N'oubliez pas : les reviews sont le salaire de l'auteur :D !
Note : Ce conte dans son intégralité était impossible à recaser dans le contexte de cette fic. J'ai donc juste gardé l'un des aspects du conte, parce que ça faisait une histoire "sympa". Pour plus d'infos, visiter mon profile, dans les adresses utiles ;)
Les Merveilleuses Aventures des Frères Elric
Chapitre 2
La Belle au Bois Dormant
(par Charles Perrault)
Edward : 12ans ; Alphonse : 11ans
Rating : K+/T
"Al !! Al ! Ramène-toi, on sort !"
La grosse armure leva la tête de son livre lorsque son frère se précipita dans leur chambre d'hôtel.
"Où est-ce qu'on va ?"
"On sort, on s'en va, on bouge quoi !"
"Qu'est-ce qui se passe ?"
"J'ai quartier libre pour la journée, alors moi je vais à la bibliothèque, et toi tu restes pas cloîtré là, tu vas te promener !"
"Pourquoi n'irai-je pas à la bibliothèque avec toi... ?"
"... comme tu veux. Allez, grouille !"
Alphonse se leva pour suivre son frère qui courait déjà dans le couloir, le manteau rouge voletant derrière lui.
À la bibliothèque nationale, le Fullmetal était un habitué, maintenant. On le connaissait, et on le laissait faire ce qu'il voulait jusqu'à la fermeture... Au milieu de l'après-midi, Alphonse eut besoin de prendre l'air. Pas qu'il en ait vraiment besoin, mais il voulait penser à autre chose juste un moment ; il sortit donc, prévenant son frère qui ne l'entendit même pas, et se retrouva un peu plus tard dans la rue.
Il marcha un moment sans but précis, jusqu'à arriver finalement au parc. Le marchand de glaces d'autrefois avait changé d'emplacement, de l'autre côté de l'étang... Il aurait réprimé un frisson s'il avait pu frissonner, et s'éloigna rapidement, la mort dans l'âme.
Il parcourait donc les rues quand il se rendit compte qu'il s'était rapproché du QG ; le long des allées de boutiques, la marchande de fleurs souriait aux passants et discutait avec ses clients. Il s'approcha.
"Bonjour !" fit-il joyeusement. Il la connaissait bien. Elle parlait beaucoup avec lui quand Edward devait voir le Colonel et qu'il préférait l'attendre dehors.
"Bonjour, Alphonse !" répondit-elle en souriant. C'était une jolie jeune femme, aux cheveux courts et bouclés, avec de grands yeux brillants et respirant la joie de vivre. "Que fais-tu tout seul ? Ton frère n'est pas avec toi ?"
"Il étudie à la bibliothèque. Vous avez l'air très heureux, aujourd'hui..."
Elle rosit et baissa la tête, triturant une fleur entre ses doigts.
"Et bien... c'est... mon amoureux... !"
Alphonse se demanda quoi répondre à cela, mais elle ne lui en laissa pas le temps, elle s'élança directement dans un long discours qui vantait les qualités de son petit-ami. Il avait déjà vu le jeune homme en question, bavardant avec elle ; il avait l'air sympathique et agréable, bien qu'il ne lui ait jamais parlé.
Al était content de la voir si épanouie, cela faisait plaisir à voir. Après une bonne demi-heure, ils se dirent au revoir, et il se décida à rejoindre son frère à la bibliothèque. Le soir tombait doucement.
Le lendemain matin, Edward regagna le QG comme tous les matins. Le Colonel voulait le faire travailler, et bien que cela le mette d'une extrême mauvaise humeur, la menace pesant sur lui et son frère l'incitait à se taire et à obéir. Il marchait donc d'un pas enjoué (ironie) vers l'entrée du bâtiment quand son regard se posa un peu plus loin dans la rue ; il crut s'étouffer de rage en voyant le spectacle : Ah !! Ce cher Colonel Mustang, si parfait, si implacable quand il s'agissait de le faire travailler, prenait du bon temps avec la fleuriste sous le nez du Lieutenant Hawkeye ? Quoique, à la réflexion, celle-ci ne devait pas être au courant... ! Un large sourire machiavélique étira ses lèvres, et il courut à travers la cours d'entrée pour rejoindre rapidement le bureau de l'équipe. Avec un peu de chance, le Lieutenant le remercierait en lui offrant une autre journée de libre !
Inconscient du complot de la "teigne blonde", Mustang bavardait gaiement avec la jeune femme ; bon, c'est vrai, il la draguait ouvertement (bien qu'avec beaucoup de savoir-faire) mais connaissant la tonne de paperasse à remplir aujourd'hui, il n'allait pas se priver de ce petit plaisir de bon matin. Surtout que la voir rougir et lui sourire en balbutiant était plutôt agréable pour son ego... Et puis, avec un peu de chance, le gros bouquet qu'il allait rapporter à son Lieutenant allait peut-être l'inciter à le laisser tranquille pour la journée... ! (ou au moins elle renoncerait à lui trouer la peau pour être arrivé en retard, ce qui était déjà un bonus en soi...)
Alors qu'il travaillait dans le petit bureau qui lui était réservé, Edward releva la tête de ses exercices (le Lieutenant était inflexible) en entendant des pas précipités dans la salle où bossait le reste de l'équipe et le Colonel. Il passa la tête par la porte, apercevant un instant le Colonel recouvert par le déluge de dossiers qui s'abattait sur lui de minute en minute (le Lieutenant était vraiment insensible... !) et vit Alphonse courir vers eux.
"Ed !! C'est affreux !"
"Que se passe-t-il ?" fit Mustang, pas vraiment content de le voir débarquer aussi soudainement.
"C'est ! C'est mademoiselle Claire, la fleuriste qui travaille juste à côté du QG... ! Elle est à l'hôpital !"
"QUOI ?!!" s'écrièrent tous les militaires présents dans la pièce. Tout le monde connaissait Claire.
"Que s'est-il passé ?!"
"Elle a eu un accident... Une voiture... !"
Quelques minutes plus tard, Mustang, Edward et Alphonse étaient à son chevet, dans la chambre blanche et aseptisée de l'hôpital militaire.
La jeune femme était dans un état grave, selon les médecins. Les machines reliées à elle sonnaient dans le silence de la pièce en d'affreux "bip" sonores qui rendaient nerveux les deux frères. D'après les témoignages d'une première enquête, la voiture avait foncé sur elle à toute vitesse, ce qui n'était manifestement pas un accident... La voir dans cet état mettait Alphonse très mal à l'aise. Dire que la veille encore, elle semblait si heureuse... Coma, avaient dit les médecins. Peut-être ne se réveillera-t-elle jamais, le choc avait été trop violent. Rien qu'à la voir ainsi, il aurait voulu pouvoir être capable de pleurer... Edward était livide, lui aussi, mais ne disait rien non plus. Quant à Mustang, il semblait soucieux, mais pas spécialement attristé.
Un moment plus tard, Havoc frappa à la porte, pour annoncer :
"Le type qui conduisait la voiture... Il est venu se rendre de lui-même ! Il est en bas, qu'est-ce qu'on doit en faire ?"
Mustang sortit, suivi par les Elric, jusqu'au rez-de-chaussée de l'hôpital. Assis sur un banc, le Lieutenant Hawkeye le surveillant, le jeune homme avait les mains menottées et fixait le sol d'un regard dur. Alphonse le reconnut aussitôt :
"C'est vous !"
Le jeune homme sursauta en l'entendant.
"Vous êtes Johan, n'est-ce pas ? Son petit-ami ?"
Le dénommé Johan le regarda, ahuri.
"Je vous ai déjà vu parlé avec elle. Elle semblait si heureuse chaque fois qu'elle parlait de vous... Pourquoi avoir fait une horreur pareille !?"
Johan baissa à nouveau la tête, visiblement furieux, mais aussi infiniment triste. Alphonse n'en revenait pas : ces deux jeunes gens s'aimaient, alors comment une telle chose avait-elle pu arriver ? Pourquoi avait-il délibérément essayé de la tuer... ?
Deux jours passèrent, Claire était toujours dans le coma, malgré les efforts des médecins, et Johan était enfermé dans une cellule de la prison du QG. Alphonse n'arrivait pas à comprendre, et il essayait tant qu'il pouvait de faire dire quelque chose au jeune homme, qui, bien qu'il ait avoué avoir consciemment heurté le jeune fleuriste, semblait près d'éclater en sanglots à chaque instant. Bien qu'enfermé dans une grosse armure, Alphonse n'en était pas pour autant démuni de raison, et il sentait que quelque chose de louche se cachait derrière toute cette histoire. Mais quant à savoir quoi...
Ce ne fut que le lendemain soir que tout s'éclaircit enfin. Edward était appuyé contre la grille de la cellule, bras croisés, et Alphonse assis à terre devant Johan. Le Colonel Mustang venait de passer, pour savoir s'il avait enfin dit quelque chose ; il était reparti bredouille. Johan l'avait fusillé du regard, sans mot dire, mais Mustang ne s'en était visiblement pas rendu compte (ou l'avait volontaire ignoré).
"Vous n'avez pas l'air de beaucoup apprécier le Colonel, n'est-ce pas ?" demanda doucement Alphonse. Johan le fixa une minute avant de détourner la tête, muré dans son silence.
"Y a pas grand-chose à apprécier chez le Colonel... !" lança Edward d'un ton méprisant. "Il passe son temps à essayer d'éviter le boulot pour aller draguer !"
Cette remarque jeta un froid dans la pièce. Johan avait serré les poings, de rage, et Al comprit enfin :
"Ed ! Est-ce que tu as vu le Colonel parler avec mademoiselle Claire ?"
"Parler ? Non, il la draguait ! Et elle souriait comme une idiote. Je comprends pas ce que les femmes lui trouvent, à ce type, il est si... !"
Il ne finit pas son monologue sur le Colonel, car Alphonse venait de se lever brusquement dans une bruit de ferraille retentissant :
"Johan !! Vous devez aller voir Claire, elle vous attend !"
Il le regarda avec surprise, mais fit dans une grimace :
"C'est faux..."
"Vous vous trompez !! Vous l'avez vue parler avec le Colonel Mustang, et vous avez cru qu'elle était amoureuse de lui ! Mais c'est faux ! Elle ne parle que de vous, je vous le jure ! Elle a besoin de vous, en ce moment !! Alors venez !"
Il attrapa le jeune homme stupéfait et s'élança hors de la cellule, suivi par son frère un peu largué, et malgré les injonctions des militaires qu'il croisa, emmena Johan jusqu'à l'hôpital.
Une fois devant la porte, il s'arrêta enfin, Edward derrière eux. Johan, lui, semblait soudain terrorisé.
"... qu'est-ce que je peux faire ? Je... j'ai voulu la tuer... comment elle pourrait me pardonner ça ?"
"Soyez là pour elle, tout simplement. Elle vous aime, je vous assure. Entrez et dites-lui ce que vous ressentez pour elle."
"Mais... elle... elle est dans le coma..."
Les larmes coulèrent sur le visage anéanti de Johan.
"Elle vous entendra. J'en suis sûr..." Et il poussa gentiment le jeune homme à l'intérieur.
Il entra à pas lents, effrayé par ce qu'il allait voir. Ce qu'il avait osé lui faire... Elle était là, dans le lit, endormie, et malgré ses blessures, belle comme une princesse. Comment avait-il osé faire une chose pareille à sa princesse... ?
Il approcha doucement, et s'assit sur l'unique chaise posée près du lit. Les machines immondes sonnaient, rendant l'atmosphère plus oppressante encore. Il cacha son visage en larmes entre ses mains, toujours menottées, et il pleura.
"...pardon... pardon... je suis désolé... si désolé..."
Il leva doucement une main vers la sienne, et la posa délicatement pour enlacer leurs doigts, comme ils le faisaient avant quand ils se promenaient, main dans la main.
"... je t'aime... je suis désolé... je t'aime Claire... pardon... je te demande pardon... je t'aime..."
Les "bip" des machines avaient changé de tonalité. Sans mouvement brusque, Edward avança et débrancha le tout. Petit à petit, alors que Johan répétait qu'il l'aimait et combien il était désolé, les paupières de la jeune fille se mirent à papillonner, doucement, puis elle finit par ouvrir les yeux. Johan se tut, et la contempla ; elle tourna lentement les yeux vers lui. Et lui sourit.
D'un faible sourire, mais empli d'amour. Johan fondit en larmes une nouvelle fois, mais de joie et de soulagement.
"Et bien, quelle belle histoire !"
Mustang était plutôt satisfait, la fleuriste s'était réveillée (laissant une bande de médecins médusés), se portait beaucoup mieux, et finalement, aucune plainte concernant l'"accident" n'avait été déposée. Aucune paperasse, donc... ! Johan avait donc été relâché, et tout se finissait bien.
Le gamin le regardait, mains dans les poches, fixant son sourire arrogant et satisfait.
"Que se passe-t-il, Fullmetal ? Tu n'es pas content pour cette fille ? Tu n'es quand même pas déçu parce qu'elle est avec un autre ?"
Un long silence suivit. Contrairement à ce qu'il attendait, la petite teigne ne sauta pas au plafond à la remarque. Edward le fixa simplement, d'un regard dur et... dégoûté ?
Il se tourna finalement vers la porte, et fit mine de s'en aller, sans toutefois oublier de répondre.
"Colonel... Vous êtes vraiment un type répugnant..."
Il partit.
Roy resta muet pendant un long moment.
... Quoi... ?
