Miou tout le monde !

Je suis plus malade (yay !) mais je me liquéfie doucement avec la chaleur qu'il fait. J'espère que vous vous en sortez mieux, mais au moins ça permet de bien se mettre dans l'ambiance de l'Espagne...

Bonne lecture !

Disclaimer : Mes coups de soleil sont nettement plus violents que ceux d'Himaruya à mon avis.


Ils rentrèrent donc dans la salle en reprenant un ton de conversation plus correct.

- Là, murmura-t-elle en pointant du doigt une femme en violet, c'est la comtesse d'Alicante. Ne jamais rien lui confier, elle est spécialisée dans les chantages et échanges d'informations privées.

Un peu plus loin, elle lui montra une autre femme, en robe à froufrous bleus cette fois-ci.

- La baronne de Salamanque. Experte en rumeurs déstabilisantes et douée en manipulation psychologique. À fuir comme la peste.

Elle lui montra encore deux autres personnes à éviter et s'approchait de l'endroit où se trouvait Antonio lorsqu'un homme s'interposa et prit immédiatement la main de Bella, de sorte qu'elle ne put refuser la salutation.

- Ma chère amie, vous êtes sublime ce soir. Quand donc vous déciderez-vous à cesser d'ainsi me tourmenter en affolant mon coeur ?

- Ma foi, Don Juan, croyez bien que je n'ai jamais eu pareil dessein, fit-elle en esquissant une révérence.

La jeune femme tenta d'esquiver une conversation plus nourrie en avançant d'un pas, mais son interlocuteur, plus grand et rapide, avait déjà fait un pas de côté et détaillait Lovino.

- Quel charmant jeune homme avez-vous donc pris dans vos filets, ma douce amie ? demanda-t-il d'un ton mielleux.

- Vous faites erreur, il s'agit simplement d'un ami.

- Et vous vous refusez à me présenter un aussi beau garçon ? Décidément, vous avez tout de la tortionnaire ce soir ma chère...

Coincée, et visiblement assez contrariée, la blonde dut céder et fit une présentation sommaire en cherchant le regard d'Antonio.

- Lovino, voici Don Juan, duc d'Andalousie et seigneur de Séville. Don Juan, Lovino Vargas, marquis de Campanie et seigneur de Naples...

Elle n'eut pas le temps de finir que l'espagnol se penchait pour imposer un baisemain à l'italien. Dans le même temps, il le regarda droit dans les yeux et interrompit complètement Bella.

- L'Italie est un pays splendide et je vois qu'on ne m'en a pas vanté en vain la beauté de ses habitants. J'avoue que je brûle de découvrir les charmes d'une nation aussi fascinante... Peut-être pourriez-vous m'en dévoiler un peu plus et m'aider à mieux la connaître ?

Les sourcils de Lovino comme ceux de Bella se froncèrent devant des sous-entendus aussi peu voilés. L'italien fut pris d'une aversion immédiate pour l'homme qui lui faisait face, dont l'apparente séduction ne suffisait pas à dissimuler une facette bien plus sombre et dangereuse. Il hésitait encore sur la réponse la plus adaptée à donner pour un refus à peu près courtois, quand une silhouette connue se dirigea vers eux et posa aussitôt son bras sur les épaules de Lovino.

- Je vois que vous avez fait la connaissance de mon mari, déclara Antonio.

Son attitude n'avait plus rien d'enjoué et de chaleureux. Elle reflétait davantage la fierté et la protection. Même son ton, d'ordinaire chantant, s'était fait plus sérieux.

- Don Antonio.

- Don Juan.

- Ainsi, ce charmant jeune homme est vôtre ? murmura le premier en portant un regard calculateur sur l'italien.

- Lovino est mon époux, pas mon esclave, corrigea le second.

- Fascinant... Il semblerait donc que même les plus belles fleurs puissent atterrir n'importe où.

L'insulte ne sembla pas affecter les deux yeux verts qui restèrent impassibles.

- Le vent décide où les emporter, mais ce n'est pas donné à tout le monde de les voir fleurir. À présent si vous voulez bien nous excuser.

Le sourire suffisant disparut de la figure du duc andalou et il eut tout juste le temps de hocher la tête qu'Antonio entraînait déjà Lovino et Bella un peu plus loin. Une fois à l'écart, il soupira et adressa un regard de reproches à la jeune femme, qui se justifia aussitôt.

- Nous retournions vous voir quand il s'est posté en plein sur le chemin, je n'ai pas pu faire autrement.

- Vous avez eu de la chance que je vous vois.

- Et sinon, qui est ce pervers ? lança Lovino.

- Juan est plus ou moins mon rival, expliqua Antonio. Il est cruel, avide de pouvoir mais terriblement doué pour arriver à ses fins, notamment grâce à la séduction. Je préfèrerais vous voir loin de lui, ajouta-t-il en se tournant vers Lovino, il est vraiment dangereux et prêt à tout ou presque pour me voir tomber. Je vous serai reconnaissant de ne pas lui donner cette occasion.

- Votre position, c'est la seule chose qui vous importe !? fit l'italien en serrant les poings.

- Non. Avant tout, je vous demande de rester loin de lui parce que j'ai peur de ce qu'il pourrait tenter de vous faire, expliqua l'espagnol. Il pourrait s'en prendre à vous dans le but de me blesser et j'ai vu comment il vous regardait.

- Et accessoirement, intervint Bella, il est la plus fine lame d'Espagne ou peu s'en faut.

- Donc je vous en prie, restez loin de lui, demanda Antonio.

Lovino aurait volontiers répliqué qu'il s'en fichait vu qu'il n'était là que pour servir de plante verte décorative, mais l'inquiétude réelle qu'il lut dans les deux orbes émeraudes bloquèrent ses paroles dans sa gorge. À la place, il hocha la tête. Antonio soupira de soulagement et se redressa.

- Bien, je pense que nous nous sommes assez montrés pour la soirée. J'espère que vous ne voyez aucun inconvénient à ce que nous rentrions maintenant ?

- Aucun, répondit l'italien.

- Parfait.

Ils ne restèrent que le temps de saluer quelques personnes et le couple royal avant de prendre congé. Durant le trajet de retour, Antonio réitéra ses recommandations en ajoutant quelques conseils pour éviter ou fuir une situation de ce genre. Il insista tant et si bien que son mari sentit son agacement augmenter de minute en minute.

- Qu'est-ce qui vous inquiète à ce point, bon sang ! finit par s'exclamer Lovino alors qu'ils entraient dans leur chambre. C'est la vingtième fois que vous me répétez la même chose !

Sans répondre, Antonio s'avança droit vers lui et posa ses mains sur ses joues avec une infinité de précautions, comme s'il avait peur de le briser par ce simple geste.

- Que vous le vouliez ou non, nous sommes liés, fit-t-il avec douceur. Et ma position fait que j'ai forcément des ennemis qui souhaitent me voir tomber. Vous êtes déjà forcé de vivre avec quelqu'un que vous n'avez pas choisi, je ne supporterai pas que vous soyez blessé par ma faute.

Lovino en resta bouche bée pendant deux bonnes secondes avant de se reprendre et de lui tourner ostensiblement le dos, inconscient du regard à la fois tendre et peiné que lui adressa Antonio.

La dernière phrase de l'espagnol tourna en boucle dans sa tête jusqu'à ce qu'il parvienne à trouver le sommeil.

-oOo-

Dans les semaines qui suivirent, Lovino sembla être un tout petit peu moins hermétique aux attentions d'Antonio. Ce n'était pas grand-chose la plupart du temps, mais l'espagnol apprenait rapidement à décoder le moindre signe révélateur de l'humeur de son mari. L'italien s'asseyait un tout petit peu plus près de lui à table, faisait des phrases de plus de trois mots de plus en plus régulièrement et mettait de temps en temps un des vêtements qu'il lui avait fait faire. Il semblait également moins réticent à être près de lui en public.

Enchanté de tous ces progrès, Antonio entreprit de lui préparer une surprise un peu spéciale pour le début de l'automne. Avec un peu de chance, son italien adoré arrêterait de penser qu'il ne l'intéressait pas vraiment. Parce que l'espagnol devait bien l'admettre, à force de prendre comme un défi de conquérir le coeur de son conjoint, il essayait de toutes ses forces d'apprendre à le connaître et à voir au-delà de ce qu'il laissait paraître. Et il tombait irrémédiablement sous le charme de cette tête de mule dont le sale caractère ne constituait – il en était certain à présent – qu'une barrière protectrice.

À mesure qu'il réussissait à organiser ce qu'il souhaitait et que tout s'arrangeait, Antonio avait du mal à cacher sa joie et son excitation. Finalement, les derniers problèmes furent réglés et la date fixée.

Ce fut donc tout naturellement qu'un beau matin de septembre, Antonio sourit en reposant une lettre sur la table avant de s'adresser à Lovino.

- Nous allons avoir un invité un peu spécial qui arrive ce soir, et il va probablement rester quelques jours ici.

L'italien fut surpris par l'annonce. Il n'avait jamais vu personne rester dans la demeure pour un temps plus long qu'un repas. Au vu du sourire particulièrement heureux qu'arborait l'espagnol, il sentit un petit pincement de jalousie le démanger. Non pas qu'il s'intéressait à son mari, mais il n'aimait pas que quelqu'un d'autre compte autant à ses yeux. Surtout quelqu'un qui le connaissait vraisemblablement depuis plus longtemps. Il posa donc la question la plus courte possible en s'efforçant d'avoir l'air blasé et profondément désintéressé.

- Qui ?

- Quelqu'un d'important, et je tiens à ce que vous lui fassiez bon accueil, répondit Antonio sans se départir de son sourire.

Et il détourna le sujet sur d'autres questions, tant et si bien que Lovino resta frustré et ne put rien apprendre d'autre de la journée. Quand le bruit d'une calèche se fit entendre dans la cour de leur demeure en fin d'après-midi, il descendit plus rapidement qu'il ne voulut bien l'admettre pour voir à quoi ressemblait cet invité malvenu. Lorsqu'il arriva en bas, Antonio était déjà là pour accueillir son mystérieux visiteur. Il s'écarta doucement, en même temps qu'un valet ouvrait la porte pour laisser sortir quelqu'un qui se jeta presque sur l'italien.

- Veee ! Fratello, je suis tellement heureux de te voir !

- Fe... Feli ? Qu'est-ce que tu fous là !? s'exclama Lovino en récupérant son frère dans ses bras. Pourquoi tu m'as pas dit que tu venais ?

- On voulait te faire la surprise ! expliqua le plus jeune avec un sourire jusqu'aux oreilles.

- On ? releva Lovino.

- Je me suis permis de contacter votre famille pour organiser cette rencontre, intervint Antonio en souriant.

Le babillage de Feliciano empêcha l'espagnol d'entendre la réponse hypothétique de son mari, mais le regard que l'italien lui lança exprimait bien mieux que les mots à quel point le geste comptait pour lui. Et l'imperceptible inclination du buste de l'espagnol n'échappa pas à Lovino, pas plus qu'il ne fut dupe de la prétendue facilité de l'organisation de cette rencontre. Son grand-père souhaitait le voir étendre l'influence de la famille et donc rester éloigné de tout contact trop fréquent avec des gens qu'il connaissait déjà. Antonio avait dû négocier ferme pendant un temps fou pour obtenir une visite pareille. L'attention le toucha plus qu'il n'était prêt à l'accepter, aussi il se contenta de faire visiter la demeure madrilène à son frère et de lui montrer sa chambre ainsi que quelques endroits importants. Le tout en évitant Antonio autant que faire se pouvait jusqu'au dîner. À table, Feliciano se montra encore une fois très bavard.

- C'est formidable de pouvoir enfin revoir mon frère, et en plus il a l'air heureux avec vous, lança-t-il à Antonio à un moment.

Lovino s'étouffa à moitié et fusilla son frère du regard alors que l'espagnol se retint d'afficher un trop grand sourire de fierté et de bonheur, sans grande réussite.

- Feli, tu veux pas arrêter un peu ? fit Lovino en faisant passer le reste de son message dans un regard incendiaire.

- Vee ! Qu'est-ce que j'ai dit fratello ?

Et la discussion continua, jusqu'à ce qu'Antonio se lève en souriant pour annoncer qu'il allait travailler dans son bureau pour une heure ou deux. Par habitude, Lovino fit mine de se lever aussi mais une main en l'air de l'espagnol l'en dissuada.

- Vous n'allez pas laisser votre frère seul à table tout de même. Il ne reste que pour quelques jours, je m'assure simplement que vous pourrez passer un maximum de temps ensemble... et sans moi pour interférer.

Quand il fut hors de portée de voix, Feliciano se tourna vers son frère et pouffa. Ce dernier n'avait pas quitté des yeux la silhouette de l'espagnol qui s'éloignait.


Pour une fois je vais éviter le blabla review/je vous aime/merci d'avoir lu/etc, j'ai un petit message important.

La semaine prochaine, je serai à la Japan Expo, donc le chapitre aura sûrement un peu de retard, voire sortira lundi (ça dépendra de ma fatigue). Désolée d'avance, je vous fais plein de bisous et à la prochaine !

Plein de panis mellitus pour vous ! (demande de petit Vlad)