Disclaimers: Supernatural, son univers et ses personnages ne m'appartiennent pas et je ne tire aucun profit de cette fanfiction.
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Episode 4
Cuisine
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« Hello Dean. »
L'apparition brutale et inattendue de Castiel au milieu de sa cuisine ne provoque même pas chez Dean un sourcillement. Avec le temps, on s'habitue aux entrées spectaculaires de l'ange. On reconnaît aussi le bruissement de ses ailes qui, lorsque l'on y fait vraiment attention, ne ressemble en vérité à aucun autre. Mais surtout, Dean est beaucoup trop concentré sur ce qu'il est en train de faire pour même se permettre un sursaut.
Il ne lève pas la tête du glaçage qu'il est en train de réaliser. Pas avant de l'avoir terminé, dents serrées, épaules tendues et sourcils froncés. Vers la fin, il sort inconsciemment un bout de langue, lèche nerveusement ses lèvres gercées en un tic qu'il n'a jamais réussi à perdre. Lorsque finalement il lève les yeux, satisfait de son travail minutieux, Castiel est en train de le regarder curieusement de l'autre côté de la table. Table qui est recouverte de farine, de sachets de sucre et de levure, de bols remplis de chocolat et de beure fondu.
« Qu'est-ce que tu fais ? demande Castiel, la tête légèrement penchée sur le côté.
- À ton avis, grommèle Dean en montrant la table sale d'un mouvement un peu agacé.
- C'est magnifique. »
Il parle du gâteau au chocolat que Dean vient tout juste d'achever. Il siège dans le coin le moins encombré de la table, et Dean ne peut s'empêcher de ressentir une certaine bouffée de fierté au compliment.
« Pas mal, hein ? dit-il en posant ses mains sur ses hanches. J'y travaille depuis ce matin. C'est pour l'anniversaire d'un collègue.
- Tu lui as fait un gâteau… ? interroge Castiel, visiblement intrigué.
- Il m'a demandé de lui en faire un. Il y a quelques mois j'ai cuisiné un peu trop de cookies et j'en ai rapporté au garage pour ne rien gaspiller. Les collègues en sont tombés amoureux. Depuis, Paul n'a pas arrêté de m'asticoter pour que je lui cuisine à nouveau quelque chose. Comme c'est son anniversaire… »
Dean hausse les épaules avec désinvolture. Castiel l'observe attentivement.
« Tu aimes cuisiner. » il énonce avec une légère surprise.
À nouveau, Dean hausse les épaules. Comme si ce n'était pas si important. Comme s'il ne venait pas de passer plusieurs heures à cuisiner un gâteau au chocolat recouvert du glaçage le plus travaillé qui puisse exister.
« J'aimerais beaucoup goûter un peu à tes pâtisseries, dit Castiel après un instant de silence.
- Bof, elles n'ont vraiment rien de spécial. » marmonne Dean en se frottant l'arrière de la nuque.
Dean regarde le bol encore plein de chocolat fondu posé près de l'évier, puis regarde à nouveau Castiel. Il se tient debout au bout de la table, en jean et chemise, les vêtements que Dean lui a passés quand ils sont allés au cinéma. Castiel n'a pas eu le temps de se changer depuis, son trench-coat siège sur un ceinte dans l'armoire de Dean.
« Il reste beaucoup de chocolat, ça te dirait de m'aider à faire des cupcakes ?
- Des cupcakes ? répète Castiel, intrigué.
- Ouais, des petites gâteaux. Avec ce qui reste, je pense que l'on peut en faire au moins une dizaine. »
Les yeux de Castiel s'allument d'une lueur excitée et Dean sourit.
« Attend un peu cow-boy, dit-il lorsque Castiel s'approche. J'ai un tablier pour toi ici. On ne voudrait pas salir tes vêtements.
- Je ferais disparaître les taches, répond l'ange en fronçant les sourcils.
- Pour ma tranquillité d'esprit.
- Dean, c'est ridicule.
- Ma cuisine : mes règles. »
Castiel soupire, roule pratiquement des yeux, mais enfile tout de même le tablier que Dean lui tend. Il est bleu ciel et décoré de petites fleurs blanches. Au regard interrogateur de son ami, Dean répond qu'il est difficile de trouver des tabliers de cuisine sans motifs hideux. Le sien est beige recouvert de petits oiseaux noirs. Ce n'est pas mieux.
« Bon, commence Dean en lui présentant un bol et un fouet. Voici un bol et un fouet.
- Je ne suis pas stupide Dean. » grommèle Castiel en prenant néanmoins les objets tendus.
Dean sourit mais ne répond pas. La situation le rend particulièrement heureux, mais il ne parvient pas exactement à expliquer pourquoi. Peut-être le côté un peu absurde du « faire la cuisine avec un ange du Seigneur », peut-être le fait que cet ange du Seigneur soit Castiel. Dean ne sait pas mais il a envie que le temps s'arrête, qu'il puisse éternellement préserver les quelques minutes qui vont arriver.
« Le beurre fondu est ici et le sucre là, j'aimerais que tu les battes pour moi s'il te plaît. »
Il explique à Castiel comment peser les ingrédients sur la petite balance de cuisine, puis il s'en va casser les œufs. Castiel observe curieusement l'étrange mélange cristallisé qui se forme au fond de son bol. Dean le surveille entre deux coquilles d'œuf et étouffe un rire lorsque l'ange lèche timidement le fouet avant de grimacer.
« On goûtera plus tard. » il gronde gentiment en lui tapant la main.
Castiel fait la moue mais se recule néanmoins lorsque Dean vient verser les œufs battus dans son bol. Il le regarde mélanger avec attention, du sucre brillant au coin de ses lèvres roses. Dean a envie de tendre la main et de récolter les grains collants du bout des doigts, mais il se retient, s'agrippe à son fouet. À la place, il lance un clin d'œil, récolte un sourire.
« Ok, dit-il lorsque le mélange est bien fluide. Verse le chocolat fondu et continue de mélanger, je vais aller doser la farine. »
Castiel s'exécute avec une minutie amusante, sourcils froncés et lèvres pincées. Dean dose la farine et la levure. Lorsqu'il lève les yeux, l'ange est en train de mélanger le chocolat versé sans laisser échapper la moindre goutte.
Il règne une ambiance tranquille entre eux d'eux. Comme à leur habitude, ils s'exécutent en rythme et sans se bousculer. Le petit espace que représente la cuisine ne les gêne pas, ils se frôlent sans trembler par-dessus le cliquètement des ustensiles. Dean sifflote entre deux gestes et Castiel, parfois, lève les yeux de son ouvrage pour l'observer de sous ses cils.
« Tu pourras lécher le bol qui contenait le chocolat fondu après. » lance Dean en voyant les œillades curieuses que l'ange lance au bol vide.
Castiel fronce légèrement les sourcils, comme mécontent du paternalisme moqueur du chasseur, mais ne proteste pas.
« Bon, tu vas tenir le bol devant toi pendant que je vais tamiser la farine.
- Tamiser la farine ? interroge Castiel en penchant curieusement la tête sur le côté.
- Ouep, tu vas voir. Place le bol devant toi. Et tiens-le fermement. »
Dean prend le petit tamis posé au milieu d'un rond de farine puis le place au-dessus du bol. Il est si proche de Castiel qu'il est brièvement enveloppé par son odeur. Il se force à rester concentrer sur la farine et le tamis, histoire de ne pas couvrir son parquet de poudre blanche, mais son cœur palpite doucement au creux de sa poitrine. Castiel reste silencieux, attentif. Dean s'efforce de ne pas croiser son regard pour ne pas se perdre.
« Regarde-bien. C'est ce que l'on appelle tamiser la farine. » il murmure et sa voix lui paraît étrangement rauque.
Il se recule un peu de Castiel, prend ses distances, reprend son souffle. C'est ridicule, se répète Dean en se giflant mentalement. Je suis ridicule. Il ne se comprend pas.
« À quoi est-ce que ça sert ? interroge Castiel, fasciné par les flocons de farine s'échappant du tamis.
- À se débarrasser des grumeaux qu'il y a dans la farine, à l'aérer. Ҫa rend la pâte plus légère et moelleuse. » explique Dean sans lever les yeux de son ouvrage.
Il termine enfin, soulève le tamis et le repose au milieu de sa piscine farineuse. Lorsqu'il lève les yeux, Castiel le regarde fixement et il n'arrive plus à détourner le regard. De si près, Dean a toujours de la difficulté à analyser les émotions de Castiel, et il a de la difficulté à imaginer ce que l'ange peut bien être en train de penser. Il observe les orbes lapis-lazuli, l'iris où se distingue dans les tréfonds une captivante lueur argentée. Il sent un étrange frémissement le parcourir à la vue de la Grâce, une bouffée inexplicable et irrépressible d'affection.
Castiel plisse des yeux.
« Tu as de la farine sur la joue. » dit-il d'une voix grave, comme s'il s'agissait d'un terrible drame.
Dean ne peut retenir un petit rire.
« Tu as du sucre sur le coin de la bouche. Ce sont des choses qui arrivent en cuisine. »
Castiel sort timidement un bout de langue et lèche le sucre en question. Dean n'arrive plus à respirer le temps que l'action dure – et il a l'étrange impression qu'elle dure une éternité. Il sent une rougeur incontrôlable partir de sa poitrine et s'étendre jusqu'à son front. Castiel le regarde désormais, le coin des yeux plissés par l'amusement et Dean sent ses rongeurs s'accentuer. Qu'est-ce que Castiel est en train de voir en lui ? Quelles émotions ? Dean lui-même ne sait pas.
Il tousse pour se redonner contenance, prend le bol dans les mains de l'ange et s'éloigne, se place à distance raisonnable. Il peut sentir son cœur battre dans chaque extrémité de son corps.
« Dean. » interpelle doucement Cas, le forçant à lever les yeux.
Castiel est de retour dans son espace personnel. En un battement de paupière, il passe délicatement les doigts sur la supposée trace de farine recouvrant la joue de Dean. Le cœur du chasseur sursaute, il manque de lâcher la cuillère en bois qu'il tient entre ses mains. Pendant plusieurs minutes, il sent encore les doigts de Castiel contre sa peau, comme s'ils y avaient laissé une traînée de feu.
« Castiel, espace personnel. » il grommèle doucement.
Castiel l'observe quelques secondes en silence et Dean pense qu'il va dire quelque chose, mais au final, il se recule sans prononcer le moindre mot. Dean inspire profondément par le nez, se concentre sur la pâte qu'il est en train de préparer. Il doit se racler la gorge lorsqu'il reprend la parole.
« Est-ce que tu veux bien mettre le four à préchauffer s'il te plaît ? »
Il donne les degrés, explique rapidement à Castiel quel bouton il doit tourner. Puis, il lui indique le placard où se trouve le moule.
« Tu avais l'habitude de faire ça, dit subitement Castiel en sortant le moule à cupcakes.
- Comment ça ?
- Faire la cuisine avec quelqu'un.
- Qu'est-ce qui te faire dire ça ? demande Dean avec prudence en fronçant les sourcils.
- Je te l'ai déjà dit Dean. Je peux voir en toi. »
Castiel le sonde quelques instants de ses trop grands yeux bleus et Dean se sent brièvement mal à l'aise.
« Je ressens une certaine familiarité. Une certaine…nostalgie, poursuit Castiel en baissant finalement les yeux.
- Arrête ça. » grommèle Dean en détournant le regard.
Il fait couler la pâte brune dans les petits ronds d'aluminium.
« Arrête de lire mes pensées.
- Je ne lis pas tes pensées, Dean, proteste Castiel d'un air presque blessé. C'est beaucoup trop personnel.
- Arrête de lire mes… mes émotions ! C'est personnel aussi. »
Dean fourre un peu trop brusquement le moule rempli dans les mains d'un Castiel dubitatif.
« Quoi ?
- Tu agis rarement selon tes émotions, Dean, explique calmement Castiel. Tes paroles sont rarement associées à ce que tu ressens réellement.
- Oui, et alors ?
- Je doute de l'affection que je te porterais si je ne devais m'en tenir qu'aux mots qui sortent de ta bouche.
- Est-ce que tu es en train d'insinuer que je suis un connard ? »
Un demi-sourire perce dans les prunelles bleues.
« Je n'ai rien dit de la sorte, répond Castiel mais ses lèvres frémissent.
- Ah bon ? J'espère bien. Je réponds très mal aux injures, réplique Dean avec un sourire au coin.
- Devrais-je me sentir menacer ?
- Devrais-tu en effet… »
Dean n'a pas réalisé qu'il s'est approché de Castiel, mais maintenant que seul le moule les sépare, que Castiel est dos au four, une sonnette d'alarme s'allume quelque part dans sa tête. Il se rend compte du ton bas, presque caressant de sa voix.
Qu'est-ce qui m'arrive, pense Dean en se giflant intérieurement. Il ne comprend pas son comportement autour de l'ange aujourd'hui. Il ne sait pas pourquoi subitement, sa présence le trouble. Pourquoi il réagit à celle-ci comme il réagirait face à une jolie jeune femme en robe trop courte.
Il se recule et détourne le regard.
« Hum. Est-ce que tu veux bien mettre le moule dans le four s'il te plaît ?
- Est-ce qu'il y a un problème ? demande Castiel en l'observant curieusement.
- Non, non. »
Dean se détourne et commence à nettoyer la table. Tout pour ne pas avoir à croiser le regard de Castiel. Il s'affaire, tente de garder ses mains occupées.
« Je cuisinais parfois avec Sammy, raconte-t-il lorsqu'il entend Castiel fermer le four.
- Avant ? » demande Castiel.
Le ton de la voix de Castiel reste prudent, hésitant. Il sait que ce terrain n'est pas sûr, qu'il doit s'avancer sur la pointe des pieds. Dean garde les yeux baissés pour ne pas que son expression le trahisse. Mais comme Castiel l'a dit, il ressent ses émotions ; il a probablement perçu le terrible pincement au cœur qui est en train le faire suffoquer.
Il déglutit avec peine, poursuit courageusement :
« Des fois, quand notre père partait pour des chasses de plusieurs jours, j'achetais des aliments de base avec les quelques billets qu'il nous laissait. Avec Sammy, on cuisinait des crêpes, des gâteaux, des quiches… Dans certains de nos squats, il y avait un four.
- Des tartes ? »
Dean ressent une pointe de jeu dans la voix de Castiel et il lève enfin les yeux. Par-dessus la table de la cuisine, l'ange lui sourit avec bienveillance. Aussitôt, il se sent un peu mieux, apaisé. Il ose un sourire.
« Les tartes ne ce n'est pas aussi facile qu'on le croit, dit-il en secouant doucement la tête. Ça prend plusieurs heures, des ingrédients frais pour obtenir un résultat parfait.
- On pourrait en faire une… un jour. » propose doucement Castiel.
La poitrine de Dean se gonfle de chaleur et il a du mal à retenir un sourire trop large, un peu abruti. Il doit baisser les yeux pour cacher le bonheur qu'il n'arrive pas à dissimuler derrière son habituelle virile désinvolture. Cas tente de lui faire plaisir.
« Cas… » commence-t-il, mais il n'a pas pensé à ce qu'il va dire après.
Castiel comprend cependant. Dean sait qu'il comprend. Il comprend sa gratitude, son affection. Ils n'ont pas besoin de mots.
Ils nettoient la cuisine dans un silence confortable, et petit à petit, l'odeur sucrée des cupcakes au chocolat les envahie. Castiel s'arrête en plein milieu du nettoyage de la table et lève le nez pour humer l'air. Dean rit doucement et lui donne des coups de torchon.
« Encore trente minutes, dit-il en vérifiant le minuteur une fois que la cuisine a retrouvé un aspect normal. On va regarder la télé ? »
Castiel le suit jusqu'au salon, sans doute heureux de retrouver sa grande amie la télévision. Ils s'installent confortablement dans le canapé. Ils ont maintenant leurs places assignées – Dean à droite, Cas à gauche.
Dean n'y pense pas souvent, mais même s'il ne dort pas dans l'appartement et ne paye pas le loyer, Castiel pourrait tout aussi bien être son colocataire.
Le canapé est étroit et ils sont collés l'un contre l'autre. Mais la proximité ne les dérange plus depuis longtemps. Dean a du mal se l'avouer, mais au contraire de l'embêter, la présence de Castiel à ses côtés l'apaise. Elle est comme un baume sur son âme torturée. Il aime l'odeur un peu électrique, rappelant les quelques minutes précédant la pluie. Une odeur de nature et de grands espaces. Elle est accrochée à Castiel, suspendue à ses mèches de cheveux et à ses vêtements. Même les habits que Dean lui a prêtés sont maintenant gorgés de cet arôme si particulier. À croire que le Paradis est un ciel couvert, en attente constante des brèches qui laisseraient s'écouler l'averse.
Castiel est aussi droit et immobile qu'une statue, mais aussi intensément vivant. Il peut rester des heures sans bouger un sourcil, sans remuer le moindre muscle. Parfois, lorsqu'il est vraiment concentré sur quelque chose – la télé par exemple – il peut tout simplement arrêter de respirer. Respirer ne lui est de toutes les façons pas nécessaire, c'est juste une habitude inscrite dans le corps de Jimmy Novak.
Mais il y a aussi quelque chose d'indéniablement vivant qui se dégage de lui. Quelque chose de chaud et de vibrant que parfois Dean croit voir flotter dans l'air autour de lui. Des pulsations de lumière, des murmures qu'il croit entendre contre la peau de l'ange. Des échos de lumière qu'il ne perçoit que du coin de l'œil, lorsqu'il ne les cherche pas. Dès qu'il les regarde directement, ils s'évaporent.
Inconsciemment Castiel se colle davantage contre lui, accaparé par l'émission de téléréalité qui se déroule sous ses yeux. Dean le laisse faire. Il peut sentir ses mèches de cheveux contre sa joue, l'odeur d'extérieur lui envahie les narines. Il se retient pour ne pas fermer les yeux.
Il est bien là.
Ils sont bien là.
« Dean, dit doucement Castiel. Ça fait trente minutes. »
Il s'est mit à somnoler et le temps lui a filé entre les doigts. Il sourit, les paupières toujours closes. Castiel est tellement près qu'il peut sentir sa cage thoracique vibrer à ses paroles.
« Dean. » appelle l'ange en le bousculant doucement du coude.
Dean sourit plus largement. Il entrouvre les yeux, regarde Castiel à travers ses cils. Il est encore plus près que ce qu'il pensait, mais il ne se recule pas. Il peut voir les moindres détails du visage de Castiel. Les tâches de rousseur répandues sur son visage – est-ce que les anges peuvent avoir des tâches de rousseur ? – les longs cils noirs surlignant les yeux trop bleus. Comme tout à l'heure, la Grâce palpite doucement en leur centre. Dean est attiré, comme un papillon de nuit par la lumière. Il a l'impression qu'elle le reconnaît, qu'elle lui dit « Hello toi, comment ça va depuis la dernière fois que je t'ai tiré des Enfers et refait un corps à partir de rien ? Tu devrais consulter pour tes cauchemars, tu n'as pas l'air si bien que ça ».
« Les cupcakes vont brûler, murmure doucement Castiel.
- Hmm. »
Dean a oublié les cupcakes. Il a oublié son salon et la télé qui joue doucement dans le fond. Il regarde Castiel et Castiel le regarde.
Les lèvres de Castiel sont roses et légèrement entrouvertes. Dean pense : « j'ai envie de t'embrasser. »
Alors, aussi simple que ça, il comble les quelques centimètres restants.
C'est un baiser simple, court, confortable. Un baiser papillon de quelques secondes seulement. Les lèvres de Castiel sont chaudes sous les siennes et se laissent embrasser. Dean sent son cœur bourdonner contre ses côtes, son estomac remonter et se laisser tomber.
Il se recule doucement, tait ses pensées et soupire. Castiel l'observe, les sourcils légèrement froncés. Ses yeux cherchent en lui et voit ce que Dean lui-même ne comprend pas.
« Désolé. » il murmure avant de se lever.
Les cupcakes sont légèrement brûlés mais encore parfaitement comestibles. Il les sort prudemment du four et lorsqu'il les pose sur la table, il peut sentir la présence de Castiel dans son dos. Il ne se retourne pas.
« Dean…, commence doucement Castiel.
- Désolé, interrompe Dean. Je ne sais pas pourquoi j'ai fait ça. Je ne le referais plus. »
Il se tourne brusquement et tombe dans les prunelles inquisitrices. Il se laisse sonder, tait à nouveau le tumulte qui bourdonne quelque part au fond de lui. Plus tard, lui dit-il en laissant Castiel l'observer. Pas maintenant.
Il laisse passer quelques minutes, puis il ose un sourire.
« Bon, on les mange ou on ne les mange pas ? lance-t-il avec un entrain feint, main ouverte vers les cupcakes.
- Est-ce qu'on peut les manger avec du thé ?
- Je n'arrive pas à y croire. J'ai fait de toi un addicte au thé… »
Et juste comme ça, le moment est terminé. Dean le rejette à l'arrière de ses pensées, l'enterre très loin au fond de lui. Il efface la sensation du baiser papillon, calme le remue-ménage dans son estomac. Puis, d'un mouvement décidé, il enclenche le bouton de la bouilloire.
Plus tard, ils grignotent leurs cupcakes enfoncés dans le canapé. Ils sont moins près que tout à l'heure, mais Dean peut encore sentir la chaleur de Castiel à travers ses vêtements. Donc tout va bien.
Tout va bien.
Note: Voilà ce que j'appelle une update tardive... je crois que ça va faire six mois depuis la dernière fois que j'ai posté dans ce "recueil" de nouvelles. Même si je m'y attendais un peu et que je vous avais prévenu, je ne peux pas m'empêcher de me sentir atrocement coupable. Suis-je un horrible être humain? Probablement. Dans tous les cas, voilà la suite. Je n'ai pas vomi en écrivant ça, mais le domestique et le fluff sont, je vous l'accorde, à donner la nausée. J'ai toujours aimé les fics où Dean fait la cuisine et aime ça. J'avais besoin d'en écrire une, au moins une fois dans ma vie. La première partie a été écrite en Octobre, le reste hier. J'espère que ça ne se voit pas trop, ahaha.
Merci d'avoir eu la patience d'attendre pour cette histoire et merci de toujours me lire. Vous êtes trop adorables pour ce monde - et je suis trop cruelle.
M.
