Les enfants de Faramir et d'Eowyn

Genre

General (il y aura un peu de tout, romance, humour, drame, action etc. …)

Résumé

Les chroniques familiales de Faramir, d'Eowyn et de leurs quatre enfants : le vaillant Solömor, le rêveur Alassor, l'agile Eobar et la douce Syrimire.

Disclaimer

Les personnages et lieux du Seigneur des Anneaux appartiennent à J.R.R Tolkien. Seuls les enfants des deux couples du Seigneur des Anneaux (sauf Eldarion) sont le fruit de mon imagination. Mais aussi un peu à New Line Cinéma car je pense à la tête des acteurs.

Chapitre IV : Mère guerrière et fils paisible

Trois jours s'étaient passés depuis l'arrivée de Faramir et de ses deux fils aînés. Solömor était prêt à devenir un grand guerrier. Il se battait comme un lion dans les plaines vertes du Rohan selon son oncle. Quant à Alassor, il faisait quelques progrès mais ce n'était pas encore ça. Faramir s'inquiétait car son sang noble et son sexe l'obligeaient à prendre les armes. Depuis leur arrivée, Eomer devint plus compatissant envers son second neveu même si les preuves qu'il préférait Solömor étaient courantes.

Dernseld, quant à lui, restait méprisant envers Alassor, et cela même devant Eomer, Faramir et Solömor. La veille, il arracha le livre d'Alassor et le jeta au dehors du camp. Alassor le retrouva, tandis que Faramir reprocha sèchement le geste à Dernseld.

Le soir, après le repas, Faramir s'approcha d'Alassor qui essuyait son épée.

-Que penses-tu de ton passage dans ce camp ? lui demanda Faramir.

-C'est difficile, répondit Alassor en serrant les dents, bien que cela ne soit pas de colère, mais par un sentiment qu'il ne put reconnaître.

-Ah ça, s'exclama Faramir après un rire franc, je n'ai jamais dit que ce serait une vie simple.

-Je ne serais jamais un guerrier.

-Je suis sûr du contraire, le rassura Faramir en posant sa main sur l'épaule d'Alassor.

-D'ailleurs, je ne suis même pas sûr que je le veuille.

Le sourire de Faramir s'effaça. Il s'apprêta à dire un mot à son fils quand on entendit des bruits de sabots à l'entrée du camp. Alassor et Faramir virent alors un cavalier blond sur son cheval. Mais ce n'était pas n'importe quel cavalier, c'était une personne que Faramir n'aurait jamais cru qu'elle viendrait dans le camp. Le cavalier ôta son casque, bien que Faramir et Alassor l'avaient déjà reconnue.

-Mère, s'étonna Alassor en se levant.

Eowyn sourit à son fils et à son mari, médusés. Arrivèrent derrière eux Eomer et Solömor qui furent tout aussi stupéfaits.

-Eowyn, cria Eomer, que fais-tu ici ? Et Eobar ? Et Syrimire ?

-Ce n'est pas très courtois de la part d'un maréchal de la Marche devenu roi de commencer ainsi une discussion, dit Eowyn en cachant un sourire, surtout à une femme.

Elle s'avança et tendit vers Eomer un parchemin. Le guerrier remarqua le sceau du Rohan, orné du cheval tant aimé des Rohirrims, dont on retrouve aussi l'image sur les dagues, entrelacs et autres tapisseries du Château d'Or de Meduseld.

-Qu'est-ce que c'est que….ça ? demanda Eomer.

-Une lettre de ton épouse, lis-la.

Eomer prit la missive et commença à la lire. Son visage se raidit.

-De quoi parle cette lettre Eomer ? demanda Faramir.

-Madame la princesse ton épouse a laissé les deux enfants chez Lothiriel. Elle a sûrement envie de savoir comment se débrouille ses deux fils aînés, je présume.

Eomer dit cette phrase avec causticité. Faramir s'avança et prit les mains d'Eowyn. Ses yeux semblaient être ceux d'un professeur sévère mais juste.

-Eowyn, dit Faramir à sa femme, ce n'est pas prudent. Je sais que j'ai en face de moi la vierge guerrière qui a terrassé le Roi-Sorcier, mais je te rappelle que tu as eu quatre grossesses. Cela fait presque dix-huit ans que tu n'as pas manié l'épée.

-Ne t'inquiètes pas, répondit Eowyn, je n'ai rien perdu de ma vigueur. Alassor, fit Eowyn en direction de son second fils, peux-tu mettre Windfola avec les autres chevaux ?

Alassor prit le filet de Windfola et s'avança vers l'enclos des chevaux, sa mère auprès de lui. Eowyn regarda les tentes et respira l'atmosphère particulière du camp.

-Cela fait si longtemps que je ne suis pas venu dans un camp, dit Eowyn. Il y a des années que je n'ai pas entendu le choc du métal et respirer cet air de bravoure rohirrim. La dernière fois, c'était lorsque j'ai accueilli mon oncle Théoden, après avoir pleuré un autre homme que je croyais aimer. C'était avant la bataille décisive des champs de Pellenor. Ma présence ici réveille en moi des souvenirs plus ou moins amers.

-Crois-tu mère, demanda Alassor après avoir but attentivement les paroles de sa mère, que je vivrais à peu prés les mêmes moments ?

-N'y aurait-il pas dans ce camp, posa à son tour Eowyn une question à Alassor en souriant, une nouvelle vierge guerrière, auquel tu aurais promis la main en tant que cavalier servant ?

-Ce n'est pas ça…

En voyant la mine plongée dans un songe instable de son deuxième fils, le visage d'Eowyn se fit sérieux. Elle sut alors qu'il devait penser à l'hypothèse de voir son père, son frère ou son oncle périr sous les lames…

-Après avoir mis Windfola auprès des autres chevaux, nous irons dans ta tente, proposa Eowyn en contrôlant parfaitement sa voix…

Arrivés à l'enclos où se reposaient maints chevaux des plaines vertes du Riddermark, Eowyn caressa son amie Windfola une dernière fois pour la soirée. Au même moment, Dernseld arriva à l'enclos. Quand il vit la mère et le fils côte-à-côte, il pensa aussitôt à une moquerie sournoise.

-Eh Alassor ! interpella le rohirrim à l'adolescent. T'as b'soin d'ta mère jusqu'au camp des hommes ! J'imagine bien quand tu dois te déshabiller pour dormir.

Eowyn fut plus rapide qu'Alassor pour répondre.

-Je vous prierais Dernseld de tenir votre langue quand il le faut. Je suis venue de mon plein gré, à la fois pour servir mon peuple et assister aux preuves de mes héritiers…

-C'est sûr, répondit Dernseld d'une voix non moins grasse, Solömor fera aussi bon soldat qu'son père et son oncle. S'il devait avoir une faiblesse, ce serait peut-être qu'il couve son frère !

-Taisez-vous !

-Désolé Dame Eowyn, mais faut voir les choses en face… Votre second fils n'a pas sa place ici ou même au Rohan. Il tient une épée comme un manche à balai.

-Viens mère, murmura Alassor à Eowyn en l'attirant vers sa tente.

Eowyn regarda une dernière fois Dernseld, cachant tant bien que mal son trouble, puis suivit son fils. Dernseld eut un sourire satisfait, pensant à la rapidité de sa réussite pour ébranler Alassor et dans une certaine mesure Eowyn. Dans la tente, Eowyn s'assit sur une chaise et Alassor sur son lit. Ils semblaient quelque peu tendus. S'efforçant de sourire, Alassor lui posa une question simple.

-La route n'a pas été ardue, mère ?

-Cela s'est bien passé. Le soleil brille sur les étendues du Rohan, je n'ai pas à en plaindre. Le Rohan en a bien besoin.

Un silence s'imposa. Des fois, il revenait aussi vite qu'il a été brisé.

-Et toi Alassor ? demanda Eowyn. Comment se sont passées ces journées ? Apprécies-tu les entraînements ?

-Apprécier est un bien grand mot, répondit Alassor avec un drôle de rire. On fait avec nos propres moyens… Mais il est vrai que je n'égale pas mon grand frère.

-Je ne demande qu'à voir. Même s'il me semblait qu'il était possible que ce soit le cas.

Alassor baissa sa tête. Son regard se porta sur le pommeau de son épée d'entraînement, reposant dans son fourreau. Il ferma les yeux. Eowyn remarqua ces gestes.

-Je n'ai pas la clairvoyance du Magicien Blanc, dit Eowyn, mais je sens que quelque chose te tracasse. Est-ce en rapport avec ce qu'a dit Dernseld ?

-Non, bredouilla Alassor, enfin….pour dire vrai, peut-être.

-Il est parfois inutile de vouloir trop égaliser les autres. Utilise seulement ta force et ton courage au service du Bien.

-Encore faut-il que j'en ai, de ces deux attributs. La volonté en plus…

Alassor leva la tête, se rendant compte de cette phrase en trop. Eowyn ouvrit grands les yeux. Son visage se tendit, de même que sa voix.

-Que veux-tu dire par là ? demanda Eowyn.

-Enfin, je… répondit en bredouillant Alassor, je veux dire si c'est vraiment la vie qui est faite pour moi. Si c'est la seule possibilité que le destin me réserve…

-L'épée est le seul moyen de survie sur ces vastes contrées, s'exclama rudement Eowyn en se levant. C'est par sa lame qu'aujourd'hui, tu as pu avoir une enfance heureuse.

-Mais mère, dit Alassor, ne me comprenez-vous pas ? Je ne sais pas si j'en serais capable. Mon destin m'apparaît brumeux, comme un enfant qui a peur d'entrer dans le noir où peut se tapir quelque monstres, mais qui se doit d'y aller pour gagner son lit ou la chambre de ses parents.

-Tu crains pour toi-même, lui reprocha Eowyn. Cela me déçoit car j'avais cru que ton anxiété était du à la peur de perdre ta famille ! Mais non, c'est parce que tu te sens faible ou que tu n'es pas capable de reconnaître la force qui sommeille en toi !

Alassor regarda sa mère, son visage ressemblant aux traits de ses parents paraissant choqué. Eowyn avait clairement touché une corde sensible de son cœur.

-Ne m'enfonce pas, pitié ! Quand je parlais du destin, je me disais que je doute que j'ai de grandes chances d'être à la hauteur. J'ai essayé d'en parler à Père mais tu…

-Bien sûr, coupa Eowyn, c'est toujours Papa par-ci, Papa par-là. Tu as toujours été plus proche de ton père que de moi. Tu lisais avec lui, tu parlais souvent en sa compagnie. Ce fut pareil quand tu te disputais avec tes frères et que tu demandais le secours à Faramir ! Et à chaque fois qu'on allait au Rohan, tu semblais toujours peu convaincu quand je parlais des splendeurs du Rohan.

-Mère, vous avez certes de la vaillance mais aussi, j'ai le regret de le dire, de l'orgueil. Que viens faire Père dans cette histoire ? Toi, tu as suivi un chemin qui n'a guère plu à tout le monde. Ne m'enfonce donc pas dans mon doute, même si la bataille est une nécessité en ce monde. Mais je crains, qu'avec ton entêtement rohirrim, ce ne soit qu'un chemin difficile.

Il dit à voix basse ces derniers mots, d'une façon sobre qui trahissait une certaine peine. Il se retourna, essuya nerveusement ses yeux avec le tissu recouvrant son bras, puis sortit brusquement en poussant l'ouverture de sa tente. Au loin, Faramir vit sortir son second fils. Inquiet, il s'avança et entra dans la tente où il trouva Eowyn, froide comme la pierre. S'il avait vécu avec elle au temps de la déchéance du Château d'Or, il aurait retrouvé une Eowyn sombre et glaciale. Ses épaules étaient relâchées, ses yeux fermés avec les traits tendus de sa peau autour. C'était là les seuls signes de faiblesse qu'elle manifesta suite à la dispute avec son fils.

-Eowyn, dit Faramir inquiet, que s'est-il passé avec Alassor ?

Eowyn ouvrit les yeux qui fixaient Faramir. Elle tourna la tête puis expliqua tout. Elle s'assit sur le lit d'Alassor, suivit par son époux. Elle lui raconta dans les moindres détails son entrevue avec Alassor, et comment celle-ci s'est détériorée.

-Je ne sais que penser, j'avoue, termina Eowyn. J'éprouve de la colère mais je ne sais si elle a un sens ou si elle mènera à quelque chose de bon.

-Je le craignais aussi. Il était peu habile aux armes et semblait réellement nerveux. Peut-être qu'avec le temps… Pour l'instant, viens voir Solömor.

Eowyn et Faramir sortirent de la tente. Ils retrouvèrent à un virage Solömor accompagnant Eomer, discutant tous deux. Solömor sourit à sa mère. Mais il se ravisa, voyant la mine sombre de ses parents.

-Mère, Père, dit Solömor avec une voix légèrement tremblante, que vous arrive t-il ? Il s'est passé quelque chose de mauvais, Mère.

Eowyn regarda dans les yeux gris de son fils puis tâcha de sourire à son fils. Elle ne pouvait pas troubler son fils aîné par les complexes de son petit frère.

-Ce n'est rien. Le trajet, en fin de compte, a été épuisant. Je vais bientôt ranger mes affaires et me coucher.

-J'ai déjà rangé tes affaires dans la tente de Faramir, ajouta Eomer. J'y ai aussi mis un double lit. Pour le reste, ce sera à vous de voir.

Les trois adultes et le jeune homme rirent doucement. Plus loin, Alassor les regarda discrètement, les voyant heureux.

-Au moins toi Solömor, chuchota Alassor. Tu pourras aisément faire ta place et devenir véritablement le fils héritier de Père.

Quittant des yeux sa famille épanouie, il se dirigea vers le point d'eau, à proximité du camp. De son côté, Solömor devint sérieux.

-J'ai vu Alassor il y a quelques minutes. Il semblait un peu nerveux. Que s'est-il passé ?

Eowyn regarda son époux, qui feignit la surprise.

-J'ai déjà vu qu'il éprouvait un malaise avec les Rohirrims, continua Solömor. Même quand il était tout jeune. Pendant nos séjours au Riddermark, il était parfois la cible des quolibets de jeunes enfants rohirrim, malgré son sang. Un jour même, quand il avait 13 ans, il était revenu, ses mains, ses vêtements et son cou sales de boue, car deux d'entre eux l'avaient jeté dans une flaque. Vous vous en souvenez ?

Eowyn resta silencieuse, se remémorant ainsi cette journée. Elle sentit un bouleversement dans le ventre.

-J'ai demandé à oncle Eomer si je pouvais castagner ces deux marmots. Mais il m'a répondu qu'Alassor n'a pas à s'y mêler avec eux. Je me souviens aussi du regard qu'il jeta à Alassor, comme un capitaine mécontent d'un de ses soldats. Lorsque je le retrouvais, il était plongé dans ses pensées, les yeux brillants d'humidité.

-Il est vrai que je suis des fois dur avec lui, admit Eomer après un bref silence gêné dont il prit aussi part. Mais parfois, si un Rohirrim ne peut être brutal avec sa famille, il n'a pas à être des plus tendres.

Les yeux d'Eowyn affichèrent un regard perdu. La colère qu'elle eut à cet instant pour Alassor s'atténua. Elle ne sut que faire. Son mari prit délicatement sa main fine pendant qu'il regarda au loin la silhouette d'Alassor, près du point d'eau, lui faisant penser à la figure de mal d'être de l'Eowyn d'autrefois.

Alassor, lui, resta près du point d'eau. Il se remémora ses souvenirs pénibles au Rohan puis ses souvenirs heureux avec sa famille aimée. Etrangement, ces derniers lui firent bien plus de peine que les premiers.

-Tout cet amour, cette tendresse, cette fierté même. Est-ce que, dés maintenant, cela a un prix ?

Sur ces mots, il baissa sa tête, versant quelques larmes tombant dans l'eau calme de la nuit, entre deux légers reniflements.

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Voici un nouveau chapitre, plus long que les autres, autant pour pardonner mon retard que pour creuser encore plus la personnalité de mes personnages. Merci pour vos reviews, passés, présentes et futures.