnant. Elle lui parlait de sa théorie sur le temps, essayant de comprendre ses rouages. Des fois, elle racontait deux trois anecdotes.
Il ne disait jamais rien, il écoutait, elle savait qu'il l'écoutait, mais il ne disait rien. Elle avait l'impression de parler à… un ami ou quelque chose dans ses eaux-là. A un confident plus.
Elle se sentait bien, le professeur Rogue était la personne qui avait un droit de véto sur elle, l'avis qui comptait le plus à ses yeux, plus le temps passait, plus elle l'aimait.
Elle adorait ses affrontements entre leurs deux regards, se plonger dans cette mer obsidienne. Elle planait littéralement ces derniers temps.
Même la menace de Sirius Black n'était plus qu'un lointain souvenir. Un éclat de rire la tira de ses pensées.
Elle releva la tête et vit son professeur, habillé comme la grand-mère de Neville. Merlin tout puissant, s'il avait été là, Neville ne serait plus qu'un vieux souvenir. D'un accord commun avec elle-même, elle décida de ne pas parler de ça à Rogue.
Elle sortit de ses pensées quand tout le monde commença à pousser pour se mettre en rang.
Elle fit donc de même, pressée d'affronter son épouvantard. Quand elle vit Malfoy se servir de son bras, elle serra les dents. Elle ne se rappelait que trop bien de ce qu'avait dit le professeur Rogue à propos de Malfoy, une simple égratignure, au début, elle n'avait pas relevé mais maintenant elle comprenait.
Malfoy n'avait strictement rien.
Elle regarda les élèves passés les uns après les autres, Parvati et son serpent, Dean et sa main coupée qui lui arracha une grimace.
Elle se demanda ce que serait son épouvantard à elle.
Alors que c'était le tour de Ron, elle se dit que sa plus grande peur avait été dans le train quand elle avait vu Rogue l'abandonnait. Cela avait été horrible.
Et puis soudain elle se figea. Oh non non non ! Ce n'était pas possible. Si elle passait devant l'épouvantard, elle allait voir Rogue partir, la laisser seule, son béguin pour lui serait révélé et…
Oh Merlin, ce n'était pas possible. Quand le tour d'Harry arriva, elle crut que c'était fini et porta la main à son cou, prête à tout pour empêcher la découverte de son secret mais heureusement Lupin prit sa place et tout se termina. Elle n'avait même pas eu besoin d'épouvantard pour avoir la peur de sa vie.
Le soir même, cours particulier, 20h16, cachots.
« - Vous êtes bien silencieuse Granger, déclara Severus au bout de 14 minutes de parfait silence de son élève. »
Pour rien au monde il ne l'aurait admis mais le babillage incessant de son élève commençait à lui manquer. Il aimait ses moments où elle se confiait à lui, il avait l'impression d'être important pour elle, d'être important pour quelqu'un.
Ecouter ce qu'elle lui disait lui permettait de penser à autre chose. Et là, elle ne disait rien. Commençait-elle à fatiguer ?
A sa grande horreur, Severus se rendit compte qu'au lieu de ressentir de la satisfaction, il ressentait de l'inquiétude. Bientôt, il allait devenir aussi gaga qu'Albus.
« - Je réfléchissais aux cours.
- Vous fatiguez ?
- Non professeur, je suis juste… Je ne me suis pas remise de mes émotions du cours de DCFM ce matin.
- Était-il si effrayant ? Votre professeur commencerait-il à révéler ses petits secrets ? »
Il vit son élève rester sceptique un instant avant de reprendre :
« - Son épouvantard a dû en révéler plus qu'il ne le voulait.
- Comme cela est étonnant. C'est donc cela qui vous a effrayé, votre épouvantard, j'aurais voulu être là.
- Je ne crois pas professeur…
- Pourquoi cela ?
- Vous voir habiller en femme n'est sans doute pas votre désir le plus cher. »
Finalement, elle lui avait dit. Elle n'aimait pas lui cacher des choses.
« - Votre épouvantard est de me voir habiller en femme ? S'étonna en Severus en grognant.
- Non pas du tout, nia Hermione avec un sourire. Mais je dois avouer que c'est assez traumatisant et amusant de vous voir habiller avec une robe à fourrure. »
Elle se prit un regard noir et un petit rire lui échappa. L'homme lui en renvoya un autre pour la faire taire mais cela ne fit que faire doubler son hilarité.
Elle se moqua de lui quelques minutes, minutes pendant lesquelles Severus pensa à l'envoyer dans la cabine hurlante les nuits de pleine lune. Quand enfin, elle se reprit, Severus perdit cette envie.
« - Je n'ai pas vu ma plus grande peur mais je la connais…
- Et quelle est-elle ? Me voir habiller d'une autre façon extravagante, cingla Rogue.
- Vous ne me rejetterez plus professeur ? »
La phrasa stupéfia Severus et il ne trouva rien à redire. Le cours se fit dans le plus grand silence alors que le potionniste commençait à réaliser à quelle point la gamine s'était attachée à lui. Et s'en comprendre pourquoi, il se fit la promesse de ne jamais la faire souffrir…
Quelques soirs plus tard, salle des potions, 20h01, cachots.
« - Quelle potion vais-je préparer ce soir professeur ?
- Aucune Granger, vous avez une tête de déterrée, je ne vous laisserais pas approcher un chaudron alors que vous pourriez dormir debout.
- Je n'ai pas fermé l'œil cette nuit, répondit tout simplement la jeune fille en s'asseyant à sa place habituelle et en sortant un livre.
- La grande salle est donc si inconfortable pour dormir ? Se moqua Severus.
- Non, je ne pouvais juste pas fermer l'œil alors qu'un meurtrier se promène dans le château.
- Nous n'avons pas trouvé Black.
- C'est pour cela que je ne pouvais pas fermer l'œil, la dernière fois, on ne trouvait pas la chambre des secrets et j'ai fini pétrifiée. »
Severus ne rajouta rien et regarda la brune prendre ses aises dans sa salle de classe. Il ne lui donnerait pas de cours particulier ce soir mais elle resterait tout de même. Il alla fermer la porte qui était resté entrouverte puis se réinstalla à son bureau. Il commença à corriger ses copies et oublia presque la présence de son élève, presque.
Deux jours avant Halloween, cachots, cours particulier, 20h02
« - Excusez-moi de mon retard professeur, j'étais avec Harry, j'essayais de le convaincre de ne pas venir.
- De ne pas venir ? Potter voudrait-il prendre des cours particuliers de potion ? S'amusa le professeur.
- Vous savez bien que non. Il veut son balai.
- Et il ne l'aura pas, Potter doit arrêter de jouer l'enfant pourri gâté.
- Il n'est pas pourri gâté !
- Ce balai doit être examiné Granger, il peut être dangereux.
- Je vous connais aussi professeur, vous avez déjà lancé tous les sorts inimaginables sur ce balai, vous ne garderiez pas un objet dangereux dans Poudlard. Il n'est pas dangereux, vous refusez juste de le donner à Harry parce que le prochain match de Quidditch opposera Gryffondor et Serpentard. Qui est immature ?
- Granger, menaça Severus, vous allez trop loin.
- Je vous dis ce que je pense, ça ne vous gêne pas d'habitude, allez-vous me retirer des points comme en cours ? »
Severus la fusilla du regard. Que faire ? La mettre dehors ? Non, il ne pouvait pas. Il s'était fait cette fichue promesse, allez savoir pourquoi. Lui enlever des points ? Non, elle l'avait défié, s'il le faisait, il passerait réellement pour un gamin. Il n'allait pas lui faire la tête comme un enfant ! Merlin qu'il détestait les Gryffondors. Finalement, il abdiqua.
« - Je protège Potter, Granger, je ne peux pas ne pas être l'immonde bâtard des cachots avec lui.
- Vous connaissez vos surnoms ?
- Je ne suis pas sourd !
- Vous n'êtes pas un immonde bâtard des cachots, vous ne le serez jamais. »
Severus lui jeta un regard blasé puis commença le cours, Hermione ne rajouta rien, elle avait compris. C'était un secret qu'il partageait avec elle, elle devait le garder pour elle.
Cours de DCFM, le lendemain de la pleine lune, 15 heures.
« - Aujourd'hui nous allons étudier les loups-garous, déclara Severus en toisant ses élèves tout en embrassant la pièce du regard, merlin qu'il aimerait y enseigner en permanence.
- Mais monsieur, le prochain cours devait être consacré aux…
- Miss Granger, la voix de Rogue était aussi glacial que l'antarctique, il me semble que c'est moi qui donne le cours, pas vous. Et je vous demande d'ouvrir vos livres page 394. »
Severus commença son cours alors que la brune comprenait où il venait en venir. Il ne faisait que confirmer ses doutes. La brune se fit rembarrer cinq fois dans l'heure et fini par écoper d'une heure de colle le soir même avec Ron qui avait pris sa défense. Bizarrement, cela la mit aussitôt mal à l'aise. Elle aurait aimé parlé avec son professeur calmement mais ce ne serait pas possible à première vue. (1)
« - Même s'il t'appréciait, Rogue t'a quand même collé, il s'est comporté comme un bâtard ce jour-là, le poste a dû lui monter à la tête.
- Le cours qu'il a fait m'était destiné.
- Pardon ?
- Severus savait très bien que j'avais des soupçons sur Lupin, il voulait que je le dénonce mais je n'étais sûre de rien, le cours était là pour moi, pour que je comprenne. J'y avais déjà pensé avec l'épouvantard et ses absences chroniques pendant la pleine lune et un peu après. Mais je n'étais sûre de rien jusqu'à ce cours. Quant aux piques qu'il me lançait, c'était pour faire bonne figure, je savais très bien qu'il ne les pensait pas, je prenais vraiment ça pour un jeu.
- Il te retirait moins de points, je me souviens.
- Tout ça n'était qu'une mascarade.
- Vous vous êtes rapprochés de plus en plus jusqu'à ce que tu l'em… Merlin tu as embrassé Rogue, je veux dire comment tu fais avec ses cheveux graisseux !
- Ses cheveux ne sont pas graisseux !
- Celui qui a dit que l'amour rendait aveugle avait raison…
- Mais non idiot ! C'est un philtre huileux qu'il se met tous les matins pour protéger ses cheveux, les vapeurs de potions sont toxiques et peuvent provoquer une perte prématurée de cheveux entre autre, c'est pour éviter d'être chauve avant l'heure. »
Un rire échappa à Harry et il se prit un regard noir, suivi d'un coussin.
« - Il n'a pas les cheveux gras !
- C'est bon je te crois ! Bon continue, je veux savoir comment c'est passé la retenue avec Ron, comment a-t-il survécu !
- Je crois que je préférais quand tu ne disais rien.
- Tu voulais ton meilleur ami, le voilà.
- Avec son humour à deux balles.
- Je l'apprendrai au bébé.
- Merlin nous protège.
Le soir même, 20h01, cachots, retenue.
« - Vous êtes en retard, claqua le professeur de potion.
- Je sais professeur, je suis vraiment désolée mais certains ne savent pas se dépêcher, déclara-t-elle en fusillant Ron du regard. »
Severus fusilla le rouquin du regard à son tour puis emmena le roux dans une autre salle, laissant une Hermione sceptique, étonnée et agacée seule dans sa salle de cours. Quand il revint, il était seul et bizarrement, la brune commença à se demander si elle n'aurait pas dû les suivre, elle savait que Rogue pouvait être dangereux parfois.
« - Où est Ron professeur ?
- Avec Rusard, il fera sa retenue avec lui et vous avec moi.
- Et quelle est ma retenue ?
- Vous y avez donc vraiment cru ? »
Hermione regarda son professeur avant de soupirer et de sortir un livre. Il l'avait collée uniquement pour faire bonne figure. Faux aurait répondu Severus, il l'avait collée parce qu'il la voulait auprès de lui.
Plus le temps passé, plus il s'attachait à elle. Il savait que c'était mal mais chaque jour, il la voyait rire et il se disait : c'est ta deuxième chance.
Il ne savait pas comment ni pourquoi mais cette fille, Granger, était sa rédemption. Et plus que jamais, le soir quand il était seul, il voulait son salut.
Il imaginait Granger, célèbre ministre plus tard effacer d'un discours tous ses remords aux yeux de la population, il pourrait recommencer à vivre.
Elle lui ressemblait tellement, même intelligence, même façon de voir le monde, il voulait l'aider, elle pouvait l'aider.
Alors, il avait doucement mais sûrement lâché le contrôle et il s'attachait à cette gamine, voilà tout. La voix de son élève le sortit de ses pensées :
« - Professeur ?
- Oui Granger ?
- Je ne dirais rien à propos du professeur Lupin, en ce moment nous étudions les strangulots, pour le prochain cours. »
Severus ne répondit rien.
Deux heures plus tard, couloirs.
« - Qu'est-ce qu'il t'a fait faire Rogue ?
- Oh pas grand-chose.
- Comment ça pas grand-chose ? Moi Rusard m'a fait nettoyer tout le sol du grand hall et toi, il ne t'a rien fait faire ?
- Je n'ai pas dit ça.
- Tu es bizarre en ce moment.
- Vraiment ?
- Vraiment.
- Pattenrond a disparu, je m'inquiète.
- Ah.
- Oui, ah.
- J'ai l'impression que tu nous caches des choses Hermione.
- Je ne cache rien.
- Ah. »
Ron haussa les épaules et continua son chemin alors qu'Hermione pensait qu'il ne voyait surtout rien. Les hommes ne voient rien sinon Severus saurait que je l'aime pensa la brune.
Le 24 décembre, 20h00, cachots.
« - Même le 24 décembre, vous venez me harceler Granger… Qu'est-ce que c'est que ça Granger ! »
Hermione baissa les yeux et regarda ce qu'elle tenait dans ses bras.
« - Je pense que ça ressemble à un chat. »
Elle posa l'animal par terre qui s'étira avant de jeter un coup d'œil autour de lui.
« - Oui c'est un chat !
- Et je peux savoir Granger, pourquoi vous amenez un chat dans mes cachots ? J'aimerais savoir quelle idée saugrenue a bien pu vous faire penser que ce chat serait le bienvenue ici ?
- Il disparait souvent ces derniers temps et il me semble l'avoir vu se promener avec un gros chien noir plusieurs fois, j'étais inquiète.
- Un chien ?
- Un chien… »
Aucun des deux ne dirent rien mais ils se rappelaient du cours qu'à avait donné Severus sur les animagus. Est-ce que Black était un animagus ?
C'était possible, pensa Severus.
Avec Potter, ils ne faisaient que des choses illégales, devenir animagus sans se déclarer au monde magique était tout à fait dans leur genre.
Il sortit de ses pensées quand il sentit la boule de poil orange se frottait contre lui.
« - Granger ?
- Mmmh ? Celle-ci releva la tête de son livre qu'elle avait sorti pendant qu'il était plongé dans ses songes.
- Qu'est-ce que votre chat pense faire là ?
- Il se frotte contre vous, c'est un signe d'affection. Pattenrond ne va qu'avec les gens biens.
- Votre chat est stupide.
- Je pense aussi que vous êtes quelqu'un de bien.
- Vous êtes aussi stupide. »
Hermione ne répondit rien et replongea dans son livre, une histoire d'amour avec un personnage principal qui ressemblait étrangement à son professeur.
« - Granger !
- Oui ?
- Le orange jure avec le noir. »
Severus n'eut qu'un gloussement pour réponse et il maudit la gamine ainsi que lui-même pour être si laxiste avec elle.
Pourquoi fallait-elle qu'elle soit si… attirante à ses yeux (il ne parlait pas d'attirance physique mais morale bien qu'il devait avouer qu'elle était déjà jolie à regarder) ?
18 février, 21h08, cours particulier, cachots
« - Professeur, j'ai fini la première potion.
- Eh bien commencez la deuxième Granger, je ne vais pas vous tenir la main tout de même.
- En fait… »
Hermione était tentée de dire si mais vu le regard noir qu'elle reçut, elle décida d'être sérieuse et de ne pas trop tenter le sort.
Ces derniers mois avec son professeur avait été tellement parfait. Elle avait l'impression d'être chez elle dans cette salle.
Elle était heureuse, encore plus amoureuse et de plus en plus, elle pensait que finalement, une histoire avec son terrible professeur de potion serait possible.
Mais il ne tolérait pas tout et elle savait qu'elle devait être prudente avec lui.
« - En fait… Je me disais que vous pourriez m'apprendre le sortilège du patronus.
- Est-ce que j'ai une tête de professeur de Défense contre les forces du mal.
- Oui, répondit Hermione. Tout le monde sait que vous voulez le poste de DCFM et je ne sais pas pourquoi Dumbledore vous le refuse, vos cours sont brillants.
- La flatterie ne vous mènera nulle part Granger.
- Ce n'est pas de la flatterie, c'est un compliment, je le pense sincèrement. Je veux juste pouvoir me défendre des détraqueurs.
- Pourquoi devriez-vous défendre ?
- Parce que… La dernière fois j'étais tellement mal que je n'aurais rien pu faire si on m'avait attaquéz.
- Et pourquoi vous attaquerait-on ?
- Je suis la meilleure amie de Harry, il est en danger ! »
Severus se pinça l'arrête du nez avant de se lever et de s'approcher de la brune, les lèvres si serrées qu'elles ne formaient plus qu'une fine ligne.
« - Je m'en doutais, vous prévoyez encore de vos mettre en danger.
- …
- Répondez-moi !
- Harry sait que Black est son parrain. »
Severus ferma les yeux, c'était encore plus grave qu'il le soupçonnait. Il allait devoir les suivre à la trace.
« - Ecoutez-moi Granger, vous n'allez pas avoir besoin de vous défendre parce que si Potter se met en danger, vous ne le suivrez mais vous viendrez directement me voir et j'irai lui sauver les fesses, encore ! Compris ? »
Hermione ne répondit rien et se replongea dans sa préparation.
Des semaines plus tard, cours particulier, cachots, 20h33.
« - Vous vous rendez compte ! Elle m'a insulté, moi et mes livres et… »
Severus soupira. Cela faisait presque une demi-heure qu'une furie avait envahi sa salle de classe et pestait contre sa chère collègue qu'était Trewlaney.
Elle n'avait pas fait une pause depuis qu'elle avait commencé et bien qu'au début, il avait jubilé sur le fait qu'il avait eu raison, maintenant, il regrettait presque d'avoir été si prévenant.
D'habitude s'il supportait son babillage, là, il avait beaucoup de mal. Il avait entendu au moins trois fois le même discours et un instant, il aurait presque plaint Potter, presque.
Merlin, qui était le professeur ici. Lui ou elle ? Il savait qu'il n'aurait pas dû être si prévenant avec elle et si… attentionné. Le mot lui donnait envie de vomir.
Il avait mal joué sur le coup et le voilà obligé de supporter encore une fois le même discours. Plus que une heure vingt sept.
Tellement plongé dans ses pensées, Severus n'entendit même pas le lapsus d'Hermione.
Alors que je vous ai…
Jour de l'exécution de Buck, 17h06, couloir
« - Granger ! »
Hermione se retourna et tomba nez à nez avec son professeur de potions. Un léger sourire apparut sur ses lèvres.
« - Bonjour professeur !
- Où allez-vous comme ça ?
- Je vais rejoindre Harry, nous allons voir Hagrid pour le soutenir… Vous savez. Malfoy a eu gain de cause.
- Seulement Potter et vous ?
- Ronald doit être avec lui.
- Il croit toujours que votre chat a mangé son rat.
- Oui…
- Bien.
- Je vais y aller. »
Severus hocha la tête et alors qu'elle allait partir, il la rappela.
« - Granger !
- Oui ?
- N'oubliez pas, s'il y a quoique ce soit, venez me voir ! »
La brune hocha la tête et partit.
Cabane hurlante, 21h47
« - Potter passez devant, ordonna Rogue.
- Professeur, ce n'est pas ce que vous croy…
- Taisez-vous Granger ! »
La brune grimaça, il était en colère, elle ne l'avait pas écouté mais elle n'avait pas pu se résoudre à abandonner Ron. Plongée dans ses pensées, elle ne s'aperçut que trop tard qu'Harry avait pris sa baguette et la pointait sur Rogue.
Personne ne put rien faire que déjà le sort envoyait Rogue contre un mur et la cheminée s'effondra sur elle. Hermione poussa un cri mais ne bougea pas.
« - Tu as attaqué un professeur ! Hurla la brune »
« - Je suppose que je suis désolé, marmonna Harry.
- Tu ne peux pas savoir comment j'ai eu envie de courir et de le prendre dans mes bras.
- C'est après ça que tu l'as embrassé ?
- Il était fou de rage.
Quelques minutes plus tard, devant la cabane hurlante.
Hermione serrait convulsivement le bras de Severus qui s'était posé sur hanche. Devant elle, elle voyait le parrain de Harry et le professeur Lupin se battent. Elle avait tellement peur, un chien ne pouvait pas battre un loup-garou.
Le cri de douleur de Sirius la sortit de ses pensées et elle ne vit que trop tard le coup de patte s'abattre sur eux. Severus l'évita de justesse en les poussant.
Ils s'effondrèrent à terre et par réflexe Hermione se colla contre son professeur, se réfugiant dans ses bras. Sa prise sur elle se referma. Elle avait tellement peur…
« - Potter revenez ! »
Avec effroi, elle vit le loup-garou suivre son meilleur ami. Inconsciemment, elle chercha la main de Severus.
Ce dernier prit la main entre la sienne et la serra fort. Il se retourna et se releva. Quand il vit l'air affolé de son élève, il lui murmura à l'oreille que tout irait bien puis parti à la suite de Potter.
Le lendemain, 10h30, cachots, bureau du professeur Rogue.
La porte était entrouverte et il suffit à Hermione de la pousser pour rentrer dans l'antre du professeur de potion. Elle ne l'avait pas revu depuis hier et elle était terrifiée de le revoir.
Terrifiée parce qu'il serait fou de rage, terrifiée parce que depuis que ses lèvres avaient frôlé sa joue par accident quand il lui avait murmuré que tout irait bien, elle nourrissait une obsession pour lesdites lèvres et n'avait qu'une envie, les embrasait.
Plus que jamais, elle voulait clamer son amour pour Severus Rogue.
« - Professeur, murmura-t-elle. »
A peine avait-elle fini de l'interpeller que déjà il se retournait et avec une vitesse impressionnante fermait la porte et la plaquait contre le mur, les poignets au dessus de sa tête avec une telle force qu'elle eut mal. Une lueur de peur passa dans son regard mais Severus n'en tient pas rigueur.
« - Vous avez libéré Black, sa voix contrôlait à peine sa fureur et Hermione sut qu'elle allait passer pire qu'un sale quart d'heure parce que Severus n'arrivait même pas à se contrôler.
- Il n'était pas coupable.
- Vraiment ? Il vous l'a dit et vous l'avez cru.
- Le rat de Ron ! C'était Pettigrow.
- Pardon ?
- Après que Harry vous ait… assommé, Sirius nous a dit qu'il n'avait jamais rien fait et il a lancé un sort avec le professeur Lupin sur Croutard, il s'est avéré que c'était aussi un animagus. C'est lui qui a vendu les parents de Harry, il a tué les moldus et s'est coupé un doigt pour qu'on le croit mort. Sirius était innocent. »
Severus écarquilla les yeux et s'éloigna d'Hermione comme si elle l'avait brûlé. C'était ce rat qui avait vendu la femme qu'il aimait. C'était lui ce traître ? Pas Black ? Ce n'était pas possible. Il avait toujours pensé que… Lily… Il se sentait si mal… Il allait vomir.
S'il retrouvait Pettigrow, il lui ferait la peau. Et Black, ce n'était pas la faute de Black, c'était pire que tout, c'était encore pire que ce qu'il s'était imaginé.
« - Professeur ? »
La voix le fit sursauter et soudainement, il se rendit compte de sa proximité avec son élève. Ce fut comme un électrochoc. Depuis hier, depuis qu'il avait encore senti son corps féminin si près du sien, depuis qu'il avait senti la chaleur de sa main et frôler sa joue, il se disait qu'il avait fait une grosse erreur, une très grosse.
Il s'était rendu compte hier que la gamine n'en était pas une et qu'elle lui plaisait physiquement. Il s'était presque écœuré. Ce n'était qu'une enfant, tout cela faisait malsain et pourtant...
Il ne pouvait pas être attiré par Granger. Mais pourtant il commençait à comprendre pourquoi il recherchait tant sa présence. Il éprouvait trop de choses pour la brune, des sentiments qui n'auraient pas dû exister…
Mais c'était trop tard, c'est ce qu'il se dit quand il vit Hermione s'avançait vers lui, fermer les yeux et poser ses lèvres sur les siennes.
Le contact fut timide, très timide puis un peu plus ferme. La douceur de ses lèvres faillit lui faire perdre la tête. Doucement Hermione se recula, rouge de chez rouge.
Elle avait osé, elle avait embrassé son professeur. Elle le regarda ne sachant pas trop quoi faire et puis soudain, ses lèvres furent saisies dans un nouveau baiser, plus fougueux mais tendre, très tendre.
C'était le premier baiser idéal, celui dont toutes les filles rêves. Pas trop chaste, ça n'avait rien d'un smack mais ce n'était pas le baiser langoureux qui est effrayant parce qu'on ne sait pas si on va bien le faire.
Non, c'était juste le baiser parfait. Les lèvre se taquinaient, s'épousaient. C'était tout et c'était plaisant, vraiment plaisant. Ils se séparèrent à bout de souffle. Aucun ne parla. Ils se regardèrent longtemps dans le blanc des yeux.
« - Je… je vais y aller… Au revoir professeur, à l'année prochaine. »
Hermione partit, toute tremblante mais oh combien heureuse alors que Severus s'effondrait. Merlin que lui avait-elle fait ? Pourquoi son cœur battait-il comme ça ? Pourquoi ?
(1) Cette scène ne suit pas vraiment celle du livre mais en est clairement inspirée ^^
Voilà, un autre chapitre de terminé ^^ Qu'en pensez-vous ? Comme vous avez vu la relation d'Hermione et Severus a fait un grand pas en avant pas certain que dans le prochain chapitre, ce soit le cas aussi. Juste un petit mot pour dire pourquoi le premier baiser d'Hermione et Severus est à ce passage et pas ailleurs. Je ne le voyais pas autrement, dans le troisième film, l'actrice qui joue Hermione a grandi et comme je suis le film, c'est aussi le cas dans ma fic et comme il y a un contact entre Hermione et Severus, je me suis dite, si Hermione veut vraiment que sa relation avec Severus, c'est là ou jamais. Voilà ^^ J'espère vraiment que j'ai bien réussi à décrire leur relation sans aller trop vite et en montrant la place que chacun prenait dans la vie de l'autre ^^
Bref, une petite review pour me donner votre avis me fera vraiment plaisir, remarque, critique, compliment, je prends tout ^^ Je tiens aussi à dire que désormais, je répondrais aux reviews anonymes sur mon profil, j'actualiserais chaque soir. Je ne sais pas quand je posterai le prochain chapitre mais je ne pense pas vous faire attendre si longtemps ^^
Voilà, à bientôt
Lilly. ^^
