Helloooo tout le monde !

Je vous retrouve pour le nouveau chapitre de la fic (et très loin d'être le dernier). J'espère qu'il vous plaira ! :') N'hésitez pas à laisser une review s'il vous a plu !


Antoine quitta son groupe d'amis dès la fin de leur cours de sport. Il avait un mauvais pressentiment. Un très, très, très mauvais pressentiment. Il se mordit violemment la lèvre, et commença à chercher Henri dans la cour.

Pourtant, il n'était pas si rare que ça qu'Henri loupe un cour. C'était même assez fréquent.

Il sentait que ce n'était pas comme d'habitude.

Habituellement, son ami les prévenait, avant de sécher les cours. Parfois, il leur proposait même de venir avec lui. Antoine avait seché une bonne partie des cours de l'année passée pour veiller sur son ami, ayant peur qu'il ne lui arrive quelque chose de grave.

Car Henri était gentil. Beaucoup trop gentil. Les gens avaient tendance à abuser de lui, et de sa patience, et c'est Antoine qui avait dû maintes fois intervenir pour lui, malgré sa timidité.

Le roux décida de se fier à son instinct, et de se rendre dans le batiment collège. C'était là que se trouvait la seule parcelle de verdure de la cour.

Malheureusement, Henri ne s'y trouvait pas.

Par tous les lolcats de la Terre, il espèrait qu'Henri ne soit pas parti en ville.

Il quitta la cour du collège, et se rendit dans le batiment C. Il y avait des livres sur les fourmis, et Henri adorait les fourmis. Et les chiens. Et les licornes. Et un peu tout le monde, en fait. Henri aimait vraiment tout le monde.

Commençant à monter les escaliers, le jeune homme écarquilla les yeux en voyant la personne qu'il cherchait.

En effet, les architectes de leur école avait eu le projet de créér un sous-sol sous le batiment C, mais avaient abandonné le projet en cours de route. Il y avait donc une cage d'escaliers ne menant à rien, située juste en dessous des batiments principaux. Et c'était là que se trouvait le Hippie. Au même moment, la sonnerie retentit, forçant tous les élèves en récréation à retourner en cours.

- Henri ?

Le jeune homme ne lui répondit pas, ce qui inquièta encore plus le roux. Il descendit les escaliers en quatrième vitesse et se précipita au chevet de son ami, affolé.

Le pacifiste était plus pâle que jamais. Il semblait agité de spasmes incontrôlés, et sa respiration était beaucoup plus audible qu'à son habitude. Le plus vieux retira doucement les lunettes aux verres teintés que portait toujours Henri (qui servaient à cacher ses yeux rouges), et se rendit compte que les pupilles de son ami étaient extrêmement dilatées.

Antoine commença à paniquer, se mordant la lèvre. Il savait que les adultes de l'établissement ne l'aideraient pas. Tout d'abord parce qu'ils méprisaient Henri à cause des trop nombreux cours qu'il avait seché, mais en plus parce qu'il devrait expliquer qu'Henri se droguait (ce qu'ils savaient très probablement déjà). L'établissement devrait donc convoquer ses parents, qui eux n'étaient pas au courant, ce qui causerait beaucoup de problèmes. Trop de problèmes.

- Henri !

Il secoua doucement son épaule, le plus jeune commençant à divaguer. Que faire ?

Les frères d'Henri étaient pratiquement tous en cours, sauf...

Oh !

Pris d'un éclair de génie, Antoine aida doucement son ami à se redresser, avant de s'accroupir à ses côtés.

- Tu m'entends ?

Le drogué émit un petit mouvement de tête qui aurait pu ressembler à un acquiescement. Le musicien retint un soupir de soulagement.

- Super... Bon, je vais te chercher de l'aide, d'accord ?

Nouvelle tentative d'acquiescement.

- Okay, je reviens vite ! Reste là !

Antoine partit en courant vers la salle où se retrouvaient les surveillants. Il esquiva rapidement Nico et William, deux surveillants un peu trop curieux à son goût, pour finalement tomber sur la personne qu'il cherchait.

- Patrick !

- C'est Monsieur Sommet, pour toi, gamin.

Le surveillant détailla Antoine de haut en bas, émettant un petit claquement de langue appréciateur.

- Tu viens pour que je te...Signe un billet de retard ?

- C'est Henri !

Patrick fronça les sourcils, portant un tasse de café à ses lèvres.

- Pourquoi tu me parles de Henri ? Il a encore seché les cours ?

- Non,je... Je crois qu'il nous fait une overdose... En tout cas, ça y ressemble, et je ne sais pas quoi f...

Monsieur Sommet coupa l'androgyne dans sa phrase, renversant sa tasse, et se levant en l'attrapant par le poignet, pour l'attirer dans la cour, l'air inquiet. Malgré la dangerosité de la situation, Antoine ne put s'empêcher de s'étonner. Il n'avait jamais vu le surveillant éprouver autre chose qu'un plaisir malsain à essayer de mettre à peu près toutes les personnes qui passaient dans son lit. Et là... C'est comme s'il avait peur. Fascinant.

- Il est où, au juste ?

Sans réussir à parler, encore trop choqué par les évenements, Antoine pointa le batiment C du doigt.

- Il est dans la cage d'escaliers, en bas.

Patrick acquiesça, et se dirigea vers la direction que lui montrait l'élève. Le roux suivit le pervers, mort d'inquiètude. Il entendait presque son coeur battre, beaucoup trop vite.

- Henri !

Patrick s'agenouilla aux côtés de son petit frère et lui prit le pouls, appuyant légèrement sur son poignet. Il le redressa ensuite sans aucun souci, et posa une main froide sur son front, avant de se mordre la lèvre.

- Combien de fois il va falloir que je te répète de faire gaffe avec cette merde, gamin ?

- Vous avez besoin de quelque chose ? Je peux être utile ?

Patrick se tourna vers Antoine, qui venait de prononcer les mots d'une voix tremblante.

- Oui, va nous chercher un verre d'eau, s'il te plait, gamin.

Le jeune homme acquiesça d'un air grave, et quitta la pièce, la peur au ventre. Il n'avait jamais vu son ami dans cet état. C'était terrifiant... Il partit en direction de la cafétaria pour demander un gobelet d'eau, qu'elle lui tendit en souriant, sans se douter que la vie de quelqu'un était en jeu.

Il courut le plus vite possible, rejoignant rapidement le drogué, et tendant le gobelet à Patrick.

Ce dernier força Henri à boire, avant de soupirer de soulagement. Il passa un bras sous les aisselles de son frère à peine conscient, et le porta sans aucune peine. On aurait dit que le camé était fait de plume.

- Je vais le ramener chez nous, ça devrait aller mieux...

Il passa un mouchoir en papier sur le front de son petit frère, soupirant devant son air fièvreux, et se tourna vers Antoine.

- Merci de m'avoir appelé, gamin. Tu lui as sauvé la vie. On te doit une fière chandelle.

Antoine rougit violemment, et baissa la tête.

- C'est rien, j'ai fait ce qu'il fallait, et...

- T'as eu les bons réflexes, Henri a raison, tu es un bon pote. Il tient beaucoup à toi.

- Moi aussi...

Patrick esquissa l'un de ses fameux sourires énigmatiques, et redressa les lunettes de soleil qu'il ne quittait jamais sur son nez.

- Bon, je vais y aller, et passer discrètement les portes... Merci encore, gamin.

Il épongea de nouveau le front de Henri, fronçant le nez en entendant ce dernier avoir un haut-le-coeur, avant de quitter la cour, prenant soin de son frère.

Le passionné de musique retint son souffle, les regardant partir. Il soupira profondément pour se calmer, et s'affala par terre, à la place où se trouvait Henri quelques minutes après.

Il fronça les sourcils en sentant son téléphone vibrer dans sa poche arrière, et hésita à regarder le message, encore bouleversé par les évènements.

Après quelques minutes passées à fixer le mur, il sortit son téléphone de sa poche, et regarda le destinataire. Un numéro inconnu. Fronçant les sourcils, il dévérrouilla l'objet pour pouvoir lire le message.

Je te tiens au courant à propos d'Henri. -P

Poussant un soupir de soulagement, le roux ramena ses genoux contre sa poitrine, les entourant de ses bras, tentant de reprendre contenance.

Il avait failli perdre l'une des personnes à laquelle il tenait le plus.

Voire même la personne à laquelle il tenait le plus.

Bordel.